{"id":275,"date":"2015-01-28T21:11:58","date_gmt":"2015-01-28T21:11:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2020-10-06T20:22:15","modified_gmt":"2020-10-06T18:22:15","slug":"claude-joseph-dorat-1734-1780-la-fable-et-la-verite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/livres-du-xviiie-siecle\/claude-joseph-dorat-1734-1780-la-fable-et-la-verite.html","title":{"rendered":"Claude Joseph Dorat (1734-1780) : La Fable et la V\u00e9rit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><em>La V\u00e9rit\u00e9 se veut sup\u00e9rieure \u00e0 la Fable. Mais son caract\u00e8re altier et sa lumi\u00e8re trop vive effrayent. Pour devenir aimable elle doit accepter les parures de la Fable. Le Temps apporte son concours. Et l&rsquo;Amour, qui triomphe de tout, dresse son flambeau.\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n<!--more-->\n\n\n<div align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1354\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite1.png\" alt=\"\" width=\"418\" height=\"653\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite1.png 418w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite1-192x300.png 192w\" sizes=\"auto, (max-width: 418px) 100vw, 418px\" \/><\/div>\n<div align=\"center\">&nbsp;<\/div>\n<div>Figure all\u00e9gorique, dessin\u00e9e par Cl\u00e9ment Pierre Marillier [1740-1808], grav\u00e9e sur cuivre par Nicolas Delaunay [1739-1792], illustrant le deuxi\u00e8me tome de l&rsquo;ouvrage de Claude Joseph Dorat [1734-1780] : Fables nouvelles [\u00c0 La Haye, et se trouve \u00e0 Paris, chez Monory, rue de la Com\u00e9die fran\u00e7aise. Quatre tomes en deux volumes in-8, XXII [R\u00e9flexions pr\u00e9liminaires]-176+132 pp. 1773].<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Il semble y avoir, en 1773, un second tirage.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>La pagination du tome deux se fait de mani\u00e8re continue, \u00e0 la suite de la pagination du premier volume ; soit un total, pour les deux volumes, de 308 pages+3 pages de Table des mati\u00e8res.<\/div>\n<div>L&rsquo;ouvrage totalise quatre-dix-sept fables, et trois contes.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Chacune des fables est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une vignette et suivie d&rsquo;un cul-de-lampe. Celles-ci sont dessin\u00e9es par Cl\u00e9ment Pierre Marillier et grav\u00e9es par de nombreux artistes : J. Arrivet, Pierre Charles Baquoy [1759-1823], Nicolas Delaunay [1739-1792], Pierre Duflos [1742-1816], Emmanuel Jean N\u00e9pomuc\u00e8ne de Ghendt [1738-1815], Yves Marie Le Gouaz [1742-1816], Pierre Adrien Lebeau [1744-1817], Louis Claude Legrand [1723-1807], Jean Jacques Andr\u00e9 Leveau [1729-1786], \u00c9l\u00e9onore Ling\u00e9e [1753- ], Joseph de Longueil [1730-1792], Henri Le Roy, Louis Joseph Masquelier [1741-1811], Fran\u00e7ois Denis N\u00e9e [1732-1817], Nicolas Ponce [1746-1831], Mme Ponce [1745- ], Jean Baptiste Blaise Simonet [1742-1813].<\/div>\n<div align=\"center\">&nbsp;<\/div>\n<div>La sc\u00e8ne de cette figure all\u00e9gorique, sous forme d&rsquo;une grande planche, plac\u00e9e en t\u00eate d&rsquo;un ouvrage de \u00ab Fables nouvelles \u00bb, est \u00e9videmment une apologie de la Fable, qui sait rendre aimable le discours de la V\u00e9rit\u00e9.<\/div>\n<div>Mais elle se comprend aussi dans le mouvement plus g\u00e9n\u00e9ral des Lumi\u00e8res, \u00e0 son apog\u00e9e en France autour de 1770, dans un si\u00e8cle qui fait confiance au Temps pour repousser les forces de l&rsquo;obscurantisme.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1356\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite2.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"313\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite2.png 500w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite2-300x188.