{"id":370,"date":"2018-10-15T20:02:13","date_gmt":"2018-10-15T20:02:13","guid":{"rendered":""},"modified":"2018-10-15T20:02:13","modified_gmt":"2018-10-15T20:02:13","slug":"Damiron-Philibert-1794-1862-funerailles-discours-et-personnalites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Damiron-Philibert-1794-1862-funerailles-discours-et-personnalites.html","title":{"rendered":"Damiron Philibert (1794-1862), fun\u00e9railles, discours et personnalit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<div>Presque cinquante ans de carri&egrave;re universitaire conduisant au poste de professeur de philosophie &agrave; la Sorbonne, compl&eacute;t&eacute;s par la reconnaissance de l&#39;Institut, croisent n&eacute;cessairement plusieurs cercles sociaux. Une sorte de dictionnaire des personnalit&eacute;s aidera &agrave; mieux comprendre les r&eacute;f&eacute;rences du discours d&#39;&Eacute;mile Saisset [1814-1863], prononc&eacute; au nom de la Facult&eacute; des Lettres de Paris lors des obs&egrave;ques de Philibert Damiron le 13 janvier 1862.&nbsp;<\/div><!--more--><div>13 JANVIER 1862. LES OBS&Egrave;QUES DE DAMIRON.<\/div><div>Les obs&egrave;ques de Philibert Damiron [1794-1862], n&eacute; le 21 niv&ocirc;se an II [10 janvier 1794], &agrave; Belleville-sur-Sa&ocirc;ne [Rh&ocirc;ne] et mort dans la fin de l&#39;apr&egrave;s-midi du samedi 11 janvier 1862, en son domicile &agrave; Paris, rue de Tournon, alors qu&#39;il est &acirc;g&eacute; de soixante-huit ans, ont lieu le surlendemain, le lundi 13 janvier.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Philibert Damiron est enterr&eacute; &agrave; Paris, au cimeti&egrave;re du Nord [cimeti&egrave;re Montmartre, entre l&#39;Avenue des Anglais et la section 11], apr&egrave;s la c&eacute;r&eacute;monie religieuse qui s&#39;est d&eacute;roul&eacute;e &agrave; l&#39;&eacute;glise Saint-Sulpice.<\/div><div><br \/><\/div><div>LES CORDONS DU PO&Euml;LE.<\/div><div>Les cordons du po&ecirc;le, sont les cordons attach&eacute;s au drap mortuaire [palium] qui recouvre le cercueil lors des obs&egrave;ques. Par hommage, lors de la marche fun&egrave;bre, ils sont tenus par les personnes du plus haut rang proches du d&eacute;funt.&nbsp;<\/div><div>Tiennent les cordons du po&ecirc;le : Louis Francisque L&eacute;lut ; Fran&ccedil;ois Auguste Alexis Mignet ; &Eacute;mile Saisset ; Jean Baptiste Jullien.<\/div><div><br \/><\/div><div>LOUIS FRANCISQUE L&Eacute;LUT.<\/div><div>Louis Francisque L&eacute;lut [1804-1877]. M&eacute;decin ali&eacute;niste &agrave; l&#39;h&ocirc;pital de la Salp&ecirc;tri&egrave;re.<\/div><div>&Eacute;lu, dans la section de Philosophie de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, le 20 janvier 1844, au fauteuil 2, rendu vacant par le d&eacute;c&egrave;s de Joseph Marie G&eacute;rando [1772-1842], survenu le 10 novembre 1842, &agrave; Paris.&nbsp;<\/div><div>&Eacute;loign&eacute; des positions &laquo; id&eacute;ologiques &raquo; du spiritualiste Damiron, sa pr&eacute;sence est command&eacute;e par le protocole : Louis Francisque L&eacute;lut est le pr&eacute;sident de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, pour l&#39;ann&eacute;e 1862.<\/div><div><br \/><\/div><div>FRAN&Ccedil;OIS AUGUSTE ALEXIS MIGNET.<\/div><div>Fran&ccedil;ois Auguste Alexis Mignet [1796-1884], en tant que Secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, depuis 1836.<\/div><div>&Eacute;lu, dans la section Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, le 29 d&eacute;cembre 1832 [fauteuil 6], au moment du r&eacute;tablissement de cette Acad&eacute;mie.<\/div><div>&Eacute;lu secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, le 8 mai 1837, en remplacement de Charles Comte [1782-1837], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 13 avril 1837, &agrave; Paris. Mignet d&eacute;missionnera de cette fonction le 28 octobre 1882, pour des raisons de sant&eacute;.<\/div><div>&Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, le jeudi 29 d&eacute;cembre 1836, au fauteuil 20, rendu vacant par la mort de Fran&ccedil;ois Just Marie Raynouard [1761-1836], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 27 octobre 1836, &agrave; Passy.<\/div><div><br \/><\/div><div>&Eacute;MILE SAISSET.<\/div><div>&Eacute;mile Saisset [1814-1863]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1833], agr&eacute;gation de philosophie [1836], docteur &egrave;s-lettres [1840], agr&eacute;g&eacute; pr&egrave;s la Facult&eacute; des Lettres de Paris [1843].