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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1861
  En 1861, V. Cousin [1792-1867] est âgé de soixante-huit ans ans. [Il aura soixante- neuf ans le 28 novembre 1861]. L’année 1861 est celle de l’édition de l’Histoire générale de la philosophie, depuis les temps les plus anciens jusqu’au XIX ème siècle, qui complète Du Vrai, du Beau et du Bien, publié en 1853. Ces deux ouvrages dans l’esprit de V. Cousin, devant exprimer en résumé, la partie créative de son oeuvre philosophique.

Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne en classe de rhétorique [classe de première], il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des compte-rendus et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, comme professeur adjoint [et non plus comme suppléant] dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et immédiatement diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis, pour un autre livre, de Nouveaux fragments philosophiques [1828]. Ces recueils sont précédés de copieuses préfaces. Il sait donner à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, marquent l’écrasement dans le sang de la révolte ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’exécutif. Enfin le 10 décembre 1848 Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1860.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme.


Éléments biographiques.
En août 1861, est à Ems, en mauvaise santé. Fin novembre 1861 se rend à Cannes. Il souffre du larynx et se déclare très fatigué.

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1861.
Victor Aublé [agrégation de lettres, 1867], Edmond Bony [agrégation d’histoire et géographie, 1871], Boucher, Auguste Bougot [agrégation de grammaire, 1864], Philippe Brochot [agrégation de lettres, 1866], Ludovic Carrau [qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1864], Chanonat, Delaunay, Albert Dumont [agrégation d’histoire et géographie], Filon, G. Franck, Armand Gasté [agrégation de lettres, 1865], F. Laurent, Lesage, P. Martin, Auguste Moireau [agrégation de lettres, 1866], Émile Pluzanski [agrégation de grammaire, 1864], Alfred Rambaud [agrégation d’histoire et géographie, 1864], Samuel Risser [agrégation de lettres, 1864] , Jean Schérer [agrégation de lettres, 1873] , Edgard Zévort [agrégation d’histoire et géographie, 1865].
Publie :
Histoire générale de la philosophie, depuis les temps les plus anciens jusqu’au XIX ème siècle. Paris : Didier et Cie, in-18, 539 p., 1861.
Connaît plusieurs éditions en 1861 (dont une porte la mention 4ème édition revue et augmentée). Réédité en 1863 (4ème édition revue et augmentée), 1864 (avec une réédition la même année), 1867 (7ème édition revue et augmentée, VII-578 p.), 1872 (9ème édition, 582 p.). La 11e édition (1884, Paris, E. Perrin, in-16, IV-615 p.) est revue par l’auteur et publiée par M. Barthélémy Saint Hilaire, avec une table des matières. Cette édition connaît deux tirages.
L'édition de 1863 comporte un Avertissement, en date du 1er juillet 1863, repris dans les autres éditions ultérieures : « Depuis plusieurs années nous pressions M. Cousin de faire pour l'histoire de la philosophie ce qu'il avait fait avec tant de succès pour la philosophie elle-même, et de donner un pendant à son livre, devenu classique, Du Vrai, du beau, du bien ; en sorte qu'en ces deux ouvrages, consacrés l'un à la théorie, l'autre à l'histoire, on possédât, réduite à ses traits essentiels, toute l'oeuvre philosophique de M. Cousin. ».
Réédité en 2002 [à partir de la réédition de 1863], document électronique BNF.

Article dans le Journal des savants.
[janvier-février 1861] De la Philosophie de Descartes. Journal des savants, deuxième article paru en janvier 1861 ; deuxième article paru en février 1861 ; à la suite du premier article paru en décembre 1860, pages 721-735.

