{"id":210,"date":"2012-05-03T08:48:15","date_gmt":"2012-05-03T08:48:15","guid":{"rendered":""},"modified":"2012-05-03T08:48:15","modified_gmt":"2012-05-03T08:48:15","slug":"Cousin-Victor-ou-la-memoire-qui-flanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Victor-cousin\/Cousin-Victor-ou-la-memoire-qui-flanche.html","title":{"rendered":"Cousin, Victor ou la m\u00e9moire qui flanche"},"content":{"rendered":"<em>Soucieux d&#39;affirmer sa notori&eacute;t&eacute;, Victor Cousin ne cesse, tout au long  de sa vie, de r&eacute;&eacute;diter ses publications anciennes. Articles et cours,  rassembl&eacute;s sous forme de recueils qui donnent l&#39;illusion du moderne avec  de l&#39;ancien. &Agrave; force de r&eacute;&eacute;ditions, les dates des &eacute;v&egrave;nements viennent &agrave;  se brouiller, comme si parfois la m&eacute;moire du &quot; Ma&icirc;tre &quot; venait &agrave;  flancher. D&#39;o&ugrave; la confusion, entre le jeudi 7 et le mercredi 13 d&eacute;cembre  1815. <\/em><!--more--><p>&nbsp;<\/p><p>En paraphrasant les classiques, on a l&#39;habitude de dire que ce que l&#39;on sait le mieux, ce sont les commencements. <br \/>Et le commencement pour Victor Cousin, ne serait-ce pas le moment o&ugrave; pour la premi&egrave;re fois il monte dans une chaire de la Facult&eacute; des Lettres de Paris, pour prononcer son premier cours public ?<br \/><br \/>LE PREMIER COURS PUBLIC DU MERCREDI 13 D&Eacute;CEMBRE 1815.<br \/>Victor Cousin [1792-1867], qui vient tout juste d&#39;avoir vingt-trois ans le 28 novembre, d&eacute;j&agrave; ma&icirc;tre de conf&eacute;rences &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale o&ugrave; il sert de r&eacute;p&eacute;titeur &agrave; ses &eacute;l&egrave;ves, prononce son premier cours public, en d&eacute;cembre 1815, comme &quot;rempla&ccedil;ant &quot; de Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], dans sa chaire d&#39;Histoire de la philosophie moderne &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris.<br \/><br \/>DES ACCENTS LYRIQUES.<br \/>L&#39;exorde, qui c&eacute;l&egrave;bre son &quot; patron &quot;, &agrave; savoir Pierre Paul Royer-Collard que Victor Cousin est charg&eacute; de suppl&eacute;er, d&eacute;bute par une longue p&eacute;riode aux accents lyriques: <br \/>&quot; Lorsque, appel&eacute; &agrave; faire para&icirc;tre dans des fonctions plus &eacute;lev&eacute;es la m&acirc;le &eacute;loquence et cette vigueur de sens et de dialectique qui marquaient son enseignement, l&#39;homme illustre que vous avez tant de fois applaudi dans cette enceinte daigna jeter les yeux sur moi pour le remplacer, l&#39;honneur d&#39;un pareil choix ne m&#39;&eacute;blouit point sur ses p&eacute;rils, et, avant de vous surprendre, Messieurs, il me fit trembler. Un tel devancier, un auditoire si &eacute;clair&eacute;, de si hautes mati&egrave;res accablaient mon esprit, me d&eacute;courageaient jusqu&#39;au d&eacute;sespoir. Je me dois m&ecirc;me cette justice de d&eacute;clarer que jamais je ne me fusse engag&eacute; dans une carri&egrave;re effrayante pour ma faiblesse, si la m&ecirc;me bienveillance qui me l&#39;ouvrait ne m&#39;e&ucirc;t promis de m&#39;y guider et de m&#39;y soutenir. Cet appui me rassure un peu, je l&#39;avoue ; j&#39;esp&egrave;re qu&#39;il pourra suppl&eacute;er aux forces qui me manquent : apportant peu du mien &agrave; cette chaire, j&#39;y serai moins indigne de votre attention. Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me ceux qui ne d&eacute;daigneront pas de suivre un cours de philosophie fait par un jeune homme, trouveront-ils &agrave; ces le&ccedil;ons quelque profit et quelque int&eacute;r&ecirc;t, si je parviens &agrave; leur transmettre les inspirations auxquelles j&#39;aurai souvent recours, sans trop les affaiblir, ou du moins sans les alt&eacute;rer. C&#39;est l&agrave;, Messieurs, toute mon ambition &quot;.<br \/><br \/>UN TEXTE &Agrave; IMPRIMER.<br \/>Sit&ocirc;t le cours prononc&eacute;, et selon l&#39;usage des enseignants de Facult&eacute; de l&#39;&eacute;poque, il donne imm&eacute;diatement son texte &agrave; &eacute;diter, et le texte de ce discours d&#39;ouverture, para&icirc;t apr&egrave;s impression, quelques jours apr&egrave;s. <br \/><br \/>L&#39;&eacute;diteur choisi est Delaunay, autrement dit Simon C&eacute;sar Delaunay [1760-1847 ?] qui, avec d&#39;autres &eacute;diteurs comme Jean Nicolas Barba [1769-1846] ou Camille Ladvocat [1791-1854], est &eacute;tabli dans une des boutiques du Palais-Royal, sises Galeries de Bois, bordant l&#39;un des c&ocirc;t&eacute;s des jardins du Palais-Royal, longtemps fameux par ses caf&eacute;s, ses lieux de rencontre et ses fl&acirc;neries libertines.<br \/><br \/>Quant &agrave; l&#39;imprimerie Fain, du nom de son propri&eacute;taire Armand Louis Jean Fain , o&ugrave; se compose et s&#39;imprime le texte, elle est &eacute;tablie rue Racine ; donc toute proche de la rue Saint-Jacques, autrement dit de l&#39;&Eacute;cole normale, du lyc&eacute;e Louis-le-Grand et de la Facult&eacute; des Lettres. C&#39;est cette proximit&eacute; qui a permis, en partie, &agrave; l&#39;imprimerie de Fain, devenue le fournisseur officiel de l&#39;Universit&eacute; imp&eacute;riale, d&#39;imprimer la plupart des th&egrave;ses de doctorat &egrave;s-lettres.<br \/><br \/>Ainsi voit le jour, au d&eacute;but janvier 1816, une brochure de trente-trois pages, sous le titre complet : Discours\/ prononc&eacute;\/ &agrave; l&#39;ouverture du Cours\/ de l&#39;Histoire de la philosophie,\/ le 13 d&eacute;cembre 1815 ;\/ par M. V. Cousin,\/ Professeur &#8211; suppl&eacute;ant &agrave; la Facult&eacute; des Lettres, et Ma&icirc;tre\/ de Conf&eacute;rence &agrave; l&#39;&Eacute;cole Normale.\/ <br \/>[&Agrave; Paris : Chez Delaunay, Libraire, au Palais-Royal, Galerie de Bois, N&deg; 243. In-8, 33 p., Janvier 1816].<br \/>L&#39;impression du texte vient &lt;De l&#39;Imprimerie de Fain, rue de Racine, n&deg;. 4, place de l&#39;Od&eacute;on.&gt;<br \/><br \/>UN TITRE CANONIQUE.<br \/>Le titre retenu par Victor Cousin est celui qui par tradition convient au contenu. Son ma&icirc;tre Royer-Collard avait lui-m&ecirc;me &eacute;dit&eacute; en fin 1811 un Discours prononc&eacute; &agrave; l&#39;ouverture du Cours de l&#39;histoire de la philosophie, le 4 d&eacute;cembre 1811, par M. Royer-Collard [Paris : impr. de Fain. In-4, 20 p., s. d.].<br \/>Et vingt-deux ans plus tard, Jean Philibert Damiron publiera lui aussi son Discours prononc&eacute; pour l&#39;ouverture du cours d&#39;histoire de la philosophie [1838]. <br \/><br \/>VOIR CETTE BROCHURE EN LIGNE.