{"id":391,"date":"2019-08-25T19:38:58","date_gmt":"2019-08-25T19:38:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2021-02-01T08:55:33","modified_gmt":"2021-02-01T07:55:33","slug":"h-b-celebration-de-stendhal-par-prosper-merimee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Livres-du-xixe-siecle\/h-b-celebration-de-stendhal-par-prosper-merimee.html","title":{"rendered":"H. B. C\u00e9l\u00e9bration de Stendhal par Prosper M\u00e9rim\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div>Il s\u2019agit d\u2019une petite plaquette de seize pages, sans date, sans nom d\u2019auteur, au titre presque myst\u00e9rieux. Mais dont la fortune bibliographique est consid\u00e9rable, et la valeur v\u00e9nale \u00e0 peine croyable.&nbsp;<\/div>\n<div><\/div>\n\n\n<!--more-->\n\n\n<div>Ainsi, para\u00eet \u00e0 Paris, en octobre 1850, sans mention d&rsquo;auteur, une plaquette de seize pages, in octavo, portant en titre simplement deux initiales en lettres capitales anglaises &lt; H. B. &gt;. Avec, au bas de la derni\u00e8re page [seizi\u00e8me page], au-dessous d\u2019un filet, en petits caract\u00e8res : Paris. &#8211; Typographie de Firmin Didot fr\u00e8res, rue Jacob, 56.<\/div>\n<div>Brochure que le Journal de la Librairie enregistre le samedi 19 octobre 1850, sous le titre : \u00ab Notice n\u00e9crologique sur H. B. \u00bb [Paris : Firmin Didot. 1850].<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Cet opuscule est imprim\u00e9 \u00e0 vingt-cinq exemplaires par Firmin Didot fr\u00e8res, dont l\u2019adresse parisienne est au 56 rue Jacob. Maison ancienne et r\u00e9put\u00e9e, portant g\u00e9n\u00e9ralement sur leurs publications la mention : Imprimeurs de l&rsquo;Institut.\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Tous les noms propres figurant dans le texte sont en blanc avec, tr\u00e8s souvent, simplement en majuscule l&rsquo;initiale du nom propre suppos\u00e9, notamment l\u2019initiale B, constamment pour Beyle.<\/div>\n<div>Prosper M\u00e9rim\u00e9e en distribue dix-sept exemplaires \u00e0 des amis tr\u00e8s proches, pour lesquels, \u00e0 chaque fois il inscrit les noms en clair. Il en garde pour lui un exemplaire, et, \u00e0 ce qu&rsquo;il dit [mais on peut en douter], d\u00e9truit les sept autres restant, en d\u00e9clarant les avoir br\u00fbl\u00e9s.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>H. B. C\u00c9L\u00c9BRATION DE HENRI BEYLE, AUTREMENT DIT STENDHAL.<\/div>\n<div>H. B., on l&rsquo;aura devin\u00e9, sont les initiales de Henri Beyle, autrement dit, de son nom de plume, Stendhal [1783-1842]. Et la brochure une c\u00e9l\u00e9bration, compos\u00e9e par Prosper M\u00e9rim\u00e9e huit ans apr\u00e8s la mort de son ami, survenue \u00e0 Paris, le 23 mars 1842, en son domicile, \u00e0 deux heures du matin, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 foudroy\u00e9 la veille, en pleine rue, par une attaque d\u2019apoplexie.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>M\u00e9rim\u00e9e avait assist\u00e9 \u00e0 son inhumation au cimeti\u00e8re de Montmartre, le 24 mars 1842.\u00a0<\/div>\n<div>\u00ab Nous nous y trouv\u00e2mes, dit-il, trois et si mal pr\u00e9par\u00e9s que nous ignorions ses derni\u00e8res volont\u00e9s \u00bb.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Et, \u00e9crit \u00e0 la suite M\u00e9rim\u00e9e : \u00ab Chaque fois j\u2019ai senti que nous avions manqu\u00e9 \u00e0 quelque chose, sinon envers le mort, du moins envers nous-m\u00eames. J\u2019\u00e9cris les pages suivantes pour suppl\u00e9er \u00e0 ce que nous ne f\u00eemes point aux fun\u00e9railles de Beyle. Je veux partager avec quelques uns de ses amis mes impressions et mes souvenirs \u00bb.