Le Duc et Connétable de Luynes. Journal des savants, premier article, mai 1861, pages 261-284 ; deuxième article, juin 1861, pages 343-363 ; troisième article, juillet 1861, pages 437-452 ; quatrième article, septembre 1861, pages 521-544 ; cinquième article, octobre 1861, pages 622-635 ; sixième article, novembre 1861, pages 705-718 [les articles se poursuivront en 1862 et 1863].
Incipit : « Que faut-il penser de ce personnage si célèbre à la fois et si peu connu, qui, grâce à l'amitié du jeune Louis XIII, s'est élevé d'un rang fort médiocre aux plus hautes charges de la monarchie, et, pendant quatre ans, de 1617 jusqu'à la fin de 1621, a tenu presque souverainement les rênes de l'État ? Luynes n'est-il qu'un favori vulgaire, comme le maréchal d'Ancre auquel il succède, ou ses talents ont-ils fait une partie considérable de sa fortune ? ».

Réédition de :
Philosophie de Locke par M. Victor Cousin, quatrième édition, revue et augmentée. Paris : Didier et Cie, in-8, 416 p., 1861]. L'ouvrage porte en sur-titre sur sa première page : Philosophie de Locke. Année 1829-second semestre. Il expose le contenu de 13 leçons. Les pages 411-416 correspondent à la Table des matières détaillée. [collationné 01] Connaît deux tirages.
Sera réédité en 1873 [avec toujours la mention 4ème édition]. Il y a plusieurs tirages, à la date de 1873. Il y a aussi, en 1873, la mention 6ème édition. Puis réédité en 1876.

Réédition de :
Introduction à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin, quatrième édition revue et augmentée. Paris : Didier et C°, in-8, XIX-347 p., 1861. [Connaît 2 tirages].
Comprend un Avant-propos de la quatrième édition [I-XIX], signé V. Cousin, en date du 1er février 1861.
« Voici de nouveau ces leçons de 1828 et 1829, si amèrement censurées par les uns et si vivement applaudies par les autres, durant cette courte et brillante époque de la Restauration à laquelle est attaché le nom de M. de Martignac. Il nous semble qu'aujourd'hui, à la distance de plus de trente années, nous en pouvons parler nous-même avec une vraie impartialité.
Pour être équitable, il faut un peu se mettre à notre place et se rappeler ce temps, si différent du nôtre. ».
Édité initialement en 1828. A été réédité en 1841, 1847. Sera réédité en 1868 [toujours avec la mention 4ème édition] ; en 1872 [avec la mention : septième édition] [septième édition, collationné 01].
Le découpage du livre se fait de la manière suivante :
Première leçon. 17 avril 1828. Idée de la philosophie.
Deuxième leçon. Perpétuité de la philosophie.
Troisième leçon. De l’histoire de la philosophie.
Quatrième leçon. De la méthode psychologique dans l’histoire.
Cinquième leçon. Idées fondamentales de l’histoire.
Sixième leçon. Des grandes époques de l’histoire.
Septième leçon. Du plan de l’histoire.
Huitième leçon. Du rôle de la géographie de l’histoire.
Neuvième leçon. Des peuples.
Dixième leçon. Les grands hommes.
Onzième leçon. Des historiens de l’humanité.
Douzième leçon. Des historiens de la philosophie.
Treizième leçon. De la philosophie du XIXème siècle.
Appendice. Éclaircissements à la cinquième leçon [1. De la compréhensibilité et de l’incompréhensibilité de Dieu. 2. Du vrai sens dans lequel il faut entendre la nécessité de la création. 3. Dieu présent dans le monde et distinct du monde].

Réédition de :
Cours de philosophie [...] sur le fondement des idées absolues du vrai, du beau et du bien, publié par Adolphe Garnier, Paris : XIX-347 p., 1861.

Réédition de :
Jacqueline Pascal, Paris : Didier, in-8, 465 p., 1861.
Édité initialement en 1844. Puis en 1856. Sera réédité en 1862, 1869, 1877 [comme 8ème édition, connaît 2 tirages], 1878, 1894.

