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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1859
  
En 1859 V. Cousin [1792-1867] a soixante six ans [il aura soixante sept ans le 28 novembre 1859]. Pas d’événements saillants dans la vie de V. Cousin qui se ressent de la maladie. V. Cousin n’a guère plus d’influence directe que sur l’Académie des sciences morales et politiques, avec son train-train d’élections et de Mémoires. Jean-Philibert Damiron et Adolphe Franck continuent à publier. La figure de Paul Janet, depuis 1852, prend de l’importance.


Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804, l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Après ses études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] est distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] est chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ce dernier monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des compte-rendus et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, comme professeur adjoint [et non plus comme suppléant] dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, permettent l’écrasement dans le sang de la révolte ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’éxécutif. Enfin le 10 décembre 1848 Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1859.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme.

1859

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1859.
Armingaud, Octave Bellanger [qui sera agrégé des lettres en 1864], L. Collet, Paul Decharme [qui sera agrégé des lettres en 1862], Derély, Ludovic Drapeyron [qui sera agrégé d’histoire et géographie en 1862], P. Dumas, A. Dupré, Louis Édouard Fouyé [qui sera agrégé des lettres en 1862], Paul Henry [qui sera agrégé des lettres en 1862], Désiré Ligneau [qui sera agrégé de grammaire en 1862], D. Mallet, Léon Martel [qui sera agrégé de grammaire en 1862], Maze.
Pas un seul élève de cette promotion ne se dirigera ultérieurement vers l’agrégation de philosophie, rétablie en 1863.

Édition en cours.
Petri Abaelardi Opera hactenus seorsim edita nunc primum in unum collegit textum ad fidem librorum editorum scriptorumque recensuit, notas, argumenta, indices adjecit. [Volume II] Parisiis : Apud Aug. Durand, in-4, 830 p., 1859.
C'est le deuxième volume de cette édition, contenant des références bibliographiques et des index. Victor Cousin co-édite ce livre avec Charles Marie Gabriel [Bréchillet] Jourdain [1817-1886] et Eugène Despois [1818-1876].
Le premier volume était paru en 1849.

Édition de :
Madame de Longueville pendant la Fronde, 1651-1653, Paris : Librairie académique Didier et Cie, in-8, 1859 [portrait en frontispice].
Réédité en 1867 ; 1868 ; 1872 ; 1881 ; 1891.

Article dans le Journal des savants.
[décembre 1859] [recension de] Sur l'Opus majus de Roger Bacon, etc. On the Opus majus of Roger Bacon, by John Kells Ingram, fellow of Trinity College, and professor of english literature in the University of Dublin, Dublin, 1858. Journal des savants, décembre 1859, pages 717-729
Incipit : « Il y a une dizaine d'années, nous avions inséré dans le Journal des savants [année 1848, mars, avril, mai, juin] quelques articles sur un manuscrit de l'Opus tertium de Roger Bacon, que nous venions de découvrir dans la bibliothèque de la ville de Douai. On sait ce qu'il faut entendre par l'Opus tertium. Roger Bacon avait envoyé au pape Clément IV, sur demande même de ce bon et savant pontife, le résumé de toutes ses recherches et la substance de sa philosophie, dans un écrit appelé Opus majus, que Samuel Jebb a publié à Londres, en 1733, en un bel in-folio, d'après le manuscrit du collège de la Trinité de Dublin. Mais, déjà persécuté par les chefs de son ordre, et craignant que cet écrit n'arrivât point à son adresse, ou voulant le présenter au Saint-Père sous une forme meilleure, le philosophe en avait fait une copie, quelquefois développée, le plus souvent abrégée, qu'il avait pris soin de faire parvenir aussi à Clément IV, et c'est là l'Opus minus. ».

Article dans la Revue des Deux Mondes.
Scènes historiques. La Fin de la Fronde à Paris. Revue des Deux Mondes, 1-15 mars 1859, pages 178-210 et 255-291. Fera l'objet d'un tiré à part, gardant la même pagination

Article dans la Revue des Deux Mondes.
La Fronde à Bordeaux, scènes historiques. Revue des Deux Mondes, 15 juin et 1er juillet 1859, tome 29, pages 109-144. C'est la reprise du sixième et dernier chapitre de Madame de Longueville pendant la Fronde.

