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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1864
  En 1864, V. Cousin [1792-1867] est âgé de soixante et onze ans. [Il aura soixante douze ans le 28 novembre 1864]. C’est l’année de la réédition, en latin et en grec, du Proclus. Près de la Sorbonne, où il continue d’avoir ses appartements et sa bibliothèque, une rue porte désormais son nom. V. Cousin continue de participer le jeudi aux séances de l’Académie française et le samedi matin à celles de l’Académie des sciences morales et politiques. Les mois d’hiver sont passés à Cannes, il y joue au whist avec son ami Prosper Mérimée, un familier de la cour de Napoléon III. La prise sur les évènements philosophiques n’est plus qu’une histoire ancienne.

Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne en classe de rhétorique [classe de première], il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des compte-rendus et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, comme professeur adjoint [et non plus comme suppléant] dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et immédiatement diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces. Il donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, marquent l’écrasement dans le sang de la révolte populaire et ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’exécutif. Enfin, le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1860.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait encore choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme

Éléments biographiques.
L'état de santé de V. Cousin [épanchement de sang à l'oeil] l'empêche, dit-il, d'accepter la proposition qui lui est faite de participer à la nouvelle commission de l’édition de la correspondance de Napoléon [commission placée sous la présidence de Napoléon III]. Une lettre de Lebrun, directeur du Journal des savants, en date du 24 janvier 1864, l’informe de cette proposition.

Par décision de la municipalité, en date du 24 août 1864, une rue porte le nom de rue Victor Cousin. Elle commence Place de la Sorbonne et finit rue Soufflot.

En décembre 1864, V. Cousin est à nouveau à Cannes, où se trouve également P. Mérimée. Il y avait fait un séjour dans l’hiver 1863-1864.
On dispose à ce sujet d’une description pittoresque faite par Augustin Cochin dans une lettre qu’il adresse à Alfred de Falloux : « Je puis aussi vous parler de M. Cousin, l’ermite d’un bois d’orangers où les petits oiseaux respectent son costume indescriptible. Ses gestes doivent les effaroucher un peu ; j’ai trouvé sa santé très bonne, quoiqu’il en dise, et j’ai été charmé, comme toujours, de ses éloquentes conversations, m’apercevant toutefois avec peine que la conclusion de ses longues méditations philosophiques l’approchent plus de l’impérialisme que du christianisme. Il doit être poussé sur cette pente par son confère en asthme et en littérature, M. Mérimée […] » [Cannes, 19 février 1864].

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Agrégation.
Félix Ravaisson est le président du jury. Sont reçus en 1864 : Alfred Fouillée ; Léon Ollé-Laprune ; Émile Charles ; Jacques Maillet ; Ludovic Carrau ; Joseph Millet ; Ernest Labbé.

Alfred Fouillée.
Alfred Fouillée [1838-1912]. Né le 18 octobre 1838, à La Poèze [Maine et Loire] ; mort le 6 juillet 1912, à Menton [Alpes-Maritimes].
Docteur ès-lettres [Paris, 1872] avec une thèse sur La Liberté et le déterminisme. La thèse latine porte sur l’Hippias mineur de Platon.
Alors qu’il est professeur à Bordeaux, reçoit le prix de l’Académie des sciences morales et politiques, mis au concours en novembre 1867, et remis en décembre 1868, sur le rapport de Etienne Vacherot : Socrate considéré surtout comme métaphysicien. Il publiera son mémoire sous le titre La Philosophie de Socrate, par Alfred Fouillée, maître de conférences à l'École normale supérieure, Paris : Ladrange, 2 tomes in-8, XX-432+567 pp., 1874.


Léon Ollé-Laprune.
[1839-1898]. Né le 25 juillet 1839, à Paris ; mort le 13 février 1898, à Paris. Ancien élève de l’École normale supérieure [1858]. Agrégation de philosophie en 1864.
Docteur ès-lettres [Paris, 1880] avec une thèse sur De la certitude morale. La thèse latine porte sur l’Eudémonisme comme fondement de l’éthique aristotélicienne.

Émile Charles.
[1831-1897]. Né le 13 mars 1831, à Valenciennes [Nord] ; mort le 10 janvier 1897, à Clamart. Ancien élève de l’École normale supérieure [1851]. Agrégation de philosophie en 1864.
Docteur ès-lettres [Paris, 1861] avec une thèse sur Roger Bacon, sa vie, ses ouvrages, ses doctrines d’après des documents inédits. La thèse latine porte sur De la nature de la vie.

Jacques Maillet.
Ancien élève de l’École normale supérieure [1857]. Agrégation de philosophie en 1864.
Docteur ès-lettres [Paris 1877], avec une thèse : De l’Essence des passions, étude psychologique et morale [Paris : Hachette, in-8, 440 p., 1877]. La thèse latine porte sur la volonté et le libre-arbitre chez Aristote : De Voluntate ac libero arbitrio in moralibus Aristotelis operibus. [Paris : Hachette, in-8, 124 p., 1877].

Ludovic [Victor Marie] Carrau.
[1842-1889]. Né le 6 septembre 1842, à Paris ; mort le 21 février 1889 , à Paris. Ancien élève de l’École normale supérieure [1861, ou 1862]. Agrégation de philosophie en 1864.
Docteur ès-lettres [Paris,1870]. avec une thèse sur Exposition critique de la théorie des passions dans Descartes, Malebranche et Spinoza [Strasbourg : impr. de G. Silbermann, in-8, 299 p., 1870]. La thèse latine porte sur Francis Bacon.
Professeur au lycée de Caen [1866], au lycée de Strasbourg [1869], où il prononce [7 août 1869]. un discours de distribution des prix : De la Discipline et de la règle dans les études universitaires [Strasbourg : impr. de Silbermann, in-8, 16 p.].
Publie : La Morale utilitaire, exposition et critique des doctrines qui fondent la morale sur l’idée du bonheur [Paris : Didier, in-8, 621 p., 1875] ; comme ouvrage scolaire : Édition du Livre VII de la République [1876, réédité en 1878, 1879, 1880, 1881, 1882, 1886] ; Étude sur la théorie de l’évolution aux points de vue psychologique, religieux et moral [Paris : Hachette, in-8, XVIII-291 p., 1879] ; La Conscience psychologique et morale dans l’individu et dans l’histoire [Paris : Perrin, in-8, 290, 1887] ; La Philosophie religieuse en Angleterre depuis Locke [Paris : F. Alcan, Bibliothèque de philosophie contemporaine, in-8, VII-295 p., 1888] ; un Cours de morale pratique [Paris : Quantin, in-8, 336 p., 1888, réédité en 1892] ; De l’Éducation, précis de morale pratique [Paris : A. Picard et Kaan, in-8, 408 p., 1888].

