{"id":168,"date":"2011-08-15T21:45:09","date_gmt":"2011-08-15T21:45:09","guid":{"rendered":""},"modified":"2011-08-15T21:45:09","modified_gmt":"2011-08-15T21:45:09","slug":"Le-premier-concours-de-philosophie-de-l-Academie-des-Sciences-morales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/histoire\/Le-premier-concours-de-philosophie-de-l-Academie-des-Sciences-morales.html","title":{"rendered":"Le premier concours de philosophie de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Sciences morales"},"content":{"rendered":"<p><em>L&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, d&egrave;s sa reconstitution en octobre 1832, veille &agrave; renouer avec sa tradition de concours richement dot&eacute;s, pour chacune de ses cinq  sections : Philosophie ; Morale ; L&eacute;gislation, droit public et jurisprudence ; &Eacute;conomie politique et statistique ; Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique. On trouvera ci-dessous, les r&eacute;sultats du premier concours de philosophie sur Aristote.<\/em><\/p> <!--more-->SOURCES.<br \/>Depuis janvier 1842, soit un peu moins de dix ans apr&egrave;s sa reconstitution, l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, publie chaque ann&eacute;e un compte rendu tr&egrave;s d&eacute;taill&eacute; des S&eacute;ances et travaux de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. <br \/>Le d&eacute;pouillement de ces comptes-rendus, parus annuellement, r&eacute;dig&eacute;s par Charles Verg&eacute; et M. Loiseau, puis par Charles Verg&eacute; seul, sous la direction de Fran&ccedil;ois Mignet, secr&eacute;taire perp&eacute;tuel de l&#39;Acad&eacute;mie [Paris : Alphonse Picard, libraire-&eacute;diteur, 82 rue Bonaparte], permet d&#39;acc&eacute;der aux informations concernant l&#39;ensemble des concours propos&eacute;s r&eacute;guli&egrave;rement par les diff&eacute;rentes sections.<br \/><br \/>D&#39;autre part, en d&eacute;cembre 1901, l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques a fait para&icirc;tre, sous le titre Concours de l&#39;Acad&eacute;mie, la liste int&eacute;grale des &laquo; sujets propos&eacute;s, prix et r&eacute;compenses d&eacute;cern&eacute;s, liste des livres couronn&eacute;s ou r&eacute;compens&eacute;s &raquo;, pour la p&eacute;riode 1834-1900 [Paris : Imprimerie nationale. in-8, 260 p., d&eacute;cembre 1901].<br \/><br \/>C&#39;est &agrave; partir de ces deux sources, compl&eacute;t&eacute;es succinctement d&#39;informations biographiques et bibliographiques, que sont repris les renseignements portant&nbsp; sur le premier concours de Philosophie de l&#39;Acad&eacute;mie concernant l&#39;Examen critique de l&#39;ouvrage d&#39;Aristote, intitul&eacute; M&eacute;taphysique.<br \/><br \/>1833. Prix du Budget.<br \/>EXAMEN CRITIQUE DE L&#39;OUVRAGE D&#39;ARISTOTE, INTITUL&Eacute; : M&Eacute;TAPHYSIQUE. <br \/><br \/>Le sujet : Examen critique de l&#39;ouvrage d&#39;Aristote, intitul&eacute; M&eacute;taphysique, sur proposition de Victor Cousin, est mis au concours le 22 juin 1833. Il est adopt&eacute; le 10 ao&ucirc;t 1833. Le terme est fix&eacute; au 31 d&eacute;cembre 1834. <br \/><br \/>Le montant du prix est fix&eacute; &agrave; mille cinq cents francs.<br \/><br \/>PROGRAMME.<br \/>Le programme est d&eacute;fini de la mani&egrave;re suivante : <br \/>1. Faire conna&icirc;tre cet ouvrage par une analyse &eacute;tendue et en d&eacute;terminer le plan.<br \/>2. En faire l&#39;histoire, en signaler l&#39;influence sur les syst&egrave;mes ult&eacute;rieurs dans l&#39;antiquit&eacute; et dans les temps modernes.