{"id":229,"date":"2012-12-06T20:41:43","date_gmt":"2012-12-06T20:41:43","guid":{"rendered":""},"modified":"2020-10-04T19:45:05","modified_gmt":"2020-10-04T17:45:05","slug":"sun-wukong-du-xiyou-ji-ou-les-aventures-du-singe-chinois-selon-wu-cheng-en","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/divers\/varia\/sun-wukong-du-xiyou-ji-ou-les-aventures-du-singe-chinois-selon-wu-cheng-en.html","title":{"rendered":"Sun Wukong du Xiyou ji, ou les Aventures du singe chinois, selon Wu Cheng&rsquo;en"},"content":{"rendered":"<p><em>Les traductions du chinois en fran\u00e7ais provoquent des variations dans les intitul\u00e9s. Sans conteste il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un \u00ab singe \u00bb, l&rsquo;un des personnages du roman intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Le Voyage en Occident&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n<!--more-->\n\n\n<p>Ce singe on le trouve partout\u00a0: dans les romans, dans les bandes dessin\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de P\u00e9kin, dans les films, au cirque, dans les mangas. Et plus encore.<\/p>\n<h2>SUN WUKONG, LE SINGE VOLANT<\/h2>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1003\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-01.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-01.jpg 490w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-01-300x177.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><\/p>\n<p>Le voil\u00e0 donc, \u00e0 nouveau\u00a0! Joyeux et bondissant. Mais oui, c&rsquo;est bien lui, Wu le singe, ou mieux encore, Sun Wukong, le personnage le plus populaire de la litt\u00e9rature enfantine en Asie.<\/p>\n<p>On le reconna\u00eet sans h\u00e9siter, \u00e0 sa jupette en peau de tigre, \u00e0 son foulard nou\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te, et \u00e0 son b\u00e2ton de combat, barre de fer cercl\u00e9e d&rsquo;or, qu&rsquo;il maintient fermement, avec son bras droit repli\u00e9 derri\u00e8re le dos.<\/p>\n<p>Le singe scrute le ciel, en prot\u00e9geant ses yeux de l&rsquo;\u00e9clat du soleil. Et il a bien raison. Car, bient\u00f4t, il va s&rsquo;envoler encore plus haut dans l&rsquo;azur.<\/p>\n<p>Cet animal insolent et audacieux illustre ici un cerf-volant, encore soigneusement repli\u00e9 dans sa pochette transparente. \u00c0 y regarder de plus pr\u00e8s, on devine les fines baguettes de bois qui vont donner un peu de solidit\u00e9 \u00e0 la machine volante, et le fin cordon qui la reliera \u00e0 la main de l&rsquo;enfant courant sur la gr\u00e8ve ou \u00e0 travers champs. <br \/>Jouet bon march\u00e9, vendu par exception en France, sur le stand de Chine, \u00e0 la Cit\u00e9 internationale de la F\u00eate de l&rsquo;Humanit\u00e9.<\/p>\n<h2>PROLOGUE D&rsquo;UN VASTE ROMAN.<\/h2>\n<p>Ce singe, personnage si familier pour des milliers et des milliers d&rsquo;enfants, sort d&rsquo;un roman c\u00e9l\u00e8bre. Il est le h\u00e9ros des sept premiers chapitres d&rsquo;un roman qui en comporte quatre-vingt-dix-neuf [plus un!] et qui a pour titre Xiyou ji.<\/p>\n<p>Soit en chinois, trois caract\u00e8res\u00a0: <br \/>Xi. L&rsquo;Ouest, sous-entendu l&rsquo;Ouest imm\u00e9diat de la Chine. Entendons par l\u00e0 l&rsquo;Inde, patrie du bouddhisme.<br \/>You. Le Voyage. La randonn\u00e9e. Au sens aussi o\u00f9 les tao\u00efstes \u00e9voquent l&rsquo;extase mystique comme une randonn\u00e9e lointaine\u00a0: &lt;yuan you&gt;.<br \/>Ji. M\u00e9moires. Comme dans le titre de l&rsquo;ouvrage de Sima Quian\u00a0: Shi Ji, M\u00e9moires historiques.<\/p>\n<p>Ainsi, Xiyou ji, qu&rsquo;on pourrait traduire par R\u00e9cits d&rsquo;un Voyage \u00e0 l&rsquo;Ouest\u00a0; Relation d&rsquo;un voyage en Occident\u00a0; ou mieux encore, dans la subtile traduction du sinologue Andr\u00e9 L\u00e9vy\u00a0: La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest.