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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1865
  En 1865, V. Cousin [1792-1867] est âgé de soixante douze ans. [Il aura soixante treize ans le 28 novembre 1865]. Déjà une rue, près de la Sorbonne, porte son nom. Et 1865, c’est l’année où il décide de faire créer par l’Académie des sciences morales et politiques un prix triennal de philosophie, intitulé prix Victor Cousin, destiné à récompenser un Mémoire portant sur l’histoire de la philosophie ancienne.
Ler cercle des proches se rétrécit : l’ami de toujours, Jean Philibert Damiron est mort en janvier 1863, le fidèle disciple Émile Saisset, à peine élu à l’Académie des sciences morales et politiques en février 1863 est mort l’année même de son élection en décembre. Pour le reste, la santé de V. Cousin est de plus en plus chancelante et sa vie se poursuit tant bien que mal, mais il continue pourtant d’intervenir dans les délibérations de l’Institut de France.

Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne en classe de rhétorique [classe de première], il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des compte-rendus et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, comme professeur adjoint [et non plus comme suppléant] dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et immédiatement diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces. Il donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, marquent l’écrasement dans le sang de la révolte populaire et ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’exécutif. Enfin, le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1860.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait encore choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme.

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES
Santé chancelante en janvier.
Des lettres de Prosper Mérimée nous renseignent sur son mauvais état de santé : il ne dort plus, a des bourdonnements dans les oreilles, il maigrit, il est tourmenté par le sang, offre des symptômes de congestion. Tout cela est une mauvaise affaire à son âge.

Envoi à Napoléon III.
V. Cousin adresse à l'Empereur un exemplaire de la Jeunesse de Mazarin, qui vient de paraître en mai 1865. Ce dernier remercie V. Cousin.

Le prix V. Cousin.
V. Cousin fonde à l’Académie des sciences morales et politiques un prix qui devait être distribué tous les trois ans, d’une valeur de trois mille francs [le montant des prix attribués tous les deux ans est généralement de mille cinq cents francs], en faveur du meilleur mémoire sur un point d’histoire de philosophie ancienne.
Dans une lettre à François Mignet, secrétaire perpétuel [15 avril 1865], V. Cousin s’explique : « Je n’ai pas besoin d’insister sur l’importance de cette étude. La philosophie grecque est la base et même la clef de l’histoire entière de la philosophie, tous les systèmes que portera plus tard l’esprit humain s’y trouvant déjà et avec un incomparable éclat. Quiconque ignore Platon et Aristote doit renoncer à comprendre le développement successif de la philosophie pendant le Moyen-Âge et dans les temps modernes. De plus, la sérieuse connaissance des doctrines de l’Antiquité exige des efforts de critique qui sont un puissant et second apprentissage de patience, d’attention et d’exactitude. Enfin, l’histoire de la philosophie ancienne est un champ inépuisable [...]. J’ai tâché d’y tracer un sillon : et je souhaite que notre chère Académie continue mon oeuvre après moi. ».

On offre à V. Cousin une place au Sénat, et même la fonction de vice-président. Il la refuse.

L'été, durant environ un mois, est aux eaux de Schlangenbad, dans le duché de Nassau. Il y reçoit du courrier de P. Mérimée.
En automne, est présenté, par l'entremise de Mérimée, à la comtesse de Montijo [11 septembre 1865].
Il passe l'hiver en villégiature à Cannes, et ainsi ne participe pas à l'élection qui a lieu à l'Académie des sciences morales et politiques.

ÉLÉMENTS INSTITUTIONNELS DE L’HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE
Agrégation.
Félix Ravaisson est le président du jury. Sont reçus en 1865 : Jules Gérard ; Théophile Desdouits ; Louis Arren ; François Evellin ; Louis Martin.

Jules Gérard.
[1837-vers 1905]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1858]. Agrégation de philosophie en 1865. Docteur ès-lettres [Paris, 1876]. avec une thèse sur Maine de Biran. Essai sur sa philosophie, suivi de fragments inédits. La thèse latine porte sur l’Idéalisme de Berkeley.
Deviendra professeur à la Faculté des lettres de Clermont [1875] , puis professeur à la Faculté des lettres de Nancy [1877].

Théophile Desdouits.
[1836-]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1855]. Agrégation de philosophie en 1865. Docteur ès-lettres avec une thèse [Paris, 1868]. sur De la Liberté et des lois de la nature, discussiopn des théories panthéistes et positivistes sur la volonté [Paris : E. Thorin, in-18, XIV-272 p.]. La thèse latine porte sur la Philosophie de Nicolas de Cues.
Deviendra professeur au lycée de Bourges, puis professeur de philosophie suppléant au lycée de Versailles.

Louis [Victor] Arren.
[1833-1893]. Agrégation de philosophie en 1865. Docteur ès-lettres [Strasbourg, 1859] avec une thèse Essai d’une rhétorique sacrée d’après Bossuet [Colmar : impr. de C. M. Hoffmann. In-8, 231 p., 1859] ]. La thèse latine porte sur Quid ad informandos mores valere potuerit priorum Stoicorum [Colmariae : ex typis C. M. Hoffmann. In-8, 76 p., 1859].