<br \/>3.Rechercher et discuter la part d&#39;erreur et la part de v&eacute;rit&eacute; qui s&#39;y trouvent, et quelles y sont les id&eacute;es qui subsistent encore aujourd&#39;hui ou qui pourraient entrer utilement dans la philosophie de notre si&egrave;cle.<br \/><br \/>Neuf m&eacute;moires ont &eacute;t&eacute; remis.<br \/><br \/>RAPPORT.<br \/>Le rapport de Victor Cousin est lu dans les s&eacute;ances des samedis 4 et 11 avril 1835.<br \/><br \/>Publi&eacute; dans les M&eacute;moires de l&#39;Acad&eacute;mie royale des Sciences morales et politiques de l&#39;Institut de France, 1837, tome I [deuxi&egrave;me s&eacute;rie], p. 381-472. [Paris : de l&#39;Imprimerie de Firmin Didot fr&egrave;res et Cie. Imprimeurs de l&#39;Institut, rue Jacob, n&deg; 56. In-4, 638 p., 1837].<br \/><br \/>PREMIER PRIX D&Eacute;CERN&Eacute; &Agrave; F&Eacute;LIX RAVAISSON.<br \/>Le prix est d&eacute;cern&eacute; &agrave; F&eacute;lix Ravaisson, &laquo; qui a remport&eacute;, il y a deux ans, le prix d&#39;honneur de philosophie au concours g&eacute;n&eacute;ral des coll&egrave;ges de Paris &raquo;, &eacute;tudiant &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris.<br \/><br \/>M&eacute;moire n&deg;9, in-folio 281 pages. [Archives de l&#39;Institut].<br \/><br \/>F&eacute;lix Ravaisson [1813-1900], agr&eacute;gation de philosophie en 1836, docteur &egrave;s-lettres [Paris, 1838], Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral des biblioth&egrave;ques une premi&egrave;re fois en 1839 [1839-1845], puis une nouvelle fois en 1847 [1847-1852], Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral de l&#39;enseignement sup&eacute;rieur, pour les lettres [1852-1888].<br \/><br \/>Membre ordinaire de l&#39;Acad&eacute;mie des Inscriptions et belles-lettres, &eacute;lu le 9 novembre 1849 ; membre titulaire de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, dans la section de Philosophie,&nbsp; &eacute;lu le 30 avril 1881.<br \/><br \/>Le 29 novembre 1884, F&eacute;lix Ravaisson pr&eacute;sente le rapport sur le Scepticisme dans l&#39;antiquit&eacute; grecque [Prix Victor Cousin, propos&eacute; en avril 1881] ; et le 5 ao&ucirc;t 1893,&nbsp; pr&eacute;sente le rapport sur l&#39;Histoire et examen critique de la philosophie atomistique [Prix Victor Cousin, propos&eacute; en juin 1889]. <br \/><br \/>DEUXI&Egrave;ME PRIX D&Eacute;CERN&Eacute; &Agrave; KARL LUDWIG MICHELET.<br \/>Un deuxi&egrave;me prix, est d&eacute;cern&eacute; &agrave; Karl Ludwig Michelet, docteur en philosophie, professeur extraordinaire dans la facult&eacute; philosophique &agrave; Berlin, &laquo; d&eacute;j&agrave; connu par plusieurs ouvrages estim&eacute;s, entre autre une &eacute;dition en deux volumes de la Morale d&#39;Aristote [Aristotelis Ethicorum Nicomacheorum libri decem, Berolini, 1829-1835] et un trait&eacute; sur la Morale d&#39;Aristote [Die Ethik des Aristoteles, Berlin, 1827].<br \/><br \/>M&eacute;moire n&deg;5, sur feuilles volantes, in-4, 371 p. ; et une copie , qui para&icirc;t &ecirc;tre de la main de l&#39;auteur, sur cahier cartonn&eacute;, in-4, 250 p., avec une pr&eacute;face de huit pages [Archives de l&#39;Institut].<br \/><br \/>Karl Ludwig Michelet [1801-1893] et Victor Cousin [1792-1867] se connaissent de longue date. Victor Cousin l&#39;a&nbsp; rencontr&eacute; une premi&egrave;re fois &agrave; Berlin en 1825, au cours de son troisi&egrave;me voyage en Allemagne.