{"id":180,"date":"2011-10-08T21:32:09","date_gmt":"2011-10-08T21:32:09","guid":{"rendered":""},"modified":"2011-10-08T21:32:09","modified_gmt":"2011-10-08T21:32:09","slug":"Willm-Joseph-1792-1853-et-le-troisieme-concours-sur-la-Philosophie-allemande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Willm-Joseph-1792-1853-et-le-troisieme-concours-sur-la-Philosophie-allemande.html","title":{"rendered":"Willm, Joseph (1792-1853) et le troisi\u00e8me concours sur la Philosophie allemande"},"content":{"rendered":"<em>En avril 1845, Joseph Willm, alors qu&#39;il est Inspecteur de l&#39;Acad&eacute;mie de  Strasbourg, obtient le prix de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et  politiques [prix du Budget] sur l&#39;Examen critique de la philosophie  allemande. Le sujet avait &eacute;t&eacute; propos&eacute; par Victor Cousin d&egrave;s  novembre-d&eacute;cembre 1836. Presque neuf ans, d&eacute;lai anormalement long,  s&eacute;parent donc le lancement du concours avec la d&eacute;claration des  r&eacute;sultats.<\/em><!--more--><p>&nbsp;<br \/>LE TROISI&Egrave;ME CONCOURS DE PHILOSOPHIE DE L&#39;ACAD&Eacute;MIE DES SCIENCES MORALES.D&egrave;s sa reconstitution, en octobre 1832, l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques veille &agrave; renouer, avec sa tradition de concours richement dot&eacute;s, pour chacune de ses cinq&nbsp; sections : Philosophie ; Morale ; L&eacute;gislation,droit public et jurisprudence ; &Eacute;conomie politique et statistique ; Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique.<\/p><p><br \/>Le premier concours de philosophie propos&eacute; en juin 1833, et remis en avril 1835, d&eacute;cern&eacute; &agrave; F&eacute;lix Ravaisson [1813-1900], portait sur l&#39;Examen critique de l&#39;ouvrage d&#39;Aristote, intitul&eacute; : M&eacute;taphysique.<br \/><br \/>Le deuxi&egrave;me concours propos&eacute; en mars-avril 1835, et remis en novembre 1837, d&eacute;cern&eacute; &agrave; <br \/>Jules Barth&eacute;lemy Saint-Hilaire [1805-1895], portait sur l&#39;Examen critique de l&#39;Organum d&#39;Aristote.<br \/><br \/>UN ORDRE BOUSCUL&Eacute;.<br \/>Le d&eacute;lai exceptionnel entre l&#39;annonce du troisi&egrave;me concours [novembre-d&eacute;cembre 1836] et la remise du prix [avril 1845] vient bousculer l&#39;ordre qu&#39;on pouvait imaginer, compte-tenu du d&eacute;roulement des deux premiers concours.<br \/>Ainsi le quatri&egrave;me concours [Examen critique du cart&eacute;sianisme], propos&eacute; en juin 1838 voit son prix remis en avril 1841 ; le cinqui&egrave;me concours [Examen critique de l&#39;Ecole d&#39;Alexandrie], propos&eacute; en avril 1841 voit son prix remis en avril 1844. <br \/>La remise du troisi&egrave;me concours se fait donc un an apr&egrave;s la remise du cinqui&egrave;me concours.<br \/><br \/>LE SUJET PROPOS&Eacute;.<br \/>Le sujet : Examen critique de la philosophie allemande, sur proposition de Victor Cousin, est mis au concours le 26 novembre et le 3 d&eacute;cembre 1836. Le terme est fix&eacute; initialement au 31 d&eacute;cembre 1838.<br \/>Le montant du prix est fix&eacute; &agrave; mille cinq cents francs.<br \/><br \/>D&Eacute;FINITION DU PROGRAMME.<br \/>Le programme est d&eacute;fini de la mani&egrave;re suivante : <br \/>1. Faire conna&icirc;tre par des analyses &eacute;tendues les principaux syst&egrave;mes qui ont paru en Allemagne depuis Kant inclusivement jusqu&rsquo;&agrave; nos jours.<br \/>2. S&rsquo;attacher surtout au syst&egrave;me de Kant, qui est le principe de tous les autres.