Aimable poète, journaliste, traducteur, historien, Charles Millon traverse les bouleversements de la Révolution française en émigrant, et à son retour, grâce à sa connaissance du grec ancien, devient l’un des trois professeurs de philosophie de la Faculté des Lettres de Paris.
Charles Millon [1754-1839] [autre forme du nom, au début de sa carrière : Milon].
Né le 13 septembre 1754, à Liège [Pays-Bas, aujourd’hui Belgique] ; mort le 21 juillet 1839, à Paris [Seine].
1774
CARRIÈRE LITTÉRAIRE À PARIS
À vingt ans, Charles Millon quitte Liège et se rend à Paris, pour faire fortune dans les lettres.
Il a déjà publié des poèmes de circonstance et de célébration :
En latin : In obitum Ludovici XV carmen.
[Paris. In-4, 1774].
Vers écrits à l’occasion du décès du roi Louis XV, survenu le 10 mai 1774.
Puis sur l’avènement de Louis-Auguste au trône.
[1774. In-8].
Louis-Auguste [le futur Louis XVI] accède au trône de France le 10 mai 1774 à la mort de son grand-père Louis XV.
Épître en vers sur Frédéric, roi de Prusse.
[In-8, 1775].
Concerne Frédéric II, roi de Prusse [1712–1786].
1775
L’ESPRIT DES JOURNAUX
1775-1793 : Charles Millon collabore au journal mensuel l’Esprit des Journaux.
En est un, pour un temps, un des rédacteurs avec Louis François Luc de Lignac [1740-1809].
https://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/521-louis-de-lignac
L’Esprit des Journaux françis et étrangers par une Société de gens-de-lettres, dédié A son Altesse Sérénssime Monseigneur la Pince régnant de la Tour et Tassis, etc. etc.
[A Paris : Chez la veuve Valade, Imprimeur-Libraire ; rue des Noyers, vis à vis Saint-Yves ; & pour les Pays Etrangers, à Liege, chez J. J. Tutot].
1713
THE FAN DE JOHN GAY ET SES TRADUCTIONS EN FRANÇAIS
En décembre 1713, le poète anglais John Gay [1685-1732], fait paraître une pièce en vers héroïco-comique : The Fan [L’Éventail].
The Fan. A poem. In three books. By Mr. Gay.
[London : printed for Jacob Tonson the Elder, at Shakespear’s-Head over-against Catherine-Street in the Strand. 32 p., 1714]. Daté expressément de 1714, et non de 1713.
Plusieurs éditions. Avec en exergue une citation d’Homère.
Il est à noter que le poème anglais est traduit en français en 1759 : Fables de M. Gay, suivies du poëme De l’Éventail, le tout traduit de l’anglois, par Madame de Keralio.
[A Londres, Et se trouvent à Paris : chez Duchesne, Libraire, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût. M. DCC. LIX (1759)].
Avec en exergue, sur la page de titre : Ce Champ-là ne se peut tellement moissonner/ Que les derniers venus n’y trouvent à glaner. La Fontaine.
- https://dn720500.ca.archive.org/0/items/bim_eighteenth-century_fables-de-m-gay-suivie_gay-john_1759/bim_eighteenth-century_fables-de-m-gay-suivie_gay-john_1759.pdf
Et à nouveau traduit en 1768, par Coustard de Massi : L’Éventail. Poëme traduit de l’anglais, en trois chants, par M. Coustard de Massi.
[Chypre : Paphos. S. n. In-8, 41 p., 1768].
Anne Pierre Coustard de Massi [ou Massy] [1734-1793].
1780
L’ÉVENTAIL OU ZAMIS ET DELPHIRE
En 1780, avouant avoir été inspiré par la lecture de The Fan [l’Éventail] de John Gay, Charles Millon fait paraître : L’Éventail ou Zamis et Delphire, Poème en quatre chants ; par M. Milon [sic].
[A Londres, et se trouve à Paris : chez la Veuve Duschesne, Libraire, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût. In-8, 36 p., M. DCC. LXXX (1780)].