<br \/>Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; laur&eacute;at de l&#39;Institut, plusieurs lettres sont &eacute;chang&eacute;es entre V. Cousin et K. L. Michelet entre avril et juillet 1835. En m&ecirc;me temps, comme &agrave; son habitude, Cousin lui envoie ses tir&eacute;s &agrave; part.<br \/>La correspondance se poursuit, d&rsquo;autant que K. L. Michelet esp&egrave;re pouvoir venir enseigner en France dans une chaire &agrave; cr&eacute;er, par exemple au coll&egrave;ge de France, sur la philosophie d&rsquo;Aristote.<br \/>Il souhaite aussi concourir sur l&rsquo;Examen critique de la philosophie allemande propos&eacute; par l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques [d&eacute;cembre 1836]. Mais le prix, report&eacute; &agrave; plusieurs reprises, sera finalement d&eacute;cern&eacute; en 1845 &agrave; Joseph Willm [1790-1853], Inspecteur de l&#39;Acad&eacute;mie de Strasbourg.<br \/>K. L. Michelet aimerait m&ecirc;me devenir correspondant de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. Mais, c&#39;est Christian Auguste Brandis [1790-1867], et non Michelet, que Victor Cousin&nbsp; fait &eacute;lire comme correspondant en juin 1837, en remplacement de Friedrich von Schelling qui passe de correspondant [1834] &agrave; membre associ&eacute; &eacute;tranger [1835].<br \/><br \/>Tant et si bien que les relations se distendent. Et tandis que, vers 1847, V. Cousin finit par d&eacute;clarer que la philosophie h&eacute;g&eacute;lienne a caus&eacute; tous les maux dont la France et surtout l&#39;Allemagne sont maintenant atteintes, K. L. Michelet lui adresse, en fran&ccedil;ais, une lettre ouverte de protestation qui para&icirc;t dans la toute jeune revue d&#39;Am&eacute;d&eacute;e Jacques : La Libert&eacute; de penser. [Vingt-troisi&egrave;me livraison, 15 octobre 1849]. <br \/>http:\/\/pages.textesrares.com\/index.php\/Philo19\/Hegel-ou-le-malheur-de-la-philosophie.html<br \/><br \/>MENTION HONORABLE &Agrave; JOSEPH TISSOT.<br \/>Une mention honorable est d&eacute;cern&eacute;e &agrave; Joseph* Tissot, agr&eacute;g&eacute; de philosophie de l&#39;ann&eacute;e 1831, professeur de philosophie au coll&egrave;ge royal de Dijon, &laquo; et qui est sur le point de publier une traduction de l&#39;Histoire de la philosophie ancienne de Ritter &raquo;. <br \/><br \/>M&eacute;moire n&deg;51. Pli ouvert le 16 avril 1835. Manuscrit in-4, IV-196 pages, plus un grand tableau&nbsp; [Archives de l&#39;Institut].<br \/><br \/>Joseph Tissot [1801-1876], agr&eacute;g&eacute; de philosophie de l&#39;ann&eacute;e 1831, docteur &egrave;s-lettres [Dijon, 1831]. Professeur de philosophie &agrave; Bourges [1834], puis au coll&egrave;ge de Dijon. Futur charg&eacute; du cours [1836-1839], puis professeur titulaire de la chaire de Philosophie &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Dijon [1839-1870]. Doyen de la Facult&eacute; des Lettres de Dijon [1868]. <br \/><br \/>Joseph Tissot participe &agrave; plusieurs concours de la section de Philosophie de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques : celui de 1833, sur l&#39;Examen critique de l&#39;ouvrage d&#39;Aristote, intitul&eacute; M&eacute;taphysique, o&ugrave;&nbsp; il obtient une mention honorable ; celui de 1835, sur l&#39;Examen critique&nbsp; de l&#39;Organum d&#39; Aristote, o&ugrave; il obtient une mention honorable ; celui de 1850, sur l&#39;Examen critique des principaux syst&egrave;mes modernes de Th&eacute;odic&eacute;e, o&ugrave; il obtient une mention honorable ; celui de 1866, Exposer la philosophie de Kant, o&ugrave; il re&ccedil;oit le prix de mille cinq cents francs [partag&eacute; avec Th&eacute;ophile Desdouits]&nbsp; ; celui de 1867, sur la Folie consid&eacute;r&eacute;e au point de vue philosophique, o&ugrave; il re&ccedil;oit une m&eacute;daille de mille cinq cents francs. <br \/><br \/>&Eacute;lu correspondant de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie, le 27 f&eacute;vrier 1869.