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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1863
  
En 1863, V. Cousin [1792-1867] est âgé de soixante-dix ans. [Il aura soixante et onze ans le 28 novembre 1863]. L’année 1863 est celle d’une réédition de L’Histoire de la philosophie, qui dans l’esprit de V. Cousin, avec Du Vrai, du Beau et du Bien, doit exprimer, en raccourci, une grande partie de son oeuvre philosophique.
Pour ce qui concerne l’histoire institutionnelle de la philosophie, 1863 est l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie.

Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne en classe de rhétorique [classe de première], il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des compte-rendus et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, comme professeur adjoint [et non plus comme suppléant] dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et immédiatement diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis, pour un autre livre, de Nouveaux fragments philosophiques [1828]. Ces recueils sont précédés de copieuses préfaces. Il sait donner à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, marquent l’écrasement dans le sang de la révolte ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’exécutif. Enfin le 10 décembre 1848 Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1860.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme.

Éléments biographiques.
Par testament olographe, [le 1er octobre, avec un codicille en date du 15 octobre : Je lègue à l’Université, à laquelle je dois le peu que je suis, le meilleur de ma très humble fortune, à savoir : ma bibliothèque, mes collections d’art, d’autographes et de gravures historiques] legs de V. Cousin à la Sorbonne, de sa bibliothèque personnelle de près de seize mille volumes. Le legs est accepté par un décret du 3 mai 1867.
Cette bibliothèque est composée : 1. de 406 manuscrits, 1500 estampes, 192 incunables, livres rares et reliures précieuses du XVème au XVIIIème siècle ; 2. d'ouvrages de philosophie du XIXème siècle ; 3. d'ouvrages relatifs à l'histoire du XVIIème siècle.
V. Cousin donne également une rente pour pouvoir payer, après sa mort, le conservateur. Comme en témoigne une lettre de Prosper Mérimée à V. Cousin [17 novembre 1863], c'est en remerciement de ce don de la bibliothèque que Napoléon III charge le Préfet Haussmann de donner le nom de V. Cousin à une des rues nouvelles faites à côté de la Sorbonne. La dénomination officielle de la rue Victor Cousin aura lieu le 24 août 1864.

En décembre 1863, est à nouveau à Cannes. Il y joue au whist avec Prosper Mérimée, qui désespère de lui apprendre parfaitement les règles du jeu.

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Rétablissement de l’agrégation de philosophie.
Victor Duruy [1811-1894] étant ministre de l’Instruction publique [de 1863 à 1869], l'agrégation de philosophie, qui a été suspendue en 1852, reprend en 1863. À cet effet V. Duruy adresse une circulaire aux recteurs, en date du 10 juillet 1863, et publie un arrêté portant règlement pour l’agrégation de philosophie.

Nouveau programme des épreuves.
A. pour se présenter à l’agrégation de philosophie il faut avoir obtenu le grade de licencié ès-lettres, et celui de bachelier ès-sciences.
B. L’épreuve préparatoire consiste dans la composition de deux dissertations en français, l’une sur une question de philosophie, l’autre sur une question d’histoire de la philosophie.
C. Pour la première épreuve définitive, le candidat corrige de vive voix une composition tirée au sort parmi les dissertations de philosophie françaises et latines faites au concours général des lycées de Paris.
Cette épreuve dure une demi-heure au plus. Il est accordé à chaque candidat deux heures de préparation, dans un lieu fermé, avant l’épreuve de la correction.
D. Pour seconde épreuve définitive, le candidat explique et commente :
1. Un texte d’un philosophe grec
2. Un texte d’un philosophe latin
3. Un texte d’un philosophe français.
Les textes sont tirés au sort par le candidat, au moment où il va subir l’épreuve, parmi les auteurs anciens et modernes qui sont annuellement indiqués par le Ministre.
L’épreuve sur chaque texte dure une heure au plus.
[en 1863, l’arrêté ministériel définit la liste comme suit : Platon : Gorgias, Phédon ; Aristote : Traité de l’âme, 3ème livre ; Cicéron : De Finibus, 1er livre ; Descartes : Discours de la méthode, Méditations ; Bossuet : Connaissance de Dieu et de soi-même ; Malebranche : Entretiens métaphysiques].
E. Pour troisième épreuve définitive, le candidat fait une leçon, après vingt-quatre heures de préparation, sur un sujet de philosophie pris dans le programme de l’enseignement des lycées.
Chaque leçon dure une heure.
On notera la disparition de l’épreuve traditionnelle de « dispute» philosophique entre deux candidats.