- https://books.google.fr/books?id=fUtgAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
Avec en exergue une citation d’Horace, Art. Poét. : Utile dulci [l’utile et l’agréable].
Vignette [bois gravé] sur la page de titre : Deux colombes, sur un nuage, qui se becquettent.
Frontispice gravé à l’eau-forte, signé Boulland.
Épître dédicatoire (2 pp., en vers) » À son Altesse sérénissime Madame la Duchesse de Bourbon ».
Louise-Marie-Thérèse-Bathilde d’Orléans (1750-1822), connue comme duchesse de Bourbon.
BIBLIOTHÉCAIRE AU CHÂTEAU DE CHANTILLY
Charles Millon est sous-bibliothécaire de Louis Joseph prince de Condé [1736-1818], établi au château de Chantilly.
1783
EMBASTILLÉ
Charles Millon est arrêté quelques jours, mis à la Bastille, en août 1783 [du 5 au 18 août], après avoir été dénoncé, faussement, comme auteur d’un libelle dirigé contre le gouvernement de la France.
Il quitte Paris et va se réfugier quelque temps en Allemagne, principalement à Clèves [Kleve à l’ouest de l’Allemagne, duché de Clèves, actuellement en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à la frontière avec les Pays-Bas].
1785
LE CRI DU COEUR OU ÉTRENNES LIÉGEOISES
Tandis qu’il est à l’étranger, Charles Millon publie : Le Cri du cœur ou étrennes liégeoises [1785].
Ce poème, pièce de circonstance, est édité à l’intérieur d’un recueil intitulé, selon le goût de l’époque, Almanach nouveau contenant toutes les poésies […] composées pour l’élection de S. A. Mgr. de Hoensbroeck.
[Liège : L. J. Bernimolin. In-12, 1785].
Comprend des poésies de Charles Millon, de l’économiste et journaliste Jean Nicolas Marcellin Guérineau de Saint-Péravi [1735-1789] et du juriste Pierre Joseph Henkart [1761-1815], membres de la Société Libre d’Émulation de Liège, poésies dont quelques unes on été mises en musique par le chanoine Henri Hamal [1744-1820], compositeur, chef d’orchestre, organiste et maître de chapelle liégeois.
1786
POÈME SUR LA MORT DE FRÉDERIC II
Et alors qu’il est à Clèves, en Allemagne, publie : Poème sur la mort de Frédéric II, roi de Prusse, avec des notes historiques.
[Clèves : J. W. Hannesmann. In-4, 1786].
En effet Frédéric II [1712-1786], roi de Prusse, régnant de 1740 à 1786, malade, vient de mourir le 17 août 1786 à Postdam, au château de Sans-Souci.
Sa mort provoque la parution d’un grand nombre de célébrations littéraires.
1789.
RÉVOLUTION FRANÇAISE, ÉMIGRATION ET RETOUR EN FRANCE.
Charles Millon quitte la France pour l’Allemagne au début de la Révolution française.
Puis retourne en France, après l’exécution de Robespierre [9 thermidor an II (27 juillet 1794)], et le début de la Convention thermidorienne.
1795
CRÉATION DES ÉCOLES CENTRALES
Les Écoles centrales sont créées, à la suite du rapport de Pierre Claude François Daunou [1761-1840], par le décret du 3 brumaire an IV [25 octobre 1795], pris par la Convention nationale sur l’organisation de l’Instruction publique. Le titre I porte sur les écoles primaires ; le titre II porte sur les écoles centrales ; le titre III porte sur les écoles spéciales.
L’article 1er stipule qu’il sera établi une école centrale par département.
En fin l’an IV, et l’an V, [1795-1797], compte tenu des territoires nouvellement acquis par la France, une centaine d’Écoles centrales – avec une Bibliothèque et un Jardin potager – sont créées.
