[ recherche ] [ présentation ] [ liste alphabétique des auteurs ] [ statistiques ] [ courriel ]


Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1866
  
En 1866, V. Cousin [1792-1867] est âgé de soixante treize ans. [Il aura soixante quatorze ans le 28 novembre 1866]. Déjà une rue, qui longe la Sorbonne, porte son nom. L’année précédente, en 1865, l’Académie des sciences morales et politiques a créé, à sa demande, un prix triennal de philosophie, intitulé prix Victor Cousin, destiné à récompenser un Mémoire portant sur l’histoire de la philosophie ancienne.
Cependant, tandis qu’il cherche ainsi à laisser des traces durables de son existence, le cercle des proches se rétrécit : l’ami de toujours, Jean Philibert Damiron est mort en janvier 1863, le fidèle disciple Émile Saisset, à peine élu à l’Académie des sciences morales et politiques en février 1863 est mort l’année même de son élection en décembre. Pour le reste, la santé de V. Cousin est de plus en plus chancelante et sa vie se poursuit tant bien que mal, mais il continue pourtant d’intervenir dans les délibérations de l’Institut de France.
Après l’édition du Vrai, du Beau et du Bien, puis celle de L’Histoire de la philosophie, l’année 1866 est marquée par la monumentale cinquième réédition, en cinq volumes, des Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie

Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère, Marie-Henriette née Grivelet, est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première], où il a pour maître Victor Le Clerc. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne en classe de rhétorique [classe de première], il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des compte-rendus et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, comme professeur adjoint [et non plus comme suppléant] dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et immédiatement diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces. Il donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, marquent l’écrasement dans le sang de la révolte populaire et ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’exécutif. Enfin, le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1860.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait encore choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme.

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Agrégation.
Félix Ravaisson est le président du jury. Sont reçus en 1866 : Artidor Beurier ; Philippe Penjon ; Gabriel Compayré ; Jules Alaux ; Théodule Ribot.

Artidor Beurier
[-1889]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1863]. Agrégation de philosophie en 1866. Deviendra directeur du Musée pédagogique

Philippe Penjon.
[1843-1919]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1863]. Agrégation de philosophie en 1866. Docteur ès-lettres[Paris, 1878]. avec une thèse surla vie et les œuvres de Georges Berkeley La thèse latine porte sur L’Infini selon Leibniz.
Deviendra professeur de philosophie au lycée de Besançon.

Gabriel Compayré.
[1843-1913]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1862]. Agrégation de philosophie en 1866. Docteur ès-lettres [Paris, 1873]. avec une thèse sur La Philosophie de David hume. La thèse latine porte sur Raymond Sebon et sa théologie naturelle.
Deviedra professeur au lycée de Toulouse, puis professeur à la Faculté des lettres de Toulouse. Puis professeur de pédagogie à l’École normale d’institutrices à Fontenay aux Roses. Recteur de l’Académie de Poitiers, puis de Lyon.


Jules Alaux.
[1828-1903] Agrégation de philosophie en 1866. Docteur ès-lettres [Aix, 1855]. avec une thèse : Essai sur l’art dramatique. La thèse latine porte sur Les grands hommes.
Professeur de philosophie au lycée de Nice, de Neufchâtel, puis à la Faculté des lettres d’Alger.

Théodule Ribot.
[1839-1916]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1862]. Agrégation de philosophie en 1866. Docteur ès-lettres [Paris, 1873]. avec une thèse L’Hérédité, étude psychologique sur ses phénomènes, ses lois, ses causes, ses conséquences. La thèse latine porte sur David Hartley.
Titulaire de la chaire de philosophie moderne au Collège de France.


Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1866.
Adrien Bonnard [agrégation de philosophie 1873], Augustin Cartault [agrégation de lettres, 1869], Paul Clairin [agrégation de grammaire, 1869], Henri Couat [agrégation de lettres, 1869], Émile Couturier [agrégation de grammaire, 1871], Mathieu Dauphiné [agrégation de lettres, 1871], Antonin Debidour [agrégation d’histoire et géographie, 1873], Espérandieu, Jean Jallifier [agrégation d’histoire et géographie, 1869], Louis Liard [agrégation de philosophie, 1868], Achille Luchaire [agrégation d’histoire et géographie, 1869], Émile Masqueray [agrégation d’histoire et géographie, 1869], Élie Rabier [agrégation de philosophie, 1868], D. Rayet, Joseph Régismanset [agrégation de grammaire, 1869].

Nouvelle édition des :
Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie [1865-1866, connaît deux tirages].
En 1866, V. Cousin fait paraître, sous une forme nouvelle, les Fragments philosophiques. “D'abord, dit-il, ce n'était guère qu'une collection d'un certain nombre d'articles insérés dans divers recueils périodiques de 1815 à 1826. Depuis ces Fragments se sont tellement accrus d'édition en édition qu'il devenait nécessaire de las distribuer dans un ordre méthodique.” [Avant-propos de la quatrième édition, signé le 1er décembre 1865] Cet ordre est le suivant : 1. Philosophie ancienne ; 2. Philosophie du moyen-âge ; 3. Philosophie moderne [2 volumes : 1ère partie ; 2ème partie] ; 4. Philosophie contemporaine.
Exposant l'ordonnancement [et l'unité] de son oeuvre, V. Cousin la répartit en trois séries : 1. les cours de 1815 à 1820 ; 2. les cours de 1828 à 1830 ; 3. les fragments philosophiques, fournissant les pièces justificatives des deux premières séries : “Partout, dit-il, le rapport de ces dissertations particulières aux vues générales, dogmatiques ou historiques, qu'elles confirment ou développent, a été marqué ; partout l'unité d'esprit et de principes, parmi d'inévitables diversités, paraît de telle sorte que ces trois séries n'en forment à proprement parler qu'une seule, et présentent la même pensée, poursuivie avec persévérance à travers tant de vicissitudes, nous voulons dire le renouvellement des études philosophiques sur le double fondement de la psychologie et de l'histoire.”