Félix Ravaisson devient président du jury d'agrégation de philosophie [et le demeure jusqu'en 1875].
Sont reconnus, en 1863, aptes à l’agrégation des lycées, pour l’ordre de la philosophie : Jules Lachelier, professeur au lycée de Caen, en congé ; Pierre Leune, professeur de logique au lycée d’Amiens ; Émile Segond, chargé de la classe de deuxième au lycée de Nice ; Thomas Charpentier, élève de l’École normale supérieure ; Désiré Nolen, chargé du cours de logique au lycée de Carcassonne ; Henry Joly, élève de l’École normale supérieure ; Édouard Bohn, chargé de la classe de logique au lycée de Mâcon ; Claude Robert, professeur de logique au lycée de Bourg ; Émile Grucker, professeur de philosophie au gymnase de Strasbourg ; Louis Saisset, chargé du cours de philosophie au lycée de Laval.
Sont nommé agrégés des lycées dans l’ordre de la philosophie : Jules Lachelier ; Pierre Leune ; Désiré Nolen ; Édouard Bohn ; Claude Joseph Robert ; Émile Grucker ; Louis Saisset.
Un certificat d’aptitude à l’agrégation des lycées dans l’ordre de la philosophie sera délivré à Émile Segond, né le 19 avril 1839, chargé de la classe de deuxième au lycée de Nice, et Charpentier et Joly, élèves sortant de l’École normale supérieure.

L’arrêté de Victor Duruy, en date du 15 septembre 1863, paraît dans le Journal général de l’instruction publique, volume 32, n° 75, jeudi 17 septembre 1863, page 727*.

Jules Lachelier.
[1832-1918]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1851]. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy. Docteur ès-lettres [Paris, 1871]. avec une thèse sur Du Fondement de l’induction. La thèse latine porte sur La Nature du syllogisme.
Sera élu, le 29 février 1896, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 6], en remplacement de Barthélemy Saint Hilaire, décédé le 24 novembre 1895.

Pierre Leune.
Professeur de logique au lycée d’Amiens. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy.

Émile Segond.
[1839-1927]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1856]. Chargé de la classe de deuxième au lycée de Nice. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy.

Thomas Charpentier.
Ancien élève de l’École normale supérieure [1860]. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy. Docteur ès-lettres [Paris, 1871]. avec une thèse sur Essai sur la méthode de Descartes. La thèse latine porte sur La Méthode mathématique appliquée à la Métaphysique.

Désiré Nolen.
[1838-1904]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1858]. Chargé du cours de logique au lycée de Carcassonne. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy. Docteur ès-lettres [Paris, 1876]. avec une thèse sur La Critique de Kant et la Métaphysique de Leibniz, histoire et théorie de leurs rapports. La thèse latine porte sur Ce que Leibniz doit à Aristote.

Henry Joly.
[1839-1925]. Ancien élève de l’École normale supérieure [1860]. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy. Docteur ès-lettres [Paris, 1869]. avec une thèse sur L’Instinct, ses rapports avec la vie et avec l’intelligence, essai de psychologie comparée. La thèse latine porte sur Les Institutions cyniques sous les empereurs romains.

Édouard Bohn.
Ancien élève de l’École normale supérieure [1854]. Chargé de la classe de logique au lycée de Mâcon. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy.

Claude Robert.
Professeur de logique au lycée de Bourg. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy.

Émile Grucker.
[1828-1904]. Professeur de philosophie au gymnase [lycée] de Strasbourg. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy. Docteur ès-lettres [Paris, 1866]. avec une thèse sur François Hemsterhuis. La thèse latine porte sur les Livres de Plotin.

Louis Saisset.
Chargé du cours de philosophie au lycée de Laval. Agrégation de philosophie en 1863, l’année du rétablissement de l’agrégation de philosophie par le ministre Victor Duruy.

Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1863.
George Bertagne [agrégation de lettres en 1864], Artidor Beurier [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1866], D. Blanchet, Deis, Delafilolie, Herman Dietz [agrégation des lettres, 1866], Albert Duruy, Dutasta, Anatole Feugère [agrégation des lettres, 1866], Grégori, Louis Edmond Gusse [agrégation de grammaire, 1866], Charles Jeanmaire [agrégation de philosophie, 1875], Edmond Merlin [agrégation de grammaire, 1866], Philippe Penjon [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1866], Person, Paul Vidal de la Blache [agrégation d’histoire, 1866].

Publie :
Philosophie sensualiste au XVIIIème siècle. Paris : Michel Lévy, 1863.

Article dans le Journal des savants.
Le Duc et Connétable de Luynes. Journal des savants, treizième et dernier article, janvier 1863, pages 52-71 [les premiers articles ont été publiés en 1861 et en 1862].

Réédition de :
Histoire générale de la philosophie, depuis les temps les plus anciens jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, par M. Victor Cousin. Paris : Librairie académique Didier et Cie, in-8, 1863 [1863, comme 4ème édition revue et augmentée].
L'édition de 1863 comporte un Avertissement des éditeurs, en date du 1er juillet 1863, repris dans les autres éditions ultérieures.
« Depuis plusieurs années nous pressions M. Cousin de faire pour l'histoire de la philosophie ce qu'il avait fait avec tant de succès pour la philosophie elle-même, et de donner comme un pendant à son livre, devenu classique, du Vrai, du Beau et du bien ; en sorte qu'en ces deux ouvrages, consacrés l'un à la théorie, l'autre à l'histoire, on possédât, réduite à ses traits essentiels, toute l'oeuvre philosophique de M. Cousin. Déjà les célèbres leçons de 1829 contenaient, épisodiquement pour ainsi dire, une esquisse de l'histoire de la philosophie. L'illustre professeur n'avait donc qu'à dégager cette esquisse des leçons qui l'entouraient, et à la convertir à l'aide d'emprunts à ses propres écrits, en un tableau régulier, complet dans sa briéveté même, capable de donner une idée vraie de cette importante partie de l'histoire universelle, d'en inspirer le goût et d'en procurer la juste connaissance à la jeunesse de nos écoles et à tous les gens instruits ».
Édité initialement en 1861. Réédité en 1864 (avec une réédition la même année), puis en 1867 (7ème édition revue et augmentée, VII-578 p.), en 1872 (neuvième édition ; dixième édition, 582 p.). La 11ème édition (1884, Paris, E. Perrin, in-16, IV-615 p.) est publiée par M. Barthélémy Saint Hilaire, avec une table des matières. Cette édition connaît deux tirages.
Réédité en 2002 [à partir de l’édition de 1863], document électronique BNF.