<br \/>Bien qu&#39;aujourd&#39;hui cette brochure soit assez rare et quasiment absente de toutes les grandes biblioth&egrave;ques mondiales [et m&ecirc;me de la biblioth&egrave;que de l&#39;&Eacute;cole normale sup&eacute;rieure], on peut ais&eacute;ment acc&eacute;der &agrave; l&#39;image du texte de cette publication, par l&#39;interm&eacute;diaire de Google books : http:\/\/books.google.fr\/books?id=hhgFAAAAQAAJ&amp;pg=PA1&amp;lpg=PA1&amp;dq=Discours\/+prononc&eacute;\/+&agrave;+l&#39;ouverture+du+Cours\/+de+l&#39;Histoire+de+la+philosophie,\/+le+13+d&eacute;cembre+1815+;\/&amp;source=bl&amp;ots=t805y90Wb4&amp;sig=s8bZmmlKPqzCm8YAX3-OdyEbcnU&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=u9X6Tq3aLI_R8QOnysTJAQ&amp;ved=0CCcQ6AEwAA#v=onepage&amp;q&amp;f=false <br \/>L&#39;exemplaire scann&eacute; vient de la Biblioth&egrave;que Bodl&eacute;ienne d&#39;Oxford. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;dicac&eacute; par Victor Cousin &lt; &Agrave; Monsieur Schlegel de la part de l&#39;auteur. V. Cousin &gt;.<br \/>Sans qu&#39;on sache par quel cheminement cette plaquette d&eacute;dicac&eacute;e &agrave; Paris se retrouve aujourd&#39;hui dans une grande biblioth&egrave;que anglaise, sinon qu&#39;August Schlegel, qui voyageait en Angleterre vers 1805, avec Mme de Sta&euml;l, y &eacute;tait &agrave; nouveau en 1823 . <br \/><br \/>VICTOR COUSIN ET AUGUST WILHELM VON SCHLEGEL.<br \/>Ainsi l&#39;exemplaire de cette brochure est-elle d&eacute;dicac&eacute;e &agrave; August Wilhelm von Schlegel.<br \/><br \/>On sait que Mme Germaine de Sta&euml;l-Holstein [1766-1817], lors de son dernier s&eacute;jour &agrave; Paris, o&ugrave; elle va mourir le 14 juillet 1817, avait lou&eacute; au 6 de la rue Royale, &agrave; partir d&#39;octobre 1816, un appartement o&ugrave; elle resta jusqu&#39;au d&eacute;but 1817, et o&ugrave; elle tenait salon. Victor Cousin y &eacute;tait re&ccedil;u. <br \/>C&#39;est l&agrave; qu&#39;il a l&#39;occasion de rencontrer, dans l&#39;hiver 1816-1817, August Wilhelm von Schlegel*[1767-1845], l&#39;un des th&eacute;oriciens allemands du mouvement romantique, familier de Mme de Sta&euml;l, dont il a &eacute;t&eacute; l&#39;amant, dans les ann&eacute;es 1804.<br \/><br \/>Victor Cousin en t&eacute;moigne lui-m&ecirc;me dans ses Souvenirs d&#39;Allemagne, notes d&#39;un journal de voyage [paru initialement dans la livraison d&#39;avril 1838, tome 6, de la Revue fran&ccedil;aise, pages 215-238], alors qu&#39;il &eacute;voque sa conversation avec Friedrich Schlegel [1772-1829] : &quot; En entendant parler ainsi M. Fr&eacute;d&eacute;rik Schlegel &agrave; Francfort, je me souvins que l&#39;hiver pr&eacute;c&eacute;dent &agrave; Paris, dans la rue Royale, son fr&egrave;re Auguste Guillaume m&#39;avait tenu exactement le m&ecirc;me langage. Il m&#39;avait dit : Nul argument ne prouve Dieu. Kant a rendu un service immense [&hellip;] &quot;.<br \/><br \/>L&#39;EMPLACEMENT DU TEXTE DU DISCOURS.<br \/>Le &lt; Discours prononc&eacute; &agrave; l&#39;ouverture du Cours de l&#39;Histoire de la philosophie, le 13 d&eacute;cembre 1815, par Victor Cousin &gt; se trouve aussi, toujours sous la forme d&#39;une brochure de trente-trois pages, &agrave; la Biblioth&egrave;que Nationale de France.<br \/>Et m&ecirc;me en deux exemplaires.<br \/>L&#39;un des exemplaires est catalogu&eacute;, avec l&#39;indication de la date de la publication : 1816.<br \/>L&#39;autre exemplaire est catalogu&eacute;, sans l&#39;indication de la date de la publication : d&#39;o&ugrave; le classique [S. d.], autrement dit sans date.