{"id":429,"date":"2020-05-27T20:06:06","date_gmt":"2020-05-27T20:06:06","guid":{"rendered":""},"modified":"2020-05-27T20:06:06","modified_gmt":"2020-05-27T20:06:06","slug":"Rectoratsles-petits-rectorats-juges-par-un-Normalien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Histoire-de-l-education\/Rectoratsles-petits-rectorats-juges-par-un-Normalien.html","title":{"rendered":"Rectorats, les \u00ab petits rectorats \u00bb jug\u00e9s par un Normalien"},"content":{"rendered":"La loi organique du 15 mars 1850, inspir&eacute;e par Alfred de Falloux [1811-1886], et mise en &oelig;uvre par le ministre de l&rsquo;Instruction publique et des Cultes [octobre 1849-janvier 1851] F&eacute;lix Esquirou de Parieu [1815-1893], modifie profond&eacute;ment le fonctionnement universitaire mis en place sous le premier Empire par Napol&eacute;on depuis 1808. Les acad&eacute;mies, jusqu&rsquo;alors regroupement de plusieurs d&eacute;partements, voient leur ressort restreint et limit&eacute; &agrave; un seul d&eacute;partement.<br \/><!--more--><p><br \/>Cette mesure s&#39;applique &agrave; dater du 10 ao&ucirc;t 1850, et va se maintenir jusqu&#39;au 24 ao&ucirc;t 1854. <br \/>L&#39;article 7 de la loi stipulant qu&#39;il est &eacute;tabli une acad&eacute;mie par d&eacute;partement, quatre-vingt-sept acad&eacute;mies sont &agrave; cr&eacute;er. Quatre-vingt-sept postes sont &agrave; pourvoir, dont beaucoup seront occup&eacute;s par d&#39;anciens inspecteurs d&#39;acad&eacute;mie, promus pour un temps &agrave; la fonction de &laquo; petit recteur &raquo;. Quelquefois une seule nomination couvre la p&eacute;riode de quatre ans, de 1850 &agrave; 1854. Le plus souvent chaque recteur re&ccedil;oit deux affectations, la premi&egrave;re de 1850 &agrave; 1852, la seconde de 1852 &agrave; 1854. Plus rarement il y a trois, ou m&ecirc;me, quatre nominations pour un seul recteur. <br \/><br \/>Apr&egrave;s quoi, &agrave; dater d&#39;ao&ucirc;t 1854, &agrave; nouveau de grands rectorats, mais seulement au nombre de seize, regroupant plusieurs d&eacute;partements, seront &eacute;tablis.<br \/><br \/>La cr&eacute;ation de ces &laquo; petits rectorats &raquo; de 1850, va &ecirc;tre fortement et souvent critiqu&eacute;e, par les enseignants de l&#39;&eacute;poque.<br \/>On en voit ici une expression vive dans un passage de la notice n&eacute;crologique qu&#39;Alexis Pierron [1814-1878], ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1834], consacre &agrave; son camarade de promotion Jean Jacques Guillemin [1814-1870], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 19 f&eacute;vrier 1870, &agrave; Nancy.<br \/><br \/>Dans l&#39;Annuaire de 1871, de l&#39;Association amicale des Anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;&Eacute;cole normale [pages 25-28] Alexis Pierron &eacute;crit : <br \/><br \/>&nbsp;[L&rsquo;INF&Acirc;ME COMPORTEMENT DES PROFESSEURS].