{"id":172,"date":"2011-09-14T20:57:44","date_gmt":"2011-09-14T20:57:44","guid":{"rendered":""},"modified":"2011-09-14T20:57:44","modified_gmt":"2011-09-14T20:57:44","slug":"Heine-un-reportage-a-l-Academie-des-Sciences-morales-et-politiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/histoire\/Heine-un-reportage-a-l-Academie-des-Sciences-morales-et-politiques.html","title":{"rendered":"Heine, un reportage \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des Sciences morales et politiques"},"content":{"rendered":"<em>Enthousiasm&eacute; par la R&eacute;volution de Juillet, le po&egrave;te allemand Henri Heine  [1797-1856] s&#39;installe en France fin mai 1831. Il y restera jusqu&#39;&agrave; sa  mort, en f&eacute;vrier 1856. Observateur passionn&eacute;, spirituel et caustique de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise,  il est un temps correspondant de l&#39;Augsb&uuml;rger Allgemeine Zeitung  [Gazette universelle d&#39;Augsbourg]. <\/em><!--more--><p>Entre f&eacute;vrier 1840 et juillet 1843, il adresse une quarantaine de correspondances. Ces &laquo; Lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France &raquo; paraissent anonymement. Mais ces rubriques, censure oblige, sont souvent tronqu&eacute;es ou modifi&eacute;es. Aussi Heine d&eacute;cide-t&#39;il, une dizaine d&#39;ann&eacute;es plus tard de les rassembler et de les publier dans leur int&eacute;gralit&eacute;. D&#39;abord en allemand, &agrave; Hambourg, chez Hoffman et Campe [1854]&nbsp; sous le titre de Lutezia, puis quelques mois plus tard en fran&ccedil;ais, dans le cadre d&#39;une &eacute;dition compl&egrave;te de ses &oelig;uvres entreprise &agrave; Paris, chez Michel L&eacute;vy, sous le titre de Lut&egrave;ce [1855].C&#39;est dans cette &eacute;dition que l&#39;on trouve ce que l&#39;on pourrait appeler un reportage sur une des s&eacute;ances publiques de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politique, celle du 15 mai 1841, pr&eacute;sid&eacute;e par Victor Cousin, et o&ugrave; l&#39;historien Fran&ccedil;ois Mignet, secr&eacute;taire perp&eacute;tuel, lit la notice qu&#39;il a r&eacute;dig&eacute; sur le l&eacute;gislateur et homme d&#39;&Eacute;tat Merlin de Douai.Sous les dehors charmeurs mais trompeurs de la l&eacute;g&egrave;ret&eacute;, Heine pose la question des acquis de&nbsp; l&#39;histoire :&nbsp; les conqu&ecirc;tes de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise, sont-elles en 1841, oui ou non, acquises une fois pour toutes.<\/p><p>LA S&Eacute;ANCE DU 15 MAI 1841. <\/p><p>LE TEXTE DE HENRI HEINE.<\/p><p>LA FRA&Icirc;CHEUR DE L&#39;ACAD&Eacute;MIE DES SCIENCES MORALES.<\/p><p>&laquo; Samedi dernier [1], la section de l&rsquo;Institut royal appel&eacute;e Acad&eacute;mie des sciences morales et politiques, a tenu une de ses s&eacute;ances les plus remarquables [2]. Le th&eacute;&acirc;tre &eacute;tait, comme d&rsquo;ordinaire, cette salle du palais Mazarin qui, par sa coupole &eacute;lev&eacute;e, comme par les personnages qui s&rsquo;y assemblent de temps &agrave; autre, rappelle si souvent le d&ocirc;me du Palais des Invalides. En effet, les autres sections de l&rsquo;Institut qui tiennent l&agrave; leur r&eacute;unions oratoires ne t&eacute;moignent que d&rsquo;une impuissance s&eacute;nile, mais l&rsquo;Acad&eacute;mie des sciences morales et politiques que je viens de