<\/div><div>Depuis 1856, occupe la chaire d&#39;Histoire de la philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, occup&eacute;e de 1845 &agrave; 1846 par Damiron.<\/div><div><br \/><\/div><div>Il sera &eacute;lu un peu moins d&#39;un mois plus tard, le 7 f&eacute;vrier 1863, &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie, [fauteuil 1], au premier tour de scrutin, au fauteuil rendu justement vacant par le d&eacute;c&egrave;s de Damiron. Mais Saisset profitera peu de cette reconnaissance acad&eacute;mique : il mourra dans l&#39;ann&eacute;e, le 27 d&eacute;cembre 1863.<\/div><div><br \/><\/div><div>Saisset s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent&eacute; sans succ&egrave;s le 18 f&eacute;vrier 1860, dans la section de Morale, au fauteuil d&#39;Alexis de Tocqueville [1805-1859], face &agrave; Adolphe Garnier [1800-1864] professeur de philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris.<\/div><div><br \/><\/div><div>JEAN BAPTISTE JULLIEN.<\/div><div>Jean Baptiste Jullien [1802-1886]. Ancien proviseur du lyc&eacute;e Napol&eacute;on [Henri-IV] [1854-1856].&nbsp;<\/div><div>Proviseur du lyc&eacute;e Louis-le-Grand, du 21 ao&ucirc;t 1856 au 26 ao&ucirc;t 1864.&nbsp;<\/div><div>Damiron a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; professeur de philosophie &agrave; Louis-le-Grand en septembre 1830, en remplacement de Georges Ozaneaux [1795-1852], et y est rest&eacute; en fonction jusqu&#39;en 1837.<\/div><div><br \/><\/div><div>LES MEMBRES DE L&#39;INSTITUT.<\/div><div>L&#39;Institut est compos&eacute; des cinq acad&eacute;mies. Dans l&#39;ordre canonique : Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise ; Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Acad&eacute;mie des Sciences ; Acad&eacute;mie des Beaux-Arts ; Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques.<\/div><div><br \/><\/div><div>Les membres de l&#39;Institut pr&eacute;sents sont :&nbsp;<\/div><div>&bull; de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise : Victor de Broglie, d&eacute;j&agrave; de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales ; Saint Marc Girardin ; Villemain ; Vitet, d&eacute;j&agrave; de l&#39;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres].<\/div><div>&bull; De l&#39;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres : Guigniaut ; Leclerc ; Naudet ; Wallon.<\/div><div>&bull; De l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales : Barth&eacute;lemy-Saint-Hilaire ; Garnier : Giraud ; Reybaud ; Villerm&eacute;.<\/div><div><br \/><\/div><div>Parmi les membres de l&rsquo;Institut pr&eacute;sents aux obs&egrave;ques :&nbsp;<\/div><div>&bull; Charles Giraud [1802-1881]. Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral, enseignement sup&eacute;rieur, Droit [1861]. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section de L&eacute;gislation, le 30 avril 1842.&nbsp;<\/div><div>&bull; Victor Leclerc [1789-1865]. Doyen de la Facult&eacute; des Lettres de Paris, depuis octobre 1832. Professeur d&rsquo;&Eacute;loquence latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris. &Eacute;lu membre ordinaire de l&rsquo;Acad&eacute;mie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, le 7 f&eacute;vrier 1834.&nbsp;<\/div><div>&bull; Abel Fran&ccedil;ois Villemain [1790-1870]. Ancien professeur d&rsquo;&Eacute;loquence fran&ccedil;aise &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise le 24 avril 1821. &Eacute;lu secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, le 11 d&eacute;cembre 1834.<\/div><div>&bull; Louis Ren&eacute; Villerm&eacute; [1782-1863]. M&eacute;decin. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section d&rsquo;&Eacute;conomie politique et statistique, le 29 d&eacute;cembre 1832.&nbsp;<\/div><div>&bull; Victor, duc de Broglie [1785-1870]. Homme politique. Membre libre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques depuis 1833. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, le 1er mars 1855.<\/div><div>&bull; Joseph Daniel Guigniaut [1794-1877]. Arch&eacute;ologue et hell&eacute;niste. Professeur honoraire du coll&egrave;ge de France. