{"id":2290,"date":"2024-10-10T19:37:23","date_gmt":"2024-10-10T17:37:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/?p=2290"},"modified":"2024-10-10T19:42:39","modified_gmt":"2024-10-10T17:42:39","slug":"maugras-une-philosophie-religieuse-monarchique-et-nationale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Histoire-de-l-education\/maugras-une-philosophie-religieuse-monarchique-et-nationale.html","title":{"rendered":"Maugras, une philosophie religieuse, monarchique et nationale"},"content":{"rendered":"\n<p>C\u2019est dans l\u2019 \u00ab Avis \u00bb qu\u2019il publie en t\u00eate de son Cours de philosophie, \u00e9dit\u00e9 en 1822, que Jean Baptiste Maugras [1762-1830] brocarde, sans le nommer, le jeune philosophe \u00e0 la mode, de trente ans&nbsp;: un certain Victor Cousin.<br>Il se moque de l\u2019importation, \u00ab\u00a0par d\u2019autres\u00a0\u00bb, de syst\u00e8mes philosophiques exotiques [sic]. Et revendique quant \u00e0 lui la fiert\u00e9 d\u2019exprimer une philosophie religieuse, monarchique et nationale.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>UNE PHYSIONOMIE ANGLAISE AVEC DUGALD STEWART.<br>Selon Jean Baptiste Maugras cette importation donne aux textes de certains [entendons par l\u00e0 Victor Cousin et ses disciples] une physionomie anglaise.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit de l\u2019\u00c9cole \u00e9cossaise, repr\u00e9sent\u00e9e par Dugald Stewart [1753-1828].<br>On sait que V. Cousin affirmait avoir traduit les Outlines of moral philosophy [Esquisses de philosophie morale] alors qu\u2019il \u00e9tait &lt; agr\u00e9g\u00e9 &gt;, comme professeur de philosophie au coll\u00e8ge royal de Bourbon [Condorcet], aupr\u00e8s de Jean-Jacques S\u00e9verin de Cardaillac [1766-1845], professeur en titre depuis 1811.<br>Et qu\u2019il avait m\u00eame, dans l\u2019\u00e9t\u00e9 1815, dict\u00e9 des fragments de sa traduction \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces m\u00eames Esquisses de philosophie morale de Dugald Stewart, dans leur troisi\u00e8me \u00e9dition anglaise de 1808, auquel Cousin consacre en 1817 une s\u00e9rie de quatre articles dans le Journal des savans [janvier 1817, pages 3-12 ; juin 1817, pages 334-342 ; juillet 1817, pages 413-418 ; ao\u00fbt 1817, pages 485-493].<\/p>\n\n\n\n<p>UNE PHYSIONOMIE ANGLAISE AVEC THOMAS REID.<br>La physionomie anglaise c\u2019est aussi, et peut-\u00eatre encore plus Thomas Reid [1790-1796], dont la traduction en fran\u00e7ais des Recherches sur l&rsquo;entendement humain, d&rsquo;apr\u00e8s les principes du sens commun [An Inquiry Into the Human Mind on the Principles of Common Sense, 1764] parue en 1768, en deux volumes \u00e0 Amsterdam, va servir, peut-\u00eatre un peu par hasard, de point d\u2019appui \u00e0 l\u2019enseignement de Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], nomm\u00e9 en 1810, Professeur d\u2019Histoire de la philosophie \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres de Paris, dans la chaire laiss\u00e9e libre par Emmanuel Pastoret [1755-1849], premier titulaire, \u00e9lu au S\u00e9nat conservateur le 14 d\u00e9cembre 1809.