[Réédités en 1865-1866] Les Fragments philosophiques. Paris : Didier et Cie et Auguste Durand, in-8:
[Pour chacun de ces volumes on indique l'intitulé des articles, ainsi que, pour chacun des articles, l'historique des publications successives].

1. Fragments philosophiques pour servir à de la philosophie, par M. Victor Cousin. Cinquième édition. Philosophie ancienne. Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, 507 p.
[1] Xénophane, pages 1-51 ; publié initialement sous le titre Xénophane, fondateur de l'École d'Élée, dans la Biographie universelle de Michaud [1828]. Puis repris dans les Nouveaux fragments philosophiques [1828, pages 9-95].
[2] Zénon d’Élée, pages 51-81 ; publié initialement dans la Biographie universelle de Michaud [1828]. Puis repris dans les Nouveaux fragments philosophiques [1828, pages 96-150].
[3] Socrate, de la part que peut avoir eue dans son procès la comédie des Nuées, pages 82-87 ; publié initialement dans les Nouveaux fragments philosophiques [1828, pages 151-159].
[4] Platon, langue de la théorie des Idées, pages 88-91 ; publié initialement dans les Nouveaux fragments philosophiques [1828, pages 160-166].
[5] Source du Phèdre ou analyse des éléments historiques de ce dialogue, pages 92-103.
[6] Examen du passage du Ménon sur la réminiscence, pages 103-109.
[7] Aristote, importance et grandeur de la Métaphysique, pages 109-113,
Reprise du Rapport à l'Académie des sciences morales et politiques sur le concours ouvert en 1833 sur la Métaphysique d'Aristote, lu dans les séances du 4 et 11 avril 1835, Programme, etc. ; [Publié initialement en 1835, puis réédité en 1838 : De la Métaphysique d’Aristote. Précédé d'un avertissement et suivi de la traduction du premier et du douzième livres de la Métaphysique, par V. Cousin. ].
[8] Traduction du Ier livre de la Métaphysique d’Aristote, pages 191-235.
[9] Traduction du XIIème livre, pages 235-274.
[10] Appendice sur la théorie des Idées dans Aristote, pages 268-273.
[11] Eunape, historien de l'École d'Alexandrie, pages 274-309 ; publié initialement comme recension, parue dans le Journal des savans, sous la forme de deux articles : octobre 1826, pages 595-605 ; décembre 1826, pages 733-747, rendant compte de Eunapi Sardiani Vitas Sophistarum et fragmenta historiarum, recensuit notisque illustravit J. F. Boissonade, accedit annotatio Dan. Wyttenbachii, Amstelodami [Amsterdam], 1822, 2 volumes, in-8.
[12] Proclus, commentaire sur le premier Alcibiade de Platon, pages 310-328 .
[13] Olympiodore, commentaires sur le premier Alcibiade, pages 329-348.
[14] Olympiodore, d’un prétendu commentaire sur le second Alcibiade, pages 349-352.
[15] Olympiodore, commentaire sur le Philèbe, pages 352-367.
[16] Olympiodore, commentaire sur le Gorgias, d’après les manuscrits de la bibliothèque de Paris, pages 368-441.
[17] Olympiodore, commentaire sur le Phédon, d’après les manuscrits de la bibliothèque de Paris, pages 441-505.

2. Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin, cinquème édition. Philosophie du moyen-âge, Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, 435 p. [Table des matières contenues dans ce volume pages 429-435],1865 [collationné].
Sur le dos de la reliure : V. Cousin. Fragments philosophiques. Philosophie du Moyen Âge.

[1] Abélard, pages 1- 217.
[2] Roger Bacon. De l’Opus Tertium, récemment trouvé dans la bibliothèque de Douai pages 218-310.

Appendices.
I. Raban-Maur, pages 313-318.
II. Gloses du dixième siècle sur les Catégories, etc., pages 319-325.
III. Guillaume de Champeaux, pages 326-334.
IV. Bernard de Chartres, pages 335-352.
V. Plusieurs écrits de Gerbert ; Commentaire anonyme sur le Timée ; Introduction de Porphyre et Catégories d’Aristote mises en vers, pages 353-380.
VI. Traduction inédite du Phédon, du douzième ou du treizième siècle, pages 381-382 ;
VII. Commentaire anonyme du douxième siècle sur le traité de l'Interprétation, pages 383-384.
VIII. Adam du Petit-Pont, pages 385-389.
IX. Guillaume de Conches, pages 390-400.
X. Nouveau manuscrit d'Abélard sur les esprits, pages 401-407.
XI. Description d'un manuscrit inédit de Roger Bacon, sur la physique et la métaphysique d’Aristote, qui se trouve dans la bibliothèque d’Amiens, pages 408-428.

3. Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin, cinquème édition. Philosophie moderne, 1ère partie, Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, 487 p. [Pas de table des matières dans ce volume] 1866 [collationné].
Sur le dos de la reliure : V. Cousin. Fragments philosophiques. Philosophie moderne I.