<br \/><br \/>PUBLICATION DE RAVAISSON EN LIAISON AVEC SON M&Eacute;MOIRE.<br \/>F&eacute;lix Ravaisson fait para&icirc;tre en 1837 : Essai sur la M&eacute;taphysique d&#39;Aristote, Ouvrage couronn&eacute; par l&#39;Institut [Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques] par F&eacute;lix Ravaisson. Tome I [Paris :&nbsp; imprim&eacute; par autorisation du Roi, Imprimerie royale. In-8, VII-599 p., 1837]. Avec une citation d&#39;Aristote, en grec. M&eacute;taphysique I, XII. Avec un Avant-Propos.<br \/><br \/>En 1846 : Essai sur la M&eacute;taphysique d&#39;Aristote par F&eacute;lix Ravaisson. Tome II [Paris : Librairie de Joubert, &eacute;diteur, rue des Gr&egrave;s-Sorbonne, 11 . In-8, VI-584 p., 1846].&nbsp; Avec la m&ecirc;me citation d&#39;Aristote, en grec. M&eacute;taphysique I, XII.<br \/><br \/>Avec un texte pr&eacute;alable de deux pages, en date du 23 d&eacute;cembre 1845, dans lesquelles Ravaisson annonce le projet de quatre volumes : le deuxi&egrave;me volume que je publie aujourd&#39;hui, se termine avec la philosophie ancienne.<br \/>Le troisi&egrave;me contiendra l&#39;histoire de la M&eacute;taphysique, dans le Juda&iuml;sme, le Christianisme et l&#39; Islamisme, en Orient et en Occident jusqu&#39;&agrave; la fin du moyen &acirc;ge.<br \/>Le quatri&egrave;me volume contiendra l&#39;histoire de la M&eacute;taphysique dans les temps modernes, et la Conclusion de tout l&#39;ouvrage. <br \/><br \/>Il adresse aussi ses remerciements &agrave; &laquo; Hector Poret, mon ancien ma&icirc;tre [qui] n&#39;a cess&eacute; de me pr&ecirc;ter, pour la r&eacute;vision des &eacute;preuves, le concours de son amiti&eacute; et de son savoir. Je dois beaucoup &agrave; ses conseils et &agrave; ses soins. Qu&#39;il me soit permis de l&#39;en remercier ici &raquo;.<br \/>Ravaisson a &eacute;t&eacute;, en 1831-1832, dans la classe de philosophie, l&#39;&eacute;l&egrave;ve d&#39; Hector Poret [1799-1864] au coll&egrave;ge Rollin, alors que ce dernier, succ&eacute;dant &agrave; Jean Philibert Damiron, remplace Victor Cousin dans la chaire de la philosophie ancienne &agrave; la Facult&eacute; des Lettres de Paris. <br \/><br \/>Ce n&#39;est qu&#39;en 1953 que para&icirc;tront des Fragments du Tome III [Hell&eacute;nisme-Juda&iuml;sme-Christianisme] d&#39;apr&egrave;s des manuscrits in&eacute;dits avec une introduction, publi&eacute;s dans le cadre de sa Th&egrave;se compl&eacute;mentaire par Charles Devivaise [Paris : Librairie philosophique J. Vrin. In-8, 159 p.,1953].<br \/><br \/>PUBLICATION DE MICHELET EN LIAISON AVEC SON M&Eacute;MOIRE.<br \/>Karl Ludwig fait para&icirc;tre en 1836 : Examen critique de l&#39;ouvrage d&#39;Aristote, intitul&eacute; M&eacute;taphysique. Ouvrage couronn&eacute; par l&#39;Acad&eacute;mie des sciences morales et politiques de l&#39;institut royal de France, en l&#39;ann&eacute;e 1835 par Ch. L. Michelet. Docteur en philosophie, Professeur extraordinaire dans la facult&eacute; philosophique &agrave; l&#39;Universit&eacute; de Berlin. J. A. M.&nbsp; [Paris : &agrave; la Librairie grecque-latine-allemande-anglaise et d&eacute;partementale de J.