Joseph Millet.
Ancien élève de l’École normale [1862]. Agrégation de philosophie en 1864.
Docteur ès-lettres [Paris, 1867] avec une thèse : Descartes, sa vie, ses travaux, ses découvertes avant 1637, suivie de l’analyse du Discours de la méthode et des Essais de philosophie. [Paris : Didier, in- 8, XXIV-354 p., 1867]. Ouvrage couronné par l’Académie française. La thèse latine a pour titre : An Millius veram mathematicorum axiotum originem invenerit [Parisiis : Didier, in-8, 42 p., 1867].

Ernest Labbé.
Ancien élève de l’École normale [1853]. Agrégation de philosophie en 1864.
Ne passe pas de doctorat.
Fait paraître en 1868, sous forme de fragment, un article dans la Société impériale havraise d’études diverses : Alliance nécessaire de la métaphysique et des sciences. Repris en tiré à part [Havre : impr. de Lepelletier, in-8, 12 p., 1868].
En 1876 publie : Manuel de la dissertation philosophique, ou la philosophie enseignée par la dissertation, par Ern. Labbé [Paris : impr. de Lahure, in-16, VIII-598 p., 1876], réédité sous un titre légérement différent en 1878 [Manuel de la dissertation philosophique, in-16, 1ère partie, 1878, 2ème édition], puis en 1884 [3ème édition].


Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1864.
Alphonse Bastard [agrégation de grammaire 1867], A. Benoist, Eugène Berthault [agrégation des lettres, 1872] , Cerf, Alfred Croiset [agrégation de lettres, 1867], L. Denis, Alfred Espinas [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1871], Léon Fontaine [agrégation de lettres, 1869], Frétaux, Fringnet, Léon Geley [agrégation d’histoire et géographie, 1869] , Halbwachs, Jean Marie Alexandre Jodin [agrégation de grammaire, 1867], Paul Laféteur [agrégation de grammaire, 1867], Joseph Lagier [agrégation d’histoire et géographie, 1867], A. Lebègue, A. Lecomte, Charles Henri Mamet [agrégation d’histoire et géographie, 1867], Maure, Adolphe Pichon [agrégation des lettres, 1871], Léon Robert [agrégation des lettres, 1869], Alphonse Scheffter [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1867], Van den Berg.

Publie :
Des Principes de la Révolution française et du gouvernement représentatif ; suivi des Discours politiques. Paris, Bibliothèque académique : Didier et Cie , in-12, LXXX-372 p., 1864 [comporte une Introduction].
Réédité, document électronique BNF.

Articles dans le Journal des savants.
Nouvelles relations de Mazarin et de Richelieu pendant l'année 1630, d'après des documents inédits. Journal des savants, premier article, août 1864, pages 461-477 ; second article, septembre 1864, pages 553-572 ; troisième article, octobre 1864, pages 631-647 ; quatrième article, décembre 1864, pages 769-788 [la publication se poursuit en janvier et février 1865].
Incipit : « Richelieu et Mazarin quittèrent Lyon dans la soirée du 29 janvier 1630. Mazarin franchit à cheval, en trois jours, la distance de Lyon à Turin, et, le 2 février, il était de retour dans la capitale du Piémont. Richelieu arriva à Grenoble le 1er février : quelques jours après il y reçut une longue dépêche du roi, en réponse à celle qu'il lui avait adressée de Lyon. ».

Réédition de.
La Jeunesse de Mme de Longueville, Paris : Didier, in-8, XII-482 p., portrait en frontispice. 1864.
Édité initialement en 1853. L’Avant-propos de la 1ère édition est daté du 15 décembre 1852
Connaît quatre tirages en 1853, réédité en 1855 (2 tirages), 1859 (XVI-592 p., 2 tirages), 1864 (2 tirages), 1868, 1871.

Réédition de.
Histoire générale de la philosophie , depuis les temps les plus anciens jusqu’à la fin du XVIII ème siècle. Nouvelle édition, Paris : Didier et Cie, in-8, VII-567 p. [1864. Connaît deux tirages la même année].
Édité initialement en 1861. Déjà réédité en 1863. Sera réédité en 1867 (7ème édition revue et augmentée, VII-578 p.), en 1872 (neuvième édition ; dixième édition, 582 p. [collationné 01]). La 11ème édition (1884, Paris, E. Perrin, in-16, IV-615 p.) est publiée par M. Barthélémy Saint Hilaire, avec une table des matières. Cette édition connaît deux tirages.

Réédition de.
Philosophie de Kant. Paris : Michel Lévy, in-18, XII-412 p., 1864 [1864, comme 3ème édition, et comme 4ème édition].
Édité initialement sous le titre Leçons sur la philosophie de Kant en 1844. Réédité en 1857 [édition revue et augmentée, 2 tirages], sous le titre de Philosophie de Kant.

Réédition de.
Philosophie écossaise. [Paris : Michel Lévy frères, in-18, 1864].
Édité initialement en 1857, puis en 1862. 2 tirages en 1864. L’un des tirages est marqué comme 3ème édition. L’autre tirage est marqué comme 4ème édition.

Réédition de.
Philosophie sensualiste au dix-huitième siècle, 4ème édition, Paris : Michel Lévy, 1864
Édité initialement en 1856. Réédité en 1863, en 1865, en 1866 [2 tirages].