<br \/>3. Appr&eacute;cier la philosophie allemande ; discuter les principes sur lesquelles elle repose, les m&eacute;thodes qu&rsquo;elle emploie, les r&eacute;sultats auxquels elle est parvenue ; rechercher la part d&rsquo;erreurs et la part de v&eacute;rit&eacute;s qui s&rsquo;y rencontrent, et ce qui, en derni&egrave;re analyse, peut l&eacute;gitimement subsister, sous une forme ou sous une autre, du mouvement philosophique de l&rsquo;Allemagne moderne.<br \/><br \/>PREMI&Egrave;RE PROROGATION.<br \/>Le terme du concours est fix&eacute; initialement au 31 d&eacute;cembre 1838. Six m&eacute;moires ont &eacute;t&eacute; remis. En un peu plus de trois mois, la section de Philosophie fait son travail de lecture et d&#39;appr&eacute;ciation. Et Victor Cousin effectue un premier rapport en date du 13 avril 1839.<br \/>Il conclue &agrave; la prorogation du prix au 30 septembre 1840.<br \/><br \/>&laquo; Six m&eacute;moires furent, en 1838, envoy&eacute;s &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie. Ils parurent n&#39;&ecirc;tre encore, pour la plupart, que des essais ; deux seulement &eacute;taient &eacute;tendus et d&#39;un m&eacute;rite incontestable. Mais il n&#39;y avait l&agrave; cependant que le germe de bons ouvrages ; afin que le germe se d&eacute;velopp&acirc;t, l&#39;acad&eacute;mie remit la question au concours pour deux ans encore &raquo; [Rapport de R&eacute;musat].<br \/><br \/>DEUXI&Egrave;ME PROROGATION.<br \/>Le terme du concours a &eacute;t&eacute; report&eacute; au 30 septembre 1840. Sept m&eacute;moires ont &eacute;t&eacute; remis. <br \/>La section de Philosophie met environ un an et demi &agrave; porter une appr&eacute;ciation. Et Joseph Marie G&eacute;rando effectue un rapport [c&#39;est donc le deuxi&egrave;me rapport qui concerne l&#39;Examen critique de la philosophie allemande].<br \/>Le rapport de G&eacute;rando est publi&eacute; dans Compte-rendu des S&eacute;ances et travaux de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. Ann&eacute;e 1842. Tome 1, pages 435-440.<br \/>Il conclue &agrave; la prorogation du prix au vendredi 1er septembre 1843.<br \/><br \/>&laquo; Votre section eut sept m&eacute;moires &agrave; comparer. Elle jugea ce concours fort et brillant. Plusieurs compositions, distingu&eacute;es &agrave; des titres divers, obtinrent des &eacute;loges ; aucune cependant ne parut encore assez compl&egrave;te pour remporter le prix &raquo; [Rapport de R&eacute;musat].<br \/><br \/>AJOURNEMENT DE LA D&Eacute;CISION.<br \/>Le terme du concours a &eacute;t&eacute; report&eacute; au 1er septembre 1843. Trois m&eacute;moires ont &eacute;t&eacute; remis. <br \/>Huit mois apr&egrave;s, la section de Philosophie n&#39;a toujours pas port&eacute; son appr&eacute;ciation.<br \/><br \/>Et dans la s&eacute;ance publique annuelle du 25 mai 1844, Joseph Naudet, alors qu&#39;il est pr&eacute;sident de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques pour l&#39;ann&eacute;e 1844, indique : &laquo; Quelle que soit la l&eacute;gitime impatience des concurrents, ils accepteront l&#39;ajournement de la d&eacute;cision &agrave; l&#39;ann&eacute;e prochaine, comme une garantie de l&#39;&eacute;quit&eacute; scrupuleuse de leurs juges &raquo;.<br \/>La notification est ajourn&eacute;e au 30 septembre 1844.<br \/><br \/>L&#39;indication de cet ajournement est donn&eacute;e dans Compte-rendu des S&eacute;ances et travaux de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. Ann&eacute;e 1844. Tome 5, page 309. <br \/><br \/>RAPPORT FINAL DE CHARLES DE R&Eacute;MUSAT.<br \/>Le rapport de Charles de R&eacute;musat, est lu dans les s&eacute;ances des samedis 15 f&eacute;vrier, 1er, 8, 15 mars, 5 et 12 avril 1845. Et fait l&#39;objet d&#39;une seconde lecture les 29 mars, 5 et 12 avril 1845.