François Evellin.
[1835-1910]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1860]. Agrégation de philosophie en 1865. Docteur ès-lettres [Paris, 1880] avec une thèse sur Infini et quantité, étude sur le concept de l'infini en philosophie et dans les sciences [Paris : Germer Baillière. In-8, 272 p.,1880]. La thèse latine porte sur Quid de rebus vel corporeis vel incorporeis senserit Boscowich [Lutetiae Parisiorum : G. Baillière, In-8, 101 p., 1880]. La thèse latine a été traduite en français par Céline Grandjou.
Deviendra Inspecteur général pour la philosophie au Ministère de l'instruction publique.

Louis Martin.
Ancien élève de l’École normale supérieure [1861]. Agrégation de philosophie en 1865.


Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1865.
Auguste Ammann [agrégation d’histoire et géographie, 1872], S. Bloch, Joseph Bourlier [agrégation de grammaire, 1868], Emile Boutroux [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1868], Ferdinand Buisson [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1868], Maurice Croiset [agrégation de lettres, 1868] , Dereux [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1868], Charles d’Hombres [agrégation d’histoire et géographie, 1872], Febvre, Augustin Gazier [agrégation de grammaire, 1868], Ferdinand Philippe Gerbe [agrégation de grammaire, 1868], Roger Lallier [agrégation de lettres, 1868] , Henri Lantoine [agrégation de lettres, 1868], E. Lavigne, Edouard Maneuvrier [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1868], Henri Marion [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1868], Pierre Paul Martine [agrégation d’histoire et géographie, 1868], Maspero, Patenôtre, André Émile Rumpler [agrégation de grammaire, 1868], J. Tomas, Voisin.

PUBLIE.
La Jeunesse de Mazarin, Paris : Didier, in-8, XXIV-616 p., 1865.
La Préface est signée du 1er avril 1865 [connaît trois tirages la même année].

Article dans le Journal des savants.
Nouvelles relations de Mazarin et de Richelieu pendant l'année 1630, d'après des documents inédits. Journal des savants, cinquième article, janvier 1865, pages 16-35 ; sixième et dernier article, février 1865, pages 123-143.

Réédition de.
Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie par M. Victor Cousin. Cinquième édition. Philosophie ancienne. Paris : Didier et Cie ; Aug ; Durand, in-8, 510 p., 1865 [collationné 01].

Mme de Sablé, Paris : Didier, in-12, VIII-526 p., 1865 [1865, comme 3ème édition revue et augmentée].
Édité initialement en 1854 ; puis en 1859 (2ème édition, avec 2 tirages). Réédité en 1869 (toujours comme 3ème édition) ; puis en 1882 (5ème édition).

Réédition de.
Philosophie sensualiste au dix-huitième siècle [1865, comme 3ème édition].
Édité initialement en 1863. A déjà été réédité en 1864 comme 3ème édition. Sera réédité en 1866 [2 tirages].

Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin. Cinquième édition. Philosophie du Moyen Age. Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, 435 p., 1865 [Table des matières pages 429-435] [collationné 01].


À l’ACADÉMIE FRANÇAISE.
Élection de Lucien Anatole Prévost-Paradol [1829-1870], le 6 avril 1865, au fauteuil 37, en remplacement de Jean-Jacques Ampère [1800-1864], décédé le 27 mars 1864. V. Cousin, malade, n'est pas à Paris pour l'élection. Prévost-Paradol sera reçu par F. Guizot le 8 mars 1866.

Élection du poète et littérateur Charles Camille Doucet [1812-1895], membre de l’Académie française, le 6 avril 1865, au fauteuil 32, en remplacement, du comte Alfred de Vigny [1797-1863], décédé le 17 septembre 1863.
S’était déjà présenté en avril 1862, à la succession d’Eugène Scribe, face à Octave Feuillet ; puis en avril 1864, à la succession d’Alfred de Vigny, face à Joseph Autran ; puis enfin en avril 1865, à nouveau pour la succession de A. de Vigny.
Est reçu par Jules Sandeau, le 22 février 1866.
Sera élu secrétaire perpétuel de l’Académie française, le 30 mars 1876.
Après sa mort, le 1er avril 1895, est remplacé par l’historien et homme politique Charles Costa de Beauregard [1835-1909].