À l'Académie française.
Il y a un Prix biennal de 20 000 francs, institué par l’Empereur, par décret du 11 août 1859, pour récompenser l’œuvre « la plus propre à honorer ou à servir le pays, parue dans les dix dernières années ».
V. Cousin, avec François Guizot, François Mignet, Ludovic Vitet, Sainte-Beuve, fait partie d'une commission de l'Académie, qui discute de l'attribution de ce prix de vingt mille francs à un écrivain de son choix. Le nom de Georges Sand est évoqué, mais écarté, et par la commission et par l'Académie dans son ensemble. Une lettre de Sainte-Beuve, qui lui est favorable, en témoigne. « Cousin, dit-il, a commencé et a parlé pour madame Sand, en concluant contre ».

Eugène Scribe [1791-1861] meurt le 20 février 1861. Il sera remplacé, au fauteuil 13, par Octave Feuillet [1821-1890] élu le 3 avril 1862.

Le père Henri Lacordaire [1802-1861], élu le 2 février 1860, au fauteuil 18, en remplacement du comte de Tocqueville [1805-1859], est reçu le 24 janvier 1861 par F. Guizot. Il va décéder la même année, quelques mois plus tard.

Décès du père Henri Lacordaire [1802-1861], le 21 novembre 1861. Sera remplacé, au fauteuil 18, par Albert de Broglie [1821-1901], élu le 20 février 1862.

À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Charles Giraud ayant été vice-président pour l’année 1860 est, selon l’usage, président pour l’année 1861. Il remplace Adolphe Franck qui a été président pour l’année 1860.
Francisque Lélut est élu vice-président pour l’année 1861. Il sera président pour l’année 1862.

LA PHILOSOPHIE À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Sujet mis au concours : La philosophie de saint Augustin.
Sur proposition de Barthélémy Saint Hilaire, section de philosophie, prix Bordin, le 30 novembre 1861, est mis au concours : La Philosophie de saint Augustin, ses sources, son caractère, ses mérites et ses défauts ; son influence et particulièrement au XVIIème siècle [terme le 31 décembre 1863].
Il n’y a pas d’indications complémentaires concernant un programme.
Sur rapport de Barthélémy Saint Hilaire, le 13-20 août 1864, le prix sera décerné à Jean Félix Nourrisson [1825-1899], professeur de philosophie au lycée Napoléon, déjà lauréat de l'Académie.

Lectures, rapports.
Dans la séance du 16 février 1861 V. Cousin lit un Fragment de l’histoire de la philosophie cartésienne. À la suite de cette lecture dont le sujet est Spinoza et son système, Jean Philibert Damiron, Adolphe Franck et V. Cousin présentent des observations.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 56, pages 283-288. Le compte-rendu publie seulement les observations de Damiron et de Franck.

Le bulletin de février 1861, publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 55, fait paraître page 367-395, le texte de la communication d’Adolphe Garnier sur Leibniz, d’après les documents nouveaux publiés par Alexandre Foucher de Careil.
À la suite de cette lecture Jean Philibert Damiron et Charles Giraud présentent, et Adolphe Garnier ajoute quelques observations.
Le comte Alexandre Foucher de Careil [1826-1891] s’est fait une spécialité de Leibniz, en publiant entre 1859 et 1875 les Œuvres inédites de Leibniz, en sept volumes. Depuis 1854 Foucher de Careil intervient à plusieurs reprises à en publiant entre 1859 et 1875 les Œuvres inédites de Leibniz, en sept volumes, à l’occasion d’hommages d’ouvrages [1854, 1862] ; en obtenant en 1860 le prix sur la Philosophie de Leibniz, obtenu en même temps par Jean Félix Nourrisson ; en lisant des Mémoires [1861, 1862], etc. Il tentera, sans succès, de se faire élire à l'Académie des sciences morales et politiques, notamment face à Étienne Saisset, pour le fauteuil de la section de philosophie, rendu vacant par le décès de Jean Philibert Damiron , survenu le le 11 janvier 1862.
Quant à Adolphe Garnier [1801-1864], il est depuis plus de quinze ans, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris. Il est élu, depuis le 18 février 1860, membre de la section de morale de l'Académie des sciences morales et politiques.

Dans la séance du 2 mars 1861, V. Cousin lit un fragment de son Histoire de la Philosophie sur Leibniz.