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>1830. SAUTELET, L\u2019UN DES TROIS ENTERREMENTS PAYENS.<\/div>\n<div>Dans cette brochure, il est fait allusion \u00e0 Victor Cousin [1792-1867], au d\u00e9tour de la mention du premier des trois &lt; enterrements pa\u00efens &gt; auxquels M\u00e9rim\u00e9e dit avoir assist\u00e9, enterrements au cours desquels \u00e0 chaque fois aucun discours ne fut prononc\u00e9 : celui du libraire-imprimeur Auguste Sautelet [1800-1830] ; celui de l\u2019Id\u00e9ologue Fr\u00e9d\u00e9ric Fran\u00e7ois Venceslas Jacquemont de Moreau [1757-1836] ; celui de l&rsquo;homme de lettres Henry Beyle [1784-1842].<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Auguste Sautelet s&rsquo;est br\u00fbl\u00e9 la cervelle le dimanche 13 juin 1830. Au cours de son enterrement, comme l&rsquo;\u00e9crit Prosper M\u00e9rim\u00e9e dans H. B. : \u00ab Son ma\u00eetre, grand philosophe, et ses amis, eurent peur des honn\u00eates gens, et n&rsquo;os\u00e8rent parler \u00bb.<\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Son ma\u00eetre, grand philosophe\u00a0\u00bb, on l&rsquo;aura reconnu, c&rsquo;est bien s\u00fbr Victor Cousin.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Auguste Sautelet [1800-1830] est un \u00e9diteur lib\u00e9ral. Ancien \u00e9l\u00e8ve de Th\u00e9odore Jouffroy [1796-1842] au coll\u00e8ge Bourbon [Condorcet] [vers 1819], puis, vers 1820-1821, auditeur enthousiaste de Victor Cousin \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres [Cours d\u2019Histoire de la philosophie moderne, dans la chaire de Royer-Collard].<\/div>\n<div>Il entre en 1821 dans la Charbonnerie : est membre de la &lt; vente &gt; \u00e0 laquelle appartenait l\u2019historien Augustin Thierry [1795-1856], le professeur et journaliste Paul Fran\u00e7ois Dubois [1793-1874], l\u2019essayiste Pierre Leroux [1797-1871], le philosophe Th\u00e9odore Jouffroy [1796-1842], le m\u00e9decin Alexandre Bertrand [1795-1831].<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Avocat, puis libraire. Selon Jean Jacques Goblot [dans son livre : Le Globe, 1824-1830], Auguste Sautelet semble s\u2019\u00eatre occup\u00e9 d\u2019abord d\u2019affaires commerciales et bancaires. Puis, apr\u00e8s avoir obtenu son brevet de libraire [mardi 22 mars 1825], s\u2019associe la m\u00eame ann\u00e9e [jeudi 28 avril 1825] avec Jean-Baptiste Paulin [1793-1859] pour fonder un commerce de librairie.<\/div>\n<div>Il est l\u2019\u00e9diteur du journal Le Globe [septembre 1824], et \u00e9dite les Fragments philosophiques [1826] et les Nouveaux fragments philosophiques [1828] de Victor Cousin, ainsi que les deux premi\u00e8res \u00e9ditions [1829, 1839] du Manuel d\u2019histoire de la philosophie de Wilhelm Gottlieb Tennemann, traduit de l\u2019allemand par V. Cousin.<\/div>\n<div>Il \u00e9dite un peu plus d\u2019une centaine d\u2019ouvrages, parmi lesquels Le Th\u00e9\u00e2tre de Clara Gazul [de M\u00e9rim\u00e9e], en juin 1825 ; les \u0152uvres dramatiques de Goethe [1821-1825], la Physiologie du go\u00fbt de Brillat-Savarin [1826, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1828], les Oeuvres compl\u00e8tes de Paul-Louis Courrier [1829-1830], le Trait\u00e9 du droit p\u00e9nal [3 volumes, 1829] de Pellegrino Rossi [1787-1848], de nombreuses brochures ainsi que des lettres de Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] au Journal des D\u00e9bats sur la censure.