<br \/><br \/>Publi&eacute; dans Compte-rendu des S&eacute;ances et travaux de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. Ann&eacute;e 1845. Tome 8, pages 209-241. <br \/>La premi&egrave;re partie de ce rapport a &eacute;t&eacute; ins&eacute;r&eacute;e : Ann&eacute;e 1845. Tome 7, pages 291-344.<br \/><br \/>Publi&eacute; &eacute;galement dans les M&eacute;moires de l&#39;Acad&eacute;mie royale des Sciences morales et politiques de l&#39;Institut de France. Ann&eacute;e 1847. Tome 5 [deuxi&egrave;me s&eacute;rie], pages 223-377. [Paris : de l&#39;Imprimerie de Firmin Didot fr&egrave;res et Cie. Imprimeurs de l&#39;Institut, rue Jacob, n&deg; 56. In-4, 638 p., 1837].<br \/><br \/>Charles de R&eacute;musat, dans son discours prononc&eacute; dans la S&eacute;ance publique annuelle de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, le 17 mai 1845, fait &agrave; nouveau &eacute;tat du concours sur l&#39;Examen critique de la philosophie allemande.<br \/>Concernant le M&eacute;moire de Joseph Wilm [M&eacute;moire n&deg;2] il d&eacute;clare : <br \/>&laquo; [L&#39;&oelig;uvre que vous aviez demand&eacute;e] nous la trouvons, cette &oelig;uvre, presque enti&egrave;rement<br \/>r&eacute;alis&eacute;e dans le M&eacute;moire n&deg;2. C&#39;est une histoire d&eacute;velopp&eacute;e des grands syst&egrave;mes depuis Kant, &eacute;tudi&eacute;s dans leurs principaux monuments. Des analyses instructives qui prouvent une connaissance exacte de la langue et de la litt&eacute;rature philosophique de nos voisins ; des r&eacute;sum&eacute;s substantiels, suivis d&#39;appr&eacute;ciations toujours raisonnables, si elles ne sont pas toujours d&eacute;cisives ; un amour &eacute;clair&eacute; de la v&eacute;rit&eacute;, uni &agrave; cette largeur de vue, sans laquelle la critique n&#39;est pas intelligente, faute d&#39;&ecirc;tre impartiale ; un style simple, ayant plus de propri&eacute;t&eacute; que de couleur, plus de justesse que d&#39;&eacute;clat, mais qui jamais n&#39;obscurcit ou n&#39;alt&egrave;re la pens&eacute;e ; un jugement droit et s&ucirc;r encore que bienveillant, qui respecte &agrave; la fois la libert&eacute; de la science et l&#39;autorit&eacute; de la raison : tels sont les principaux m&eacute;rites qui distinguent ce M&eacute;moire ou plut&ocirc;t ce livre, dont la publication serait fort d&eacute;sirable, et porterait le jour dans les avenues un peu sombres de la philosophie allemande.<br \/>On sait que nos voisins ajoutent rarement le m&eacute;rite de la forme &agrave; celui de la pens&eacute;e, et, si l&#39;on excepte notre illustre confr&egrave;re M. de Schelling, ils prennent peu de soin d&#39;embellir la v&eacute;rit&eacute; par le style. Ils s&#39;&eacute;l&egrave;vent dans le nuage sans arriver jusqu&#39;&agrave; la lumi&egrave;re. De l&agrave; l&#39;extr&ecirc;me difficult&eacute;, de l&agrave; l&#39;extr&ecirc;me utilit&eacute; du travail que vous couronnez. Il pourra, dans plus d&#39;un cas, suppl&eacute;er et m&ecirc;me &eacute;claircir les originaux. L&#39;auteur fait passer le Rhin &agrave; la pens&eacute;e allemande, et lui conserve sa nationalit&eacute; tout en lui pr&ecirc;tant notre langue &raquo;.<br \/><br \/>Le Rapport est &eacute;galement &eacute;dit&eacute; sous forme d&#39;un ouvrage, sous le titre de la Philosophie allemande, Rapport &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&#39;une Introduction sur les doctrines de Kant, de Fichte, de Schelling et de Hegel, par C. de R&eacute;musat [Paris : Librairie philosophique de Ladrange. Quai des Augustins, 19. In-8, 209 p., 1845].