1800
PROFESSEUR DE LÉGISLATION À L’ÉCOLE CENTRALE DU PANTHÉON
Charles Millon est nommé, le 19 ventôse an VIII [10 mars 1800], professeur de Législation et de Langues anciennes à l’École centrale du Panthéon [sur l’emplacement actuel du lycée Henri-IV]. C’est l’une des trois Écoles centrales du département de la Seine ; les deux autres sont : l’École centrale des Quatre-Nations [sur l’emplacement actuel de l’Institut de France] ; l’École centrale de la rue Saint-Antoine [sur l’emplacement actuel du lycée Charlemagne].
Compte tenu de la structure de l’enseignement en vigueur dans les Écoles centrales Charles Millon, en tant que professeur de Législation, fait partie du groupe des professeurs de la troisième section, chargés sur deux ans de l’enseignement auprès des élèves âgés de seize à dix-huit ans : Jules Michel Duhamel [1761-NNN], pour la Grammaire générale ; Louis de Fontanes [1759-1821], puis Nicolas Joseph Sélis [1737-1802], pour les Belles-Lettres ; Jacques François Marie Vieilh de Boisjolin [1761-1841], pour l’Histoire ; Charles Millon [1754-1839], pour la Législation.
Il y a pour élève Abel François Villemain [1790-1870] ; Auguste François Chomel [1788-1858] ; Joseph Victor Le Clerc [1789–1865], futur doyen ; Claude Nau de Champlouis [1788-1850].
1797
ÉDITION DU « PHILOSOPHE », TEXTE DE DUMARSAIS
Éditeur du texte de César Chesneau Dumarsais, intitulé « Le Philosophe ».
Charles Millon édite avec Marie Émile Guillaume Duchosal [1763-1806], dans les Œuvres de César Chesneau Dumarsais [A Paris : De l’imprimerie de Pougin. Sept volumes in-8, 1797, an V], le texte particulier de Dumarsais intitulé Le Philosophe [placé dans le tome VI].
Les tomes Vi et VII contiennent quatre essais philosophiques : De la Raison, Le Philosophe ; Essai sur les Préjugés ; Analyse de la Raison chrétienne.
Le texte Le Philosophe a d’abors été publié en 1743 [pages 173 sq.] comme contribution dans le recueil Nouvelles libertés de penser, par Fontenelle et autres [Amsterdam. M. DCC. XLIII], mais écrit vraisemblablement dés 1728.
- https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Philosophe_(Chesneau_Dumarsais)
C’est la première fois qu’on regroupe les œuvres du grammairien et philosophe César Chesneau Dumarsais [1690-1756].
1803
TRADUCTION DE LA POLITIQUE D’ARISTOTE
Traduit du grec en français : Politique d’Aristote, traduite du grec, avec des notes et des éclaircissemens, par Charles Millon, professeur de Législation et de Langues anciennes à l’École centrale du Panthéon, à Paris : et Membre de plusieurs Sociétés littéraires.
On a joint à cet ouvrage une Notice sur Aristote et ses Écrits ; une Liste chronologique des éditions de ses Oeuvres ; plusieurs Extraits de Platon, et les deux Traités de Xénophon sur les Républiques de Sparte et d’Athènes.
Édition ornée du portrait d’Aristote.
[A Paris : Chez Artaud, Libraire, quai des Augustins, n° 42. M. DCCC. III (1803)] Trois volumes in-8. Errata.
Avec en exergue, sur la page de titre, une citation de Cicer. Fragment. philosoph. : Magna animi consentio adhibenda est in explicando Aristotele. [Une grande attention d’esprit doit être apportée dans l’explication d’Aristote].
L’ouvrage est dédié < Au Sénateur Abrial, ancien Ministre de la Justice >.
Tome 1.
- https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=nyp.33433022831774&seq=11
Tome 2. - https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=ucm.5325865113&seq=9
Tome 3. - https://www.google.fr/books/edition/Politique_d_Aristote/rBJEAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=inauthor:%22Charles+Millon%22&printsec=frontcover
1797-1837
AUTRES ÉDITIONS DE LA LOGIQUE D’ARISTOTE.
