{"id":82,"date":"2009-06-10T20:07:40","date_gmt":"2009-06-10T20:07:40","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-06-10T20:07:40","modified_gmt":"2009-06-10T20:07:40","slug":"La-bibliotheque-de-Joseph-Joubert-entre-ciel-et-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/La-bibliotheque-de-Joseph-Joubert-entre-ciel-et-terre.html","title":{"rendered":"La biblioth\u00e8que de Joseph Joubert, entre ciel et terre"},"content":{"rendered":"<em>Quatre ans apr&egrave;s la premi&egrave;re &eacute;dition [1838] du Recueil des pens&eacute;es de M. Joubert, par Fran&ccedil;ois Ren&eacute; de Chateaubriand, Paul Chaudru de Raynal [1797-1845], son neveu par alliance, &eacute;dite les Pens&eacute;es, essais et maximes de&nbsp; J. Joubert. <\/em><!--more--><p><strong>Pens&eacute;es, essais et maximes de&nbsp; J. Joubert<\/strong>. Suivis de lettres &agrave; ses amis et pr&eacute;c&eacute;d&eacute;s d&rsquo;une Notice sur sa vie, son caract&egrave;re et ses travaux. Paris, Librairie de Charles Gosselin. 9 rue Saint-Germain des Pr&eacute;s. Deux volumes, 1842. <br \/>L&rsquo;ouvrage conna&icirc;t, sous un titre un peu diff&eacute;rent, de nombreuses r&eacute;&eacute;ditions, notamment une sixi&egrave;me &eacute;dition : les <strong>Pens&eacute;es de J. Joubert, pr&eacute;c&eacute;d&eacute;es de sa correspondance, d&#39;une notice sur sa vie, son caract&egrave;re et ses travaux<\/strong>. Paris, Librairie acad&eacute;mique Didier et Cie in-8, sixi&egrave;me &eacute;dition. 1874. Le texte qui suit est extrait de la notice&nbsp; pages XLIV-XLVI.<\/p><p>Cette description renforce l&rsquo;image romantique de l&rsquo;&eacute;crivain Joseph Joubert qui fut aussi un homme d&rsquo;action : Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Universit&eacute; [septembre 1808-mai 1814 ], et conseiller ordinaire de l&rsquo;Universit&eacute;.<\/p><blockquote>Cette biblioth&egrave;que, puisque j&#39;en ai parl&eacute;, m&eacute;rite que je m&#39;y arr&ecirc;te un instant, car une grande partie de la vie de M. Joubert s&#39;y est &eacute;coul&eacute;e. Aussit&ocirc;t que le retour de l&#39;ordre le lui avait permis, il &eacute;tait venu s&#39;&eacute;tablir &agrave; Paris, dans une maison poss&eacute;d&eacute;e par la famille de sa femme, pr&egrave;s du lieu o&ugrave; s&#39;est ouvert depuis le passage Delorme. L&agrave;, tout au sommet, le plus haut qu&#39;il avait pu, il avait fait disposer une galerie o&ugrave;, suivant son voeu, &quot;beaucoup de ciel se m&ecirc;lait &agrave; peu de terre.&quot; C&#39;&eacute;tait l&#39;asile pr&eacute;par&eacute; &agrave; ses r&ecirc;veries, le temple &eacute;lev&eacute; &agrave; ses &eacute;crivains ch&eacute;ris. On y trouvait peu d&#39;ouvrages modernes ; mais les si&egrave;cles de Louis XIV, d&#39;Auguste et de P&eacute;ricl&egrave;s y tenaient une grande place, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&#39;histoire eccl&eacute;siastique, de la m&eacute;taphysique, des voyages et, le dirais-je, des contes de f&eacute;es, r&eacute;cits merveilleux et na&iuml;fs o&ugrave; sa raison aimait &agrave; se distraire. Il ne fallait chercher l&agrave; ni Voltaire, ni J.-J. Rousseau, ni les autres &eacute;crivains de l&#39;&eacute;cole philosophique ; on y rencontrait, en revanche, toutes sortes d&#39;&eacute;ditions de Platon, d&#39;Hom&egrave;re, de Virgile, d&#39;Aristote, de Plutarque, une foule de ces vieux livres o&ugrave; les seizi&egrave;me et dix-septi&egrave;me si&egrave;cles ont recueilli les d&eacute;bris &eacute;pars de l&#39;antiquit&eacute; grecque ou romaine, et les curiosit&eacute;s bibliographiques que recommandait le double m&eacute;rite de la raret&eacute; et de l&#39;originalit&eacute;. Sa passion pour les livres n&#39;&eacute;tait pas celle du bibliomane qui, comme l&#39;avare, amoncelle des tr&eacute;sors dont il ne sait point user. Il lisait tout, et la plupart des volumes de sa biblioth&egrave;que portent encore les vestiges du passage de sa pens&eacute;e : ce sont de petits signes dont j&#39;ai vainement &eacute;tudi&eacute; le sens, une croix, un triangle, une fleur, un thyrse, une main, un soleil, vrais hi&eacute;roglyphes que lui seul savait comprendre et dont il a emport&eacute; la clef. Son heureuse m&eacute;moire cependant aurait pu se passer d&#39;un tel secours. Il n&#39;oubliait rien, en effet, des choses qu&#39;il avait lues ; l&#39;aspect seul du volume, un regard jet&eacute; sur la couverture, sur le titre, suffisaient pour r&eacute;veiller tous ses souvenirs et renouveler soudainement ses impressions premi&egrave;res. C&#39;&eacute;tait, de ses livres &agrave; lui, un commerce de tous les instants, une sorte de courant intellectuel presque ininterrompu. Ils ne renfermaient pas une bonne parole dont il ne leur t&icirc;nt compte en passant, un mauvais propos dont il ne leur gard&acirc;t rancune. Aussi &eacute;tait-il devenu fort scrupuleux dans le choix des volumes qu&#39;il admettait sur ses rayons. Il avait grand soin de ne s&#39;entourer que d&#39;ouvrages amis et proscrivait, comme un voisinage f&acirc;cheux, les auteurs qui blessaient sa pens&eacute;e. Mais les autres, comme il les aimait ! <br \/><\/blockquote><p>Extrait de Pens&eacute;es de J. Joubert, pr&eacute;c&eacute;d&eacute;es de sa correspondance, d&#39;une notice sur sa vie, son caract&egrave;re et ses travaux par M. Paul de Raynal.&nbsp; <br \/>Paris : Librairie acad&eacute;mique Didier et Cie in-8, sixi&egrave;me &eacute;dition. 1874, pages XLIV.XLVI. <\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Quatre ans apr&egrave;s la premi&egrave;re &eacute;dition [1838] du Recueil des pens&eacute;es de M. Joubert, par Fran&ccedil;ois Ren&eacute; de Chateaubriand, Paul Chaudru de Raynal [1797-1845], son neveu par alliance, &eacute;dite les Pens&eacute;es, essais et maximes de&nbsp; J. Joubert. <\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-82","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}