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1811]. Ancien directeur de l&#39;&Eacute;cole normale [1830-1835]. &Eacute;lu membre ordinaire de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1837. &Eacute;lu secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&#39;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres, en 1860.<\/div><div>&bull; Adolphe Garnier [1801-1864]. Professeur de Philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section de Morale, le 18 f&eacute;vrier 1860.<\/div><div>&bull; Saint-Marc-Girardin [1801-1873]. Critique et homme politique. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, le 8 f&eacute;vrier 1844.<\/div><div>&bull; Ludovic Vitet [1802-1873]. Arch&eacute;ologue. &Eacute;lu membre libre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 15 d&eacute;cembre 1839. &Eacute;lu membre de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, le 8 mai 1845.<\/div><div>&bull; Joseph Naudet [1786-1878]. Historien. &Eacute;lu membre ordinaire de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 22 ao&ucirc;t 1817.<\/div><div>&bull; Henri Wallon [1812-1904]. Historien et homme politique. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1831]. &Eacute;lu membre ordinaire de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 22 novembre 1850.&nbsp;<\/div><div>&bull; Louis Reybaud [1799-1879]. &Eacute;conomiste et homme politique. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, le 28 d&eacute;cembre 1850, section de Morale&nbsp;<\/div><div>&bull; Jules Barth&eacute;lemy-Saint-Hilaire [1805-1895]. D&eacute;put&eacute;. Ancien professeur du coll&egrave;ge de France dans la chaire de Philosophie grecque et latine. &Eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie, le 26 mars 1839.&nbsp;&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>AMIS ET CONFR&Egrave;RES.<\/div><div>Parmi les amis de Damiron et ses confr&egrave;res :<\/div><div>&bull; Toussaint Charles Boucley [1791-1877]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1810].<\/div><div>&bull; Ars&egrave;ne Danton [1814-1869]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1832]. Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral, pour l&#39;enseignement secondaire, Lettres [d&eacute;cret du 24 d&eacute;cembre 1858].<\/div><div>&bull; Jean Pierre Charpentier [1797-1873]. Agr&eacute;g&eacute; des Facult&eacute;s pour les Litt&eacute;ratures anciennes et modernes. Ancien inspecteur de l&#39;acad&eacute;mie de Paris [1843-1853].<\/div><div>&bull; Louis Hachette [1800-1864]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1819]. Libraire-&eacute;diteur. A &eacute;dit&eacute; plusieurs ouvrages de Damiron, notamment : Cours de philosophie [1832] ; l&#39;Essai sur l&#39;histoire de la philosophie en France au XVIIe si&egrave;cle&nbsp; [1846] ; Conseils et allocutions adress&eacute;s &agrave; des enfants d&#39;ouvriers et &agrave; leurs familles dans des distributions de prix d&#39;une &eacute;cole de village. Nouveaux souvenirs d&#39;enseignement [1862].<\/div><div>&bull; Charles Gouraud [1823-apr&egrave;s 1876]. Plusieurs fois laur&eacute;at des concours de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. Docteur &egrave;s-lettres en 1848, a d&eacute;di&eacute; sa th&egrave;se latine &laquo; Dissertatio de Carneadis philosophi academici vita et placitis &raquo; &agrave; Damiron.<\/div><div>&bull; Jules Simon [1814-1896]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1833]. Docteur &egrave;s-lettres en 1839, a d&eacute;di&eacute; sa th&egrave;se fran&ccedil;aise &laquo; Du commentaire de Proclus sur le Tim&eacute;e de Platon &raquo; &agrave; Damiron.<\/div><div>Fait partie de la s&eacute;rie des enseignants qui suppl&eacute;ent Victor Cousin dans sa chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie ancienne : Damiron en 1830-1831 ; Hector Poret [1799-1864] en 1831-1838 ; &Eacute;tienne Vacherot [1809-1897] en 1838-1839 ; et enfin Jules Simon [1814-1896] de 1839 &agrave; 1852.&nbsp;<\/div><div>&bull; Charles Weiss [1812-1864]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1833].&nbsp;<\/div><div>&bull; &Eacute;tienne Vacherot [1809-1897]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1827, &Eacute;cole pr&eacute;paratoire]. Directeur des &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole normale [1838-1851]. Suppl&eacute;ant de Victor Cousin dans la chaire d&#39;Histoire de la philosophie ancienne &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, o&ugrave; il succ&egrave;de &agrave; Damiron.