{"id":60,"date":"2009-02-22T21:47:04","date_gmt":"2009-02-22T21:47:04","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-02-22T21:47:04","modified_gmt":"2009-02-22T21:47:04","slug":"Maine-de-Biran-en-1812","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Maine-de-Biran-en-1812.html","title":{"rendered":"Maine de Biran en 1812"},"content":{"rendered":"En octobre 1812, Maine de Biran [1766-1824], n&eacute; le 29 novembre 1766 &agrave; Bergerac, dans le dioc&egrave;se de P&eacute;rigueux [g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; de Bordeaux], a quarante-cinq ans. <br \/><!--more--><p>Reconnu dans les milieux philosophiques, il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu, il y a un peu plus de six ans, alors qu&rsquo;il r&eacute;side en Dordogne, correspondant de la Classe d&rsquo;histoire et de litt&eacute;rature ancienne de l&rsquo;Institut national [22 novembre 1805].<\/p><p>C&rsquo;est &agrave; nouveau un personnage politique. Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; sous-pr&eacute;fet de Bergerac [D&eacute;partement de la Dordogne] de janvier 1806 &agrave; avril 1811, il vient d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;sign&eacute; par le S&eacute;nat [par un d&eacute;cret d&rsquo;ao&ucirc;t 1810] pour si&eacute;ger au Corps l&eacute;gislatif et y repr&eacute;senter le d&eacute;partement de la Dordogne, ce qui le conduit &agrave; s&rsquo;installer &agrave; nouveau &agrave; Paris.<\/p><p>Tout en se consacrant au d&eacute;veloppement de sa carri&egrave;re politique [Membre de la commission La&icirc;n&eacute;, en d&eacute;cembre 1813, il deviendra questeur de la Chambre des d&eacute;put&eacute;s au moment de la premi&egrave;re Restauration] il poursuit ses r&eacute;flexions philosophiques, et cr&eacute;e autour de lui une petite soci&eacute;t&eacute; de personnalit&eacute;s, qui va fonctionner comme soci&eacute;t&eacute; intellectuelle avec quelques intermittences, de 1812 &agrave; 1824.<\/p><p>1. MAINE DE BIRAN, PERSONNAGE POLITIQUE.<\/p><p>GARDE DU CORPS DU ROI.<\/p><p>Premi&egrave;re carri&egrave;re militaire dans les Gardes du corps du Roi, compagnie de Noailles [janvier 1785-mai 1791]. Apr&egrave;s la dissolution des Gardes [25 juin 1791], s&eacute;journe quelques mois &agrave; Paris, fait des math&eacute;matiques, fr&eacute;quente les cours scientifiques du coll&egrave;ge de France, de l&rsquo;&Eacute;cole des mines, du Mus&eacute;um, pour se pr&eacute;parer &agrave; une carri&egrave;re dans le G&eacute;nie militaire. Mais, apr&egrave;s la proclamation de la R&eacute;publique, Maine de Biran se retire en province dans son domaine de Grateloup, pr&egrave;s de Bergerac, vers septembre-octobre 1792, et laisse passer la p&eacute;riode 1793-1794. <\/p><p>1795. ADMINISTRATEUR DU D&Eacute;PARTEMENT DE LA DORDOGNE. <\/p><p>Proche des Thermidoriens, il est nomm&eacute; [14 mai 1795], par arr&ecirc;t&eacute; de Pierre Boussion [1753-1828], conventionnel en mission, un des cinq administrateurs du d&eacute;partement de la Dordogne [mai-octobre 1795] et r&eacute;side &agrave; P&eacute;rigueux.<\/p><p>1797. MEMBRE DU CONSEIL DES CINQ-CENTS.