Seconde édition de.
*Procli philosophi Platonici Opera inedita quae primus olim e codd. mss. Parisinis Italicisque vulgaverat nunc secundis curis emendavit et auxit Victor Cousin. Parisiis : prostand apud Aug. Durand, via Dicta des Grès.1 volume in-4, XX p.-1333, 2 colonnes. Index nominum et rerum, addenda et corrigenda. 1864.
L’édition initiale [de 1820 à 1827] est en 6 volumes in-8. La réédition est en 1 volume, in-4. Pour cette seconde édition, V. Cousin prend comme collaborateur Eugène Levêque, «jeune savant aussi versé dans la connaissance de la philosophie ancienne que dans la langue et la littérature grecque».
Cette seconde édition est considérée comme très supérieure à la première [Barthélémy Saint Hilaire]. C’est un volume de 1333 pages, imprimé sur deux colonnes, presqu’exclusivement en grec.
Dans l’Avertissement [pages I-XX] de cette édition, V. Cousin déclare.
« Quand on approche du terme de sa carrière, on aime à s’en rappeler les débuts ; on revient avec une sorte de complaisance sur ces travaux de la jeunesse qui, tout défectueux qu’ils étaient, préparaient ceux de l’âge mûr. Voilà sans doute ce qui nous attache à cette ancienne édition de Proclus ; entreprise il y a plus de quarante-cinq années, poursuivie et achevée au prix de tant de sacrifices, et qui nous a tenu compagnie pendant les bons et pendant les mauvais jours.
C’est en 1818 qu’une première étude de Platon nous ayant attiré vers ses disciples Alexandrins, nous fîmes connaissance avec Proclus dans ses ouvrages imprimés et dans ses ouvrages manuscrits que possédait la Bibliothèque royale de Paris. Frappé et comme ébloui des lumières à nos yeux toutes nouvelles qui sortaient de ces vieux commentaires, nous en vînmes trop vite à nous persuader, dans cet âge de l’enthousiasme, des vastes projets et des longues espérances, qu’une publication inédite de Proclus servirait puissamment le dessein que dès lors nous avions conçu et qui était en quelque sorte notre étoile philosophique, à savoir, le renouvellement de la philosophie par son histoire, dont le fondement nécessaire est une sérieuse et intime connaissance de la philosophie grecque. […] ».
Il commente la première édition : « Pour nous juger équitablement, il faudrait se rappeler à quel point la philosophie ancienne était alors négligée en France. Seul, sans conseil ni secours, au milieu de l’indifférence du public, et malgré la désapprobation de la plupart de nos amis, qui nous voyaient à regret enseveli dans de si obscurs et pénibles travaux, à travers toutes les contrariétés, la disgrâce, la persécution, la maladie, nous avons mené à bien cette laborieuse entreprise ». Réédité en 1995, document électronique BNF. Sera également réédité en 1995 : Procli commentarium in Platonis Parmenidem.

À l'Académie française.
Jean-Jacques Ampère [1800-1864] meurt le 27 mars 1864. Il sera remplacé, au fauteuil 37, par Lucien Anatole Prévost-Paradol [1829-1870], le 6 avril 1865.

Le comte Louis de Carné [1804-1876], élu le 23 avril 1863, au fauteuil 12, en remplacement de Jean Baptiste Biot [1774-1862], décédé le 3 février 1862. Il est reçu le 4 février 1864 par Jean Pons Guillaume Viennet [1777-1868].

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Sujet mis au concours : Examen de la théorie des Idées de Platon.
[13 août 1864] Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix Bordin, est mis au concours, le 13 août 1864 : Examen de la théorie des Idées de Platon [terme le 31 décembre 1866].
Le programme est défini de la manière suivante :
Première partie : La première partie doit être une exposition détaillée et approfondie de la théorie des Idées, considérée en elle-même et dans ses principales applications.
Déterminer le caractère propre de l'Idée. Est-elle seulement une conception de l'esprit et n'ayant d'existence que dans l'esprit, ou n'est-elle pas aussi quelque chose d'existant en soi, comme les espèces et les genres, et n'exprime-t'elle pas l'unité réelle qui réside dans tous les individus d'un même ordre et constitue leur appartenance à cet ordre ?
Apprécier à ce point de vue les propositions suivantes : Tout a son Idée ; l'Idée est l'essence de toute chose ; l'Idée est le fondement de la définition ; l'Idée est l'objet unique et éternel de la science, de l'art, de la morale et de la politique.
En quoi consiste la dialectique platonicienne.
De l'Idée du Beau. Esthétique platonicienne.
De l'Idée du juste dans chaque homme et dans l'État. Morale et politique platoniciennes.
De la hiérarchie des Idées.
De l'Idée du Bien placée au faîte de cette hiérarchie, et du Bien, supérieur à l'Existence, comme étant la raison et la cause finale.
Du dieu de Platon comme le premier et le dernier principe de l'Idée du Bien et des Idées qui s'y rattachent. Théodicée platonicienne.
Deuxième partie : Rechercher ce que les prédécesseurs de Platon, et surtout Socrate, ont fourni à la théorie des Idées.
Troisième partie : De la polémique d'Aristote contre la théorie des Idées.
Quatrième partie : Suivre cette polémique dans l'École d'Alexandrie ; dicuter la valeur de conciliation entreprise par cette école entre Platon et Aristote.
Conclusion : Résumer les mérites et les défauts de la théorie platonicienne des Idées ; reconnaître la part et le fond de vérité que contient cette théorie, et par conséquent l'importance de son étude et les lumières que lui pourrait emprunter la philosophie contemporaine.
Sur Rapport de Charles Lévêque, en décembre 1867, le prix de 5000 F, sera décerné à Alfred Fouillée [1838-1912]. Un prix de cinq mille francs, sur les fonds de l'Académie, est également décerné à Edouard Chaignet [1819-1901], professeur de littérature grecque à la Faculté des lettres de Poitiers.
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1865, tome 87, pages 151-152.

Dans la séance du 4 juin 1864, V. Cousin « lit un intéressant morceau d’histoire » ayant pour objet la première entrevue du cardinal de Richelieu et de Mazarin, le 29 janvier 1630, à Lyon.

Dans la séance du 5 novembre 1864, V. Cousin fait hommage à l’Académie «du beau volume » des Œuvres inédites de Proclus, d’après les manuscrits français et italiens dont il vient de publier une deuxième édition.

Dans la séance du 12 novembre 1864, V. Cousin lit un fragment historique sur la bataille de Veillane.

La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques.
Élection de Paul Janet, dans la section de morale.
Paul Janet [1823-1899] est élu, le 13 février 1864, à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 6], en remplacement de Louis Villermé [1782-1863], décédé le 16 novembre 1863.
La section présentait au premier rang Paul Janet ; au deuxième rang et ex-aequo Augustin Cochin [1823-1872] et le père Joseph Gratry, prêtre de l’Oratoire [1805-1872] ; au troisième rang et ex-aequo Armand Audiganne [1814-1875] et Charles Mallet [1807-1876]. Il y a 32 votants. Le littérateur Jules Pautet [1799-1870] avait également posé sa candidature. Dès le premier tour, Paul Janet obtient 28 suffrages, Charles Mallet 2 ; Augustin Cochin 2. Paul Janet ayant réuni la majorité absolue des suffrages est proclamé membre.
L’homme politique Augustin Cochin [1823-1872] sera élu le le 11 février 1865, dans la section de morale, dans le fauteuil laissé libre par le décès d’Adolphe Garnier [1801-1864], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, survenu le 4 mai 1864. Joseph Gratry ne sera pas élu à l’Académie des sciences morales et politiques, mais à l’Académie française, le 2 mai 1867. Ni Charles Mallet, ni Armand Audiganne ne seront ultérieurement élus à l’Académie des sciences morales et politiques.
Par décision de l'Académie du 26 mai 1866, Paul Janet passera de la section de morale à la section de philosophie [fauteuil 7] nouvellement créé. Ce qui libérera son fauteuil pour L. M. de Cormenin [1788-1868], transféré de la section de politique à la section de morale.
Àprès sa mort, le 4 octobre 1899, Paul Janet est remplacé, dans la section de philosophie, par le philosophe Charles Renouvier [1815-1903], élu le 14 novembre 1900.