<br \/>Cela s&#39;explique car cet autre exemplaire, sous la cote 4-R PIECE- 1065, est reli&eacute;e avec un ensemble d&#39;une quarantaine d&#39;autres textes disparates, sous la cote 4-R PIECE- de 1061 &agrave; 1100. <br \/>Mais il est marqu&eacute; sans date, parce que dans son recueil collectif, la couverture de la brochure a &eacute;t&eacute; enlev&eacute;e. Au catalogage on note ce que l&#39;on voit, et dans ce cas pr&eacute;cis on ne voit pas de date, ni de nom d&#39;&eacute;diteur ; seulement en derni&egrave;re page le nom de l&#39;imprimeur : impr. de Fain.<br \/><br \/>UNE AUTRE D&Eacute;DICACE.<br \/>Mais ce second exemplaire pr&eacute;sente un int&eacute;r&ecirc;t. Il porte une d&eacute;dicace autographe&nbsp; de Victor Cousin, &agrave; l&#39;encre noire, de son &eacute;criture nerveuse et l&eacute;g&egrave;rement tendue vers l&#39;avant : &quot; L&#39;ouvrage offert &agrave; Monsieur Duchemin et &agrave; son int&eacute;ressant &eacute;l&egrave;ve. V. Cousin &gt;.<br \/>Mais qui sont ce Monsieur Duchemin, et son int&eacute;ressant &eacute;l&egrave;ve ? Pour l&#39;instant pas de r&eacute;ponse &agrave; ces questions.<br \/><br \/>LA BIBLIOTH&Egrave;QUE VICTOR COUSIN.<br \/>En 1835, Victor Cousin est express&eacute;ment nomm&eacute;, par arr&ecirc;t&eacute; minist&eacute;riel, en date du lundi&nbsp; 14 septembre, directeur de l&#39;&Eacute;cole normale, o&ugrave; il succ&egrave;de &agrave; Joseph Daniel Guigniaut [1794-1876], qui a occup&eacute; ce poste depuis octobre 1830 [apr&egrave;s en avoir &eacute;t&eacute; le directeur des &eacute;tudes de 1829 &agrave; 1830]. <br \/>Victor Cousin quitte alors la rue Madame o&ugrave; il avait son domicile, et s&#39;&eacute;tablit d&eacute;finitivement &agrave; la Sorbonne, y demeurant par autorisation sp&eacute;ciale apr&egrave;s sa retraite, le 7 mai 1852, jusqu&#39;&agrave; sa mort en janvier 1867. <br \/>Il y installe sa biblioth&egrave;que, dont les seize mille volumes, les manuscrits, les incunables et les estampes constitueront ult&eacute;rieurement le premier fonds de la Biblioth&egrave;que Victor Cousin.<br \/>Le &lt; Discours prononc&eacute; &agrave; l&#39;ouverture du Cours de l&#39;Histoire de la philosophie, le 13 d&eacute;cembre 1815, par Victor Cousin &gt; se trouve bien dans l&#39;actuelle Biblioth&egrave;que Victor Cousin, accessible dans la salle de r&eacute;serve de la Biblioth&egrave;que inter-universitaire centrale de Paris-Sorbonne, avec la cote VC 15613.<br \/><br \/>LES DIFF&Eacute;RENTES R&Eacute;&Eacute;DITIONS DU DISCOURS PRONONC&Eacute; &Agrave; L&#39;OUVERTURE.<br \/>Le texte du &lt; Discours prononc&eacute; &agrave; l&#39;ouverture du Cours de l&#39;Histoire de la philosophie, le 13 d&eacute;cembre 1815, par Victor Cousin &gt; n&#39;est pas r&eacute;&eacute;dit&eacute; &agrave; part, en tant que tel.<br \/><br \/>Mais, il est republi&eacute; plusieurs fois en t&ecirc;te d&#39;autres ouvrages : <br \/>En 1841. Dans le Cours d&#39;histoire de la philosophie moderne pendant les ann&eacute;es 1816 et 1817 par M. V. Cousin. Publi&eacute; avec son autorisation d&#39;apr&egrave;s les meilleures r&eacute;dactions de ce cours.<br \/><br \/>En 1846. Dans la seconde &eacute;dition des Premiers essais de philosophie, par M. V. Cousin ; et dans ses r&eacute;&eacute;ditions ult&eacute;rieures. <br \/><br \/>1841. LE COURS D&#39;HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE MODERNE.