<\/p><p>Puis il est &eacute;lu, par le vote de l&rsquo;Assembl&eacute;e &eacute;lectorale du d&eacute;partement de la Dordogne [24 Germinal an V-13 avril 1797], membre du Conseil des Cinq-Cents, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;Andr&eacute; Delpit [1770-1834]. Il r&eacute;side alors &agrave; Paris. <\/p><p>SEPTEMBRE 1797. FRUCTIDORIS&Eacute;.<\/p><p>Mais ce mandat est de courte dur&eacute;e [avril-septembre 1797], car &agrave; la suite du coup d&rsquo;&Eacute;tat du 18 fructidor An V [4 septembre 1797] les &eacute;lections de la Dordogne sont annul&eacute;es.<\/p><p>De retour sur ses terres de Grateloup, il vit de ses revenus fonciers, et commence une carri&egrave;re philosophique. Il retrouve une fonction politique seulement trois ans plus tard, comme conseiller municipal.<\/p><p>AO&Ucirc;T 1800. CONSEILLER MUNICIPAL DE SAINT-SAUVEUR.<\/p><p>Un arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral du 31 juillet 1800 [12 thermidor an VIII] nomme Maine de Biran conseiller municipal de la commune de Saint-Sauveur, dans l&rsquo;arrondissement de Bergerac.<\/p><p>Plac&eacute; sur une liste de notables, Maine de Biran &eacute;choue dans une campagne &eacute;lectorale pour la d&eacute;putation de la Dordogne [novembre 1801]. <\/p><p>AVRIL 1802. CONSEILLER G&Eacute;N&Eacute;RAL DE LA DORDOGNE.<\/p><p>Il est, sur proposition du pr&eacute;fet L&eacute;onard Philippe Rivet [1768-1852], nomm&eacute;, par arr&ecirc;t&eacute; du Premier Consul, membre du Conseil g&eacute;n&eacute;ral de la Dordogne [3 avril 1802]&nbsp;; puis par d&eacute;cret imp&eacute;rial Conseiller de pr&eacute;fecture du d&eacute;partement de la Dordogne [22 vent&ocirc;se an XIII-13 mars 1805]. Il r&eacute;side &agrave; nouveau &agrave; P&eacute;rigueux.<\/p><p>1806-1811. SOUS-PR&Eacute;FET DE BERGERAC.<\/p><p>Un peu moins d&rsquo;un an plus tard [31 janvier 1806], il est nomm&eacute; Sous-pr&eacute;fet de Bergerac. Il le restera jusqu&rsquo;au d&eacute;but 1811. <\/p><p>En effet il est d&eacute;sign&eacute; [9 ao&ucirc;t 1810] par le S&eacute;nat pour si&eacute;ger au Corps l&eacute;gislatif, mais ne r&eacute;sidera &agrave; Paris qu&rsquo;&agrave; partir du 8 octobre 1812, en s&rsquo;installant progressivement au 34 de la rue Cassette. Participera le 14 f&eacute;vrier 1813 &agrave; l&rsquo;ouverture de la session du Corps l&eacute;gislatif.<\/p><p>2. MAINE DE BIRAN, PERSONNALIT&Eacute; PHILOSOPHIQUE. <\/p><p>1797-1798. FR&Eacute;QUENTATION DU CERCLE D&rsquo;AUTEUIL.<\/p><p>Apr&egrave;s sa &laquo;&nbsp;fructidorisation &raquo; Maine de Biran reste presqu&rsquo;un an &agrave; Paris et fr&eacute;quente le salon de Mme Helv&eacute;tius [1720-1800]. Il y rencontre les &laquo;Id&eacute;ologues &raquo; et se lie d&rsquo;amiti&eacute; avec toute une s&eacute;rie de personnalit&eacute;s&nbsp;: Andr&eacute; Marie Amp&egrave;re, Cabanis, de G&eacute;rando, Destutt de Tracy. Il collabore &agrave; la revue l&rsquo;Historien, dirig&eacute;e par Pierre Samuel Dupont de Nemours [1739-1817]. <\/p><p>AUTOUR DE 1800. ABONDANTES LECTURES PHILOSOPHIQUES.