Réédition de :
La Jeunesse de Madame de Longueville [1859, comme 4ème édition revue et corrigée], Paris : Librairie académique Didier et Cie.
Édité initialement en 1853, puis en 1855. Réédité en 1864 ; 1868 ; 1871.

Réédition de :
Madame de Sablé, Paris, Didier, in-8, XV-512 p., 1859 [1859, comme 2ème édition avec 2 tirages].
Édité initialement en 1854, puis en 1859 (2ème édition, avec 2 tirages). Réédité en 1865 (3ème édition revue et augmentée, avec 2 tirages) ; 1869 (indiquée comme 3ème édition) ; 1882 (5ème édition).

À l'Académie française.
Le poète Victor de Laprade [1812-1883], élu le 11 février 1858 au fauteuil 10, est reçu le 17 mars 1859 par Ludovic Vitet [1802-1873].

Alexis de Tocqueville [1805-1859] meurt le 16 avril 1859. Il sera remplacé, au fauteuil 18, par le père Henri Lacordaire [1802-1861], le 2 février 1860.

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Dans la séance du 22 janvier 1859, V. Cousin rappelle l’hommage fait à l’Académie par Marie Nicolas Bouillet de sa traduction du 2ème volume des Énnéades de Plotin, et fait connaître les mérites de cette traduction.
Marie Nicolas Bouillet [1798-1864] publie en 1857-1861 : Les Ennéades. Traduites pour la première fois en français, accompagnées de sommaires, de notes et d’éclaircissements et précédées de la vie de Plotin et des principes de la théorie des intelligibles de Porphyre, par Marie Nicolas Bouillet. [Paris : L. Hachette. 3 volumes in-8].

Dans la séance du 18 juin 1859, V. Cousin donne lecture d’un morceau d’histoire sur la fin de la Fronde à Bordeaux.

La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques.
Dans la séance du 29 janvier 1859, est offert à l’Académie : Histoire du communisme ou réfutation historique des utopies socialistes par Alfred Sudre, Paris, in-12, 1856. Un rapport sur cet ouvrage est fait par H. Passy. L’ouvrage en est à sa cinquième édition [et a reçu, en 1849, le prix Montyon de l’Académie française, d’un montant de trois mille francs].
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 47, pages 310-311.
Cependant, malgré ses nombreuses communications à l’Académie, Alfred Sudre se présentera vainement à l’Académie des sciences morales et politiques, pour la succession d’Alexis de Tocqueville, face à Adolphe Garnier, le 18 février 1860.

Dans les séances du 12, du 19 mars 1859, Jean Philibert Damiron commence la lecture d’un Mémoire sur Dumarsais. La lecture s’achèvera dans la séance du 30 avril 1859.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 48, pages 91-113 ; tome 49, pages 5-33, et pages 161-183.

Dans la séance du 19 mars 1859, Adolphe Franck offre à l’Académie au nom de Salomon Munk [185-1867], membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, un exemplaire de la deuxième livraison des Mélanges de philosophie juive et arabe. En fait un Rapport verbal.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 48, pages 149-153.

Sur rapport de Barthelémy Saint Hilaire, 16-20 avril 1859, le prix concernant Les Principes et la science du Beau [mis au concours le 7 février 1857, sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix Bordin, terme le 7 janvier 1859] est décerné à Charles Lévêque, chargé de cours de philosophie grecque et latine au Collège de France ; mention honorable ex aequo à Paul Eugène Voituron, avocat à la Cour de Gand, et à [Anthelme] Edouard Chaignet, professeur de seconde au Prytanée de la Flèche.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 48, pages 321-359 ; tome 49, pages 35-63.

Dans la séance du 28 mai 1859, puis du 4 et du 11 juin 1859, puis du 27 juillet 1859, du 8 octobre 1859, le secrétaire perpétuel, François Mignet, donne lecture du Mémoire de Henri Martin, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, intitulé Examen d’une question de théodicée.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 49, pages 245- 293 et tome 50, pages 5-57.

