{"id":73,"date":"2009-05-06T15:02:52","date_gmt":"2009-05-06T15:02:52","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-05-06T15:02:52","modified_gmt":"2009-05-06T15:02:52","slug":"Lagregation-de-philosophie-en-1836","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Lagregation-de-philosophie-en-1836.html","title":{"rendered":"L\u2019agr\u00e9gation de philosophie en 1836"},"content":{"rendered":"<!--StartFragment-->  <p>Le premier concours d&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie a lieu en 1825, alors que Mgr. Denis comte Frayssinous [1788-1832] est, depuis le 2 ao&ucirc;t 1824, ministre des Affaires eccl&eacute;siastiques et de l&rsquo;instruction publique du gouvernement Vill&egrave;le [d&eacute;cembre 1821-janvier 1828].<\/p><!--EndFragment-->   <!--more--><p>Il a lieu en 1825, en 1827, puis en 1830.<\/p>    <p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; partir de 1830, sous le r&egrave;gne de Louis-Philippe, que le concours d&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie se tient chaque ann&eacute;e, au mois d&rsquo;ao&ucirc;t ou de septembre. Le concours est supprim&eacute; en 1852, par Hippolyte Fortoul [1811-1856]&nbsp; au lendemain du coup d&rsquo;&Eacute;tat du second Empire, &nbsp;puis repris en 1863, sous le minist&egrave;re de Victor Duruy [1811-1856].<br \/>Victor Cousin [1792-1867], &agrave; partir de 1830, sera pendant presque vingt ans le pr&eacute;sident du concours. <\/p><p>On trouvera ci-dessous le texte du rapport que V. Cousin, en tant que pr&eacute;sident du concours d&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie en 1836, adresse &agrave; Joseh Pelet de la Loz&egrave;re [1785-1871] ministre de l&rsquo;Instruction publique [22 f&eacute;vrier 1836- 6 septembre 1836] sous le premier minist&egrave;re Thiers [22 f&eacute;vrier 1836- 6 septembre 1836].<\/p>  <p>&nbsp;<\/p><p>******************** <br \/><\/p>  <p>Paris, le 30 ao&ucirc;t 1836. <\/p>    <p>Monsieur le ministre, <\/p>  <p>Conform&eacute;ment &agrave; votre invitation, je me suis transport&eacute;, le 21 ao&ucirc;t [1836], &agrave; la Sorbonne, pour y ouvrir le concours d&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie, avec MM. Fr&eacute;d&eacute;ric Cuvier et Matter, inspecteurs g&eacute;n&eacute;raux des &eacute;tudes, de Cardaillac, inspecteur de l&rsquo;Acad&eacute;mie de Paris, et Damiron, professeur de philosophie du coll&eacute;ge royal Louis-le-Grand. <\/p>  <p>Dix candidats ont r&eacute;pondu &agrave; l&rsquo;appel et justifi&eacute; des conditions exig&eacute;es. <\/p>    <p>Les trois &eacute;preuves du concours ont eu lieu successivement et selon le r&egrave;glement. <\/p>    <p>&Eacute;PREUVE DE LA COMPOSITION.<\/p>    <p>Questions de philosophie.<\/p>    <p>De la m&eacute;thode. &ndash; Jusqu&rsquo;&agrave; quel point et dans quel sens est-il vrai de dire que la m&eacute;thode exp&eacute;rimentale est la seule vraie m&eacute;thode en philosophie ? &ndash; Distinguer la connaissance naturelle de la connaissance philosophique. &ndash; Serait-il possible de faire un seul pas assur&eacute; en m&eacute;thaphysique sans un point de d&eacute;part psychologique ? &ndash; La psychologie ne peut-elle fournir qu&rsquo;un recueil d&rsquo;observations personnelles et arbitraires, ou ne d&eacute;couvre-t-elle pas aussi les lois n&eacute;cessaires et universelles de la pens&eacute;e ? &ndash; Etant donn&eacute;s les grands r&eacute;sultats auxquels doit aboutir toute saine philosophie, d&eacute;terminer la m&eacute;thode ou les m&eacute;thodes qui peuvent l&eacute;gitimement y conduire. &ndash; Terminer par un examen des principales m&eacute;thodes qui sont aujourd&rsquo;hui recommand&eacute;es ou pratiqu&eacute;es. <\/p>    <p>Question d&rsquo;histoire de la philosophie.<\/p>    <p>Comparer dans leurs ressemblances et dans leurs diff&eacute;rences la r&eacute;volution socratique et la r&eacute;volution cart&eacute;sienne, et, en g&eacute;n&eacute;ral, la philosophie ancienne et la philosophie moderne. <\/p>    <p>&Eacute;PREUVE DE L&rsquo;ARGUMENTATION.