Dans une lettre à F. Bouillier [8 juillet 1863], V. Cousin explique la nouveauté de cette édition : « Dans quelques jours vous recevrez mon nouveau volume sur l’histoire de la Philosophie. Je dis nouveau, car autrefois l’histoire dans ces leçons ne jouait qu’un rôle épisodique ; ici, elle compose tout le volume et elle s’étend jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Mes amis ont tous approuvé l’idée de cet ouvrage ; mais il faut voir s’ils approuveront aussi l’éxécution. J’ai beaucoup puisé dans mes autres écrits et me suis efforcé de donner au tout de justes proportions, une seule leçon à la philosophie de l’Orient, deux leçons à la Grèce, une seule à la scholastique, une autre à la Renaissance, trois au XVIIè siècle et une au XVIIIè. C’est donc maintenant une histoire régulière et complète, ce qui répare une lacune parmi nous, où nous n’avions pas une histoire de ce genre faite sur les sources. Le Manuel de Tennemann est excellent, mais c’est un livre étranger et dont les formes sont trop rebutantes.
Je souhaite que mon livre devienne pour l’histoire de la philosophie ce que mon livre du Vrai, du Beau et du Bien est devenu pour la philosophie elle-même. Du moins en ces deux volumes on aura en raccourci toute mon oeuvre philosophique » [8 juillet 1863].

À l'Académie française.
Albert de Broglie [1821-1901], élu au fauteuil 18, en remplacement du Père Henri Lacordaire, le 20 février 1862, est reçu le 26 février 1863, par Saint Marc Girardin [1801-1873].

Le comte Louis de Carné [1804-1876] est élu membre de l’Académie française au troisième tour de scrutin, au fauteuil 12, le 23 avril 1863, en remplacement de Jean-Baptiste Biot [1774-1862], décédé le 3 février 1862.
Son élection a le soutien du parti religieux [Charles de Montalembert, Dupanloup] et du parti orléaniste [F. Guizot]. Il bat Émile Littré [1801-1883], déjà membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres [février 1839], qui ne sera élu à l’Académie française qu’en décembre 1871.
Louis de Carné sera reçu le 4 février 1864 par Jean Pons Guillaume Viennet [1777-1868].

Jules Armand Dufaure [1798-1881] est élu membre de l’Académie française, au fauteuil 3, le 23 avril 1863, en remplacement du duc Étienne Denis Pasquier [1767-1862], décédé le 5 juillet 1862.
Au premier tour de scrutin, face à Jules Janin, il y eut dix bulletins blancs, dix académiciens espérant ainsi rendre le scrutin nul et provoquer une troisième candidature. Mais au deuxième tour, deux des abstentionnistes votèrent pour Jules Armand Dufaure qui fut élu.
Il est reçu par Henri Patin le 7 avril 1864.
Après sa mort, le 27 juin 1881, est remplacé par Victor Cherbuliez [1829-1899], élu le 8 décembre 1881.

Le comte Alfred de Vigny [1797-1863], meurt le 17 septembre 1863. Il sera remplacé au fauteuil 32, par Camille Doucet [1812-1895], élu le 6 avril 1865, qui deviendra en mars 1876, secrétaire perpétuel, en remplacement de Henri Patin.

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Communication de V. Cousin.
[4 juillet 1863] Dans la séance du 4 juillet 1863, V. Cousin fait une communication sur l’École sensualiste et l’école spiritualiste au XVIIIème siècle.

Sujet mis au concours : Examen de la philosophie de Malebranche.
[18 avril 1863] Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget, le 18 avril 1863, est mis au concours : Examen de la philosophie de Malebranche (terme le 31 janvier 1865). Puis par un Rapport du 18 novembre 1865, prorogé jusqu'au 31 décembre 1867.

Le programme est défini de la manière suivante :
1. Dans la partie biographique du mémoire, rechercher quel a été dans l’Oratoire l’éducation philosophique de Malebranche.
2. Exposer les ressemblances et les différences de la philosophie de Descartes et de celle de Malebranche pour la méthode, les principes, les conclusions.
3. Apprécier la polémique de Malebranche et d’Arnauld sur la théorie des idées, la critique de la vision en Dieu par Locke et celle du système entier par les écrivains de la Compagnie de Jésus.
4. Suivre la philosophie de Malebranche jusqu’au milieu du XVIIIème siècle.
5. Finir en établissant le mérite et les défauts de cette philosophie, et en se demandant si elle laisse en métaphysique, en morale, en théodicée, quelque idée qui subsiste, et que puisse recueillir et mettrez à profit la philosop)hie de notre temps.