[Reprend l’] Avant-Propos de l'édition de 1845 [des Fragments de philosophie cartésienne].
Incipit : « Oui, l’éclectisme, nous l’avons dit il y a bien longtemps, est encore le trait le plus général du dix-neuvième siècle en toutes choses, et jusque dans les arts, les lettres et la philosophie. Mais il faut bien s’entendre : l’éclectisme que nous professons n’est pas une sorte d’équilibre incertain entre les contraires, et il ne se condamne point à cette impartialité pusillanime qui assiste à la lutte des opinions sans y prendre part et pour ainsi dire du haut d’un nuage ».
[1] Vanini, la philosophie avant Descartes, pages 9-99.
[2] Lettres inédites de Descartes et remarques de Huygens sur la Vie de Descartes par Baillet [Tiré du Journal d’un voyage en Hollande, dans le mois de septembre 1836], pages 100-112.
[3] Remarques de Huygens sur la vie de Descartes par Baillet. Deuxième volume, pages 112-120.
[4] Spinoza et la synagogue des juifs portugais à Amsterdam [Tiré du même journal], pages 121-126.
[5] Procès-verbal d'une séance d'une société cartésienne qui s’était formée à Paris dans la seconde moitié du dix-septième siècle, pages 127-139.
[6] Le cardinal de Retz cartésien, pages 140-228.
[7] Roberval philosophe, pages 229-258.
[8] Des Rapports du Cartésianisme et du Spinozisme, pages 259-296.
[9] De la persécution du Cartésianisme en France, pages 297-332.
[8] Défense de Descartes contre les critiques de Leibniz, Leinitii animadversiones ad Cartesii principia philosophiae, et. Par le docteur Guhraüer ; in-8, bonn, 1844, pages 333-403.
[9] Correspondance de Malebranche et de Mairan, pages 444-487.

4. Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin, cinquème édition. Philosophie moderne, IIè partie, Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, 532 p., 1866 [Table des matières contenues dans ce volume pages 525-532] 1866 [collationné 01].
Sur le dos de la reliure : V. Cousin. Fragments philosophiques. Philosophie moderne II.

[1] Correspondance de Malebranche et de Leibniz, pages 1-73.
[2] Correspondance de Leibnitz et de l’abbé Nicaise, pages 74-198.
[3] Vie et correspondance inédite du Père André, 199-421.
[4] Conclusion, pages 412-421.
[5] Appendice sur Malebranche.
I. Correspondance d’André et de Malebranche,pages 423-472.
II. Supplément à la Vie du P. Malebranche, pages 472-519.
III. Lettre de Malebranche sur l’immortalité de l’âme, pages 519-523.
IV. Lettre de Malebranche à mme la marquise d’Alègre, pages 523-524.

5. Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin, cinquème édition. Philosophie contemporaine, Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, 403 p. [Table des matières contenues dans ce volume pages 401-403] 1866 [collationné 01].
Sur le dos de la reliure : V. Cousin. Fragments philosophiques. Philosophie contemporaine.

Préface de la première édition de 1826, pages I-XXXV.
Préface de la deuxième édition, pages XXXVI-LXXIX
Avertissement de la troisième édition, pages LXXX-XCVIII
[1] Kant dans les dernières années de sa vie, pages 1-43 ;
[2] Souvenirs d’Allemagne, notes d’un journal de voyage en l’année 1817, pages 45-219 ;
[3] Préface de la traduction du Manuel de l’histoire de la philosophie deTennemann, pages 220-232 ;
[4] Esquisses de philosophie morale, par Dugald- Stewart, pages 235-276.
[5] De la Philosophie en Belgique, pages 278-301.
[6] Introduction aux Oeuvres de M. Maine de Biran, pages 305-335.
[7] Avant-propos des trois nouveaux volumes des Oeuvres de M. Maine de Biran publiés en 1841, pages 335-340.
[8] Leçons de philosophie, ou Essai sur les facultés de l’âme, par M. Laromiguière, pages 341-378.
[9] Discours prononcé aux funérailles de M. Laromiguière, pages 378-382.
[10] Encore un mot sur M. Laromiguière, pages 383-386.
[11] Histoire comparée des systèmes de philosophie, par M. de Gérando, pages 386-392. Publié initialement dans le Journal des savans, juillet 1825 [pages 434-439], sous forme d'un article rendant compte de l'Histoire comparée des systèmes de philosophie, par M. Degérando [V. Cousin fait le compte-rendu de la 2ème édition, revue, corrigée et augmentée, Paris : 1823, 4 volumes in-8]. Puis republié en 1826 dans la 1ère édition des Fragmens philosophiques ; repris en 1833 dans la seconde édition des Fragments philosophiques ; repris en 1838 dans la troisième édition en deux volumes des Fragments philosophiques [tome 2, pages 1-9].
[12] Discours prononcé aux funérailles de M. de Gérando, pages 392-396.
[13] Discours prononcé aux funérailles de M. Jouffroy, pages 397.
[1970] Réédités en 1970, Genève, Slatkine, 5 volumes, 22 cm. (fac-simile) de l’édition de Paris, Didier et Durand, 1866.
[1995] Les cinq volumes sont réédités en 1995, réédition électronique BNF, 1995.

Réédition de :
La Société française au XVIIe siècle d’après le Grand Cyrus de Mlle de Scudéry, Paris : Didier et Cie, 2 volumes in-12, XXIII-410+466 pp., 1866 [1866, comme 2ème édition].
Édité initialement en 1858. Puis en 1870 [comme 3ème édition] ; en 1873 ; 1886.

Réédition de :
Philosophie sensualiste au XVIIIème siècle, par M. Victor Cousin, cinquième édition. Paris : Librairie académique, Didier et Cie, libraires-éditeurs, in-8, 360 p. [Table des matières : 357-360], 1866 [collationné].
[Connaît deux tirages ; l’un des tirages porte la mention 3ème édition, l’autre tirage porte la mention 5ème édition].
Édité initialement en 1855, puis en 1863 ; puis en 1864 [comme 3ème édition] ; en 1865 [comme 3ème édition].

Article dans la Revue des Deux Mondes.
V. Cousin fait paraître dans la Revue des Deux-Mondes [tome 64,1er août 1866], la seconde partie de Souvenirs d’un voyage en Allemagne ; la Bataille de Lutzen, l'Art et la philosophie, Hegel.