Dans la séance du 16 mars 1861, le président, Charles Giraud lit un Mémoire de Louis Firmin Julien Laferrière relatif à l’Influence du stoïcisme sur la doctrine des jurisconsultes romains en ce qui touche à la justice civile et à la justice criminelle.
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 56, page 375-408.
Le Mémoire De l’Influence du stoïcisme sur la doctrine des jurisconsultes romains a fait l’objet de plusieurs publications dans les Compte-rendus : tome 51, pages 193 sq, et tome 52, pages 5 sq.
Louis Firmin Julien Laferrière [1798-1861], jurisconsulte français, vient de mourir le 14 février 1861. Ancien Inspecteur général pour l’enseignement supérieur de droit, il avait été nommé par le décret impérial du 14 avril 1855, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, au moment de la création de la section de politique, puis transféré dans la section de législation, en vertu d’une décision de l’Académie en date du 29 janvier 1859.

Alexandre Foucher de Careil, dans les séances du 27 avril, 18 mai et 1er juin 1861, lit un Mémoire sur un manuscrit inédit de Leibniz, relatif au livre de Moïse Maïmonide ayant pour titre Le guide des Égarés.À la suite de cette lecture V. Cousin et Adolphe Franck présentent des observations.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 58, page 385-412. Paraît dans le cadre des articles des savants étrangers.
Au cours de la séance du 27 avril, Alexandre Foucher de Careil offre le manuscrit de Leibniz intitulé Leibnitii observationes ad Rabbi Mosis Maïmonide à l’Académie des sciences morales et politiques.

Dans la séance du 22 juin 1861, Barthélemy Saint-Hilaire donne communication de sa préface à la Physique d’Aristote traduite pour la première fois. Jean Philibert Damiron présente des observations auxquelles répond Barthélemy Saint-Hilaire. Cette communication se poursuit le 6, le 13 juillet.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 57, pages 423-469 ; 1861, tome 58, pages 93-128 et 161-215.

Le 14 septembre 1861, Adolphe Garnier lit un Mémoire sur la caractéristique de Leibniz et sur les publications récentes de M. Foucher de Careil.

Dans les séances des 21 et 28 décembre 1861, Jean Philibert Damiron commence la lecture de son Mémoire sur Condillac et son Traité des systèmes [il poursuivra cette lecture le 11 janvier 1862]. Jean Philibert Damiron meurt dans la soirée du 11 janvier 1862.
Publié dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut impérial de France, tome 11, Paris : Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1862. pages 201-254.

Dans la séance du 2 novembre 1861, Charles Waddington communique un Mémoire sur L’Usage de l’histoire en psychologie. Dans la séance du 28 décembre Bathélemy Saint-hilaire poursuit la lecture de ce Mémoire.
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 58, pages 445-468 sous le titre Des Facultés de l’âme. Histoire de la question.

Les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 55, page 313-316, publient le Rapport verbal fait par Adolphe Garnier de l’ouvrage de Nourrisson intitulé Histoire et philosophie, études accompagnées de pièces inédites.

Les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 56, pages 77 sq. et 289 sq. publient Une visite à Hanovre par Nourrisson.