Il est à noter que Jean François Champagne [1751-1813] avait publié en 1797 : La Politique d’Aristote ou la Science des Gouvernemens. Ouvrage traduit du grec. Avec des Notes historiques et critiques, par le Citoyen Champagne, Directeur de l’Institut des Boursiers du Collège de l’Égalité.
[A Paris, de l’Imprimerie d’Antoine Bailleul. An V de la République française (1797), t. 1, p. lix-lxxij]. Notes. Deux tomes.
Se vend chez Laran, libraire, palais Egalité, galerie du côté de la rue des Bons-Enfants, n° 181.
Et chez Ant. Bailleul, imprimeur, au Bureau du Journal du Commerce, rue Neuve Augustins, n° 742.
Premier tome. Contient les quatre premiers livres de la Politique. 424 p.
- https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=chi.21203529&seq=9
Deuxième tome.
En 1824, Jean François Thurot [1768–1832], professeur du Collège de France, dans la chaire de Philosophie grecque et latine [de 1814 à 1832], publie, en deux tomes :
La Morale et la Politique d’Aristote, traduites du grec par M. Thurot, professeur au Collège royal de France.
[A Paris : Chez Firmin Didot, Père et Fils, Libraires, rue Jacob, n° 24. LXXIII-553 p., M. D. CCC. XXIV (1824)].
La Morale est au tome I ; La Politique est au tome II.
- https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.39015059883598&seq=9
Jean François Thurot a travaillé à partir de l’édition des Oeuvres d’Aristote fournit par Adamántios Koraïs [1748-1833] dans les tomes XIII et XIV de sa Bibliothèque grecque.
Ultérieurement, en 1837, J. Barthélemy-Saint-Hilaire, à l’intérieur de son projet d’éditer la traduction en français de toute l’oeuvre d’Aristote, publie : Politique d’Aristote traduite en français, d’après le texte collationné sur les manuscrits et les éditions principales, par J. Barthélemy-Saint-Hilaire.
[Paris. Imprimé par l’autorisation du Roi. A l’Imprimerie royale. Deux volumes, M. DCCC XXXVII (1837)].
Réédité à plusieurs reprises.
Premier tome.
- https://archive.org/details/bub_gb_NVfvwjDY7OQC/page/n7/mode/2up
En publiant ces textes [en 1797, Le Philosophe de Dumarsais ; en 1803, La Politique d’Aristote] Charles Millon, quitte l’image de simple homme de lettres, amateur de poésie, pour acquérir la position de spécialiste de philosophie, et peut ainsi prétendre valablement, quelques années plus tard, à ce statut rare et privilégié de professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Paris.
1802
ÉCOLE DE DROIT DE PARIS
Charles Millon obtient une chaire à l’École de Droit de Paris.
L’École de Droit, établie Place du Panthéon, est créé en 1802, comme reprise de la Faculté de droit civil et canonique supprimée en 1793, et préfiguration de la Nouvelle Faculté de Droit de Paris créée par décret impérial du 17 mars 1808.
1809
PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU LYCÉE CHARLEMAGNE
Sept ans après le création des lycées [loi du 1er mai 1802] la réintroduction, dans les programmes, de l’enseignement de la philosophie, comme couronnement des enseignements de lettres [langues anciennes, belles-lettres], se fait à la suite d’une démarche de Pierre Laromiguière [1756-1837], auprès de l’abbé Martial Borye Desrenaudes [1755-1825], l’un des dix conseillers titulaires du Conseil de l’Université, organisme créé par le décret impérial du 17 mars 1808. Démarche complétée par une lettre à Louis de Fontanes [1757-1821], Grand-Maître de l’Université, depuis mars 1808.
Charles Millon est nommé, le 11 octobre 1809, professeur de philosophie au lycée Charlemagne [établi dans la maison dite des Grands Jésuites, rue Saint-Antoine].
