{"id":339,"date":"2017-06-11T21:04:51","date_gmt":"2017-06-11T21:04:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2017-06-11T21:04:51","modified_gmt":"2017-06-11T21:04:51","slug":"Victor-Cousin-defenseur-de-l-Ecole-normale-a-la-Chambre-des-Pairs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Victor-cousin\/Victor-Cousin-defenseur-de-l-Ecole-normale-a-la-Chambre-des-Pairs.html","title":{"rendered":"Victor Cousin, d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u00c9cole normale, \u00e0 la Chambre des Pairs"},"content":{"rendered":"<div>D&egrave;s octobre 1836, Victor Cousin, dans le rapport sur l&#39;&Eacute;cole normale, qu&#39;il prononce devant Fran&ccedil;ois Guizot, &agrave; nouveau ministre de l&#39;Instruction publique, appelle de ses v&oelig;ux de nouveaux b&acirc;timents pour l&#39;&Eacute;cole, v&oelig;ux d&eacute;j&agrave; approuv&eacute;s par le Conseil royal de l&#39;Instruction publique. Quatre ans plus tard, en janvier 1841, les cr&eacute;dits sont vot&eacute;s par la Chambre des d&eacute;put&eacute;s et, en mars 1841, par la Chambre des Pairs.<\/div><!--more--><div>Quittant les locaux v&eacute;tustes de l&rsquo;ancien coll&egrave;ge du Plessis, attenants au lyc&eacute;e Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques, o&ugrave; elle a &eacute;t&eacute; log&eacute;e depuis 1820, l&#39;&Eacute;cole normale sup&eacute;rieure, s&rsquo;installe enfin, six ans plus tard, le jeudi 4 novembre 1847, au 45 rue d&rsquo;Ulm, dans de nouveaux b&acirc;timents construits par l&#39;architecte des b&acirc;timents civils Alphonse de Gisors [1796-1866].&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>PARUTION DANS LE JOURNAL G&Eacute;N&Eacute;RAL DE L&#39;INSTRUCTION PUBLIQUE.<\/div><div>Dans sa livraison du mercredi 10 mars 1841, le Journal g&eacute;n&eacute;ral de l&#39;Instruction publique et des cours scientifiques et litt&eacute;raires [Volume 10, n&deg; 20] fait para&icirc;tre l&#39;int&eacute;gralit&eacute; du texte prononc&eacute; par Victor Cousin, rapporteur de la commission constitu&eacute;e au sein de la chambre des Pairs pour examiner le projet de loi visant &agrave; la construction d&#39;un nouvel &eacute;difice destin&eacute; &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale.<\/div><div>Ce projet de loi qui affecte une somme de dix-neuf cent soixante-dix-huit mille francs &agrave; l&rsquo;acquisition d&rsquo;un terrain, et &agrave; la construction ainsi qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ameublement d&rsquo;un b&acirc;timent<\/div><div>nouveau pour l&rsquo;Ecole normale, venait d&rsquo;&ecirc;tre vot&eacute; le 9 mars par la Chambre des Pairs, sans d&eacute;bat et &agrave; une immense majorit&eacute;.<\/div><div><br \/><\/div><div>LE CR&Eacute;DIT EXTRAORDINAIRE DEVANT LA CHAMBRE DES D&Eacute;PUT&Eacute;S.<\/div><div>La pr&eacute;sentation du projet est assur&eacute;e, le 26 d&eacute;cembre 1840, par Jean Baptiste Teste [1780-1852], ministre des Travaux publics [1840-1843].&nbsp;<\/div><div>Une commission est constitu&eacute;e, comprenant le vicomte de Panat [1787-1860] ; Raymond Duprat [1782-1861] ; Louis Henri Desmortiers [1782-1869] ; Louis Martin Lebeuf [1792-1854] ; Germain Delbecque [1795-1875] ; Paul Fran&ccedil;ois Dubois [1793-1874] ; Jean Charles Gabriel Danse [1788-1863] ; Anselme Tesni&egrave;res [1787-1854] ; Adelphe Chasles [1795-1868].<\/div><div><br \/><\/div><div>Le rapport de la commission est assur&eacute; par Raymond Duprat, le 18 janvier 1841.