<\/p><p>De retour sur ses terres de Grateloup [13 messidor an VI-1er juillet 1798], il se consacre &agrave; des &eacute;tudes m&eacute;taphysiques et lit, annote, discute le contenu de nombreux ouvrages&nbsp;: la traduction fran&ccedil;aise de l&rsquo;Essai sur l&rsquo;entendement humain de Locke [1632-1704]&nbsp;; le Trait&eacute; des animaux, l&rsquo;Essai sur l&rsquo;origine des connaissances humaines, et la Grammaire de Condillac [1715-1780]&nbsp;&nbsp;; l&rsquo;Essai analytique sur les facult&eacute;s de l&rsquo;&acirc;me [1759] de Charles Bonnet&nbsp;[1720-1793]&nbsp;; l&rsquo;Essai sur la formation des corps organis&eacute;s [1756], de l&rsquo;astronome et math&eacute;maticien Maupertuis [1698-1759]&nbsp;; les R&eacute;flexions sur le bonheur [1769] de Louis de Lacaze [1703-1765]&nbsp;; les Nouveaux &eacute;l&eacute;ments de la science de l&rsquo;homme [1778] de Paul Joseph Barthez [1734-1806], professeur &agrave; la Facult&eacute; de m&eacute;decine de Montpellier.<\/p><p>Dans le Carnet de 1811-1812, Maine de Biran commente une phrase de Kant. Il a en mains Johannes Kinker [1764-1845]&nbsp;: Essai d&rsquo;une exposition succincte de la Critique de la raison pure, traduit du hollandais par J. Le F&egrave;vre. Amsterdam, 1801. [ouvrage pr&eacute;sent dans la biblioth&egrave;que de Grateloup].<\/p><p>Il lit du litt&eacute;rateur suisse Charles Victor de Bonstetten [1745-1832] les deux volumes des Recherches sur la nature et les lois de l&rsquo;imagination. 1807 [ouvrage pr&eacute;sent dans la biblioth&egrave;que de Grateloup].<\/p><p>Lit du philosophe &eacute;cossais Dugald Stewart [1753-1828] les &Eacute;l&eacute;ments de la Philosophie de l&rsquo;esprit humain, traduit de l&rsquo;anglais par Pierre Pr&eacute;vost, de Gen&egrave;ve. 1808, 2 volumes.<\/p><p>1797. L&rsquo;INFLUENCE DES SIGNES.<\/p><p>D&egrave;s 1797, Maine de Biran cherche &agrave; participer au concours propos&eacute; par la Classe des sciences morales et politiques de l&rsquo;Institut national&nbsp;: &laquo; D&eacute;terminer l&rsquo;influence des signes sur la formation des id&eacute;es &raquo;. Mais il n&rsquo;a pas le temps de l&rsquo;achever dans les d&eacute;lais prescrits. C&rsquo;est de G&eacute;rando qui re&ccedil;oit le prix le 2 avril 1799 [15 germinal an VII].<\/p><p>1800. PREMIER M&Eacute;MOIRE SUR L&rsquo;HABITUDE.<\/p><p>En 1799-1800, toujours pour la Classe des sciences morales et politiques de l&rsquo;Institut national il r&eacute;dige et d&eacute;pose un M&eacute;moire sur l&rsquo;Habitude [dit premier M&eacute;moire], mais aucun m&eacute;moire n&rsquo;obtient le prix, qui est prorog&eacute;. Cependant le M&eacute;moire de Biran re&ccedil;oit une &laquo; mention distingu&eacute;e &raquo;.<\/p><p style=\"text-align: justify; margin-left: 3cm\" class=\"MsoNormal\">JUILLET 1802. SECOND M&Eacute;MOIRE SUR L&rsquo;HABITUDE. <\/p><p>Il r&eacute;dige alors [1800-1801] un nouveau M&eacute;moire sur l&rsquo;Habitude [dit second M&eacute;moire], d&eacute;pos&eacute; le 15 niv&ocirc;se an X [4 janvier 1802]. Six m&eacute;moires sont d&eacute;pos&eacute;s. Alors que Destutt de Tracy et Cabanis sont rapporteurs, Maine de Biran re&ccedil;oit le prix [15 messidor an X-4 juillet 1802]. Il fait &eacute;diter son M&eacute;moire, sans nom d&rsquo;auteur, en d&eacute;cembre 1802 [Paris&nbsp;: Henrichs, in-8, 402 p., an XI-1803]. C&rsquo;est, avec l&rsquo;opuscule sur Laromigui&egrave;re [Examen des le&ccedil;ons de philosophie de M. Laromigui&egrave;re, 1817], le seul de ses ouvrages publi&eacute; de son vivant.<\/p><p>MARS 1805. M&Eacute;MOIRE SUR LA D&Eacute;COMPOSITION DE LA PENS&Eacute;E.