{"id":300,"date":"2016-02-13T17:10:48","date_gmt":"2016-02-13T17:10:48","guid":{"rendered":""},"modified":"2016-02-13T17:10:48","modified_gmt":"2016-02-13T17:10:48","slug":"Poitiers-Bernardeau-premier-professeur-de-philosophie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Poitiers-Bernardeau-premier-professeur-de-philosophie.html","title":{"rendered":"Poitiers : Bernardeau, premier professeur de philosophie"},"content":{"rendered":"L&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau [1762-1829] est le premier professeur de philosophie nomm&eacute; au lyc&eacute;e imp&eacute;rial de Poitiers [Vienne]. Il y enseigne sur toute la p&eacute;riode qui va de fin 1809 &agrave; 1815.<!--more--><div>De fin 1809 &agrave; octobre 1815, est en m&ecirc;me temps professeur suppl&eacute;ant de Philosophie et d&#39;Histoire &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Poitiers.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>N&eacute; le 26 janvier 1762 &agrave; Parthenay [Poitou, aujourd&#39;hui d&eacute;partement des Deux-S&egrave;vres] ; mort le 14 d&eacute;cembre 1829, &agrave; Poitiers [Vienne].<\/div><div><br \/><\/div><div>1808-1810. L&#39;ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE DANS LES LYC&Eacute;ES.<\/div><div>L&#39;article 5, du titre 1er, du d&eacute;cret imp&eacute;rial du 17 mars 1808, portant organisation de l&#39;Universit&eacute;, d&eacute;finit l&#39;ordre des &eacute;coles et leurs fonctions sp&eacute;cifiques, au nombre de six : Facult&eacute;s ; Lyc&eacute;es ; Coll&egrave;ges, &eacute;coles secondaires communales ; Institutions, &eacute;coles tenues par des instituteurs particuliers ; Pensions, appartenant &agrave; des ma&icirc;tres particuliers ; Petites &eacute;coles, &eacute;coles primaires.<\/div><div>Aux Lyc&eacute;es revient l&#39;enseignement de la Logique, indiqu&eacute; dans la liste des mati&egrave;res enseign&eacute;es : Langues anciennes, Histoire, Rh&eacute;torique [anciennement Belles-Lettres], Logique, et les &eacute;l&eacute;ments des Sciences math&eacute;matiques et physiques.&nbsp;<\/div><div>Cet enseignement de la Logique est &agrave; comprendre encore dans l&#39;esprit de la Grammaire g&eacute;n&eacute;rale, entendue au sens des Id&eacute;ologues, comme analyse du jugement.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Une inflexion du contenu de l&#39;enseignement, dans un sens plus conforme &agrave; la tradition des coll&egrave;ges royaux d&#39;avant la R&eacute;volution fran&ccedil;aise, appara&icirc;t dans le r&egrave;glement du 19 septembre 1809, qui organise l&#39;enseignement.&nbsp;<\/div><div>L&#39;article 5 indique : &laquo; Il y aura une ann&eacute;e de philosophie dans les lyc&eacute;es chefs-lieux d&#39;acad&eacute;mies &raquo;. Soit trente-cinq lyc&eacute;es situ&eacute;s dans les fronti&egrave;res, et hors fronti&egrave;res, de la R&eacute;volution.<\/div><div><br \/><\/div><div>L&#39;article 17 du r&egrave;glement du 19 septembre 1809 d&eacute;termine avec pr&eacute;cision la mati&egrave;re de cet enseignement.<\/div><div>Ainsi, c&#39;est &agrave; partir de cette date que se met en place, dans les lyc&eacute;es de l&#39;Empire, un enseignement de philosophie comprenant : les principes de la Logique, de la M&eacute;taphysique, de la Morale ; ainsi que l&#39;Histoire des opinions des philosophes.&nbsp;<\/div><div>Le cours est prononc&eacute; soit en latin soit en fran&ccedil;ais. Il est confi&eacute; &agrave; un professeur sp&eacute;cifique, &agrave; raison de quatre le&ccedil;ons par semaine, de deux heures chacune. Il est indiqu&eacute; &eacute;galement : Le professeur fera composer ses &eacute;l&egrave;ves sur des mati&egrave;res philosophiques.