<\/div><div>La discussion et l&#39;adoption &agrave; la Chambre des D&eacute;put&eacute;s ont lieu le 4 f&eacute;vrier 1841, par 176 voix, contre 71.<\/div><div><br \/><\/div><div>LE CR&Eacute;DIT EXTRAORDINAIRE DEVANT LA CHAMBRE DES PAIRS.<\/div><div>La pr&eacute;sentation du projet est assur&eacute;e, le 11 f&eacute;vrier 1841, &agrave; nouveau par Jean Baptiste Teste, &nbsp;ministre des Travaux publics.<\/div><div>Une commission est constitu&eacute;e, comprenant Louis &Eacute;douard Besson [1784-1865], Victor Cousin [1792-1867], le baron de Fr&eacute;ville [1773-1847], Louis Joseph Gay-Lussac [1778-1850], le baron Joseph Pelet (de la Loz&egrave;re) [1785-1871], le vicomte Joseph J&eacute;r&ocirc;me Sim&eacute;on [1749-1842], le baron Louis Jacques Th&eacute;nard [1777-1857].<\/div><div><br \/><\/div><div>Le rapport de la commission est assur&eacute; par Victor Cousin, le 5 mars 1841.<\/div><div>L&#39;adoption, sans discussion, &agrave; la Chambre des Pairs, a lieu le 9 mars 1841, par 95 voix, contre 1.<\/div><div><br \/><\/div><div>La loi est promulgu&eacute;e le 24 mars 1841.<\/div><div><br \/><\/div><div>COUSIN ET LA CHAMBRE DES PAIRS.<\/div><div>Victor Cousin [1792-1867], professeur titulaire de la chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie ancienne &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris [25 septembre 1830], nomm&eacute; membre du Conseil royal de l&rsquo;Instruction publique [ordonnance du 6 ao&ucirc;t 1830], &eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise [18 novembre 1830], nomm&eacute; conseiller d&rsquo;Etat [26 juillet 1831], &eacute;lu membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques reconstitu&eacute;e au sein de l&#39;Institut [27 octobre 1832], a &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; par ordonnance royale de Louis-Philippe, &agrave; la dignit&eacute; de pair de France le 11 octobre 1832.<\/div><div><br \/><\/div><div>Ancien &eacute;l&egrave;ve de la premi&egrave;re promotion de l&#39;&Eacute;cole normale [1810], Victor Cousin y a &eacute;t&eacute; &nbsp;r&eacute;p&eacute;titeur de grec et de latin aupr&egrave;s des &eacute;tudiants de premi&egrave;re ann&eacute;e [octobre 1812], ma&icirc;tre de conf&eacute;rences de litt&eacute;rature [1814-1815], ma&icirc;tre de conf&eacute;rences de philosophie [1815-1822]. Lorsqu&#39;il est nomm&eacute; membre du Conseil royal de l&rsquo;Instruction publique, en 1830, Victor Cousin y est notamment charg&eacute; de ce qui se rapporte &agrave; l&#39;enseignement de l&#39;&Eacute;cole normale.&nbsp;<\/div><div>Et surtout Victor Cousin a &eacute;t&eacute; le &laquo; Conseiller directeur de l&#39;&Eacute;cole &raquo; du 14 septembre 1835 au 1er mars 1840, date de sa nomination comme ministre de l&#39;Instruction publique.<\/div><div><br \/><\/div><div>Enfin, Victor Cousin a &eacute;t&eacute; ministre secr&eacute;taire d&#39;&eacute;tat au d&eacute;partement de l&#39;Instruction publique, grand-ma&icirc;tre de l&#39;Universit&eacute;, nomm&eacute; par ordonnance le 1er mars 1840, en remplacement d&#39;Abel Fran&ccedil;ois Villemain [1790-1870], d&eacute;missionnaire.<\/div><div>Il y reste en fonction quelques mois, jusqu&#39;au 29 octobre 1840.<\/div><div>&nbsp;<\/div><div>LE TEXTE DE L&#39;INTERVENTION DE COUSIN &Agrave; LA CHAMBRE DES PAIRS.<\/div><div>Les intertitres, [entre crochets] sont ajout&eacute;s au texte du rapport de V. Cousin, pour en faciliter la lecture.<\/div><div><br \/><\/div><div>[LA PREMI&Egrave;RE &Eacute;COLE NORMALE].