Dans les séances du 4 juin et du 25 juin 1859 ; puis du 2 et du 27 juillet 1859, Alfred Sudre est admis à lire un Mémoire : D’une nouvelle philosophie de l’histoire. La doctrine des races humaines.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 48, pages 321-359 ; tome 49, pages 137-151 et 347-377 ; tome 50, pages 59-85 et pages 199-220.
Alfred Sudre se présentera vainement à l’Académie des sciences morales et politiques, pour la succession d’Alexis de Tocqueville, face à Adolphe Garnier, le 18 février 1860.

Dans la séance du 18 juin 1859, parmi les ouvrages que reçoit l’Académie : Histoire de la morale. 1ère partie La Morale chez les Chinois, par L. A. Martin, in-8.
Il s’agit de l’ouvrage de Louis Auguste Martin. Histoire de la morale. Première partie : La Morale chez les Chinois [Paris : Bestel, in-12, XXIV-299 p., 1859]
Quelques années plus tard, Louis Auguste Martin sera l’auteur d’un Annuaire philosophique, examen critique des travaux de physiologie, de métaphysique et de morale, accomplis dans l’année, par Louis Auguste Martin [Paris : E. Lachaud, 7 volumes in-8, 1864-1870].

Dans la séance du 27 juillet 1859, l’Académie reçoit en hommage Réponse à un article critique de M. Ernest Renan, par Jules Oppert. Paris, brochure in-8, 1859.

Dans la séance du 10 septembre 1859, le secrétaire perpétuel commence la lecture du troisième Mémoire de Françisque Lélut sur la Physiologie de la pensée. V. Cousin présente des observations.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 50, pages 161-197.
Les Recherches sur la Physiologie de la pensée ont été publiées en 1855, dans le tome 33, pages 379 sq. de s Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques. Le deuxième Mémoire sur la Physiologie de la pensée a été publié en 1857, dans le tome 41, pages 403 sq. ; et le tome 42, pages 161 sq.

Dans la séance du 5 novembre 1859, Barthélemy Saint Hilaire fait hommage à l’Académie de son livre intitulé : Le Boudha et sa religion ; Paris, in-8, 1860.

Dans la séance du 19 novembre 1859, il est adressé en hommage à l’Académie, d’André Pezzani, Examen des questions actuellement pendantes en philosophie, pour faire suite aux Principes de morale, ouvrage couronné par l’Académie des sciences morales et politiques. Paris ; Lyon, in-12, 1859.
André Pezzani [1818-1877], avocat à la cour impériale de Lyon, avait obtenu en 1858, sous forme d’une médaille de la valeur de mille francs, une récompense de la section de morale de l’Académie des sciences morales et politiques, pour le sujet mis au concours en 1857 : Rechercher et déterminer les principes de la morale considérée comme science.

Dans la séance du 17 décembre 1859, Adolphe Garnier, professeur à la Faculté des lettres de Paris, et Théodore H. Barrau se présentent comme candidats à la place vacante dans la section de morale, par le décès d’Alexis de Tocqueville.
Adolphe Garnier [1801-1864], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], le 18 février 1860, en remplacement d’Alexis de Tocqueville [1805-1859], décédé le 16 avril 1859. Théodore H. Barrau ne sera jamais élu.

Élections de membres titulaires à l’Académie des sciences morales et politiques.
Pierre Sylvain Dumon [1797-1870], ancien ministre, est élu, le 5 mars 1859, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique [fauteuil 10], en remplacement du baron Jean Pelet, décédé le 20 décembre 1858.
La section présentait au premier rang Sylvain Dumon ; au deuxième rang et ex-aequo Richelot et Faugère ; au troisième rang Joseph Garnier. Il y a 34 votants, la majorité est de 18. Au premier tour de scrutin Sylvain Dumon obtient 28 suffrages, Faugère 2, Richelot I, Joseph Garnier 1, Sébastien Joseph Boulatignier 1. Il y a 1 billet blanc. Pierre Sylvain Dumon ayant réuni la majorité des suffrages est élu.
Ni Faugère, ni Richelot ne seront ultérieurement élus à l’Académie. Joseph Garnier [1813-1881] sera élu le 24 mai 1873, dans la section d’économie politique.
Pierre Sylvain Dumon est passé par décision de l’Académie, en date du 26 mars 1866, dans la section de législation[fauteuil 8], au moment de la création du fauteuil.
Après sa mort, est remplacé dans la section de législation par Paul Pont [1808-1888], conseiller à la cour de Cassation, élu le 7 mai 1870.