Sur rapport de Paul Janet, le 12 décembre 1868, le prix est décerné à Léon Ollé-Laprune, professeur de philosophie au lycée de Versailles ; une mention honorable à J. B. Royer, ancien élève de l'École normale supérieure [promotion 1854], professeur de seconde au lycée de Dijon.

J. B. Royer.
J. B. Royer, ancien élève de l'École normale supérieure [promotion 1854], professeur de seconde au lycée de Dijon en 1868. Son Mémoire sur Examen de la philosophie de Malebranche obtient, sur rapport de Paul Janet en décembre 1868, une mention honorable au prix du budget de l’Académie des sciences morales et politiques, proposé en avril 1863, proprogé jusqu’en décembre 1867. [le prix est décerné à Léon Ollé-Laprune, professeur de philosophie au lycée de Versailles].
Docteur ès-lettres en 1879, avec une thèse Étude littéraire sur l’Araucania d’Ercilla [Dijon : impr. de Darantière, in-8, 225 p., 1879]. La thèse latine porte sur la vie selon Aristote [Dijon : ex typis Darantière, in-8, 126 p., 1879].
Devient doyen de la Faculté des lettres de Lyon.
En 1893, publie : Essais sur les arguments du matérialisme dans Lucrèce [Dijon : impr. de Darantière, in-8, 151 p., 1883].

Prix décerné.
[13 juin 1863] Dans la séance publique annuelle du samedi 13 juin 1863, la section de philosophie annonce le prix décerné, mis au concours par la section de philosophie [prix du Budget] le 14 janvier 1860, et concernant le sujet suivant : Du rôle de la psychologie en philosophie [avec une appréciation des principales théories psychologiques, anciennes et modernes, et de l'influence qu'elles ont exercée sur les systèmes généraux de leurs auteurs].
Le prix, d'une valeur de quinze cents francs, est partagé entre Jean Nourrisson, auteur du mémoire n° 3; professeur de logique au lycée Napoléon, et [Jean] Émile Maurial, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Strasbourg, auteur du mémoire n° 4.
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 65, 1863, page 245.
Le Rapport concernant ce prix avait été effectué par A. Franck, dans les séances du 21 février et 7 mars 1863.
Un compte-rendu de ce rapport paraît dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 65, pages 272-278.

Prix de la section de morale.
Dans la séance du 2 mai 1863, Adolphe Garnier, au nom de la section de morale, propose à l’Académie des sciences morales et politiques de mettre au concours la question suivante, pour le prix Bordin, à décerner en 1865 : De l’universalité des principes de morale.
Le programme est défini de la manière suivante :
« La diversité des jugements et des actes moraux a été de tout temps l’une des objections les plus graves du scepticisme.
Les concurrents auront à examiner les fondements du pyrrhonisme en morale.
Ils rechercheront jusqu’où s’étend la contrariété des mœurs dans les différentes nations ; en quoi consistent la diversité des lois et le désaccord des écoles philosophiques sur les points les plus importants de la morale.
Ils indiqueront quelles sont les causes de ces variations ; quelle part il faut faire aux circonstances, aux préjugés, aux passionset aux développements de la conscience morale.
En résumé, ils examineront s’il n’est pas possible de dégager du sein des contradictions théoriques et pratiques un fond commun de morale et des principes constants et universels».
Le prix est de la valeur de deux mille cinq cents francs. Le terme est fixé au 31 mars 1865.
Il est ultérieurement reporté au 30 novembre 1868.

Élection d’Émile Saisset dans la section de philosophie.
*Émile [Edmond] Saisset [1814-1863] est élu le 7 février 1863, à l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, au premier tour de scrutin, en remplacement de Jean-Philibert Damiron [fauteuil 1], décédé le 11 janvier 1862.
La section de philosophie avait placé au premier rang Émile Saisset, au deuxième rang Nicolas Bouillet [1798-1864], au troisième rang Charles Lévêque [qui avait posé sa candidature le 3 janvier 1863], au quatrième rang ex aequo le mathématicien Antoine Augustin Cournot [1801-1877], le comte Alexandre Louis Foucher de Careil [1826-1891], Albert Lemoine [1824-1874].
Cros avait adressé sa candidature, par une lettre en date du 8 mars, mais la section n’avait pas retenu sa candidature. Il s’agit vraisemblablement de Simon Charles Henri Cros [1803-1876], docteur en droit, auteur de Théorie de l’homme intellectuel et moral [1838] et de Pandynamisme et panthéisme [1874].
Émile Saisset s’était déjà présenté sans succès le 18 février 1860, dans la section de morale, au fauteuil d’Alexis de Tocqueville, face à Adolphe Garnier.
Charles Lévêque [1818-1900] sera élu dans la section de philosophie le 6 mai 1865, au fauteuil d’Émile Saisset. Aucun des autres candidats ne seront ultérieurement élus.
Sur 32 votants, Émile Saisset obtient 27 suffrages, 2 pour Nicolas Bouillet, 2 pour Foucher de Careil, 1 pour Charles Lévêque.
Émile Saisset sera introduit en séance le 14 février [l’Empereur ayant approuvé les élections faites le 7 février].
Dès décembre 1843, V. Cousin lui avait manifesté l’intention de proposer son nom comme candidat de la section de philosophie pour l’Académie des sciences morales et politiques. À cette époque Émile Saisset décline cette offre.