<\/p>\n<p>Roman-fleuve, o\u00f9 le p\u00e8lerin vertueux mais un peu d\u00e9sempar\u00e9, le singe intr\u00e9pide, le cochon jouisseur, le dragon transform\u00e9 en cheval blanc, affrontent tour \u00e0 tour, avec le secours si n\u00e9cessaire des dieux et des d\u00e9esses, d\u00e9mons, sorciers, magiciens et animaux monstrueux.<br \/>Dans des culbutes sur les nuages, dans la noirceur des cavernes, au sommet vertigineux des montagnes. Le tout \u00e0 un rythme d&rsquo;enfer, m\u00ealant joyeusement l&rsquo;invraisemblance du fantastique et le charme enfantin du merveilleux. \u00c9chafaudage \u00e9norme o\u00f9, \u00e0 chaque instant, sous le feu de l&rsquo;action galopante, tout se disloque \u00e0 grand fracas, et se reconstruit par miracle\u00a0; pour que triomphe enfin, \u00e0 bout de course, on s&rsquo;en serait dout\u00e9, le Bien sur le Mal.<\/p>\n<p>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1004 aligncenter\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-02.jpg\" alt=\"\" width=\"321\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-02.jpg 321w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-02-197x300.jpg 197w\" sizes=\"auto, (max-width: 321px) 100vw, 321px\" \/><\/p>\n<p>Pour le roman en son entier, nous n&rsquo;en dirons pas plus. Si l&rsquo;on veut en savoir davantage, qu&rsquo;on prenne le temps de lire, de relire, et pourquoi pas de relire encore d&rsquo;une seule traite, si on s&rsquo;en croit capable, les deux mille trois cents pages de La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest, dans sa traduction quasiment compl\u00e8te, m\u00ealant prose et po\u00e9sie, parue en 1991, aux \u00e9ditions Gallimard [Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade], texte traduit, pr\u00e9sent\u00e9 et annot\u00e9, justement, par Andr\u00e9 L\u00e9vy, longtemps professeur de l&rsquo;Universit\u00e9 Bordeaux III, qui aujourd&rsquo;hui, toujours vif, a largement d\u00e9pass\u00e9 ses quatre-vingt cinq ans.<\/p>\n<h2>LE SINGE EN PAYS DE FRANCE<\/h2>\n<p>Aussi, au prix de quelques adaptations, le singe a-t&rsquo;il souhait\u00e9 apr\u00e8s-coup s&rsquo;int\u00e9grer dans le paysage de la litt\u00e9rature enfantine fran\u00e7aise. Et raconter quelques moments de son \u00e9tourdissante histoire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1007\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-05.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"439\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-05.jpg 490w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-05-300x269.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/>\u00a0 <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1005\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-03.jpg\" alt=\"\" width=\"430\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-03.jpg 430w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-03-263x300.jpg 263w\" sizes=\"auto, (max-width: 430px) 100vw, 430px\" \/><\/p>\n<p>Comment, sur la Montagne des Fleurs et des Fruits, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu le Roi des singes\u00a0; comment il s&rsquo;est attribu\u00e9 le nom ronflant de Grand Saint \u00c9gal au Ciel\u00a0; comment il a conquis le pouvoir de se transformer\u00a0; comment en s&rsquo;arrachant poil apr\u00e8s poil, il a l&rsquo;assurance de se multiplier \u00e0 l&rsquo;infini\u00a0; comment il a triomph\u00e9 du redoutable d\u00e9mon du Chaos\u00a0; comment il a d\u00e9rob\u00e9 au dragon des Mers Orientales le b\u00e2ton de fer, cercl\u00e9 d&rsquo;or, qui servait jadis \u00e0 soutenir la vo\u00fbte c\u00e9leste, mais qui peut aussi se r\u00e9duire \u00e0 la taille d&rsquo;une aiguille minuscule qu&rsquo;on cache derri\u00e8re le lobe de son oreille\u00a0; comment