{"id":281,"date":"2015-02-22T20:43:53","date_gmt":"2015-02-22T20:43:53","guid":{"rendered":""},"modified":"2015-02-22T20:43:53","modified_gmt":"2015-02-22T20:43:53","slug":"Cousin-et-les-mysteres-de-l-Academie-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Victor-cousin\/Cousin-et-les-mysteres-de-l-Academie-francaise.html","title":{"rendered":"Cousin et les myst\u00e8res de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"En 1844, sous le pseudonyme d&#39;Arthur de Drosnay, para&icirc;t, d&#39;Arthur Barbat de Bignicourt [1824-1888], un livre d&#39;anecdotes, intitul&eacute; &quot;Les petits myst&egrave;res de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise : r&eacute;v&eacute;lations d&#39;un envieux.&quot; Il y trace, &agrave; charge, les portraits des quarante acad&eacute;miciens : successivement, dans le d&eacute;sordre &eacute;voqu&eacute; du hasard : Ballanche, Cousin, Nodier, Patin, Chateaubriand, etc.<!--more--><div>Il fut un temps o&ugrave; le mot &agrave; la mode &eacute;tait &laquo;Physiologie&raquo;. Qu&#39;on songe &agrave; l&#39;essai de Balzac, paru en 1829, intitul&eacute; Physiologie du Mariage, ou m&eacute;ditations de philosophie &eacute;clectique, sur le bonheur et le malheur conjugal, publi&eacute;es par un jeune c&eacute;libataire.<\/div><div>&nbsp;&nbsp;<\/div><div>Vers 1840, le nouveau mot &agrave; la mode est &laquo;Myst&egrave;re&raquo;. Mis en avant par le roman d&#39;Eug&egrave;ne Sue, Les Myst&egrave;res de Paris, publi&eacute; d&#39;abord dans le Journal des D&eacute;bats [1842-1843].&nbsp;<\/div><div>Arthur de Drosnay, pour justifier son ouvrage, pr&eacute;texte les confidences suppos&eacute;es de &nbsp;l&#39;acad&eacute;micien Guillaume Viennet concernant une s&eacute;ance houleuse du Dictionnaire de l&#39;Acad&eacute;mie, au cours de laquelle Victor Hugo aurait propos&eacute;, soulevant un v&eacute;ritable scandale, &nbsp;qu&#39;on d&eacute;finisse les mots &laquo;myst&eacute;risation&raquo;, &laquo;myst&eacute;riographe&raquo;, &laquo;myst&eacute;riser&raquo;.&nbsp;<\/div><div>Aussi, soucieux lui aussi de suivre la mode, Arthur de Drosnay [alias Arthur Barbat de Bignicourt] se sent, dit-il, dans l&#39;obligation pour sa part, de lever Les petits myst&egrave;res de l&#39;Acad&eacute;mie.<\/div><div><br \/><\/div><div>Le titre exact du livre est : Les \/ petits myst&egrave;res \/ de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, \/ R&eacute;v&eacute;lations d&#39;un envieux \/ par Arthur de Drosnay \/ [Paris : chez Saint-Jorre, Libraire. Boulevard des Italiens, 7 et chez Dentu, libraire, Palais-Royal. Galerie d&#39;Orl&eacute;ans. VII-198 p., 1844].<\/div><div><br \/><\/div><div>Le bref chapitre consacr&eacute; &agrave; Victor Cousin, &agrave; peu pr&egrave;s cinq pages, est plut&ocirc;t f&eacute;roce.<\/div><div><br \/><\/div><div>[SES TITRES ACAD&Eacute;MIQUES].<\/div><div>M. Cousin a fait un cours de philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres ; il a traduit, ou du moins a &eacute;t&eacute; cens&eacute; traduire Platon ; il a publi&eacute; des fragments philosophiques : voil&agrave; ses titres litt&eacute;raires.&nbsp;<\/div><div>Certes il m&eacute;ritait, apr&egrave;s tous ces travaux, d&rsquo;&ecirc;tre nomm&eacute; de l&rsquo;Acad&eacute;mie. D&rsquo;ailleurs il repr&eacute;sente une &eacute;cole, il en est l&rsquo;&acirc;me : il la rend de plus en plus c&eacute;l&egrave;bre tous les jours, &agrave; mesure qu&rsquo;il s&rsquo;efforce de l&rsquo;obscurcir, par parenth&egrave;se. Tout cela est tr&egrave;s bien : il devait &ecirc;tre de l&rsquo;Acad&eacute;mie, il en est.&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>[UNE F&Acirc;CHEUSE PHILOSOPHIE].<\/div><div>Pourtant, c&rsquo;est une f&acirc;cheuse philosophie que la philosophie de M. Cousin. Pour ma part, j&rsquo;ai l&rsquo;honneur de la condamner de toutes les forces de ma petite intelligence. Eh bien ! le croiriez-vous ? malgr&eacute; cela j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; oblig&eacute;, forc&eacute;, entendez-vous ? de dire en plein public, &agrave; ce M. Cousin lui-m&ecirc;me, que sa philosophie &eacute;tait la meilleure philosophie qu&rsquo;il y ait au monde. Que voulez-vous ? Gr&acirc;ce au r&eacute;gime universitaire de notre gracieux gouvernement constitutionnel, vous savez que nul Fran&ccedil;ais ne peut parvenir &agrave; quelque fonction publique que ce soit, sans &ecirc;tre muni d&rsquo;un dipl&ocirc;me de bachelier &egrave;s-lettres ; or, comme tous les autres, j&rsquo;&eacute;tais venu m&rsquo;asseoir, il y a quelques ann&eacute;es, sur cette terrible sellette de la Sorbonne, et M. Cousin, qui &eacute;tait un de mes examinateurs, me posait nettement cette question positive : &ldquo;Monsieur, quelle est aujourd&rsquo;hui la meilleure philosophie ?