À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES
Fondation du prix Victor Cousin.
Dans la séance du 22 avril, le secrétaire perpétuel fait à l’Académie une communication « d’un haut intérêt pour elle ». cette communication est relative à l’établissement d’un prix triennal « proposé par un de ses membres les plus anciens comme les plus illustres, très-attaché à son esprit et des plus zélés pour son service »

Report du concours sur Malebranche.
Dans la séance du 18 novembre 1865, V. Cousin, au nom de la section de philosophie, propose de remettre au concours pour l’année 1867, l’examen de la philosophie de Malebranche, qui n’a fait l’objet d’aucun mémoire dans le concours de 1865.
Le programme « est conçu, cette fois, dans les termes suivants :
« Dans la partie biographique du mémoire, rechercher quel a été dans l’Oratoire l’éducation philosophique de Malebranche.
2. Exposer les ressemblances et les différences de la philosophie de Descartes et de celle de Malebranche pour la méthode, les principes, les conclusions.
3. Apprécier la polémique de Malebranche et d’Arnauld sur la théorie des idées, la critique de la vision en Dieu par Locke et celle du système entier par les écrivains de la Compagnie de Jésus.
4. Suivre la philosophie de Malebranche jusqu’au milieu du XVIIIème siècle.
5. Finir en établissant le mérite et les défauts de cette philosophie, et en se demandant si elle laisse en métaphysique, en morale, en théodicée, quelque idée qui subsiste, et que puisse recueillir et mettre à profit la philosophie de notre temps ».
Le prix est d’une valeur de quinze cents francs. Le 31 décembre 1867 est le terme de rigueur.
Sur le rapport de Paul Janet, le 12 décembre 1868, le prix sera décerné à Léon Ollé-Laprune, professeur de philosophie au lycée de Versailles, une mention honorable à J. B. Royer, ancien élève de l'École normale supérieure [promotion 1854], professeur de seconde au lycée de Dijon.
Léon Ollé-Laprune publie son travail, en 1870, sous le titre : La Philosophie de Malebranche, par Léon Ollé-Laprune, professeur de philosophie au lycée de Versailles. Paris : Ladrange, 2 tomes in-8, IX-551+505 p., 1870. Cet ouvrage est également couronné par l'Académie française.


Le concours sur le prix V. Cousin : Socrate métaphysicien.
Le concours doit porter sur l’histoire de la philosophie ancienne. Le sujet est : Socrate considéré surtout comme métaphysicien.
Le programme est défini de la manière suivante :
« 1. Méthode à suivre pour arriver à quelque chose de certain sur la philosophie de Socrate parmi les témoignages si différents de Xénophon et de Platon ; secours à tirer du témoignage trop peu employé d’Aristote.
2. Les concurrents se rendront compte de l’état de la philosophie grecque avant Socrate.
3. Ils rechercheront quels ont été les maîtres de Socrate et ses premières études ;
4. Impression profonde produite sur l’esprit de Socrate par la lecture du livre d’Anaxagore, qui pose l’Intelligence comme le premier principe de toutes choses. Nouvelle direction des études de Socrate, et ce qu’il ajoute à la doctrine d’Anaxagore.
5. Du carctère essentiel de la révolution introduite dans la phphilosophie par socrate. L’étude de l’homme établie comme le point de départ et la condition de toute saine spéculation philosophique.

6. Diverses théories propres à Socrate :
1. Ce qu’on appelle la maïeutique et l’ironie socratique.
2. Théorie de la définition fondée sur un élément général, premier germe de la doctrine platonicienne des idées.
3. Théorie des causes finales et de la Providence.
4. Théorie du Bien. Harmonie du Bien et de l’Utile.
5. Théorie de l’Amour.
6. Du Démon de Socrate.
7. Socrate et la religion de son temps.

7. Lutte de Socrate contre les Sophistes.
8. Des causes du procès de Socrate. Accusation portée contre lui. Sentence de l’Aréopage telle qu’elle nous a été conservée.
9. Conclure en recherchant et en déterminant ce que la philosophie du XIXème siècle peut encore emprunter à la philosophie de Socrate ».
Le prix est d’une valeur de trois mille francs, et le délai de rigueur est fixé au 31 décembre 1867.

Sur le rapport de M. Vacherot, lu dans les séances des 21 novembre et 5 décembre 1868 [Publié dans Mémoires et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1868, tome 83, p. 445 sq.], le prix sera décerné à Alfred Fouillée [1838-1912], professeur de philosophie au lycée de Bordeaux [mémoire n° 8 de 1344 pages]. Il sera publié sous le titre La Philosophie de Socrate, par Alfred Fouillée, maître de conférences à l'École normale supérieure, Paris : Ladrange, 2 tomes in-8, XX-432+567 pp., 1874. Une mention très honorable est attribuée à Édouard Chaignet [1819-1901}, une mention honorable à Pierre Montée.
Édouard Chaignet publiera en 1868 une Vie de Socrate [Paris : Didier. In-12, XVI-334 p., 1868]. Et Pierre Montée, en 1869, La Philosophie de Socrate [Paris : A. Durand et Pedone Lauriel. In-8, 382 p., 1869].


Élection d’Augustin Cochin.
Augustin Cochin [1823-1872] est élu, le 11 février 1865, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], en remplacement d’Adolphe Garnier [1801-1864], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, décédé le 4 mai 1864.
La section de morale présentait au premier rang Ernest Bersot [1816-1880], au deuxième rang Augustin Cochin, au troisième rang Armand Audiganne [1814-1875], au quatrième rang ex æquo Constant Martha [1820-1895] et Ferdinand Béchard [1799-1870]. Il y avait trente trois votants, la majorité est de 17.
Au premier tour Augustin Cochin obtient 17 suffrages, Ernest Bersot 16. Augustin Cochin est élu dès le premier tour.
Ernest Bersot [1816-1880] sera élu, dans la section de morale, l’année suivante : le 23 juin 1866. Ni Armand Audiganne, ni Ferdinand Béchard ne seront ultérieurement élus.
Après sa mort, le 15 mars 1872, Augustin Cochin est remplacé par Constant Martha [1820-1895], professeur d’éloquence latine à la Faculté des lettres de Paris, élu le 1er juin 1872.