<\/p>\n\n\n\n<p>Victor Cousin, encore lui, sera le suppl\u00e9ant de Royer-Collard, lorsque ce dernier, nomm\u00e9 par le d\u00e9cret du 15 ao\u00fbt 1815 membre de la Commission de l&rsquo;Instruction publique, abandonnera l\u2019enseignement sans pour autant c\u00e9der sa chaire. Et Cousin ne manquera pas, dans son cours profess\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres de Paris, de se couler respectueusement tout d\u2019abord dans l\u2019enseignement de Royer-Collard.<\/p>\n\n\n\n<p>UNE PHYSIONOMIE ALLEMANDE AVEC KANT.<br>Victor Cousin, dans le r\u00e9cit &lt; orient\u00e9 &gt; qu&rsquo;il fait bien plus tard de son itin\u00e9raire intellectuel [dans la Pr\u00e9face de la deuxi\u00e8me \u00e9dition des Fragmens philosophiques (juin 1833)] d\u00e9clare que, vers 1815, cherchant des ma\u00eetres nouveaux [autres que Thomas Reid, Dugald Stewart, James Beattie], ses yeux \u00ab se port\u00e8rent naturellement vers l\u2019Allemagne. J\u2019appris donc, dit-il, l\u2019allemand, et me mis \u00e0 d\u00e9chiffrer avec des peines infinies les principaux monuments de la philosophie de Kant sans autre secours que la barbare traduction latine de Born. Je v\u00e9cus ainsi deux ann\u00e9es enti\u00e8res, comme enseveli dans les souterrains de la psychologie kantienne \u00bb.<br>Et, dans une livraison de septembre 1818 du Journal des Savans, Victor Cousin pr\u00e9conise&nbsp;: \u00ab S&rsquo;il nous appartenait de proposer des guides, nous indiquerions avec plus de confiance dans l&rsquo;\u00e9cole m\u00eame de Smith, Reid et M. Dugald-Stewart, Kant en Allemagne, et chez les anciens, Platon et Marc-Aur\u00e8le \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>UNE PHYSIONOMIE ALLEMANDE AVEC HEGEL.<br>Et puis, surtout, il y a le premier voyage de Cousin en Allemagne fin juillet-mi-novembre 1817, o\u00f9 il rencontre Hegel \u00e0 Heidelberg.<br>On conna\u00eet le t\u00e9moignage de Cousin concernant cette rencontre&nbsp;: \u00ab Au bout d\u2019une heure il fut \u00e0 moi comme je fus \u00e0 lui, et jusqu\u2019au dernier moment notre amiti\u00e9, plus d\u2019une fois \u00e9prouv\u00e9e, ne s\u2019est pas d\u00e9mentie. D\u00e8s la premi\u00e8re conversation, je le devinai, je compris toute sa port\u00e9e, je me sentis en pr\u00e9sence d\u2019un homme sup\u00e9rieur&nbsp;; et quand d\u2019Heidelberg je continuai ma course en Allemagne, je l\u2019annon\u00e7ai partout, je le proph\u00e9tisai en quelque sorte&nbsp;; et \u00e0 mon retour en France, je dis \u00e0 mes amis&nbsp;: Messieurs, j\u2019ai vu un homme de g\u00e9nie \u00bb. L\u2019enseignement de V. Cousin s\u2019en ressent. Pendant un temps, il donne \u00e0 ses cours une coloration verbale manifestement h\u00e9g\u00e9lienne.<\/p>\n\n\n\n<p>JEAN-BAPTISTE MAUGRAS&nbsp;: \u00c9L\u00c9MENTS BIOGRAPHIQUES.<br>N\u00e9 le 11 juillet 1762, \u00e0 Fresnes-sur-Arpance [Franche-Comt\u00e9, dioc\u00e8se de Besan\u00e7on ; aujourd&rsquo;hui d\u00e9partement de Haute-Marne] ; mort le 17 f\u00e9vrier 1830, \u00e0 Paris [Seine].<\/p>\n\n\n\n<p>PREMI\u00c8RES \u00c9TUDES.<br>Jean Baptiste Maugras [1762-1830] fait ses \u00e9tudes \u00e0 Langres, puis \u00e0 Paris, au S\u00e9minaire de Saint-Esprit, install\u00e9 rue des Postes [l\u2019actuelle rue Lhomond], &lt; s\u00e9minaire destin\u00e9 \u00e0 former des \u00e9tudiants souhaitant devenir pr\u00eatres dans des paroisses pauvres &gt;.