{"id":133,"date":"2010-08-25T21:39:02","date_gmt":"2010-08-25T21:39:02","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-08-25T21:39:02","modified_gmt":"2010-08-25T21:39:02","slug":"Victor-Cousin-et-la-naissance-d-une-vocation-anecdote-edifiante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.textesrares.com\/pages\/Victor-cousin\/Victor-Cousin-et-la-naissance-d-une-vocation-anecdote-edifiante.html","title":{"rendered":"Victor Cousin et la naissance d&rsquo;une vocation : anecdote \u00e9difiante"},"content":{"rendered":"<em>Jules  Simon [1814-1896], qui a &eacute;t&eacute; longtemps  le suppl&eacute;ant de Cousin &agrave; la  Facult&eacute; des Lettres de Paris, attend vingt-ans avant de publier en 1887,  dans la collection Les grands &eacute;crivains fran&ccedil;ais, un Victor Cousin  [Paris : Hachette. In-8, 186 p., 1887].<br \/><br \/><\/em><!--more--><p>Apr&egrave;s la mort de Victor Cousin, le 14 janvier 1867, plusieurs ouvrages biographiques paraissent. <br \/>C&#39;est dans le chapitre  premier, consacr&eacute; &agrave; la biographie du philosophe, qu&#39;il rapporte  l&#39;anecdote &eacute;difiante, vraie ou fausse, concernant un &eacute;v&eacute;nement  d&eacute;terminant de la vie du grand homme.<\/p><p>COUSIN AU SECOURS DE VIGUIER.<br \/><br \/>&laquo;  Au commencement d&rsquo;octobre de l&rsquo;ann&eacute;e 1803, &agrave; quatre heures et demie du  soir, les enfants sortaient tumultueusement du lyc&eacute;e Charlemagne et  poursuivaient &agrave; grands cris un de leurs camarades rev&ecirc;tu d&rsquo;une  houppelande qui, &agrave; leurs yeux du moins, le rendait fort ridicule.  C&rsquo;&eacute;tait &Eacute;pagom&egrave;ne Viguier, que j&rsquo;ai connu depuis professeur de grec et  directeur des &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;Ecole normale, le plus doux, le plus savant et  le plus gauche des hommes. Il n&rsquo;&eacute;tait alors que le plus doux et le plus  gauche des &eacute;coliers. Au lieu de r&eacute;sister et de se d&eacute;fendre, il pleurait &agrave;  chaudes larmes. Plus il pleurait, plus on le houspillait. Il &eacute;tait donc  bouscul&eacute;, pouss&eacute;, frapp&eacute;, quand un gamin de onze ans, qui jouait dans  le ruisseau, se jeta au milieu de la m&ecirc;l&eacute;e et dispersa la bande des  pers&eacute;cuteurs en administrant aux plus acharn&eacute;s une vol&eacute;e de coups de  poing. Mme Viguier fut inform&eacute;e le soir m&ecirc;me de cet acte d&rsquo;h&eacute;ro&iuml;sme.  Elle apprit que le jeune vainqueur appartenait &agrave; une famille d&rsquo;ouvriers,  que par pur hasard il savait lire et &eacute;crire, et qu&rsquo;il vagabondait toute  la journ&eacute;e en attendant le moment d&rsquo;entrer en apprentissage. Elle  d&eacute;clara qu&rsquo;elle se chargeait des frais de son instruction. Il entra au  lyc&eacute;e Charlemagne, marcha &agrave; pas de g&eacute;ant, faisant deux classes chaque  ann&eacute;e et raflant tous les prix du concours g&eacute;n&eacute;ral. Sans cette vol&eacute;e de  coups de poing administr&eacute;e &agrave; propos, nous en serions peut-&ecirc;tre en France  &agrave; l&rsquo;amusante et spirituelle philosophie de La Romigui&egrave;re &raquo;.<br \/><br \/>EPAGOMENE VIGUIER ET SES ETUDES.<br \/><br \/>Viguier. [1793-1867] est n&eacute; le 19 octobre 1793, &agrave; Paris. Mort le 11 octobre 1867, &agrave; Pr&eacute;cy sur Oise [Oise].