Charles Millon fait ainsi partie des quatre enseignants titulaires d’une chaire de philosophie dans les lycées impériaux de la capitale, tous nommés pour la rentrée scolaire 1809-1810 : Jean Baptiste Maugras [1762-1830] pour le lycée Impérial [Louis-le-Grand] ; Charles Fercoc [1764-1841] pour le lycée Napoléon [Henri-IV] ; Desfontaines, puis Jean-Jacques Séverin de Cardaillac [1766-1845] nommé en 1811, pour le lycée Bonaparte [Condorcet] ; Charles Millon [1754-1839] pour le lycée Charlemagne.
Charles Millon est assisté par Jean Baptiste Maugras [1762-1830], < agrégé >.
En 1822, le professeur < agrégé > auprès de Charles Millon est Georges Ozaneaux [1795-1852].
Charles Millon reste en poste à Charlemagne, jusqu’en 1825. En 1826, c’est Georges Ozaneaux qui devient titulaire, puis en 1827 Vertueux Bousson [1796-1829].
1809
LES CHAIRES DE PHILOSOPHIE DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS
Comme dans les vingt-cinq autres Facultés des lettres en France, crées ou en création, les différentes chaires de la Faculté des lettres de Paris se mettent en place en 1808-1809.
La première chaire, intitulée Philosophie et opinion des philosophes [créée le 6 mai 1809], a pour titulaire Emmanuel Pierre Pastoret [1756-1840], qui est en même temps, chronologiquement le premier doyen de la Faculté [6 mai 1809-décembre 1809].
La deuxième chaire, intitulée Philosophie [créée le 19 septembre 1809], est confiée à Pierre Laromiguière [1756-1837] qui en sera titulaire du 19 septembre 1809 au 12 août 1837. François Thurot [1768-1832] sera suppléant puis adjoint de 1811 à 1824.
Une troisième chaire, Histoire de la philosophie ancienne, sera créée un peu plus tard, en mai 1814.
1809-1814
CHARLES MILLON : D’UNE CHAIRE À L’AUTRE
Emmanuel Pastoret [dans la chaire Philosophie et opinion des philosophes], bien que professeur en titre ne fait aucun cours. Il est en même temps, depuis le 28 pluviôse an XII [18 février 1804] professeur titulaire de la chaire Droit de la nature et des gens du Collège de France, chaire qu’il occupe de 1804 à 1821.
C’est Charles Millon qui fait officiellement cours à sa place, à la Faculté des Lettres, comme Professeur adjoint de philosophie, de mai 1809 à 1811.
En 1811, Emmanuel Pierre Pastoret, étant appelé comme sénateur de l’Empire, est amené à démissionner de son poste à la Faculté des Lettres. Charles Millon est alors nommé, en novembre 1811, Professeur titulaire.
Enfin, en 1814, à la création de la troisième chaire de philosophie [Histoire de la philosophie ancienne] Charles Millon passe alors de la première chaire [dont le titre initial Philosophie et opinion des philosophes, est devenu Histoire de la philosophie moderne] à la troisième.
Il y reste jusqu’en septembre 1830, date à laquelle il est mis à la retraite.
Est suppléé par Jean Baptiste Maugras [1762-1830], de 1824 à 1828 ; puis par Théodore Jouffroy [1796-1842], suppléant de janvier 1829 à 1830.
Victor Cousin [1792-1867], antérieurement suppléant de Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], puis son adjoint de 1828 à 1830, succèdera à Charles Millon, dans la chaire Histoire de la philosophie ancienne, en septembre 1830. Victor Cousin passant lui-même de la chaire Histoire de la philosophie moderne, où il est professeur-adjoint de Pierre Paul Royer-Collard, à celle d’Histoire de la philosophie ancienne, où il devient, le 25 septembre 1830, professeur titulaire.
1830
MISE À LA RETRAITE
Charles Millon est admis à la retraite en septembre 1830. Il est alors dans sa soixante-seizième année. Il reste à Paris, dans ses appartements du 3 rue Culture-St-Catherine, au Marais [actuelle rue Madame de Sévigné, dans le quatrième arrondissement].
1839
OBSÈQUES ET CÉLÉBRATION.