<\/p>\n\n\n\n<p>1787<br>L&rsquo;ANCIENNE AGR\u00c9GATION DE PHILOSOPHIE.<br>En 1787\u00b0, alors qu\u2019il est dans sa vingt-cinqui\u00e8me ann\u00e9e, l\u2019abb\u00e9 Jean Baptiste Maugras, du dioc\u00e8se de Besan\u00e7on, est re\u00e7u au concours d&rsquo;agr\u00e9gation de l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris pour la philosophie [dite agr\u00e9gation de premier ordre], en m\u00eame temps que Gervais Michel J\u00e9r\u00f4me Labitte, du dioc\u00e8se de Beauvais [qui deviendra imprimeur], et que Nicolas Guillaume Collet, du dioc\u00e8se de S\u00e9es [Alen\u00e7on].<br>Il obtient la premi\u00e8re place, &lt; \u00e0 la suite d&rsquo;une lutte brillante dont le souvenir s&rsquo;est conserv\u00e9 longtemps dans la m\u00e9moire des vieux universitaires ; il avait comme concurrent M. Labitte &gt; [Charles Durozoir. Biographie universelle].<\/p>\n\n\n\n<p>1786-1789<br>SUPPL\u00c9ANT DE PHILOSOPHIE AU COLL\u00c8GE LOUIS-LE-GRAND.<br>Le 11 juillet 1786, Jean-Baptiste Maugras est nomm\u00e9 professeur suppl\u00e9ant au coll\u00e8ge Louis-le-Grand, o\u00f9 il remplace [1786-1789] l&rsquo;abb\u00e9 Thomas Henri Royou [1743-1792], d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre pour ses activit\u00e9s journalistes, qui sera ult\u00e9rieurement, pendant la R\u00e9volution fran\u00e7aise, fondateur d&rsquo;un journal ultra royaliste : l&rsquo;Ami du Roi [1790-1792].<\/p>\n\n\n\n<p>1789-1790<br>PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU COLL\u00c8GE MONTAIGU.<br>A la demande de Fran\u00e7ois Balthazar Curt, tout d&rsquo;abord professeur de philosophie puis principal, Jean-Baptiste Maugras est nomm\u00e9 professeur de philosophie au coll\u00e8ge de Montaigu [1789\/1790], situ\u00e9, \u00e0 Paris, sur la Montagne Sainte Genevi\u00e8ve, au Quartier latin [sur l&#8217;emplacement de l&rsquo;actuelle Biblioth\u00e8que Sainte-Genevi\u00e8ve].<br>Fon\u00e9 en 1314, c&rsquo;est l&rsquo;un des dix coll\u00e8ges parisiens de plein exercice de la Facult\u00e9 des Arts de l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris, c&rsquo;est \u00e0 dire assurant toutes les classes, \u00e0 savoir : Louis-le-Grand ; Coll\u00e8ge du Cardinal Lemoine, des Grassins, d\u2019Harcourt, de La Marche, Lisieux, Montaigu, Navarre, du Plessis, des Quatre-Nations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>1791<br>PROFESSEUR AU COLL\u00c8GE DE LA MARCHE.<br>Maugras est charg\u00e9 d&rsquo;un cours [extra-ordinaire, public et gratuit] qui vient de se cr\u00e9er en 1790 sur les \u00c9l\u00e9ments du droit naturel et les principes de la morale sociale et de l&rsquo;\u00e9conomie politique.<br>Le cours, ouvert de 1791 \u00e0 ao\u00fbt 1792, a lieu au coll\u00e8ge de La Marche, coll\u00e8ge tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sum\u00e9 de cet enseignement est publi\u00e9 ult\u00e9rieurement, en 1795, \u00e0 partir des cahiers d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve, sous le titre : Dissertation sur les principes fondamentaux de l&rsquo;association humaine, par J. B. Maugras, ex- Professeur de Philosophie en l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris.<br>[A Paris : Chez les Marchands de Nouveaut\u00e9s. In-8, 218 pages, an IV-1795]. Table analytique des mati\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k5461333b\/f2.item<br>Il y prend position contre le jacobinisme en \u00e9voquant \u00ab\u00a0l&rsquo;horrible turpitude de cette corporation\u00a0\u00bb. Le renversement de la royaut\u00e9 met fin \u00e0 son enseignement.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>1800<br>PROFESSEUR DANS DES INSTITUTIONS PRIV\u00c9ES.<br>En 1800, reprend un enseignement de philosophie dans plusieurs \u00e9tablissements priv\u00e9s : l&rsquo;institution Duboys-Loiseau, pr\u00e8s de la rue de Babylone, o\u00f9 il enseigne la philosophie morale ; le coll\u00e8ge Sainte-Barbe, rue de Reims [dirig\u00e9e par Victor de Lanneau] ; l&rsquo;Acad\u00e9mie de L\u00e9gislation, H\u00f4tel Labriffe, quai Voltaire, n\u00b0 2, o\u00f9 il charg\u00e9 d&rsquo;un cours de droit naturel et d&rsquo;\u00e9conomie publique.<\/p>\n\n\n\n<p>1805<br>LE PRIX DE PHILOSOPHIE DE L\u2019ACAD\u00c9MIE DE BERLIN.<br>Quelques ann\u00e9es plus tard, en 1804, Jean-Baptiste Maugras participe au concours propos\u00e9 par la classe sp\u00e9culative de la tr\u00e8s prestigieuse Acad\u00e9mie de Berlin [Acad\u00e9mie des Sciences et Belles-lettres de Prusse].<br>En effet, l\u2019Acad\u00e9mie de Berlin, [dont, d\u00e8s sa cr\u00e9ation en 1700, la langue officielle est le fran\u00e7ais] dans sa s\u00e9ance publique du jeudi 9 ao\u00fbt 1804 propose, par l\u2019interm\u00e9diaire de ses classes, une s\u00e9rie de prix&nbsp;: en math\u00e9matiques, en physique, en philosophie.<br>Il s\u2019agit d\u2019un prix extra-ordinaire provenant pour moiti\u00e9 du legs de mille \u00e9cus de Milozewski, ancien officier d\u2019infanterie de K\u00f6penick, pr\u00e8s de Berlin.<\/p>\n\n\n\n<p>La classe de philosophie, quant \u00e0 elle, a formul\u00e9, pour premier sujet du prix qu\u2019elle doit d\u00e9cerner en 1805, la question suivante&nbsp;: \u00ab D\u00e9terminer avec pr\u00e9cision la nature de l\u2019analyse et de la m\u00e9thode analytique en philosophie ; rechercher s\u2019il y a des moyens d\u2019en assurer et d\u2019en faciliter l\u2019usage \u00bb.<br>Ce prix, tir\u00e9 du legs de M. de Milozewski, ancien officier d\u2019infanterie, est comme \u00e0 l\u2019ordinaire, une m\u00e9daille d\u2019or du poids de cinquante ducats. Le terme de rigueur est le 1er mai 1805.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Maugras participe au concours. Sept m\u00e9moires sont remis. C\u2019est celui de G. S. Franck, recteur du coll\u00e8ge d\u2019Husum, dans le duch\u00e9 de Schleswig, alors vassal du Danemark, qui a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>1806<br>DISSERTATION SUR L&rsquo;ANALYSE EN PHILOSOPHIE.<br>Jean-Baptiste Maugras, quant \u00e0 lui, publie un an plus tard sa Dissertation sur l&rsquo;analyse en philosophie.<br>[Paris : Vve Panckoucke, G\u00e9rard, Debray, Le Normant. In-8, XII-181 pages, 1806].<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1808 : Dissertation sur l&rsquo;Analyse en philosophie [\u2026], par J.-B. Maugras, Professeur de Philosophie en la Pension Dubois-Loyseau, au coll\u00e8ge Sainte-Barbe, et d&rsquo;\u00c9conomie publique \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie de L\u00e9gislation. Seconde \u00e9dition augment\u00e9e de quelques Remarques sur le jugement port\u00e9 par les Journalistes<br>[A Paris : de l&rsquo;Imprimerie de D. Colas, Rue du Vieux-Colombier, N\u00b0 26, faubourg Saint-Germain. In-8, XX-180 pages, 1808].