<\/div><div>&bull; Adolphe Berger [1810-1869]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&rsquo;&Eacute;cole normale [1827, &Eacute;cole pr&eacute;paratoire]. Damiron a fait partie de son jury de th&egrave;se de doctorat &egrave;s-lettres en 1840.<\/div><div>&bull; Charles Delatour [1816-1871]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1836].<\/div><div>&bull; Francis Marie Riaux [1810-1883]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1830]. Damiron a fait partie de son jury de th&egrave;se de doctorat &egrave;s-lettres en 1840.<\/div><div>&bull; Eug&egrave;ne Rosseeuw Saint-Hilaire [1805-1889]. Professeur d&#39;Histoire ancienne &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, depuis juillet 1855.<\/div><div>&bull; Alfred M&eacute;zi&egrave;res [1826-1915]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1845]. Charg&eacute; du cours de Litt&eacute;rature &eacute;trang&egrave;re &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, depuis 1861.<\/div><div>&bull; Charles Mallet [1807-1875]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1826, &Eacute;cole pr&eacute;paratoire]. Il r&eacute;&eacute;ditera en 1866 chez Hachette, comme troisi&egrave;me &eacute;dition le Cours de droit naturel : profess&eacute; &agrave; la Facult&eacute; des lettres de Paris, par Th. Jouffroy, &eacute;dit&eacute; par Damiron en 1843, puis en 1858.<\/div><div>&bull; Eug&egrave;ne G&eacute;ruzez [1799-1865]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1819]. Professeur suppl&eacute;ant d&#39;&Eacute;loquence fran&ccedil;aise &agrave; la Facult&eacute; des Lettres. Secr&eacute;taire agent comptable de la Facult&eacute; des Lettres de Paris, depuis le 22 octobre 1852.&nbsp;<\/div><div>&bull; Auguste Poirson [1795-1871]. Ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1812], condisciple de Damiron re&ccedil;u en 1813. Ancien proviseur du lyc&eacute;e Charlemagne [1837-1853].<\/div><div><br \/><\/div><div>LE CERCLE DES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE DES COLL&Egrave;GES PARISIENS.&nbsp;<\/div><div>Au sortir de l&#39;&Eacute;cole normale, apr&egrave;s un cycle d&#39;&eacute;tudes port&eacute; &agrave; trois ans en 1815, Damiron passe quelques ann&eacute;es en province.<\/div><div>Apr&egrave;s avoir soutenu &agrave; Paris sa th&egrave;se de doctorat &egrave;s-lettres en ao&ucirc;t 1816, Damiron est en 1816-1817, au coll&egrave;ge communal de Falaise [d&eacute;partement du Calvados ; acad&eacute;mie de Caen] comme r&eacute;gent de seconde ; en 1817-1818, au coll&egrave;ge de P&eacute;rigueux [d&eacute;partement de la Dordogne ; acad&eacute;mie de Bordeaux], comme r&eacute;gent de rh&eacute;torique ;&nbsp;<\/div><div>en 1818-1821 au coll&egrave;ge royal d&#39;Angers [d&eacute;partement de Maine-et-Loire ; acad&eacute;mie d&#39;Angers], comme professeur de philosophie, en remplacement de S&eacute;bastien Gervais H&eacute;ron [1763-1831] professeur de philosophie &agrave; Angers depuis 1811, nomm&eacute; inspecteur d&#39;acad&eacute;mie.<\/div><div><br \/><\/div><div>Mais, en 1821, Damiron est nomm&eacute; &agrave; Paris, sans affectation particuli&egrave;re, comme professeur suppl&eacute;ant de philosophie &agrave; Paris, pouvant enseigner selon les besoins dans tel ou tel coll&egrave;ge.&nbsp;<\/div><div>Il va entrer ainsi dans le groupe tr&egrave;s restreint des enseignants de philosophie des quatre coll&egrave;ges royaux de la capitale : Jean Baptiste Maugras [1762-1830], titulaire et Fran&ccedil;ois Maugras, son neveu, agr&eacute;g&eacute;, &agrave; Louis-le-Grand ; Georges Gabriel Mauger [1774-1861], &agrave; Henri-IV ; Aristide Valette [1794-signal&eacute; en 1857], &agrave; Saint-Louis ; Charles Millon [1754-1839], et Georges Ozaneaux [1795-1852], agr&eacute;g&eacute;, &agrave; Charlemagne ; compl&eacute;t&eacute; dans les deux coll&egrave;ges particuliers de plein exercice par&nbsp; Vertueux Bousson [1796-1829] au coll&egrave;ge Stanislas ; Marie Nicolas Bouillet [1798-1864] au coll&egrave;ge Sainte-Barbe.&nbsp;<\/div><div>Il convient de noter que Philibert Damiron, Georges Ozaneaux, Marie Nicolas Bouillet, tous &acirc;g&eacute;s de moins de trente ans, sont d&#39;anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;&Eacute;cole normale, et qu&#39;&agrave; ce titre, ils porteront dans leur enseignement les valeurs du spiritualisme cousinien destin&eacute; &agrave; supplanter un condillacisme encore soutenu dans les coll&egrave;ges par les professeurs titulaires.