{"id":322,"date":"2016-10-16T21:10:55","date_gmt":"2016-10-16T19:10:55","guid":{"rendered":""},"modified":"2020-09-20T20:48:57","modified_gmt":"2020-09-20T18:48:57","slug":"les-premiers-professeurs-de-la-faculte-des-lettres-de-paris-ages-et-fonctions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Histoire-de-l-education\/les-premiers-professeurs-de-la-faculte-des-lettres-de-paris-ages-et-fonctions.html","title":{"rendered":"Les premiers professeurs de la Facult\u00e9 des Lettres de Paris, \u00e2ges et fonctions"},"content":{"rendered":"<div>En 1809, les professeurs de la Facult&eacute; des Lettres de Paris sont recrut&eacute;s &agrave; partir de fonctions qu&#39;ils assument d&eacute;j&agrave;, soit comme professeurs du coll&egrave;ge de France, soit comme professeurs de Belles-Lettres dans l&#39;un des quatre lyc&eacute;es imp&eacute;riaux de Paris.<\/div><div><br \/><\/div><!--more--><div>Ces recrutements concernent neuf personnalit&eacute;s : Jacques Delille, Emmanuel Pastoret, &nbsp;Pierre Charles Levesque, Jean Charles Julien Luce de Lancival, Ange Fran&ccedil;ois Fariau de Saint-Ange, Jean Nicolas Marie de Guerle, Pierre Henri Larcher, &nbsp;Jean Denis Barbi&eacute; du Bocage, Pierre Laromigui&egrave;re.<\/div><div>.<\/div><div>Soit, dans l&#39;ordre des chaires :&nbsp;<\/div><div>1. Histoire litt&eacute;raire et Po&eacute;sie fran&ccedil;aise, avec Jacques* Delille [1738-1813].<\/div><div>2. Philosophie et Opinions des philosophes, avec Emmanuel* Pastoret [1755-1840].<\/div><div>3. Histoire et G&eacute;ographie anciennes, avec Pierre Charles* Levesque [1736-1812].<\/div><div>4. Po&eacute;sie latine, avec Jean Charles Julien* Luce de Lancival [1764-1810].<\/div><div>5. &Eacute;loquence latine, avec Ange Fran&ccedil;ois Fariau de* Saint-Ange [1747-1810].<\/div><div>6. &Eacute;loquence fran&ccedil;aise, avec Jean Nicolas Marie* de Guerle [1766-1824].&nbsp;<\/div><div>7. Litt&eacute;rature grecque, avec Pierre Henri* Larcher [1726-1812].<\/div><div>8. Histoire et G&eacute;ographie moderne, avec Jean Denis* Barbi&eacute; du Bocage [1760-1825].<\/div><div>9. Philosophie, avec Pierre* Laromigui&egrave;re [1756-1837].&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>10. Puis, en avril 1812, Histoire moderne [Histoire de la civilisation europ&eacute;enne], avec Fran&ccedil;ois Guizot [1787-1874].,&nbsp;<\/div><div>D&#39;abord comme professeur adjoint [11 avril-25 juillet 1812], puis comme professeur titulaire [25 juillet 1812-5 juillet 1849].<\/div><div><br \/><\/div><div>11. Enfin, en mai 1814, Histoire de la philosophie ancienne, avec Charles Millon [1754-1839].<\/div><div>Comme premier titulaire, de mai 1814 jusqu&#39;en 1830, date de sa mise &agrave; la retraite.<\/div><div>D&eacute;j&agrave; suppl&eacute;ant d&#39; Emmanuel Pastoret en mai 1809.<\/div><div><br \/><\/div><div><br \/><\/div><div>PIERRE HENRI LARCHER, DOYEN D&#39;&Acirc;GE DES PROFESSEURS DE LA FACULT&Eacute; DE PARIS.<\/div><div>Le plus &acirc;g&eacute; de ces professeurs est Pierre Henri Larcher [1726-1812], n&eacute; le 12 octobre 1726 &agrave; Dijon [Bourgogne, aujourd&#39;hui d&eacute;partement de la C&ocirc;te-d&#39;Or], nomm&eacute; professeur de Litt&eacute;rature grecque, qui au 6 mai 1809 a d&eacute;pass&eacute; de quelques mois ses quatre-vingt deux ans. Il est ainsi le doyen d&#39;&acirc;ge des diff&eacute;rents professeurs de la Facult&eacute; des Lettres de Paris, qui viennent d&#39;&ecirc;tre nomm&eacute;s &agrave; cette date.