Rapport sur le prix Bordin.
Rapport de Barthélémy Saint Hilaire, le 13-20 août 1864, sur le sujet mis au concours le 30 novembre 1861, sur proposition de Barthélémy Saint Hilaire [section de philosophie, prix Bordin] : La Philosophie de saint Augustin, ses sources, son caractère, ses mérites et ses défauts ; son influence et particulièrement au XVIIème siècle. Le concours expirait le 31 décembre 1863. Cinq mémoires ont été déposés.
Le Rapport de Barthélemy Saint-Hilaire paraît dans les Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 70, pages 92-135 et 161-215.
Le prix est décerné à Jean Félix Nourrisson, professeur de philosophie au lycée Napoléon, lauréat de l'Académie, auteur du mémoire numéro 4.
Mention très honorable accordée à l'auteur d'un mémoire resté inconnu.

Jean Félix Nourrisson [1825-1899] publie son travail, en 1865, sous le titre : La Philosophie de saint Augustin, par F. Nourrisson, professeur de philosophie au lycée Napoléon. Paris : Didier, 2 volumes in-8, XII-960 p., 1865. Réédité en 1866 [2ème édition, 2 volumes in-12, 960 p.]


Élections à l’Académie des sciences morales et politiques.
Élection de Charles Demolombe.
*Le jurisconsulte Charles Demolombe [1804-1887] est élu, le 23 janvier 1864, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation [place 5], en remplacement de l’avocat et professeur de jurisprudence John Austin [1790-1859], décédé le 17 décembre 1859.
La section présentait au premier rang et ex æquo Charles Demolombe et le professeur de droit administratif Denis Serrigny [1800-1876], au deuxième rang et ex-aequo Hoenel, Philips et le diplomate argentin Carlos Calvo [1824-1906]. Il y a 27 votants. Dès le premier tour Charles Demolombe obtient 15 suffrages, Denis Serrigny 12. Charles Demolombe est élu correspondant.
Denis Serrigny sera élu correspondant dans la section de législation le 15 mai 1869. Carlos Calvo sera élu correspondant en 1869, puis associé étranger le 2 avril 1892. Ni Hoenel, ni Philips ne seront élus ultérieurement.
Après sa mort, le 21 février 1887, est remplacé par le Préfet Joseph Ferrand [1827-1903], élu le 7 janvier 1888.

Élection de Frédéric Demetz
*Le philanthrope [Auguste] [1796-1873] est élu, le 6 février 1864, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 4], en remplacement de Claude Bergery [1787-1863], capitaine d’artillerie, décédé le 18 avril 1863.
La section présentait au premier rang et ex æquo Frédéric Demetz et le professeur de philosophie Joseph Tissot [1801-1876], au deuxième rang le vicomte Ernest de Blosseville [1799-1886] qui s’est désisté, au troisième rang le baron de Girardot [1815-1883], archéologue. Il y a vingt-huit votants. Frédéric Demetz obtient 23 suffrages, Joseph Tissot, 5. Demetz, ayant obtenu la majorité des suffrages, est élu correspondant.
Joseph Tissot sera élu correspondant, dans la section de philosophie, le 27 février 1869. Ni le vicomte Ernest de Blosseville, ni le baron de Girardot ne seront élus ultérieurement.
Après sa mort, le 2 novembre 1873, Frédéric Demetz est remplacé par le magistrat Charles Auguste Salmon [1805-1892], élu le 11 avril 1874.

Élection de Edwin Chadwick.
*L’avocat Edwin Chadwick [1800-1890] est élu, le 13 février 1864, correspondant étranger de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 1], en remplacement du docteur Whately [1787-1863], archevêque de Dublin, décédé le 8 octobre 1863.
La section présentait au premier rang Edwin Chadwick, au deuxième rang Mathieu Hill ; au troisième rang Hastings. Il y a 32 votants. Edwin Chadwick obtient 28 suffrages, Hill 4. Chadwick ayant obtenu la majorité des suffrages est nommé correspondant.
Ni Mathieu Hill, ni Hastings ne seront ultérieurement élus.
Après sa mort, le 5 juillet 1890, Edwind Chadwick est remplacé par l’homme politique James Bryce [1838-1922], élu le 3 janvier 1891.

Élection de Marco Minghetti.
*L’homme politique italien Marco Minghetti [1818-1886], alors qu’il est Président du conseil et Ministre des finances, est élu, le 13 février 1864, correspondant étranger de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’économie politique [place 8], en remplacement de l’homme politique italien Ceva Grimaldi [1776-1862], décédé le 20 mai 1862.
La section présentait au premier rang ex-aequo le baron Carl Czörnig [1804-1889], statisticien et Marco Minghetti, économiste ; au deuxième rang et ex-aequo le comte italien Arrivabene [1787-1881], économiste et l’anglais William Foublanque [1797-1872], statisticien et directeur du journal l’Examiner. Il y a 28 votants. Marco Minghetti obtient 31 suffrages, Czörnig 6. Il y a un billet blanc.
Le baron Carl Czörnig sera élu correspondant de la section d’économie politique le 4 mai 1872. Le comte Arrivabene sera élu correspondant de la section d’économie politique le 22 avril 1865. William Foublanque sera également élu correspondant de la section d’économie politique le 22 avril 1865.
Marco Minghetti sera élu associé étranger [fauteuil 5] le 15 janvier 1876, en remplacement du statisticien belge Adolphe Quételet [1796-1814], décédé le 17 février 1874. La commission avait placé au premier rang Marco Minghetti, au deuxième rang le professeur d’économie politique Wilhelm Roscher [1817-1894]. Sur 26 votants, dès le premier tour Minghetti obtient 25 suffrages, Wilhelm Roscher 1 suffrage.
Cette élection libère sa place de correspondant pour le professeur Henri Dameth [1812-1884], élu le 23 décembre 1876.
Après sa mort, le 10 décembre 1866, est remplacé comme associé étranger par le belge Jean Thonissen [1816-1891], Ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique, élu le 19 mars 1887.