<br \/><br \/>Le Rapport de Charles de R&eacute;musat est l&#39;occasion pour &Eacute;mile Saisset [1814-1863], ma&icirc;tre de conf&eacute;rences de philosophie &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale, de publier dans la Revue des Deux-Mondes [1846, tome 13, pages 608 sq.] un tr&egrave;s long article intitul&eacute; : La Philosophie allemande, des derniers travaux sur Kant, Fichte, Schelling et Hegel, qui rend compte non seulement du Rapport de Charles de R&eacute;musat, mais aussi de la traduction par Jules Barni de la Critique du Jugement ; de la traduction par Francisque Bouillier de la M&eacute;thode pour arriver &agrave; la vie bienheureuse de Fichte ; de la traduction par Claude Husson de Bruno, ou du Principe divin et naturel des choses de Schelling ; de l&#39;ouvrage de Auguste Ott sur Hegel et la philosophie allemande.<br \/>{mospagebreak}<br \/>PRIX D&Eacute;CERN&Eacute; &Agrave; JOSEPH WILLM.<br \/>Le prix, de mille cinq cents francs, est d&eacute;cern&eacute; &agrave; Joseph Willm &laquo; Inspecteur de l&#39;Acad&eacute;mie de Strasbourg &raquo;.<br \/><br \/>M&eacute;moire n&deg;2. Manuscrit in-quarto de 670 p. [Archives de l&#39;Institut].<br \/><br \/>MENTION TR&Egrave;S HONORABLE &Agrave; FORTUN&Eacute; GUIRAN.<br \/>Une mention tr&egrave;s honorable est d&eacute;cern&eacute;e &agrave; Fortun&eacute; Guiran qui re&ccedil;oit un encouragement de cinq cents francs du ministre de l&#39;Instruction publique, Achille de Salvandy [1795-1856], pour la deuxi&egrave;me fois ministre de l&#39;instruction publique [1er f&eacute;vrier 1845-23 f&eacute;vrier 1848]. <br \/><br \/>M&eacute;moire n&deg;3. Manuscrit in-folio de 491 feuillets [Archives de l&#39;Institut].<br \/><br \/>Dans son Rapport, Charles de R&eacute;musat d&eacute;clare : <br \/>&laquo; L&#39;auteur se d&eacute;clare pour la philosophie allemande, en tant qu&#39;elle comprend la s&eacute;rie d&#39;id&eacute;es qui a produit la doctrine de l&#39;absolu, celle de Schelling et de Hegel ; ou, d&#39;un seul mot, l&#39;auteur est h&eacute;g&eacute;lien.<br \/>Votre section se refuse p&eacute;remptoirement &agrave; se placer dans le m&ecirc;me point de vue. Mais elle loue l&#39;auteur d&#39;avoir un avis, et d&#39;oser le dire ; elle le loue de s&#39;exprimer sans d&eacute;tour, sans vains m&eacute;nagements, avec cette franche ind&eacute;pendance qui est le devoir du philosophe. Elle estime aussi en lui ce courage d&#39;intelligence qui le porte vers l&#39;id&eacute;al de la philosophie, cette aspiration &agrave; l&#39;unit&eacute; syst&eacute;matique de la connaissance, cette foi enti&egrave;re dans la science, si fort &eacute;branl&eacute;e aujourd&#39;hui, ainsi que tout ce qui s&#39;appelle foi.<br \/>[&hellip;] Il ne fait pas assez d&#39;efforts pour se d&eacute;gager des entraves du langage scientifique. Il ne manque pas cependant d&#39;expressions fortes et vives, mais de pr&eacute;cision, de facilit&eacute;, de simplicit&eacute;. On trouve &ccedil;a et l&agrave; quelques traits brillants ; d&#39;autres sont amen&eacute;s de trop loin, ou nous semblent d&#39;un go&ucirc;t hasard&eacute;. L&#39;auteur para&icirc;t plus ma&icirc;tre de sa pens&eacute;e que de sa parole ; les preuves de talent sont m&ecirc;l&eacute;es dans son M&eacute;moire &agrave; des preuves d&#39;inexp&eacute;rience. Il y a un peu de confusion dans le choix des mots, des images, des moyens de donner du relief &agrave; l&#39;id&eacute;e ; mais on aper&ccedil;oit dans l&#39;auteur les qualit&eacute;s d&#39;un &eacute;crivain philosophe. Le travail et le temps les d&eacute;velopperont.<br \/>Par tous ces motifs, votre section distingue cet ouvrage d&#39;une mani&egrave;re toute particuli&egrave;re, mais ne vous propose pas de lui donner le prix &raquo;.