{"id":145,"date":"2010-12-13T12:09:11","date_gmt":"2010-12-13T12:09:11","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-12-13T12:09:11","modified_gmt":"2010-12-13T12:09:11","slug":"Esprit-francais-et-philosophie-allemande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/philo-du-xixe-en-france-articles\/Esprit-francais-et-philosophie-allemande.html","title":{"rendered":"Esprit fran\u00e7ais et philosophie allemande"},"content":{"rendered":"<em>Immanuel Hermann von Fichte [1796-1879], professeur de philosophie &agrave; l&#39;Universit&eacute; de Tubingen, fils de Johann Gottlieb Fichte [1762-1814], publie en 1835 un petit &eacute;crit se rapportant en partie &agrave; l&#39;esprit fran&ccedil;ais et &agrave; la philosophie allemande, qui dit-il, avec humour, en s&#39;adressant aux fran&ccedil;ais dix ans plus tard &quot; n&#39;est vraisemblablement pas arriv&eacute; jusque chez vous &quot;. Aussi il en reprend un passage qu&#39;il cite plus tard dans l&#39;Introduction &agrave; la traduction fran&ccedil;aise, faite en 1845, par Francisque Bouillier de la : M&eacute;thode pour arriver &agrave; la vie bienheureuse.<br \/><\/em><!--more--><p>ESPRIT FRAN&Ccedil;AIS ET PHILOSOPHIE ALLEMANDE.<br \/>&quot; Ce qui distingue les Fran&ccedil;ais dans leurs productions scientifiques, et ce qui a une liaison plus profonde qu&#39;on ne le croirait avec la juste appr&eacute;ciation de la v&eacute;rit&eacute;, c&#39;est la clart&eacute;, c&#39;est l&#39;ach&egrave;vement harmonieux de l&#39;id&eacute;e, la rigueur de l&#39;exposition, la nettet&eacute; des d&eacute;finitions. En g&eacute;n&eacute;ral, ils se roidissent moins que nous dans des conclusions extr&ecirc;mes ;&nbsp; ils se complaisent moins dans leur propre originalit&eacute; ; et si les philosophes allemands, &agrave; cause de leur terminologie inflexible, de la n&eacute;gligence de leur exposition, semblent ne faire que des monologues avec eux-m&ecirc;mes, les philosophes fran&ccedil;ais sont continuellement en relations les uns avec les autres ; ils s&#39;orientent et se corrigent sans cesse d&#39;apr&egrave;s la lutte des opinions. On croirait, en les lisant, assister &agrave; une conversation vive, o&ugrave; chaque parole, au milieu d&#39;une assembl&eacute;e anim&eacute;e, trouve certainement une r&eacute;ponse. Donc, quoique M. Cousin, dans cet ouvrage, soit oblig&eacute; de se d&eacute;fendre contre les reproches, en partie absurdes, de quelques-uns de ses compatriotes, tout cependant y montre le commerce rapide des pens&eacute;es et la vive influence imm&eacute;diatement produite par ses &eacute;crits, tandis que chez nous, au milieu de la surabondance des id&eacute;es et des tendances diverses, la plupart des philosophes parlent longtemps dans le d&eacute;sert. En ajoutant &agrave; cela, comme un don caract&eacute;ristique de l&#39;esprit fran&ccedil;ais, la prompte compr&eacute;hension et l&#39;application heureuse de nouvelles id&eacute;es, m&ecirc;me &agrave; la condition de ne pas saisir un probl&egrave;me dans toute sa profondeur, il faut avouer que les Fran&ccedil;ais poss&egrave;dent pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui nous manque et dont l&#39;acquisition devient de plus en plus urgente pour nous. En m&ecirc;me temps il nous faut prendre garde d&#39;abandonner &agrave; cette nation voisine, ce qui se d&eacute;veloppe si rapidement et si &eacute;nergiquement, l&#39;avantage de la pens&eacute;e et de la profondeur scientifique.