Élection de George Grote.
*Le professeur anglais George Grote [1794-1871] est élu, le 20 février 1864, associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 6], en remplacement de l’homme politique anglais lord Macaulay [1800-1859], décédé le 28 décembre 1859.
La section présentait au premier rang George Grote ; au deuxième rang, ex-aequo, le magistrat italien comte Federigo Sclopis [1798-1878] et le professeur de droit Anton Mittermaïer [1787-1867] . Il y a 23 votants. Au premier tour George Grote obtient 21 suffrages, Anton Mittermaïer 2. George Grote est élu.
George Grote était déjà correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire [place 6], depuis le 20 février 1858. En étant élu associé étranger, il libère sa place de correspondant pour l’historien anglais Arthur P. Stanley [1815-1881] élu le 16 avril 1864.
Federigo Sclopis est déjà correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation, depuis le 25 janvier 1845.
Anton Mittermaïer est déjà correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation, depuis le 23 janvier 1841. Il ne sera jamais élu membre associé.
Après sa mort, le 18 juin 1871, George Grote est remplacé par lord Mahon Stanhope [1805-1875], élu associé le 11 mai 1872.

Élection de Constantin Kervin de Lettenhove.
*Le baron Constantin Kervin de Lettenhove [1817-1891], historien, est élu, le 20 février 1864, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire [place 4], en remplacement de l’homme politique et historien Francisco Martinez de la Rosa [1789-1862], décédé le 7 février 1862.
La section présentait au premier rang Constantin Kervin de Lettenhove ; au deuxième rang, ex-aequo l’écrivain militaire français Nicolas Édouard de La Barre Duparcq [1819-], Taillard, l’abbé Arbellot. Sur 23 votants Kervin de Lettenhove obtient 22 suffrages.
Aucun des autres candidats ne sera ultérieurement élu.
Après sa mort, le 2 avril 1891, est remplacé par l’historien et homme politique russe Alexandre Polovtsev [1832-1910], élu le 30 mai 1891.


Élection de Henri Doniol.
*Le préfet Henri Doniol [1818-1906] est élu, le 20 février 1864, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [place 7], en remplacement de l’administrateur Jean Leber [1780-1859], décédé le 22 décembre 1859.
La section présentait au premier rang Henri Doniol, au deuxième rang et ex-aequo le comte Auguste Ciezkowski [1814-], économiste polonais, le baron Auguste Théodore de Girardot [1815-1883], archéologue. Il y a 22 votants. Henri Doniol obtient 22 suffrages ; de Girardot 1. Ni le comte Ciezkowski, ni le baron de Girardot ne seront ultérieurement élus.
Henri Doniol deviendra membre de la section d’histoire générale et philosophique [place 8], par décision de l’Académie du 26 mai 1866, à la suite de la suppression de la section politique par le décret impérial du 9 mai 1866, et au moment de la création de nouvelles places dans cette section.
Henri Doniol deviendra membre libre [fauteuil 3] le 25 novembre 1890, en remplacement de l’avocat Charles Vergé [1810-1890], décédé le 26 août 1890. Il libère ainsi sa place dans la section d’histoire générale et philosophique pour Charles Le Gendre, comte de Luçay, maître des requêtes au conseil d’État [1831-1905], élu le 10 janvier 1891.
Après sa mort, le 19 juin 1906, est remplacé comme membre libre par Félix Voisin [1832-1915], élu le 12 janvier 1907.

Élection de Arthur Penrhyn Stanley.
*L’historien anglais Arthur Penrhyn Stanley [1815-1881] est élu, le 16 avril 1864, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire [place 6]. Cette place est rendue vacante par l’élection du professeur anglais George Grote [1794-1871] comme associé étranger, qui libère ainsi sa place de correspondant.
La section présentait au premier rang Arthur Penrhyn Stanley ; au deuxième rang et ex æquo l’écrivain religieux et historien anglais James Antony Froude [1818-] et l’historien espagnol don Modesto de Lafuente [1806-1866]. Il y a 23 votants. Stanley obtient 22 suffrages. Il y a un billet blanc. Stanley est élu correspondant.
Ni James Antony Froude, ni l’historien espagnol don Modesto de Lafuente ne seront élus ultérieurement.
Après sa mort, le 18 juillet 1881, est remplacé par le professeur d’histoire George Waitz [1813-1886], élu le 26 mai 1883.

Lectures et communications.
Paraît dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 67, pages 223-245, d’Adolphe Franck : Guillaume Ockam et les franciscains du XIVème siècle. Il s’agit du fragment d’un ouvrage d’Adolphe Franck publié sous le titre Les Réformateurs et les Publicistes de l’Europe [Paris : C. Lévy. In-8, IV-506 . 1864]. Il s’agit du premier volume d’une trilogie. Le second volume Réformateurs et publicistes du XVIIè siècle, paraît en 1881 ; le troisième volume : Réformateurs et publicistes du XVIIIè siècle paraît en1893.

Paraît dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 67, pages 5-32 et pages 359-389, tome 68, pages 27-57, pages 219-245 ; tome 69, pages97-121 et 421- 444, la suite de la Vie de Mahomet de Barthélemy Saint-Hilaire. La publication avait commencé en 1863, tome 66, page 321 sq.

Dans la séance du 20 février 1864, Elme Marie Caro est admis à lire un Mémoire sur les Origines d’une philosophie nouvelle opposée au spiritualisme.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 68, pages 111-133, au titre des articles des savants étrangers.
Selon E. Caro « Si la doctrine de Hegel est morte, son esprit est plus vivant que jamais » Selon cette doctrine, qu’Elme Marie Caro [1826-1887] critique : « Le monde n’est pas l’oeuvre de la pensée, c’est la pensée qui est le dernier produit, le suprême effort du monde. Voilà ce qu’on nous propose de croire. Encore une fois, nous ne le pouvons pas. C’est le renversement de la métaphysique, et de la raison ».
Cette lecture est de peu antérieure à l’élection pour la place devenue vacante, dans la section de philosophie, par la mort de Émile Saisset. C’est Charles Lévêque [1818-1900] qui sera élu, dès le premier tour, le 6 mai 1865. Elme Marie Caro [1826-1887] ne sera élu que quelques années plus tard, le 6 février 1869, mais dans la section de morale et non pas dans celle de philosophie.