Élection de Charles Waddigton comme correspondant dans la section de philosophie.
*Charles Waddington [1819-1914], professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg est élu, le 20 juin 1863, correspondant [Strasbourg] de la section de philosophie [place 4 bis], en remplacement de C. Bartholmèss [1815-1856], lui aussi de Strasbourg, décédé le 26 août 1856.
La section de philosophie le présente au premier rang [comme professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg] ; au deuxième rang : Émile Maurial [1816-1874], professeur de philosophie à la Faculté de Strasbourg, qui vient d’obtenir à part égale avec Jean Félix Nourrisson [1825-1899], le prix proposé par l’Académie des sciences morales et politiques : Du Rôle de la psychologie en philosophie. Au troisième rang : Émile Charles [1825-1897], professeur de philosophie à la Faculté de Bordeaux. La présentation au premier rang par la section est un avantage certain, qui presque toujours oriente le vote de l’ensemble des membres de l’Académie. C. Waddington est élu au premier tour, à l’unanimité des suffrages [17 votants].
Émile Charles deviendra correspondant de la section de philosophie le 23 décembre 1876. Émile Maurial ne parviendra pas à se faire élire.
Quant à Charles Waddington, une fois correspondant, il se présentera pour être membre titulaire, mais sans succès en mai 1865, en décembre 1875. Il sera finalement élu en février 1888, dans la section de morale [fauteuil 6] et non dans la section de philosophie, en remplacement d’Edme Caro [1826-1887], décédé le 13 juillet 1887.

Élections à l’Académie des sciences morales et politiques.
*Élection de Armand Husson dans la section de politique.
L’économiste et administrateur Armand Husson [1809-1874] est élu, le 7 février 1863, dans la section de politique, administration et finances [fauteuil 7], en remplacement du baron Jean Jacques Baude [1792-1862], homme politique, décédé le 7 février 1862.
La section présentait au premier rang Armand Husson, au deuxième rang l’économiste François Richelot [1811-1864], au troisième rang ex-aequo Armand Du Châtellier [1797-1885] et l’homme politique Louis Mortimer-Ternaux [1808-1871]. Jules Pautet avait également déposé sa candidature. Sur 32 votants Armand Husson en obtient 21 suffrages. François Richelot en obtient 11. Armand Husson est élu.
Armand Du Châtellier était déjà correspondant, dans la section de morale, élu le 17 juillet 1858. Mortimer-Ternaux sera élu ultérieurement dans la section de politique, le 11 mars 1865. François Richelot ne sera pasultérieurement élu.
Armand Husson, au moment de la suppression de la section de politique, administration et finances, par décret du 9 mai 1866] est transféré dans la section de morale, par décision de l’Académie du 26 mai 1866, au fauteuil 7 qui est créé à cette occasion.
Après sa mort, le 7 décembre 1874, est remplacé, dans la section de morale, par l’Inspecteur général Octave Gréard [1828-1904], élu le 15 mai 1875.

Élection de Jules Simon dans la section de morale.
*La même année [21 février 1863] Jules [François] Simon [1814-1896] est élu à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 5}, en remplacement de Charles Dunoyer [1786-1862], décédé le 4 décembre 1862.
La section de morale présentait au premier rang Jules Simon [qui avait posé sa candidature le 24 janvier], au deuxième rang Paul Janet [1823-1899], au troisième rang ex æquo et par ordre alphabétique Armand Audiganne [1814-1875] et l’économiste et philanthrope Pierre Armand Dufau [1815-1877]. L’économiste Michel Gustave Du Puynode, [1817-1898] dont le nom n’est pas retenu parmi les candidats, pour cette élection, avait également posé sa candidature.
Sur 34 votants, au premier tour de scrutin Jules Simon obtient 32 suffrages, Paul Janet 2 suffrages. Ainsi, Jules Simon est élu au premier tour, à la majorité absolue.
Paul Janet sera élu, le 13 février 1864, dans la section de morale, dans le fauteuil de Louis Villermé. Michel Gustave du Puynode sera élu ultérieurement correspondant de la section d’économie politique, le 21 mars 1885. Armand Audiganne, qui se représente à plusieurs reprises, ne sera pas élu ultérieurement ; de même Pierre Armand Dufau ne sera pas élu.