nommer, fait une honorable exception et porte un caract&egrave;re de fra&icirc;cheur et de force. Dans cette section r&egrave;gne un esprit &eacute;lev&eacute;, tandis que l&rsquo;organisation et l&rsquo;esprit g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Institut royal sont tr&egrave;s-mesquins. Un homme spirituel fit remarquer avec beaucoup de justesse, que cette fois la partie &eacute;tait plus grande que le tout. Dans l&rsquo;assembl&eacute;e de samedi dernier respirait une animation toute juv&eacute;nile. M. Cousin qui pr&eacute;sidait [3], parla avec ce feu courageux qui parfois ne r&eacute;chauffe pas beaucoup, mais qui brille toujours [4] ;<\/p><p>MIGNET C&Eacute;L&Egrave;BRE MERLIN DE DOUAI.&hellip; <\/p><p>et surtout Mignet [5], qui avait &agrave; c&eacute;l&eacute;brer la m&eacute;moire de feu Merlin de Douai [6], l&rsquo;illustre jurisconsulte et membre de la Convention [7], pronon&ccedil;a un discours aussi beau et fleuri qu&rsquo;il l&rsquo;est lui-m&ecirc;me. Les dames qui assistent toujours en grand nombre aux s&eacute;ances de la section des sciences morales et politiques, quand le beau secr&eacute;taire perp&eacute;tuel y doit parler [8], viennent peut-&ecirc;tre en cet endroit plut&ocirc;t pour voir que pour entendre ; et comme beaucoup d&rsquo;entre elles sont fort jolies, leur aspect cause parfois quelque distraction dans l&rsquo;auditoire. Quant &agrave; moi, le sujet du discours de Mignet m&rsquo;attacha cette fois tout exclusivement, car le c&eacute;l&egrave;bre historien de la R&eacute;volution parla de nouveau d&rsquo;un des chefs les plus distingu&eacute;s du grand mouvement qui transforme la vie sociale des Fran&ccedil;ais, et chacune de ses paroles &eacute;tait le r&eacute;sultat de recherches int&eacute;ressantes. <\/p><p>LA VOIX DE L&#39;HISTORIEN.&hellip; <br \/>Oui, c&rsquo;&eacute;tait la voix de l&rsquo;historien, du v&eacute;ritable conservateur des archives de Clio, et il semblait tenir dans ses mains ces tablettes &eacute;ternelles, sur lesquelles la s&eacute;v&egrave;re d&eacute;esse a d&eacute;j&agrave; trac&eacute; son jugement. Seulement dans le choix des expressions et dans l&rsquo;intonation adoucissante et mitigeante, se manifestait parfois la tendance louangeuse, qui est le devoir traditionnel de l&rsquo;acad&eacute;micien. Et puis, Mignet est en m&ecirc;me temps homme d&#39;&Eacute;tat, et il devait, avec une prudence circonspecte, avoir &eacute;gard aux affaires du jour, en discutant le temps r&eacute;cemment pass&eacute;. C&rsquo;est une t&acirc;che scabreuse, de d&eacute;crire la temp&ecirc;te &agrave; peine calm&eacute;e, pendant que nous ne sommes pas encore arriv&eacute;s au port. <br \/><br \/>LE SOURIRE AMBIGU D&#39;ADOLPHE THIERS.<br \/>&hellip; Le vaisseau d&#39;&Eacute;tat fran&ccedil;ais n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas encore aussi solidement amarr&eacute; et abrit&eacute; que le bon Mignet se le figure dans la pastorale qui&eacute;tude de son &acirc;me. Non loin de l&rsquo;orateur, sur un des bancs en face de moi, j&rsquo;aper&ccedil;us M. Thiers [9], et son sourire fut pour moi tr&egrave;s-significatif aux endroits o&ugrave; Mignet parlait avec une trop grande satisfaction de la consolidation d&eacute;finitive des institutions modernes : c&rsquo;est ainsi que sourit &Eacute;ole, quand le beau Daphnis souffle dans son chalumeau paisible au calme rivage de la mer ! &raquo;.