il s&rsquo;est rendu aux Enfers, pour rayer \u00e0 tout jamais son nom du registre des morts \u00e0 venir\u00a0; comment il est devenu le gardien \u00e9tourdi des chevaux du Ciel\u00a0; comment il a gagn\u00e9 mille combats\u00a0; comment il d\u00e9robe les p\u00eaches d&rsquo;immortalit\u00e9 qui appartiennent \u00e0 la redoutable Reine-M\u00e8re\u00a0; comment il s&rsquo;est gav\u00e9 des pr\u00e9cieuses pilules de cinabre r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 Lao-Zi. Excusez du peu.Et enfin comment, pour \u00eatre pardonn\u00e9, devenu &lt;Singe conscient de la Vacuit\u00e9 &gt; [tel est le sens de Sun Wukong], il a \u00e9t\u00e9 enr\u00f4l\u00e9 pour accompagner un p\u00e8lerin se rendant \u00e0 l&rsquo;Ouest. Autrement dit en Inde. Pour l&rsquo;aider dans sa mission toute religieuse et rapporter en Chine les sacr\u00e9s rouleaux encore manquants du pr\u00e9cieux Canon bouddhiste.<\/p>\n<h2>UNE HISTOIRE V\u00c9RITABLE<\/h2>\n<p>Les premi\u00e8res aventures du singe, avant qu&rsquo;il ne devienne singe p\u00e8lerin, n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec une histoire v\u00e9ritable.Mais, pour le reste, il est bien vrai qu&rsquo;au d\u00e9but du VII \u00e8me si\u00e8cle, un certain moine bouddhiste du nom de Xuanzang [vers 596-vers 664] s&rsquo;est rendu en Inde. Certes, au fil des temps, des centaines, sinon des milliers de moines, s&rsquo;agr\u00e9geant aux caravanes des marchands qui partaient au nord sur la Route de la Soie, traversaient les passes et p\u00e9n\u00e9traient dans les contr\u00e9es barbares.Mais pas un, apr\u00e8s un long s\u00e9jour de dix-sept ans, n&rsquo;a rapport\u00e9 autant de centaines de rouleaux de textes, voire plus d&rsquo;un millier,\u00a0 appartenant \u00e0 la litt\u00e9rature consacr\u00e9e \u00e0 Bouddha. <br \/>Pas un n&rsquo;a r\u00e9dig\u00e9 comme lui d\u00e8s son retour, en douze tomes, des \u00ab M\u00e9moires sur les contr\u00e9es occidentales \u00bb. <br \/>Pas un, jadis, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 gratifi\u00e9, comme lui, des faveurs de l&rsquo;Empereur. <br \/>Pas un, aujourd&rsquo;hui, ne peut s&rsquo;enorgueillir de disposer du temple de La grande Oie sauvage, \u00e0 X&rsquo;ian, comme r\u00e9ceptacle des \u0153uvres rapport\u00e9es et traduites du sanscrit en chinois.<\/p>\n<h2>RACONTER AVANT D&rsquo;\u00c9CRIRE.<\/h2>\n<p>S&rsquo;est alors propag\u00e9 peu \u00e0 peu, aupr\u00e8s d&rsquo;un public populaire, un r\u00e9cit s&rsquo;appuyant peu ou prou sur les aventures du moine, en les d\u00e9formant, en les amplifiant, en les enjolivant. Y m\u00ealant progressivement au cours des si\u00e8cles, ce qu&rsquo;il faut de merveilleux pour mieux provoquer l&rsquo;enthousiasme\u00a0; ce qu&rsquo;il faut de monstres et de fant\u00f4mes pour susciter davantage d&rsquo;effroi\u00a0; ce qu&rsquo;il faut de combats incertains pour accroitre le suspense\u00a0; ce qu&rsquo;il faut de bienveillantes et surnaturelles cr\u00e9atures\u00a0 pour rassurer enfin l&rsquo;auditeur sur l&rsquo;issue finale.<\/p>\n<p>Alors s&rsquo;est produit ce qui advient g\u00e9n\u00e9ralement\u00a0: on est pass\u00e9 d&rsquo;une litt\u00e9rature orale \u00e0 une litt\u00e9rature \u00e9crite. Non pas \u00e9crite dans la langue savante des lettr\u00e9s qu&rsquo;on apprend pour les concours, que certains lisent et qu&rsquo;on ne parle pas\u00a0; mais dans la langue de tout un chacun, qu&rsquo;on parle et que jadis on n&rsquo;\u00e9crivait gu\u00e8re. Langue parl\u00e9e donc, et qui a fini peu \u00e0 peu \u00e0 \u00eatre \u00e9crite et m\u00eame, elle aussi,\u00a0 \u00e0 \u00eatre litt\u00e9raire.