Élection de Henri Baudrillart dans la section de politique.
*Henri [Joseph Léon] Baudrillart [1821-1892], professeur suppléant au collège de France, est élu, le 2 mai 1863, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [fauteuil 2], en remplacement de Félix Barthe [1795-1863], premier président de la Cour des comptes, décédé le 27 décembre 1863.
La section présentait au premier rang le conseiller d’État Joseph Boulatignier [1805-1895] ; au deuxième rang l’économiste François Richelot [1811-1864] ; au troisième rang ex-aequo le professeur d’économie Henri Baudrillart [1821-1892] et le jurisconsulte Eugène [François] Cauchy [1802-1877] ; au quatrième rang le professeur d’économie Joseph Garnier [1813-1881]. Le jurisconsulte François Isidore Alauzet [1807-1882] s’était également présenté comme candidat. Il y a 33 votants.
Au premier tour de scrutin Joseph Boulatignier obtient 11 suffrages, Henri Baudrillart 13, François Richelot 8, Eugène Cauchy 1. Aucun des candidats n’ayant réuni la majorité absolue des suffrages, il est procédé à un deuxième tour de scrutin : Henri Baudrillart obtient 19 voix, Joseph Boulatignier 11, François Richelot 3. Henri Baudrillart, ayant obtenu la majorité des suffrages, est élu.
Eugène Cauchy [1802-1877], maître des requêtes au Conseil d’État, sera élu ultérieurement le 23 juin 1866, dans la section de législation. De même Joseph Garnier qui sera élu dans la section économie politique, satistique et finances, le 24 mai 1873. Ni Joseph Boulatignier, ni François Richelot ne seront élus ultérieurement.
Transféré dans la section de morale [fauteuil 8, nouvellement créé], par décision de l’Académie du 26 mai 1866 [après la suppression de la section politique].
Après sa mort, le 23 janvier 1892, est remplacé dans la section de morale par Adolphe Guillot [1836-1895], substitut, élu le 9 avril 1892.

Décès.
Émile Saisset décède le 27 décembre 1863. Le bureau de l’Académie des sciences morales et politiques lui rend hommage le mercredi 29 décembre.

Lectures, rapports et communications.
Mémoire sur Les Limites de la conscience ou sur les facultés inconnues de l’esprit humain, par Charles de Rémusat.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 64, pages 5-47.

Poursuite de la publication du Mémoire de Charles Waddington : Des Facultés de l’âme. Histoire de la question : 5. Depuis Leibniz jusqu’à nos jours.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 64, pages 49-68.
Ce Mémoire a commencé à être publié, au titre des savants étrangers, 1861, tome 58, pages 445 sq. ; 1862, tome 59, pages399 sq. ; 1862, tome 62, pages 5 sq. ; 1863, tome 63, pages 403 sq.

Dans les séances du 21 février et du 7 mars 1863, Adolphe Franck assure la communication du rapport sur le prix de philosophie [prix du Budget], mis au concours le 14 janvier 1860 « Rôle de la psychologie en philosophie » [avec une appréciation des principales théories psychologiques, anciennes et modernes, et de l'influence qu'elles ont exercée sur les systèmes généraux de leurs auteurs]. Le prix, d'une valeur de quinze cents francs, est partagé entre Jean Nourrisson, auteur du mémoire n° 3; professeur de logique au lycée Napoléon, et [Jean] Émile Maurial, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Strasbourg, auteur du mémoire n° 4.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 64, pages 189-236 et tome 65, 271-278.

Jules Barthélemy Saint-Hilaire lit un Mémoire sur la Météorologie d’Aristote.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 65, pages 147-189.
L’ouvrage de Barthélemy Saint-Hilaire est paru, en 1863 [Paris : Ladrange. In-8, 1863]. Il en fait également l’hommage à l’Académie.

Dans la séance du 30 mai 1863, Adolphe Garnier fait un Rapport sur un ouvrage de Jean Félix Nourrisson, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Clermont, intitulé Tableau des progrès de la pensée humaine depuis Thalès jusqu’à Leibniz.
L’ouvrage est paru initialement en 1858 :Tableau des progrès de la pensée humaine, depuis Thalès jusqu’à Leibniz.[Paris : Didier. In-12, VIII-526 p.,1858]. Réédité en 1859, 1867. Puis en 1886 sous le titre : Tableau des progrès de la pensée humaine, depuis Thalès jusqu’à Hegel (in-12, 601 p.). L’ouvrage est également édité chez Didier en format in-octavo.
Jean Nourrisson [1825-1899], alors professeur de logique au lycée Napoléon [lycée Henri-IV] sera finalement élu le 14 mai 1870, dans la section de philosophie, en étant préféré à Félix Ravaisson pour succéder au duc Victor de Broglie [1785-1870].
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 5-17.

Adolphe Franck, dans la séance du 25 juillet 1863, lit un Mémoire sur Martinez Pascalis, ses doctrines mystiques et son influence sur Saint Martin. À la suite de cette lecture V. Cousin et A. Franck présentent des observations.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 199-219.
En 1866, Adolphe Franck fera paraître La Philosophie mystique en France au XVIIIè siècle : Saint Martin et son maître Martinez Pasqualis. [Paris : Germer Baillière. Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-16, 228 p., 1866].

Adolphe Garnier, dans la séance du 1er août 1863, fait une communication sur Le Sommeil, le rêve et le somnambulisme.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 161-179.
Adolphe Garnier [1801-1864], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, est déjà membre titulaire de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale, depuis février 1860.