<br \/><br \/><strong>Notes<\/strong><br \/><\/p><blockquote>[1]. SAMEDI DERNIER.<br \/>Depuis la reconstitution de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, par l&#39;ordonnance royale du 26 octobre 1832, et tout au long du XIX &egrave;me si&egrave;cle, la s&eacute;ance ordinaire de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales se tient le samedi &agrave; midi.<br \/>Ce rendez-vous s&#39;harmonise avec celui des autres acad&eacute;mies : l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise se r&eacute;unit le jeudi &agrave; 2 heures et demie ; l&#39;Acad&eacute;mie des Inscriptions et belles-lettres, le vendredi &agrave; 3 heures ; l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences, le lundi &agrave; 3 heures ; l&#39;Acad&eacute;mie des Beaux-arts, le samedi &agrave; 3 heures. Ce qui autorise chaque personne de n&#39;importe quelle acad&eacute;mie de suivre les s&eacute;ances d&#39;une acad&eacute;mie dont il n&#39;est pourtant pas membre.<br \/><br \/>[2]. UNE DES S&Eacute;ANCES LES PLUS REMARQUABLES. <br \/>Il s&#39;agit de la s&eacute;ance publique annuelle de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, fix&eacute;e au 15 mai 1841.<br \/>Ouverte par le discours de Victor Cousin, elle d&eacute;clare les prix d&eacute;cern&eacute;s, indique les sujets de prix propos&eacute;s. Elle est compl&eacute;t&eacute;e par la lecture de la Notice historique sur la vie et les travaux de M. le comte Merlin par M. Mignet, secr&eacute;taire perp&eacute;tuel.<br \/><br \/>[3]. M. COUSIN PR&Eacute;SIDAIT.<br \/>Chaque ann&eacute;e, selon l&#39;usage, le vice-pr&eacute;sident de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques qui est &eacute;lu &agrave; la vice-pr&eacute;sidence, devient pr&eacute;sident l&#39;ann&eacute;e suivante.<br \/>Victor Cousin, ayant &eacute;t&eacute; &eacute;lu vice-pr&eacute;sident pour l&#39;ann&eacute;e 1840, devient automatiquement pr&eacute;sident en 1841. Il pr&eacute;side chacune des s&eacute;ances de l&#39;Acad&eacute;mie, et&nbsp; prononce &agrave; ce titre un certain nombre de discours d&#39;usage, dont celui de la s&eacute;ance publique annuelle.<br \/>Pour cette ann&eacute;e 1841 &eacute;voqu&eacute;e par Henri Heine, il se trouve que V. Cousin est en m&ecirc;me temps pr&eacute;sident de l&#39;Institut. Ceci, en fonction du calendrier qui veut que tous les cinq ans le pr&eacute;sident d&#39;une Acad&eacute;mie soit en m&ecirc;me temps le pr&eacute;sident de la r&eacute;union des cinq Acad&eacute;mies. Cinq ans auparavant, en 1836,&nbsp; B&eacute;renger de la Dr&ocirc;me pr&eacute;sident de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales, &eacute;tait lui aussi le pr&eacute;sident de l&#39;Institut ; cinq ans plus tard, en 1846, Charles Dunoyer pr&eacute;sident de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales, est &eacute;galement&nbsp; le pr&eacute;sident de l&#39;Institut.<br \/><br \/>Victor Cousin [1792-1867] a &eacute;t&eacute; &eacute;lu &agrave; l&#39;Institut, d&egrave;s son r&eacute;tablissement, le 27 septembre 1832. Il y a tout de suite jou&eacute; un r&ocirc;le important dans la section de Philosophie, o&ugrave; il fait &eacute;lire peu &agrave; peu ses disciples et amis.