*Le professeur et homme politique Georg de Raumer [1781-1873] est élu, le 11 février 1865, associé étranger [fauteuil 3] de l’Académie des sciences morales et politiques, en remplacement du juriste et ancien ministre Carl de Savigny [1779-1861], décédé le 26 octobre 1861.
La commission avait placé au premier rang Georg de Raumer ; au deuxième rang le comte Federigo Sclopis [1798-1878], juriste et homme d’État, déjà correspondant depuis 1845 ; au troisième rang le professeur de droit Anton Mittermaïer [1787-1867], déjà correspondant depuis 1841. Il y a trente et un votants, la majorité est de seize. Au premier tour de scrutin Raumer obtient 29 suffrages, Federigo Sclopis 1 , Anton Mittermaïer 1. Georg de Raumer, ayant obtenu la majorité des suffrages est élu.
Le comte Federigo Sclopis sera élu associé étranger [fauteuil 1] le 20 mars 1869, en remplacement de Lord Henry Brougham [1778-1868], décédé le 7 mai 1868. Anton Mittermaïer, correspondant, ne sera pas élu ultérieurement membre associé.
Après sa mort, le 14 juin 1873, Georg Raumer est remplacé par le diplomate John L. Motley [1814-1877], élu le 15 janvier 1876.

L’homme d’État anglais William Gladstone [1809-1898] est élu, le 4 mars 1865, associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 4], en remplacement de Mac Culloch [1789-1864], décédé le 11 novembre 1864.
La commission avait placé au premier rang de Gladstone, au deuxième rang John Stuart Mill [1806-1873], au troisième rang William Whewell [1794-1866]. Il y a vingt-neuf votants. La majorité est de quinze. Au premier tour de scrutin William Gladstone obtient vingt-sept suffrages, John Stuart Mill deux. Gladstone ayant obtenu la majorité des suffrages est élu.
John Stuart Mill sera élu correspondant, dans la section d’économie politique, le 28 avril 1860
William Whewell sera élu correspondant, dans la section de philosophie, le 14 février 1857.
Après sa mort, le 19 mai 1898, William Gladstone est remplacé comme associé étranger par l’économiste et homme politique italien Luigi Luzzatti [1841-1927], élu le 11 février 1899.

L’homme politique Mortimer Ternaux [1808-1871], ancien député, est élu le 11 mars 1865, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section politique, administration et finances, en remplacement du diplomate Armand Lefebvre [1800-1864], décédé le 1er septembre 1864.
La section présentait au premier rang ex-aequo le conseiller d’État Joseph Boulatignier [1805-1895] et Faugère ; au deuxième rang ex-aequo Casimir Périer et l’homme politique Mortimer-Ternaux [1808-1871] ; au troisième rang et ex-aequo le jurisconsulte Eugène Cauchy [1802-1877] et le professeur d’économie Joseph Garnier [1813-1881]. L’Académie a ajouté les noms de l’homme politique Auguste Edmond de Beauverger [1818-1873] et de Ferdinand Béchard [1799-1870]. Il y a 36 votants, la majorité est de 19 voix.
Au premier tour Joseph Boulatignier 13 ; Mortimer Ternaux 13 ; Casimir Périer 7 ; Eugène Cauchy 2, Faugère 1. Au deuxième tour : 17 à Ternaux, 15 à Boulatignier ; 4 à Casimir Périer. Au troisième tour Boulatignier 17, Ternaux 17, Casimir Périer 1. Il est donc procédé à un scrutin de ballotage : Mortimer Ternaux 18, Joseph Boulatignier 17, il y a un billet blanc. Mortimer Ternaux est donc élu au quatrième tour à la majorité relative.


Le professeur de théologie suisse Érnest Naville [1816-1909] est élu, le 1er avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 7], en remplacement de l’abbé baron Ignaz von Wessemberg [1774-1860], décédé le 9 août 1860.
La section présentait au premier rang Jules Barni [1818-1878], au deuxième rang Ernest Naville ; au troisième rang le baron Roger de Guimps [1802-1890] spécialiste de Pestalozzi. Il y a trente votants, la majorité est de seize. Dès le premier tour Ernest Naville obtient 17 suffrages, Jules Barni 13. Ernest Naville est élu correspondant.
Ni Jules Barni, ni le baron de Guimps ne seront ultérieurement élus.
Érnest Naville sera élu associé étranger le 3 avril 1886 [fauteuil 1], en remplacement de Mamiani della Rovere [1800-1885], décédé le 21 mai 1885. Il libère ainsi sa place de correspondant pour Gustave Moynier [1826-1910], président de la Croix-rouge internationale, élu le 12 avril 1886.
Après sa mort, le 3 mai 1909, Ernest Naville est remplacé comme associé étranger par le chef d’État américain Théodore Roosevelt [1858-1919], élu le 19 décembre 1909.