<\/div><div>Messieurs, la haute utilit&eacute; de l&rsquo;Ecole normale ne peut &ecirc;tre contest&eacute;e. Il n&rsquo;y a pas de profession qui n&rsquo;ait besoin d&rsquo;un s&eacute;rieux apprentissage : toutes les congr&eacute;gations enseignantes ont eu leur noviciat ; l&rsquo;enseignement national doit avoir le sien.<\/div><div><br \/><\/div><div>C&rsquo;est le sentiment de cette v&eacute;rit&eacute; qui, dans l&rsquo;enfance h&eacute;ro&iuml;que de notre soci&eacute;t&eacute; nouvelle, inspira le plan gigantesque d&rsquo;une &eacute;cole normale de 1.500 &eacute;l&egrave;ves, appel&eacute;s de toutes les parties de la France pour apprendre, sous les professeurs les plus habiles dans tous les genres, l&rsquo;art d&rsquo;enseigner. Ce que la r&eacute;volution avait con&ccedil;u, l&rsquo;empire le r&eacute;alisa : et le m&ecirc;me jour, et dans le m&ecirc;me d&eacute;cret de 1808, o&ugrave; il fonda l&rsquo;Universit&eacute;, Napol&eacute;on &eacute;tablit une &eacute;cole destin&eacute;e &agrave; recruter et &agrave; renouveler le corps enseignant. Chose admirable ! l&rsquo;h&eacute;ritier d&rsquo;une r&eacute;volution qui avait abattu toutes les corporations, quand il en vint &agrave; penser s&eacute;rieusement &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation de la jeunesse, entreprit de faire un corps pour ce grand objet. &laquo; Je veux, disait-il, un corps qui soit &agrave; l&rsquo;abri des petites fi&egrave;vres de la mode, qui marche toujours quand le gouvernement sommeille, et dont l&rsquo;administration et les statuts deviennent tellement nationaux qu&rsquo;on ne puisse jamais<\/div><div>se d&eacute;terminer l&eacute;g&egrave;rement &agrave; y porter la main. &raquo; Ainsi parlait Napol&eacute;on dans les instructions qu&rsquo;il adressait au grand-ma&icirc;tre de l&rsquo;Universit&eacute; imp&eacute;riale ; et ce qui d&rsquo;abord n&rsquo;avait sembl&eacute; qu&rsquo;un r&ecirc;ve du nouveau Charlemagne est devenu une institution puissante qui a surv&eacute;cu &agrave; son fondateur, r&eacute;sist&eacute; &agrave; toutes les &eacute;preuves, surmont&eacute; les inimiti&eacute;s les plus redoutables et pris d&eacute;finitivement son rang parmi les institutions nationales. De toutes les causes qui concoururent &agrave; ce succ&egrave;s inou&iuml; d&rsquo;un corps enseignant au dix-neuvi&egrave;me si&egrave;cle, nulle n&rsquo;a &eacute;t&eacute; plus efficace que l&rsquo;&eacute;tablissement de l&rsquo;Ecole normale. Des examens publics bien organis&eacute;s peuvent suffire au premier coup d&rsquo;&oelig;il pour constater la capacit&eacute; d&rsquo;enseigner ; mais il y a quelque chose qui &eacute;chappe &agrave; tous les examens, quelque chose qui n&rsquo;importe pas moins que les connaissances et le talent lui-m&ecirc;me, &agrave; savoir, l&rsquo;esprit m&ecirc;me de l&rsquo;enseignement et la direction qu&rsquo;on lui imprime ; voil&agrave; ce que nul examen ne peut donner, ce qu&rsquo;il est impossible de laisser<\/div><div>au hasard, ce qui ne peut &ecirc;tre assur&eacute; qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une &eacute;cole, et, pour parler comme le d&eacute;cret de 1808, &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un pensionnat normal, o&ugrave;, loin du bruit du monde, sous des ma&icirc;tres &eacute;prouv&eacute;s, et sous une discipline &agrave; la fois s&eacute;v&egrave;re et lib&eacute;rale, des jeunes gens bien choisis se forment par la th&eacute;orie et par la pratique &agrave; l&rsquo;exercice de leur profession future, et en m&ecirc;me temps se p&eacute;n&egrave;trent peu &agrave; peu de l&rsquo;esprit du corps dans lequel ils entrent. Un pensionnat pouvait seul procurer un pareil r&eacute;sultat, et ce r&eacute;sultat a &eacute;t&eacute; obtenu.