<br \/>En 1840, il a quitt&eacute; ses fonctions de directeur de l&#39;Ecole normale [septembre 1835-mars 1840], pour devenir pendant quelques mois le ministre de l&#39;Instruction publique, du 1er mars au 29 octobre 1840, dans le second minist&egrave;re Thiers. <br \/><br \/>[4]. CE FEU COURAGEUX QUI PARFOIS NE R&Eacute;CHAUFFE PAS BEAUCOUP.<br \/>Le talent d&#39;orateur de V. Cousin a toujours &eacute;t&eacute; signal&eacute;. On en a un parfait exemple avec le discours emphatique qu&#39;il prononce au cours de cette s&eacute;ance, et dans lequel il passe en revue les caract&eacute;ristiques de chacune des cinq sections : Philosophie, Morale, L&eacute;gislation et jurisprudence, &Eacute;conomie politique, Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique. <br \/>&laquo; Les sciences diverses dont la culture est confi&eacute;e &agrave; cette Acad&eacute;mie se rapportent toutes &agrave; un sujet unique, et ce sujet c&#39;est la nature humaine. La philosophie &eacute;tudie cette merveilleuse intelligence, qui, de ce point de l&#39;espace et du temps, o&ugrave; elle semble encha&icirc;n&eacute;e, s&#39;&eacute;lance dans l&#39;infini, embrasse le syst&egrave;me du monde et s&#39;&eacute;l&egrave;ve jusqu&#39;&agrave; son auteur. La morale s&#39;applique &agrave; reconna&icirc;tre les diff&eacute;rents motifs qui sollicitent notre libre volont&eacute; ; ici les passions qui charment ou agitent la vie, l&agrave; le devoir qui lui donne sa dignit&eacute; et son prix. La l&eacute;gislation et la jurisprudence soumettent &agrave; un examen &eacute;quitable les constitutions civiles et politiques qui jadis demeuraient inaccessibles dans leur majest&eacute; myst&eacute;rieuse [&hellip;]. L&#39;&eacute;conomie politique recherche quelles sont les v&eacute;ritables sources du bien-&ecirc;tre et de la prosp&eacute;rit&eacute; pour les &Eacute;tats et les particuliers. L&#39;histoire enfin, j&#39;entends l&#39;histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique, appuy&eacute;e sur les travaux accumul&eacute;s de l&#39;&eacute;rudition et de la critique [&#8230;] &raquo;.<br \/><br \/>[5]. ET SURTOUT MIGNET.<br \/>L&#39;historien Fran&ccedil;ois Auguste Marie Mignet [1796-1884], auteur d&#39;une Histoire de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise de 1789 jusqu&#39;en 1814, est membre titulaire&nbsp; de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section d&rsquo;Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique [fauteuil 6], d&egrave;s 1832, au moment de la reconstitution de l&#39;Acad&eacute;mie. <br \/>Membre de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, en d&eacute;cembre 1836, Mignet est &eacute;lu le 8 mai 1837 secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, &agrave; la suite du d&eacute;c&egrave;s du premier secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, Fran&ccedil;ois Charles Louis Comte [1782-1837], survenu le 13 avril 1837. Mignet restera en fonction comme secr&eacute;taire perp&eacute;tuel jusqu&#39;au 28 octobre 1882, date &agrave; laquelle, pour des raisons de sant&eacute;, il se d&eacute;met de son poste.<br \/><br \/>Henri Heine est un admirateur de Fran&ccedil;ois Mignet. Il a, semble-t&#39;il,lu, d&egrave;s sa parution en 1824, son Histoire de la r&eacute;volution fran&ccedil;aise. Il est certain qu&#39;au printemps 1830, retir&eacute; &agrave; Wandsbeck, pr&egrave;s de Hambourg, Heine se livre &agrave; l&#39;&eacute;tude de Fran&ccedil;ois Mignet et d&#39;Adolphe Thiers.