<br \/><br \/>LE M&Eacute;MOIRE QUI NE RE&Ccedil;OIT AUCUNE DISTINCTION.<br \/>Dans son Rapport, Charles de R&eacute;musat, selon l&#39;usage, rend compte de la valeur des M&eacute;moires remis selon un ordre croissant.<br \/>Il traite donc d&#39;abord du M&eacute;moire n&deg; 1 qui ne re&ccedil;oit aucune distinction : <br \/>Le manuscrit est un in-quarto de 379 pages.<br \/>&laquo; L&#39;auteur s&#39;est mis lui-m&ecirc;me hors concours, en laissant de c&ocirc;t&eacute; des parties essentielles du programme ; et celles qu&#39;il a trait&eacute;es le sont en g&eacute;n&eacute;ral trop bri&egrave;vement. Son ouvrage ressemble&nbsp; &agrave; un discours sur la philosophie allemande, servant d&#39;introduction &agrave; un autre ouvrage, discours &eacute;crit avec facilit&eacute;, avec clart&eacute;, avec justesse, avec l&#39;intelligence des syst&egrave;mes et des questions. Le plan est bon, les jugements raisonnables ; le style n&#39;a gu&egrave;re que le m&eacute;rite de la simplicit&eacute; : au reste, on ne doit pas juger cette esquisse comme une composition achev&eacute;e. L&#39;auteur a bien fait cependant de vous la soumettre ; car on est toujours heureux de lire l&#39;&oelig;uvre d&#39;un esprit sage et distingu&eacute; &raquo;.<br \/><br \/>PUBLICATION DE JOSEPH WILM EN LIAISON AVEC SON M&Eacute;MOIRE. <br \/>Joseph Willm commence &agrave; publier son travail en 1846, sous le titre : <br \/>Histoire de la philosophie allemande depuis Kant jusqu&#39;&agrave; Hegel, par J. Willm, Inspecteur de l&#39;Acad&eacute;mie de Strasbourg. Ouvrage couronn&eacute; par l&#39;Institut [Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques] [Paris : Librairie philosophique de Ladrange, quai des Grands Augustins, 19. Strasbourg : chez Derivaux, libraire. Rue des Hallebardes, 24. In-8, XI-528 p., 1846].<br \/><br \/>Cette histoire de la philosophie allemande para&icirc;t en quatre volumes, de 1846 &agrave; 1849.<br \/><br \/>Le tome I para&icirc;t en 1846. Son sous-titre : R&egrave;gne de l&#39;id&eacute;alisme critique et transcendantal. Philosophie de Kant. [Paris : Librairie philosophique de Ladrange, quai des Grands Augustins, 19. Strasbourg : chez Derivaux, libraire. Rue des Hallebardes, 24. In-8, XI-528 p., 1846].<br \/><br \/>Le tome II&nbsp; para&icirc;t en 1847. Son sous-titre est :&nbsp; R&egrave;gne de l&#39;id&eacute;alisme critique et transcendantal. Philosophie de Fichte, de Jacobi. [Paris : Librairie philosophique de Ladrange, quai des Grands Augustins, 19. Strasbourg : chez Derivaux, libraire. Rue des Hallebardes, 24. In-8, XI-634 p., 1847].<br \/><br \/>Le tome III&nbsp; para&icirc;t &eacute;galement en 1847. Son sous-titre est :&nbsp; R&egrave;gne de&nbsp; l&#39;id&eacute;alisme absolu et objectif. Philosophie de Schelling, Hegel. [Paris : Librairie philosophique de Ladrange, quai des Grands Augustins, 19. Strasbourg : chez Derivaux, libraire. Rue des Hallebardes, 24. In-8, XI-466 p., 1847].<br \/><br \/>Le tome IV&nbsp; para&icirc;t en 1849. Son sous-titre est :&nbsp; R&egrave;gne de l&#39;id&eacute;alisme absolu et objectif. Philosophie dissidente &#8211; Philosophie de Herbart [Paris : Librairie philosophique de Ladrange, quai des Grands Augustins, 19. Strasbourg : chez Derivaux, libraire. Rue des Hallebardes, 24. In-8, 1847].<br \/><br \/>NOTICE BIOGRAPHIQUE BR&Egrave;VE SUR JOSEPH WILLM.<br \/>Joseph Willm [1792-1853], apr&egrave;s ses &eacute;tudes au Gymnase puis au S&eacute;minaire protestant de Strasbourg, se rend &agrave; Lyon. Il y est d&#39;abord instituteur, puis pr&eacute;cepteur, en relation avec la colonie genevoise et protestante &eacute;tablie &agrave; Lyon.