<br \/>Apr&egrave;s  des &eacute;tudes au lyc&eacute;e Charlemagne, o&ugrave; il est le condisciple de V. Cousin,  un an plus jeune, iI est nomm&eacute;, sans concours,  &eacute;l&egrave;ve &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole normale  [1811] o&ugrave; il effectue selon l&#39;usage de l&#39;&eacute;poque, une scolarit&eacute; de deux  ans. <br \/>Il devient docteur &egrave;s-lettres [Paris, 28 juillet 1814] avec une  th&egrave;se de Belles-lettres, litt&eacute;rature ancienne et moderne : Du Principe  et de l&#39;esprit des lois du go&ucirc;t appliqu&eacute;es &agrave; la litt&eacute;rature [Paris :  impr. Fain, in-4, 64 p., 1814]. Une dissertation philosophique, en  latin, a &eacute;t&eacute; soutenue l&#39;ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente : De praecipuis errorum causis  [Paris : in-4, 23 p., 1813].<br \/><br \/>EPAGOMENE VIGUIER ET SA CARRIERE D&#39;ENSEIGNANT.<br \/><br \/>Professeur  de grec, il enseigne, comme professeur-suppl&eacute;ant, en sixi&egrave;me, en tant  qu&#39;agr&eacute;g&eacute;, et en cinqui&egrave;me au coll&egrave;ge Charlemagne. Est nomm&eacute;, avec Jean  Louis Larauza [1793-1825] et Charles Loyson [1791-1819], Ma&icirc;tre de  conf&eacute;rences de Litt&eacute;rature &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale de 1815 &agrave; 1822 [date de la  suppression de l&#39;&Eacute;cole : ordonnance royale de Louis XVIII, contresign&eacute;e  par Jacques, comte de Corbi&egrave;re, [1766-1853] ministre secr&eacute;taire d&rsquo;&eacute;tat  au d&eacute;partement de l&rsquo;Int&eacute;rieur, dans le minist&egrave;re Vill&egrave;le, alors que Mgr.  Denis Frayssinous [1765-1841] est Grand-Ma&icirc;tre de l&rsquo;Universit&eacute;.<br \/>Sa  carri&egrave;re d&#39;enseignant &eacute;tant interrompue, Viguier se tourne vers le  journalisme et collabore sans doute au journal Le Globe, organe du parti  lib&eacute;ral, fond&eacute; en septembre 1824 par son ami Paul Fran&ccedil;ois Dubois, lui  aussi ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1812].<br \/><br \/>EPAGOMENE VIGUIER ET SES COLLABORATIONS AVEC VICTOR COUSIN.<\/p><p>Victor  Cousin lui d&eacute;die, en 1822 le premier volume de sa traduction des &OElig;uvres  de Platon [treize volumes, 1822-1840], &agrave; laquelle Viguier a sans doute  particip&eacute;.A la m&ecirc;me &eacute;poque Viguier, pr&ecirc;te &agrave; V. Cousin sa maison de  campagne &agrave; Auteuil dans laquelle V. Cousin se retire avec Santarosa,  recherch&eacute; par la police fran&ccedil;aise, dans les premiers mois de l&rsquo;ann&eacute;e  1822.Quelques ann&eacute;es plus tard, comme le signale l&#39;historien Jules  Michelet, Viguier participe aussi &agrave; la traduction de la quatri&egrave;me  &eacute;dition allemande du Manuel de philosophie de Wilhelm Gottlieb Tennemann  [1825] entreprise par V. Cousin et qui aboutit &agrave; la parution du Manuel  de l&rsquo;histoire de la philosophie, traduit de l&#39;allemand de Tennemann par  V. Cousin, Professeur &agrave; la Facult&eacute; des lettres de l&#39;Acad&eacute;mie de Paris.  [Paris, Pichon et Didier ; Sautelet et Cie, 14 rue de Richelieu, deux  volumes, in-8, XXVII-392+426 pp., 1829]. En 1836, enfin, il participera au voyage de V. Cousin en Hollande, effectu&eacute; en septembre-octobre 1836.<br \/><br \/>EPAGOMENE VIGUIER ET SES FONCTIONS ADMINISTRATIVES.