Claude Alphonse Delangle [1797-1869], ancien ministre, est élu, le 5 mars 1859, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique [fauteuil 9], en remplacement de Jacques André Mesnard, décédé le 24 décembre 1858.
La section présentait au premier rang Claude Alphonse Delangle ; au deuxième rang le conseiller d’État Sébastien Joseph Boulatignier ; au troisième Armand Husson. Il y a 34 votants. Au premier tour de scrutin Claude Alphonse Delangle obtient 26 suffrages, Armand Husson 4, Sébastien Joseph Boulatignier 1, Joseph Garnier 1. Il y a 2 billets blancs. Claude Alphonse Delangle est élu.
Armand Husson [1809-1874], directeur de l’Assistance publique, sera élu le 7 février 1863, dans la section de politique. Sébastien Joseph Boulatignier ne sera pas élu ultérieurement.
Claude Alphonse Delangle est passé par décision de l’Académie, en date du 20 janvier 1866, dans la section de législation [fauteuil 3], en remplacement de Dupin aîné.
Après sa mort, le 29 décembre 1869, est remplacé dans la section de législation par Odilon Barrot [1791-1873], ancien ministre de la Justice, déjà membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques, depuis 1855.

L’homme politique Jean Jacques Baude [1792-1862] est élu, le 16 avril 1859, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique [fauteuil 7], en remplacement de Julien Laférrière, passé dans la section de législation, par décision de l’Académie en date du 29 janvier 1859.
La section présentait au premier rang l’homme politique Pierre Magne, au deuxième rang et ex-aequo, Jean Jacques Baude, le conseiller d’État Sébastien Joseph Boulatignier, l’économiste François Richelot et Fougère. L’Académie leur avait adjoint Armand Husson et Joseph Garnier. Jean Jacques Baude est élu par 22 voix contre 10 à Magne et 3 à Boulatignier. Il y a 1 billet blanc.
Avait été déjà élu, le 27 décembre 1856, comme membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 4] en remplacement de Louis François Benoiston de Chateauneuf [1776-1856], décédé le 16 mai 1856. En étant élu, en avril 1859, dans la section de politique il libère sa place de membre libre pour le comte Napoléon Daru [1807-1890], homme politique, élu le 18 février 1860.
Après sa mort, est remplacé par Armand Husson [1809-1874] directeur de l’Assistance publique, élu le 7 février 1863.

Élections de correspondants à l’Académie des sciences morales et politiques.
Antoine Cherbuliez [1797-1869], professeur d’économie politique, est élu, le 29 janvier 1859, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [place 2], en remplacement du diplomate Ludwik de Tegoborski [1793-1857], décédé le 11 avril 1857.
La section présentait au premier rang et ex-aequo le jurisconsulte Victor Foucart et Antoine Cherbuliez, au deuxième rang et ex-aequo Henri Doniol et le marquis de Blosseville. Il y a 31 votants. Cherbuliez obtient 18 suffrages ; Foucart 13. Cherbuliez ayant réuni la majorité des votes est élu.
Antoine Cherbuliez sera correspondant de la section d’économie politique, statistique et finances, par décision de l’Académie du 26 mai 1866, au moment de la création de la place 10, après la suppression de la section de politique, par le décret impérial du 9 mai 1866.
Après sa mort, le 9 mars 1869, est remplacé par le professeur d’économie politique belge Émile de Laveleye [1822-1892], élu le 22 mai 1869.