-A. Mercklein, rue des Beaux-Arts, n&deg; 11. In-8, XLVIII-322 p.,1836]. <br \/>Comporte un long Avant-Propos du libraire-&eacute;diteur [reprenant le texte du Programme du concours, et la partie du rapport de V. Cousin consacr&eacute; au M&eacute;moire n&deg;5, c&#39;est &agrave; dire au M&eacute;moire de Michelet] et une courte pr&eacute;face de K. L. Michelet, dat&eacute;e de Berlin, le 8 d&eacute;cembre 1835.<br \/><br \/>UNE NOUVELLE ORIENTATION DONN&Eacute;E PAR VICTOR COUSIN.<br \/>Depuis 1820, Victor Cousin a entrepris une s&eacute;rie d&#39;&eacute;ditions savantes : celles des &oelig;uvres de Proclus, texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827 ; traduction des &oelig;uvres de Platon, en treize volumes [1822-1840], traduction commenc&eacute;e en 1822, et dont le tome huit para&icirc;t en 1832 ; enfin, une &eacute;dition des &oelig;uvres de Descartes, en onze volumes, men&eacute;e &agrave; bien de 1824 &agrave; 1826. <br \/>Quant &agrave; l&#39;&eacute;dition des Oeuvres de Maine de Biran, elle est esquiss&eacute;e en 1832 et se poursuivra jusqu&#39;en 1841. <br \/><br \/>Avec la R&eacute;volution de 1830, Victor Cousin occupe socialement une position dominante. Il est nomm&eacute;, en ao&ucirc;t membre du Conseil royal de l&rsquo;Instruction publique. Devient, pour de nombreuses ann&eacute;es, pr&eacute;sident du jury d&#39;agr&eacute;gation de philosophie. En septembre, est nomm&eacute; professeur titulaire dans la chaire d&rsquo;Histoire de la philosophie ancienne &agrave; la facult&eacute; des Lettres de Paris.<br \/>Enfin, apr&egrave;s s&#39;&ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute; une premi&egrave;re fois en avril 1830, est &eacute;lu &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie Fran&ccedil;aise le 18 novembre 1830. <br \/>Deux ans plus tard, en d&eacute;cembre 1832, est &eacute;lu, sans difficult&eacute; majeure, membre de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques reconstitu&eacute;e, o&ugrave; pendant plus de trente ans il va jouer un r&ocirc;le majeur. <br \/><br \/>Avec le premier concours de philosophie de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, qui renoue avec la tradition des prix de l&#39;Institut de France, Victor Cousin cherche &agrave; donner une nouvelle orientation aux recherches qu&#39;il patronne. <br \/><br \/>Depuis 1830, il n&#39;enseigne plus &agrave; la Facult&eacute; des Lettres, o&ugrave; il se fait remplacer en 1830-1831 par Jean Philibert Damiron [1830-1831], puis l&#39;ann&eacute;e suivante, jusqu&#39;en 1838, par Hector Poret [1831-1838].<br \/>Il ne conserve son enseignement qu&#39;en troisi&egrave;me ann&eacute;e de l&#39;&Eacute;cole normale. Et, en 1836, comme en t&eacute;moigne Jules Simon : &laquo; Il ne fit pas autre chose que de lire avec nous le XII &egrave;me livre de la M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote. Il fit de m&ecirc;me en 1837 &raquo;. <br \/><br \/>De m&ecirc;me plusieurs th&egrave;ses de doctorat soutenues &agrave; Paris, &agrave; partir de 1836, sont consacr&eacute;es &agrave; Aristote : la th&egrave;se latine de M. B. Jullien sur De physica Aristotelis ; la th&egrave;se fran&ccedil;aise d&#39; &Eacute;tienne&nbsp; Vacherot sur la Th&eacute;orie des premiers principes d&#39;Aristote. En 1837, la th&egrave;se fran&ccedil;aise d&#39; Am&eacute;d&eacute;e Jacques, sur Aristote consid&eacute;r&eacute; comme historien de la philosophie. En 1839, la th&egrave;se latine de Jules Simon De Deo Aristotelis.<br \/><br \/>En m&ecirc;me temps Victor Cousin veille &agrave; inscrire La M&eacute;taphysique d&#39;Aristote dans le programme du concours d&#39;agr&eacute;gation.