<\/p><p>Il concourt &agrave; nouveau pour un prix propos&eacute; par la Section d&rsquo;analyse des sensations et des id&eacute;es [section 1] de la deuxi&egrave;me classe de l&rsquo;Institut national des sciences et des arts, &laquo; D&eacute;terminer comment on doit d&eacute;composer la facult&eacute; de penser et quelles sont les facult&eacute;s &eacute;l&eacute;mentaires qu&rsquo;on doit y reconna&icirc;tre&nbsp;? &raquo;&nbsp;Le deuil qui le frappe [la perte de sa premi&egrave;re &eacute;pouse] l&rsquo;emp&ecirc;che de d&eacute;poser&nbsp; son m&eacute;moire. Mais aucun des dix m&eacute;moires remis n&rsquo;ayant obtenu l&rsquo;agr&eacute;ment, le concours est prorog&eacute;, jusqu&rsquo;en d&eacute;cembre 1804. Maine de Biran envoie son M&eacute;moire [21 d&eacute;cembre 1804-30 frimaire an XIII]. Gingu&eacute;n&eacute;, Gr&eacute;goire, Boissy d&rsquo;Anglas, Dupont de Nemours sont nomm&eacute;s pour examiner les travaux. Maine de Biran est couronn&eacute; [8 mars 1805-17 vent&ocirc;se an XIII], par l&rsquo;Institut, plus pr&eacute;cis&eacute;ment par la classe de Litt&eacute;rature et beaux-arts [La deuxi&egrave;me classe, comprenant la section Analyse des sensations et des id&eacute;es, ayant &eacute;t&eacute; supprim&eacute;e &agrave; la suite de la r&eacute;organisation du 23 janvier 1803-3 pluvi&ocirc;se an XI]. Maine de Biran, qui est venu sp&eacute;cialement &agrave; Paris pour faire imprimer son travail, en interrompt soudainement la publication [d&eacute;cembre 1805]<\/p><p>1805. CORRESPONDANT DE LA&nbsp; TROISI&Egrave;ME CLASSE DE L&rsquo;INSTITUT NATIONAL.<\/p><p>Le 22 novembre 1805 [1er frimaire an XIV] Maine de Biran est &eacute;lu comme correspondant de la troisi&egrave;me classe de l&rsquo;Institut&nbsp; national des sciences et des arts [classe d&rsquo;Histoire et de litt&eacute;rature ancienne], alors que la classe des sciences morales et politiques est supprim&eacute;e.<\/p><p>On sait qu&rsquo;une liste des Associ&eacute;s non r&eacute;sidant de l&rsquo;Institut de 1795 sont nomm&eacute;s correspondants de la troisi&egrave;me classe, par Arr&ecirc;t&eacute; consulaire du 28 janvier 1803 [8 pluvi&ocirc;se an XI], soit quarante six personnes, parmi lesquelles [par ordre d&rsquo;&eacute;lection] Destutt de Tracy, de S&egrave;ze, La Romigui&egrave;re, Jacquemont, de G&eacute;rando, Pierre Pr&eacute;vost, etc. <\/p><p>&Agrave; partir de 1803 sont &eacute;lus des correspondants&nbsp;:<\/p><p>En 1803, dix personnalit&eacute;s parmi lesquelles Gottlieb Christoph Harless, Gaetano Marini, Chr&eacute;tien Louis Joseph de Guignes, Boissy d&rsquo;Anglas, etc. <\/p><p>En 1804, trois personnalit&eacute;s&nbsp;: de Villers, Christian Friedrich Schnurrer, Francesco Saverio Scrofani. <\/p><p>En 1805, quatre personnalit&eacute;s&nbsp;: Anton chevalier de Klein, Fr&eacute;d&eacute;ric Jacques Bast, Maine de Biran [&eacute;lu le 22 novembre 1805], Joseph Mathias G&eacute;rard de Rayneval.<\/p><p>1807. LAUR&Eacute;AT DE L&rsquo;ACAD&Eacute;MIE DE BERLIN.