<br \/>Ainsi La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest a-t&rsquo;elle fini par se transformer, au terme d&rsquo;un long processus culturel qui s&rsquo;\u00e9tend du VII \u00e8me au XVI \u00e8me si\u00e8cle, de l&rsquo;Empire des Tang \u00e0 l&rsquo;Empire des Ming, en un roman aux cent \u00e9pisodes, avec une version d\u00e9finitive qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude de dater de 1592.<\/p>\n<p>Et, bien qu&rsquo;il soit paru, comme il convient, sans nom d&rsquo;auteur, qu&rsquo;on attribue g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 un certain lettr\u00e9 du nom de Wu Cheng&rsquo;en [vers 1506-vers1582], n\u00e9 dans la province de Jiangsu, et ayant fait ses \u00e9tudes \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Nankin.<\/p>\n<h2>LE VOLEUR DES FRUITS C\u00c9LESTES<\/h2>\n<p>Des tr\u00e8s longues aventures d\u00e9crites dans la P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest, on retient \u00e0 l&rsquo;usage des enfants, les cinq ou sept premiers chapitres. Autrement dit de la naissance du singe, \u00e9clos d&rsquo;un \u0153uf de pierre, jusqu&rsquo;\u00e0 sa capture et son enfermement pour cinq cents ans dans l&rsquo;\u00e9paisseur d&rsquo;une montagne.<\/p>\n<p>On sait que pendant cette longue introduction au roman, le singe, aux yeux paillet\u00e9s d&rsquo;or, a l&rsquo;occasion de se livrer dans l&#8217;empire des Dieux \u00e0 tout un arsenal d&rsquo;insolentes fac\u00e9ties\u00a0: laisser \u00e9chapper les chevaux du haras c\u00e9leste\u00a0; voler les p\u00eaches du jardin de la Reine-M\u00e8re\u00a0; ingurgiter \u00e0 s&rsquo;en rendre malade les petites pilules d&rsquo;immortalit\u00e9 du grand Laozi.<br \/>Ce sont tel ou tel de ces \u00e9pisodes qui sont repris et adapt\u00e9s dans la centaine des versions existantes de la litt\u00e9rature enfantine.<\/p>\n<p>Parmi les versions traduites en fran\u00e7ais on peut citer &lt; Le Roi des singes vole les fruits c\u00e9lestes &gt;. Adaptation et illustrations de Mei Ying [Chine. Beijing (P\u00e9kin)\u00a0: \u00c9ditions en langues \u00e9trang\u00e8res. 24, Bai Zhuang].Dessin anim\u00e9, d&rsquo;un peu plus d&rsquo;une heure, formidablement enchanteur, plein de gr\u00e2ce, d&rsquo;\u00e9nergie et de combats r\u00e9gl\u00e9s comme des danses vertigineuses rythm\u00e9s au son guerrier des cymbales.<\/p>\n<h2>VERSION MODERNE EN CHINOIS<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1008 aligncenter\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-06.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-06.jpg 490w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-06-300x253.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><\/p>\n<p>Et, aujourd&rsquo;hui, si on se prom\u00e8ne \u00e0 Paris, dans l&rsquo;un des quartiers populaires o\u00f9 fleurissent les boutiques chinoises, il suffit de pousser la porte d&rsquo;une librairie. Et m\u00eame si votre accent n&rsquo;est pas tr\u00e8s juste, l&rsquo;enfant au comptoir aura t\u00f4t fait de vous trouver parmi les rayons engorg\u00e9s jusqu&rsquo;au plafond, le livre compl\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un \u00ab compact disk \u00bb qui fera votre bonheur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1009 aligncenter\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-07.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"365\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-07.jpg 490w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-07-300x223.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1010 aligncenter\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-08.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"365\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-08.jpg 490w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-08-300x223.