<br \/>De retour &agrave; Strasbourg, Joseph Willm est en charge des enseignements de Langue et de Litt&eacute;rature fran&ccedil;aise au gymnase [1821], puis professeur agr&eacute;g&eacute; de philosophie au S&eacute;minaire protestant [1826], et enfin professeur titulaire [1832].<br \/>De 1829 &agrave; 1837 est le directeur de la Revue germanique. En 1833, Joseph Willm obtient la chaire de Morale chr&eacute;tienne &agrave; la Facult&eacute; de Th&eacute;ologie de Strasbourg.<br \/>En 1836, Joseph Willm est nomm&eacute; Inspecteur d&#39;Acad&eacute;mie de Strasbourg, tout en gardant des enseignements de Philosophie et de Litt&eacute;rature fran&ccedil;aise au S&eacute;minaire protestant.<br \/>&Eacute;lu correspondant de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie, le 13 f&eacute;vrier 1847.<br \/><br \/>NOTICE BIOGRAPHIQUE BR&Egrave;VE SUR FORTUN&Eacute; GUIRAN.<br \/>Fortun&eacute; Guiran, en 1845, est d&eacute;j&agrave; connu pour avoir traduit, de l&#39;allemand en fran&ccedil;ais, Briefe aus Paris de [Karl] Ludwig B&ouml;rne [1786-1837] : Lettres &eacute;crites de Paris, pendant les ann&eacute;es 1830 et 1831, par M. L. B&ouml;rne, traduites par F. Guiran, et pr&eacute;c&eacute;d&eacute;es d&#39;une notice sur l&#39;auteur et ses &eacute;crits, extraite de la Revue germanique [Paris : Paulin, libraire-&eacute;diteur, Place de la Bourse. in-8, XLIII-193 p., 1832].<br \/>Germanophile qui a effectu&eacute; un s&eacute;jour &agrave; Berlin, Fortun&eacute; Guiran a &eacute;galement &eacute;crit une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre Le fils de Faust, drame en cinq parties et en prose, paru dans la Revue nouvelle, d&#39;ao&ucirc;t , septembre, octobre1846.<br \/>Li&eacute; au courant proudhonien, Fortun&eacute; Guiran &eacute;dite un journal Le D&eacute;mocrate du Vaucluse, politique, litt&eacute;raire, scientifique, commercial et industriel, bi-hebdomadaire qui para&icirc;t &agrave; Avignon entre le 16 janvier 1850 et le 3 d&eacute;cembre 1851. <br \/><br \/>KARL LUDWIG MICHELET ABSENT DU CONCOURS.<br \/>Karl Ludwig Michelet [1801-1893] avait obtenu, en avril 1835, un deuxi&egrave;me prix pour le premier concours de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, propos&eacute; par Victor Cousin, sur l&#39;Examen critique de l&#39;ouvrage d&#39;Aristote intitul&eacute; M&eacute;taphysique, alors que F&eacute;lix Ravaisson [1813-1900], dans sa vingt-deuxi&egrave;me ann&eacute;e, recevait le premier prix.<br \/>Victor Cousin avait rencontr&eacute; une premi&egrave;re fois Karl Ludwig Michelet, en 1825, au cours de son troisi&egrave;me voyage en Allemagne.<br \/>Depuis lors, une correspondance est &eacute;chang&eacute;e. Comme &agrave; son habitude, Cousin lui envoie ses tir&eacute;s &agrave; part. Et Karl Ludwig Michelet de son c&ocirc;t&eacute; esp&egrave;re pouvoir venir enseigner en France dans une chaire &agrave; cr&eacute;er, par exemple au coll&egrave;ge de France, sur la philosophie d&rsquo;Aristote.<br \/>Il manifeste son souhait de concourir sur l&rsquo;Examen critique de la philosophie allemande. Peut-&ecirc;tre a-t-il &eacute;t&eacute; de ceux qui ont envoy&eacute; leur M&eacute;moire avant le 31 d&eacute;cembre 1838.<br \/>Mais, d&egrave;s juin 1837, les liens se distendent entre Michelet et Cousin. Ce dernier a fait &eacute;lire <br \/>Christian Auguste Brandis [1790-1867] comme correspondant de l&#39;Acad&eacute;mie en juin 1837, alors m&ecirc;me que&nbsp; Karl Ludwig Michelet aurait aim&eacute; &ecirc;tre &eacute;lu.<br \/>Il est vraisemblable que Karl Ludwig Michelet n&#39;ait pas continu&eacute; &agrave; concourir lors des prorogations du concours.