<\/div><div><br \/><\/div><div>Mais, en septembre 1824, au moment de l&#39;accession au tr&ocirc;ne de Charles X, Damiron est provisoirement &eacute;cart&eacute; de l&#39;enseignement. Il collabore alors au Globe, Journal litt&eacute;raire, cr&eacute;&eacute; par Paul Fran&ccedil;ois Dubois [1793-1874], Pierre Leroux [1797-1871] et l&rsquo;imprimeur Alexandre Lachevardi&egrave;re [1795-1855]. Journal, ouvert sur le monde, qui conna&icirc;tra une forte notori&eacute;t&eacute;, et dont premier num&eacute;ro para&icirc;t le mercredi 15 septembre 1824. Damiron y publie r&eacute;guli&egrave;rement ses articles sur les principaux personnages philosophiques de son temps.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Cependant en 1827, Damiron est r&eacute;int&eacute;gr&eacute; et nomm&eacute; au coll&egrave;ge Bourbon [Condorcet] comme &laquo; agr&eacute;g&eacute; &raquo; suppl&eacute;ant de philosophie, aupr&egrave;s de Jean Jacques S&eacute;verin de Cardaillac [1766-1845], titulaire de chaire.<\/div><div>En 1828, Damiron est nomm&eacute; au coll&egrave;ge Charlemagne. Et, enfin, en septembre 1830 devient titulaire de la chaire de philosophie au coll&egrave;ge Louis-le-Grand, le coll&egrave;ge royal le plus prestigieux de la capitale, en remplacement de Georges Ozaneaux [1795-1852], nomm&eacute; recteur &agrave; Bourges, puis &agrave; Clermont.<\/div><div><br \/><\/div><div>LE CERCLE DES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE DE LA FACULT&Eacute; DES LETTRES.&nbsp;<\/div><div>Soutenue par Victor Cousin, la carri&egrave;re de Damiron avance &agrave; grand pas : professeur suppl&eacute;ant en 1831 ; professeur adjoint en 1837 ; professeur titulaire en 1842.&nbsp;<\/div><div>Rappelons qu&#39;il y a &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris trois chaires de Philosophie :&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>&bull; Une chaire intitul&eacute;e Histoire de la philosophie, appel&eacute;e &agrave; l&#39;origine Philosophie et Opinion des philosophes. Cr&eacute;e le 6 mai 1809, elle est confi&eacute;e pour quelques mois &agrave; Emmanuel Pastoret [1755-1840], qui n&#39;y fait aucun cours.&nbsp;<\/div><div>Puis &agrave; Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845] qui en est titulaire du 24 octobre 1810 au 4 septembre 1845, date de son d&eacute;c&egrave;s.<\/div><div>Sans en &ecirc;tre titulaires, plusieurs enseignants s&#39;y succ&egrave;dent : Charles Millon [1754-1839], comme adjoint de 1811 &agrave; 1814 ; Victor Cousin [1792-1867], comme suppl&eacute;ant &agrave; partir du 7 d&eacute;cembre 1815, puis comme adjoint de 1828 &agrave; 1830 ; Th&eacute;odore Jouffroy [1796-1842], adjoint, de 1830 &agrave; 1837 ; Philibert Damiron [1794-1862], adjoint de 1837 &agrave; 1842 ; Adolphe Garnier [1801-1864] adjoint de 1842 &agrave; 1845.<\/div><div>Apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Royer-Collard, survenu le 4 septembre 1845, le titulaire de la chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie moderne devient Damiron, du 9 d&eacute;cembre 1845 &agrave; 1852.&nbsp;<\/div><div>En 1852, la chaire d&#39;Histoire de la philosophie moderne prend le nom d&#39;Histoire de la philosophie, &agrave; la suite de sa &laquo; fusion &raquo; avec la chaire d&#39;Histoire de la philosophie ancienne qui est supprim&eacute;e [et dont le titulaire &eacute;tait Victor Cousin].<\/div><div>Damiron continue d&rsquo;&ecirc;tre titulaire de la chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie, de 1852 au 16 octobre 1856. Ensuite, &Eacute;mile Saisset [1814-1863], en est le titulaire du 29 novembre 1856 au 27 d&eacute;cembre 1863, date de son d&eacute;c&egrave;s en fonction.<\/div><div><br \/><\/div><div>&bull; Une chaire intitul&eacute;e Philosophie. Cr&eacute;&eacute;e le 19 septembre 1809, elle est confi&eacute;e &agrave; Pierre Laromigui&egrave;re [1756-1837] qui en sera le premier titulaire du 19 septembre 1809 au 12 ao&ucirc;t 1837, date de sa mort.&nbsp;<\/div><div>Jean Fran&ccedil;ois* Thurot [1768-1832] sera suppl&eacute;ant puis adjoint du 13 d&eacute;cembre 1812 &agrave; 1824.