<\/div><div><br \/><\/div><div>[1810, 1822, 1828 : TROIS DATES D&Eacute;CISIVES].<\/div><div>Ouverte en 1810, en quelques ann&eacute;es l&rsquo;Ecole normale a &eacute;lev&eacute; plusieurs g&eacute;n&eacute;rations de professeurs, profond&eacute;ment imbues de l&rsquo;esprit universitaire, et qui, le portant partout avec elles, le communiquant et le r&eacute;pandant, sont venues plus tard au secours de l&rsquo;Universit&eacute; menac&eacute;e, et lui ont fait un rempart de leur talent et de leur renomm&eacute;e. L&rsquo;Ecole normale est le fondement de l&rsquo;Universit&eacute; ; les amis et les ennemis de l&rsquo;Universit&eacute; le savent bien. Quand on voulut la d&eacute;truire en 1822, &agrave; qui s&rsquo;en prit-on d&rsquo;abord ? A l&rsquo;Ecole normale. Et quand, en 1828, sous une administration &agrave; laquelle le respect public demeurera toujours attach&eacute;, l&rsquo;Universit&eacute; retrouva de meilleurs jours, que fit alors M. de Vatimesnil, dont je me plais &agrave; rappeler ici le nom ? Il releva l&rsquo;Ecole normale, la laissant, il est vrai, d&eacute;guis&eacute;e sous un nom qui n&rsquo;&eacute;tait pas le sien, mais qui la d&eacute;robait &agrave; l&rsquo;&oelig;il jaloux de ses puissants adversaires, en attendant la r&eacute;volution de 1830, qui lui restitua son nom v&eacute;ritable, et qui successivement l&rsquo;a port&eacute;e &agrave; ce haut point de prosp&eacute;rit&eacute; o&ugrave; elle est aujourd&rsquo;hui parvenue.<\/div><div><br \/><\/div><div>1812 : LE PROJET D&#39;UN NOIUVEL &Eacute;DIFICE.<\/div><div>Un &eacute;tablissement de cet ordre, messieurs, demande un b&acirc;timent qui r&eacute;ponde &agrave; son objet et &agrave; ses besoins. Aussi, le d&eacute;cret imp&eacute;rial du 21 mars 1812 prescrivait d&#39;&eacute;riger sur la rive gauche de la Seine un vaste &eacute;difice pour le service de l&#39;&Eacute;cole normale. Provisoirement, apr&egrave;s avoir re&ccedil;u quelques ann&eacute;es l&#39;hospitalit&eacute; d&#39;une aile du coll&egrave;ge Louis-le-Grand, elle avait &eacute;t&eacute; transport&eacute;e rue des Postes, dans l&#39;ancien s&eacute;minaire du Saint-Esprit, qui lui convenait admirablement par l&#39;&eacute;tendue et la disposition du local, et aussi par le voisinage du Museum d&#39;Histoire naturelle, du Coll&egrave;ge de France et des Facult&eacute;s des sciences et des lettres. Aujourd&#39;hui, apr&egrave;s trente ann&eacute;e d&#39;existence et de bons services, elle se retrouve, comme au premier jour, dans un b&acirc;timent du coll&egrave;ge Louis-le-Grand. Y fut-elle bien, nous n&#39;h&eacute;siterions pas &agrave; dire encore qu&#39;un tel &eacute;tat de choses n&#39;est pas convenable. Tant que l&#39;&Eacute;cole normale n&#39;a point de b&acirc;timent qui lui appartienne, son avenir n&#39;est pas assur&eacute; ; et son avenir c&#39;est celui de l&#39;Universit&eacute; elle-m&ecirc;me. Mais il y a plus : cet asile, qui lui est pr&ecirc;t&eacute;, est indigne d&#39;elle sous tous les rapports.<\/div><div><br \/><\/div><div>UN VIEUX B&Acirc;TIMENT D&Eacute;LABR&Eacute;.