À l'Académie française.
L’historien et critique littéraire Alfred Auguste Cuvillier-Fleury [1802-1887], soutenu par le parti orléaniste et combattu par le parti impérialiste, est élu, le mardi 10 avril 1866, au fauteuil 35, en remplacement d’André Dupin [1783-1865], décédé le 10 novembre 1865, par 20 voix contre 11 à l’historien et homme politique Henri Martin [sur 32 votants]. Il est reçu par Désiré Nisard, le 11 avril 1867.
Henri Martin [1810-1883] sera élu membre de l’Académie française le 13 juin 1878, après avoir été élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire [fauteuil 7], le 29 juillet 1871, en remplacement de Jean Pierre Clément [1809-1870], décédé le 8 novembre 1870.

Le baron de Barante [1782-1866], fauteuil 33, meurt le 22 novembre 1866. Il sera remplacé, dans le fauteuil de Voltaire, par le père Joseph Gratry [1805-1872], élu le 2 mai 1867, contre Étienne Vacherot [qui ne sera pas élu ultérieurement] et contre Leconte de Lisle, qui ne sera élu que le 11 février 1886.

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Félix Esquirou de Parieu [1815-1893], vice-Président du conseil d’État, est élu vice-président de l’Académie des sciences morales et politiques pour l’année 1866. Louis Guilhau de Lavergne [1809-1880], spécialiste des questions agricoles, élu vice-président pour l’année 1865, prend selon l’usage place et fonction de président.

Sujet mis au concours : Exposer la doctrine de Kant.
[3 juin 1866] Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget, est mis au concours, le 3 juin 1866 : Exposer la doctrine de Kant [Examen de l'idéalisme sceptique de Kant] [terme : 31 décembre 1868]. Le prix ne sera pas attribué en 1869, et sera prorogé au 1er janvier 1872.

Le programme est défini de la manière suivante :
« Parvenu par l’analyse psychologique à l’idée de liberté, à l’idée de l’âme, à l’idée de Dieu, kant élève la question si ces idées qu’il déclare lui-même fondées sur la nature de l’esprit humain, ont, en dehors de l’esprit humain, des objets réellement existants qui leur correspondent ; et cette question de l’objectivité des idées, il la résout par la négative. Il croitensuite ressaisir en morale les certitudes qui lui échappent en métaphysique, en attribuant à la raison pratique la force objective qu’il n’avait pu reconnaître à la raison spéculative. Mais cette distinction de deux raisons différentes en puissance n’ayant pu se soutenir, la philosophie de Kant, privée du contre-poids que lui avait donné son auteur, s’est trouvée réduite à un système idéaliste en psychologie, sceptique dans tout le reste, qui a été le point de départ et reste le fondement de la philosophie allemande contemporaine.
1. Le véritable esprit philosophique consiste-t-il à combattre le sens commun, comme le fait l’auteur de la Critique de la Raison pure, suivi en cela de toute l’école allemande, ou à rechercher, à l’aide d’une réflexion savante, les raisons profondes qui ont fait naître et qui soutienne t les diverses croyances dont se compose le domaine du sens commun.
2. Sur quoi se fonde-t-on pour condamner la raison à ne connaître que les phénomènes et non pas les êtres.
3. La conscience, à laquelle d’ordinaire on en appelle dans les questions de la liberté de l’homme et de la spiritualité de l’âme, est-elle une faculté spéciale et sui generis, ou n’est-elle pas encore la raison elle-même ? Dans tous les cas, la faculté, qui est ici en jeu, peut-elle être rapportée à la sensibilité et n’avoir qu’une origine, un caractère,une autorité empirique, ainsi que le prétend la philosophie allemande ?
4. En théodicée, le principe de causalité et celui des causes finales n’expriment-ils que des vues de l’esprit humain sans aucun fondement dans la nature des choses?
5. Une métaphysique sans Dieu est-elle compatible avec la psychologie de Kant et avec toute la psychologie qui n’est pas sensualiste ? La liberté, par exemple, est-elle explicable par une combinaison quelconque des forces naturelles, et sans l’intervention d’une première cause, libre elle-même, et supérieure à la nature ?
6. La science la moins exclusive, si elle aspire à la rigueur scientifique, n’est-elle pas forcée de choisir entre deux philosophies, l’une, qui tirant uniquement des sens toutes nos idées et n’en pouvant tirer celles de la liberté humaine, d’une âme spirituelle et d’un Dieu créateur, rejette ouvertement ces idées ; l’autre, qui, conséquente avec elle-même, d’une psychologie plus ou moins semblable à celle de Kant et de l’idée même de Dieu, telle que Kant l’expose, conclut à un Dieu réeellement existant, sans lequel le Dieu de la pensée serait à la fois une pure chimère et une énigme incompréhensible ?
Enfin, sans méconnaître les mérites et la haute utilité qu’a pu avoir en son tempsla Critique de la Raison pure spéculative, pour contraindre le philosophe à mieux se rendre compte de la portée légitime et des limites nécesCritique conserve aujourd’hui la même importance, et si c’est bien du scepticisme, même sous sa forme la plus savante et la plus élevée, que le XIXème siècle a besoin ? ».

Sur rapport de Paul Janet, 30 novembre-7 décembre 1872, le prix est partagé entre [Claude] Joseph Tissot, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, doyen honoraire de la Faculté des lettres de Dijon et Théophile Desdouits, professeur suppléant de philosophie au lycée Charlemagne.

[7 juillet 1866] V. Cousin fait, à l'Académie des sciences morales et politiques, une lecture sur la bataille de Lutzen, en 1632.

[21 juillet 1866] V. Cousin fait, à l'Académie des sciences morales et politiques, une communication : Souvenirs d'Allemagne.