Johann Gaspar Bluntschli [1808-1881], professeur à la Faculté de droit de Zurich, est élu, le 12 février 1859, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation [place 3], en remplacement du Nicolo Nicolini [1772-1857], professeur et homme politique, décédé le 4 mars 1857.
La section présentait au premier rang Johann Gaspar Bluntschli, au deuxième rang Haenel, au troisième rang Philipps. Il y a 29 votants. Johann Gaspar Bluntschli réunit l’unanimité des suffrages.
Ni Haenel, ni Philipps ne seront ultérieurement élus.
Après sa mort, le 21 octobre 1881, est remplacé par le professeur autrichien Josef Unger [1828-1913], élu le 31 décembre 1881.

Francisco Martinez de la Rosa [1789-1862], homme politique espagnol, est élu, le 12 février 1859, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire générale et philosophique [place 4], en remplacement de Francesco Orioli [1783-1856], décédé le 4 novembre 1856.
La section présentait au premier rang Martinez de la Rosa, au deuxième rang Kerwin de Lettenhove, au troisème rang Romanin. Il y a 31 votants. Martinez de la Rosa obtient 25 suffrages, Kervyn de Lettenhove 6. Martinez de la Rosa ayant obtenu la majorité des suffrages est élu.
Après sa mort, le 7 février 1862, est remplacé par le baron Kervyn de Lettenhove [1817-1891], historien belge, élu le 20 février 1864.

Cleophas Dareste de la Chavanne [1820-1882], professeur d’histoire et administrateur, est élu, le 9 avril 1859, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire générale et philosophique [place 5], en remplacement de l’historien Étienne Arbanère [1784-1858], décédé le 8 mars 1858.
La section présentait au premier rang Cleophas Dareste de la Chavanne, au deuxième rang Saint-René Taillandier [1817-1879], professeur à la Faculté des lettres de Montpellier, au troisième rang l’abbé Gorini. Il y a 26 votants. Au premier tour de scrutin, Cleophas Dareste de la Chavanne obtient 20 suffrages, Saint-René Taillandier 6. Cleophas Dareste de la Chavanne est élu.
Saint-René Taillandier sera ultérieurement élu à l’Académie française, le 16 janvier 1873. L’abbé Gorini ne sera pas élu à l’Académie des sciences morales et politiques.
Après sa mort, le 6 août 1882, Dareste de la Chavanne est remplacé par le professeur d’histoire Émile Belot [1829-1886], élu le 26 mai 1883.

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.
Secret history of the French court under Richelieu and Mazarin, or, Life and time of Madame de Chevreuse. By Victor Cousin. Translated by Mary L. Booth, New York : Delissert and Procter, in-8, VIII-172, [portrait en frontispice] 1859. Sera réédité, à New York, chez un autre éditeur, en 1871.

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Alphonse Aulard [1819-1897], publie dans la Revue de Bretagne et de Vendée : Études sur la philosophie contemporaine. M. Victor Cousin.
Publié en tiré à part : Études sur la philosophie contemporaine. M. Victor Cousin. [Nantes : impr. de V. Forest, in-8, pièce, 1859].


Jean [Gustave] Wallon [1821-1882].
Fait paraître en 1859 : V. Cousin [Essai sur V. Cousin comme philosophe et écrivain]. Paris C. Douniol, in-16, XL-138 p., 1859. Sans nom d’auteur ; la préface est signée J. W.
Il avait déjà publié en 1854, une brochure : Du Livre de M. Cousin ayant pour titre Du Vrai, du beau et du bien [Paris : Ladrange, in-8, 32 p., 1854].

Entre 1849 et 1880, Jean Wallon publie une dizaine d’ouvrages, contre le socialisme [1849], le fouriérisme [1859], sur les questions religieuses et les Jésuites [1879]. Écrit égtalement dans le journal L’Ami de la religion.
Jean Wallon est, en 1854, le traducteur de La Logique subjective de Hegel : La Logique subjective de Hegel, traduite par H. Sloman et J. Wallon, suivie de quelques remarques. [Paris : Ladrange. In-8, VIII-139 p., 1854]. La préface est signée H. Sloman.

Le 19/08/2018