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Louis de* Fontanes [1757-1821], Grand-Ma&icirc;tre de l&#39;Universit&eacute; imp&eacute;riale, a conscience de ce grand &acirc;ge. Et Pierre Henri Larcher lui-m&ecirc;me &laquo; se trouvait trop &acirc;g&eacute; pour exercer les fonctions qui lui &eacute;taient confi&eacute;es, et ne voulait point accepter. Mais M. le Grand-Ma&icirc;tre insista, et, pour lever les scrupules du v&eacute;n&eacute;rable professeur, il le dispensa formellement de toute esp&egrave;ce de le&ccedil;ons ; pensant que ce serait un grand honneur pour l&#39;Universit&eacute; naissante, que de pouvoir orner la liste de ses fonctionnaires de ce nom europ&eacute;en &raquo;.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Un suppl&eacute;ant, en la personne de Jean Fran&ccedil;ois* Boissonade [1774-1857] est nomm&eacute; d&egrave;s le d&eacute;but, et a en charge de prononcer les le&ccedil;ons. Apr&egrave;s la mort de Pierre Henri* Larcher, survenue le 22 d&eacute;cembre 1812 &agrave; Paris, Jean Fran&ccedil;ois Boissonade deviendra &agrave; son tour, et pour plusieurs d&eacute;cennies, professeur titulaire de Litt&eacute;rature grecque [28 d&eacute;cembre 1812-24 janvier 1855]. &nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>JEAN NICOLAS MARIE DE GUERLE, LE PLUS JEUNE DES PROFESSEURS.&nbsp;<\/div><div>Au contraire, des huit nominations de professeurs faites au 6 mai 1809, le plus jeune des enseignants est Jean Nicolas Marie de Guerle [1766-1824].<\/div><div>N&eacute; le 15 janvier 1766, &agrave; Issoudun [Berry, aujourd&#39;hui d&eacute;partement de l&#39;Indre], professeur de Belles-Lettres au lyc&eacute;e Bonaparte [Condorcet] pour le cours de Po&eacute;sie, il a seulement quarante-trois ans au moment de sa nomination &agrave; la Facult&eacute; comme professeur d&#39;&Eacute;loquence fran&ccedil;aise.<\/div><div><br \/><\/div><div>JEAN DENIS BARBI&Eacute; DU BOCAGE : &Eacute;GALEMENT LA QUARANTAINE.<\/div><div>D&#39;autres professeurs ont &eacute;galement la quarantaine : c&#39;est le cas de Jean Denis* Barbi&eacute; du Bocage [1760-1825], n&eacute; le 28 avril 1760, &agrave; Paris, qui a quarante-huit ans, au moment de sa nomination comme professeur de G&eacute;ographie ; et de Jean Charles Julien* Luce de Lancival [1764-1810], n&eacute; le 28 avril 1764, &agrave; Saint-Gobain [aujourd&#39;hui d&eacute;partement de l&#39;Aisne], qui a quarante-quatre ans, au moment de sa nomination comme professeur de Po&eacute;sie latine.<\/div><div><br \/><\/div><div>Julien* Luce de Lancival [1764-1810] reste en poste jusqu&#39;au 17 ao&ucirc;t 1810, date de son d&eacute;c&egrave;s en fonction. Il est remplac&eacute; par Nicolas Eloi* Lemaire [1767-1832], deuxi&egrave;me titulaire de la chaire de Po&eacute;sie latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, du 23 d&eacute;cembre 1810 au 3 octobre 1832, et futur doyen, du 30 mai 1826 au 3 octobre 1832.