[1er décembre 1866]. V. Cousin lit, à l'Académie des sciences morales et politiques, un Mémoire sur L’État de la philosophie grecque au Vème siècle avant notre ère et sur Socrate.
Paraît dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1867, tome 79, pages 383-397.

[8 décembre 1866], V. Cousin fait une communication sur les conclusions qu’on peut tirer de l’Histoire générale de la philosophie.
L’Histoire générale de la philosophie a été éditée d’abord en 1861, puis connaît très rapidement plusieurs éditions. Sera rééditée en 1867, comme 7ème édition revue et augmentée, VII-578 p.

Décret du 9 mai 1866.
En mai 1866, à la suite du décret du 9 mai 1866, supprimant la section de politique, administration et finances, crée en 1855, le nouveau réglement de l'Institut prévoit que la section de philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques comptera huit membres [au lieu de six antérieurement].
En effet le décret supprime la section Politique, administration, finances, créée par le décret impérial du 14 avril 1855. Chacune des autres sections voit également son nombre de membres porté de six à huit.

Élection de Victor duc de Broglie.
* L'élection du nouveau membre de la section de philosophie [fauteuil 8] a lieu le 23 juin 1866. Au premier rang était placé le duc Victor de Broglie, déjà membre de l’Académie française [1855], [qui avait le soutien de V. Cousin, bien que de Broglie fut le candidat du parti monarchiste et religieux, combattu par Sainte-Beuve], au deuxième rang ex-aequo, Edme Caro [qui s’est déjà présenté en mai 1865], Albert Lemoine [qui s’est déjà présenté en mai 1865, et qui ne sera pas élu ultérieurement], Jean Félix Nourrisson [qui s’est déjà présenté en mai 1865], Charles Waddington, déjà correspondant de l’Institut depuis 1863 [qui s’est déjà présenté en mai 1865, pour être membre titulaire].
Victor de Broglie [1785-1870] est élu avec 24 suffrages sur 31 votants. Elme Marie Caro a une voix, il y a six billets blancs [manifestation de la mauvaise humeur de l’Académie au sujet de cette élection].
Elme Marie Caro [1826-1887] se présentera à nouveau en 1867, face à Étienne Vacherot, pour le fauteuil de V. Cousin. Il sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 6], le 6 février 1869, en remplacement du vicomte L.M. de Cormenin [1788-1868], décédé le 6 mai 1868.
Jean Félix Nourrisson [1825-1899] sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 8], le 14 mai 1870, en remplacement de Victor duc de Broglie [1785-1870], décédé le 25 janvier 1870.
Charles Waddington [1819-1914], sera élu membre titulaire à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 6], le 11 février 1888, en remplacement d’Elme Marie Caro [1826-1887], décédé le 13 juillet 1887.


Élection d’Ernest Bersot.
* Élection de Ernest Bersot [1816-1880], également le 23 juin 1866, dans la section de morale [fauteuil 3], au premier tour de scrutin, en remplacement de Gustave de Beaumont [1802-1866], décédé le 30 mars 1866.
Sur 31 votants Ernest Bersot obtient 30 suffrages, 1 billet blanc. Constant Martha [1820-1895], placé en deuxième rang, n'obtient pas un seul suffrage.
Constant Martha [1820-1895] sera élu, le 1er juin 1872, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], en remplacement d’Augustin Cochin [1823-1872], décédé le 15 mars 1872.

Ernest Bersot témoigne de son plaisir, après son élection. Il écrit :
« On s’empresse à me féliciter ; j’en suis extrêmement touché et ne me rends pas encore bien compte de ce qui m’arrive. Je n’ai qu’un sentiment bien net, c’est que ceux qui m’aiment sont heureux, et je suis heureux de leur bonheur. Il est certain, à y réfléchir, que ma nomination, après le refus de serment et sans autre titre que de courts travaux où il y a seulement beaucoup de soin, est très honorable, et très honorable aussi la manière dont elle a été faite. J’ai vu et remercié la plupart de mes électeurs au sortir du vote ; je pouvais remercier sans me tromper ; mes amis étaient radieux et ceux qui ne l’étaient pas d’abord me marquaient beaucoup de bonne grâce » [24 juin 1866].

Élections de titulaires.
Le jurisconsulte Eugène Cauchy [1802-1877] est élu, le 23 juin 1866, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, section de législation [fauteuil 5], en remplacement d’Alphonse Bérenger [de la Drôme] [1785-1866], décédé le 9 mars 1866.
La section présentait au premier rang Eugène Cauchy ; au deuxième rang le magistrat Gabriel Massé [1807-1881] et Albert du Boys ; au troisième rang le jurisconsulte François Isidore Alauzet [1807-1882] et le magistrat Arnould Bonneville de Marsangy [1802-1894]. Il y a 31 votants.
Dès le premier tour de scrutin, Eugène Cauchy obtient 29 suffrages. Il y a 2 billets blancs.
Après sa mort, le 2 avril 1877, est remplacé par Léon Aucoc [1828-1910], élu le 15 décembre 1877.

Élection de correspondants.
*Friedrich Adolf Trendelenburg [1802-1872], professeur de philosophie à Berlin, secrétaire perpétuel de la classe d’histoire et de philosophie à l’Académie de Berlin, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 7], le 21 juillet 1866, au moment de la création de la place.
La section présentait au premier rang Friedrich Adolf Trendelenburg ; au deuxième rang le philosophe allemand, historien de la civilisation grecque Éduard Zeller d’Heidelberg, [1814-1908], au troisième rang le philosophe allemand Johann Eduard Erdmann [1805-1892]. Il y a 14 votants. Adolf Trendelenburg obtient l’unanimité des suffrages.
Il sera élu associé étranger le 20 mars 1869 [fauteuil 5] en remplacement de Christian August Brandis [1790-1867], décédé le 24 juillet 1867. En étant élu associé Friedrich Adolf Trendelenburg libère sa place de correspondant pour le comte Mamiani della Rovere [1800-1885], élu le 15 mai 1869.
Eduard Zeller sera élu, peu de temps après, le 10 avril 1869.
Après sa mort, le 24 janvier 1872, est remplacé comme membre associé par le mathématicien et statisticien belge Adolphe Quételet [1796-1874], déjà correspondant depuis 1833, élu le 11 mai 1872.

