{"id":165,"date":"2011-07-01T13:24:58","date_gmt":"2011-07-01T13:24:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2011-07-01T13:24:58","modified_gmt":"2011-07-01T13:24:58","slug":"Louis-de-Fontanes-1757-1821-ou-l-education-a-l-ombre-du-Trone-et-de-l-Autel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/histoire\/Louis-de-Fontanes-1757-1821-ou-l-education-a-l-ombre-du-Trone-et-de-l-Autel.html","title":{"rendered":"Louis de Fontanes [1757-1821], ou l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 l&rsquo;ombre du Tr\u00f4ne et de l&rsquo;Autel"},"content":{"rendered":"<em>L&#39;Universit&eacute; imp&eacute;riale pr&eacute;vue dans le projet de loi du 10 mai 1806, se met en place&nbsp; &agrave; partir du d&eacute;cret du 17 mars 1808. Parmi les 144 articles, sont pr&eacute;cis&eacute;s les ordres des &eacute;tablissements [Facult&eacute;, lyc&eacute;e, coll&egrave;ge, etc.], la nature des dipl&ocirc;mes [baccalaur&eacute;at, licence, doctorat], le d&eacute;coupage territorial en Acad&eacute;mies [calqu&eacute; sur l&#39;implantation et le ressort des cours d&#39;Appel].<\/em><br \/><!--more--><p><em>Le d&eacute;cret de mars 1808 est compl&eacute;t&eacute; par un autre d&eacute;cret paraissant le 17 septembre.<\/em><br \/><br \/>C&#39;est ce m&ecirc;me d&eacute;cret du 17 mars qui nomme Louis de Fontanes [1757-1821], royaliste converti &agrave; l&#39;Empire, Grand-Ma&icirc;tre de l&#39;Universit&eacute;. Il travaille directement sous les ordres de l&#39;Empereur,&nbsp; et restera en fonction, quelques mois encore apr&egrave;s la chute de l&#39;Empire, jusqu&#39;en f&eacute;vrier 1815.<br \/><br \/>LES PREMIERS RECTEURS.<br \/>C&#39;est &eacute;galement ce d&eacute;cret qui, dans son Titre XII, stipule que chaque Acad&eacute;mie sera gouvern&eacute;e par un recteur sous les ordres imm&eacute;diats du Grand-Ma&icirc;tre qui le nommera pour cinq ans.<br \/><br \/>La premi&egrave;re vague de nomination des recteurs a lieu le 10 mars 1809 [Andr&eacute; Alexandre d&rsquo;Eymar, Cl&eacute;ment Joseph Duquesnoy, Pierre Jacotot, Jacques Beno&icirc;t Pal, Pierre Chaudru de Raynal, Jean Luc Ferry de Saint Constant, etc.], puis une seconde vague le 24 ao&ucirc;t 1809 [Pierre Robert Alexandre, l&#39;abb&eacute; &Eacute;loy Bellissens, Louis Nomp&egrave;re de Champagny, l&#39;abb&eacute; Edm&eacute; Georges de Champeaux, Charles Louis Dumas, Louis Urbain de Maussion, Jean Jacques Ordinaire, Nicolas R&eacute;my Paulin, Paul Victor de S&egrave;ze, Andr&eacute; Taranget, l&#39;abb&eacute; Pierre T&eacute;denat, etc.]. A la fin de l&#39;ann&eacute;e 1809, ou tout au d&eacute;but&nbsp;de 1810, tous les recteurs, vingt-six pour la France, sont nomm&eacute;s.<br \/><br \/>LA CIRCULAIRE DE FONTANES AUX RECTEURS.<br \/>Aussi, Louis de Fontanes peut-il, d&egrave;s le 15 janvier 1810, adresser aux recteurs une Circulaire sur les rapports qui doivent unir les diff&eacute;rentes partie de l&#39;Universit&eacute;.<br \/><br \/>Plusieurs id&eacute;es animent ce texte, chef-d&#39;&oelig;uvre d&#39;id&eacute;ologie mise &agrave; nue.<br \/><br \/>1.Faire vivre une institution [ici l&#39;Universit&eacute;] n&eacute;cessite au del&agrave; des lois et des statuts une id&eacute;ologie commune, un esprit qui anime le tout : &laquo; Ce qu&rsquo;il y a de plus essentiel dans une institution n&rsquo;est point &eacute;crit &raquo;.<br \/><br \/>2.