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Jean Denis Barbi&eacute; du Bocage [1760-1825], g&eacute;ographe du Minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res, premier titulaire de la chaire d&rsquo;Histoire et g&eacute;ographie moderne, du 6 mai 1809 &agrave; 1812. Il restera titulaire de la chaire, jusqu&rsquo;au 28 d&eacute;cembre 1825, alors qu&rsquo;elle est transform&eacute;e en chaire de G&eacute;ographie.&nbsp;<\/div><div>D&eacute;sign&eacute; comme doyen, du 16 novembre 1815 au 28 d&eacute;cembre 1825. Il est le troisi&egrave;me en charge du d&eacute;canat, apr&egrave;s Emmanuel de Pastoret [1755-1840], premier doyen du 6 mai 1809 au 24 octobre 1810 ; et apr&egrave;s Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], second doyen du 24 octobre 1810 au 15 ao&ucirc;t 1815.<\/div><div>Apr&egrave;s son d&eacute;c&egrave;s survenu le 28 d&eacute;cembre 1825, Jean Denis Barbi&eacute; du Bocage est remplac&eacute; par son fils Alexandre Fran&ccedil;ois Barbi&eacute; du Bocage [1798-1835], deuxi&egrave;me titulaire de la chaire de G&eacute;ographie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, du 30 mai 1826 au 25 f&eacute;vrier 1835.<\/div><div><br \/><\/div><div>EMMANUEL PASTORET : CINQUANTENAIRE.<\/div><div>Sur les huit nominations du 6 mai 1809, il y a deux cinquantenaires : Emmanuel Pastoret [1755-1840], n&eacute; le 24 d&eacute;cembre 1755, &agrave; Marseille [Provence, aujourd&#39;hui d&eacute;partement des Bouches-du-Rh&ocirc;ne], qui a cinquante-quatre ans, au moment de sa nomination comme professeur dans la chaire Philosophie et opinions des philosophes.<\/div><div><br \/><\/div><div>PIERRE LAROMIGUI&Egrave;RE : &Eacute;GALEMENT CINQUANTENAIRE.<\/div><div>Pierre Laromigui&egrave;re [1756-1837], n&eacute; le 3 novembre 1756, &agrave; &nbsp;Livignac-le-Haut [&eacute;crit aussi L&eacute;vignac] [Guyenne, aujourd&#39;hui d&eacute;partement de l&#39;Aveyron], qui a cinquante-deux ans, au moment de sa nomination comme professeur dans la chaire Philosophie [non pas le 6 mai, mais quatre mois apr&egrave;s, le 19 septembre 1809].&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>ANGE FRAN&Ccedil;OIS FARIAU DE SAINT-ANGE : SOIXANTENAIRE.<\/div><div>Sans compter Pierre Henri Larcher qui a plus de quatre-vingt ans, il y a trois professeurs qui ont soixante ans et plus : Ange Fran&ccedil;ois Fariau de Saint Ange [1747-1810], n&eacute; le 13 octobre 1747, &agrave; Blois [Touraine, aujourd&#39;hui d&eacute;partement du Loir-et-Cher], professeur de Belles-Lettres au lyc&eacute;e Charlemagne, pour l&#39;enseignement de l&#39;&Eacute;loquence, qui a soixante-et-un ans, au moment de sa nomination comme professeur d&#39;&Eacute;loquence latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>JACQUES DELILLE : SOIXANTE-DIX ANS.<\/div><div>Jacques Delille [1738-1813], n&eacute; le le 22 juin 1738, &agrave; Clermont-Ferrand [Bas-Pays d&#39;Auvergne, aujourd&#39;hui d&eacute;partement du Puy-de-D&ocirc;me], qui a soixante-dix ans, au moment de sa nomination comme professeur d&#39;Histoire litt&eacute;raire et Po&eacute;sie fran&ccedil;aise.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>PIERRE CHARLES LEVESQUE : PLUS DE SOIXANTE DIX ANS.&nbsp;<\/div><div>Pierre Charles Levesque [1736-1812], n&eacute; le 28 mars 1736, &agrave; Paris, qui a soixante-douze ans, au moment de sa nomination comme professeur d&#39;Histoire et de G&eacute;ographie anciennes.