\u00a0<\/div>\n<div>Ce sont, semble-t-il des ennuis financiers qui l\u2019am\u00e8nent \u00e0 se suicider en juin 1830, ou encore selon l&rsquo;expression de Stendhal \u00ab par un m\u00e9lange de vanit\u00e9, d&rsquo;amour et de dettes \u00bb.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>1836. FR\u00c9D\u00c9RIC FRAN\u00c7OIS VENCESLAS JACQUEMONT DE MOREAU.<\/div>\n<div>Le second enterrement pa\u00efen qu\u2019\u00e9voque M\u00e9rim\u00e9e est \u00ab Celui de M.\u00a0 \u00a0 Il avait d\u00e9fendu les discours \u00bb.<\/div>\n<div>Ce M. est Fr\u00e9d\u00e9ric Fran\u00e7ois Venceslas Jacquemont de Moreau [1757-1836], p\u00e8re de quatre enfants, dont le benjamin est Victor Jacquemont [1801-1832], jeune botaniste mort \u00e0 Bombay, au cours d\u2019une mission command\u00e9e par le Mus\u00e9um d\u2019Histoire naturelle, dont on a \u00e9dit\u00e9 plus tard la correspondance avec Stendhal.<\/div>\n<div>Quant \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Fran\u00e7ois Venceslas Jacquemont, il est dans la mouvance intellectuelle des Id\u00e9ologues, membre du Conseil de l\u2019Instruction publique [1798], membre du Tribunat. Il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu le 29 pluvi\u00f4se an IV [18 f\u00e9vrier 1796] associ\u00e9 non-r\u00e9sident de la seconde classe de l\u2019Institut national, section I : Analyse des sensations et des id\u00e9es [en cinqui\u00e8me position]. Au moment de la r\u00e9organisation de 1803, il est nomm\u00e9 correspondant de la Classe d\u2019histoire et de litt\u00e9rature ancienne. Puis, apr\u00e8s la\u00a0<\/div>\n<div>Restauration, au moment du remaniement de 1816, correspondant de l\u2019Acad\u00e9mie des Inscriptions et Belles-Lettres.<\/div>\n<div>Enfin, le 26 octobre 1832, il est avec Pierre Pr\u00e9vost [1751-1839], l\u2019un des deux premiers \u00ab correspondants \u00bb nomm\u00e9s \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences morales et politiques reconstitu\u00e9e, pour la section de Philosophie.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Son hostilit\u00e9 \u00e0 l\u2019Empereur, l\u2019am\u00e8ne, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de 1800, \u00e0 \u00eatre d\u00e9tenu. Incarc\u00e9r\u00e9, par mesure de \u00ab haute police \u00bb, il est lib\u00e9r\u00e9 le 16 avril 1809, pour \u00eatre plac\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e \u00e0 Hesdin. \u00c0 la Restauration Fr\u00e9d\u00e9ric Fran\u00e7ois Venceslas Jacquemont s\u2019\u00e9tablit \u00e0 Paris.<\/div>\n<div>N\u00e9 le 28 septembre 1757, \u00e0 Hesdin [Artois, aujourd\u2019hui Pas-de-Calais], il \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Paris, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de soixante-dix-neuf ans, le 9 novembre 1836.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>UNE QUINZAINE DE LECTEURS PEU NOMBREUX ET BIEN CHOISIS.<\/div>\n<div>Cette \u00e9dition de H. B., en vingt-cinq exemplaires, \u00e9dition nullement destin\u00e9e \u00e0 la vente, mais bien plut\u00f4t tout \u00e0 fait secr\u00e8te, porte au verso de la premi\u00e8re page, en typographie cursive : \u00ab Offert par les \u00c9diteurs\/ \u00e0 M. \u00bb.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Tous les noms propres cit\u00e9s dans le texte ont \u00e9t\u00e9, par une prudence extr\u00eame, laiss\u00e9s en blanc. A charge, pour Prosper M\u00e9rim\u00e9e, de les indiquer lui-m\u00eame \u00e0 la plume, sur l\u2019exemplaire offert en souvenir, quelquefois par courrier ou le plus souvent en t\u00eate \u00e0 t\u00eate et de la main \u00e0 la main.