<br \/>Le texte du &lt; Discours &gt; est repris dans le Cours d&#39;histoire de la philosophie moderne pendant les ann&eacute;es 1816 et 1817 par M. V. Cousin. Publi&eacute; avec son autorisation d&#39;apr&egrave;s les meilleures r&eacute;dactions de ce cours.<br \/>[Paris : Librairie de Ladrange. Quai des Augustins, 19. In-8, VII-548 p., 1841].<br \/><br \/>Comprend : Avertissement de l&#39;&eacute;diteur. I-VII<br \/>Le Discours prononc&eacute; &agrave; l&#39;ouverture du cours [&hellip;]. Pages 1-29.<br \/>Le Programme du cours d&#39;histoire de la philosophie moderne donn&eacute; &agrave; l&#39;Ecole normale, pendant l&#39;ann&eacute;e 1815-16. Pages 31-36.<br \/>L&#39;intitul&eacute; des titres des le&ccedil;ons I, II, III, D&eacute;composition de la question g&eacute;n&eacute;rale du moi dans toutes ses parties.<br \/>L&#39;intitul&eacute; des titres des le&ccedil;ons IV et V, Revue g&eacute;n&eacute;rale des th&eacute;ories que pr&eacute;sente l&#39;histoire de la philosophie moderne sur la question du moi.<br \/>L&#39;intitul&eacute; de la VIII&egrave;me le&ccedil;on. Locke.<br \/>La neuvi&egrave;me le&ccedil;on : syst&egrave;me de Locke. Th&eacute;orie des id&eacute;es destructive de toute r&eacute;alit&eacute;. Syst&egrave;me de Berkeley.<br \/><br \/>1846. PREMIERS ESSAIS DE PHILOSOPHIE.<br \/>De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, le texte du &lt; Discours &gt; est repris, quelques ann&eacute;es plus tard dans les Premiers essais de philosophie, r&eacute;&eacute;dit&eacute;s cette fois directement par Victor Cousin, vraisemblablement peu satisfait de l&#39;&eacute;dition du Cours d&#39;histoire de la philosophie moderne de 1841, faite &agrave; partir de notes d&#39;&eacute;tudiants.<br \/><br \/>[En r&eacute;alit&eacute; cette &eacute;dition de 1846 est la premi&egrave;re &agrave; porter le titre de Premiers essais de philosophie. Mais Victor Cousin la d&eacute;signe comme seconde &eacute;dition, compte tenu de l&#39;&eacute;dition de 1841 consacr&eacute;e aux cours de 1816 et 1817].<br \/><br \/>Ce volume en date de 1846, est r&eacute;&eacute;dit&eacute; &agrave; plusieurs reprises. En 1855. Paris : Librairie nouvelle. In-18, XX-350 p. [pages 2-23] ; en 1862. Paris : Librairie nouvelle. In-18, XX-350 p. [pages 21-44] ; en 1873. Paris : Didier. In-18, 418 p. [6&egrave;me &eacute;dition revue et augment&eacute;e, pages 21-44].<br \/><br \/>ON PASSE DU MERCREDI 13 D&Eacute;CEMBRE AU JEUDI 7 D&Eacute;CEMBRE.<br \/>Ainsi, le Discours prononc&eacute; &agrave; l&#39;ouverture du cours de d&eacute;cembre 1815 est plac&eacute; en t&ecirc;te du Cours d&#39;histoire de la philosophie moderne pendant les ann&eacute;es 1816 et 1817 par M. V. Cousin, publi&eacute; vingt-cinq ans plus tard, en 1841.<br \/><br \/>Mais cette fois, comme le signale aussi Pierre F. Daled dans son ouvrage Le Mat&eacute;rialisme occult&eacute; et la gen&egrave;se du sensualisme [Paris : Vrin, 2005], la date indiqu&eacute;e n&#39;est plus le 13 d&eacute;cembre mais le 7 d&eacute;cembre ! <br \/>Dans l&#39;Avertissement &eacute;galement, il est &eacute;crit express&eacute;ment : &quot; C&#39;est le 7 d&eacute;cembre 1815, en qualit&eacute; de suppl&eacute;ant de M. Royer-Collard, que M. Cousin commen&ccedil;a, &agrave; la Facult&eacute; des lettres, cet enseignement qui, poursuivi avec un z&egrave;le infatigable et un succ&egrave;s toujours croissant jusqu&#39;&agrave; la fin de l&#39;ann&eacute;e 1820, interrompu pendant huit ann&eacute;es de disgr&acirc;ce et de pers&eacute;cution, repris en 1828, sous le minist&egrave;re r&eacute;parateur de M. de Martignac, et continu&eacute; jusqu&#39;en 1830, &eacute;leva successivement l&#39;opposition commenc&eacute;e par M. Royer-Collard contre la doctrine de Locke et de Condillac, &agrave; la hauteur d&#39;une grande r&eacute;forme philosophique &quot;.