<br \/>C&#39;est en cela que consiste l&#39;importance de l&#39;esprit fran&ccedil;ais &agrave; l&#39;&eacute;gard de la philosophie allemande, et l&#39;influence qu&#39;il doit exercer sur nous. Au degr&eacute; dans lequel les Fran&ccedil;ais s&#39;assimilent nos th&eacute;ories, nous pouvons reconna&icirc;tre ext&eacute;rieurement le degr&eacute; de clart&eacute; et d&#39;ach&egrave;vement scientifique de ces th&eacute;ories. Ils sont les premiers et les plus irr&eacute;cusables juges de la clart&eacute;, de la maturit&eacute;, de la justesse d&#39;une id&eacute;e. Si, de l&#39;aveu de M. Cousin, il r&eacute;sulte que, sauf quelques pens&eacute;es et quelques excitations g&eacute;n&eacute;rales, rien, pour ainsi dire, de la philosophie allemande n&#39;a p&eacute;n&eacute;tr&eacute; dans la pens&eacute;e fran&ccedil;aise, nous ne devons pas en attribuer seulement la faute aux Fran&ccedil;ais, mais reconna&icirc;tre que les grands r&eacute;sultats de notre philosophie n&#39;ont pas encore &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;s dans toute la rigueur scientifique ni dans une exposition populaire &quot;.<br \/><br \/>LE PETIT ECRIT D&#39;I. H. FICHTE SUR L&#39;ESPRIT FRAN&Ccedil;AIS. <br \/>Ce &quot; petit &eacute;crit &quot; comme le dit Immanuel Hermann von Fichte en parlant de son propre texte, a pour titre : Sur les conditions d&#39;un th&eacute;isme sp&eacute;culatif &agrave; l&#39;occasion de la pr&eacute;face de Schelling &agrave; l&#39;ouvrage de Cousin sur la philosophie fran&ccedil;aise et allemande, publi&eacute; en 1835. Le texte, publi&eacute; en allemand n&#39;est pas traduit.<br \/>Il est produit par Fichte fils, alors &acirc;g&eacute; de trente-neuf ans, dans le cadre de l&#39;intervention du philosophe allemand Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling concernant la philosophie de Victor Cousin. <br \/><br \/>SCHELLING-COUSIN.<br \/>Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854] a &eacute;t&eacute; tout d&#39;abord&nbsp; professeur de philosophie &agrave; I&eacute;na [1800], puis &agrave; W&uuml;rzbourg [1803]. Puis, apr&egrave;s un long silence Schelling reprend l&#39;enseignement &agrave; Munich [1827-1841].<br \/>Victor Cousin a rencontr&eacute; pour la premi&egrave;re fois Schelling &agrave; Munich, le 2 ao&ucirc;t 1818, au cours de son second voyage en Allemagne, et depuis lors est toujours rest&eacute; en relation avec lui.<br \/>Schelling, alors &acirc;g&eacute; de quarante-trois ans, est &agrave; l&#39;apog&eacute;e de sa gloire Sa r&eacute;putation retentit dans toute l&#39;Allemagne ; il passe pour l&#39;h&eacute;ritier de Fichte et de Kant.&nbsp; Comme l&#39;indique Barth&eacute;l&eacute;my Saint Hilaire :&nbsp; &quot; [Schelling] est l&#39;auteur d&#39;un syst&egrave;me d&#39;identit&eacute; absolue, qui passionne les esprits les plus s&eacute;rieux. M. Cousin qui jouit de son commerce &agrave; Munich pendant pr&egrave;s d&#39;un mois, est bien pr&egrave;s de devenir un de ses partisans &quot;.<br \/>Toujours est-il que V. Cousin est plein d&#39;attention &agrave; l&#39;&eacute;gard de Schelling, et qu&#39;au moment du r&eacute;tablissement de l&#39;Acad&eacute;mie des Sciences morales et politiques, Cousin veille &agrave; le faire &eacute;lire d&egrave;s 1834 correspondant de l&#39;Institut royal, dans la section de Philosophie, puis d&egrave;s que possible membre associ&eacute; &eacute;tranger [21 mars 1835].<br \/><br \/>HUBERT BEKKERS ET LES FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES.<br \/>Victor Cousin, en rassemblant, comme il le dit lui-m&ecirc;me, un certain nombre d&#39;articles ins&eacute;r&eacute;s dans divers recueils p&eacute;riodiques de 1815 &agrave; 1826, compose des Fragments philosophiques, dont la premi&egrave;re &eacute;dition para&icirc;t en 1826.