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>PROFESSEURS DE FACULT&Eacute; ET PROFESSEURS DU COLL&Egrave;GE DE FRANCE.<\/div><div>De tous les professeurs nomm&eacute;s le 6 mai 1809, c&#39;est certes Pierre Henri Larcher qui a la charge de travail la moins lourde : il est tout simplement d&eacute;charg&eacute; de toute fonction, son cours &eacute;tant assur&eacute; en totalit&eacute; par son suppl&eacute;ant Jean Fran&ccedil;ois Boissonade.<\/div><div><br \/><\/div><div>Mais d&#39;autres enseignants cumulent les fonctions &agrave; la Facult&eacute; des Lettres et au coll&egrave;ge de France.<\/div><div>Il en est ainsi pour trois enseignants nomm&eacute;s &agrave; la Facult&eacute; des Lettres qui sont d&eacute;j&agrave; professeurs du coll&egrave;ge de France. Ceci conform&eacute;ment &agrave; l&#39;article 15 du d&eacute;cret en date du 17 mars 1808, article qui indique que la Facult&eacute; des Lettres, &agrave; Paris, sera form&eacute;e de trois professeurs du coll&egrave;ge de France et de trois professeurs de belles-lettres des lyc&eacute;es.&nbsp;<\/div><div>En fait, huit professeurs seront nomm&eacute;s le 6 mai 1809 par Louis de Fontanes [1757-1821] devenu Grand-Ma&icirc;tre de l&rsquo;Universit&eacute; depuis le d&eacute;cret imp&eacute;rial du 17 mars 1808. Une neuvi&egrave;me chaire, celle de Philosophie attribu&eacute;e &agrave; Pierre Laromigui&egrave;re, est cr&eacute;&eacute;e quelques mois plus tard, le 19 septembre 1809.<\/div><div><br \/><\/div><div>CHARLES LEVESQUE AU COLL&Egrave;GE DE FRANCE.<\/div><div>C&#39;est le cas de Pierre Charles Levesque [1736-1812], qui depuis l&#39;hiver 1790-1791, est titulaire de la chaire d&rsquo;Histoire et Morale du coll&egrave;ge de France.<\/div><div>Membre de l&#39;ancienne Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres [1789-1793], il est &agrave; la cr&eacute;ation de l&#39;Institut national, depuis sa nomination par un arr&ecirc;t&eacute; du Directoire ex&eacute;cutif le 20 novembre 1795 [29 brumaire an IV], membre r&eacute;sidant de la deuxi&egrave;me classe de l&#39;Institut [Sciences morales et politiques], dans la section d&rsquo;Histoire.&nbsp;<\/div><div>Cette classe ayant &eacute;t&eacute; supprim&eacute;e par l&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; consulaire du 3 pluvi&ocirc;se an XI [23 janvier 1803], Pierre Charles Levesque est maintenu &agrave; l&#39;Institut, dans la troisi&egrave;me classe de l&#39;Institut [Histoire et Litt&eacute;rature ancienne, pr&eacute;figuration de l&#39;Acad&eacute;mie des Inscriptions et Belles-Lettres reconstitu&eacute;e plus tard, par l&rsquo;ordonnance royale du 21 mars 1816] de 1803 &agrave; 1812. De 1795 &agrave; 1812, il y communique plusieurs rapports.<\/div><div>Pierre Charles Levesque est suppl&eacute;&eacute; &agrave; la Facult&eacute; des Lettres par Charles Jean Dominique de* Lacretelle [1766-1855], dit Lacretelle jeune, professeur adjoint de 1809 &agrave; 1812.&nbsp;<\/div><div>Puis, apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Pierre Charles Levesque, survenu le 12 mai 1812, &agrave; Paris, Charles Jean Dominique de Lacretelle est nomm&eacute; deuxi&egrave;me titulaire de la chaire Histoire et G&eacute;ographie anciennes [25 juillet 1812 au 1er juillet 1853], dont l&#39;intitul&eacute; est devenu Histoire ancienne.