{"id":1743,"date":"2020-11-08T19:16:20","date_gmt":"2020-11-08T18:16:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/?p=1743"},"modified":"2020-11-08T19:21:04","modified_gmt":"2020-11-08T18:21:04","slug":"concours-general-et-prix-dhonneur-lycees-et-pensions-au-xixe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Histoire-de-l-education\/concours-general-et-prix-dhonneur-lycees-et-pensions-au-xixe-siecle.html","title":{"rendered":"Concours g\u00e9n\u00e9ral et Prix d\u2019honneur. Lyc\u00e9es et Pensions au XIXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<p>Tout au long du XIX\u00e8me si\u00e8cle, Paris attire de toute la France les meilleurs \u00e9l\u00e8ves d\u00e9sireux de poursuivre leurs \u00e9tudes \u00e0 la Facult\u00e9 ou dans les \u00c9coles sup\u00e9rieures. Encore faut-il les loger. C\u2019est la fonction des pensions. Encore convient-il de c\u00e9l\u00e9brer les meilleures. C\u2019est le r\u00f4le du Concours g\u00e9n\u00e9ral et de son Prix d\u2019honneur.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"1820\"><li>PENSIONS ET MA\u00ceTRES DE PENSIONS.<br>\u00c0 Paris, deux des quatre lyc\u00e9es imp\u00e9riaux, prenant le nom de coll\u00e8ge royaux apr\u00e8s 1814, Charlemagne et Condorcet [lyc\u00e9e Bonaparte, puis coll\u00e8ge Bourbon], n\u2019accueillent que des externes ou des demi-pensionnaires. Soit \u00e0 peu pr\u00e8s six cents \u00e9l\u00e8ves par \u00e9tablissement.<br>Aussi les \u00e9l\u00e8ves non-parisiens, scolaris\u00e9s dans ces \u00e9tablissements doivent se loger par leurs propres moyens, dans des pensions fournissant le clos et le couvert et assurant de surcro\u00eet, gr\u00e2ce \u00e0 des &lt; r\u00e9p\u00e9titeurs &gt;, des cours compl\u00e9mentaires \u00e0 ceux des coll\u00e8ges.<br>Certaines de ces pensions sont sp\u00e9cialis\u00e9es et r\u00e9put\u00e9es pour la qualit\u00e9 de leur enseignement des math\u00e9matiques pr\u00e9parant au concours de l\u2019\u00c9cole Polytechnique et des autres \u00e9coles scientifiques : \u00e0 savoir les Institutions Duhamel ; Garnier ; Li\u00e9vyns ; Michelot ; etc.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1820, il existe \u00e0 Paris une trentaine de ces pensions, signal\u00e9es dans l\u2019Almanach royal, d\u00e9sign\u00e9es par le nom du &lt; ma\u00eetre de pension&gt; qui la dirige. On peut en faire la liste [dans l\u2019ordre alphab\u00e9tique] en fonction de leur proximit\u00e9 g\u00e9ographique avec les coll\u00e8ges.<\/p>\n\n\n\n<p>Un premier groupe [le plus nombreux] est constitu\u00e9 par les pensions sises au Quartier Latin, donc proches de Louis-le-Grand, et de Henri-IV :<br>Adam, 7 rue de Rheims.<br>Brissaud, cul-de-sac des Feuillantines, faubourg Saint-Jacques.<br>Abb\u00e9 Cottret, 34 rue des Postes.<br>Hallays-Dabot, 16 place de l\u2019Estrapade.<br>Lecomte, rue de la Vieille-Estrapade.<br>Lefevre, 47 rue d\u2019Enfer S. Michel.<br>Letellier, 48 rue de Vaugirard.<br>Mailhat, rue des Foss\u00e9s-Saint-Victor.<br>Muraine, 282 rue Saint-Jacques.<br>Savour\u00e9, 7 rue de la Clef.<br>Wattier, rue de la Montagne-Sainte-Genevi\u00e8ve [\u00e0 l\u2019ancien coll\u00e8ge de La Marche].<\/p>\n\n\n\n<p>Un second groupe est constitu\u00e9 par les pensions sises dans ou autour du quartier du Marais, donc proche de Charlemagne :<br>Barbette, 9 rue d\u2019Orl\u00e9ans.<br>Duprat, 35 rue Culture Sainte-Catherine<br>Ganser, rue de Thorigny.<br>Guillet, 9 rue Saint-Louis.<br>Massin, 10 rue des Minimes.<br>Petit, 30 rue Geoffroy l\u2019Asnier.<\/p>\n\n\n\n<p>Un troisi\u00e8me groupe est constitu\u00e9 par les pensions sises dans le quartier de la chauss\u00e9e d\u2019Antin, donc proche de Condorcet [lyc\u00e9e Bonaparte, puis coll\u00e8ge Bourbon] :<br>Bintot, 43 rue de Clichy.<br>Butet, 49 rue de Clichy.<br>Delacour, 38 rue de Clichy.<br>Labb\u00e9, rue de la P\u00e9pini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adresse d\u2019autres pensions sont sans rapport particulier avec le coll\u00e8ge o\u00f9 leurs pensionnaires sont astreints \u00e0 suivre leurs \u00e9tudes.