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/>\u00a0<\/p>\n<p>Le cochon [zhu] Zhu Bajie, gras \u00e0 souhait est bien l\u00e0, aux aguets pour satisfaire ses sens toujours en \u00e9veil, plus particuli\u00e8rement son odorat agr\u00e9ablement flatt\u00e9 dans cet \u00e9pisode par la bonne odeur des fruits de gingseng.<\/p>\n<p>Et les trois Xing, autrement dit les trois \u00e9toiles [xing], Long\u00e9vit\u00e9, Bienveillance, Bonheur, repr\u00e9sent\u00e9s par trois personnages familiers. De gauche \u00e0 droite, Shou Xing, le vieillard au long cr\u00e2ne, avec la p\u00eache d&rsquo;immortalit\u00e9, symbole de Long\u00e9vit\u00e9\u00a0; Lu Xing, portant la coiffure d&rsquo;un haut fonctionnaire, symbolisant la Bienveillance\u00a0; Fu Xing, v\u00eatu d&rsquo;une robe simple de marchand, symbolisant le Bonheur.<\/p>\n<h2>C\u00c9L\u00c9BRATION ET MOQUERIES D&rsquo;UN PEU DE TOUT<\/h2>\n<p>On sait que, dans sa tradition culturelle, la Chine fait vivre ensemble trois visions du monde nettement contradictoires.<br \/>D&rsquo;abord, d&rsquo;antiques conceptions animistes, d\u00e9j\u00e0 forg\u00e9es par les chamans, plus de mille ans avant J.-C., m\u00ealant art divinatoire, voyages c\u00e9lestes et d\u00e9votions aux esprits du ciel, de la terre et du sous-sol. Visions du monde reprises en compte par le tao\u00efsme populaire, toujours vivace.<br \/>Ensuite le confucianisme, n\u00e9 autour du cinqui\u00e8me si\u00e8cle avant J.-C., perdurant vaille que vaille jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, d\u00e9fenseur des valeurs traditionnelles de respect des anciens, de la famille et de l&rsquo;autorit\u00e9.<br \/>Enfin plus tardif, le bouddhisme n\u00e9 en Inde, \u00e0 la fin du VI \u00e8me si\u00e8cle avant J.-C., et qui s&rsquo;introduit en Chine d\u00e8s le premier si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C. Soutenu souvent par les empereurs successifs, et qui conna\u00eet son apog\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 800, avant de subir la pers\u00e9cution de 845.<\/p>\n<p>Mais ici, ce que l&rsquo;on distingue bri\u00e8vement, pour plus de clart\u00e9, est v\u00e9cu dans la r\u00e9alit\u00e9 du quotidien, comme faisant bon voisinage, se m\u00ealant dans un syncr\u00e9tisme confus, souple et apais\u00e9. <br \/>Aussi dans La P\u00e9r\u00e9grination vers l&rsquo;Ouest, si le confucianisme ne montre gu\u00e8re le bout de son nez, Tao\u00efsme et Bouddhisme coexistent.<\/p>\n<p>Le p\u00e8lerin, un peu niais, affubl\u00e9 du nom de Tripitaka, autrement dit Trois corbeilles, est incontestablement un bouddhiste convaincu de \u00ab l&rsquo;\u00c9cole de la connaissance \u00bb.<br \/>Le singe, avec sa jupette en peau de tigre, son foulard nou\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te, est dans la lign\u00e9e des chamans familiers des b\u00eates sauvages et dans la mouvance mat\u00e9rialiste du tao\u00efsme. Mais quand il lui arrive malheur, c&rsquo;est Guanyin, Bodhisattva sinis\u00e9e, toujours bonne consolatrice, qui le d\u00e9livre. <br \/>Ici les moines tao\u00efstes, paillards et pervers maltraitent les bons bouddhistes. L\u00e0, par contre, c&rsquo;est Laozi lui-m\u00eame, avec son \u00e9ventail en feuilles de bananier, qui est en sc\u00e8ne \u00e0 califourchon sur son buffle noir.<\/p>\n<p>Le fantastique et le merveilleux sont tellement sollicit\u00e9s qu&rsquo;on est assur\u00e9 que l&rsquo;auteur, ma\u00eetre du sc\u00e9nario, m\u00eame s&rsquo;il y prend un plaisir enfantin, n&rsquo;y croit gu\u00e8re. Il en rajoute et, sous couvert de c\u00e9l\u00e9bration respectueuse, ne manque pas une occasion de se railler. <br \/>Selon la tradition lettr\u00e9e, sceptique par nature, l&rsquo;\u00e9crivain, amuseur de son public et de ses lecteurs, sait bien que ces histoires de goules, de fant\u00f4mes, de monstres sans queues ni t\u00eates, de r\u00e9incarnation, de transformation, accumul\u00e9es \u00e0 sati\u00e9t\u00e9, chapitres apr\u00e8s chapitres, ne sont que fantaisies et croyances d&rsquo;esprits na\u00effs, heureux de s&rsquo;en laisser conter.