<\/div><div>Dans la rue Saint-Jacques, entre le coll&egrave;ge Louis-le-Grand et le nouveau et magnifique Coll&egrave;ge de France, est un vieux b&acirc;timent d&eacute;labr&eacute; et qui menace ruine. Plus d&#39;une fois le commissaire voyer du quartier est venu commander, d&#39;office et d&#39;urgence, des r&eacute;parations que l&#39;on a faites &agrave; la h&acirc;te, et que, quelques mois apr&egrave;s, il fallait elles-m&ecirc;mes r&eacute;parer. Cette masure humide, crevass&eacute;e de toutes parts, et o&ugrave; il n&#39;y a pas une seule pi&egrave;ce qui ne soit &eacute;tay&eacute;e : voil&agrave; l&#39;&Eacute;cole normale ; voil&agrave; l&#39;&eacute;cole qui fournit des ma&icirc;tres &agrave; tous les coll&egrave;ges, d&#39;un bout de la France &agrave; l&#39;autre, et qui a produit les trois quarts peut-&ecirc;tre du corps enseignant.<\/div><div><br \/><\/div><div>N&Eacute;C&Eacute;SSIT&Eacute; D&#39;UN B&Acirc;TIMENT SP&Eacute;CIAL.<\/div><div>On a demand&eacute; s&rsquo;il ne serait pas possible, en r&eacute;parant le b&acirc;timent actuel, d&rsquo;&eacute;viter la d&eacute;pense plus consid&eacute;rable d&rsquo;une construction nouvelle.<\/div><div>Nous r&eacute;pondrons qu&rsquo;en principe il faut un b&acirc;timent sp&eacute;cial pour l&rsquo;Ecole normale, et qu&rsquo;en fait le b&acirc;timent actuel r&eacute;par&eacute; ne conviendra jamais &agrave; sa destination. L&rsquo;agrandir, vous ne le pouvez, car le terrain manque. Vous &ecirc;tes donc condamn&eacute;s &agrave; vous renfermer dans les limites du b&acirc;timent actuel : or, ce b&acirc;timent, qui aujourd&rsquo;hui tombe en ruines, f&ucirc;t-il construit d&rsquo;hier, ne suffirait pas &agrave; la moiti&eacute; des besoins de l&rsquo;Ecole. Les laboratoires et les cabinets de physique, de chimie et d&rsquo;histoire naturelle sont insuffisants pour le nombre actuel des &eacute;l&egrave;ves, et ce nombre doit &ecirc;tre consid&eacute;rablement augment&eacute;. L&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; du 2 octobre 1840, qui divise l&rsquo;agr&eacute;gation des sciences en deux ordres distincts, l&rsquo;agr&eacute;gation pour les sciences math&eacute;matiques et l&rsquo;agr&eacute;gation pour les sciences physiques naturelles, &eacute;tablit &agrave; l&rsquo;Ecole normale, dans la division des sciences,<\/div><div>deux sections correspondantes aux deux ordres d&rsquo;agr&eacute;gation, et l&rsquo;on a reconnu que<\/div><div>l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;une section sp&eacute;ciale pour les sciences physiques et naturelles &agrave; l&rsquo;Ecole normale devait avoir la plus haute influence sur l&rsquo;enseignement scientifique des coll&egrave;ges et des Facult&eacute;s. Mais il faut reconna&icirc;tre aussi que, dans le b&acirc;timent actuel, la nouvelle section des physiciens et des naturalistes sera priv&eacute;e de tous les secours qui lui sont indispensables. Je ne voudrais pas, sous pr&eacute;texte d&rsquo;&eacute;clairer la religion de la chambre, la fatiguer de d&eacute;tails dans lesquels votre commission a d&ucirc; s&rsquo;engager ; mais il est une consid&eacute;ration dont l&#39;importance ne peut manquer de frapper la chambre.<\/div><div><br \/><\/div><div>UN NOUVEAU TERRAIN, UNE CONSTRUCTION NOUVELLE.