&laquo; Le but de l&rsquo;universit&eacute; est de former des citoyens attach&eacute;s &agrave; leur religion, &agrave; leur prince, &agrave; leur patrie, &agrave; leurs parents &raquo;.<br \/><br \/>3.La c&eacute;l&eacute;bration religieuse est le moyen de l&#39;attachement et de l&#39;unification. Avec ses pratiques gradu&eacute;es : pri&egrave;re &agrave; chaque rassemblement, chaque jour ; instruction religieuse chaque semaine par les aum&ocirc;niers ; hymne chant&eacute; collectivement &agrave; la gloire de l&#39;empereur, chaque semaine &agrave; l&#39;office.<br \/><br \/>4. Inutile d&#39;entrer dans la controverse qui divise et se rapporte au pass&eacute; ; le faire l&#39;emporte sur le discourir. L&#39;exemple l&#39;emporte sur l&#39;argumentation.<br \/><br \/>Cette circulaire recoupe le Cat&eacute;chisme imp&eacute;rial de 1806, dans lequel il est d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp; Les chr&eacute;tiens doivent aux princes qui les gouvernent, et nous devons, en particulier, &agrave; notre Empereur l&#39;amour, le respect, l&#39;ob&eacute;issance, la fid&eacute;lit&eacute;, le service militaire, les tributs ordonn&eacute;s pour la conservation et la d&eacute;fense de l&#39;Empire et de son tr&ocirc;ne ; nous lui devons encore des pri&egrave;res ferventes pour son salut et pour la prosp&eacute;rit&eacute; spirituelle et temporelle de l&#39;&Eacute;tat&nbsp; &raquo;.<br \/><br \/>LE TEXTE DE LA CIRCULAIRE.<br \/><br \/>15 janvier 1810. Circulaire du Grand-ma&icirc;tre sur les rapports qui doivent unir les diff&eacute;rentes parties de l&#39;Universit&eacute;.<br \/><br \/>&nbsp;&laquo; Les lois et les statuts d&rsquo;un corps ne r&egrave;glent que ses rapports ext&eacute;rieurs. Ce qu&rsquo;il y a de plus essentiel dans une institution n&rsquo;est point &eacute;crit, et ne peut &ecirc;tre &eacute;crit dans ses r&egrave;glements. C&rsquo;est moins &agrave; la sagesse de leurs statuts qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;esprit qui les animait que les anciennes corporations enseignantes ont d&ucirc; leurs succ&egrave;s. C&rsquo;est &agrave; cet esprit de conduite que l&rsquo;universit&eacute; devra sa force et sa consid&eacute;ration. Sa Majest&eacute;, dans les d&eacute;crets des 17 mars et 17 septembre, a pos&eacute; les bases de l&rsquo;enseignement dans toutes les &eacute;coles publiques. Le but de l&rsquo;universit&eacute; est de former des citoyens attach&eacute;s &agrave; leur religion, &agrave; leur prince, &agrave; leur patrie, &agrave; leurs parents. Une haute sagesse a pos&eacute; les principes. La prudence doit tirer les cons&eacute;quences. Le bien doit s&rsquo;op&eacute;rer sans faste et sans secousses. Tout ce qui sort des bornes de la mod&eacute;ration devient suspect, et le z&egrave;le indiscret est la plus terrible pers&eacute;cution que les v&eacute;rit&eacute;s utiles puissent redouter. Les nouveaux r&egrave;glements des lyc&eacute;es prescrivent les exercices religieux qui &eacute;taient en usage autrefois dans les &eacute;tablissements d&rsquo;instruction publique, chaque journ&eacute;e, chaque classe, chaque repas doit commencer par une pri&egrave;re commune. Outre ces pratiques consacr&eacute;es par une tradition respectable, MM. les aum&ocirc;niers feront, &agrave; des jours prescrits, des instructions convenables &agrave; l&rsquo;&acirc;ge et &agrave; la destination future des &eacute;l&egrave;ves. Mais, dans leurs discours, ils doivent &eacute;viter avec le plus grand soin de signaler soit