<\/p>    <p>Le sort a distribu&eacute; aux divers candidats les dix questions d&eacute;sign&eacute;es par le conseil royal. <\/p>    <p>R&eacute;publique de Platon.<\/p>    <p>1&deg; Quel est le v&eacute;ritable but et le plan de la R&eacute;publique ? <\/p>  <p>2&deg; Exposer et discuter la th&eacute;orie des id&eacute;es renferm&eacute;es dans les divers livres de la R&eacute;publique. <\/p>  <p>3&deg; Comparer les passages analogues du Ph&egrave;dre, du Ph&eacute;don et particuli&egrave;rement du Parm&eacute;nide. <\/p>  <p>4&deg; Comparer, dans leurs divers rapports, la R&eacute;publique, le Politique, et les Lois. <\/p>  <p>5&deg; Appr&eacute;cier le jugement g&eacute;n&eacute;ral qu&rsquo;Aristote a port&eacute; de la R&eacute;publique, au livre II de la Politique, et les critiques particuli&egrave;res qu&rsquo;il en a&nbsp; faites dans d&rsquo;autres parties de ce m&ecirc;me ouvrage ou ailleurs. <\/p>    <p>M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote.<\/p>    <p>1&deg; Discuter l&rsquo;ordre des diff&eacute;rents livres de la M&eacute;taphysique, et se prononcer sur le but et l&rsquo;ensemble de la composition. <\/p>  <p>2&deg; Donner une analyse succincte de chacun des livres de la M&eacute;taphysique, en reproduisant et expliquant les termes et les formules les plus importantes qu&rsquo;Aristote a introduits dans la langue de la science. <\/p>  <p>3&deg; Pr&eacute;senter une analyse d&eacute;taill&eacute;e du premier livre ; en appr&eacute;cier le caract&egrave;re et la valeur. <\/p>  <p>4&deg; Pr&eacute;senter une analyse d&eacute;taill&eacute;e du XIIe livre qui renferme la Th&eacute;odic&eacute;e ; en appr&eacute;cier le caract&egrave;re et la valeur. <\/p>  <p>5&deg; Insister sur l&rsquo;exposition du syst&egrave;me de Platon et de la th&eacute;orie des id&eacute;es ; reproduire la r&eacute;futation qu&rsquo;Aristote a donn&eacute;e de cette th&eacute;orie, particuli&egrave;rement aux livres 1er, XIII et XIV ; discuter et appr&eacute;cier cette r&eacute;futation. <\/p>    <p>&Eacute;PREUVE DE LA LE&Ccedil;ON.<\/p>    <p>Voici les questions que le sort a distribu&eacute;es aux candidats : <\/p>    <p>1&deg; Th&eacute;orie de la perception externe ; <\/p>  <p>2&deg; Th&eacute;orie de la m&eacute;moire ; <\/p>  <p>3&deg; D&eacute;crire les ph&eacute;nom&egrave;nes sur lesquels repose ce qu&rsquo;on appelle la conscience morale ; <\/p>  <p>4&deg; Th&eacute;orie de la facult&eacute; de conna&icirc;tre et des facult&eacute;s secondaires qui s&rsquo;y rapportent ; <\/p>  <p>5&deg; Th&eacute;orie du raisonnement et de ses diff&eacute;rentes formes ; <\/p>  <p>6&deg; Th&eacute;orie de l&rsquo;induction ; <\/p>  <p>7&deg; Est-il possible de ramener &agrave; un seul les motifs de nos actions? <\/p>  <p>8&deg; Th&eacute;orie de la libert&eacute; ; <\/p>  <p>9&deg; D&eacute;monstration de la divine Providence ; <\/p>  <p>10&deg; Quelle m&eacute;thode faut-il appliquer &agrave; l&rsquo;histoire de la philosophie? <\/p>    <p>Chacune de ces &eacute;preuves a donn&eacute; lieu &agrave; une liste de m&eacute;rite ; et ces trois listes rapproch&eacute;es et combin&eacute;es ont produit une liste unique. <\/p>  <p>Parmi les dix concurrents, un seul s&rsquo;est soutenu &agrave; la m&ecirc;me hauteur dans chacune des trois &eacute;preuves. Ce candidat est M. Ravaisson, un des plus brillants &eacute;l&egrave;ves des coll&eacute;ges de Paris, qui, apr&egrave;s avoir remport&eacute; le prix d&rsquo;honneur de&nbsp; philosophie au concours g&eacute;n&eacute;ral en 1832, a &eacute;t&eacute; couronn&eacute;, l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, par l&rsquo;Acad&eacute;mie des sciences morales et politiques, et cette fois encore a dignement soutenu sa r&eacute;putation. Je suis heureux de pouvoir vous signaler ce jeune homme, monsieur le ministre, comme un des sujets les plus distingu&eacute;s