Hommage d’ouvrages à l’Académie des sciences morales et politiques.
Dans la séance du 5 janvier 1861, Jules Barthélemy Saint-Hilaire présente, au nom de Charles Lévêque l’ouvrage sur La Science du Beau, en 2 volumes « ouvrage qui a été couronné par l’Académie, et il l’entretient de ce grand travail, qu’a perfectionné et étendu son auteur, sur les observations de la section de philosophie ».
Le Rapport est publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 55, page 359-362.
C’est en avril 1859, sur le rapport de Barthélemy Saint Hilaire, que Charles Lévêque avait remporté, en avril 1859, le prix Bordin, proposé par l’Académie des sciences morales et politiques : Des Principes de la science du Beau. Sur proposition de V. Cousin le prix avait été mis au concours le 7 février 1857.
Il était également ajouté :
... et les vérifier en les appliquant aux beautés les plus certaines de la nature, de la poésie et des arts, ainsi que par un examen critique des plus célèbres systèmes auxquels la science du Beau a donné naissance dans l’antiquité, et surtout chez les modernes.
Une mention honorable ex aequo avait été attribuée à l’avocat belge Paul Eugène Voituron [1824-1891] et à Anthelme Edouard Chaignet [1819-1901], alors professeur de seconde au Prytanée de la Flèche. Le prix est annoncé dans la séance publique annuelle de l’Académie des sciences morales et politiques du 26 mai 1860.
Charles Lévêque publie son travail, en 1861, sous le titre : La Science du Beau, étudiée dans ses applications et son histoire. Paris : A. Durand, 2 volumes in-8, 1861.

Dans la séance du 5 janvier 1861, V. Cousin offre, comme hommage à l’Académie , le troisième volume des Énnéades de Plotin par Nicolas Bouillet, et en fait l’objet d’un rapport verbal.
L’inspecteur général de l’enseignement secondaire Nicolas Bouillet [1798-1864], en 1857-1861, assure la publication d'une traduction des Énnéades de pour la première fois en français, accompagnées de sommaires, de notes et d'éclaircissements et précédées de la vie de Plotin et des principes de la théorie des intelligibles de Porphyre, Paris : L. Hachette, 3 volumes in-8]. Il cherche à justifier la doctrine de Plotin, et à « la laver du reproche de panthéisme » [A. Franck].

Dans la séance du 12 janvier, Adolphe Garnier présente en hommage à l’Académie un ouvrage de Paul Janet, ayant pour titre Études sur la dialectique dans Platon et dans Hegel et fait un rapport sur cet ouvrage.
Le Rapport est publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 56, page 317-330.
En 1862 Paul Janet devient le suppléant d’Adolphe Garnier dans la chaire de Philosophie de la Faculté des lettres de Paris [1862-1864], puis titulaire de la chaire d’histoire de la philosophie [18 juin 1864-11 novembre 1887], puis titulaire de la chaire de Philosophie [11 novembre 1887], où il succèdera à Edme Caro.
Paul Janet [1823-1899] sera élu dans la section de morale en février 1864, puis transféré dans la section de philososphie en mai 1866.

Dans la séance du 23 février l’Académie reçoit Recherches sur la science du beau par l’avocat belge Paul Eugène Voituron [ouvrage qui a été mentionné dans la rapport fait à l’Académie, sur le concours ouvert sur cette question, tome 1er, 1 volume in-8].
Paul Eugène Voituron [1824-1891], sur le rapport de Barthélemy Saint Hilaire, avait reçu la mention honorable [ex aequo avec É. Chaignet], en avril 1859, pour son mémoire sur Des Principes de la science du beau, concourant pour le prix Bordin proposé par l’Académie des sciences morales et politiques. Sur proposition de V. Cousin le prix avait été mis au concours le 7 février 1857.
Le mémoire de Paul Eugène Voituron est édité en 1861, sous le titre Recherches philosophiques sur les principes de la science du beau [Bruxelles : Lacroix, 2 volumes in-8, 1861-1862].

Dans la séance du 20 avril 1861, Charles Giraud, président de l'Académie des sciences morales et politiques pour l’année 1861, offre à l’Académie un livre sur Jean Étienne Portalis, qu’a publié Casimir Frégier, juge au tribunal de première instance d’Alger, en l’intitulant : Portalis, philosophe chrétien, et qui est un commentaire du célèbre ouvrage De l’usage et de l’abus de l’esprit philosophique au XVIIIème siècle. C. Giraud appécie dans un rapport verbal et l’ouvrage de Portalis et le commentaire de Casimir Frégier.
Casimir Frégier vient de publier en 1861 : Portalis philosophe chrétien, ou du Véritable esprit philosophique [Paris : Challamel aîné. In-8? , XVI-462 p., 1861].