directement, soit indirectement, les ennemis des maximes de paix qu&rsquo;ils sont charg&eacute;s de d&eacute;velopper. Vous insisterez donc, Monsieur le Recteur, pour que dans aucune instruction religieuse, dans aucun discours acad&eacute;mique, on ne r&eacute;veille aucun souvenir f&acirc;cheux: on n&rsquo;y doit jamais prononcer le mot de philosophe ou d&rsquo;antiphilosophe, ni les autres d&eacute;nominations trop nombreuses des partis religieux et politiques qui ont troubl&eacute; les consciences, les familles et la soci&eacute;t&eacute;. Il est au moins inutile d&rsquo;instruire les jeunes gens de controverses dont les derni&egrave;res traces seront effac&eacute;es lorsqu&rsquo;ils seront appel&eacute;s &agrave; servir l&rsquo;&eacute;tat. D&rsquo;ailleurs les doctrines qui font prosp&eacute;rer les institutions sociales ne sont plus un probl&egrave;me ni un sujet de controverse. Une exp&eacute;rience, consacr&eacute;e par l&rsquo;exp&eacute;rience de tous les si&egrave;cles pr&eacute;c&eacute;dents, se renouvelle sous de plus grands et de plus heureux auspices. Il s&rsquo;agit de faits et non de discours. C&rsquo;est par des r&eacute;sultats que l&rsquo;universit&eacute; doit r&eacute;pondre aux d&eacute;tracteurs des maximes anciennes. Je ne pr&eacute;sume pas que dans les &eacute;tablissements fond&eacute;s par la munificence de l&rsquo;empereur il puisse y avoir d&rsquo;autre parti que celui de l&rsquo;&eacute;tat et du prince. Cependant pour marquer plus sensiblement cet esprit public, qui doit se confondre avec l&rsquo;amour du souverain, je d&eacute;sire que dans chaque lyc&eacute;e, et m&ecirc;me dans les coll&egrave;ges qui ont des chapelles particuli&egrave;res, on chante &agrave; la fin de l&rsquo;office, les dimanches et f&ecirc;tes, les pri&egrave;res en usage pour la conservation et la prosp&eacute;rit&eacute; de l&rsquo;empereur. J&rsquo;aime &agrave; croire que toutes les voix de la jeunesse fran&ccedil;aise s&rsquo;&eacute;l&egrave;veront de concert pour b&eacute;nir celui qui r&eacute;pand sur elle tous les bienfaits de l&rsquo;&eacute;ducation et ouvre &agrave; leur &eacute;mulation toutes les carri&egrave;res de la gloire. Dieu et l&rsquo;empereur ; voil&agrave; les deux noms qu&rsquo;il faut graver dans le c&oelig;ur des enfants. C&rsquo;est &agrave; cette double pens&eacute;e que doit se rapporter tout le syst&egrave;me de l&rsquo;&eacute;ducation nationale. Si vous &ecirc;tes entr&eacute;, Monsieur le Recteur, dans les intentions qui ont dict&eacute; cette lettre, vous comprendrez qu&rsquo;elle ne doit point faire le sujet d&rsquo;une circulaire aux chefs des diff&eacute;rents &eacute;tablissements qui vous sont subordonn&eacute;s. Bien faire et peu discourir, telle doit &ecirc;tre la maxime des principaux fonctionnaires de l&rsquo;universit&eacute;. C&rsquo;est par des exemples qu&rsquo;ils doivent d&eacute;sormais raisonner, persuader et convaincre. Ces r&eacute;flexions, peut-&ecirc;tre, vous auront &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute;es par votre propre exp&eacute;rience. Votre sagesse saura en faire l&rsquo;application. &raquo;&nbsp;&nbsp; &nbsp; <\/p><p>c JJB, 06-2011 <br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>L&#39;Universit&eacute; imp&eacute;riale pr&eacute;vue dans le projet de loi du 10 mai 1806, se met en place&nbsp; &agrave; partir du d&eacute;cret du 17 mars 1808. 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