\u00a0<\/div>\n<div>En remarquant, comme le fait Pierre P\u00e9lissier dans son M\u00e9rim\u00e9e [Tallandier, 2009] que les amis de Stendhal et de M\u00e9rim\u00e9e sont souvent les m\u00eames. Aussi les amoureux de Stendhal et les fervents de M\u00e9rim\u00e9e, se sont mis \u00e0 peu pr\u00e8s d\u2019accord pour \u00e9tablir une liste des plus probables destinataires.<\/div>\n<div>Pierre P\u00e9lissier en donne le d\u00e9tail. Pour les femmes : Virginie Ancelot [1792-1875] et Mme Gabriel Delessert [1806-1894], dont les salons de la rue de Seine, ou de Passy sont fr\u00e9quent\u00e9s par les personnalit\u00e9s litt\u00e9raires, et proches du romantisme, les plus en vue.\u00a0<\/div>\n<div>Pour les hommes : \u00c9tienne Jean Del\u00e9cluze [1781-1863], dans le \u00ab grenier \u00bb duquel, au 1 de la rue Chabanais, M\u00e9rim\u00e9e et Stendhal qui s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s pour la premi\u00e8re fois chez Lingay ou chez Stapfer, apprennent \u00e0 se mieux conna\u00eetre ; Romain Colomb [1784-1858], cousin de Stendhal et son ex\u00e9cuteur testamentaire ; le critique litt\u00e9raire Paul \u00c9mile Forgues [1813-1883] que Stendhal avait rencontr\u00e9 au cercle des Arts, fond\u00e9 en 1836 par Prosper M\u00e9rim\u00e9e\u00a0 ; Jules Pelletier [1823-1875], neveu de M\u00e9lanie Double ; le journaliste et critique litt\u00e9raire Armand Malitourne [1796-1866] ; le peintre Eug\u00e8ne Delacroix [1798-1863], lui aussi habitu\u00e9 des salons litt\u00e9raires ; le critique Charles Augustin Sainte-Beuve [1804-1869] ; Albert Stapfer [1802-1892] le fils, familier de Stendhal et de M\u00e9rim\u00e9e ; L\u00e9on de Laborde [1807-1869], Conservateur des Antiquit\u00e9s du Louvre ; Adolphe de Mareste [1784-1867] familier de Stendhal entre 1821 et 1830 ; le docteur David Ferdinand Koreff [1783-1851], ami de Stendhal et connaissance de M\u00e9rim\u00e9e, qui l\u2019\u00e9voque dans Ars\u00e8ne Guillot comme docteur K*** ; Horace de Viel-Castel [1802-1864], qui fr\u00e9quente le salon de la Princesse Mathilde ; le critique Paul de Saint-Victor [1825-1881] ; Hippolyte Royer-Collard [1802-1850], professeur \u00e0 la Facult\u00e9 de M\u00e9decine ; et peut-\u00eatre l\u2019architecte Eug\u00e8ne Viollet-le-Duc [1814-1879], alors chef du bureau des Monuments Historiques.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>1911. L\u2019EXEMPLAIRE DE LA BIBLIOTH\u00c8QUE NATIONALE DE FRANCE.<\/div>\n<div>La Biblioth\u00e8que Nationale de France dispose d\u2019un exemplaire de cette plaquette, livre reli\u00e9, sous la cote Ln 27 1911 (R\u00e9serve). Cette mention est inscrite au crayon sur la page de couverture. On la retrouve, \u00e9l\u00e9gamment transcrite, sur l\u2019\u00e9tiquette appos\u00e9e au coin sup\u00e9rieur gauche du premier plat.<\/div>\n<div>Comme on le sait [selon la cotation Cl\u00e9ment], la lettre \u00ab L \u00bb d\u00e9signe l\u2019Histoire de France. La sous-rubrique \u00ab Ln \u00bb les Biographies. \u00ab Ln 27 \u00bb les Biographies individuelles.<\/div>\n<div>Quant \u00e0 la mention R\u00e9serve, elle d\u00e9signe la R\u00e9serve des livres rares de la BNF, comportant environ 200 000 ouvrages, avec propre sa salle de lecture : salle Y.<\/div>\n<div>1911 ne d\u00e9signe pas une date d\u2019entr\u00e9e, c\u2019est un num\u00e9ro s\u00e9quentiel, sans signification particuli\u00e8re.