Dans la séance du 27 avril 1861, l’Académie reçoit : Doctrine de l’âme humaine étabie sur de nouvelles base, conformément aux méthodes suivies par les naturalistes, par Immanuel Herman Fichte [Leipzig, 1 volume, en allemand, 1860].
Fils du philosophe Johann Gottlieb Fichte [1762-1814], le philosophe allemand Immanuel Hermann Fichte [1796-1879] a été élu, le 6 février 1858, correspondant [Tübingue, Wurtemberg] de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 3],

Dans la séance du 15 juin 1861, Francisque Lélut présente un ouvrage de Joseph Tissot ayant pour titre : La Vie dans l’Homme. Il fait un Rapport sur cet ouvrage.
Le Rapport est publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 57, pages 311-312.
Francisque Lélut fera hommage de cet ouvrage à l’Académie, dans la séance du 7 décembre 1861.
Joseph Tissot [1801-1876] est alors professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Dijon. C’est un familier des concours et notamment de ceux de l’Académie des sciences morales et politiques. Il deviendra, en février 1869, correspondant [Dijon] de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 1], en remplacement de William Whewell [1794-1866], décédé le 6 mars 1866.
Traducteur de beaucoup d’œuvres de Kant, il a publié aussi, à titre personnel, un grand nombre d’ouvrages. Le livre présenté par francisque Lélut a pour titre : La Vie dans l'homme, Première partie : ses manifestations diverses, leurs rapports, leurs conditions organiques. Deuxième et troisième parties : existence, fonctions, nature, condition présente, forme, origine et destinée future du principe de la vie ; esquisse historique de l'animisme. [Paris : V. Masson et fils. 2 volumes in-8, 1861].

Dans la séance du 6 juillet, l’Académie reçoit en hommage un livre d’Ernest Naville, intitulé La Vie éternelle [sept discours] Paris, In-8, 1861.
L’ouvrage est publié en 1861 : La Vie éternelle, sept discours [Genève : G. Cherbuliez. In-8, 252 p., 1861].
Le philosophe et théologien génevois Ernest Naville [1816-1909], s’est fait une spécialité de Maine de Biran, notamment en éditant en 1859, avec la collaboration de Marc Debrit, les Œuvres inédites de Maine de Biran [Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, 3 volumes in-8, 1859]. Sera élu, le 1er avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale, puis en 1886 associé étranger.

Dans la séance du 13 juillet 1861, l’Académie reçoit Traité de l’enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l’histoire, par Antoine Augustin Cournot, ancien inspecteur des études, recteur de l’Académie de Dijon.
Antoine Augustin Cournot [1801-1877] a publié en 1861 : Traité de l'enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire [Paris : L. Hachette et Cie. 2 volumes in-8]. Une nouvelle édition paraîtra en 1911, avec un avertissement par L. Lévy-Bruhl [Paris, Hachette. In-8, XIX-712 p. ].

Dans la séance du 13 juillet 1861, l’Académie reçoit : Notice biographique sur Jouffroy, par Charles Mallet, ancien recteur d’Académie.
Charles Mallet [1807-1876] réédite, de Théodore Jouffroy [1796-1842] en 1858, son Cours de droit naturel, professé à la Faculté des lettres de Paris, dans la chaire de Paul Royer-Collard. C’est la chaire où Jouffroy a été nommé comme professeur-adjoint en 1830 [succédant à V. Cousin]. La première édition est parue du vivant de T. Jouffroy, en 1834 [Paris : Prévost-Crocius, deux volumes in-16]. Une deuxième édition, due à Jean-Phillibert Damiron était parue en 1843.
Il réédite également, chez Hachette, comme troisième édition, Problèmes de la destinée humaine [Paris : Claveau, 1830], cours professé à la Faculté des lettres de Paris.