<br>Trois pensions sont rue de Picpus : Coutier, au 23 ; Giroust, au 18 ; Lottin, au 10.<br>Trois pensions sont peu \u00e9loign\u00e9es des Champs-\u00c9lys\u00e9es : Hix, 6 rue de Matignon ; Lemoine, 3 rue Neuve de Berry ; Lemercier, 3 rue Neuve de Berry.<br>Pour \u00eatre complet, signalons Cimttierre, 93 rue de Reuilly ; Leroux, 33 rue de Montreuil ; Troncin, 142 rue du Faubourg S.-Martin.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans oublier Liautard, 18 rue Notre-Dame-des-Champs, qui deviendra en 1821 Coll\u00e8ge Stanislas, coll\u00e8ge de plein exercice.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les num\u00e9rotations des rues ne sont donn\u00e9es ici qu\u2019\u00e0 titre indicatif. Les num\u00e9ros se modifient en fonction de la construction de nouveaux immeubles faisant dispara\u00eetre les espaces des jardins ; les institutions, relativement rentables, sont parfois vendues et prennent souvent le nom du nouveau propri\u00e9taire ; les institutions d\u00e9m\u00e9nagent pour s\u2019agrandir et s\u2019\u00e9tablissent dans un autre quartier.<\/p>\n\n\n\n<p>LA NOTORI\u00c9T\u00c9 DES PENSIONS.<br>Au-del\u00e0 &lt; du clos et du couvert &gt; la dimension &lt; r\u00e9p\u00e9tition &gt; est un enjeu essentiel.<br>Aussi la notori\u00e9t\u00e9 d\u2019une pension se manifeste par le nombre de r\u00e9p\u00e9titeurs qu\u2019elle peut employer ; par les succ\u00e8s qu\u2019elle remporte, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9es, au Concours g\u00e9n\u00e9ral ; le nombre de candidats qu\u2019elle fait int\u00e9grer dans les grandes \u00e9coles [et notamment \u00e0 Polytechnique] ; la dur\u00e9e de vie de l\u2019institution [certaines ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es avant la R\u00e9volution fran\u00e7aise] ; et enfin la personnalit\u00e9 de son dirigeant.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des pensions disposent d\u2019un ou deux r\u00e9p\u00e9titeurs. Certaines davantage, mais tr\u00e8s rares celles qui en ont cinq ou six. Exceptionnelles sont les pensions comme celle de Pierre Roland Fran\u00e7ois Butet de la Sarthe, dite &lt; Institution polymathique &gt;, 47-49 rue de Clichy, avec vingt-neuf r\u00e9p\u00e9titeurs ; celle de Edme Marie Joseph Lemoine [1751-1816] ou &lt; Institution Polytechnique &gt;, rue Neuve-de-Berry, avec vingt-six r\u00e9p\u00e9titeurs, dont Jacques Philippe Marie Binet [1786-1856], professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole Polytechnique et Louis Jacques Th\u00e9nard [1777-1857], professeur du Coll\u00e8ge de France ; ou encore la pension de J. Hix, rue de Matignon, avec treize r\u00e9p\u00e9titeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>LES R\u00c9SULTATS AU PRIX D\u2019HONNEUR.<br>L\u2019importance des pensions se mesure par la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats que leurs pensionnaires obtiennent dans les examens officiels.<br>Chaque ann\u00e9e, on regarde le nombre de mentions que telle ou telle pension obtient dans la proclamation des r\u00e9sultats des lyc\u00e9es [ou coll\u00e8ges] : Louis-le-Grand ; Henri-IV ; Charlemagne ; Saint-Louis [apr\u00e8s 1820].<\/p>\n\n\n\n<p>Et plus particuli\u00e8rement les r\u00e9sultats au Concours g\u00e9n\u00e9ral.<br>Cr\u00e9\u00e9 en 1747, supprim\u00e9 en 1793, r\u00e9tabli en 1803, le Concours g\u00e9n\u00e9ral met en comp\u00e9tition les \u00e9l\u00e8ves des lyc\u00e9es parisiens, et \u00e0 partir de 1818, \u00e9galement les \u00e9l\u00e8ves du coll\u00e8ge de Versailles.<br>Son \u00e9preuve la plus prestigieuse est celle du discours latin [ou amplification latine], \u00e9preuve ouverte aux \u00e9l\u00e8ves, nouveaux ou v\u00e9t\u00e9rans, de la classe des Belles-Lettres [dite, \u00e0 partir de 1810, classe de Rh\u00e9torique] appelant un &lt; prix d\u2019honneur &gt;.<\/p>\n\n\n\n<p>La proclamation des r\u00e9sultats du Concours g\u00e9n\u00e9ral fait \u00e0 chaque fois l\u2019objet d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie se d\u00e9roulant en grande pompe, pr\u00e9sid\u00e9e le plus souvent par le Grand-Ma\u00eetre [Fontanes ; Cuvier ; Frayssinous ; etc.].