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/div>\n<div align=\"center\">&nbsp;<\/div>\n<div align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1357\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite3.png\" alt=\"\" width=\"478\" height=\"329\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite3.png 478w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/fableetverite3-300x206.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 478px) 100vw, 478px\" \/><\/div>\n<div align=\"center\">&nbsp;<\/div>\n<div>DESCRIPTION DE LA PLANCHE.<\/div>\n<div>Debout, enti\u00e8rement nue, la V\u00e9rit\u00e9, dont la blancheur et la gr\u00e2ce fragile attirent le regard, semble jouer avec son miroir \u00e0 renvoyer sur le Globe terrestre les puissants rayons lumineux qui \u00e9manent d&rsquo;un lointain soleil.<\/div>\n<div>Tandis qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan, le Temps, vieillard ail\u00e9 tenant sa faux inexorable, apporte son concours. Il souffle sur les brouillards \u00e9pais et \u00e9carte de sa main les sombres nuages qui offusquent la sc\u00e8ne.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Le centre de la gravure est occup\u00e9 par une femme au visage plein de douceur, richement par\u00e9e et dans tout l&rsquo;\u00e9clat d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9panouie : sa gorge opulente est \u00e0 peine voil\u00e9e d&rsquo;une gaze l\u00e9g\u00e8re, ses cheveux relev\u00e9s sont maintenus par une simple couronne de roses. C&rsquo;est la personnification de la Fable, qui a, pour une fois, retir\u00e9 le masque derri\u00e8re lequel elle est accoutum\u00e9e \u00e0 se cacher.<\/div>\n<div>A demi-agenouill\u00e9e, elle tient dans sa main droite un prisme de verre qu&rsquo;elle interpose sur le parcours des rayons refl\u00e9t\u00e9s par la V\u00e9rit\u00e9. On devine que se substituent alors, \u00e0 la lumi\u00e8re crue initiale, les couleurs chatoyantes et diapr\u00e9es de l&rsquo;arc-en-ciel.&nbsp;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Enfin, au premier plan, un Amour, repr\u00e9sent\u00e9 sous les traits d&rsquo;un angelot, jouant sur les nuages, \u00e9claire la sc\u00e8ne de son flambeau.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>1772. LES \u00ab FABLES OU ALL\u00c9GORIES PHILOSOPHIQUES \u00bb.<\/div>\n<div>Un an auparavant, en 1772, \u00e9tait paru, de Claude Joseph Dorat, un autre ouvrage, sous le titre : \u00ab Fables ou All\u00e9gories philosophiques \u00bb. Quatre livres en un seul volume, avec un total de quatre-vingt-trois fables, \u00ab \u00c0 La Haye, et se trouve Paris, chez Delalain, rue de la Com\u00e9die fran\u00e7aise \u00bb.&nbsp;<\/div>\n<div>Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de vingt-quatre pages de R\u00e9flexions pr\u00e9liminaires, dont on retrouve le texte en 1773.&nbsp;<\/div>\n<div>Seules, quatre ou cinq po\u00e9sies de 1772, sont reprises en 1773 : Le Loup et l&rsquo;\u00e2ne ; Le Lustre et la lampe ;La Linotte ; Le Nain d&rsquo;Ath\u00e8nes.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>On trouve d\u00e9j\u00e0 dans cet ouvrage la planche avec la figure all\u00e9gorique de la V\u00e9rit\u00e9 et de la Fable, qui sera reprise l&rsquo;ann\u00e9e suivante en 1773, dans les Fables nouvelles.&nbsp;<\/div>\n<div>Et, page 181, apr\u00e8s la Table des fables contenues dans le volume, l&rsquo;explication des estampes, dont celle de la \u00ab grande planche \u00bb :&nbsp;<\/div>\n<div>\u00ab Le Tems chasse les brouillards \u00e9pais qui offusquent la v\u00e9rit\u00e9 ; elle dirige vers le Globe du monde son miroir \u00e9tincelant ; la Fable avec son Prisme intercepte les rayons, &amp; temp\u00e8re leur vivacit\u00e9 ; l&rsquo;Amour se jouant sur un groupe de nuages, anime la Globe avec son flambeau \u00bb.