Dans la séance du 3 août 1861, l’Académie reçoit Turgot, philosophe, économiste et administrateur, par Anselme Batbie, ouvrage couronné par l’Académie, Paris, 1861, in-8.
Le professeur de droit administratif à la Facullté de droit de Paris, Anselme Batbie [1828-1887] a publié en 1861 : Turgot philosophe, économiste et administrateur [Paris : Cotillon. In-8, 440 p., 1861].
Anselme Batbie [1828-1887] sera élu, le 14 février 1885, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, section de législation [fauteuil 4], en remplacement de Faustin Hélie [1799-1884], décédé le 22 octobre 1884.

Dans la séance du 26 octobre 1861, l’Académie reçoit Théorie logique des propositions modales, par Antonin Rondelet, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Clermont-Ferrand. Adolphe Franck en fait l’objet d’un Rapport verbal.
Le Rapport est publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 58, pages 469-472.
Professeur et économiste français, Antonin Rondelet [1823-1893] cherche à croiser morale et économie politique [c'est, pense-t'il, la tâche nouvelle de la philosophie que de lier la réflexion morale aux questions économiques] et traite le sujet mis au concours par l'Académie des sciences morales et politiques : déterminer les rapports de la morale et de l'économie politique. Il obtient la seconde médaille du concours (1857) et publie son texte couronné : Du Spiritualisme en économie politique [1859, Paris : Didier, in-8, 374 p. ; réédité en 1860].
La Théorie logique des propositions modales [Paris : Durand. in-8, VI-276 p., 1861] est exclusivement un ouvrage de logique.

Dans la séance du 7 décembre 1861, l’Académie reçoit Saint-Justin, philosophe et martyr, par B. Aubée, docteur ès-lettres, professeur suppléant à la Faculté des lettres de Douai. Paris, 1861. In-8 ; Adolphe Franck veut bien se charge d’en faire un Rapport verbal.
Il s’agit de l’ouvrage composé à partir de la thèse pour le doctorat ès-lettres [Paris, 1861] de Louis Aubé [1826-1887].

Dans la séance du 7 décembre 1861, Francisque Lélut présente en hommage à l’Académie, au nom de Joseph Tissot, professeur de philosophie et doyen de la Faculté des lettres de Dijon, un volume ayant pour titre : La Vie dans l’homme, ses manifestations directes, leurs rapports, leurs conditions organiques. Il en signale les caractères et les mérites.
Déjà dans la séance du 15 juin 1861, Francisque Lélut avait présenté l’ouvrage et fait un Rapport.

Élections à l’Académie des sciences morales et politiques.
Élection de Drouyn de l’Huys.
Le diplomate et homme politique Drouyn de l’Huys [1805-1881] est élu, le 16 mars 1861, académicien libre [fauteuil 6], en remplacement de l’ancien conseiller d’État Horace Say [1799-1860], décédé le 24 juillet 1860.
La commission présentait en première ligne Drouyn de l’Huys ; en deuxième ligne et ex-aequo l’historien de la philosophie Jacques Matter [1791-1864] et l’historien Aimé Auguste Boullée [1795-1870], en troisième ligne l’économiste Joseph Garnier [1813-1881]. Dès le premier tour de scrutin, sur 34 votants Drouyn de l’Huys obtient 26 suffrages, Matter 7, Joseph Garnier 1.
Après sa mort, le 1er mars 1881, est remplacé par le sénateur inamovible Hippolyte Carnot [1801-1888], élu le 25 juin 1881.

Election d’Augustin Charles Renouard.
Le magistrat [Augustin] Charles Renouard [1794-1878] est élu, le 20 avril 1861, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation, droit public et jurisprudence [fauteuil 2], en remplacement de Julien Laferrière [1798-1861], chargé de l’administration de l’Académie de Toulouse, décédé le 14 février 1861.
La section avait présenté en première ligne Charles Renouard ; en deuxième ligne ex-aequo le jurisconsulte François Julien Oudot [1804-1864], et le jurisconsulte Paul Pont [1808-1888] : en troisième ligne et ex-aequo Berriat Saint-Prix, Hauteville, François Isidore Alauzet [1807-1882], chef de bureau au ministère des Affaires étrangères et le juriste et économiste Émile Worms [1838-1818].
Il y a 36 votants, la majorité absolue est 14. Dès le premier tour Charles Renouard obtient 33 suffrages, 1 à Oudot, 1 à Kerwin de Lettenhoven , qui n’était ni ne pouvait être candidat.
Après sa mort, le 17 août 1878, Charles Renouard est remplacé par Léon Jupile-Larombière [1813-1893], premier Président de la cour d’Appel de Paris, élu le 1er février 1879.