<br>Il est \u00e0 noter que Maine de Biran, participera lui aussi, deux ans plus tard, en 1807, \u00e0 un concours propos\u00e9 par la m\u00eame Acad\u00e9mie, mais cette fois sur la question&nbsp;: Y-a-t\u2019il des aperceptions internes imm\u00e9diates.<\/p>\n\n\n\n<p>1808<br>VISITE D\u00c9CISIVE.<br>Alors qu&rsquo;il enseigne la philosophie au Coll\u00e8ge Sainte-Barbe, dirig\u00e9 par M. Victor de Lanneau [1758-1830] Jean-Baptiste Maugras est visit\u00e9 dans sa classe, en 1808, par Jean-Chrysostome de Villaret [1739-1824], \u00e9v\u00eaque de Casal, qui vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 par d\u00e9cret imp\u00e9rial, du 17 mars 1808, Chancelier de l&rsquo;Universit\u00e9.<br>Le Chancelier, et sa suite, assistent aux discussions publiques qui concluent l&rsquo;ann\u00e9e scolaire. Dont les programmes imprim\u00e9s contiennent soigneusement aussi le tableau synoptique de la doctrine de J. B. Maugras.<\/p>\n\n\n\n<p>1808<br>PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE \u00c0 LOUIS-LE-GRAND.<br>Selon une tradition flatteuse, \u00e0 la suite de cette inspection, Jean-Baptiste Maugras se voit offrir la chaire de son choix dans l&rsquo;un des quatre lyc\u00e9es parisiens de l&rsquo;\u00e9poque. Selon l&rsquo;ordre de l&rsquo;Almanach : le lyc\u00e9e Imp\u00e9rial [Louis-le-Grand], le lyc\u00e9e Napol\u00e9on [Henr-IV], le lyc\u00e9e Bonaparte [Condorcet] ; le lyc\u00e9e Charlemagne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 sa demande il lui est attribu\u00e9 la chaire de philosophie du lyc\u00e9e Imp\u00e9rial, au moment du r\u00e9tablissement de l&rsquo;enseignements de philosophie comme couronnement des autres enseignements litt\u00e9raires, \u00e0 la rentr\u00e9e scolaire de l&rsquo;ann\u00e9e 1808\/1809.<br>Il fait ainsi partie des quatre premiers enseignants titulaires de la chaire de philosophie dans les lyc\u00e9es de la capitale : Jean Baptiste Maugras [1762-1830] pour le lyc\u00e9e Imp\u00e9rial [Louis-le-Grand] ; Charles Fercoc [1764-1841] pour le lyc\u00e9e Napol\u00e9on [Henri-IV] ; Desfontaines pour le lyc\u00e9e Bonaparte [Condorcet] ; Charles Millon [1754-1839] pour le lyc\u00e9e Charlemagne.<br>Jean-Baptiste Maugras est nomm\u00e9 le 1er octobre 1809 ; garde sa fonction lorsqu&rsquo;en 1814 le lyc\u00e9e imp\u00e9rial redevient coll\u00e8ge royal Louis-le-Grand, et reste titulaire de la chaire jusqu&rsquo;en l&rsquo;ann\u00e9e universitaire 1825\/1826.<\/p>\n\n\n\n<p>Prononce, le 14 ao\u00fbt 1812, le discours de la distribution des prix, o\u00f9 il se fait le d\u00e9fenseur des Fables de La Fontaine.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1819-1824, Jean-Baptiste Maugras est suppl\u00e9\u00e9 par son neveu Fran\u00e7ois Maugras [1796-NNN], charg\u00e9 de cours, puis &lt; agr\u00e9g\u00e9 &gt; suppl\u00e9ant.<br>Et en 1824\/1825, Jean-Baptiste Maugras, en cong\u00e9, est suppl\u00e9\u00e9 par Vertueux Bousson [1796-1829], charg\u00e9 de l&rsquo;enseignement \u00e0 Louis-le-Grand jusqu&rsquo;en ao\u00fbt 1826.<\/p>\n\n\n\n<p>1812<br>TH\u00c8SES PHILOSOPHIQUES.