<br \/><br \/>Aussi peut-on parler, &agrave; propos de Victor Cousin &laquo; d&#39;un retour &agrave; Aristote &raquo;. http:\/\/pages.textesrares.com\/index.php\/Philo19\/Victor-Cousin-et-le-retour-dAristote.html<br \/><br \/>LE DEUXI&Egrave;ME CONCOURS SUR ARISTOTE.<br \/>Continuant dans la m&ecirc;me orientation, deux ans plus tard, en 1835, pour un second Prix du Budget, Victor Cousin fait adopter un nouveau sujet de concours :&nbsp; l&#39;Examen critique de l&#39; Organum d&#39;Aristote. <br \/>Le prix sera remis en novembre 1837, &agrave; Jules Barth&eacute;lemy Saint-Hilaire, qui a entrepris parall&egrave;lement le consid&eacute;rable travail de traduire la totalit&eacute; des textes d&#39;Aristote qui nous sont parvenus ; et qui en 1837 a d&eacute;j&agrave; publi&eacute; les deux volumes de sa traduction de la Politique d&#39;Aristote traduite en fran&ccedil;ais d&#39;apr&egrave;s le texte collationn&eacute; sur les manuscrits et les &eacute;ditions principales par J. Barth&eacute;lemy-St-Hilaire [Paris : Imprim&eacute; par autorisation du Roi &agrave; l&#39; Imprimerie royale. Deux volumes in-8, 1837]. &nbsp;<br \/>Ainsi, entre&nbsp; ao&ucirc;t 1833 et novembre 1837, avec ces deux concours, ce seront onze m&eacute;moires sur Aristote d&eacute;pos&eacute;s au secr&eacute;tariat de l&#39;Institut, dont cinq seront distingu&eacute;s par des prix ou des mentions.<br \/><br \/>ADOLPHE FRANCK ET L&#39;ANALYSE &Eacute;TENDUE DE L&#39;ORGANUM.<br \/>Sans oublier le travail d&#39;Adolphe Franck, hors d&eacute;lai pour remettre &agrave; temps son travail aupr&egrave;s de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques pour le second concours, mais qui, sous l&#39;amicale pression de Victor Cousin, publie en 1838 : *Esquisse d&#39;une histoire de la logique, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&#39;une analyse &eacute;tendue de l&#39;Organum d&#39;Aristote [Paris&nbsp;: Librairie classique de L. Hachette, Rue Pierre Sarrasin, n&deg;12. In-8, XV-315 p.,M.DCCC.XXXVIII].<br \/><br \/>VICTOR COUSIN ET LA M&Eacute;TAPHYSIQUE D&#39;ARISTOTE.<br \/>Le texte du rapport de Victor Cousin sur le premier concours, lu&nbsp; dans les s&eacute;ances du 4 et 11 avril 1835 est &eacute;dit&eacute;, comme le voudra ult&eacute;rieurement l&#39;usage, dans les M&eacute;moires de l&#39;Acad&eacute;mie royale des Sciences morales et politiques de l&#39;Institut de France. <br \/><br \/>Mais cette impression ne para&icirc;tra qu&#39;en 1837, m&eacute;lang&eacute; &agrave; d&#39;autres compte-rendus, dans un format in-4, peu maniable, et d&#39;une diffusion n&eacute;cessairement restreinte.<br \/>Aussi, dans un souci de promotion qui lui est familier, Victor Cousin veille-t-il tout de suite &agrave; publier, par lui-m&ecirc;me, le texte du rapport, sous forme d&#39;un ouvrage de l&#39;ordre de deux-cents pages, et sous le titre : <br \/>*De la M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote. Rapport sur le Concours ouvert par l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques&nbsp;; suivi d&#39;un Essai de traduction du premier livre de la M&eacute;taphysique, par V. Cousin. [Paris : chez Ladrange, libraire, quai des Augustins, n&deg;19. in-8, VII-185 p., 1835].<br \/><br \/>Ce livre comporte un Avant-propos [pages I-VII] r&eacute;dig&eacute; par V. Cousin, et sign&eacute; en date du 1er juin 1835 [un mois et demi apr&egrave;s la lecture officielle].