<br \/><br \/>Il en est de m&ecirc;me dans les Premiers essais de philosophie, publi&eacute;s en 1846.<br \/><br \/>La situation est d&#39;autant plus piquante que l&#39;erreur ne vient pas d&#39;un copiste peu instruit ou indiff&eacute;rent au texte qu&#39;il produit. C&#39;est Victor Cousin lui-m&ecirc;me qui est le signataire de ces textes qui le concernent directement. &Agrave; moins que, trop occup&eacute; par ses fonctions officielles, ce ne soit un de ses secr&eacute;taires de l&#39;&eacute;poque qui ait&nbsp; commis quelque &eacute;tourderie. En effet, en1840, c&#39;est Ernest Bersot [1816-1880] qui est son secr&eacute;taire, tandis que Cousin, pour quelques mois, de mars &agrave; octobre, est ministre de l&#39;Instruction publique dans le second gouvernement Thiers.&nbsp;&nbsp; <br \/><br \/>LES APPROXIMATIONS DES BIOGRAPHES.<br \/>&Agrave; partir de l&agrave;, la plupart des biographes retiennent, comme date o&ugrave; est prononc&eacute; le premier &lt; Discours &gt;, la date du 7 d&eacute;cembre. Tout se passe comme si, plus on s&#39;&eacute;loigne de l&#39;&eacute;v&egrave;nement, plus le 7 d&eacute;cembre est retenu, au d&eacute;triment de la date du 13 d&eacute;cembre ; d&#39;autant qu&#39;il est de plus en plus difficile de mettre la main sur la brochure d&#39;une trentaine de pages &eacute;dit&eacute;e au lendemain m&ecirc;me du Discours d&#39;ouverture, et qu&#39;on se contente d&#39;une des r&eacute;&eacute;ditions beaucoup plus tardives de 1841 ou de 1846.<br \/><br \/>Paul Janet, dans son Victor Cousin et son &oelig;uvre [Paris : Calmann L&eacute;vy. 1885], d&eacute;clare seulement : &quot; C&#39;est seulement en 1815, qu&#39;appel&eacute; par Royer-Collard &agrave; la suppl&eacute;ance de la Facult&eacute; des lettres, il entra dans l&#39;enseignement philosophique. Il avait vingt-trois ans &quot;.<br \/><br \/>Jules Simon, dans son Victor Cousin [Paris : Hachette. 1887], dit que &quot; Royer-Collard le choisit pour son suppl&eacute;ant en 1815 [13 novembre 1815] &quot;, mais il s&#39;agit de la date de l&#39;arr&ecirc;t&eacute; par lequel Pierre Paul Royer-Collard est autoris&eacute; &agrave; se faire remplacer dans ses fonctions d&#39;enseignant par M. Cousin. <br \/>Pour le reste, Jules Simon signale bien les le&ccedil;ons de la premi&egrave;re ann&eacute;e [1815-1816] &quot; qui roul&egrave;rent presque exclusivement sur la philosophie &eacute;cossaise&quot;, mais&nbsp; sans fournir d&#39;indication sur la date du Discours inaugural.<br \/><br \/>C&#39;est Jules Barth&eacute;lemy Saint-Hilaire, dans son M. Victor Cousin, sa vie et sa correspondance [Paris : Hachette ; Alcan. Trois volumes. 1895] qui s&#39;aventure &agrave; fournir quelques pr&eacute;cisions.<br \/>D&#39;abord, il fait acc&eacute;der Victor Cousin &agrave; la chaire d&#39;Histoire de la philosophie moderne en 1816, et non en 1815 : &quot; Gr&acirc;ce &agrave; M. Royer-Collard, M. V. Cousin, &agrave; la fin 1816, put monter sur la sc&egrave;ne qu&#39;il ne cessa de remplir durant un demi-si&egrave;cle, instruisant et charmant tous les esprits qui s&#39;int&eacute;ressent aux probl&egrave;mes myst&eacute;rieux des destin&eacute;es humaine et &agrave; la d&eacute;licate culture des lettres &quot;.