<br>Devant l\u2019ensemble des instances administratives de l\u2019Instruction publique, c\u2019est \u00e0 dire les membres du Conseil imp\u00e9rial [ou royal], les Inspecteurs g\u00e9n\u00e9raux, les inspecteurs de l\u2019acad\u00e9mie de Paris, le personnel enseignant rassembl\u00e9, lui aussi en robe, applaudit au discours d\u2019apparat prononc\u00e9 en latin, par un professeur de rh\u00e9torique de l\u2019un des quatre \u00e9tablissements parisiens [Luce de Lancival, d\u2019Henri-IV ; Laya, de Charlemagne ; Deguerle de Condorcet ; etc.].<\/p>\n\n\n\n<p>LAUR\u00c9ATS DU PRIX D\u2019HONNEUR.<br>Ce &lt; prix d\u2019honneur &gt; est obtenu par Joseph Naudet, en 1803 [nouveau] et en 1804 [v\u00e9t\u00e9ran] ; Etienne Marie Antoine Mouzard, du lyc\u00e9e Imp\u00e9rial (Louis-le-Grand), en 1805 [nouveau] ; Joseph Victor Leclerc, du lyc\u00e9e Napol\u00e9on (Henri-IV) et Institution Dabot, en 1806 [nouveau] et en 1807 [v\u00e9t\u00e9ran] ; Antoine Sigismond Glandaz, de Charlemagne, en 1808 ; A. P. S. Petitjean, du lyc\u00e9e Napol\u00e9on, en 1809 ; Victor Cousin, de Charlemagne et Institution Lep\u00eetre, en 1810 [nouveau] ; Alexandre Martin Antoine Hourdou de Charlemagne et Institution Leroux, en 1811 [v\u00e9t\u00e9ran] ; etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces laur\u00e9ats conna\u00eetront une tr\u00e8s brillante carri\u00e8re :<br>Joseph Naudet [1786-1878], sera professeur du Coll\u00e8ge de France dans la chaire de Po\u00e9sie latine, Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Instruction publique, et administrateur g\u00e9n\u00e9ral de la Biblioth\u00e8que royale.<br>Joseph Victor Leclerc [1789-1865], sera professeur d\u2019\u00c9loquence latine \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres de Paris, et doyen de cette Facult\u00e9.<br>Victor Cousin [1792-1867], sera un temps ministre de l\u2019Instruction publique [1840], professeur de philosophie dans une des chaires de la Facult\u00e9 des Lettres de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>NOTORI\u00c9T\u00c9 DES DIRECTEURS D\u2019INSTITUTION.<br>Au lendemain de l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019examen du doctorat \u00e8s-lettres [1810], dans la nouvelle Universit\u00e9 imp\u00e9riale, trois chefs d\u2019institutions soutiennent avec succ\u00e8s leurs th\u00e8ses. Deux en 1811, un en 1812.<br>Le 14 f\u00e9vrier 1811, Andr\u00e9 Marie Ruinet, avec une th\u00e8se en latin, et une th\u00e8se de Belles-Lettres sur l\u2019Ode ; le 4 avril 1811 ; Alexis Bintot, avec une th\u00e8se latine : De dupilci hominis substantia, et une th\u00e8se en fran\u00e7ais : De l\u2019Apologie et de la Pastorale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 mars 1812, Pierre Fran\u00e7ois Cimttierre Saint-Amand, avec une th\u00e8se latine : Maximum orbis hujus aspectabilis miraculum homo, et une th\u00e8se en fran\u00e7ais : De l\u2019\u00c9pop\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>SOURCE.<br>\u2022 France-Archive. Portail national des Archives.<br>Fournit la liste des pensions de 1809 \u00e0 1868.<br>https:\/\/francearchives.fr\/facomponent\/e73ff376cfc8d665ddf3a41f26cd09128bf5b3f5<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Open Edition. Fran\u00e7oise Huguet. Les pensions et institutions priv\u00e9es secondaires.<br>https:\/\/journals.openedition.org\/histoire-education\/839.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Almanach royal 1820. Institutions du d\u00e9partement de la Seine.<br>https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k203757r\/f837.item<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout au long du XIX\u00e8me si\u00e8cle, Paris attire de toute la France les meilleurs \u00e9l\u00e8ves d\u00e9sireux de poursuivre leurs \u00e9tudes \u00e0 la Facult\u00e9 ou dans les \u00c9coles sup\u00e9rieures. Encore faut-il les loger. C\u2019est la fonction des pensions. Encore convient-il de c\u00e9l\u00e9brer les meilleures. 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