<\/div><div>Pour le traitement et le rang, le professeur de philosophie est un professeur de premier ordre, comme celui de math&eacute;matiques transcendantes et de rh&eacute;torique.<\/div><div>&laquo; Les professeurs de premier ordre des lyc&eacute;es des chefs-lieux d&#39;acad&eacute;mie sont professeurs de facult&eacute;, et en prendront rang hors du lyc&eacute;e ; mais ils n&#39;en seront pas moins subordonn&eacute;s au proviseur dans l&#39;int&eacute;rieur de la maison &raquo;.<\/div><div><br \/><\/div><div>Enfin, un arr&ecirc;t&eacute; du 10 f&eacute;vrier 1810 d&eacute;cide une extension : &laquo; Il sera &eacute;tabli des chaires de philosophie dans tous les lyc&eacute;es qui ne sont pas plac&eacute;s dans les chefs-lieux d&#39;Acad&eacute;mies &raquo;.<\/div><div><br \/><\/div><div>LA D&Eacute;MARCHE DE LAROMIGUI&Egrave;RE.<\/div><div>Cette r&eacute;introduction de l&#39;enseignement de la philosophie se fait vraisemblablement &agrave; la suite d&#39;une d&eacute;marche de Pierre Laromigui&egrave;re [1756-1837], alors &laquo; biblioth&eacute;caire du Prytan&eacute;e fran&ccedil;ais [Louis-le-Grand] &raquo;, depuis le 9 frimaire an XII [1er d&eacute;cembre 1803]. D&eacute;marche aupr&egrave;s de l&#39;abb&eacute; Martial Borye Desrenaudes [1755-1825], l&#39;un des dix conseillers titulaires du Conseil de l&#39;Universit&eacute;, cr&eacute;&eacute; par le d&eacute;cret imp&eacute;rial du 17 mars 1808.&nbsp;<\/div><div>Intervention compl&eacute;t&eacute;e par une lettre &agrave; Louis de Fontanes [1757-1821], Grand-Ma&icirc;tre de l&#39;Universit&eacute;, nomm&eacute; par un autre d&eacute;cret du 17 mars 1808. Texte dont rend compte Fran&ccedil;ois Mignet, dans sa Notice historique sur Laromigui&egrave;re [1862].&nbsp;<\/div><div>C&#39;est ce qu&#39;indique clairement, Prosper Alfaric, dans son ouvrage : &laquo; Laromigui&egrave;re et son &Eacute;cole. &Eacute;tude biographique &raquo; [Paris : Les Belles-Lettres. 1929. pages 63 sq.].<\/div><div><br \/><\/div><div>1809-1815. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU LYC&Eacute;E DE POITIERS.<\/div><div>C&#39;est dans ce cadre que l&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau, est chronologiquement, &agrave; partir de la fin de l&#39;ann&eacute;e 1809, le premier professeur de philosophie au lyc&eacute;e de Poitiers [d&eacute;partement de la Vienne, acad&eacute;mie de Poitiers], class&eacute; lyc&eacute;e de troisi&egrave;me classe.<\/div><div>Il y reste en poste, comme professeur de philosophie, jusqu&#39;en 1815.<\/div><div><br \/><\/div><div>En 1809 les lyc&eacute;es de troisi&egrave;me classe sont ceux de : Avignon ; Bonn ; Bourges ; Cahors ; Casal ; Clermont-Ferrand ; Dijon ; Gand ; Grenoble ; Limoges ; Moulins ; Nancy ; Napol&eacute;onville [Pontivy] ; Pau ; Poitiers ; Rodez.<\/div><div><br \/><\/div><div>L&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau est remplac&eacute; en 1816 dans la chaire de philosophie [le lyc&eacute;e devient coll&egrave;ge en 1814], par Jean Fran&ccedil;ois Alain Caro [1790-1872].<\/div><div><br \/><\/div><div>LES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE AU LYC&Eacute;E, PUIS COLL&Egrave;GE ROYAL, DE POITIERS.