Rudolf [Hermann] Lotze [1817-1881], professeur de philosophie à l’université de Göttingen, dans la séance du 21 juillet 1866, est élu correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 8], nouvellement créée.
La section présentait au premier rang Rudolf Lotze ; au deuxième rang le philosophe allemand, historien de la civilisation grecque Eduard Zeller [1814-1908] ; au troisième rang le philosophe allemand Johann Eduard Erdmann [1805-1892]. Rudolf Lotze obtient 13 suffrages, Eduard Zeller 1.
Après sa mort, le 1er juillet 1881, est remplacé par Luigi Ferri [1826-1895], élu le 12 mai 1883.

Lectures, rapports et mémoires.
Dans les séances du 6 et du 20 janvier 1866, Charles Lévêque lit un second mémoire sur La Cause et la liberté chez les principaux philosophes grecs. La lecture se poursuit et s’achève le 3 février 1866. Dans la séance du 20 janvier traite du Libre-arbitre dans Platon.
Un premier mémoire avait été déjà publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 75, pages 5-45, et 221 sq.
Le second mémoire est publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 76, pages 399-413.

Dans les séances du 24 février et du 17 mars 1866 , François Mignet donne lecture d’un Mémoire d’Adolphe Franck sur l’ouvrage de J. B. Vico : Le Principe unique et la fin unique du droit universel.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 76, pages 337-369.
Le texte de Giambattista Vico [1668-1744] est publié à l’origine en latin. Il vient d’être traduit en italien par Carlo Sarchi : Dell'Unico principio e del l'unico fine del diritto universale [Milano : tipogr. di P. Agnelli. In-8, XL-334 p., 1866] L’ouvrage propose également le texte en latin. C’est cet ouvrage dont Adolphe Franck rend compte.

Dans la séance du 3 mars, Francisque Lélut lit un Rapport sur un ouvrage du docteur Fournié Physiologie de la voix et de la parole.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 76, pages 285-288.
L’ouvrage du docteur Édouard Fournié [de l’Aude] est paru en 1866 [Paris : A. Delahaye. In-8, IV-820 p., figures. 1866]. Le docteur Édouard Fournié est un spécialiste de la physiologie de la parole et de l’éducation des sours-muets. Déjà en 1864 [11 avril] il avait lu un Mémoire à l’Académie des sciences : Étude sur la physiologie de la voix, dont le texte paraît dans le journal l’Union médicale [mai 1864] et publié en tiré à part [Paris : impr. de Malteste. In-8, 15 p., 1864]. Sur le même thème : Physiologie des sons de la voix et de la parole, il lit, en 1877, un Mémoire à la Société de linguistique de Paris dont le texte paraît dans le journal l’Union médicale et publié en tiré à part [Paris : A. Delahaye. In-8, 32 p., 1877].
En 1868, Adolphe Franck fait un Rapport sur un livre de M. le Docteur Édouard Fournié, qui a pour titre Physiologie et instruction du Sourd-muet, d'après la physiologie des divers langages, publié en 1868 dans le tome 86 (page 441) des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques.

Dans la séance du 18 août 1866 Paul Janet lit un Rapport sur la Philosophie de Goethe par Elme Marie Caro.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 78, pages 285-290.
Le professeur de philosophie Elme Marie Caro [1826-1887] publie en 1866 : La philosophie de Goethe [Paris : Hachette. in-8, VIII-430 p., 1866]. L’ouvrage connaît une deuxième édition en 1880.
Depuis mais 1865, Elme Caro cherche à se faire élire à l’Académie des sciences morales et politiques. Il échouera en 1865, face à Charles Lévêque ; en juin 1866, face au duc Victor de Broglie ; en mars 1868, face à Étienne Vacherot. Finalement il sera élu en février 1869, en remplacement de L. M. de Cormenin, dans la section de morale [fauteuil 6].

Dans la séance du 22 septembre 1866, Barthélemy Saint-Hilaire donne lecture d’un travail sur Les Légendes de l’Aitariya Brâhmana.


Dans la séance du 3 novembre 1866, Jean Félix Nourrisson continue la lecture de son Mémoire sur La politique tirée de l’Écriture sainte par Bossuet. La lecture est achevée dans la séance du 24 novembre 1866. Elle a été commencée dans la séance du 7 juillet 1866.
Déjà en 1852, dans la séance du 10 avril 1852, V. Cousin avait présenté, au nom de l’auteur: Essai sur la philosophie de Bossuet, avec des fragments inédits [Paris, in-8, 1852].
Jean [Félix] Nourrisson [1825-1899] professeur de logique au lycée Napoléon, actuellement lycée Henri - IV [1858] à Paris, a passé son doctorat en 1852 avec une thèse Essai sur la philosophie de Bossuet avec des fragments inédits [Paris. mars 1852]. La thèse latine porte sur la Correspondance de Bossuet et de Leibnitz sur la paix entre les chrétiens.
Lauréat de plusieurs concours de l’Académie des sciences morales et politiques [1860, 1863] Jean [Félix] Nourrisson ne sera élu membre de l’Académie, section de philosophie [fauteuil 8], qu’en 1870, en remplacement du duc Victor de Broglie [1785-1870], décédé le 25 janvier 1870.