&rdquo;&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>[CONTRE L&#39;&Eacute;CLECTISME].<\/div><div>Je r&eacute;pondis bravement, non pas que c&rsquo;&eacute;tait la sienne, c&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; trop fort, mais que c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;clectisme, ce qui est absolument la m&ecirc;me chose. Int&eacute;rieurement, je ne m&eacute;prise rien tant au monde que l&rsquo;&eacute;clectisme : mais que voulez-vous ? si je ne disais pas cela, j&rsquo;&eacute;tais refus&eacute; &agrave; mon examen, je n&rsquo;avais pas mon dipl&ocirc;me de bachelier, je ne pouvais pas faire mon droit : et ma m&egrave;re tient tant &agrave; ce que je repr&eacute;sente un jour quelque chose. Bref, ma r&eacute;ponse eut lieu comme je viens de vous le dire ; elle me valut le plus gracieux sourire de M. Cousin, qui, sans me laisser plus longtemps &agrave; la torture, passa outre, et s&rsquo;esquiva doucement en mettant une boule blanche pour moi, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;il absorbait une tasse de caf&eacute;, pour lui, dans cette arri&egrave;re-fabrique de bacheliers que vous connaissez tous, jeunes gars, qui jouissez comme moi de l&rsquo;avantage de subir des examens.&nbsp;<\/div><div>Quel r&eacute;gime, quelle constitution !&nbsp;<\/div><div><br \/><\/div><div>[L&#39;IMPOSITION D&#39;UNE DOCTRINE].<\/div><div>Quel gouvernement que celui o&ugrave; il faut absolument mentir pour &ecirc;tre quelque chose !<\/div><div>Dans tous les cas, M. Cousin dans ce moment est quelque chose ; il a &eacute;t&eacute; grand-ma&icirc;tre de l&rsquo;Universit&eacute;, il peut le redevenir demain ; ses &eacute;crits, sa doctrine se propagent avec d&rsquo;autant plus de facilit&eacute; qu&rsquo;on vient de les imposer aux coll&egrave;ges et institutions, non seulement comme enseignement, mais encore comme r&eacute;compense, c&rsquo;est-&agrave;-dire que nos fils, nos fr&egrave;res, apr&egrave;s avoir bien travaill&eacute; pendant des ann&eacute;es, apr&egrave;s avoir vainement cherch&eacute; &agrave; comprendre cette philosophie, terrible en ce sens qu&rsquo;elle ose &agrave; peine se fonder sur un Dieu, cette philosophie vide et sceptique qui ne gu&eacute;rit aucune plaie du coeur, qui ne donne aucune esp&eacute;rance &agrave; l&rsquo;&acirc;me, recevront encore en prix &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e, un tome d&eacute;pareill&eacute; peut-&ecirc;tre des oeuvres de M. Cousin<\/div><div><br \/><\/div><div>&#8230;Et nunc applaudite cives !<\/div><div><br \/><\/div><div>Vive la Charte !<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1844, sous le pseudonyme d&#39;Arthur de Drosnay, para&icirc;t, d&#39;Arthur Barbat de Bignicourt [1824-1888], un livre d&#39;anecdotes, intitul&eacute; &quot;Les petits myst&egrave;res de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise : r&eacute;v&eacute;lations d&#39;un envieux.&quot; Il y trace, &agrave; charge, les portraits des quarante acad&eacute;miciens : successivement, dans le d&eacute;sordre &eacute;voqu&eacute; du hasard : Ballanche, Cousin, Nodier, Patin, Chateaubriand, etc.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[33],"tags":[],"class_list":["post-281","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-Victor-cousin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/281","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=281"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/281\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=281"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=281"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=281"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}