Dans la séance du 8 août 1863, Charles Mallet commence la lecture d’un Mémoire qu’il est admis à communiquer à l’académie sur La Vie et les écrits de James Beattie, poète et philosophe écossais. Cette lecture se poursuit les 22 et 29 août, le 5 septembre 1863.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 221-251 ; pages 367-409.
Charles Mallet [1807-1876], Inspecteur de l’Académie de Paris, à la suite de cette communication en publie le texte en tiré à part [Orléans : impr. de Colas. In-8, 78 p., 1863].
Presque vingt-cinq ans auparavant, en 1840, il avait fait paraître une traduction de l’anglais en français, de James Beattie : Éléments de science morale, comprenant l’éthique, l’économique, la politique et la théologie naturelle. Traduit de l’anglais sur la 3e édition [Elements of moral science, London : T. Cadell ; Edinburgh : W. Creesch, in-8 ], par Charles Auguste Mallet [Paris : Mme Maire Nyon. 2 volumes in-8., 1840].
Mais, malgré ses nombreuses interventions à l’Académie sur ses multiples travaux philosophiques, les efforts de Charles Mallet pour être élu à l’Académie des sciences morales et politiques n’aboutiront pas. Il se présente en vain en février 1864, pour succéder, face à Paul Janet, au fauteuil rendu vacant dans la section de morale, par le décès de Louis Villermé. Il en sera de même en mars 1868, pour succéder, face à Étienne Vacherot, au fauteuil rendu vacant dans la section de philosophie, par le décès de V. Cousin le 14 janvier 1867.

Dans la séance du 29 août 1863, Barthélemy Saint-Hilaire commence la lecture d’un travail sur Mahomet. En continue la lecture le 19 septembre, le 10, 17 octobre, 14 novembre.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie, 1863, tome 66, pages 321-346.
Jules Barthélemy Saint-Hilaire [1805-1895] à la suite de nombreuses lectures faites à l’Académie, en 1863 et 1864 sur Mahomet fera paraître en 1865 : Mahomet et le Coran, précédé d’une Introduction sur les devoirs mutuels de la philosophie et de la religion. [Paris : Didier. In-12, CXIII-348 p., 1865].

Dans la séance du 24 octobre 1863, le marquis d’Audiffret fait un rapport sur l’ouvrage Hygiène philosophique de l’âme, dont l’auteur, le docteur P. Foissac fait hommage à l’Académie.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 475-476. Il y indique : « Enfin il [l’auteur] fonde, avec raison, la paix de la conscience et le bonheur de l’homme sur l’observation des principes et sur la pratique des préceptes de la religion chrétienne ».
Le médecin hygiéniste Pierre Foissac [1801-1866], médecin-chef de la maison d’éducation de la Légion d’Honneur, avait déjà, en novembre 1856, et en mai 1857, été autorisé à lire un Mémoire sur l’influence du moral sur le physique.
En mars 1876 [11 mars] Gaston d’Audiffret [1797-1878] présente à nouveau un livre du docteur Foissac : La Chance et la destinée.

Dans la séance du 28 novembre 1863, Louis Reybaud lit un Mémoire que l’économiste Antonin Rondelet [1823-1893] a été autorisé à communiquer à l’Académie, sur les Effets économiques de la production morale dans l’ordre physique. Continue à lire ce Mémoire dans la séance du 11 janvier 1864.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1864, tome 67, pages 271-299.
Antonin Rondelet cherchera en vain à se faire élire à l’Académie des sciences morales et politiques, par exemple en 1872 et en 1880.

Ouvrages en hommage.
Dans la séance du 31 janvier 1863, Barthélemy Saint-Hilaire fait hommage à l’Académie de son ouvrage qui vient de paraître : Météorologie d’Aristote, traduite en français pour la première fois et accompagnée de notes perpétuelles ; avec la petit traité apocryphe du Monde [Paris : Ladrange. In-8, 1863].

Dans la séance du 21 février 1863, l’Académie reçoit en hommage l’ouvrage de Charles Schoebel : La Philosophie positive présentée dans ses traits fondamentaux.
L’anthropologue Charles Schoebel [1813-1888] vient de faire paraître La Philosophie positive présentée dans ses traits fondamentaux [Paris : Challamel aîné. In-8, 44 p. 1863].

Dans la séance du 28 février 1863, l’Académie reçoit en hommage : De la Psychologie de Platon, par A. Ed. Chaignet, professeur au Prytannée impérial militaire de la Flèche [1862].
Il s’agit de l’ouvrage composé par Édouard Chaignet [1819-1901] à partir de sa thèse pour le doctorat ès-lettres : De la Psychologie de Platon, soutenue à la Faculté des lettres de Paris en 1862 et éditée [Paris : A. Durand. In-8, 483 p., 1862].
Édouard Chaignet [1819-1901] sera à plusieurs reprises lauréat de l’Institut pour différents Mémoires répondant à des concours. Il se présentera sans succès, en février 1869, face à Joseph Tissot pour la place de correspondant de la section de philosophie rendue vacante par le décès de William Whewell,intervenu le 6 mars 1866. Il finira par être élu le 23 décembre 1876 correspondant de la section de philosophie.