Aux obsèques de Charles Millon, < ancien professeur d’Histoire de la philosophie ancienne à la Faculté des Lettres de Paris >, décédé le 21 juillet 1839, Victor Joseph Leclerc [1789-1865], en tant que doyen de la Faculté des Lettres, ancien élève, et depuis collègue de Charles Millon à la Faculté, prononce le discours d’usage, < des paroles simples et tristes, mais qui font parfaitement connaître en M. Millon l’homme et le savant >.
Assistent à la cérémonie : Augustin Létendart, inspecteur honoraire de l’académie de Paris ; Pierre Victor Hallays [1782-1867], ancien chef d’institution ; Marie Nicolas Bouillet [1798-1864], professeur de philosophie au collège royal Henri-IV.
Un compte rendu paraît dans le Journal de l’instruction publique et des cours scientifiques et littéraires, en date du mercredi 28 août 1839, numéro 69, page 532.
1841
UNE IMPORTANTE BIBLOTHÈQUE D’OUVRAGES ANCIENS
Deux ans après la mort de Charles Millon, un volumineux catalogue de sa bibliothèque littéraire et philosophique, de plus de deux cents pages, est édité en 1841, pour une vente publique à Paris [du 15 février au 10 mars 1841], au domicile du défunt [3 rue Culture-St-Catherine, au Marais], sous le titre : Catalogue des livres imprimés et manuscrits, et des pièces autographes, composant la bibliothèque de feu M. Charles Millon, Ancien professeur d’histoire de la philosophie ancienne à la faculté des lettres
[Paris, R. Merlin, Libraire, Quai des Augustins, N°7. In-8. 2ff. 256 p. 1841].
- https://books.google.fr/books?id=4I7iJIwfDN4C&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
La vente a lieu par le ministère du commissaire-priseur Me. Alexandre Fournel.
Selon la mode de l’époque la bibliothèque contient non seulement des livres anciens et des manuscrits mais aussi des autographes [d’Alembert, Leibniz, Malebranche].
1841
VICTOR COUSIN ET LA JALOUSIE DU COLLECTIONNEUR
En 1841, deux ans après la mort de Charles Millon, Victor Cousin [1792-1867] l’évoque, dans une communication faite à l’Académie des sciences morales et politiques :
3-10-17 juillet 1841 Communication par M. Cousin d’une Correspondance entre Malebranche et Mairan, à l’occasion de la publication par un collectionneur [Feuillet de Conches] de la correspondance Malebranche-Mairan. Cette communication fait l’objet d’une publication dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques [1841], pages 480-488.
Le texte publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques n’est pas tout à fait le même que celui qui est paru dans le Journal des savants.
Incipit « Depuis que les lettres du père André nous ont appris d’une manière certaine que Malebranche avait été en correspondance avec plus de cinq cent cinquante personnes, il vient d’être découvert un fragment de cette correspondance, dont l’existence n’avait pas été jusqu’ici soupçonnée. ».
V. Cousin, au passage, stigmatise l’attitude de M. Milon [sic] : « Il paraît que ces précieux documents se trouvaient entre les mains d’un professeur de la Faculté des lettres, M. Milon, qui les conservait avec un soin jaloux, dans le secret de son cabinet, et qui, par des motifs restés inconnus, les avait dérobé à tous les yeux jusqu’à la fin de sa vie ».
PUBLICATIONS
1782
Publie sans la signer :
Histoire des voyages des papes depuis Innocent I, en 409, jusqu’à Pie VI, en 1782, avec des notes.
[Vienne : Chez les libraires associés. In-8, 350 p., 1782].
Par Charles Millon, d’après Antoine Alexandre Barbier. Dictionnaire des ouvrages anonymes.
1788
Traduction de :
Introduction à l’histoire des troubles des Provinces-Unies, depuis 1777 jusqu’en 1787, constituant un précis de l’origine des discussions de la République. Traduite de l’anglais.
[Londres : Simons. In-8, 224 p., 1788].
Par Charles Millon, d’après Antoine Alexandre Barbier. Dictionnaire des ouvrages anonymes.
1789
Tableau sommaire et philosophique du génie, du caractère, des moeurs, du gouvernement et de la politique des Bataves, traduit de l’anglais par M. Milon, avec des remarques du traducteur.