Dans la séance du 24 novembre 1866, Franck fait un Rapport sur Spinoza et le naturalisme contemporain par Jean Félix Nourrisson. [Paris. 1866].

Dans les Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 78, pages, pages 51 sq., 305 sq., 343 sq. paraît le Mémoire de Barthélemy Saint-Hilaire sur le Traité du ciel d’Aristote. Suivi d’observations de V. Cousin et de Sylvain Dumon.

Livres en hommage.
Dans la séance du 6 janvier 1866, l’Académie reçoit l’Annuaire philosophique par A. L. Martin.
Le littérateur français Louis Auguste Martin [1811-1875], publie, à partir de 1864 et jusqu’en 1870 inclus, un Annuaire philosophique, examen critique des travaux de physiologie, de métaphysique et de morale, accomplis dans l'année. [Paris : E. Lachaud.in-8, 1864-1870] soit 7 volumes, qu’il prend soin d’envoyer chaque année, livraison par livraison, à l’Académie.

Dans la séance du 6 janvier 1866, Barthélemy Saint-Hilaire offre sa traduction du Traité du ciel d’Aristote


Dans la séance du 6 janvier 1866, Paul Janet fait hommage, au nom de l’auteur P. M. Mervoyer d’Étude sur l’association des Idées, et il entretient l’Académie des mérites de ce travail.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 76, pages 293-294.
Pierre Maurice Mervoyer, professeur au lycée de Douai, est docteur ès-lettres, avec une thèse [Paris, 1864], Étude sur l'association des idées, publiée en 1864 [Douai : impr. de V. Wartelle. In- 8, 415 p., 1864]. Sa thèse complémentaire, rédigée en grec, porte sur Apollonius de Tyane.

Dans la séance du 13 janvier 1866, Augustin Cochin offre à l’Académie, la traduction du français en grec par Ernest Naville de l’ouvrage de Kephala La Vie éternelle et critique de la Vie de Jésus de M. Renan.
Augustin Cochin [1823-1872] vient d’être élu, le 11 février 1865, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], en remplacement d’Adolphe Garnier [1801-1864], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, décédé le 4 mai 1864.

Dans la séance du 13 janvier Jules Simon présente à l’Académie, au nom de l’auteur, Edmond de Pressensé l’ouvrage qu’il vient de publier : Jésus-Christ, son temps, sa vie, son oeuvre.
Le pasteur protestant Edmond de Pressensé [1824-1891], théologien et homme politique a publié cet ouvrage en 1865. Le livre connaît le succès et est réédité à plusieurs reprises comme deuxième édition en 1866 [Paris : C. Meyrueis. In-8, XV-684 p., 1866]. Il est réédité à nouveau en 1878 et en 1881, avec la même pagination [Paris : Sandoz et Fischbacher. In-8 , XVI-684 p., 1878].
Edmond de Haut de Pressensé [1824-1891] sera élu le 11 janvier 1890 à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 3], en remplacement de Émile Beaussire [1824-1889] professeur de philosophie, décédé le 8 mai 1889. Après sa mort, le 8 avril 1891, est remplacé par le médecin et homme politique Théophile Roussel [1816-1903], élu le 12 décembre 1891.

Dans la séance du 27 janvier 1866, Adolphe Franck fait hommage à l’Académie de son ouvrage La Philosophie mystique en France à la fin du XVIIIème siècle. Saint-Martin et son maître Martinez Pasqualis.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 75, pages 367-394. La publication se poursuit tout au long de 1866. La dernière parution a lieu tome 78, pages 221-283.
Il s’agit de l’ouvrage d’Adolphe Franck publié sous le titre Les Réformateurs et les Publicistes de l’Europe [Paris : C. Lévy. In-8, IV-506 . 1864]. Il s’agit du premier volume d’une trilogie. Le second volume Réformateurs et publicistes du XVIIè siècle, paraît en 1881 ; le troisième volume : Réformateurs et publicistes du XVIIIè siècle paraît en1893.


Dans la séance du 17 février, l’Académie reçoit Confessioni di un metafisico par Terenzio Mamiani [Florence, 2 volumes 1865].
Terenzio Mamiani [1800-1885] sera élu, le 15 février 1869, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques. section de philosophie [place 7], en remplacement de Friedrich Trendelenburg [1802-1872], élu associé étranger le 20 mars 1869.

Dans la séance du 30 juin 1866, l’Académie reçoit La Philosophie morale de Goethe de E. Caro. Quelques semaines plus tard, dans la séance du 18 août 1866, Paul Janet lira un Rapport sur la Philosophie de Goethe par Elme Marie Caro.
Elme Marie Caro avait préparé sa candidature à la suite du décès de Émile Saisset, survenu le le 27 décembre 1863. Mais c’est Charles Lévêque qui sera élu le 6 mai 1865. Après deux autres tentatives infructueuses dans la section de philosophie [juin 1866, mars 1868] Elme Marie Caro est reçu à l’Académie des sciences morales et politiques, mais dans la section de morale, et non dans celle de philosophie, le 6 février 1869.

Dans la séance du 30 juin 1866, l’Académie reçoit Méditations religieuses, philosophiques et sociales, par Amédée Poujol, avocat à la cour impériale de Montpellier, ancien bâtonnier.
L’ouvrage d’Amédée Poujol : Méditations religieuses, philosophiques et sociales est paru en 1866 [Paris : A. Durand. In-8, XI-300 p., 1866]. Amédée Poujol [-1881] sera élu membre de l’Académie des sciences et des lettres de Montpellier en 1871.

Dans la séance du 7 juillet 1866, l’Académie reçoit de Henri Martin, doyen de la Faculté des lettres de Rennes La Foudre, l’Électricité et le Magnétisme chez les Anciens. Adolphe Franck en fait un Rapport le le 25 juillet 1866.
Le Rapport présenté par Adolphe Franck paraît dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1866, tome 78, pages 443-461.