<\/div><div>La libert&eacute; de l&rsquo;enseignement promise par la Charte sera bient&ocirc;t r&eacute;alis&eacute;e. Cette libert&eacute;<\/div><div>multipliera le nombre des &eacute;tablissements particuliers de toute esp&egrave;ce, la&iuml;ques et eccl&eacute;siastiques. Pour soutenir cette concurrence, l&rsquo;Universit&eacute; a besoin de fortifier ses coll&egrave;ges, et elle ne peut les fortifier qu&rsquo;en y introduisant un plus grand nombre de jeunes ma&icirc;tres sortis de l&rsquo;Ecole normale. Il faut donc qu&rsquo;elle augmente le nombre des &eacute;l&egrave;ves de cette Ecole. Mais cette augmentation d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves est absolument impossible dans le local actuel. Par cons&eacute;quent, il est n&eacute;cessaire de construire sur un autre terrain un b&acirc;timent nouveau qui soit appropri&eacute; aux besoins de l&rsquo;Ecole et qui lui permette de remplir sa mission dans toute son &eacute;tendue.<\/div><div><br \/><\/div><div>C&rsquo;est l&agrave;, messieurs, le motif qui a port&eacute; votre commission &agrave; ne point ajourner la d&eacute;pense qu&rsquo;entra&icirc;nera la construction nouvelle. Mais votre commission a ordonn&eacute; &agrave; son rapporteur de d&eacute;clarer qu&rsquo;il ne lui a pas fallu moins qu&rsquo;un motif aussi urgent, aussi p&eacute;remptoire, pour la d&eacute;cider &agrave; augmenter de 2 millions les d&eacute;penses publiques quand des charges si lourdes p&egrave;sent d&eacute;j&agrave; sur nos finances dans le pr&eacute;sent et dans un assez long avenir.<\/div><div><br \/><\/div><div>EN BAS DE PAGE : QUELQUES DATES CONCERNANT L&#39;&Eacute;COLE NORMALE.<\/div><div>Le document qui para&icirc;t dans le Journal g&eacute;n&eacute;ral de l&#39;Instruction publique est compl&eacute;t&eacute; par des notes fournissant des r&eacute;f&eacute;rences pr&eacute;cises &agrave; l&#39;histoire de l&#39;&Eacute;cole normale.<\/div><div>On en trouvera ci-contre le texte comment&eacute;.<\/div><div><br \/><\/div><div>Note 1.&nbsp;<\/div><div>Le d&eacute;cret de la Convention du 9 brumaire an III [30 octobre 1794], en son article 1 et 2, fonde la premi&egrave;re &Eacute;cole normale.<\/div><div>Celle-ci fonctionne effectivement du 1 pluvi&ocirc;se an III [20 janvier 1795] au 30 flor&eacute;al an IV [19 mai 1795], soit &agrave; peu pr&egrave;s quatre mois. Des &eacute;l&egrave;ves venus de toutes les r&eacute;gions de la France s&rsquo;y rendent, avec une bourse, pour suivre les enseignements des savants et des hommes de lettres les plus prestigieux de l&rsquo;&eacute;poque.<\/div><div><br \/><\/div><div>Note 2.&nbsp;<\/div><div>Le d&eacute;cret imp&eacute;rial du 17 mars 1808, compl&eacute;t&eacute; le 17 septembre, &eacute;tablit l&#39;&Eacute;cole sous forme d&rsquo;un pensionnat normal destin&eacute; &agrave; recevoir jusqu&rsquo;&agrave; trois cents jeunes gens &laquo; qui y seraient form&eacute;s &agrave; l&rsquo;art d&rsquo;enseigner les lettres et les sciences &raquo;. &nbsp;<\/div><div>L&#39;&Eacute;cole ouvre ses portes un peu plus de deux ans plus tard, pour accueillir la premi&egrave;re promotion, en fin 1810, dont fait partie Victor Cousin.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Note 3.&nbsp;<\/div><div>L&rsquo;ordonnance royale supprimant l&rsquo;&Eacute;cole normale, est dat&eacute;e du 6 septembre 1822. &nbsp;<\/div><div>Elle est contresign&eacute;e par Jacques, comte de Corbi&egrave;re, [1766-1853], ministre secr&eacute;taire d&rsquo;&eacute;tat au d&eacute;partement de l&rsquo;Int&eacute;rieur, dans le minist&egrave;re Vill&egrave;le, alors que Mgr. Denis Frayssinous [1765-1841] est Grand-Ma&icirc;tre de l&rsquo;Universit&eacute; royale, depuis le 1er juin 1822.<\/div><div><br \/><\/div><div>Note 4.