<\/p><p>En  1830, apr&egrave;s la R&eacute;volution de Juillet, Viguier, connu pour ses opinions  orl&eacute;anistes, est nomm&eacute; inspecteur de l&#39;Acad&eacute;mie de Paris en 1830  [1830-1835]. A ce titre il participe en 1835, aupr&egrave;s de V. Cousin, au  jury d&#39;agr&eacute;gation de philosophie.D&egrave;s 1833, il est associ&eacute; &agrave; des tourn&eacute;es d&#39;inspection g&eacute;n&eacute;rale. Directeur  des &eacute;tudes &agrave; l&#39;&Eacute;cole normale [1835-1838], o&ugrave; il est nomm&eacute; le 14  septembre 1835, &agrave; l&#39;initiative de V. Cousin qui a r&eacute;tabli le poste de  directeur des &eacute;tudes que Guigniaut, apr&egrave;s Gibon, avait &eacute;t&eacute; le dernier &agrave;  occuper de 1829 &agrave; 1830, avec le titre d&rsquo;Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral des &eacute;tudes.  En m&ecirc;me temps Viguier assure une ma&icirc;trise de conf&eacute;rences de langue et  litt&eacute;rature grecques de 1835 &agrave; 1839.Viguier est nomm&eacute; inspecteur g&eacute;n&eacute;ral adjoint [29 novembre 1837], puis inspecteur g&eacute;n&eacute;ral des &eacute;tudes [17 mai 1839].<br \/>En  mai 1846 [22 et 29 mai], Viguier lit un  M&eacute;moire &agrave; l&#39;Acad&eacute;mie des  Sciences, belles-lettres et art de Rouen. Ce texte fait l&#39;objet d&#39;un  article paru dans la Revue de Rouen et de la Normandie, puis d&#39;un  ouvrage paru en 1846 : Anecdotes litt&eacute;raires sur Pierre Corneille, ou  Examen de quelques plagiats qui lui sont g&eacute;n&eacute;ralement imput&eacute;s par ses  divers commentateurs, en particulier par Voltaire. [Rouen : imper. de A.  P&eacute;ron, in-8, 71 p., 1846].<br \/>En septembre 1848, au lendemain des  journ&eacute;es de juin, son emploi est supprim&eacute; par le ministre Achille  Vaulabelle, ministre de l&rsquo;Instruction publique et des cultes du 5  juillet au 13 octobre 1848. Mais en d&eacute;cembre 1849, sans retrouver sa  fonction, il est nomm&eacute; conseiller ordinaire de l&#39;Universit&eacute; par le  nouveau ministre de Falloux, ministre du 20 d&eacute;cembre 1848 au 14  septembre 1849. <br \/><br \/>AUTRES PUBLICATIONS DE VIGUIER.<\/p><p>&Eacute;dite, de  Jean-Louis Larauza, ancien &eacute;l&egrave;ve de l&#39;&Eacute;cole normale [1811, donc de la  m&ecirc;me promotion que Viguier], mort en 1825, Histoire critique du passage  des Alpes par Hannibal, dans laquelle on d&eacute;termine la route qu&#39;il suivit  depuis les fronti&egrave;res de l&#39;Espagne jusqu&#39;&agrave; Turin [Paris. in-8, 1826].  Il y r&eacute;dige une notice sign&eacute;e V.  Apr&egrave;s la mort [1867] Des Fragments  et correspondance d&rsquo;&Eacute;pagom&egrave;ne Viguier sont &eacute;dit&eacute;s en 1875 [Paris :  Hachette, in-8, 282 p., 1875]. Contient trois articles biographiques,  par Sainte-Beuve, Alfred Jean Fran&ccedil;ois M&eacute;zi&egrave;res [reprise de l&#39;article  paru dans Le Temps du 21 octobre 1867], Henri Patin.<br \/><br \/>REFERENCES. <br \/><br \/>I.  Havelange, F. Huguet, B. Lebedeff, Les Inspecteurs g&eacute;n&eacute;raux de  l&#39;Instruction publique, dictionnaire biographique 1802-1914, Paris :  Inrp, Cnrs, 1986.<br \/>Annuaire des Anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;Ecole normale : 1868, pages 11-13. R&eacute;&eacute;dit&eacute; dans M&eacute;morial 239-241.<\/p> &copy; JJB 08-2010","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em>Jules  Simon [1814-1896], qui a &eacute;t&eacute; longtemps  le suppl&eacute;ant de Cousin &agrave; la  Facult&eacute; des Lettres de Paris, attend vingt-ans avant de publier en 1887,  dans la collection Les grands &eacute;crivains fran&ccedil;ais, un Victor Cousin  [Paris : Hachette. 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