Paraît, au titre des Articles des savants étrangers, dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1864, tome 68, pages 335-362 ; puis tome 69, pages 31-54 et 315-346 d’Étienne Vacherot : Défense des sciences psychologiques.
Étienne Vacherot avait été admis à lire, dans les séances du 16, du 23 avril et du 14 mai 1864, un Mémoire sur La Défense de la psychologie au triple point de vue de son objet, de sa méthode et de son importance.
Cette lecture est de peu antérieure à l’élection à la place devenue vacante, dans la section de philosophie, par la mort de Émile Saisset [1824-1874], survenue le 27 décembre 1863. C’est Charles Lévêque [1818-1900] qui sera élu, dès le premier tour, le 6 mai 1865. Étienne Vacherot [1809-1897] sera élu seulement le 7 mars 1868, dans le fauteuil de la section de philosophie, laissé vacant par la mort de V. Cousin [1792-1867], décédé le 14 janvier 1867.

Dans la séance du 23 avril 1864, Ernest Bersot [1816-1880] est admis à lire un Mémoire sur l’Analyse philosophique.
Paraît, au titre des articles des savants étrangers, dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 69, pages 123-140
Après plusieurs échecs, Ernest Bersot est finalement élu à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 3], le 23 juin 1866, dans le fauteuil laissé vacant par la mort de Gustave de Beaumont [1802-1866], survenue le 30 mars 1866.

Dans la séance du 19 mars 1864, François Mignet [1796-1884], secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, lit un rapport sur le Projet d’expédition d’Égypte proposé en 1672, d’après les documents complets imprimés dans le cinquième volume des œuvres de Leibniz que publie Foucher de Careil.
Le texte est publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 68, pages 161-190 .
Foucher de Careil [1826-1891] s’est fait, depuis une dizaine d’années, une réputation de spécialiste de Leibniz, en publiant entre 1859 et 1875 les Œuvres inédites de Leibniz, en sept volumes. Exactement sur le même sujet Foucher de Careil prononce une Communication orale à la réunion des délégués des sociétés savantes faites à la Sorbonne, dans la séance du 1er avril 1864. Le texte de ce Projet d’expédition en Égypte se trouve dans le tome V des Oeuvres de Leibniz, éditées par Foucher de Careil.
Depuis 1854, le comte Alexandre Louis Foucher de Careil intervient à plusieurs reprises à l’Académie des sciences morales et politiques, à l’occasion d’hommages d’ouvrages [1854, 1862] ; en obtenant en 1860 le prix sur la Philosophie de Leibniz ; en lisant des Mémoires [1861, 1862]. Il s’est présenté sans succès, le 7 février 1863, face à Émile Saisset, au fauteuil [fauteuil 1 de la section de philosophie] laissé vacant par la disparition de Jean Philibert Damiron, décédé le 11 janvier 1862.
Il reprend ses présentations de Mémoires en 1873, 1874, 1877.

Dans la séance du 2 juillet 1864, François Mignet [1796-1884], secrétaire perpétuel commence la lecture d’un Mémoire de Francisque Bouillier, correspondant de l’Académie, sur le Plaisir et la douleur. La lecture se poursuit et s’achève dans la séance du 24 septembre.
Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 70, pages 39-57.
Son ouvrage Du Plaisir et de la douleur paraît en 1865 [Paris : Germer Baillière, Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-12, XI-159 p., 1865]. Réédité en 1877 [Hachette, 366 p., in-8], 1885, 1891.
Francisque Bouillier [1813-1899], est correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 2], depuis 1842.

Dans la séance du 6 août 1864, Jules Simon fait une Lecture sur l’Éducation des filles, lecture destinée à la séance publique de l’Institut, le 17 décembre 1864, dans laquelle il doit représenter comme lecteur l’Académie des sciences morales et politiques.
Un Fragment sur l’Éducation des filles est publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 70, pages 243-261.

Dans la séance du 10 septembre 1864, Adolphe Franck présente à l’Académie le Mémoire de Henri Martin, doyen de la Faculté des lettres de Rennes, sur l’ouvrage du mathématicien Georg Cantor [1845-1918], relatif à l’Histoire des chiffres dits arabes.

Dans la séance du 24 décembre 1864, P. Janet lit un Rapport sur l’ouvrage de Constant Martha, chargé du cours de poésie latine au collège de France, relatif aux Moralistes sous l’Empire romain.
Constant Martha [1820-1895] est à la veille de faire paraître les Moralistes sous l’Empire romain. [Paris : Hachette. In-16, VIII-387 p., 1865]. Couronné, en 1865, par l’Académie française. 1866 : 2e édition. Connaît plusieurs éditions. 1887 (4e édition), 6e édition, 1900 (7e édition). L’ouvrage reprend notamment le texte de la thèse de B. Martha : De la Morale pratique dans les lettres de Sénèque [Paris : 1854].
Constant Martha sera élu, le 1er juin 1872, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale.


Dans la rubrique des Articles des savants étrangers paraît dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques,1864, tome 69, pages 163-200, l’Étude sur le vitalisme par Eugène Bouchut.
Médecin et écrivain médical Eugène Bouchut [1818-1891] a exercé à la clinique de l’Hôtel-Dieu [1849], puis, à partir de 1856, aux Enfants-Malades.
Publie en 1864 : Histoire de la médecine et des doctrines médicales, leçons faites à l'École pratique de la Faculté de médecine en 1862, 1863 et 1864, par E. Bouchut [Paris : G. Baillière, In-8? , XXXVI-512 p.,1864]. Réédité en 1873 [Paris : G. Baillière, 2 vol. in-8, 1873].

Réception d’ouvrages.
Dans la séance du 13 février l’Académie des sciences morales et politiques reçoit La Morale de la richesse d’Antonin Rondelet ; la deuxième livraison de l’Annuaire philosophique de Louis Auguste Martin ; Della Genesi filosofica e storica del diritto internazionale [Naples 1863] de Francesco Trinchera.
Le littérateur français Louis Auguste Martin [1811-1875], publie, à partir de 1864 et jusqu’en 1870 inclus, un Annuaire philosophique, examen critique des travaux de physiologie, de métaphysique et de morale, accomplis dans l'année. [Paris : E. Lachaud.in-8, 1864-1870] soit 7 volumes, qu’il prend soin d’envoyer chaque année, livraison par livraison, à l’Académie.