[A La Haye : Chez J. Van Cleef. In-8, 189 p., 1789].
- https://pbc.biaman.pl/dlibra/publication/20755/edition/19844/content
1789.
Charlotte Belmont.
[Amsterdam. In-8, 1789].
1797
Éditeur du texte de César Chesneau Dumarsais [1690-1756] : Le Philosophe.
[À Paris : De l’imprimerie de Pougin. Sept volumes in-8, 1797, an V].
Le texte particulier de Dumarsais intitulé Le Philosophe est placé dans le tome VI.
1798.
Histoire des descentes qui ont eu lieu en Angleterre, Écosse, Irlande et isles adjacentes, depuis Jules-César jusqu’à nos jours, suivie d’observations sur le climat, le commerce… la population.
[Paris : L. Prudhomme, In-8, XVI-150 p., cartes. An VI (1798)]. Avec trois cartes géographiques.
Connaît la même année une seconde édition, revue et corrigée.
Par Charles Millon, d’après Antoine Alexandre Barbier. Dictionnaire des ouvrages anonymes.
Traduit, la même année, sans nom d’auteur, en flamand.
[Utrecht : J. Vander Schroeff. In-8, 1798].
1798
Histoire de la révolution et de la contre-révolution d’Angleterre, Contenant les troubles civils sous Charles I ; le procès de ce Prince, sa condamnation à mort et son exécution ; l’abolition de la Monarchie, et l’établissement de la République en 1649 ; les dilapidations des finances ; le protectorat de Cromwell ; les conspirations, l’anarchie et les factions qui eurent lieu ; enfin le renversement de la République, et la restauration de Charles I, avec les suites du rétablissement de la Royauté.
Par C. Millon, Membre de la Société libre des Sciences, Lettres et Arts de Paris.
[A Paris : Chez Moutardier, Imprimeur-Libraire, quai des Augustins, N.° 28 ; Chez Cordier et Legras, Imprimeurs, rue Galande, N°. 50, près la Place Maubert. In-8, XVI-240 p. An-VII (1798)]. Trois tomes.
- https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1193398k
Deuxième édition en 1799.
1798
Les soirées de Windsor, ou les Loisirs d’une famille anglaise, traduit de l’anglais par C. Millon.
[Paris. Deux tomes en un volume. In-12, an VII-1798]. Deux figures par Monnet.
1799
Traduit de l’anglais en français, du voyageur Richard Twiss [1747-1821], le Voyage en Irlande contenant des observations sur la situation, l’étendue de ce pays ; le climat, le sol, les productions des trois règnes de la nature. Traduit de l’anglais par C. Millon [Paris : Prudhomme. In-8, 180 p., planche, carte gravée par P.-F. Tardieu d’après E. Mentelle et P.-G. Chanlaire, an VII. 1799].
L’ouvrage était paru initialement en 1776 : < A Tour in Ireland in 1775 by Richard Twiss. With a map, and a view of the salmon-Leap at Ballyshannon.
[London. Prnted for the author ; and sold by J. Robson, in New Bond-Street ; J. Walter, at Charring-cross ; G. Robinson, in Paernoster Row ; and G. Kearsley, in Fleet Street. In-8, MDCCCLXXVI (1776)].
- https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_a-tour-in-ireland-in-177_twiss-richard_1776
1799
Bagatelles jetées au vent par l’abbé De Lille, ou Recueil des pièces de sa jeunesse, rassemblées par un amateur, et auxquelles on a joint le poème de l’Eventail, par un Elève de ce Poète célèbre.
[A Hambourg : Chez Pierre-François Fauche, Libraire. In-8, 128 et 59 pp, 1799].
Le poème de l’Éventail fait l’objet d’une pagination propre.
- https://books.google.fr/books?id=pFiMLWBoU2AC&pg=RA1-PT2&hl=fr&source=gbs_selected_pages&cad=1#v=onepage&q&f=false
1800
Éléments de l’histoire d’Angleterre, depuis la conquête romaine, par l’abbé Millot. Sixème édition revue, corrigée et augmentée des règnes de Georges II et Georges III, par Ch. Millon.