<br \/>Une seconde &eacute;dition para&icirc;t en 1833 [Fragmens philosophiques, par V. Cousin. Seconde &eacute;dition. Paris : Ladrange, libraire, quai des Augustins, 19. In-8, 1833. Avec une Pr&eacute;face de la deuxi&egrave;me &eacute;dition, en date du 30 juin 1833, de soixante pages, I-XL. Cette pr&eacute;face enti&egrave;rement nouvelle pr&eacute;c&egrave;de la reprise de la Pr&eacute;face de la premi&egrave;re &eacute;dition]. <br \/>Comme il l&#39;avait fait pour la premi&egrave;re &eacute;dition, Victor Cousin se pr&eacute;occupe avec &eacute;nergie de la diffusion de la seconde &eacute;dition en France et &agrave; l&#39;&eacute;tranger, notamment par l&#39;interm&eacute;diaire de comptes rendus. <br \/><br \/>C&#39;est dans cette d&eacute;marche g&eacute;n&eacute;rale qu&#39;Hubert Bekkers [1806-1889], professeur de philosophie et directeur du lyc&eacute;e de Dillingen, en Bavi&egrave;re, fait para&icirc;tre en 1834 : Victor Cousin &uuml;ber franz&ouml;sische und deutsche Philosophie. [Stuttgart und T&uuml;bingen : J. G. Cotta. XXVIII+62 p., 1834]. Dans cet ouvrage, Bekkers traduit en allemand le texte de la Pr&eacute;face de la deuxi&egrave;me &eacute;dition des Fragments philosophiques [1833]. Le livre de H. Bekkers est pr&eacute;fac&eacute; par Schelling.<br \/><br \/>COMMENTAIRE DE SCHELLING SUR LES FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES.<br \/>Le livre de H. Bekkers est pr&eacute;fac&eacute; par un assez long texte de Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling, de vingt-huit pages [I-XXVIII], dans lesquels ce dernier reprend point par point les positions de V. Cousin avec lesquelles il est en d&eacute;saccord.<br \/><br \/>LE TEXTE D&#39;IMMANUEL HERMANN VON FICHTE.<br \/>C&#39;est dans le cadre de cet &eacute;pisode de l&#39;histoire philosophique franco-allemande qu&#39; Immanuel Hermann von Fichte publie Sur les conditions d&#39;un th&eacute;isme sp&eacute;culatif &agrave; l&#39;occasion de la pr&eacute;face de Schelling &agrave; l&#39;ouvrage de Cousin sur la philosophie fran&ccedil;aise et allemande.<br \/><br \/>Et lorsque le m&ecirc;me I. H. Fichte accepte aupr&egrave;s de Francisque Bouillier de pr&eacute;facer la traduction de l&#39;allemand en fran&ccedil;ais du livre Anweisung zum seligen Leben oder auch die Religionslehre [M&eacute;thode pour arriver &agrave; la vie bienheureuse], de son p&egrave;re Johann Gottlieb Fichte, publi&eacute; initialement en 1806, I. H. Fichte donc se pla&icirc;t &agrave; inclure un de ses textes anciens qu&#39;il avait publi&eacute; justement en 1835, et qui se rapporte &agrave; cet &eacute;pisode.<br \/><br \/>Ce qu&#39;Immanuel Hermann von Fichte dit des diff&eacute;rences entre l&#39;esprit fran&ccedil;ais et la philosophie allemande prend son sens dans l&#39;opposition &eacute;tablie par Schelling entre la philosophie fran&ccedil;aise et la philosophie allemande.<br \/>Pour Immanuel Hermann von Fichte, la pens&eacute;e allemande aurait &agrave; apprendre de la d&eacute;marche philosophique fran&ccedil;aise, qui s&#39;apparente &agrave; un dialogue permanent, et qui, si elle n&#39;a pas toujours la profondeur souhaitable, a tout au moins le souci de la clart&eacute;. &nbsp;<br \/><\/p><p>JJB 12-2010 <br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Immanuel Hermann von Fichte [1796-1879], professeur de philosophie &agrave; l&#39;Universit&eacute; de Tubingen, fils de Johann Gottlieb Fichte [1762-1814], publie en 1835 un petit &eacute;crit se rapportant en partie &agrave; l&#39;esprit fran&ccedil;ais et &agrave; la philosophie allemande, qui dit-il, avec humour, en s&#39;adressant aux fran&ccedil;ais dix ans plus tard &quot; n&#39;est vraisemblablement pas arriv&eacute; jusque chez vous &quot;. Aussi il en reprend un passage qu&#39;il cite plus tard dans l&#39;Introduction &agrave; la traduction fran&ccedil;aise, faite en 1845, par Francisque Bouillier de la : M&eacute;thode pour arriver &agrave; la vie bienheureuse.<br \/><\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-145","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-philo-du-xixe-en-france-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=145"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/145\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}