<\/p><p>Maine de Biran prend connaissance fin octobre 1805, par l&rsquo;interm&eacute;diaire d&rsquo;une information ins&eacute;r&eacute;e dans le Moniteur, du sujet propos&eacute; par l&rsquo;Acad&eacute;mie de Berlin : &laquo;Y-at-il des aperceptions internes imm&eacute;diates&nbsp;? [&hellip;] &raquo;. <\/p><p>La date de d&eacute;p&ocirc;t est fix&eacute;e au 1er mai 1807. Neuf m&eacute;moires sont remis &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie de Berlin, dont un de Destutt de Tracy qui participe au concours. <\/p><p>Biran envoie son M&eacute;moire le 4 avril 1807 &agrave; son ami de G&eacute;rando, alors secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral au Minist&egrave;re de l&rsquo;int&eacute;rieur, pour que le texte soit transmis &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences et belles-lettres de Prusse. <\/p><p>Maine de Biran re&ccedil;oit l&rsquo;accessit et une m&eacute;daille [6 ao&ucirc;t 1807].<\/p><p>1811. M&Eacute;MOIRE DE COPENHAGUE.<\/p><p>Maine de Biran prend connaissance par le Moniteur fran&ccedil;ais du 14 mai 1810 du sujet propos&eacute; par l&rsquo;Acad&eacute;mie royale de Copenhague sur le th&egrave;me des Rapports du physique et du moral de l&rsquo;homme. Le m&eacute;moire envoy&eacute; par Biran est couronn&eacute; le 1er juillet 1811. Maine de Biran songe un moment &agrave; publier cet ouvrage.<\/p><p>1812. CORRESPONDANT DE L&rsquo;ACAD&Eacute;MIE DE BERLIN.<\/p><p>En juillet 1812 est &eacute;lu Correspondant de l&rsquo;Acad&eacute;mie de Berlin.<\/p><p>III. MAINE DE BIRAN INFATIGABLE.<\/p><p>JUILLET 1798-MARS 1805. RETRAITE &Agrave; GRATELOUP.<\/p><p>Les deux composantes, personnage politique, personnalit&eacute; philosophique, ne font pas que se succ&eacute;der. Certes, c&rsquo;est dans le creux provoqu&eacute; par l&rsquo;annulation des op&eacute;rations &eacute;lectorales li&eacute;e au coup d&rsquo;&Eacute;tat du 18 fructidor, que Maine de Biran, apr&egrave;s sa fr&eacute;quentation du cercle d&rsquo;Auteuil, une fois qu&rsquo;il est &eacute;tabli dans son domaine de Grateloup, commence &agrave; concourir pour les sujets successifs propos&eacute;s par la deuxi&egrave;me classe de l&rsquo;Institut national&nbsp;: L&rsquo;Influence des signes sur la formation des id&eacute;es [1797-1798], premier M&eacute;moire sur l&rsquo;habitude [1799-1800], deuxi&egrave;me M&eacute;moire sur l&rsquo;habitude [1801-1802].<\/p><p>CARRI&Egrave;RE POLITIQUE, ACTIVIT&Eacute; SOCIALE ET VIE INTELLECTUELLE.<\/p><p>Mais&nbsp; &agrave; partir de 1802 [o&ugrave; Biran est nomm&eacute; membre du Conseil g&eacute;n&eacute;ral], et surtout &agrave; partir de 1805 [o&ugrave; Biran est nomm&eacute; conseiller de Pr&eacute;fecture] puis de 1806 [o&ugrave; Biran est nomm&eacute; sous-pr&eacute;fet] il continue son activit&eacute; intellectuelle&nbsp;: D&eacute;composition de la facult&eacute; de penser [1804-1805]&nbsp;; M&eacute;moire pour l&rsquo;Acad&eacute;mie de Berlin [1806-1807]&nbsp;; M&eacute;moire pour l&rsquo;Acad&eacute;mie de Copenhague [1810-1811].<\/p><p>En m&ecirc;me temps il cr&eacute;e la Soci&eacute;t&eacute; m&eacute;dicale de Bergerac [15 f&eacute;vrier 1807], o&ugrave; il prononce de nombreuses lectures&nbsp;: M&eacute;moire sur les perceptions obscures [15 novembre 1807]&nbsp;; Observations sur les divisions organiques du cerveau [18 novembre 1808]&nbsp;; Nouvelles consid&eacute;rations sur le sommeil, les songes et le somnambulisme [19 novembre 1808]&nbsp;; Discours &agrave; la soci&eacute;t&eacute; m&eacute;dicale de Bergerac [15 avril 1810].