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Il est possible de retracer, tout au moins partiellement, l\u2019histoire cet exemplaire\u00a0<\/div>\n<div>Il convient, \u00e0 cet \u00e9gard, de faire imp\u00e9rativement un d\u00e9tour au D\u00e9partement des manuscrits [site Richelieu]. On y apprend qu\u2019en 1905, le texte de la plaquette de 1850 a \u00e9t\u00e9 recopi\u00e9 \u00e0 la main, \u00e0 partir de l\u2019exemplaire cot\u00e9 Ln 27 1911 (R\u00e9serve), pour constituer un document manuscrit, conserv\u00e9 pour sa part au D\u00e9partement des manuscrits de la BNF sous la cote 8-IMPR-1845.\u00a0<\/div>\n<div>Cet exemplaire c\u00f4t\u00e9 Ln 27 1911 (R\u00e9serve), ayant \u00e9t\u00e9, dit la notice du document manuscrit, \u00ab offert [e] \u00e0 la salle publique de la B.N. par M. L\u00e9on Passurf \u00bb.<\/div>\n<div>\u00c9crivain, secr\u00e9taire et \u00ab n\u00e8gre \u00bb de Willy, auteur notamment d\u2019un Essai de bibliographie critique des ouvrages relatifs aux amours des personnages c\u00e9l\u00e8bres, journaliste musical, parolier, L\u00e9on Passurf est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1939.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>L\u2019exemplaire de la BNF de cette plaquette est num\u00e9ris\u00e9 :\u00a0<\/div>\n<div>:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k10577627\/f11.image.texteImage<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>1857. PREMI\u00c8RE R\u00c9\u00c9DITION CLANDESTINE PAR POULET-MALASSIS.<\/div>\n<div>En 1857, la brochure est r\u00e9\u00e9dit\u00e9e au format in-16 carr\u00e9, en trente-huit pages.\u00a0<\/div>\n<div>Sans lieu ; sans nom d\u2019imprimeur ; sans date.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>En r\u00e9alit\u00e9 le lieu est Alen\u00e7on [Orne]. L\u2019imprimeur est Auguste Poulet-Malassis [1825-1878]. La date est 1857.<\/div>\n<div>Sur la couverture sont imprim\u00e9es, aux quatre coins de la page, les initiales H. B. P. M.<\/div>\n<div>Ce qui se peut lire tout \u00e0 la fois : Henri Beyle, Prosper M\u00e9rim\u00e9e ; et Henri Beyle Poulet-Malassis.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Une note de Poulet-Malassis, sur un de ses exemplaires, permet de savoir que cette \u00e9dition, imprim\u00e9e par ses soins, \u00e0 Alen\u00e7on, a eu lieu \u00ab clandestinement \u00bb le dimanche 10 novembre 1857, avec un tirage de trente-six exemplaires.\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Maurice Tourneux [1849-1917], dans Prosper M\u00e9rim\u00e9e, ses portraits, ses dessins, sa biblioth\u00e8que. \u00c9tude par Maurice Tourneux [Paris : Charavay fr\u00e8res \u00e9diteurs, rue de Seine, 51. In-16, 160 p., 1879] raconte, en d\u00e9tail, les circonstances : \u00ab Une copie du H. B. prise sur l&rsquo;exemplaire offert \u00e0 Mme Gabriel Delessert, lui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00eat\u00e9e : un dimanche, le 10 novembre 1856, profitant du repos canonique et de la solitude de l&rsquo;atelier, il composa, tira sur verg\u00e9 et plia lui-m\u00eame, dans le format in-16 carr\u00e9, trente-six exemplaires de cette raret\u00e9; il l\u2019enrichit m\u00eame de cette fac\u00e9tieuse indication en caract\u00e8res grecs : De l\u2019imprimerie des amis de Julien l&rsquo;Apostat, la premi\u00e8re ann\u00e9e de la 658\u00e8me olympiade, le jour anniversaire de la naissance de Lucien de Samosate. [\u2026].\u00a0<\/div>\n<div>Imprim\u00e9 dans ces conditions, sans autorisation de l\u2019auteur, sans d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal, sans l\u2019aveu m\u00eame des associ\u00e9s de l&rsquo;imprimerie, ce nouveau H. B. devait avoir une circulation encore plus pr\u00e9caire que celle de l&rsquo;original. Je ne sais trop o\u00f9 en pass\u00e8rent les exemplaires. Les amis de Malassis qui en furent gratifi\u00e9s ne le conserv\u00e8rent pas tous, et il n&rsquo;y a aucune exag\u00e9ration \u00e0 dire que cette seconde \u00e9dition est aussi rare, quoique assur\u00e9ment moins pr\u00e9cieuse, que la premi\u00e8re. J&rsquo;ignore \u00e9galement si M\u00e9rim\u00e9e en eut connaissance \u00bb.