<br \/>&laquo; L&rsquo;Universit&eacute; fut, en 1850, le bouc &eacute;missaire de la r&eacute;action. Qui se rappelle la fameuse loi dite de la libert&eacute; d&rsquo;enseignement, et la cr&eacute;ation non moins fameuse des recteurs d&eacute;partementaux ? On accusait les professeurs d&rsquo;ath&eacute;isme, de panth&eacute;isme, de rationalisme, de scepticisme, de r&eacute;volutionnarisme : on mit donc bon ordre &agrave; leurs inf&acirc;mes comportements. Le corps universitaire fut dissous, les garanties professionnelles furent abolies, et l&rsquo;arbitraire le plus absolu rempla&ccedil;a, au nom m&ecirc;me de la libert&eacute;, tous les r&egrave;glements tut&eacute;laires, toutes les vieilles traditions.<br \/><br \/>[LES PETITS RECTEURS : DES FONCTIONS POLICI&Egrave;RES].<br \/>Les petits recteurs (c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on les nommait dans l&rsquo;Assembl&eacute;e m&ecirc;me) eurent des pleins pouvoirs pour rendre bien sages ceux que n&rsquo;avaient pas frapp&eacute;s les destitutions, les mises &agrave; la retraite, ou qui ne s&rsquo;&eacute;taient pas &eacute;loign&eacute;s, c&eacute;dant aux avanies. Il para&icirc;t qu&rsquo;on eut quelque peine &agrave; trouver 86 hommes plus ou moins capables, qui consentissent &agrave; accepter ces fonctions polici&egrave;res. <br \/><br \/>[JEAN FRAN&Ccedil;OIS DENJOY, D&Eacute;PUT&Eacute; DE LA GIRONDE].<br \/>On en &eacute;tait pourtant au n&deg; 85, lorsque Denjoy proposa Guillemin au ministre en qu&ecirc;te. Ce Denjoy, ancien avocat sans causes, ancien inspecteur primaire, ancien sous-pr&eacute;fet, &eacute;tait alors d&eacute;put&eacute; du Gers, et il avait &eacute;t&eacute; un des p&egrave;res de la loi. Il avait connu Guillemin &agrave; Auch, et il &eacute;tait rest&eacute; en relations avec lui. Guillemin, sous l&rsquo;influence des s&eacute;ductions de Denjoy, se laissa faire petit recteur. Je l&rsquo;en bl&acirc;mai avec &eacute;nergie. Il m&rsquo;objecta que sa sant&eacute; redevenait mauvaise, que l&rsquo;enseignement le fatiguait, qu&rsquo;il lui faudrait demander un cong&eacute;, etc., et que le moindre mal, c&rsquo;&eacute;tait encore de passer par la porte qui lui &eacute;tait ouverte. <br \/><br \/>[UNE S&Eacute;RIE DE PETITS RECTORATS].<br \/>Bref, il alla pr&eacute;sider aux choses de l&rsquo;instruction publique dans le d&eacute;partement de la Corr&egrave;ze. Peu de temps apr&egrave;s, il revint &agrave; Nancy comme recteur de la Meurthe, et il s&rsquo;y maria ; puis il fut envoy&eacute; &agrave; Rennes, ce qui le chagrinait profond&eacute;ment ; mais on le d&eacute;cida en lui promettant qu&rsquo;au r&eacute;tablissement prochain des grandes acad&eacute;mies, il serait un des trois ou quatre recteurs conserv&eacute;s. <br \/><br \/>[GUILLEMIN GRAND RECTEUR].<br \/>Il &eacute;tait docteur ; il pouvait &ecirc;tre nomm&eacute; grand recteur, et il fut en effet nomm&eacute;. Il administra pendant une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es l&rsquo;immense acad&eacute;mie de Douai ; mais c&rsquo;est &agrave; Nancy que l&rsquo;appelaient ses int&eacute;r&ecirc;ts de famille, ses souvenirs les plus chers, ses convenances de toute sorte. En 1864, ses voeux furent combl&eacute;s &raquo;. <br \/><br \/>BR&Egrave;VE NOTICE : JEAN JACQUES GUILLEMIN.<br \/>N&eacute; le 18 juillet 1814, &agrave; Curel [Haute-Marne] ; mort le 19 f&eacute;vrier 1870, &agrave; Nancy [Meurthe].