{"id":149,"date":"2011-01-05T08:45:46","date_gmt":"2011-01-05T07:45:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2020-09-15T20:57:40","modified_gmt":"2020-09-15T18:57:40","slug":"la-mort-de-nicolas-malebranche-1638-1715","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philosophie\/la-mort-de-nicolas-malebranche-1638-1715.html","title":{"rendered":"La mort de Nicolas Malebranche [1638-1715]"},"content":{"rendered":"<em>Philosophe cart&eacute;sien et th&eacute;ologien, Nicolas Malebranche, n&eacute; le 5 ao&ucirc;t 1638, &agrave; Paris, est mort dans la nuit du 13 octobre 1715, &agrave; l&#39;&acirc;ge de soixante-dix sept ans, &agrave; l&#39;infirmerie de la maison professe de l&#39;Oratoire, de la rue Saint Honor&eacute;, &agrave; Paris. L&#39;abb&eacute; &Eacute;mile Antoine Blampignon, [1830-1908], dans les premi&egrave;res pages de sa th&egrave;se de doctorat [Paris, 1862], consacr&eacute;e &agrave; la vie priv&eacute;e de Malebranche, rapporte ses derniers moments.<\/em><!--more--><p><br \/>&quot; Cependant, &eacute;puis&eacute; par le travail et les infirmit&eacute;s, mais toujours patient et r&eacute;sign&eacute;, cet infatigable ouvrier s&#39;avan&ccedil;ait vers l&#39;in&eacute;vitable terme, sans jamais interrompre sa t&acirc;che. Depuis longtemps, d&#39;ailleurs, ses amis le remarquaient : le v&eacute;n&eacute;rable et sinc&egrave;re serviteur de Dieu attendait doucement la mort, et saluait avec une secr&egrave;te joie l&#39;heure prochaine de la d&eacute;livrance. Ce fut le samedi 17 juin 1715 qu&#39;il ressentit les atteintes de sa derni&egrave;re maladie. Il &eacute;tait &agrave; la campagne chez un ami de sa famille, le pr&eacute;sident de Metz, qui avait un ch&acirc;teau &agrave; la porte m&ecirc;me de Paris, dans les environs de Villeneuve-Saint-Georges. On se h&acirc;ta de le transporter &agrave; l&#39;Oratoire de la rue Saint-Honor&eacute; ; il voulut qu&#39;on le m&icirc;t &agrave; l&#39;infirmerie commune, parce qu&#39;il y avait un autel. Ses douleurs &eacute;taient extr&ecirc;mes ; il souffrait principalement des entrailles ; comme il essayait quelques rem&egrave;des, le P. Lelong lui dit de ne plus songer d&eacute;sormais qu&#39;aux choses &eacute;ternelles. Le regardant doucement, le malade r&eacute;pondit avec son exquise modestie que, s&#39;il &eacute;coutait la voix de la nature, il demanderait la mort qui seule devait le d&eacute;livrer de ses maux ; mais qu&#39;il voulait essayer de conserver le corps dont il avait re&ccedil;u le d&eacute;p&ocirc;t de Dieu pour lui en faire le sacrifice continuel &quot;.<\/p><p><br \/>Le spectacle des derniers jours de cet homme de bien, de ce grand philosophe, de ce pr&ecirc;tre vertueux, fut &eacute;difiant pour tous, et ne fut troubl&eacute;, dans quelques esprits, que par la pens&eacute;e d&#39;un attachement trop opini&acirc;tre &agrave; des id&eacute;es particuli&egrave;res. C&#39;&eacute;tait vraiment l&#39;auteur des Entretiens sur la mort qui se disposait &agrave; voir enfin cette supr&ecirc;me v&eacute;rit&eacute;, cette adorable splendeur vers laquelle il avait soupir&eacute; toute sa vie, et qui se consolait de ses cruelles souffrances par l&#39;esp&eacute;rance des biens infinis dont chaque heure le rapprochait : &quot; Ma vie, la vie d&#39;un esprit, car mon corps n&#39;est pas &agrave; moi, c&#39;est la lumi&egrave;re qui m&#39;&eacute;claire et qui me r&eacute;jouit ; c&#39;est la possession, c&#39;est la jouissance paisible de celui qui seul peut remplir la vaste capacit&eacute; de ce c&oelig;ur qu&#39;il a form&eacute;. Rien ne peut d&eacute;salt&eacute;rer