<br \/>Ce sont, &agrave; partir de 1831, des rapports amicaux qui vont se cr&eacute;er entre Heine et Mignet. Et lorsque Heine mourra en f&eacute;vrier 1856, Fran&ccedil;ois Mignet assistera &agrave; son inhumation au cimeti&egrave;re de Montmartre le 20 f&eacute;vrier. <br \/><br \/>[6]. MERLIN DE DOUAI.<br \/>Philippe Antoine comte Merlin, dit Merlin de Douai [1754-1838]. L&rsquo;ordonnance royale du 26 octobre 1832, l&#39;avait nomm&eacute; &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, dans la section de L&eacute;gislation [fauteuil 2], au moment de son r&eacute;tablissement. <br \/>Il avait &eacute;t&eacute; &eacute;lu, sous le Directoire, le 8 d&eacute;cembre 1795, membre r&eacute;sidant de la deuxi&egrave;me Classe : Sciences morales et politiques, section de Sciences sociales et l&eacute;gislation [fauteuil 3]. <br \/>Au moment de la r&eacute;organisation de 1803, alors que la classe des Sciences sociales est supprim&eacute;e, Philippe Antoine Merlin est nomm&eacute; par arr&ecirc;t&eacute; du 28 janvier 1803, membre de la Classe de la langue et de la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise, qui reprendra ult&eacute;rieurement l&#39;appellation d&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise. <br \/><br \/>[7]. L&#39;EXCLUSION DE MERLIN, ILLUSTRE JURISCONSULTE.<br \/>Au moment de la r&eacute;organisation de 1816, Philippe Antoine Merlin est exclu de l&rsquo;Institut, en tant que r&eacute;gicide, par l&#39;ordonnance royale du 21 mars 1816, sign&eacute;e par Louis XVIII et contresign&eacute;e par Vincent Marie Vi&eacute;not Vaublanc [1765-1845], ministre de l&#39;Int&eacute;rieur dans le minist&egrave;re Richelieu.<br \/>Il fait ainsi parti des onze personnalit&eacute;s de cette section qui sont exclues : Antoine Vincent Arnault [1766-1834] ; Hugues Bernard Maret de Bassano [1763-1839] ; Lucien Bonaparte [1775-1840] ; Joseph Garat [1749-1833] ; Jean Jacques R&eacute;gis Cambac&eacute;r&egrave;s [1757-1824] ; Charles Guillaume &Eacute;tienne [177&egrave;-1845] ; le cardinal Jean Sifrein Maury [1746-1817] ; Philippe Antoine Merlin [1754-1838] ; Regnaud de Saint Jean d&#39;Ang&eacute;ly [1760-1819] ; Pierre Louis Roederer [1795-1835] ; Emmanuel Joseph Siey&egrave;s [1748-1836].<br \/>Le texte de la notice de Fran&ccedil;ois Mignet signale le bannissement : &laquo; Il se r&eacute;fugia en Belgique. Mais on ne le trouva pas assez &eacute;loign&eacute; de la France, et un ordre des puissances alli&eacute;es enjoignit au roi des Pays-Bas de mettre un terme &agrave; la dangereuse hospitalit&eacute; qu&#39;il exer&ccedil;ait envers des vaincus et des vieillards. Ce fut un exil dans l&#39;exil [&hellip;] &raquo;.<br \/>La nomination de Merlin de Douai, au moment du r&eacute;tablissement de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, appara&icirc;t comme un effacement des mesures de la Restauration et une r&eacute;paration.<br \/><br \/>[8]. LE BEAU SECR&Eacute;TAIRE Y DOIT PARLER.