[Paris. Trois volumes in-12. 1800].
L’ouvrage est paru initialement en 1769 : Élémens de l’histoire d’Angleterre, depuis son origine sous les Romains, jusqu’au règne de Georges 2, par M. l’abbé Millot, professeur royal d’histoire en l’université de Parme, des académies de Lyon & de Nancy.
[A Paris : Chez P. E. G. Durand, Libraire, rue S. Jacques, à la Sagesse].
Réédité en 1802, sous un titre légèrement différent :
1800
Voyage en Irlande, par Arthur Young ; contenant des observations sur l’étendue de ce pays, le sol, le climat, les productions, les différentes classes d’habitans, les moeurs, la religion, le commerce, les manufactures, la population, les revenus, les taxes, le gouvernement, etc. etc. etc. etc. Traduit de l’anglais, par C. Millon, membre de la société libre des sciences, lettres et arts de Paris ; et suivi de Recherches sur l’Irlande par le traducteur. Avec gravures.
[Paris : chez Moutardier, imprimeur-libraire, quai des Augustins, N°. 28 et Cerioux, libraire, quai Voltaire, N°. 9. Deux volumes in-8, avec gravures, an VIII-1800]. Errata.
Premier volume• https://books.google.fr/books/about/Voyage_en_Irlande_par_Arthur_young_conte.html?id=HVkuRwBm9N8C&redir_esc=y
Cette traduction est plutôt un abrégé remanié du voyage de Young.
Connaît une seconde édition :
Voyage en Irlande, par Arthur Young ; contenant des observations sur l’étendue du pays, le sol, les productions, le climat, les différentes classes d’habitans, les moeurs, la religion, les arts, la population, les manufactures, etc.
Traduit de l’anglais par Millon, professeur de législation à l’école centrale du Panthéon, membre dela société libre des arts et sciences de Paris.
Seconde édition, augmentée d’un essai sur le commerce d’Irlande.
Deux volumes ornés de figures.
[Paris : chez Moutardier, imprimeur-libraire, quai des Augustins, N°. 28].
1802
Reprend, et complète, l‘édition d’un ouvrage de l’abbé Claude François Xavier Millot [1726-1785] :
Élémens de l’histoire de France, depuis Clovis jusqu’à Louis XV, par M. l’abbé Millot
[Paris : Artaud. Trois volumes, in-12, 1802].
L’édition de 1800 est la septième édition corrigée et augmentée d’observations sur le règne de Louis XV, concernant les mœurs de la cour, le ministère, les finances et les progrès de l’esprit humain, et continuées jusqu’à la mort de Louis XVI.
Connaît plusieurs éditions successives : 1806, 1814, 1817, 1821, corrigées, continuées et augmentées.
L’ouvrage de l’abbé Millot [1726-1785], de l’Académie française, est paru initialement en 1768. Il sera réédité tout au long du XIXème siècle.
1803
Traduction de La Polique d’Aristote.
[A Paris : Chez Artaud, Libraire, quai des Augustins, n° 42. M. DCCC. III (1803)].
SOURCE
Christophe Charle. Dictionnaire biographique des universitaires aux XIXe et XXe siècles. Volume I. La Faculté des Lettres de Paris [1809-1908] [Paris : Institut National de Recherche Pédagogique. Éditions du CNRS. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 181 p., 1985]. Préface de Maurice Agulhon.
https://www.persee.fr/doc/inrp_0298-5632_1985_ant_2_1_2663
Françoise Huguet et Boris Noguès. Les Professeurs des facultés des lettres et des sciences en France au XIXe siècle (1808-1880).
Biographie nationale. Volume 14, page 843. Publié par l’Académie royale des sciences, des lettres etdes beaux-arts de Belgique. 1897.
https://www.google.fr/books/edition/Biographie_nationale/Un8SAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=Charles+millon&pg=PA843&printsec=frontcover