{"id":74,"date":"2009-05-11T09:08:41","date_gmt":"2009-05-11T09:08:41","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-05-11T09:08:41","modified_gmt":"2009-05-11T09:08:41","slug":"Le-philosophe-Concierge-des-catacombes-philosophiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Le-philosophe-Concierge-des-catacombes-philosophiques.html","title":{"rendered":"Le philosophe, concierge des catacombes philosophiques"},"content":{"rendered":"<em>La d&eacute;finition du philosophe, comme &laquo; ami de la sagesse &raquo; est convenue. Il en est d&rsquo;autres qui sont parfois plus pol&eacute;miques. Telle est celle que donne Jean Baptiste Maugras [1762-1830], en 1827, &agrave; l&rsquo;occasion de son cours d&rsquo;ouverture, dans la chaire d&rsquo;Histoire de la Philosophie ancienne, qu&rsquo;il prononce en 1827, &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris. <br \/><\/em><!--more--><p><em>Le philosophe, dit Maugras, est &laquo;le grave concierge des catacombes philosophiques, lisant quelques &eacute;pitaphes sur les tombeaux de Z&eacute;non, Epicure ou autres&raquo;. <br \/><\/em><br \/><em>Le journal Le Lyc&eacute;e [tome 1, 1827-1828] rend compte, dans une chronique en demi-teinte, de la premi&egrave;re le&ccedil;on de ce professeur, bien &eacute;loign&eacute;e de l&rsquo;enthousiasme des enseignements de Victor Cousin.<\/em> <br \/><\/p><p>&laquo; Telle n&rsquo;est pas la disposition d&rsquo;&acirc;me avec laquelle M. Maugras a ouvert le cours qu&rsquo;il est charg&eacute; de faire, en remplacement de M. Millon, sur l&rsquo;Histoire de la Philosophie ancienne. Il serait difficile de trouver un professeur qui e&ucirc;t moins de bienveillance pour l&rsquo;objet de son enseignement. Il annonce que les philosophes n&rsquo;ont jamais d&eacute;couvert de v&eacute;rit&eacute;s ; que dans les sciences physiques on parle bien des d&eacute;couvertes de Newton, de Kepler, etc &hellip; ; mais que dans la philosophie g&eacute;n&eacute;rale (c&rsquo;est sp&eacute;ciale qu&rsquo;il aurait fallu dire selon nous) on ne parle que des erreurs de Platon ou d&rsquo;Aristote ; qu&rsquo;en cons&eacute;quence, s&rsquo;il ne m&ecirc;lait pas, &agrave; ses le&ccedil;ons sur les philosophes anciens, quelques rapprochements des philosophes fran&ccedil;ais, il ne serait que le grave concierge des catacombes philosophiques, lisant quelques &eacute;pitaphes sur les tombeaux de Z&eacute;non, Epicure ou autres. <\/p>  <p>Mais, apr&egrave;s avoir donn&eacute; quelques &eacute;loges &agrave; la m&eacute;thode cart&eacute;sienne, et cit&eacute; avec admiration les noms d&rsquo;Arnaud, Malebranche, F&eacute;n&eacute;lon, Bossuet, Pascal, le professeur a fait entendre qu&rsquo;il n&rsquo;attachait pas une grande importance m&ecirc;me aux d&eacute;couvertes des modernes, en rep&eacute;tant, d&rsquo;apr&egrave;s Locke, que tout ce qu&rsquo;on a d&eacute;couvert en philosophie depuis deux mille ans tiendrait dans une coque de noix. <\/p>  <p>Les philosophes &eacute;trangers n&rsquo;ont pas non plus trouv&eacute; gr&acirc;ce aux yeux du ma&icirc;tre. Il leur a au contraire oppos&eacute; Descartes, et a dit qu&rsquo;il avait des sentimens trop v&eacute;ritablement fran&ccedil;ais pour ne pas voir avec plaisir que Descartes le premier avait donn&eacute; l&rsquo;&eacute;vidence pour sceptre au tr&ocirc;ne ontologique, et que nous l&rsquo;emportions aussi en m&eacute;taphysique sur les autres nations, qui doivent d&eacute;j&agrave; nous le c&eacute;der sous le rapport des sciences, des arts et des lettres. <\/p>    <p>M. Maugras a d&eacute;clar&eacute; que la mission du professeur de philosophie &eacute;tait &eacute;minemment contentieuse, c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;elle consistait &agrave; lire les opinions contradictoires des philosophes, et &agrave; se promener dans ce vaste lazaret des maladies intellectuelles ; qu&rsquo;en cons&eacute;quence, son cours serait une clinique philosophique ; mais que cependant cette derni&egrave;re comparaison &eacute;tait plus amusante qu&rsquo;exacte, parce que les malades ordinaires se sentent malades et &eacute;coutent le m&eacute;decin ; tandis que les philosophes sont des malades qui ignorent leurs maladies, et qui veulent encore gu&eacute;rir les autres.<\/p><p>Nous avons remarqu&eacute; dans la le&ccedil;on de M. Maugras certaines phrases sur des proph&egrave;tes fallacieux et magnifiques, qui, d&rsquo;un ton solennel et emphatique, annon&ccedil;aient comme possible la d&eacute;couverte de quelque v&eacute;rit&eacute; nouvelle en philosophie, et auxquels il recommandait de se garder de l&rsquo;enthousiasme. Il nous est absolument impossible de deviner &agrave; qui M. le professeur voulait faire allusion. Ce ne peut &ecirc;tre &agrave; son paisible coll&egrave;gue, M. de Cardaillac, dont la modestie et le sang-froid &eacute;galent le bon sens. L&rsquo;autre chaire de philosophie est muette depuis six ans, et d&rsquo;ailleurs nous ne pouvons voir dans les deux professeurs qui l&rsquo;ont successivement occup&eacute;e, personne qui m&eacute;rite les &eacute;pith&egrave;tes d&rsquo;emphatique. Nous ne voyons pas non plus parmi les nouveaux ouvrages publi&eacute;s, soit &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, soit en France, aucun livre qui ait pu causer ce br&ucirc;lant plaidoyer contre l&rsquo;enthousiasme et les proph&egrave;tes, qui a rempli la moiti&eacute; de la le&ccedil;on. Nous oserons reprocher &agrave; M. le professeur, qui bl&acirc;me avec raison l&rsquo;obscurit&eacute;, d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; au moins obscur en ce point &raquo;. et de fallacieux<\/p> ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>La d&eacute;finition du philosophe, comme &laquo; ami de la sagesse &raquo; est convenue. Il en est d&rsquo;autres qui sont parfois plus pol&eacute;miques. Telle est celle que donne Jean Baptiste Maugras [1762-1830], en 1827, &agrave; l&rsquo;occasion de son cours d&rsquo;ouverture, dans la chaire d&rsquo;Histoire de la Philosophie ancienne, qu&rsquo;il prononce en 1827, &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris. <br \/><\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-74","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}