<br \/>Philippe Antoine Merlin, dit Merlin de Douai pour le distinguer de Merlin de Thionville [1754-1838] est mort le 26 d&eacute;cembre 1838, &agrave; Paris, alors qu&#39;il est dans sa quatre-vingt-cinqui&egrave;me ann&eacute;e. C&#39;est &agrave; la suite de la R&eacute;volution de Juillet en 1830 qu&#39;il est autoris&eacute; &agrave; rentrer en France. <br \/>La tradition de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales ne conna&icirc;t pas la pratique de l&#39;&eacute;loge prononc&eacute; par celui qui est &eacute;lu au fauteuil du d&eacute;funt. Merlin, apr&egrave;s son d&eacute;c&egrave;s est remplac&eacute; par Joseph [Marie] Portalis [1778-1858], premier pr&eacute;sident de la Cour de cassation, &eacute;lu le 9 f&eacute;vrier 1839, et d&eacute;j&agrave; membre libre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques depuis le 18 janvier&nbsp;1837.<br \/>Mais c&#39;est Fran&ccedil;ois Mignet, en tant que secr&eacute;taire perp&eacute;tuel, qui r&eacute;dige la Notice, valant &eacute;loge mortuaire.<br \/><br \/>C&#39;est aussi en tant que secr&eacute;taire perp&eacute;tuel que Fran&ccedil;ois Mignet lit en 1836 la Notice de l&#39;abb&eacute; Siey&egrave;s [1748-1836] ; en 1837, celle de Pierre Louis Roederer [1754-1835] ; en 1839, celle de Talleyrand [1754-1838] ; en 1843, celle de Pierre Claude Fran&ccedil;ois Daunou [1761-1841] ;&nbsp; 1850, celle de Cabanis [175&egrave;-1808] ; en 1857, celle de Joseph Lakanal [1762-1845].<br \/><br \/>Henri Heine rendra compte aussi, dans Lut&egrave;ce [page 360], de mani&egrave;re assez ironique, de la s&eacute;ance du 27 mai 1843, o&ugrave; Fran&ccedil;ois Mignet lit la notice consacr&eacute;e &agrave; Daunou : &laquo; Le beau Mignet porte toujours sa chevelure dor&eacute;e et fris&eacute;e, comme il y a douze ans, et son visage est toujours fleuri comme celui des Olympiens &raquo;.<br \/><br \/>[9]. ADOLPHE THIERS.<br \/>Adolphe Thiers [1797-1877], membre de l&#39;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise depuis juin 1833, &eacute;tait l&#39;auteur d&#39;une Histoire de la R&eacute;volution, publi&eacute;e de 1823 &agrave; 1827, et lue attentivement par Henri Heine.&nbsp; <br \/>En 1841, plusieurs fois ministre [du Commerce, des Travaux publics, de l&#39;int&eacute;rieur] Thiers a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; &agrave; deux reprises chef du gouvernement, de f&eacute;vrier &agrave; septembre 1836 et de mars &agrave; octobre 1840.<br \/>Adolphe Thiers a&nbsp; &eacute;t&eacute; &eacute;lu le 26 d&eacute;cembre 1840, &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, dans la section d&rsquo;Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique.<br \/>D&eacute;put&eacute; des Bouches-du-Rh&ocirc;ne depuis 1831, et constamment r&eacute;&eacute;lu ; fondateur du journal Le National, avec Armand Carrel et Fran&ccedil;ois Mignet, Adolphe Thiers si&egrave;ge &agrave; la Chambre des d&eacute;put&eacute;s dans l&#39;opposition de centre-gauche.<br \/><\/blockquote><p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Enthousiasm&eacute; par la R&eacute;volution de Juillet, le po&egrave;te allemand Henri Heine  [1797-1856] s&#39;installe en France fin mai 1831. Il y restera jusqu&#39;&agrave; sa  mort, en f&eacute;vrier 1856. Observateur passionn&eacute;, spirituel et caustique de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise,  il est un temps correspondant de l&#39;Augsb&uuml;rger Allgemeine Zeitung  [Gazette universelle d&#39;Augsbourg]. <\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":["post-172","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=172"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}