L’homme politique anglais Henri Reeve [1813-1895] est élu, le 8 avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [place 4], en remplacement du professeur et homme politique Edward Everett [1794-1865], décédé le 15 janvier 1865.
La section présentait au premier rang et ex æquo Henri Reeve et le baron de Girardot [1815-1883], au deuxième rang Hendrick. Il y a vingt-sept votants. La majorité est de quatorze voix. Au premier tour, Henri Reeve obtient l’unanimité des suffrages.
Devient membre de la section de législation, droit public et jurisprudence [place 8], par décision de l’Académie du 26 mai 1866, au moment de la création de la place.
Est élu associé étranger le 5 mai 1888 [fauteuil 3], en remplacement de sir Henry Summer Maine [1822-1884], décédé le 3 février 1888. Henri Reeve libère ainsi sa place de correspondant pour sir James F. Stephen [1829-1894], élu le 15 décembre 1888.
Après sa mort, le 21 octobre 1895, est remplacé comme membre associé par le prince George Bibesco [1834-1902], élu le 23 mai 1891.

L’économiste et statisticien anglais Albany William Fonblanque [1797-1872], est élu le 22 avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’économie politique et statistique [place 7], en remplacement de l’économiste anglais William Jacob [1795-1864], décédé le 7 juillet 1864.
La section place au premier rang William Fonblanque, au deuxième rang le statisticien autrichien baron Charles Czörnig [1804-1889], au troisième rang le statisticien anglais William Farr [1807-1883]. Il y a 27 votants, la majorité absolue est 14.
Albany William Fonblanque obtient 26 suffrages. Il y a 1 billet blanc.
Après sa mort, le 12 octobre 1872, est remplacé par le statisticien anglais William Newmark [1820-1882], élu le 28 mars 1874.

Le comte italien Giovanni Arrivabene [1787-1881], est élu le 22 avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politique, section d’économie politique et statistique [place 6 bis], en remplacement de William Nassau Senior [1790-1864], décédé le 4 juin 1864.
La section place au premier rang le comte Arrivabene ; au deuxième rang et ex æquo le professeur d’économie politique belge Charles Périn [1815-1905] et l’économiste et homme politique italien Antoine Scialoja [1817-1877] ; au troisième rang ex æquo Auguste Clément, de Saint-Étienne, [1805-1886] et l’économiste allemand Guillaume Hermann, de Munich, [1795-1868].
Sur 27 votants, dès le premier tour, Giovanni Arrivabene obtient 23 suffrages, 1 à Charles Périn, 1 à Auguste Clément , 1 à Antoine Scialoja. Il y a 1 billet blanc.
Après sa mort, le 11 janvier 1881, est remplacé par le professeur d’économie politique Alfred Jourdan [1823-1891], élu le 27 mai 1882.

Le révérend Henty Hart Milmann [1791-1868] est élu le 29 avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire [place 2], en remplacement de Raumer [1781-1876], élu associé étranger.
La section présentait Henty Hart Milmann de Londres, au deuxième rang et ex æquo l’écrivain religieux et historien anglais James Antony Froude [1818-] et l’historien espagnol don Modesto de Lafuente [1806-1866].
Il y a 22 votants. Dès le premier tour Henty Hart Milmann obtient 21 sufrages. Il y a un billet blanc.
Après sa mort, le 24 septembre 1868, est remplacé par le professeur de littérature et homme politique milanais Cesare Cantu [1804-1895], élu le 27 février 1969.

1865. Élection de Charles Lévêque.
[Jean] Charles Lévêque [1818-1900] est élu le 6 mai 1865, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 1] au deuxième tour de scrutin, en remplacement de M. Émile Saisset [1814-1863], décédé le 27 décembre 1863.
La section de philosophie place au premier rang ex aequo Charles Lévêque et Étienne Vacherot [1809-1897]; au deuxième rang ex-aequo Elme Marie Caro [1826-1887] et Jean Nourrisson [1825-1899] ; au troisième rang ex-aequo Ernest Bersot [1816-1880], Albert Lemoine [1824-1874], Charles Waddington [1819-1914], déjà correspondant de la section de philosophie depuis le 20 juin 1863.
Au premier tour de scrutin sur 34 votants, 15 suffrages pour Charles Lévêque, 10 pour Étienne Vacherot, 3 pour Elme Marie Caro, 3 pour Jean Félix Nourrisson, 3 pour Ernest Bersot.
Au deuxième tour de scrutin sur 35 votants, 26 suffrages pour Charles Lévêque, 5 pour Étienne Vacherot, 4 pour Ernest Bersot. Charles Lévêque, ayant réuni la majorité absolue des suffrages est proclamé élu.
Charles Lévêque s’était présenté, en février 1863, au fauteuil de Jean-Philibert Damiron, face à Émile Saisset. Ce dernier était élu au premier tour avec 27 suffrages, 1 voix pour Charles Lévêque.
À sa mort, le 4 janvier 1900, Charles Lévêque sera remplacé par Gabriel de Tarde [1843-1904], élu le 14 décembre 1900.