Dans la séance du 16 avril 1864, Nicolas Bouillet, Inspecteur général de l’instruction publique, adresse sa traduction des Énnéades de Plotin [3 volumes in-8] et un écrit intitulé Porphyre ; son rôle dans l’école néo- platonicienne.
Nicolas Bouillet [1798-1864], a assuré, entre 1857 et 1861, la publication d'une traduction des Énnéades de Plotin [traduites pour la première fois en français, accompagnées de sommaires, de notes et d'éclaircissements et précédées de la vie de Plotin et des principes de la théorie des intelligibles de Porphyre, Paris : L. Hachette, 3 volumes in-8]. Il cherche à justifier la doctrine de Plotin, et à « la laver du reproche de panthéisme ».
En 1864, publie un texte sur Porphyre, son rôle dans l'école platonicienne, sa lettre à Marcella, traduite pour la première fois en français, dans la Revue critique et bibliographique (mars 1864), repris en tiré à part [Paris : impr. de E. Donnaud, in-8, 15 p.].

Dans cette même séance du 16 avril 1864, Adolphe Garnier présente au nom de Elme Marie Caro L’idée de Dieu et ses nouveaux critiques.
L’ouvrage d’Elme Marie Caro [1826-1887] est paru en 1864 [Paris : Hachette. In-16, 508 p., 1864]. Il est réédité en 1865 comme deuxième édition, en 1868 comme troisième édition.
Elme Marie Caro prépare sa candidature à la suite du décès de Émile Saisset, survenu le le 27 décembre 1863. Mais c’est Charles Lévêque qui sera élu le 6 mai 1865. Après deux autres tentatives infructueuses dans la section de philosophie [juin 1866, mars 1868] Elme Marie Caro est reçu à l’Académie des sciences morales et politiques, mais dans la section de morale, et non dans celle de philosophie, le 6 février 1869.

Dans la séance du 12 mars 1864, l’Académie reçoit La Vie future de T. H. Martin, doyen de la Faculté des lettres de Rennes, ouvrage honoré d’un bref de Pie IX, abrégé de la seconde édition fait avec le concours de Clément Gourju [Paris, 1864].
L’ouvrage de Thomas Henri Martin [1813-1883] est paru initialement en 1855, sous le titre : La Vie future, histoire et apologie de la doctrine chrétienne sur l’autre vie [Paris : Dezobry et E. Magdeleine. In-12, IV-336 p., 1855]. Une deuxième édition paraît en 1858, sous le titre : La Vie future suivant la foi et suivant la raison [in-12, 600 p.]. L’abrégé de la deuxième édition, édité par Pierre Clément Gourju, paraît en 1864 [Paris : Tandou. In-18, XXIV-244 p., 1864].

Dans la séance du 12 mars 1864, l’Académie reçoit la troisième livraison de l’Annuaire philosophique.

Dans la séance du 14 mai 1864, l’Académie reçoit de Braïlas Arméni, professeur de philosophie à l’Académie de Ionie : Études philosophiques [Corfou, 1864, en langue grecque].
Dans la séance du 12 septembre 1863, Barthélemy Saint-Hilaire avait déjà fait un Rapport verbal sur un autre ouvrage de Braïlas : Éléments de philosophie théorique et pratique, adressé lui aussi en hommage en juillet 1863.
En 1851 Barthélemy Saint-Hilaire avait également présenté le premier ouvrage de Braïlas intitulé Essai sur les idées et les principes [Corfou, 1851, en grec moderne].

Dans la séance du 25 juin 1864, l’Académie reçoit : Histoire du développement de la philosophie grecque et de son influence postérieure dans l’empire romain. Tome II, en allemand, de C. A. Brandis, associé étranger de l’Académie.
Christian Auguste Brandis [1790-1867], avait été élu correspondant de la section de philosophie en 1837, puis élu associé étranger le 10 février 1855.

Dans la séance du 9 juillet 1864, Amédée Saisset fait parvenir l’ouvrage écrit par son frère Émile Saisset : L’Âme et la vie, suivi d’un Examen critique de l’esthétique française.
Émile Saisset [1814-1863], élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques le 7 février 1863, est mort le 27 décembre de la même année.
L’ouvrage remis en hommage vient de paraître, posthume, en 1864 [Paris : Germer Baillière. Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-8, IX-167. 1864].

Dans la séance du 23 juillet 1864, l’Académie reçoit un ouvrage de Immanuel Hermann Fichte, correspondant de l’Académie : Psychologie, théorie de la conscience humaine ou histoire du développement de la conscience fondée sur l’anthropologie et l’expérience interne [Leipzig, 1864, en langue allemande].
Immanuel Hermann Fichte [1797-1879] est correspondant de l’Académie, pour la section de philosophie [place 3] depuis 1858.

Dans la séance du 29 octobre 1864, Reymond Wolowski présente en hommage à l’Académie l’ouvrage de Albert Lemoine, maître de conférences à l’École normale supérieure sur Le Vitalisme et l’animisme de Stahl.
L’hommage de cet ouvrage fait partie des bonnes relations que *Albert Lemoine [1824-1874] cherche à établir avec l’Académie des sciences morales et politiques. Il se présentera à plusieurs reprises, mais en vain, aux élections. Une première fois le 7 février 1863, dans la section de philosophie, pour le siège rendu vacant par le décès de Jean-Philibert Damiron, survenu le 11 janvier 1862 .Une deuxième fois le 6 mai 1865, face à Charles Levêque [1818-1900], pour le fauteuil de la section de philosophie rendu vacant par la mort d’Émile Saisset [1814-1863], survenue le 27 décembre 1863. Une troisième fois le 23 juin 1866, face à Victor de Broglie [1785-1870] au moment de la création d’un nouveau fauteuil [fauteuil 8]. Une quatrième fois, le 7 mai 1868, face à Étienne Vacherot [1809-1897], pour le fauteuil de la section de philosophie rendu vacant par la mort de V. Cousin [1792-1867] survenue le 14 janvier 1867.

Dans la séance du 5 novembre 1864, le secrétaire perpétuel présente les Essais de philosophie critique, au nom d’Étienne Vacherot ; les deux ouvrages intitulés Études de philosophie grecque et latine et Le Spiritualisme dans l’art, au nom de Charles Lévêque ; le premier volume de La Philosophie de saint Augustin, de Jean Nourrisson, récemment couronné par l’Institut.
Ces trois auteurs sont candidats à la place devenue vacante, dans la section de philosophie, par la mort de Emile Saisset [1814-1863], survenue le 27 décembre 1863. L’élection, en faveur de Charles Lévêque [1818-1900], aura lieu le 6 mai 1865.