<br \/>&Eacute;tudes au petit s&eacute;minaire de Langres. Coll&egrave;ge de Langres.<br \/>Ma&icirc;tre d&rsquo;&eacute;tudes chez Val&eacute;ry Adolphe Loriol [1794-1875], chef d&rsquo;institution &agrave; Paris. <br \/>Re&ccedil;u &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole normale [1834] 7\/14, interrompt en 1835 sa scolarit&eacute; pour raisons de sant&eacute;.<br \/>Pr&eacute;ceptorat [1837-1839] &agrave; Wassy [Haute-Marne].<br \/>R&eacute;gent d&rsquo;histoire au coll&egrave;ge communal de Pamiers [1839-1840].<br \/>Adjoint au professeur d&rsquo;histoire au coll&egrave;ge royal de Bordeaux [1840].<br \/>Agr&eacute;g&eacute; professeur d&rsquo;histoire au coll&egrave;ge royal d&rsquo;Auch [1841].<br \/>Professeur d&rsquo;histoire au coll&egrave;ge royal de Reims [1843-1847].<br \/>Agr&eacute;gation d&rsquo;histoire [1844]. 3\/5.<br \/>Professeur d&rsquo;histoire &agrave; Paris, au coll&egrave;ge Stanislas [1847-1848].<br \/>Doctorat &egrave;s-lettres [Paris, 1847] avec une th&egrave;se latine De coloniis urbibusque ab Alexandro et successoribus ejus in Asia Conditis ; la th&egrave;se fran&ccedil;aise a pour titre : Le Cardinal de Lorraine : son influence politique et religieuse au XVIe si&egrave;cle.<br \/>Professeur d&rsquo;histoire au lyc&eacute;e de Nancy [1848-1850].<br \/>Recteur de l&rsquo;acad&eacute;mie d&eacute;partementale de la Corr&egrave;ze, &agrave; Tulle [10 ao&ucirc;t 1850-20 d&eacute;cembre 1851].<br \/>Recteur de l&rsquo;acad&eacute;mie d&eacute;partementale de la Meurthe, &agrave; Nancy [20 d&eacute;cembre 1851-2 septembre 1853].<br \/>Recteur de l&#39;acad&eacute;mie d&eacute;partementale de l&#39;Ille-et-Vilaine, &agrave; Rennes [2 septembre 1853-22 ao&ucirc;t 1854].<br \/>Recteur de l&rsquo;acad&eacute;mie de Douai [22 ao&ucirc;t 1854-14 juin 1865].<br \/>Recteur de l&rsquo;acad&eacute;mie de Nancy [14 juin 1865-19 juin 1869].<br \/>Admis &agrave; la retraite le 19 juin 1869.<br \/><br \/>SOURCE.<br \/>1871.<br \/>Association amicale des Anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;&Eacute;cole normale. Annuaire 1871. [Pages 25-28. Notice Alexis Pierron]. <br \/><br \/>2006.<br \/>Jean-Fran&ccedil;ois Condette. Les Recteurs d&#39;Acad&eacute;mie en France de 1808 &agrave; 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut national de recherche p&eacute;dagogique. Collection : Histoire biographique de l&#39;enseignement. In-8, 411 p.+3. 2006]. <br \/>Fournit les dates pr&eacute;cises des nominations.<br \/>La notice concernant Jean Jacques Guillemin est num&eacute;ris&eacute;e : <br \/>https:\/\/www.persee.fr\/doc\/inrp_0298-5632_2006_ant_12_2_4396<br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La loi organique du 15 mars 1850, inspir&eacute;e par Alfred de Falloux [1811-1886], et mise en &oelig;uvre par le ministre de l&rsquo;Instruction publique et des Cultes [octobre 1849-janvier 1851] F&eacute;lix Esquirou de Parieu [1815-1893], modifie profond&eacute;ment le fonctionnement universitaire mis en place sous le premier Empire par Napol&eacute;on depuis 1808. 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