Élection de Lord Mahon Stanhope.
Lord Mahon Stanhope [1805-1875], lord-recteur de l’Université d’Aberdeen, est élu, le 27 avril 1861, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire générale et philosophique [place 5 bis], en remplacement de l’historien allemand Léopold von Ranke [1795-1886], qui de correspondant [janvier 1841], est élu associé étranger le 4 février 1860.
La section présentait au premier rang Lord Mahon Stanhope ; au deuxième rang Kerwin de Lettenhoven ; au troisième rang Romanin. Dès le premier tour de scrutin, Lord Stanhope obtient 22 suffrages, Kerwin de Lettenhoven 4.
Lord Mahon Stanhope libère sa place de correspondant, en étant élu le 11 mai 1872, associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 6], en remplacement du professeur anglais George Grote [1794-1871], décédé le 18 juin 1871. Comme correspondant Lord Mahon Stanhope est remplacé par l’historien et homme politique autrichien, le chevalier Alfred d’Arneth [1819-1897], élu le 30 décembre 1876.
Après sa mort, le 24 décembre 1875, lord Stanhope est remplacé comme associé par le diplomate et homme politique autrichien, le comte Alexandre de Hubner [1811-1892], élu le 29 décembre 1877.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Prosper Mérimée à Jenny Dacquin.
« Je ne sais si vous avez [à Nevers] d'aussi bons catholiques que nous en avons à Paris. Le fait est que les salons ne sont plus tenables. non seulement les anciens dévôts sont devenus aigres comme verjus, mais tous les ex-voltairiens de l'opposition politique se sont faits papistes. Ce qui me console, c'est que quelques uns d'entre eux se croient obligés d'aller à la messe, ce qui doit les ennuyer passablement. Mon ancien professeur, M. Cousin, qui n'appelait jamais autrefois le pape, que l'évêque de Rome, est converti à présent et ne manque pas une messe. On dit que Thiers se fait dévôt, mais j'ai peine à le croire, parce que j'ai toujours eu un faible pour lui. » [Paris. Le 2 avril 1861].

Dans une lettre de Charles Lévêque à Adolphe Mourier, qui vient d’être nommé vice-recteur à Paris :
« […] J’ai dit adieu avant-hier à M. Cousin, qui partait pour Cannes, où sa gorge endolorie le force à partir l’hiver. Il m’a dit qu’il se réjouissait fort de vous avoir pour son retour, et qu’il espérait bien que vous viendriez souvent chez lui pour causer philosophie, littérature et instruction publique. […] » [Bellevue, 21 novembre 1861].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Dans les Lettres d'un bon jeune homme à sa cousine [Paris : M. Lévy, 1861, douzième lettre, pages 197-201] Edmond About écrit : « M. V. Cousin, l'amant de Mme de Longueville et de quelques anciennes jolies femmes, le professeur révolutionnaire de 1828, le philosophe athée, panthéiste, déiste, a passé avec armes et bagages dans la petite armée de Mgr. Dupanloup [...] On affirme que M. Lacordaire entrera de plain pied à l'Académie : ce chevalier errant du catholicisme, cet avocat de toutes les causes, cet enfant terrible de l'Église porte un habit qui ne doit pas entrer à l'Académie ».

L'abbé Eugène Roques [1818-1884] fait paraître : L'École éclectique du XIXème siècle. Leçons professées dans les cours de philosophie éclectique. Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, VIII-536 p., in-12. Il avait déja fait paraître en 1858 : M. V. Cousin et ses adversaires.

Le 22/02/2018