<\/p><p>Ses activit&eacute;s, en tant que sous-pr&eacute;fet, sont multiples. Il trouve aussi le temps d&rsquo;adh&eacute;rer &agrave; la Franc-ma&ccedil;onnerie [1809], en participant comme orateur aux travaux de la loge de La Fid&eacute;lit&eacute; &agrave; Bergerac. <\/p><p>Mais, en m&ecirc;me temps, il continue &agrave; &eacute;crire&nbsp;: on peut estimer &agrave; plus de trois mille le nombre de pages noircies par Maine de Biran entre 1798 et 1812, sans compter les agendas, le cahier-journal de 1794-1795, des notes &eacute;parses, des esquisses, des brouillons, des minutes, des correspondances vari&eacute;es et parfois r&eacute;guli&egrave;res, et des fatras de paperasses qui, difficiles &agrave; d&eacute;chiffrer, seront dispers&eacute;es comme sans int&eacute;r&ecirc;t, au lendemain de son d&eacute;c&egrave;s, le 20 juillet 1824, en son domicile parisien du 86, rue du Bac, o&ugrave; il r&eacute;sidait depuis avril 1817.<\/p><p>1812. UNE PETITE SOCI&Eacute;T&Eacute; DE M&Eacute;TAPHYSICIENS.<\/p><p>Et, au milieu de toutes ces occupations, alors m&ecirc;me qu&rsquo;il se sent perp&eacute;tuellement souffrant, avec un sentiment intime et radical de faiblesse, Maine de Biran prend le temps de constituer autour de lui une petite soci&eacute;t&eacute; de m&eacute;taphysiciens, &agrave; laquelle participeront r&eacute;guli&egrave;rement ou par intermittence des personnalit&eacute;s comme Andr&eacute; Marie Amp&egrave;re [1775-1836], enseignant &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole polytechnique&nbsp;; Victor Cousin [1792-1867], suppl&eacute;ant de Royer-Collard dans la chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie moderne &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris&nbsp;; G&eacute;rard Joseph Christian [1778-1832], E. P. H. Duriveau directeur des &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole polytechnique&nbsp;;&nbsp; Joseph Marie de G&eacute;rando [1772-1842], Fran&ccedil;ois Guizot [1787-1874], professeur d&rsquo;Histoire moderne &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris&nbsp;; Pierre Laromigui&egrave;re [1756-1837]&nbsp;titulaire de la chaire de Philosophie &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris; Charles Loyson [1791-1819], Chef de bureau des cultes non-catholiques au minist&egrave;re de l&rsquo;int&eacute;rieur&nbsp;;&nbsp; Th&eacute;odore Maurice [1775-1851], pr&eacute;fet de la Dordogne;&nbsp; Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], titulaire de la chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie moderne &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris&nbsp;; le diplomate suisse Albert Stapfer [1766-1840]&nbsp;;&nbsp; Jean-Fran&ccedil;ois Thurot [1768-1832], suppl&eacute;ant de Laromigui&egrave;re dans la chaire de philosophie &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris [1811], futur Professeur de philosophie grecque et latine au coll&egrave;ge de France [1814].<\/p><p>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En octobre 1812, Maine de Biran [1766-1824], n&eacute; le 29 novembre 1766 &agrave; Bergerac, dans le dioc&egrave;se de P&eacute;rigueux [g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; de Bordeaux], a quarante-cinq ans. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-60","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}