<\/div><div>Une ordonnance royale du jeudi 9 mars 1826, rendue sur le rapport de Mgr. Denis Frayssinous [1765-1841, et comment&eacute;e par une circulaire minist&eacute;rielle du mardi 18 avril, r&eacute;duit le nombre des &laquo; &eacute;coles pr&eacute;paratoires &raquo; que l&rsquo;on ne doit &eacute;tablir qu&rsquo;aupr&egrave;s des coll&egrave;ges &laquo; qui pourraient offrir le plus de facilit&eacute; aux jeunes gens pour le compl&eacute;ment de leur &eacute;ducation &raquo;. Enfin un arr&ecirc;t&eacute; r&eacute;glementaire du 5 septembre, d&eacute;cida qu&rsquo;une seule de ces &eacute;coles serait organis&eacute;e dans l&#39;acad&eacute;mie de Paris.<\/div><div>L&rsquo;&Eacute;cole normale r&eacute;-ouvrira pratiquement ses portes en ao&ucirc;t 1826, sous le nom d&rsquo;&Eacute;cole pr&eacute;paratoire [d&eacute;cision prise le 9 mars 1826], nom qu&rsquo;elle gardera jusqu&rsquo;en 1829 inclus. Elle est install&eacute;e dans les b&acirc;timents du coll&egrave;ge Louis-le-Grand.<\/div><div><br \/><\/div><div>Note 5.<\/div><div>L&#39;&Eacute;cole reprend le nom d&#39;&Eacute;cole normale, et une scolarit&eacute; de trois ans, au lendemain de la R&eacute;volution de Juillet, le 6 ao&ucirc;t 1830.<\/div><div>&Agrave; cette date, Louis Philippe d&rsquo;Orl&eacute;ans, duc d&rsquo;Orl&eacute;ans, alors seulement lieutenant g&eacute;n&eacute;ral du royaume, arr&ecirc;te que : &laquo; L&rsquo;&Eacute;cole destin&eacute;e &agrave; former des professeurs, et d&eacute;sign&eacute;e depuis quelques ann&eacute;es sous le nom d&rsquo;&Eacute;cole pr&eacute;paratoire, reprendra le titre d&rsquo;&Eacute;cole normale.&nbsp;<\/div><div>Il nous sera incessamment propos&eacute; des mesures pour compl&eacute;ter l&rsquo;organisation de cette &eacute;cole d&rsquo;une mani&egrave;re conforme &agrave; tous les besoins de l&#39;enseignement &raquo;.<\/div><div>L&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; est contresign&eacute; par Edouard Bignon [1771-1841], commissaire provisoire au d&eacute;partement de l&rsquo;Instruction publique.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Note 6.<\/div><div>En 1837, Victor Cousin publie : &Eacute;cole normale. R&egrave;glements, Programmes et Rapports [Paris : chez L. Hachette, Libraire de l&#39;Universit&eacute; royale de France. Rue Pierre-Sarrazin, n&deg; 12. In-8, VIII-216 p., 1837]. Avertissement. Errata.<\/div><div>Avertissement I-VIII, sign&eacute; : &Agrave; l&#39;&Eacute;cole Normale, le 23 avril 1837. Le Pair de France, membre du Conseil royal de l&#39;instruction publique, directeur de l&#39;&Eacute;cole Normale. V. Cousin.<\/div><div>Num&eacute;ris&eacute; Google Books.<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div>D&egrave;s octobre 1836, Victor Cousin, dans le rapport sur l&#39;&Eacute;cole normale, qu&#39;il prononce devant Fran&ccedil;ois Guizot, &agrave; nouveau ministre de l&#39;Instruction publique, appelle de ses v&oelig;ux de nouveaux b&acirc;timents pour l&#39;&Eacute;cole, v&oelig;ux d&eacute;j&agrave; approuv&eacute;s par le Conseil royal de l&#39;Instruction publique. Quatre ans plus tard, en janvier 1841, les cr&eacute;dits sont vot&eacute;s par la Chambre des d&eacute;put&eacute;s et, en mars 1841, par la Chambre des Pairs.<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[33],"tags":[],"class_list":["post-339","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-Victor-cousin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=339"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=339"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}