<\/div><div>Les diff&eacute;rents professeurs de philosophie au lyc&eacute;e, puis coll&egrave;ge royal, de Poitiers, sont successivement :<\/div><div>L&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau [1762-1829], titulaire de la chaire de fin 1809 &agrave; 1815 ; Jean Fran&ccedil;ois Alain Caro [1790-1872], de 1816 &agrave; 1830 ; Adolphe Mazure [1799-1870], de 1831 &agrave; 1838 ; Charles Jeannel [1809-1886], &agrave; partir de 1839, et qui &eacute;tait d&eacute;j&agrave; en 1838, suppl&eacute;ant et charg&eacute; du cours, en poste jusqu&#39;en 1846 ; Antonin Rondelet [1823-1893], en 1847 ; Albert Lemoine [1824-1874], &agrave; partir de 1848.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>Ainsi on voit que le type de recrutement des professeurs de philosophie &agrave; Poitiers se modifie, d&egrave;s l&#39;ann&eacute;e 1831, avec la nomination d&#39;Adolphe Mazure.<\/div><div>Dans un premier temps, de 1809 &agrave; 1830, l&#39;enseignement de philosophie dans les lyc&eacute;es est assur&eacute; le plus souvent par des pr&ecirc;tres, qui sont parfois en m&ecirc;me temps aum&ocirc;nier. D&egrave;s apr&egrave;s la R&eacute;volution de Juillet, une nouvelle orientation est donn&eacute;e &agrave; l&#39;ensemble des nominations, renouvelant ainsi la quasi totalit&eacute; des membres du corps enseignant des lyc&eacute;es [dont l&#39;appellation se change en coll&egrave;ges].&nbsp;<\/div><div>Adolphe Mazure est un ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1816]. Et les enseignants qui succ&egrave;dent &agrave; Adolphe Mazure sont pour deux d&#39;entre eux aussi anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;&Eacute;cole normale : Antonin Rondelet en 1841 ; Albert Lemoine en 1844.<\/div><div>Ces nominations de professeurs venant de l&#39;&Eacute;cole normale contribue &agrave; la la&iuml;cisation du corps des professeurs de philosophie, engag&eacute;e en 1830 et assure g&eacute;n&eacute;ralement l&#39;homog&eacute;n&eacute;isation des contenus d&#39;enseignement, le plus souvent dans l&#39;esprit du spiritualisme de Victor Cousin [1792-1867].&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>1809-1814. PROFESSEUR SUPPL&Eacute;ANT &Agrave; LA FACULT&Eacute; DES LETTRES DE POITIERS.<\/div><div>Selon la norme de l&#39;&eacute;poque, sa position de professeur de philosophie [professeur de premi&egrave;re classe] au lyc&eacute;e de Poitiers permet &agrave; l&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau d&#39;&ecirc;tre, en m&ecirc;me temps, professeur de Philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres.<\/div><div>En r&eacute;alit&eacute;, il est professeur suppl&eacute;ant de l&#39;abb&eacute; Eloy de Belissens [1758-1833], professeur titulaire de la chaire de philosophie en 1809, puis recteur de l&#39;acad&eacute;mie de Poitiers [1809-1815] ; d&#39;Orl&eacute;ans [1815-1827] ; de Metz [1827-1828].<\/div><div><br \/><\/div><div>En 1811, Jean Louis Bernardeau cumule cette fonction avec celle de professeur suppl&eacute;ant d&#39;Histoire, aupr&egrave;s de Charles Fradin [1769-1846], ancien professeur d&#39;Histoire &agrave; l&#39;&Eacute;cole centrale du d&eacute;partement de la Vienne, titulaire de la chaire, et secr&eacute;taire de la Facult&eacute;.<\/div><div>L&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau y restera en poste jusqu&#39;au 31 octobre 1815.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>En effet, la Facult&eacute; de Poitiers est supprim&eacute;e le 31 octobre 1815. Suppression prise par un arr&ecirc;t&eacute; de la Commission de l&rsquo;Instruction publique, commission pr&eacute;sid&eacute;e par Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], arr&ecirc;t&eacute; confirm&eacute; par l&rsquo;ordonnance royale du 18 janvier 1816.