\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Les noms propres, en blanc dans l&rsquo;\u00e9dition de 1850, sont pour la premi\u00e8re fois en clair.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>1864. SECONDE R\u00c9\u00c9DITION CLANDESTINE AU FRONTISPICE STUP\u00c9FIANT.<\/div>\n<div>En 1864, la plaquette, de soixante-deux pages, est \u00e0 nouveau r\u00e9\u00e9dit\u00e9e par Auguste Poulet-Malassis, en cent-quarante exemplaires num\u00e9rot\u00e9s et paraph\u00e9s.\u00a0<\/div>\n<div>Mais, cette fois, il y ajoute un piment \u00e9rotique, en y joignant une gravure qui fera parler d\u2019elle.\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Avec comme nouveau titre :\u00a0<\/div>\n<div>\u00ab H. B. par un des quarante. Avec un frontispice stup\u00e9fiant grav\u00e9 par S. P. Q. R. [Marque d\u2019\u00e9diteur]. Eleutheropolis. L&rsquo;an MLCCCLXIV de l&rsquo;imposture du Nazar\u00e9en \u00bb.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>\u00ab Un des quarante \u00bb se comprend, selon l\u2019expression d\u2019usage, comme l\u2019un des quarante membres de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. Prosper M\u00e9rim\u00e9e y a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu le 14 mars 1844.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Et quant au frontispice \u00ab stup\u00e9fiant \u00bb il convient d\u2019entendre licencieux, sinon obsc\u00e8ne.<\/div>\n<div>Il est grav\u00e9 \u00e0 l\u2019eau-forte par S. P. Q. R. Initiales qu\u2019il est ais\u00e9 de d\u00e9chiffrer comme un palindrome : Rops, autrement dit F\u00e9licien Rops [1833-1898], dessinateur, graveur et peintre belge alors install\u00e9 \u00e0 Bruxelles, collaborateur de Poulet-Malassis, pour beaucoup d\u2019autres livres, souvent \u00e0 l\u2019odeur sulfureuse.<\/div>\n<div>La gravure illustre un \u00e9pisode grivois, mais r\u00e9el, de la vie de Stendhal. Voulant \u00e0 tout prix \u00eatre convaincu de son cocuage, cach\u00e9 dans un placard, et \u00e9piant par le trou de la serrure, Stendhal assiste, stup\u00e9fait, aux \u00e9bats d&rsquo;Angela Pietragrua, sa \u00ab brune, superbe, voluptueuse \u00bb ma\u00eetresse milanaise, avec le rival du jour.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>La marque d\u2019\u00e9diteur est \u00e9videmment l\u2019une des marques de Poulet-Malassis. Elle repr\u00e9sente ici un faune, \u00e0 l\u2019\u00e9norme feuille de vigne cache-sexe. Avec la mention XALPE.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>L&rsquo;ouvrage est imprim\u00e9 \u00e0 Bruxelles, chez J. H. Briard, \u00e9tabli \u00e0 l\u2019\u00e9poque au 4 rue aux Laines. Eleutheropolis se traduit comme Ville libre.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>L\u2019imposture du Nazar\u00e9en se substitue \u00e0 l\u2019habituel \u00ab apr\u00e8s J.-C. \u00bb et renforce, comme une provocation, la position libertine, tout \u00e0 la fois de l\u2019auteur [M\u00e9rim\u00e9e], de son h\u00e9ros [Stendhal] et de l\u2019imprimeur [Poulet-Malassis], libertinage entendu au double sens d\u2019ath\u00e9isme et de libert\u00e9 des moeurs.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>Le tirage cent-quarante exemplaires se compose de 110 petit in-8 [indiqu\u00e9 parfois comme in-12, 185 x 130 mm], papier verg\u00e9 ; 20 grand in-8, papier verg\u00e9 ; 10 grand in-8, papier de chine, tirage du frontispice en rouge et en noir.