<br \/>Contient &eacute;galement [pages1&ndash;120] le Rapport &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, sur les M&eacute;moires envoy&eacute;s pour concourir au prix de philosophie, propos&eacute; en 1833 et &agrave; d&eacute;cerner en 1835, sur la M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote, au nom de la section de philosophie, par M. V. Cousin, lu dans les s&eacute;ances de 4 et du 11 avril 1835.<br \/>Contient &eacute;galement [pages 121-178] la traduction des neuf chapitres du premier livre de la M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote.<br \/>On sait que cette traduction, sign&eacute;e V. Cousin, a &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e en collaboration avec Am&eacute;d&eacute;e Jacques [1813-1865], &eacute;l&egrave;ve de troisi&egrave;me ann&eacute;e de l&#39;Ecole normale en 1834-1835.<br \/>Contient enfin un Appendice sur la th&eacute;orie des Id&eacute;es [pages 179-184].<br \/><br \/>DEUXI&Egrave;ME &Eacute;DITION DU RAPPORT DE COUSIN SUR LA M&Eacute;TAPHYSIQUE.<br \/>En 1838, Victor Cousin, publie une deuxi&egrave;me &eacute;dition de son Rapport, sous le titre : <br \/>De la M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote. Rapport sur le Concours ouvert par l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques&nbsp;; suivi d&#39;un Essai de traduction du premier et du douzi&egrave;me livre de la M&eacute;taphysique, par V. Cousin. Deuxi&egrave;me &eacute;dition [Paris : chez Ladrange, libraire, quai des Augustins, n&deg;17. in-8, XIII-232 p., 1838].<br \/>L&rsquo;&eacute;dition de 1838 contient un Avertissement [pages V-XIII] r&eacute;dig&eacute; par V. Cousin, et sign&eacute; en date du 1er f&eacute;vrier 1838. Contient &eacute;galement [pages1&ndash;120] le Rapport &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques. La traduction du premier livre de la M&eacute;taphysique d&rsquo;Aristote [pages 121-178]&nbsp;; la traduction du livre douzi&egrave;me de la M&eacute;taphysique [pages 179-221]. Contient enfin un Appendice sur la th&eacute;orie des Id&eacute;es [pages 223-231].<br \/><br \/>Au sujet de la traduction du livre douzi&egrave;me de la M&eacute;taphysique, on dispose du t&eacute;moignage de Jules Simon [1814-1896], rapport&eacute; dans son Victor Cousin [Hachette. 1887, page 64] : &laquo; [V. Cousin] avait de s&eacute;rieuses lacunes. Je puis attester qu&#39;apr&egrave;s avoir traduit Platon presque tout entier, il ne connaissait Aristote que par le livre de M. Ravaisson. La traduction du XII &egrave;me livre de la M&eacute;taphysique d&#39;Aristote qu&#39;il a publi&eacute;e en 1837 est un devoir que j&#39;ai fait &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale, dans sa classe, en 1836. Je lui lisais ma traduction. Il y faisait tr&egrave;s peu de changements, et des changements qui n&#39;&eacute;taient pas toujours heureux. On voyait qu&#39;il &eacute;tait tout &agrave; fait nouveau dans cette &eacute;tude ; et, quand j&#39;ai relu ensuite notre &oelig;uvre commune apr&egrave;s avoir fr&eacute;quent&eacute; un peu plus les ouvrages d&#39;Aristote, j&#39;y ai trouv&eacute; plus d&#39;un contre sens. Il savait le grec, mais comme un lettr&eacute;, non comme un savant ; et le grec d&#39;Aristote est presque une langue &agrave; part &raquo;<br \/><br \/>LE JUGEMENT DE RAVAISSON SUR RAVAISSON.<br \/>Trente ans apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; laur&eacute;at de l&#39;Institut [1837], et tandis qu&#39;il est Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral de l&#39;Instruction publique pour l&#39;enseignement sup&eacute;rieur, F&eacute;lix Ravaisson r&eacute;dige un rapport sur la situation de la philosophie en France au XIX &egrave;me si&egrave;cle.