<\/div><div><br \/><\/div><div>JACQUES DELILLE AU COLL&Egrave;GE DE FRANCE.<\/div><div>C&#39;est le cas de Jacques Delille [1738-1813], qui depuis 1778 est professeur du coll&egrave;ge de France, o&ugrave; il est titulaire de la chaire de Po&eacute;sie latine de 1778 &agrave; 1795, et apr&egrave;s son exil, de 1802 au 1er mai 1813.&nbsp;<\/div><div>Mais, &agrave; partir de 1809-1810, Jacques Delille se fait suppl&eacute;er au coll&egrave;ge de France par Gabriel* Legouv&eacute; [1764-1812] ; par Nicolas &Eacute;loi* Lemaire [1767-1832], de 1807 &agrave; 1810 ; puis par Pierre Fran&ccedil;ois* Tissot [1768-1854], de 1810 &agrave; 1813.<\/div><div>Jacques Delille, d&egrave;s le d&eacute;part, est suppl&eacute;e &agrave; la Facult&eacute; des Lettres par Joseph* Esm&eacute;nard [1769-1811], professeur &nbsp;adjoint.<\/div><div><br \/><\/div><div>Jacques Delille est aussi membre de l&#39;Institut national, o&ugrave; il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu le 12 d&eacute;cembre 1795, membre de la troisi&egrave;me classe [Litt&eacute;rature et Beaux-arts], section de Po&eacute;sie. Mais, en 1795, Delille s&#39;&eacute;tant exil&eacute;, n&rsquo;est pas maintenu dans la Classe, sous pr&eacute;texte de non-r&eacute;sidence.<\/div><div>Au moment de la recomposition de l&rsquo;Institut national, qui voit la suppression de la classe de Sciences morales et politiques et la r&eacute;organisation de l&rsquo;Institut non plus en cinq classes mais en quatre classes, par l&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; des consuls du 28 janvier 1803, Jacques Delille devient de 1803 &agrave; 1813, membre de la deuxi&egrave;me classe [Langue et Litt&eacute;rature fran&ccedil;aise, pr&eacute;figuration de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise reconstitu&eacute;e plus tard par l&rsquo;ordonnance royale du 21 mars 1816]. &nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>EMMANUEL PASTORET AU COLL&Egrave;GE DE FRANCE.<\/div><div>C&#39;est &eacute;galement le cas d&#39;Emmanuel Pastoret [1755*-1840]. Depuis le 18 f&eacute;vrier 1804 [28 pluvi&ocirc;se an XII] il est &eacute;lu professeur du coll&egrave;ge de France, titulaire de la chaire Droit de la nature et des gens, chaire qu&rsquo;il occupe de 1804 &agrave; 1821, succ&eacute;dant &agrave; Mathieu Antoine* Bouchaud [1719-1804], titulaire de la chaire de 1773 jusqu&rsquo;&agrave; sa mort, le 1er f&eacute;vrier 1804. Emmanuel Pastoret y commente les juristes du droit naturel Hugo Grotius [1583-1645] et Samuel von Puffendorf [1632-1694].<\/div><div>Emmanuel Pastoret est aussi membre du tout r&eacute;cent Institut national, organis&eacute; le 25 octobre 1795, o&ugrave; il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu le 10 d&eacute;cembre 1795, membre de la deuxi&egrave;me classe [Sciences morales et politiques], section de Science sociale [fauteuil 4]. Exclu de l&rsquo;Institut, en ex&eacute;cution de la loi de d&eacute;portation du 5 septembre 1797, prise au lendemain du coup d&#39;&Eacute;tat du 18 fructidor contre les royalistes, r&eacute;int&egrave;gre l&rsquo;Institut national le 5 flor&eacute;al an VIII [25 avril 1800] &agrave; la suite d&rsquo;une amnistie prise fin 1799.