<\/div><div>Apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Pierre Laromigui&egrave;re, survenu le 12 ao&ucirc;t 1837, le titulaire de la chaire de Philosophie devient Th&eacute;odore Jouffroy [1796-1842], deuxi&egrave;me titulaire, du 28 novembre 1837 au mardi 1er mars 1842, date de son d&eacute;c&egrave;s.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>&bull; Une chaire intitul&eacute;e Histoire de la philosophie ancienne. Cr&eacute;&eacute;e en mai 1814, elle est confi&eacute;e &agrave; Charles Millon [1754-1839], premier titulaire de mai 1814 &agrave; septembre 1830, date de sa mise &agrave; la retraite.&nbsp;&nbsp;<\/div><div>Le deuxi&egrave;me titulaire est Victor Cousin de septembre 1830 au 7 mai 1852 [date de sa mise &agrave; la retraite], la chaire &eacute;tant supprim&eacute;e par d&eacute;cret le 24 novembre 1852.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>LE CERCLE DE L&#39;ACAD&Eacute;MIE DES SCIENCES MORALES.<\/div><div>Un autre cercle auquel appartient Damiron est, gr&acirc;ce au soutien de V. Cousin, celui de l&#39;Institut, avec son &eacute;lection, &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques d&egrave;s 1836, &agrave; l&#39;&acirc;ge de quarante-deux ans.<\/div><div>Pr&eacute;sent&eacute; par la section de Philosophie, il est &eacute;lu le 17 d&eacute;cembre 1836, au fauteuil 1, rendu vacant par la mort de Destutt de Tracy [1754-1836], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 9 mars 1836.<\/div><div>Les diff&eacute;rents candidats pr&eacute;sent&eacute;s par la section de Philosophie &eacute;taient [dans l&#39;ordre alphab&eacute;tique] Jean Jacques S&eacute;verin de Cardaillac [1766-1845] ; Philibert Damiron ; l&#39;abb&eacute; Fran&ccedil;ois Joseph Xavier Receveur [1800-1854]. Sur la proposition de Victor Cousin avait &eacute;t&eacute; ajout&eacute;s &agrave; cette liste Adolphe Garnier [1801-1864] et Hyacinthe Aza&iuml;s [1766-1845].<\/div><div>Sur 21 votants, Damiron obtient 12 suffrages, Cardaillac, 6 ; Aza&iuml;s, 1.<\/div><div><br \/><\/div><div>Damiron s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent&eacute; trois ans auparavant dans la section de Morale, mais simplement pour prendre date, le 6 avril 1833, &agrave; la succession du fauteuil 1, de Joseph Dacier [1742-1833], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 4 f&eacute;vrier 1833, face &agrave; Th&eacute;odore Jouffroy.<\/div><div>Il avait &eacute;galement &eacute;t&eacute; tent&eacute; de se pr&eacute;senter, en 1835, &agrave; la succession de Pierre Louis, comte Roederer [1754-1835], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le vendredi 18 d&eacute;cembre 1835, mais en avait &eacute;t&eacute; dissuad&eacute; par son ami Th&eacute;odore Jouffroy.<\/div><div><br \/><\/div><div>Avec l&#39;&eacute;lection de Damiron, la section de Philosophie est alors compos&eacute;e comme suit : fauteuil 1, Philibert Damiron [1794-1862], &eacute;lu le 17 d&eacute;cembre 1836 ; fauteuil 2, Joseph Marie G&eacute;rando [1772-1842], nomm&eacute; par ordonnance royale le 26 octobre 1832 ; fauteuil 3, Victor Cousin [1792-1867], &eacute;lu le 27 octobre 1832 ; fauteuil 4, Pierre Laromigui&egrave;re [1756-1837], &eacute;lu le 8 d&eacute;cembre 1832 ; fauteuil 5, William Fr&eacute;d&eacute;ric Edwards [1777-1842], &eacute;lu le 29 d&eacute;cembre 1832 ; fauteuil 6, Fran&ccedil;ois Joseph Victor Broussais [1772-1838], &eacute;lu le 29 d&eacute;cembre 1832.<\/div><div><br \/><\/div><div>Au cours de ce quart de si&egrave;cle de vie acad&eacute;mique, Philibert Damiron produit un grand nombre de M&eacute;moires et de Rapports, encore pour quelques uns d&#39;entre eux r&eacute;&eacute;dit&eacute;s de nos jours, et dont certains serviront de points d&#39;appuis &agrave; son activit&eacute; &eacute;ditoriale : M&eacute;moires pour servir &agrave; l&#39;histoire de la philosophie au XVIII &egrave;me si&egrave;cle [1858-1863].&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>L&#39;ABSENCE DE VICTOR COUSIN.<\/div><div>&Agrave; sa retraite forc&eacute;e, en mai 1852, Victor Cousin [1792-1867], professeur titulaire de la chaire d&#39;Histoire de la philosophie ancienne, &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, de 1830 &agrave; 1852, a obtenu cependant, mesure tr&egrave;s exceptionnelle, de garder ses appartements de fonction &agrave; la Sorbonne, o&ugrave; il demeure avec sa biblioth&egrave;que personnelle d&#39;environ trente mille imprim&eacute;s et cinq cents incunables.