<\/p>\n<h2>UN PEU DE PO\u00c9SIE POUR FINIR<\/h2>\n<p>Il n&#8217;emp\u00eache. Le Singe est personnage \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer. Non seulement dans les multiples temples qui, en Chine, lui sont consacr\u00e9s. O\u00f9 le Grand Saint \u00c9gal au Ciel, aux pouvoirs magiques si enviables, est per\u00e7u comme proche de nous, pauvres humains.<br \/>Il est \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer dans les petits objets des jouets ou de la vie quotidienne. On en voit ici un exemple dans le d\u00e9cor du cerf-volant, ou dans ce simple pommeau d&rsquo;une canne.<\/p>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1011\" src=\"http:\/\/pages.textesrares.com\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-09.jpg\" alt=\"\" width=\"377\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-09.jpg 377w, https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/singe-09-231x300.jpg 231w\" sizes=\"auto, (max-width: 377px) 100vw, 377px\" \/><\/p>\n<p>Il est \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer dans les adaptations des \u00e9crivains fran\u00e7ais qui tentent de le faire conna\u00eetre au public de leur pays. On songe ici \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9rick Tristan et \u00e0 son roman paru en 1972, chez Christian Bourgois\u00a0: Le Singe \u00e9gal du ciel.Mais le Singe est \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer aussi dans les productions po\u00e9tiques des \u00ab lettr\u00e9s \u00bb chinois. Ces derniers ne font pas qu&rsquo;apprendre les Quatre Livres et les Cinq Classiques. Par tradition ils retiennent par c\u0153ur des milliers de vers et ont lu attentivement les grands monuments de leur litt\u00e9rature. Aussi, qu&rsquo;on ne s&rsquo;\u00e9tonne pas si dans un de leurs \u00e9crits, on trouve ce po\u00e8me, qu&rsquo;on a pu traduire ainsi\u00a0:<\/p>\n<p>Le Singe d&rsquo;Or brandit son b\u00e2ton fabuleux,<br \/>Et l&rsquo;univers de jade est purg\u00e9 de poussi\u00e8re.<br \/>On acclame aujourd&rsquo;hui le grand Sun merveilleux,<br \/>Car de nouveau s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve une brume sorci\u00e8re.<\/p>\n<p>Aura-t&rsquo;on reconnu, en ces quatre vers\u00a0 emprunt\u00e9s \u00e0 la forme classique du huitain [liu che] un po\u00e8me \u00e9crit le 17 novembre 1961 [y a-t-il donc d\u00e9j\u00e0 si longtemps?] par l&rsquo;homme politique qui s&rsquo;est inscrit dans l&rsquo;histoire sous ce nom\u00a0: Mao Zedong\u00a0?<\/p>\n<p><strong>JJB, 12-2012 <\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/stories\/singe-00.jpg\" alt=\" \" hspace=\"2\" width=\"60\" height=\"60\" align=\"left\" \/><em>Les traductions du chinois en fran&ccedil;ais provoquent des variations dans  les intitul&eacute;s. Sans conteste il s&#39;agit bien d&#39;un &laquo; singe &raquo;, l&#39;un des  personnages du roman intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Le Voyage en Occident&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;La  P&eacute;r&eacute;grination vers l&#39;Ouest&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-229","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-varia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/229","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=229"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/229\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1305,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/229\/revisions\/1305"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=229"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=229"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=229"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}