Dans la séance du 21 mars 1863, l’Académie reçoit, en anglais, Utilitarianism de John Stuart Mill.
John Stuart Mill [1806-1873] est élu correspondant, dans la section d’économie politique, depuis le 28 avril 1860.
L’ouvrage de John Stuart Mill est paru en 1863. Composé entre 1854 et 1860, il est d’abord paru dans les livraisons d’octobre,novembre et décembre 1861 du Fraser’sMagazine, avant de paraître sous forme d’un livre [1863]. L’ouvrage sera traduit en français en 1883, par P. L. Monnier. [Paris : F. Alcan, Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-12, 1863].

Dans la séance du 23 mai 1863, l’Académie reçoit de A. Macrakis : Réfutation du scepticisme, criterium de la vérité, la vérité elle-même.

Dans la séance du 30 mai 1863, Adolphe Garnier fait un Rapport sur un ouvrage de Jean Nourrisson, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Clermont, intitulé Tableau des progrès de la pensée humaine depuis Thalès jusqu’à Leibniz.
Publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 5-17.
L’ouvrage est paru en 1858 [Paris : Didier. In-8, VIII-526 p., 1858]. Réédité comme deuxi ème édition en 1859 . Sera réédité en 1859 comme troisième édition.

Dans la séance du 20 juin 1863, l’Académie reçoit en hommage : Nouvel essai d’une théorie catésienne, par P. E. Garreau, médecin principal de 1ère classe en chef à l’École impériale de Saint-Cyr.
L’ouvrage de Paul Émile Garreau est paru en 1863 : Contre l’animisme : Nouvel essai d’une théorie catésienne [Paris : A. Durand. In-8, VIII-133 p.].

Dans la séance du 27 juin 1863, Adolphe Franck fait hommage à l’Académie, au nom de l’auteur, le docteur Saucerotte, de L’Histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine.
Le docteur Antoine Constant Saucerotte [1805-1886] a fait paraître cet ouvrage en 1863 [Paris : V. Masson et fils. In-18, XII-468 p., 1863].

Dans la séance du 4 juillet 1863, Braïlas Arméni, professeur de philosophie aux îles Ioniennes, adresse Éléments de philosophie théorique et pratique [Corfou, 1863, en langue grecque].
Barthélemy Saint-Hilaire en fait un Rapport verbal, dans la séance du 12 septembre 1863, publié dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1863, tome 66, pages 317-319.
Barthélemy Saint-Hilaire avait présenté, il y a plus de dix ans, le premier ouvrage de Braïlas intitulé Essai sur les idées et les principes [Corfou, 1851, en grec moderne].

Dans la séance du 25 juillet 1863, l’Académie reçoit l’ouvrage : Dialoghi scelti di Augusto Conti, professore di storia della filosofia alla R. Universita di Pisa [Firenze 1863].

Dans la séance du 31 octobre 1863, Adolphe Franck offre, en hommege à l’Académie : Réformateurs et publicistes de l’Europe pendant le moyen-âge et la renaissance [1864].
Un fragment de cet ouvrage paraît dans Compte-rendu des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1864, tome 67, pages 223-245.

Dans la séance du 21 novembre 1863, l’Académie reçoit l’ouvrage de Th. Henri Martin, doyen de la Faculté des lettres de Rennes : Des superstitions dangereuses pour la science, et des doctrines qui les restreigent ou les favorisent.
Thomas Henri Martin [1813-1883] est de longue date doyen de la Faculté des lettres de Rennes [1844]. Depuis 1850 il est correspondant de l’Académie dans la section de philosophie. L’ouvrage, adressé en hommage, a été publié en 1863 [Paris : impr. de P. Dupont. In-8, 81 p.].

Dans la séance du 26 décembre 1863, l’Académie reçoit, de la part de Charles Mallet : Éléments de science morale, par James Beattie, traduits de l’anglais par Mallet, 2 volumes, 1840 ; Histoire de la philosophie ionienne, 1842 ; Études philosophiques, 2 volumes, 1844 ; Histoire de l’École de Mégare et des Écoles d’Élis et d’Éretrie, 1845 ; Mémoire sur Newton, 1850 ; Mémoire sur les écrits philosophiques de S’Gravesande, 1858 ; Mémoire sur la vie et les écrits de James Beattie, philosophe écossais, 1863.
En 1863, Charles Mallet [1807-1875], après avoir été recteur de l’Académie de Rouen est à la retraite depuis 1852. À de nombreuses reprises [1847, 1850, 1857], il a été autorisé à lire ses travaux devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques, et a offert en hommage ses différentes publications.
L’envoi de tous ses ouvrages pour la séance du 26 décembre 1863, correspond à la préparation de l’élection qui aura lieu le 13 février 1864, pour le fauteuil rendu vacant dans la section de morale par suite du décès de Louis Villermé [1782-1863], survenu le 16 novembre 1863. Face à Paul Janet, Charles Mallet ne sera pas élu. De même, il ne sera pas élu le 7 mars 1868, face à Étienne Vacherot, pour le fauteuil rendu vacant, dans la section de philosophie, par le décès de V. Cousin.

Le 16/11/2018