<\/div><div>&Agrave; partir de novembre 1861, V. Cousin se rend dans le midi, &agrave; Cannes, pour y soigner, dit-il, sa gorge malade. Il s&#39;y retrouvera chaque hiver, jusqu&#39;en 1867. Il y d&eacute;c&egrave;de, d&#39;une congestion c&eacute;r&eacute;brale, le 14 juillet 1867, &agrave; cinq heures du matin.<\/div><div><br \/><\/div><div>Victor Cousin est tenu au courant de la mort de Philibert Damiron, notamment par une lettres d&#39;&Eacute;mile Saisset, r&eacute;dig&eacute;e le 13 janvier 1862, le soir m&ecirc;me des obs&egrave;ques : &laquo; Mon cher ma&icirc;tre, Nous venons de remplir un devoir bien douloureux, en conduisant au cimeti&egrave;re Montmartre votre fid&egrave;le disciple, votre cher camarade et ami, M. Damiron. C&rsquo;est M. L&eacute;lut qui a port&eacute; la parole au nom de l&rsquo;Institut. D&eacute;sign&eacute; tardivement par le doyen, j&rsquo;ai d&ucirc;, en quelques heures, me recueillir et tracer &agrave; la h&acirc;te quelques pages, o&ugrave; il y a un d&eacute;sordre et une &eacute;motion trop ais&eacute;s &agrave; expliquer. Que n&rsquo;&eacute;tiez-vous l&agrave; pour rendre &agrave; M. Damiron un t&eacute;moignage digne de lui ! J&rsquo;en ai exprim&eacute; le regret en votre nom, bien s&ucirc;r de r&eacute;pondre &agrave; vos sentiments [&hellip;] &raquo;.<\/div><div><br \/><\/div><div>L&#39;&Eacute;COLE NORMALE EN 1833.<\/div><div>1833, c&#39;est l&#39;ann&eacute;e o&ugrave;, ancien &eacute;l&egrave;ve du coll&egrave;ge de Montpellier [H&eacute;rault], &Eacute;mile Saisset est &laquo; par la chance heureuse du concours &raquo; l&#39;un des quinze &eacute;l&egrave;ves re&ccedil;us &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale, pour suivre &agrave; Paris, comme pensionnaire, une scolarit&eacute; de trois ans.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Sont re&ccedil;us en 1833, &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale, dans l&rsquo;ordre alphab&eacute;tique : Jean Arnault [1814-1858] ; Eug&egrave;ne Barroux ; Pierre Boutron [1813-1874] ; Vincent L. Joguet [1815-1874] ; Joseph Landry ; Alfred Lorquet [1815-1883] ; Gustave Madol ; Louis Monnier [c.1813-1855] ; Numa Morel [ -1885] ; Eug&egrave;ne &Eacute;douard Morin [1814-1876] ; &Eacute;mile Saisset [1814-1863] ; Jules Simon [1814-1896] ; Joseph Vignot ; Charles Weiss [1812-1864] ; Jean Yanoski [1813-1851].&nbsp;<\/div><div>&nbsp;<\/div><div>LE DISCOURS D&#39;&Eacute;MILE SAISSET AUX FUN&Eacute;RAILLES.<\/div><div>Apr&egrave;s les pri&egrave;res de l&rsquo;Eglise, qui ont &eacute;t&eacute; dites &agrave; Saint-Sulpice, le cort&egrave;ge s&rsquo;est dirig&eacute; vers le cimeti&egrave;re Montmartre o&ugrave; deux discours ont &eacute;t&eacute; prononc&eacute;s, l&rsquo;un par M. Lelut, au nom de l&rsquo;Institut, l&rsquo;autre par M. Emile Saisset, au nom de la Facult&eacute; des lettres de Paris. Nous reproduisons le discours de M. Saisset qui a &eacute;t&eacute; &eacute;cout&eacute; avec une attention religieuse et la plus vive &eacute;motion.&nbsp;<\/div><div>&nbsp;<\/div><div>&laquo; Messieurs,&nbsp;<\/div><div>&laquo; Qui nous e&ucirc;t dit, il y a quelques jours, quand nous serrions, au nouvel an, la main de M. Damiron, lui souhaitant et esp&eacute;rant pour lui de longues ann&eacute;es de travail et de bonheur, et nous r&eacute;jouissant de le retrouver plein de force et comme rajeuni, au retour de cette modeste retraite de Chantilly o&ugrave; il go&ucirc;tait pr&egrave;s d&rsquo;une s&oelig;ur bien aim&eacute;e, compagne d&eacute;vou&eacute;e de toute sa vie, des loisirs si calmes et si doux, qui nous e&ucirc;t dit que nous viendrions aujourd&rsquo;hui, en face d&rsquo;une mort soudaine et pr&eacute;matur&eacute;e, confondre nos regrets et nos larmes ? Comment trouver, dans la surprise et l&rsquo;&eacute;motion&nbsp; d&rsquo;un coup si cruel, des paroles dignes de vous et dignes de lui ? Il faut pourtant essayer de dire quelques mots, de rassembler quelques souvenirs.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>[EN L&#39;ABSENCE DE VICTOR COUSIN].<\/div><div>En l&rsquo;absence du professeur illustre, h&ocirc;te et honneur de la Sorbonne, qui est all&eacute; demander au ciel du Midi le r&eacute;tablissement d&rsquo;une sant&eacute; glorieusement consum&eacute;e au service de l&rsquo;enseignement et de la science, de ce ma&icirc;tre de nos ma&icirc;tres qui se f&ucirc;t fait un pieux devoir de rendre t&eacute;moignage &agrave; l&rsquo;un de ses plus fid&egrave;les et de ses plus chers disciples, il faut que le dernier venu dans la Facult&eacute; essaye de payer son tribut de reconnaissance et de douleur &agrave; celui qui fut l&rsquo;initiateur et le guide de sa jeunesse et dont il est le trop peu digne successeur.