<br>Il publie, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de cet enseignement, des Th\u00e8ses philosophiques [Paris : impr. de Gill\u00e9. In-4, 24 pages, 1812].<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe aussi sous ce titre, mais avec un \u00e9diteur diff\u00e9rent, et une pagination diff\u00e9rente, des Th\u00e8ses philosophiques d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Mgr. Jean-Chrysostome de Villaret [Paris : impr. de Fain, 18 pages, sans date].<\/p>\n\n\n\n<p>1822<br>COURS DE PHILOSOPHIE.<br>Puis, en 1822 Jean Baptiste Maugras publie la mati\u00e8re de son enseignement sous le titre&nbsp;: Cours de philosophie, r\u00e9dig\u00e9 par J. B. Maugras, professeur de philosophie au coll\u00e8ge royal de Louis-le-Grand, et membre de la L\u00e9gion d\u2019Honneur<br>[\u00c0 Paris : chez Labitte, libraire, quai Malaquais, n\u00b0 11. In-8, 562 p., 1822]. Avis. Table des mati\u00e8res. Errata.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>https:\/\/books.google.fr\/books?id=_nIPAAAAQAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr&amp;source=gbs_ge_summary_r&amp;cad=0#v=onepage&amp;q&amp;f=false<br>Il y critique la philosophie \u00e9cossaise, jug\u00e9e \u00a0\u00bb diffuse et mal fond\u00e9e ; n&rsquo;ayant rien de neuf ; n&rsquo;ayant rien d\u00e9couvert ; tombant dans le n\u00e9ologisme\u2026 \u00a0\u00bb et la philosophie allemande jug\u00e9e \u00a0\u00bb superficielle ; frivole et pu\u00e9rile ; r\u00e9trograde et pas nouvelle ; ayant de f\u00e2cheuses tendances\u2026 \u00ab\u00a0.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est le texte de l\u2019Avis plac\u00e9 en t\u00eate de l\u2019ouvrage que nous publions ci-dessous.<\/p>\n\n\n\n<p>1823<br>PROFESSEUR SUPPL\u00c9ANT DU COURS D&rsquo;HISTOIRE DE PHILOSOPHIE ANCIENNE.<br>Enfin, en 1823, est charg\u00e9 comme professeur suppl\u00e9ant du Cours d&rsquo;histoire de philosophie ancienne \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres de Paris [1823-1828], o\u00f9 il suppl\u00e9e Charles Millon [1754-1839] titulaire de la chaire [Charles Millon qui a lui-m\u00eame succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Emmanuel Pastoret, en \u00e9tant son suppl\u00e9ant, comme professeur-adjoint en mai 1809, puis professeur titulaire en novembre 1811].<\/p>\n\n\n\n<p>Il y enseigne, \u00e0 raison de deux cours par semaine, les jeudis et samedis, \u00e0 une heure, en exposant : &lt; les opinions des diverses \u00e9coles sur l&rsquo;origine de nos connaissances, sur le caract\u00e8re et le fondement des certutudes naturelles, et sur les lois de la preuve philosophique &gt;.<\/p>\n\n\n\n<p>1828<br>JOUFFROY REMPLACE MAUGRAS.<br>Son affectation est brutalement suspendue en d\u00e9cembre 1828, et fait l&rsquo;objet d&rsquo;une pol\u00e9mique : J. B. Maugras a appris la suppression de sa charge par les journaux.<br>Il r\u00e9dige une lettre de protestation qui para\u00eet dans le Journal des D\u00e9bats [27 d\u00e9cembre 1828]. C. Millon apporte une r\u00e9ponse. C&rsquo;est Th\u00e9odore Jouffroy qui remplace J. B. Maugras, T. Jouffroy \u00ab un des adeptes les plus distingu\u00e9s de cette \u00e9cole philosophique que Maugras avait combattu toute sa vie \u00bb [Michaud].