Lectures, communications et rapports.
Dans la séance du 11 février 1865, Albert Lemoine continue la lecture du Mémoire qu’il a été autorisé à communiquer à l’Académie et qui a pour titre : De la Physionomie et de la Parole. Il poursuit et achève cette lecture dans la séance du 18 février. Cette lecture se poursuit dans la séance du 18 novembre 1865.
Publié dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 72, pages 437-468. Au titre des articles des savants étrangers. La publication se poursuit dans le tome 73, pages 73-104.
Le travail d’Albert Lemoine [1824-1874] est publié sous forme d’un ouvrage : De la Physionomie et de la parole [Paris : Germer Baillière. Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-18, 219 p., 1865].

Dans la séance du 4 mars 1865, le docteur Bouchut donne communication d’un Mémoire sur L’Âme et le sens vital.
Publié dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 72, pages 321-345. Au titre des articles des savants étrangers.
Le docteur Eugène Bouchut [1818-1891] fait paraître son travail sous forme d’une brochure : De l’Âme et du sens vital. [Paris : impr. de F. Malteste. In-8, 16 p., 1865]. Agrégé de la Faculté de médecine il y est le professeur suppléant le cours du docteur Duméril. Il a professé à l'École pratique de la Faculté de médecine, et a édité ses leçons de 1862, 1863, 1864 portant sur l’Histoire de la médecine et des doctrines médicales [Paris : G. Baillière, In-8? , XXXVI-512 p.,1864].
Il cherchera, en avril 1881, à se faire élire, mais sans succès, à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la section de philosophie, face à Félix Ravaisson [1813-1900], en se présentant pour le fauteuil rendu vacant par le décès de Louis Peisse [1803-1880], survenu le 30 octobre 1880.

Dans la séance du 11 mars Charles Lévêque est admis à lire un Mémoire sur les Fondements psychologiques de la Théodicée.
Publié dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 72, pages 225-251. Au titre des articles des savants étrangers.
Charles Lévêque [1818-1900] lit ce Mémoire un peu moins de deux mois avant de se présenter à nouveau à l’Académie des sciences morales et politiques : il y sera élu le 6 mai 1865, dans la section de philosophie [fauteuil 1], au deuxième tour de scrutin, en remplacement d’Émile Saisset [1814-1863], décédé le 27 décembre 1863. Charles Lévêque s’était présenté sans succès, en février 1863, au fauteuil de Jean-Philibert Damiron, face à Émile Saisset.

Dans la séance du 3 juin 1865, Paul Janet lit un Rapport sur l’ouvrage d’Émile Beaussire, professeur à la Faculté des lettres de Poitiers, intitulé Antécédents de l’hégélianisme dans la philosophie française. Dom Deschamps, son système et son école, d’après un manuscrit et des correspondances inédites du XVIIIème siècle. À la suite de cette lecture V. Cousin présente des observations.
Publié dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 73, pages 457-467, sous le titre : Un précurseur français de Hegel, par M. Paul Janet.
Le livre d’Émile Beaussire [1824-1889] Antécédents de l’hégélianisme dans la philosophie française. Dom Deschamps son système et son école d’après un manuscrit et des correspondances inédites du XVIIIè siècle est paru en 1865 [Paris : Germer-Baillière. Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-18, XVI-326 p., 1865]. C’est le premier ouvrage important, si l’on fait exception d’un manuel de philosophie, qu’Émile Beaussire publie depuis sa thèse, soutenue en 1855.
Émile Beaussire deviendra membre de l’Académie des sciences morales et politiques le 22 mai 1880, dans la section de morale [fauteuil 3], au fauteuil libéré par le décès d’Ernest Bersot, survenu le 1er février 1880.

Dans la séance du 22 juillet 1865, le Secrétaire perpétuel lit au nom de Francisque Lélut le fragment d’un ouvrage intitulé De l’égalité considérée dans ses rapports avec l’inégalité des races humaines.
Publié dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 73, pages 389-420.
Francisque Lélut [1804-1877] est membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis janvier 1844. Il a déjà publié sur la question de l’égalité ; en 1849 à la suite de la collection des Petits Traités (la série proprement dite s'étant arrêtée) : Louis Francisque Lélut, Égalité, Paris : Pagnerre, in-18, 57 p., 1849 [réédité en 1858, sous le titre Petit traité de l'égalité, Paris : A. Durand, in-18, 151 p. ].

Dans la séance du 2 décembre 1865, Jules Barthélemy Saint-Hilaire continue et achève la lecture de son mémoire surle Traité du ciel d’Aristote. V. Cousin présente des observations.
L’ouvrage de Barthélemy Saint-Hilaire [-], paraît en 1866 : Traité du ciel, traduit pour la première fois par J. Barthélemy Saint Hilaire et accompagné de notes perpétuelles [Paris : A. Durand.In-8, 1866].