&nbsp;<\/div><div>La classe de Sciences morales et politiques ayant &eacute;t&eacute; supprim&eacute;e par l&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; consulaire du 3 pluvi&ocirc;se an XI [23 janvier 1803], Emmanuel Pastoret est maintenu &agrave; l&#39;Institut et nomm&eacute; par arr&ecirc;t&eacute; du 28 janvier 1803, membre de la troisi&egrave;me classe [Histoire et Litt&eacute;rature ancienne].&nbsp;<\/div><div>De 1795 &agrave; 1840, Emmanuel Pastoret y communique plusieurs rapports, et contribue, pour ce qui concerne la l&eacute;gislation, en 1807 au &laquo;Rapport historique sur les progr&egrave;s de l&rsquo;histoire et de la litt&eacute;rature ancienne &nbsp;depuis 1789, et sur leur &eacute;tat actuel &raquo;, r&eacute;dig&eacute; par Bon Joseph Dacier [1742-1833], pour &ecirc;tre remis &agrave; l&#39;Empereur, le 20 f&eacute;vrier 1808.<\/div><div><br \/><\/div><div>Nomm&eacute; professeur &agrave; la Facult&eacute; des Lettres le 6 mai 1809, et en titre pour quelques mois jusqu&#39;&agrave; son &eacute;lection au S&eacute;nat conservateur le 14 d&eacute;cembre 1809, Emmanuel Pastoret n&rsquo;assure personnellement aucun cours. C&#39;est Charles Millon [1754-1839], professeur de philosophie au lyc&eacute;e Charlemagne, qui est nomm&eacute; professeur adjoint de Pastoret ; puis Charles Millon sera titulaire [de 1814 &agrave; 1830] d&#39;une nouvelle chaire Histoire de la philosophie ancienne cr&eacute;&eacute;e en mai 1814.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Emmanuel Pastoret est en m&ecirc;me temps nomm&eacute; Doyen de la Facult&eacute; [c&#39;est le premier doyen], en charge du d&eacute;canat pour quelques mois, &eacute;galement du 6 mai au 14 d&eacute;cembre 1809. Il est remplac&eacute;, comme doyen, par Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], deuxi&egrave;me titulaire de la chaire Philosophie et opinion des philosophes, dont l&rsquo;intitul&eacute; est devenu Histoire de la philosophie, puis deviendra en 1814, Histoire de la philosophie moderne, &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, du 24 octobre 1810 au 4 septembre 1845 ; doyen du 24 octobre 1810 au 15 ao&ucirc;t 1815.<\/div><div><br \/><\/div><div>JEAN MARIE NICOLAS DE GUERLE, CENSEUR DES &Eacute;TUDES &Agrave; CONDORCET.<\/div><div>Le cumul de fonctions est &eacute;vident pour Jean Marie Nicolas de Guerle [1766-1824], le plus jeune des professeurs de la Facult&eacute; des Lettres. Non seulement il est en poste &agrave; la Facult&eacute; pour la chaire d&#39;&Eacute;loquence fran&ccedil;aise, mais en m&ecirc;me temps, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; professeur de Belles-Lettres au lyc&eacute;e Bonaparte [Condorcet] pour le cours de Po&eacute;sie, alors que Jean Baptiste* Dumouchel [1748-1820] enseigne l&#39;&Eacute;loquence, il assure, pendant presque quinze ans, la charge quotidienne de censeur des &eacute;tudes au Lyc&eacute;e Imp&eacute;rial [Louis-le-Grand], du 10 octobre 1809-11 novembre 1824.&nbsp;<\/div><div>Charge de censeur que Jean Marie Nicolas de Guerle conserve, alors qu&#39;apr&egrave;s 1815, remplac&eacute; par Fran&ccedil;ois Villemain [1790-1870], il devient professeur honoraire de la Facult&eacute; des Lettres.<\/div><div><br \/><\/div><div>ANGE FRAN&Ccedil;OIS FARIAU DE SAINT-ANGE, MEMBRE DE L&#39;INSTITUT.