<\/p>\n\n\n\n<p>J. -B. Maugras meurt \u00e0 la suite d&rsquo;une br\u00e8ve maladie, en f\u00e9vrier 1830. Il a eu le temps de terminer le Cours \u00e9l\u00e9mentaire de philosophie morale :<br>Cours de Philosophie. Profess\u00e9 au Coll\u00e8ge Louis-le-Grand et dans divers \u00e9tablissements publics de la capitale.<br>[Paris : Librairie de jurisprudence ancienne et moderne de Edouard Duchemin, 10, rue Cujas, pr\u00e8s le Panth\u00e9on. In-8, XVI-596 p., s. d.], qui reprend les th\u00e8mes de son enseignement de 1791-1792 sur le droit naturel et la morale sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>AVIS<br>Cette partie de notre Cours est livr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;impression pour l\u2019usage de notre classe, et pour m\u00e9nager le temps que nous employons aux dict\u00e9es journali\u00e8res. Nos \u00e9l\u00e8ves ! voil\u00e0 notre public, leur utilit\u00e9 ! voil\u00e0 notre but ; leur estime ! voil\u00e0 notre r\u00e9compense. Si quelques personnes du dehors veulent acqu\u00e9rir le droit de nous juger en prenant la peine de nous lire, elles jouiront de toute l&rsquo;ind\u00e9pendance de leur jugement, car notre doctrine n&rsquo;est environn\u00e9e d&rsquo;aucune des recommandations pompeuses que Locke appelle argumens ad verecundiam ; elle n&rsquo;est pr\u00f4n\u00e9e par aucune coterie, elle n&rsquo;est favoris\u00e9e par aucune puissance ; elle n&rsquo;a rien \u00e0 revendiquer dans les honneurs solennels qui ont \u00e9t\u00e9 rendus, dans les \u00e9loges magnifiques qui ont \u00e9t\u00e9 prodigu\u00e9s au n\u00e9ologisme tir\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tranger ; elle n&rsquo;a point particip\u00e9 aux privil\u00e8ges r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;importation des syst\u00e8mes exotiques ; elle n&rsquo;a ni la physionomie allemande, ni la physionomie anglaise ; elle a m\u00eame un air d&rsquo;antiquit\u00e9 fran\u00e7aise peu agr\u00e9able \u00e0 ceux qui, pleins d&rsquo;enthousiasme pour le grand dogme de la perfectibilit\u00e9 progressive et continue de l&rsquo;esprit humain, sont tr\u00e8s enclins \u00e0 m\u00e9priser les anciens usages, les anciens ma\u00eetres et les anciennes m\u00e9thodes. Cette pr\u00e9vention, toute f\u00e2cheuse qu&rsquo;elle est, ne nous emp\u00eachera pas d&rsquo;avouer que nous \u00e9tions professeur dans la ci-devant Universit\u00e9 de Paris ; et quand m\u00eame la d\u00e9faveur qui s&rsquo;attache \u00e0 un pareil aveu ne serait aucunement balanc\u00e9e par l&rsquo;avantage qu&rsquo;il nous donne de publier des le\u00e7ons consign\u00e9es dans les cahiers de plus de deux mille disciples, nous n&rsquo;en persisterions pas moins \u00e0 dire que, parvenus au terme d&rsquo;une carri\u00e8re o\u00f9 nous sommes engag\u00e9s depuis plus de trente-cinq ans, nous nous estimons heureux de pouvoir rendre un compte public de notre gestion, sans avoir besoin de nous r\u00e9tracter ni de nous contredire.