Dans les séances du 12 et 19 août 1865, Charles Lévêque fait la lecture d’un premier Mémoire sur La Liberté selon les principaux philosophes grecs.
[Jean] Charles Lévêque [1818-1900] vient d’être élu le 6 mai 1865, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 1] au deuxième tour de scrutin, en remplacement de M. Émile Saisset [1814-1863], décédé le 27 décembre 1863.

Dans la séance du 26 août 1865, Adolphe Franck lit le fragment d’un Mémoire consacré à Saint-Martin.
Adolphe Franck [1809-1893] fait paraître en 1866 : La Philosophie mystique en France au XVIIIè siècle : Saint Martin et son maître Martinez Pasqualis. [Paris : Germer-Baillière. Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-16, 228 p., 1866].

Dans la séance du 25 novembre 1865, Barthélemy Saint-Hilaire commence la lecture d’un Mémoire sur le Traité du ciel d’Aristote.
À la suite de cette communication, V. Cousin prend la parole et présente quelques observations.
La lecture du mémoire se poursuit dans la séance du 2 décembre. V. Cousin insiste sur les observations qu’il a déjà présenté et en ajoute de nouvelles.
Jules Barthélemy Saint-Hilaire [1805-1895] fera paraître en 1866 : Traité du ciel, traduit pour la première fois par J. Barthélemy Saint Hilaire et accompagné de notes perpétuelles [Paris : A. Durand. In-8, 1866].

Dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 71, pages 89-109 paraît la suite et la fin du texte du Mémoire de Francisque Bouillier Sur le Plaisir et la douleur. Le texte avait commencé d’être publié en 1864, tome 70, pages 39 sq.
L’ouvrage de Francisque Bouillier [1813-1899] du Plaisir et de la douleur, paraît en 1865 [Paris : Germer Baillière. Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-12, XI-159 p., 1865]. Francisque Bouillier est alors Inspecteur général de l’Instruction publique. Correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, depuis avril 1842, alors qu’il est professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Lyon, puis doyen, il deviendra membre titulaire de la même section en décembre 1875.

Dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 71, pages 285-302 paraît le texte du rapport de Paul Janet sur l’ouvrage de Constant Martha, intitulé Les Moralistes sous l’empire romain.
L’’ouvrage de Constant Martha [1820-1895] Les Moralistes sous l’empire romain [Paris : Hachette. In-16, VIII-387 p., 1865] vient de paraître. Réédité en 1866. Connaît encore plusieurs éditions. 1887 (4e édition), 6e édition, 1900 (7e édition). L’ouvrage reprend notamment le texte de la thèse de B. Martha : De la Morale pratique dans les lettres de Sénèque.
Constant Martha cherche à se présenter à l’Académie des sciences morales et politiques, en juin 1866, face à Ernest Bersot [1816-1880], pour le fauteuil [fauteuil 3], rendu vacant par le décès de l’ambassadeur Gustave de Beaumont [1802-1866], survenu le 30 mars 1866
Constant Martha sera finalement élu, le 1er juin 1872, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], en remplacement d’Augustin Cochin [1823-1872], décédé le 15 mars 1872.

Dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 71, pages 451-452 paraît le texte du Rapport verbal d’Adolphe Franck sur un ouvrage du général Noizet Études philosophiques.
Le général François Joseph Noizet [1792-1885] est l’auteur, en 1820, d’un Mémoire adressé à l’Académie de Berlin, et publié en 1854, sur le Somnambulisme et le magnétisme animal. Il fera paraître également des Mélanges de philosophie critique en 1873 [Paris : H. Plon. In-8? , 433 p., 1873].

Dans le compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. 1865, tome 74, pages 89-106 et 203-226 paraît d’Adolphe Franck : Martinez Pasqualis, ses doctrines mystiques et son influence sur Saint-Martin.

Ouvrages en hommage.
Le 21 janvier 1865, l’Académie reçoit.
Les Lettres sur la philosophie de l’histoire, du journaliste et homme de lettres [François] Odysse Barot [1830-1907] sont parues en 1864 [Paris : Germer Baillière. In-18, 242 p.].

Le 11 février 1864, l’Académie reçoit, de la part de Amédée Saisset, l’ouvrage publié d’après les manuscrits de son frère Émile Saisset : Sur le scepticisme, Onesidème, Pascal, Kant.
Dans la séance du 25 mars, Amédée Saisset offre un nouveau volume des œuvres d’Émile Saisset, publié sous le titre : Critique et histoire de la philosophie. Fragments et discours.
Émile Saisset [1814-1863] est mort le 27 décembre 1863, à Paris. Ancien élève de l’École normale [1833], agrégé de philosophie [1836], il avait succèdé à J. P. Damiron [1856-1863] dans la chaire d'Histoire de la philosophie moderne de la Faculté des lettres de Paris. Il venait d’être élu, le 7 février 1863, à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la section de philosophie [fauteuil 1], en remplacement de Jean-Philibert Damiron, décédé le 11 janvier 1862.