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>[L&#39;&Eacute;COLE NORMALE EN 1833].<\/div><div>&laquo; Quand la chance heureuse d&rsquo;un concours nous amena, mes camarades et moi, du fond de nos provinces &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole normale en 1833, une des joies que nous promettait cette grande et ch&egrave;re &eacute;cole, c&rsquo;&eacute;tait de recevoir les le&ccedil;ons de M. Damiron. Nous ne connaissions de lui que l&rsquo;&eacute;crivain. Nous savions qu&rsquo;il avait enseign&eacute; la philosophie, et qu&rsquo;apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; pers&eacute;cut&eacute; &agrave; cause d&rsquo;elle, il avait continu&eacute; de la propager et de la d&eacute;fendre dans le Globe, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ses deux meilleurs amis, le publiciste au c&oelig;ur g&eacute;n&eacute;reux, &agrave; la plume vaillante et ac&eacute;r&eacute;e, M. Dubois, le philosophe aux pens&eacute;es vastes et hardies, le contemplateur p&eacute;n&eacute;trant et l&rsquo;interpr&egrave;te lumineux des profondeurs de la conscience humaine, M. Jouffroy. Nous avions lu et admir&eacute; ces &eacute;tudes si ing&eacute;nieuses, si d&eacute;licatement impartiales qui, r&eacute;unies, pr&eacute;sentaient un tableau &eacute;l&eacute;gant, fid&egrave;le et anim&eacute; des &eacute;coles philosophique du dix-neuvi&egrave;me si&egrave;cle : nous n&rsquo;en &eacute;tions que plus empress&eacute;s de conna&icirc;tre en M. Damiron l&rsquo;homme et le professeur.<\/div><div>A peine avions nous assist&eacute; &agrave; deux ou trois de ses conf&eacute;rences, qu&rsquo;il nous avait gagn&eacute; le c&oelig;ur. Sa parole, sa doctrine, sa personne inspiraient un sentiment qui s&rsquo;en va, dit-on chaque jour, le respect et cette premi&egrave;re impression ne tardait pas &agrave; se temp&eacute;rer d&rsquo;un sentiment plus doux, l&rsquo;affection. M. Damiron comprenait l&rsquo;enseignement comme un sacerdoce. Il y portait une gravit&eacute;, un recueillement, une sollicitude, une d&eacute;fiance de lui-m&ecirc;me, des soins et des scrupules vraiment religieux. De l&agrave; ces mille pr&eacute;cautions de m&eacute;thode qui paraissaient excessives &agrave; notre inexp&eacute;rience, de l&agrave; cette parole timide et contenue, mais pleine de force et d&rsquo;accent, qui, craignant sans cesse d&rsquo;aller au del&agrave; ou de rester en de&ccedil;&agrave; du vrai, revenait sur elle-m&ecirc;me, se corrigeait, s&rsquo;att&eacute;nuait, se nuan&ccedil;ait, jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;enfin f&ucirc;t satisfaite cette d&eacute;licatesse exquise de conscience qui formait, avec la sagacit&eacute; ing&eacute;nieuse de l&rsquo;esprit, le caract&egrave;re distinctif de M. Damiron.<\/div><div><br \/><\/div><div>[LA CARRI&Egrave;RE DE DAMIRON].&nbsp;<\/div><div>Tel nous l&rsquo;avions connu, aim&eacute;, respect&eacute; &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole normale, tel nous le retrouv&acirc;mes, quelques ann&eacute;es apr&egrave;s, &agrave; la Sorbonne o&ugrave; il succ&eacute;dait &agrave; Jouffroy. Les r&eacute;sultats de cet enseignement sont consign&eacute;s da","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div>Presque cinquante ans de carri&egrave;re universitaire conduisant au poste de professeur de philosophie &agrave; la Sorbonne, compl&eacute;t&eacute;s par la reconnaissance de l&#39;Institut, croisent n&eacute;cessairement plusieurs cercles sociaux. Une sorte de dictionnaire des personnalit&eacute;s aidera &agrave; mieux comprendre les r&eacute;f&eacute;rences du discours d&#39;&Eacute;mile Saisset [1814-1863], prononc&eacute; au nom de la Facult&eacute; des Lettres de Paris lors des obs&egrave;ques de Philibert Damiron le 13 janvier 1862.&nbsp;<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-370","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/370","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=370"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/370\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}