<\/div><div>Ange Fran&ccedil;ois Fariau de Saint-Ange [1747-1810], mais pour un temps assez court, cumule les fonctions. En effet, quelques mois apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; nomm&eacute; professeur d&#39;&Eacute;loquence latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, il est &eacute;lu &agrave; l&#39;Institut dans la classe de la Langue et de la Litt&eacute;rature fran&ccedil;aises, le 4 juillet 1810, en remplacement de Fran&ccedil;ois Urbain Domergue [1745-1810], d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 28 mai 1810, &agrave; Paris.&nbsp;<\/div><div>Ange Fran&ccedil;ois Fariau de Saint-Ange est suppl&eacute;&eacute; &agrave; la Facult&eacute; des Lettres par Fran&ccedil;ois de La Place [1757-1823], professeur adjoint, professeur de Belles-Lettres au lyc&eacute;e Napol&eacute;on [Henri-IV], pour l&#39;enseignement de la Po&eacute;sie .<\/div><div>Mais Ange Fran&ccedil;ois Fariau de* Saint-Ange meurt le 8 d&eacute;cembre 1810, &agrave; Paris. Il est remplac&eacute; comme professeur d&#39;&Eacute;loquence latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres par Pierre Antoine* Gu&eacute;roult [1749-1816], deuxi&egrave;me titulaire de la chaire, du 23 d&eacute;cembre 1810 au 14 d&eacute;cembre 1816.<\/div><div>Pierre Antoine Gu&eacute;roult est lui aussi professeur du coll&egrave;ge de France, titulaire de la chaire d&#39;&Eacute;loquence latine de 1809 &agrave; 1816, succ&eacute;dant &agrave; Charles Dupuis [1742-1809] professeur de 1787 &agrave; 1809. Ainsi, cumule-t&#39;il, comme son pr&eacute;d&eacute;cesseur les deux fonctions, d&#39;une part au coll&egrave;ge de France, d&#39;autre part &agrave; la Facult&eacute; des Lettres.<\/div><div><br \/><\/div><div>JEAN CHARLES JULIEN LUCE DE LANCIVAL, ET LE LYC&Eacute;E LOUIS-LE-GRAND.<\/div><div>Quant &agrave; Jean Charles Julien* Luce de Lancival [1764-1810], nomm&eacute; le 6 mai 1809 titulaire de la chaire de Po&eacute;sie latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, il est depuis l&#39;ouverture du Lyc&eacute;e imp&eacute;rial [Louis-le-Grand], ordonn&eacute; d&egrave;s le 2 thermidor an XI [21 juillet 1803], professeur de Belles-Lettres, pour le cours d&#39;&Eacute;loquence et Po&eacute;sie latine, tandis que Ren&eacute; Richard* Castel [1758-1832] est professeur d&#39;&Eacute;loquence et Po&eacute;sie fran&ccedil;aise.&nbsp;<\/div><div>Mais le cumul de fonction, du Lyc&eacute;e et de la Facult&eacute; est relativement de courte dur&eacute;e : Jean Charles Julien* Luce de Lancival d&eacute;c&egrave;de le 17 ao&ucirc;t 1810.<\/div><div>Il sera remplac&eacute; comme professeur &agrave; la Facult&eacute; par Nicolas Eloi* Lemaire [1767-1832], deuxi&egrave;me titulaire de la chaire de Po&eacute;sie latine &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, du 23 d&eacute;cembre 1810 au 3 octobre 1832, futur doyen de la Facult&eacute; des Lettres de Paris [1826-1832]. &nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>PIERRE LAROMIGUI&Egrave;RE BIBLIOTH&Eacute;CAIRE ET PROFESSEUR.