Dans la séance du 18 février 1865, Barthélemy Saint-Hilaire présente à l’Académie les deux volumes que Jean Félix Nourrisson vient de publier sur la Philosophie de saint Augustin.
Et dans la séance du 25 mars, de la part de l’auteur, le volume que Nourrisson vient de publier et qui a pour titre La Nature humaine. Essais de psychologie appliquée. Ce volume est la première partie de l’ouvrage que l’Académie a couronné dans le concours relatif au Rôle de la psychologie en philosophie.
Jean Félix Nourrisson [1825-1899] a déjà remporté le prix de l’Académie des sciences morales et politiques en 1860 sur la Philosophie de Leibniz. En février-mars 1863, il remporte, sur le rapport de Adolphe Franck le prix du Budget d'une valeur de quinze cents francs, proposé par l’Académie des sciences morales et politiques : Du Rôle de la psychologie en philosophie [avec une appréciation des principales théories psychologiques, anciennes et modernes, et de l'influence qu'elles ont exercée sur les systèmes généraux de leurs auteurs].

Dans la séance du 1er avril 1865, François Mignet, secrétaire perpétuel de l’Académie, offre, au nom de l’auteur Foucher de Careil, le 6ème volume des Œuvres de Leibniz, composés d’écrits politiques la plupart inédits ou traduits en français pour la première fois.
Depuis 1854, le comte Alexandre [Louis] Foucher de Careil [1826-1891] intervient à plusieurs reprises à l’Académie des sciences morales et politiques, à l’occasion d’hommages d’ouvrages [1854, 1862] ; en obtenant en 1860 le prix sur la Philosophie de Leibniz ; en lisant des Mémoires [1861, 1862]. Il fait régulièrement hommage, à l’Académie, tome par tome, des Oeuvres de Leibniz, don’t il est l’éditeur. Il s’est présenté sans succès, le 7 février 1863, face à Émile Saisset, au fauteuil [fauteuil 1 de la section de philosophie] laissé vacant par la disparition de Jean Philibert Damiron, décédé le 11 janvier 1862.
Il reprend ses présentations de Mémoires en 1873, 1874, 1877. Mais ne sera jamais élu à l’Académie des sciences morales et politiques.

Dans la séance du 22 avril 1865, Jules Barthélemy Saint-Hilaire fait hommage à l’Académie de son ouvrage sur Mahomet et le Coran.
L’ouvrage vient de paraître en 1865, sous le titre : Mahomet et le Coran, précédé d’une Introduction sur les devoirs mutuels de la philosophie et de la religion. [Paris : Didier. In-12, CXIII-348 p., 1865]. Jules Barthélemy Saint-Hilaire [-] en avait fait des lectures, à l’Académie, à de nombreuses reprises en 1863 et 1864.

Dans la séance du 29 avril 1865, John Stuart Mill, correspondant de l’Académie adresse An Examination of sir William Hamilton’s philosophy.
Le philosophe et économiste anglais John Stuart Mill [1806-1873] vient de publier en 1865 : An Examination of Sir William Hamilton's philosophy and of the principal philosophical questions discussed in his writings [London : Longman, Green, Longman, Roberts and Green. In-8? , 560 p., 1865]. L’ouvrage sera réédité en 1889.

Dans la séance du 29 avril 1865, l’Académie reçoit de Charles Lévêque, professeur de philosophie au collège de France : Études de psychologie et de théodicée.
Cet hommage d’un de ses ouvrages : La Science de l’invisible, études de psychologie et de théodicée, 1865 [Paris : Germer-Baillière, in-18, IV-191 p., 1865] précède de peu l’élection de Charles Lévêque [1818-1900], le 6 mai 1865, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 1], en remplacement d’ Émile Saisset [1814-1863], décédé le 27 décembre 1863.

Dans la séance du 29 avril 1865, Adolphe Franck offre à l’Académie l’ouvrage de Francisque Bouillier, correspondant, sur le Plaisir et la douleur.


Dans la séance du 1er juillet 1865, l’Académie reçoit de George Grote, associé étranger de l’Académie : Platon et les autres disciples de Socrate [3 volumes, in-8, 1865, en anglais].
George Grote [1794-1871], Vice-chancelier de l’Université de Londres, d’abord correspondant [1858], vient d’être élu associé étranger le 20 février 1864.
Il vient de faire paraître le premier tome de : Plato and the companions of Sokrates. [London : J. Murray. In-8]. Cette publication s’échelonnera de 1865 à 1870 sur 4 volumes, avec index.

CORRESPONDANCE :LETTRES…DE, À, AU SUJET DE …V. COUSIN
Lettre de Napoléon III à V. Cousin, à propos de la Jeunesse de Mazarin.
« Monsieur. J'ai reçu, avec l'aimable lettre qui l'accompagne, le livre que vous venez de publier. Je le lirai avec le plus vif empressement ; car mon intérêt et ma sympathie sont doublement éveillés, et par l'histoire d'une gloire naissante, et par l'historien qui ajoute à sa propre gloire, depuis longtemps consacrée. Je vous renouvelle, Monsieur, l'assurance de ma haute estime. ». [Napoléon, le 20 juin 1865, à Victor Cousin].


Le 22/02/2018