Dans la séance du 10 décembre 1864, Adolphe Franck offre à l’Académie, au nom de l’auteur le général Noizet : Études philosophiques, Psychologie, métaphysique et application de la philosophie à la direction de la vie humaine [2 volumes in-8], et fait un Rapport verbal sur cet ouvrage.
L’ouvrage du général François Joseph Noizet [1792-1885] Études philosophiques, Psychologie, métaphysique et application de la philosophie à la direction de la vie humaine, vient de paraître en 1864 [Paris : H. Plon. 2 volumes in-8, 1864.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Napoléon III à V. Cousin.
« Monsieur, j'ai été bien touché de l'aimable lettre que vous m'avez adressée. Si j'ai donné votre nom à une rue de Paris, vous ne me devez guère de remerciements ; car ce n'est pas le nom, c'est la rue que j'ai illustrée. Je suis heureux d'ailleurs d'avoir eu cette occasion de vous donner ce faible témoignage de mon estime pour votre caractère et pour votre talent. Recevez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués. » [Non datée, peut-être le 8 septembre 1864].
C'est P. Mérimée qui servira d'intermédiaire entre V. Cousin et Napoléon III, dès novembre 1863.

V. Cousin à Francisque Bouillier.
« Mon cher Bouillier.
J’ai déjà reçu de vous un bon souvenir, et je suis fort sensible à celui-ci. Vous me faites grand plaisir de me dire que le ministre [V. Duruy] est pleinement satisfait, mais ne vous étonnez nullement, car je lui ai dit autrefois : je vous offre l’homme qui vous convient le mieux. Mais cette séparation de votre femme est bien cruelle, et je m’associe à tous vos voeux pour un rectorat du midi. Celui d’Aix ne peut tarder à être vacant. Il me conviendrait fort pour vous.
Je suis bien aise que M. Ferraz réussise, et qu’il comprenne qu’un héritage comme le vôtre demande à être acheté par des efforts soutenus. J’espère que M. Rondelet vous satisfait et que vous trouverez dans quelque lycée ou collège de votre Académie quelque jeune professeur ayant du talent, qui avec votre aide et vos conseils puisse servir la bonne cause. Je connais votre mémoire sur le plaisir et la peine ; et j’en approuve les principes. Vous faites bien de mettre ce mémoire dans une collection qui a un grand succès [la première édition paraît chez Germer Baillière]. Je vous aurait offert mon gros volume si vous aviez été là quand il a paru.
[il s’agit vraisemblablement de la seconde édition de Proclus]. Il m’a coûté bien du temps, de l’argent et des soins infinis. Cet été je n’ai guère fait à Paris que cela. Si vous jetez les yeux sur les nouveaux arguments, vous verrez les progrès que j’ai pu faire de la 1ère à la 2ème édition.
Maintenant je continue mes articles dans le journal des Savants. il me semble que la Faculté de Clermont reçoit ce journal, comme la Faculté de Lyon ; si elle ne l’a point donnez-le lui pour cette année 1865. Je vous fait mes compliments de bonne année avec toute l’amitié que vous me savez pour vous.
Ici le temps est fort mauvais, sauf cet éclatant soleil qui de loin en loin vient nous éblouir sans nous réchauffer. » [Cannes, le dimanche de Noël 1864].
De 1839 à 1864, Francisque Bouillier [1813-1899] est professeur puis doyen de la Faculté des lettres de Lyon. En 1864, il est nommé Recteur de l’Académie de Clermont, tandis que Marin Ferraz [1820-1898] lui succède à Lyon comme professeur de philosophie. Francisque Bouillier n’obtiendra pas la Faculté d’Aix. Le rectorat de Clermont n’est qu’un intermède. En 1864 il est nommé Inspecteur général de l’instruction publique, fonction qu’il occupe jusqu’en 1867. De 1867 à 1871 il sera directeur de l’École normale supérieure, puis à nouveau Inspecteur général de l’instruction publique de 1871 à 1876.

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Ernest Bersot, candidat jusqu’alors malchanceux à l’Académie des sciences morales et politiques, juge de son métier de candidat [1864]. Le mémoire a été lu par Bersot le 23 avril avril 1864.
« M. Cousin, tout en étant charmant pour moi, a des profondeurs de politique qui doivent retenir les trop grandes espérances. Au surplus, il fera ce qu’il voudra. J’ai lu un Mémoire samedi à l’Académie avec un très beau succès, j’ai fait mon métier de candidat en conscience et pas trop mal : après cela je redeviendrai simple particulier et rentrerai dans la vie privée sans aucune peine. M. Cousin a, je crois, envie de ne pas faire l’élection avant l’hiver, et moi j’ai envie de ne pas être candidat perpétuel. Enfin, je suis on ne peut plus philosophe ».

La Philosophie de M. Cousin, par J. E. Alaux, Paris : Germer Baillière, in-12, 1864.

Galerie des Académiciens. Portraits littéraires et artistiques par G. Vattier. Deuxième série [MM. Alfred de Vigny, Ernest Legouvé, Octave Feuillet, Beulé, Cousin, Dumont]. Paris : Amyot, libraire éditeur, in-18, 220 p., 1864 [la première série est parue en 1863].
Le texte sur V. Cousin, assez peu favorable, se trouve pages 147-189.
« Il fallait l’entendre, nous sommes réduits à le lire ; nous y perdons lui autant que nous. Ce n’est pas par l’invention que M. Cousin a marqué dans les fastes intellectuels de ce temps ; philosophe il a vécu sur le fond d’autrui, rarement sur le sien ; il a recueilli et propagé les idées des autres, il a exprimé les doctrines et les investigatieurs de toutes les époques, expliqué les systèmes qui se sont produits avant lui et devant lui sans avoir apporté sa part à ce travail de l’esprit humain, cherchant, sans espoir peut-être de la rencontrer, une solution qui le satisfasse absolument, sans avoir présenté une conception qui lui soit propre, sans avoir mis en circulation une doctrine frappée à son nom. Jouffroy l’a caractérisé en une phrase : «Publier des systèmes et des systèmes tirer la philosophie, tel est le plan de Cousin. » Ce plan est encore amoindri dans les conditions définitives où nous avons à l’examiner ; il a perdu son relief et sa mise en scène. ».


Le 22/02/2018