que puisse acqu&eacute;rir l&rsquo;Universit&eacute; ; et je d&eacute;sire qu&rsquo;il puisse rester &agrave; Paris pour cultiver et perfectionner son talent. La commission pr&eacute;sente &agrave; l&rsquo;unanimit&eacute; M. Ravaisson comme le premier agr&eacute;g&eacute; de cette ann&eacute;e. <\/p>  <p>Au-dessous de M. Ravaisson, trois &eacute;l&egrave;ves actuels de l&rsquo;&eacute;cole normale ont, &agrave; divers titres, satisfait la commission. M. Simon-Suisse, si brillant dans l&rsquo;argumentation, et dont les compositions nous avaient donn&eacute; tant d&rsquo;esp&eacute;rance, a malheureusement &eacute;chou&eacute; dans l&rsquo;&eacute;preuve la plus importante, celle de la le&ccedil;on ; au contraire, MM. Lorquet et Saisset, inf&eacute;rieurs pour la composition, ont montr&eacute;, dans l&rsquo;argumentation, du savoir et de la fermet&eacute; d&rsquo;esprit ; et leurs le&ccedil;ons ont &eacute;t&eacute; m&eacute;thodiqus et &eacute;l&eacute;gantes. La commission vous propose de nommer agr&eacute;g&eacute;s ces trois candidates. <\/p>  <p>Enfin, elle me charge de vous demander le m&ecirc;me titre pour deux autres concurrents, inf&eacute;rieurs aux trois derniers, mais qui ont paru poss&eacute;der des connaissances positives et un m&eacute;rite solide.&nbsp; La faiblesse de la le&ccedil;on de M. Bontoux a &eacute;t&eacute; rachet&eacute;e par une argumentation tr&egrave;s-convenable et par des compositions v&eacute;ritablement distingu&eacute;es. M. Pichard, qui se pr&eacute;sente pour la quatri&egrave;me fois au concours, n&rsquo;a &eacute;chou&eacute; que dans l&rsquo;argumentation : ses compositions et sa le&ccedil;on ont t&eacute;moign&eacute; d&rsquo;un esprit nourri de bonnes doctrines, les exposant avec r&eacute;gularit&eacute; et clart&eacute;. Le titre d&rsquo;agr&eacute;g&eacute; est une r&eacute;compense tardive bien due &agrave; tant d&rsquo;efforts et &agrave; une si louable pers&eacute;verance. <\/p>  <p>En r&eacute;sum&eacute;, la commission est d&rsquo;avis d&rsquo;accorder les six places d&rsquo;agr&eacute;g&eacute;s, mises au concours, aux six candidats suivants : <\/p>    <p>MM. Ravaisson, r&eacute;p&eacute;titeur au coll&eacute;ge Rollin ; <\/p>  <p>Simon-Suisse, &eacute;l&egrave;ve de l&rsquo;&eacute;cole normale ; <\/p>  <p>Lorquet, &eacute;l&egrave;ve de l&rsquo;&eacute;cole normale ; <\/p>  <p>Saisset, &eacute;l&egrave;ve de l&rsquo;&eacute;cole normale ; <\/p>  <p>Bontoux, ancien &eacute;l&egrave;ve de l&rsquo;&eacute;cole normale, charg&eacute; du cours de philosophie au coll&eacute;ge royal de Pontivy ; <\/p>  <p>Pichard, ancien &eacute;l&egrave;ve de l&rsquo;&eacute;cole normale, charg&eacute; du cours de philosophie au coll&eacute;ge royal de Cahors. <\/p>    <p>Ci-joint le proc&egrave;s-verbal des op&eacute;rations du concours, sign&eacute; par tous les membres de la commission. <\/p>    <p>Je suis avec respect, monsieur le ministre, votre tr&egrave;s-humble et tr&egrave;s-ob&eacute;issant serviteur. <\/p>    <p>Le conseiller au conseil royal de l&rsquo;instruction publique, <\/p>  <p>Pr&eacute;sident du concours d&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie. <\/p>    <p>Sign&eacute;, V. COUSIN. <\/p>    <p>Par arr&ecirc;t&eacute; du ministre, en date du 30 ao&ucirc;t, les six candidats ci-dessus d&eacute;sign&eacute;s ont &eacute;t&eacute; nomm&eacute;s agr&eacute;g&eacute;s de philosophie. <\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><!--StartFragment-->  <\/p>\n<p>Le premier concours d&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie a lieu en 1825, alors que Mgr. Denis comte Frayssinous [1788-1832] est, depuis le 2 ao&ucirc;t 1824, ministre des Affaires eccl&eacute;siastiques et de l&rsquo;instruction publique du gouvernement Vill&egrave;le [d&eacute;cembre 1821-janvier 1828].<\/p>\n<p><!--EndFragment-->   <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-73","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}