<\/div><div>Enfin, dans le cas de Pierre Laromigui&egrave;re [1756-1837], premier titulaire de la chaire de Philosophie, du 19 septembre 1809 au 12 ao&ucirc;t 1837. Au moment de sa nomination, il ne cumule pas avec une autre fonction, si ce n&#39;est celle de Biblioth&eacute;caire &agrave; la Biblioth&egrave;que des Lyc&eacute;es de Paris [dans les locaux du Prytan&eacute;e fran&ccedil;ais, futur lyc&eacute;e Louis-le-Grand, &agrave; l&#39;&eacute;poque si&egrave;ge de la Facult&eacute; des Lettres de Paris], qui deviendra biblioth&egrave;que de l&#39;Universit&eacute; de France, puis biblioth&egrave;que de la Sorbonne. Pierre Laromigui&egrave;re est nomm&eacute; &agrave; cette fonction par l&#39;arr&ecirc;t&eacute; du 9 frimaire an XII [1er d&eacute;cembre 1803], en remplacement d&#39;Antoine S&eacute;rieys [1755-1819], ancien conservateur du D&eacute;p&ocirc;t litt&eacute;raire de la rue de Lille &eacute;tabli &agrave; l&#39;H&ocirc;tel de Thiroux-Mauregard, d&eacute;j&agrave; biblioth&eacute;caire &agrave; l&#39;Institut des Boursiers-&Eacute;galit&eacute; en 1797.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>En 1811-1812, Pierre Laromigui&egrave;re est, pour un an, ma&icirc;tre de conf&eacute;rences de philosophie &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale, qui vient tout juste d&#39;accueillir en 1810 sa premi&egrave;re promotion d&#39;une cinquantaine d&#39;&eacute;l&egrave;ves boursiers et pensionnaires. Il sera remplac&eacute;, de 1812 &agrave; 1815, comme ma&icirc;tre de conf&eacute;rences de Philosophie, par Georges Gabriel* Mauger [1774-1861].<\/div><div>Mais, les cours de la Facult&eacute; se mettent lentement en place : Laromigui&egrave;re inaugure son enseignement &agrave; la Facult&eacute; des Lettres, seulement le 26 avril 1811, avec une conf&eacute;rence sur les principes de l&#39;intelligence ou les origines des id&eacute;es.<\/div><div>De plus, d&egrave;s la fin de l&#39;ann&eacute;e 1812, il renonce &agrave; l&#39;enseignement et prend Jean Fran&ccedil;ois* Thurot [1768-1832] pour suppl&eacute;ant [1811-1812] puis adjoint de 1812 &agrave; 1823. Les charg&eacute;s de cours et les suppl&eacute;ants se succ&egrave;dent : Andr&eacute; Marie Amp&egrave;re [1775-1836], charg&eacute; de cours en 1819 ; Jean Jacques S&eacute;verin* de Cardaillac [1766-1845], de 1828 &agrave; 1829, comme professeur suppl&eacute;ant ; Aristide Valette [1794-signal&eacute; en 1857], de 1829 &agrave; 1838, comme professeur suppl&eacute;ant.<\/div><div>Apr&egrave;s sa mort survenue le 12 ao&ucirc;t 1837, &agrave; Paris, Pierre Laromigui&egrave;re sera remplac&eacute; comme professeur par Th&eacute;odore Jouffroy [1796-1842], deuxi&egrave;me titulaire de la chaire de Philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris, du 28 novembre 1837 au mardi 1er mars 1842.<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div>En 1809, les professeurs de la Facult&eacute; des Lettres de Paris sont recrut&eacute;s &agrave; partir de fonctions qu&#39;ils assument d&eacute;j&agrave;, soit comme professeurs du coll&egrave;ge de France, soit comme professeurs de Belles-Lettres dans l&#39;un des quatre lyc&eacute;es imp&eacute;riaux de Paris.<\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-322","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-Histoire-de-l-education"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=322"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1021,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322\/revisions\/1021"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}