<br \/>On sait aussi le discr&eacute;dit que Victor Cousin a tent&eacute; de porter &agrave; la philosophie allemande, plus particuli&egrave;rement &agrave; l&#39;encontre de la philosophie h&eacute;g&eacute;lienne, accus&eacute;e en 1847, d&#39;&ecirc;tre responsable de tous les maux &laquo;&nbsp;dont la France et surtout l&#39;Allemagne sont maintenant atteintes &raquo;. Ce qui provoquera la Lettre ouverte que Karl Ludwig Michelet fait publier dans la revue La Libert&eacute; de penser (<a href=\"index.php\/Philo19\/Hegel-ou-le-malheur-de-la-philosophie.html\">http:\/\/pages.textesrares.com\/index.php\/Philo19\/Hegel-ou-le-malheur-de-la-philosophie.html<\/a>)<\/p><p>SOURCES.&#8232;Depuis janvier 1842, soit un peu moins de dix ans apr&egrave;s sa reconstitution, sur proposition de Fran&ccedil;ois Guizot, et par ordonnance royale de Louis-Philippe du 26 octobre 1832, l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, publie chaque ann&eacute;e un Compte rendu tr&egrave;s d&eacute;taill&eacute; des &laquo;&nbsp;S&eacute;ances et travaux de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques &raquo;. &#8232;<br \/>Le d&eacute;pouillement de ces comptes rendus, parus annuellement, r&eacute;dig&eacute;s par Charles Verg&eacute; et M. Loiseau, puis par Charles Verg&eacute; seul, sous la direction de Fran&ccedil;ois Mignet, secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&#39;Acad&eacute;mie [Paris : Alphonse Picard, libraire-&eacute;diteur, 82 rue Bonaparte], permet d&#39;acc&eacute;der aux informations concernant l&#39;ensemble des concours propos&eacute;s r&eacute;guli&egrave;rement par les diff&eacute;rentes sections [Philosophie ; Morale ; L&eacute;gislation, droit public et jurisprudence ; &Eacute;conomie politique et statistique ; Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique]. <br \/><br \/>Par ailleurs, en d&eacute;cembre 1901, l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques a fait para&icirc;tre, sous le titre Concours de l&#39;Acad&eacute;mie, la liste int&eacute;grale des &laquo; sujets propos&eacute;s, prix et r&eacute;compenses d&eacute;cern&eacute;s, liste des livres couronn&eacute;s ou r&eacute;compens&eacute;s &raquo;, pour la p&eacute;riode 1834-1900 [Paris : Imprimerie nationale. in-8, 260 p., d&eacute;cembre 1901]. avec une Table des rapporteurs, une Table du nom des auteurs couronn&eacute;s, une Table des mati&egrave;res.&#8232;&#8232;<br \/><br \/>C&#39;est &agrave; partir de ces deux sources, compl&eacute;t&eacute;es succinctement d&#39;informations biographiques et bibliographiques, que sont repris les renseignements portant&nbsp;sur le troisi&egrave;me concours de Philosophie de l&#39;Acad&eacute;mie concernant l&#39;Examen critique de la philosophie allemande.<\/p><p>&copy; JJB, 10-2011 <br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>En avril 1845, Joseph Willm, alors qu&#39;il est Inspecteur de l&#39;Acad&eacute;mie de  Strasbourg, obtient le prix de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et  politiques [prix du Budget] sur l&#39;Examen critique de la philosophie  allemande. Le sujet avait &eacute;t&eacute; propos&eacute; par Victor Cousin d&egrave;s  novembre-d&eacute;cembre 1836. Presque neuf ans, d&eacute;lai anormalement long,  s&eacute;parent donc le lancement du concours avec la d&eacute;claration des  r&eacute;sultats.<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-180","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=180"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=180"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}