<\/div><div>Poitiers est l&#39;une des dix-sept Facult&eacute;s des Lettres supprim&eacute;es [Amiens ; Bordeaux ; Bourges ; &nbsp;Cahors ; Clermont ; Douai ; Grenoble ; Limoges ; Lyon ; Montpellier ; Nancy ; N&icirc;mes ; Orl&eacute;ans ; Pau ; Poitiers ; Rennes ; Rouen].<\/div><div><br \/><\/div><div>Les autres professeurs &agrave; la Facult&eacute; de Poitiers sont : pour la Litt&eacute;rature latine : Charles Creuze de Chateliers [1764- ], Doyen de la Facult&eacute; ; pour la Litt&eacute;rature fran&ccedil;aise : Jacques Bernardy Lespinasse [1758-1836], ancien professeur de L&eacute;gislation &agrave; l&#39;&Eacute;cole centrale du d&eacute;partement de la Charente [Angoul&ecirc;me], professeur de rh&eacute;torique au lyc&eacute;e imp&eacute;rial de Poitiers.<\/div><div><br \/><\/div><div><br \/><\/div><div>CURRICULUM.<\/div><div><br \/><\/div><div>Ma&icirc;tre &egrave;s-arts de l&#39;Universit&eacute; de Poitiers.<\/div><div><br \/><\/div><div>1783. COLL&Egrave;GE DE POITIERS.&nbsp;<\/div><div>L&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau, en 1783, est sous-principal au coll&egrave;ge de Poitiers.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>1784-1791. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE.<\/div><div>Professeur de philosophie, &agrave; Saintes, puis &agrave; Poitiers au coll&egrave;ge de Sainte-Marthe de Poitiers<\/div><div><br \/><\/div><div>1792. &Eacute;MIGR&Eacute; EN ITALIE.<\/div><div>Refusant vraisemblablement de pr&ecirc;ter le serment constitutionnel, exig&eacute; des membres du clerg&eacute;, l&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau &eacute;migre en 1792 en Italie. Venant de Naples, il est, en 1803, de retour en France en passant par Marseille.<\/div><div>Il pr&ecirc;te serment &agrave; Parthenay en 1803. Obtient de la part des &eacute;lus locaux la cr&eacute;ation d&#39;une &eacute;cole secondaire &agrave; Parthenay. Mais ne parvenant pas &agrave; en obtenir la direction, il porte l&#39;affaire aupr&egrave;s du directeur de l&#39;Instruction publique, conseiller d&#39;&Eacute;tat [8 septembre 1803].<\/div><div><br \/><\/div><div>1804-1809. PROFESSEUR DE MATH&Eacute;MATIQUES AU LYC&Eacute;E DE POITIERS.<\/div><div>En 1804, l&#39;abb&eacute; &nbsp;Jean Louis Bernardeau est l&#39;un des trois professeurs de math&eacute;matiques du lyc&eacute;e de Poitiers, dont l&#39;ouverture avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;vue au 1er flor&eacute;al an XII [21 avril 1804] : Abb&eacute; Jean Louis Bernardeau ; Alphonse Louis Boub&eacute;e de Lespin [1778-1857], futur inspecteur d&#39;acad&eacute;mie, puis recteur [Amiens ; Metz ; Orl&eacute;ans] ; Pierre Demer&eacute;, ancien professeur de Physique et Chimie exp&eacute;rimentales &agrave; l&#39;&Eacute;cole centrale du d&eacute;partement des Deux-S&egrave;vres [Niort], futur professeur de math&eacute;matiques sp&eacute;ciales au lyc&eacute;e royal de Poitiers.<\/div><div>Ainsi, pour emprunter la terminologie de notre &eacute;poque, enseigne-t&#39;il les math&eacute;matiques aupr&egrave;s des &eacute;l&egrave;ves de seconde et de premi&egrave;re, avant d&#39;&ecirc;tre nomm&eacute; professeur de philosophie.<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#39;abb&eacute; Jean Louis Bernardeau [1762-1829] est le premier professeur de philosophie nomm&eacute; au lyc&eacute;e imp&eacute;rial de Poitiers [Vienne]. 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