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>Seule l&rsquo;explication de cette grande planche, et non des vignettes, se retrouve en 1773, page XXII, apr\u00e8s les Explications pr\u00e9liminaires.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>FABLE I : LA FABLE ET LA V\u00c9RIT\u00c9.<\/div>\n<div>La premi\u00e8re po\u00e9sie qui ouvre les Fables ou All\u00e9gories philosophiques prend pour th\u00e8me un dialogue suppos\u00e9 entre la V\u00e9rit\u00e9 qui se veut \u00e9ternelle et la Fable qui r\u00e9ussit \u00e0 instruire en souriant et en d\u00e9guisant.<\/div>\n<div>Finalement la Fable propose \u00e0 la V\u00e9rit\u00e9 un pacte, qui sera accept\u00e9 : la v\u00eatir et la parer pour la rendre enfin aimable.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>La V\u00e9rit\u00e9 dit un jour \u00e0 la Fable :<\/div>\n<div>De quel front soutiens-tu que nos droits sont \u00e9gaux,<\/div>\n<div>J&rsquo;existe avant les temps : toujours brillante et stable<\/div>\n<div>J&rsquo;ai vu les \u00e9l\u00e9mens s&rsquo;\u00e9lancer du cahos,<\/div>\n<div>Tout se d\u00e9truit, change et succombe ;<\/div>\n<div>\u00c0 cette loi l&rsquo;Univers est soumis ;&nbsp;<\/div>\n<div>Je la brave ; un Empire tombe ;&nbsp;<\/div>\n<div>Moi, je m&rsquo;assieds sur ses d\u00e9bris.<\/div>\n<div>Je connois ton pouvoir, je scais ton origine,&nbsp;<\/div>\n<div>Lui r\u00e9pond la Fable en riant ;&nbsp;<\/div>\n<div>Elle est tr\u00e8s noble assur\u00e9ment ;<\/div>\n<div>Sur les \u00e2ges elle domine :&nbsp;<\/div>\n<div>Je ne suis que ton ombre, et le dis franchement ;<\/div>\n<div>Mais je suis une ombre badine.<\/div>\n<div>Ton miroir , par exemple est un meuble effrayant ;&nbsp;<\/div>\n<div>La foiblesse le craint, l&rsquo;amour-propre le brise ;&nbsp;<\/div>\n<div>Moi je corrige en \u00e9galant ;&nbsp;<\/div>\n<div>Tu montres la le\u00e7on, &amp; moi, je la d\u00e9guise.<\/div>\n<div>Le tems ne fut pas trop sens\u00e9<\/div>\n<div>De t&rsquo;avoir ainsi d\u00e9pouill\u00e9 :&nbsp;<\/div>\n<div>Quand l&rsquo;homme est corrompu, tu dois \u00eatre voil\u00e9e.<\/div>\n<div>Ma tr\u00e8s-auguste s\u0153ur, l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or est pass\u00e9.<\/div>\n<div>Ne vas point pr\u00eacher ainsi nue,<\/div>\n<div>Si tu pr\u00e9tends grossir ta cour.<\/div>\n<div>V\u00e9nus m\u00eame, V\u00e9nus pla\u00eet mieux un peu v\u00eatue ;&nbsp;<\/div>\n<div>La nudit\u00e9 ne sied bien qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Amour.<\/div>\n<div>Tu menaces ; je ris sans cesse.<\/div>\n<div>Pour instruire l&rsquo;orgueil, il faut le caresser.<\/div>\n<div>Quand je gu\u00e9ris les c\u0153urs que tu viens de blesser,&nbsp;<\/div>\n<div>L&rsquo;homme, ce vieil enfant, me prend pour la sagesse.<\/div>\n<div>Tiens, faisons un pacte en ce jour :&nbsp;<\/div>\n<div>Unissons-nous pour venger ton injure ;&nbsp;<\/div>\n<div>Prends-moi pour ta dame d&rsquo;Atour,<\/div>\n<div>Et charge-moi du soin de ta parure.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div>1776. R\u00c9\u00c9DITION DES FABLES OU ALL\u00c9GORIES PHILOSOPHIQUES.<\/div>\n<div>Les \u00ab Fables ou all\u00e9gories philosophiques \u00bb sont r\u00e9\u00e9dit\u00e9es en 1776. Quatre livres en deux &nbsp;volumes. \u00c0 Paris, et se vend \u00e0 Mons, chez Henri Hoyois, Imprimeur et Libraire, rue de la Clef, vis \u00e0 vis du Patacon. 114+82 pp.&nbsp;<\/div>\n<div>Mais l&rsquo;ouvrage para\u00eet sans la grande planche, sans les vignettes et sans les culs-de-lampe grav\u00e9s.&nbsp;<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em><img decoding=\"async\" src=\"images\/stories\/fableetverite_une.png\" alt=\"Image\" hspace=\"6\" align=\"left\" \/>&nbsp;La V&eacute;rit&eacute; se veut sup&eacute;rieure &agrave; la Fable. Mais son caract&egrave;re altier et sa lumi&egrave;re trop vive effrayent. Pour devenir aimable elle doit accepter les parures de la Fable. Le Temps apporte son concours. 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