Dans la séance du 21 juillet 1866, l’Académie reçoit La Liberté dans l’ordre intellectuel et moral. Études de droit naturel, par Emile Beaussire, professeur à la Faculté des lettres d Poitiers.
Émile Beaussire [1824-1889] publie La Liberté dans l’ordre intellectuel et moral. Études de droit naturel, en 1866 [Paris : A. Durand et Pedone-Lauriel. In-8, XXIV-500 p., 1866] L’ouvrage sera réédité en 1878.
Émile Beaussire sera élu, le 22 mai 1880, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 3], en remplacement d’Ernest Bersot [1816-1880], décédé le 1er février 1880.

Dans la séance du 28 juillet 1866, l’Académie reçoit de Christian August Brandis Manuel de l’histoire de la philosophie gréco-romaine, tome 3, deuxième partie [Berlin, 1866].
Le philologue et historien de la philosophie allemand Christian August Brandis [1790-1867] est depuis juin 1837 correspondant de la section de philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques [place 3] et depuis le 10 février 1855 associé étranger.
L’ouvrage est paru en allemand, et publié de 1835 à 1866 : Handbuch der Geschichte der griechisch-römischen Philosophie [Berlin : G. Reimer. 3 tomes en 5 volumes in-8].

Dans la séance du 11 août 1866, l’Académie reçoit De la génération des systèmes philosophiques sur l’homme par Oscar Merten, professeur de poésie latine à l’Athénée royal de Gand.

Dans la séance du 22 septembre 1866, l’Académie reçoit Philosophie des deux Ampère, publié par Barthélemy Saint-Hilaire [Paris. 1866] ; L’Homme et Dieu par Alfred de Perrois [Paris. 1866] ; Les Preuves de l’immortalité de l’âme par Alfred de Perrois.
L'Homme et Dieu, par Alfred de Perrois est paru en 1866 [Paris : L. Hervé. In-8, 263 p., 1866] ; de même Les Preuves de l'immortalité de l'âme [Paris : L. Hervé. In-8, 250 p., 1866]. Ces deux ouvrages seront réédités en 1869.

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Paul Janet publie dans la Revue des Deux-Mondes [15 janvier 1866] un article sur l’Histoire de la philosophie et l’éclectisme.
À ce sujet V. Cousin lui envoie d’abord un billet :
« Je viens de lire la Revue et je vois que vous avez voulu me donner mes étrennes. Mais, sont-ce des étrennes, ou est-ce une oraison funèbre que vous m’envoyez par avancement d’hoirie ? » [cité par Paul Janet. Victor Cousin et son œuvre. Paris : Calmann Lévy, 1885, page 470].
Puis ultérieurement une lettre.
Lettre de V. Cousin à Paul Janet en 1866, à la suite de l’article de Paul Janet paru dans la Revue des Deux-Mondes sur l’Histoire de la philosophie et l’éclectisme [15 janvier 1866].
« En mettant à part, parmi mes papiers, l’oraison funèbre dont je vous ai déjà remercié, il m’est venu l’idée médiocrement modeste qu’il y faudrait quelque chose sur la psychologie et la méthode psychologique ; car si, à cet égard, je n’avais pas d’efforts d’imagination à faire après MM. Royer-Collard et Maine de Biran, on me doit un peu de reconnaissance pour avoir maintenu ette méthode comme le point de départ, la règle et la mesure de toutes les autres parties de la philosophie. C’est là ce qui a fait une école française distincte de toutes les autres écoles européennes … Si donc vous reproduisez jamais l’article de la Revue des Deux Mondes, ma vanité demande quelques lignes de plus, afin que mon ombre soit entièurement satisfaite, et qu’au séjour des mânes, Socrate m’accueille sans trop de répugnance et me fasse une petite place parmi ses derniers écoliers ».

Les confidences de V. Cousin à Paul Dubois, sur la question de la mort :
« Trois semaines avant sa mort, j’eus avec lui un entretien ou plutôt je subis avec ma satisfaction et ma curiosité habituelle, toujours en garde, il faut bien que je l’avoue, ses pensées sur la mort prochaine pour tous deux, et certes, ni lui ni moi ne pensions qu’elle fût si voisine pour lui surtout. Il se livra avec une bonne foi, une simplicité et, en même temps, une douce et gaie quiétude à un calcul de probabilités sur la manière dont il finirait et franchirait ce pas si redoutable, entre la religion natale et la philosophie qu’il avait toujours professée et qu’il professait encore, à ce moment. “Oui, mon ami, le Dieu de Socrate et de Platon, Jésus, mais Jésus seul. On doit bien le savoir, et si je suis ici, on viendra à mon chevet, l’archevêque de Paris, par exemple qui me veut du bien ; je lui dirai mon affaire, comme je vous la dis là, et il fera ensuite comme il l’entendra et il entendra bien, et en homme de sens, j’en suis sûr.”
En transcrivant ici ces paroles de mon carnet où je les consignais immédiatement en rentrant chez moi, je me reproche presque cette confidence publique d’un propos dont la malveillance peut abuser, mais qui est pourtant un loyal accès de la pensée intime de toute une vie, et qui, certes, vaut mieux pour la mémoire de celui qui la faisait, devant la postérité, et surtout devant Dieu, que ce que de faux semblants auraient pu ajouter au trouble des derniers moments ».
Ces confidences sont rapportées par Paul Dubois, dans son livre : Cousin, Jouffroy, Damiron. Souvenirs publiés avec une introduction par Adolphe Lair et suivis d’un appendice par M. Waddington, Membre de l’Institut. [Paris : Perrin & Cie, in-12, 1902].

Le 16/11/2018