<br \/><br \/>Ensuite, quelques lignes plus loin, se r&eacute;f&eacute;rant aux Premiers Essais, [&eacute;dition de 1855, p. 5] : &quot; Quand le ma&icirc;tre [Royer-Collard] tenait ce langage, il &eacute;tait tout simple que le suppl&eacute;ant s&#39;en f&icirc;t l&#39;&eacute;cho. M. Cousin, dans son Discours inaugural, le 7 d&eacute;cembre 1815 parle aussi de &lt;l&#39;enfance de la philosophie &gt; &quot;.<br \/><br \/>COUSIN, LE DICTIONNAIRE DE BIOGRAPHIE FRAN&Ccedil;AISE ET LE 13 NOVEMBRE. <br \/>Une longue notice, par ailleurs joliment r&eacute;dig&eacute;e, est consacr&eacute;e &agrave; Victor Cousin, dans le volume de 1961, du monumental Dictionnaire de biographie fran&ccedil;aise initi&eacute; par Jules Balteau, Marius Barroux, Michel Pr&eacute;vost [Paris : Letouzey et An&eacute;].<br \/><br \/>Certes le lien unissant Victor Cousin et Pierre Paul Royer-Collard est clairement indiqu&eacute;, mais la soci&eacute;t&eacute; de philosophie spiritualiste, incontestablement&nbsp; constitu&eacute;e par Maine de&nbsp; Biran, est attribu&eacute;e &agrave; Royer-Collard : &quot; D&eacute;sirant faire pi&egrave;ce &agrave; la Soci&eacute;t&eacute; d&#39;Auteuil, o&ugrave; se r&eacute;unissait les id&eacute;ologues, ce jans&eacute;niste [Royer-Collard] avait cr&eacute;&eacute; une soci&eacute;t&eacute; de philosophie spiritualiste, &agrave; base de christianisme &eacute;vang&eacute;lique. V. Cousin y fr&eacute;quentait avec de G&eacute;rando, Amp&egrave;re, Fauriel. C&#39;est &agrave; lui que Royer-Collard confia, en 1815, l&#39;interim de son enseignement &agrave; la Facult&eacute;. [&hellip;] Royer-Collard devant enseigner une philosophie, n&#39;en ayant point qui lui fut propre, mais r&eacute;pugnant au sensualisme condillacien, repris par les id&eacute;ologues et suspect&nbsp; de mat&eacute;rialisme, avait d&eacute;couvert Reid, Stewart et la philosophie &eacute;cossaise. C&#39;est anim&eacute; du m&ecirc;me esprit que V. Cousin, dans cette chaire o&ugrave; Royer-Collard ne devait plus remonter, inaugurait son cours le 13 novembre 1815. Il n&#39;avait pas tout &agrave; fait vingt-trois ans &quot;.<br \/>On voit comment se glisse l&#39;erreur : le 13 novembre n&#39;est pas invent&eacute;. C&#39;est m&ecirc;me une date excellente, qui ne saurait en tant que telle &ecirc;tre fausse. Pourtant, elle ne correspond pas au premier cours de Victor Cousin, mais tr&egrave;s exactement &agrave; la date de l&#39;arr&ecirc;t&eacute; qui autorise Royer-Collard &agrave; se faire remplacer. <br \/><br \/>DE LA D&Eacute;DICACE PRIV&Eacute;E &Agrave; LA D&Eacute;DICACE PUBLIQUE.<br \/>Toujours est-il qu&#39;on voit s&#39;esquisser avec cette premi&egrave;re d&eacute;dicace priv&eacute;e &agrave; August Schlegel, ce mouvement de Victor Cousin qui consiste &agrave; distribuer g&eacute;n&eacute;reusement ses publications. <br \/><br \/>Il ne s&#39;agit plus, dans les temps nouveaux qui s&#39;annoncent, de s&#39;arr&ecirc;ter au moment solitaire de la production intellectuelle, ou m&ecirc;me au temps public du cours ou de la conf&eacute;rence ; il faut participer soi-m&ecirc;me &agrave; la distribution, il faut faire commerce de ses