<br \/>C&#39;est dans le cadre plus g&eacute;n&eacute;ral des nombreux Rapports sur les progr&egrave;s des lettres et des sciences en France, command&eacute;s par le Minist&egrave;re de l&#39;instruction publique, parall&egrave;lement &agrave; l&#39;Exposition universelle de l&#39;industrie [avril-novembre 1867], que F&eacute;lix Ravaisson fait para&icirc;tre, en 1868, La Philosophie en France au XIX &egrave;me si&egrave;cle [Paris : Imprimerie imp&eacute;riale. In-8, 266 p., 1868].<br \/><br \/>Dans le chapitre 2 de ce rapport, F&eacute;lix Ravaisson souligne l&#39;opposition entre le point de vue traditionnel de V. Cousin, proche de l&#39;empirisme sensualiste [les ph&eacute;nom&egrave;nes seuls sont un objet de connaissance imm&eacute;diate] et le point de vue de Maine de Biran [l&#39;&acirc;me a conscience d&#39;autre chose que de simples ph&eacute;nom&egrave;nes, l&#39;&acirc;me se sent comme cause dans chacun de ses actes].<br \/><br \/>Il est amen&eacute;, par allusion, &agrave; parler de ses propres travaux et fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; son Essai sur la m&eacute;taphysique d&#39;Aristote, et &agrave; son article de 1840, dans la revue des Deux-Mondes. Il marque son opposition au point de vue de V. Cousin, et son inscription dans la lign&eacute;e de Maine de Biran et de Jouffroy : &nbsp;<br \/>&laquo; L&#39;auteur [Ravaisson], &eacute;tranger d&#39;ailleurs &agrave; l&#39;&eacute;cole &eacute;clectique, d&#39;un Essai sur la&nbsp; m&eacute;taphysique d&#39;Aristote [1837-1840], o&ugrave; il avait expos&eacute; comment celui qui cr&eacute;a le nom m&ecirc;me de la science du surnaturel, et qui la constitua le premier, lui donna pour principe, au lieu du nombre ou de l&#39;id&eacute;e, entit&eacute;s &eacute;quivoques, abstractions &eacute;rig&eacute;es en r&eacute;alit&eacute;s, l&#39;intelligence qui, par une exp&eacute;rience imm&eacute;diate, saisit en elle-m&ecirc;me la r&eacute;alit&eacute; absolue d&#39;o&ugrave; tout autre d&eacute;pend ; cet auteur, dans un travail sur la Philosophie contemporaine [Revue des Deux-Mondes, 1840], publi&eacute; &agrave; l&#39;occasion de la traduction des Fragments de philosophie de Hamilton, par M. Louis Peisse, fit ressortir la diff&eacute;rence consid&eacute;rable qui s&eacute;parait la maxime proclam&eacute;e par les &Eacute;cossais et par Victor Cousin, et celle que Maine de Biran avait &eacute;tablie [&hellip;] &raquo;.<br \/><br \/>&copy; JJB, 08-2011<br \/><br \/><br \/>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>L&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, d&egrave;s sa reconstitution en octobre 1832, veille &agrave; renouer avec sa tradition de concours richement dot&eacute;s, pour chacune de ses cinq  sections : Philosophie ; Morale ; L&eacute;gislation, droit public et jurisprudence ; &Eacute;conomie politique et statistique ; Histoire g&eacute;n&eacute;rale et philosophique. On trouvera ci-dessous, les r&eacute;sultats du premier concours de philosophie sur Aristote.<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":["post-168","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/168","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=168"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/168\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=168"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=168"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=168"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}