\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>UN MALENCONTREUX \u00c9PISODE.<\/div>\n<div>Prosper M\u00e9rim\u00e9e, dans H. B., raconte tout en d\u00e9tail :\u00a0<\/div>\n<div>\u00ab La femme de chambre eut un remords, et [avoua \u00e0 Stendhal] qu\u2019on le trompait et qu\u2019on avait autant d\u2019amants diff\u00e9rents qu\u2019il passait de jours en exil. D\u2019abord il n\u2019en voulut rien croire ; \u00e0 la fin cependant, il accepta une exp\u00e9rience. On le fit cacher dans un cabinet ; et l\u00e0, en mettant l\u2019\u0153il au trou d\u2019une serrure, il vit \u00e0 trois pieds de lui, la plus monstrueuse pi\u00e8ce \u00e0 conviction. B\u2026 me dit que la singularit\u00e9 de la chose et le ridicule de la situation lui donn\u00e8rent d\u2019abord une gaiet\u00e9 folle \u00bb.\u00a0<\/div>\n<div>D\u2019o\u00f9 la rupture consomm\u00e9e en 1815, mais dont tr\u00e8s vite Stendhal \u00e9prouva le plus grand chagrin.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>POUR LES \u00c2MES CHOQU\u00c9ES, S\u2019ABSTENIR.<\/div>\n<div>Les soixante-dix ans, post-mortem \u00e9tant \u00e9coul\u00e9es, on aurait pu, bien entendu, reproduire en toute libert\u00e9 le frontispice stup\u00e9fiant.<\/div>\n<div>Mais inutile pour nous d\u2019inqui\u00e9ter les \u00e2mes frileuses et d\u2019avance choqu\u00e9es ; d\u2019autres l\u2019ont fait avant nous. Il suffit de se reporter, au choix, \u00e0 l\u2019une quelconque de ces adresses :<\/div>\n<div>https:\/\/www.gazette-drouot.com\/lots\/378159<\/div>\n<div>https:\/\/www.pba-auctions.com\/lot\/5634\/1178405<\/div>\n<div>https:\/\/www.ebay.de\/itm\/Prosper-Merimee-H-B-Henry-Beyle-Stendhal-1864-Frontispiz-Felicien-Rops-\/201876022431<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>PROSPER M\u00c9RIM\u00c9E EN 1850.\u00a0<\/div>\n<div>En 1850, Prosper M\u00e9rim\u00e9e [1803-1870], alors qu&rsquo;il fait para\u00eetre anonymement cette brochure de seize pages en m\u00e9moire de son ami Stendhal est d\u00e9j\u00e0 de longue date Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des Monuments historiques [27 mai 1834].<\/div>\n<div>Depuis sept ans, il est membre libre de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Inscriptions et Belles-Lettres [17 novembre 1743], et depuis six ans, membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise [14 mars 1844], o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu au fauteuil 25, rendu vacant par la mort de Charles Nodier [1780-1844], survenue le 27 janvier 1844.<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>ILLUSTRATIONS.<\/div>\n<div>1. H. B. Page de couverture de cette plaquette de seize pages, sans date, sans nom d\u2019auteur, non mise dans le commerce.<\/div>\n<div>2. Une des pages, avec seulement V. J [un blanc], pour Victor Jacquemont.\u00a0<\/div>\n<div>3. \u00c9tiquette portant la cote, appos\u00e9e sur le premier plat de l\u2019exemplaire reli\u00e9, de la premi\u00e8re \u00e9dition de H. B., conserv\u00e9 \u00e0 la R\u00e9serve de la BNF [Biblioth\u00e8que nationale de France].<\/div>\n<div>4. 1864. H. B. par un des quarante. Couverture de la seconde r\u00e9\u00e9dition faite par Auguste Poulet-Malassis.<\/div>\n<div>5. 1864. Frontispice grav\u00e9 par F\u00e9licien Rops.<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une petite plaquette de seize pages, sans date, sans nom d&rsquo;auteur, au titre presque myst&eacute;rieux. 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