oeuvres. <br \/>Victor Cousin a compris qu&#39;il faut veiller &agrave; ce que chaque pi&egrave;ce de ses publications&nbsp; soit largement diffus&eacute;e aupr&egrave;s de gens qui comptent. Personnalit&eacute;s qui seront s&ucirc;rement charm&eacute;es du lien &eacute;tabli par la d&eacute;dicace et qui iront dire ici ou l&agrave; l&#39;excellence de son auteur, non pas tant &agrave; partir de l&#39;&oelig;uvre elle-m&ecirc;me peut-&ecirc;tre simplement parcourue en surface, mais plut&ocirc;t &agrave; partir l&#39;entregent ind&eacute;niablement fascinant de sa conversation.<br \/><br \/>Et lorsque Victor Cousin deviendra c&eacute;l&egrave;bre dans le milieu ferm&eacute; des gens de lettres, il passera de la d&eacute;dicace priv&eacute;e &agrave; la d&eacute;dicace publique. <br \/>Le premier volume de sa traduction en latin des textes grecs de Proclus est d&eacute;di&eacute; &agrave; Pierre Claude Bernard Gu&eacute;roult* [1744-1821], l&#39;ancien directeur de l&#39;&Eacute;cole normale ; le deuxi&egrave;me volume est d&eacute;di&eacute; &agrave; Charles Loyson*[1791-1819], ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [promotion 1811], qui vient de mourir en juin 1819 ; le troisi&egrave;me volume est d&eacute;di&eacute; &agrave; Christian August Brandis* [1790-1867], professeur de philosophie &agrave; l&#39;Universit&eacute; de Bonn.<br \/><br \/>Et plus encore pour l&#39;&eacute;dition de Platon, o&ugrave; certaines d&eacute;dicaces prennent leur envol vers de hautes personnalit&eacute;s &eacute;trang&egrave;res . Le premier volume est d&eacute;di&eacute; &agrave; Auguste Viguier*[1793-1867], qui a aid&eacute; Victor Cousin dans son travail ; le deuxi&egrave;me volume est d&eacute;di&eacute; au po&egrave;te italien Alessandro Manzoni [1785-1873] ; le troisi&egrave;me volume est d&eacute;di&eacute; &agrave; Georg Wilhelm Friedrich Hegel [1770-1831] alors professeur &agrave; Berlin ; le quatri&egrave;me volume est d&eacute;di&eacute; au comte Sanctorre de Santa Rosa [1783-1824] ; le cinqui&egrave;me volume du Platon est d&eacute;di&eacute; &agrave; Claude* Fauriel [1772-1844] ; enfin le septi&egrave;me volume est d&eacute;di&eacute; &agrave; J. G. Farcy [1800-1830].<br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Soucieux d&#39;affirmer sa notori&eacute;t&eacute;, Victor Cousin ne cesse, tout au long  de sa vie, de r&eacute;&eacute;diter ses publications anciennes. Articles et cours,  rassembl&eacute;s sous forme de recueils qui donnent l&#39;illusion du moderne avec  de l&#39;ancien. &Agrave; force de r&eacute;&eacute;ditions, les dates des &eacute;v&egrave;nements viennent &agrave;  se brouiller, comme si parfois la m&eacute;moire du &quot; Ma&icirc;tre &quot; venait &agrave;  flancher. D&#39;o&ugrave; la confusion, entre le jeudi 7 et le mercredi 13 d&eacute;cembre  1815. <\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[33],"tags":[],"class_list":["post-210","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-Victor-cousin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/210","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=210"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/210\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=210"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=210"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=210"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}