<br>En 1802, nous avons repris notre enseignement qui avait \u00e9t\u00e9 interrompu, par force majeure, pendant dix ans, et qui alors \u00e9tait encore banni des \u00e9coles du gouvernement. En le r\u00e9tablissant dans deux grandes institutions de la capitale, nous avons pens\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait exp\u00e9dient, en conservant le fonds de l&rsquo;ancienne instruction, d&rsquo;introduire quelques modifications dans le choix des questions et dans la mani\u00e8re de les traiter, afin de mieux approprier nos le\u00e7ons aux besoins du temps, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, au go\u00fbt et \u00e0 la destination civile de ceux qui les suivent aujourd&rsquo;hui. Si nous nous sommes tromp\u00e9s dans l&rsquo;ex\u00e9cution de ce dessein, notre erreur ne doit \u00eatre imput\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 nous ; car alors nous avons agi de notre propre mouvement, sans autre guide que notre exp\u00e9rience ; et, depuis cette \u00e9poque, nous avons persist\u00e9 dans la m\u00eame m\u00e9thode, sans autres encouragemens que ceux que nous avons trouv\u00e9s dans le z\u00e8le, l&rsquo;affluence, la docilit\u00e9 et les succ\u00e8s de nos \u00e9l\u00e8ves.<br>Si on oubliait que ces le\u00e7ons sont adress\u00e9es \u00e0 nos jeunes auditeurs, on pourrait nous reprocher bien des redondances et des r\u00e9p\u00e9titions que nous aurions \u00e9vit\u00e9es avec soin dans un trait\u00e9 qui serait fait pour les gens du monde. Au surplus, on pensera ce qu&rsquo;on voudra de notre talent ; il nous importe seulement qu&rsquo;on ne se m\u00e9prenne pas sur nos intentions, et nous trouverons toujours qu&rsquo;on nous aura rendu assez de justice, si on reconnait que nous avons fait tous nos efforts pour imprimer \u00e0 notre Cours une physionomie religieuse, monarchique et nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>SOURCE.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Gustave Dupont-Ferrier. [La Vie quotidienne d\u2019un coll\u00e8ge parisien pendant plus de trois cent cinquante ans]. Du coll\u00e8ge de Clermont au lyc\u00e9e Louis-le-Grand [1563-1920]. Tome 3. Page 125. Num\u00e9ro 240 [Paris&nbsp;: E. de Boccard, \u00e9diteur, 1925]. Fournit les dates pr\u00e9cises des diff\u00e9rentes nominations.<\/li>\n\n\n\n<li>Biographie universelle. Notice par Ch. Durozoir, professeur d\u2019histoire au coll\u00e8ge de Louis-le-Grand.<\/li>\n\n\n\n<li>https:\/\/www.google.com.tr\/books\/edition\/Les_premiers_ma%C3%AEtres_de_Victor_Hugo\/-4gBEQAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=J.-B.+Maugras&amp;pg=PA486&amp;printsec=frontcover<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est dans l\u2019 \u00ab Avis \u00bb qu\u2019il publie en t\u00eate de son Cours de philosophie, \u00e9dit\u00e9 en 1822, que Jean Baptiste Maugras [1762-1830] brocarde, sans le nommer, le jeune philosophe \u00e0 la mode, de trente ans, un certain Victor Cousin. Il se moque de l\u2019importation, \u00ab\u00a0par d\u2019autres\u00a0\u00bb, de syst\u00e8mes philosophiques exotiques [sic]. Et revendique quant \u00e0 lui la fiert\u00e9 d\u2019exprimer une philosophie religieuse, monarchique et nationale.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-2290","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-Histoire-de-l-education"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2290"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2290\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2294,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2290\/revisions\/2294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}