cette soif ardente que Dieu met en nous pour la f&eacute;licit&eacute;, que le torrent de volupt&eacute; qu&#39;il nous a promis. Tous ces divertissements de la vie pr&eacute;sente ne nous plaisent et ne nous occupent que parce qu&#39;ils nous trompent ; car tout ce qui nous environne n&#39;est que de la mati&egrave;re inefficace, et tout ce qu&#39;on y trouve de douceur et d&#39;agr&eacute;ment vient uniquement de la source f&eacute;conde de tous les plaisirs : Apud te est fons vitae. Heureux celui qui est convaincu de cette philosophie ! Il sacrifie sans cesse en l&#39;honneur du vrai bien les plaisirs de la vie pr&eacute;sente ; et, ferme dans l&#39;attente des promesses confirm&eacute;es par le serment du P&egrave;re et scell&eacute;es par le sang du Fils, il regarde le moment de la mort comme le commencement de la vie. Il sait bien, Ariste, que ce qu&#39;il quitte n&#39;est rien ; et il croit fermement qu&#39;avec Dieu il aura tout&quot;.<br \/>A l&#39;approche de l&#39;instant supr&ecirc;me, les souffrances de ce corps &eacute;puis&eacute; s&#39;adoucirent ; la faiblesse et l&#39;affaissement physique succ&eacute;d&egrave;rent aux douleurs aig&uuml;es. Mais la raison demeurait forte, et l&#39;&acirc;me &eacute;tait toujours vivante. La consolation de Malebranche mourant fut de contempler de ses yeux qui s&#39;&eacute;teignaient l&#39;image de J&eacute;sus-Christ sur la croix, de la toucher fr&eacute;quemment de ses l&egrave;vres d&eacute;faillantes. Enfin, pendant la nuit du 13 octobre il parut s&#39;endormir ; le fr&egrave;re qui le soignait s&#39;assoupit, et lorsque ce gardien s&#39;&eacute;veilla, vers quatre heures du matin, ce grand serviteur de Dieu avait quitt&eacute; ce monde &quot;.<\/p><p>LA TH&Egrave;SE DE BLAMPIGNON.<br \/>L&#39;abb&eacute; &Eacute;mile Antoine Blampignon, [1830-1908], d&eacute;j&agrave; docteur en th&eacute;ologie [1858] a donn&eacute; comme titre &agrave; sa th&egrave;se de doctorat &egrave;s-lettres [Paris, 1862] : &Eacute;tude sur Malebranche, d&#39;apr&egrave;s les document manuscrits, suivie d&#39;une correspondance in&eacute;dite. <br \/>Sa th&egrave;se a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e : [Paris : Charles Douniol, libraire-&eacute;diteur, 29 rue de Tournon. In-8, 244 p., 1862]. <br \/>A l&#39;occasion de la pr&eacute;paration de sa th&egrave;se de doctorat &egrave;s-lettres &Eacute;mile Antoine Blampignon devient un familier de Victor Cousin. Il sera du petit nombre de ceux qui, comme Barth&eacute;lemy Saint-Hilaire et M&eacute;rim&eacute;e assistent &agrave; sa mort &agrave; Cannes, le 14 janvier 1867.<br \/><\/p><p>&nbsp;<\/p> &copy; JJB 2010-12","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Philosophe cart&eacute;sien et th&eacute;ologien, Nicolas Malebranche, n&eacute; le 5 ao&ucirc;t 1638, &agrave; Paris, est mort dans la nuit du 13 octobre 1715, &agrave; l&#39;&acirc;ge de soixante-dix sept ans, &agrave; l&#39;infirmerie de la maison professe de l&#39;Oratoire, de la rue Saint Honor&eacute;, &agrave; Paris. L&#39;abb&eacute; &Eacute;mile Antoine Blampignon, [1830-1908], dans les premi&egrave;res pages de sa th&egrave;se de doctorat [Paris, 1862], consacr&eacute;e &agrave; la vie priv&eacute;e de Malebranche, rapporte ses derniers moments.<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[],"class_list":["post-149","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philosophie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":487,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149\/revisions\/487"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}