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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1858
  

En 1858 V. Cousin [1792-1867] a soixante cinq ans [il aura soixante six ans le 28 novembre 1858]. Pas d’événements saillants dans la vie de V. Cousin qui se ressent de la maladie. V. Cousin n’a guère plus d’influence directe que sur l’Académie des sciences morales et politiques, avec son train-train d’élections et de Mémoires. Jean-Philibert Damiron et Adolphe Franck continuent à publier. La figure de Paul Janet, depuis 1852, prend de l’importance.


Résumé des années précédentes.


1820-1828.

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].


1826-1828. Fragments philosophiques.

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840.

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.


Le feu croisé des critiques.

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].

D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.


Perte d’influence.

La Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période ouverte en 1830. V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.


L’année 1858


Éléments biographiques.
Sur conseil de son médecin, V. Cousin se rend aux eaux d'Évian.


Publie :

La Société française au XVIIe siècle d’après le Grand Cyrus de Mlle de Scudéry. Paris : Didier, 2 volumes in-8, XXIII-443+480, 1858.

Connaît cinq tirages la même année.

Sera réédité en 1866 [comme 2ème édition], 1870 [comme 3ème édition], 1873 ; 1886.


Article dans la Revue des Deux Mondes.

De l'Importance historique du Grand Cyrus, roman de Mlle de Scudéry. Revue des Deux Mondes, 1858, tome 119, page 920. Fait l'objet d'un tiré à part.


Article dans le Journal des savants.

Clef inédite du Grand Cyrus, roman de Mademoiselle de Scudéry. Journal des savants, cinquième et dernier article, janvier 1858, pages 41-64 [les premiers articles sont parus en 1857].


Article dans le Journal des savants.

Mademoiselle de Scudéry et sa société, d'après le Grand Cyrus. Journal des savants, premier article, avril 1858, pages 238-259 ; deuxième article, mai 1858, pages 304-325 ; troisième et dernier article, juin 1858, pages 345-364.

Incipit : « Le tableau de la société française que nous trouvons dans le Grand Cyrus serait trop imparfait, s'il présentait seulement les plus hautes parties de cette société, un prince et une princesse de sang royal, de glorieux capitaines, de grands seigneurs et de grandes dames, l'aristocratie avec ses moeurs militaires et galantes, et, dans un hôtel à jamais célèbre, parmi les privilégiés de la naissance et de la fortune, quelques représentants de la bourgeoisie, élevés au dessus de leur condition par le mérite et la renommée : il faut aussi que ce tableau nous montre la bourgeoisie elle-même, et qu'il nous la montre chez elle, avec les moeurs qui lui sont propres, et même dans ses différents degrés ; ici une bourgeoisie riche, voisine de la noblesse, la fréquentant et l'imitant le plus possible ; là sur les confins de la bourgeoisie et du peuple, une classe particulière, sortie à peu près de tous les rangs, pauvre mais distinguée, déjà nombreuse et comptée dans l'État, tirant ordinairement ses ressources, non de ses mains mais de son esprit, et de cette industrie nouvelle qu'on appelle la littérature. ».


À l'Académie française.

V. Cousin soutient la candidature du poète Victor de Laprade [1812-1883], élu à l'Académie française le 11 février 1858, au fauteuil 10, en remplacement d'A. de Musset [1810-1857], décédé le 2 mai 1857. Il est élu, au quatrième tour de scrutin, par 17 voix contre 15 à Jules Sandeau [1811-1883]. Il sera reçu le 17 mars 1859 par Ludovic Vitet [1802-1873].


Jules Sandeau [1811-1883] est élu, au fauteui 11, le 11 février 1858, en remplacement de Charles Brifaut [1781-1857], décédé le 5 juin 1857. Il sera reçu, le 26 mai 1859, par Ludovic Vitet [1802-1873].


À l'Académie des sciences morales et politiques.

Présentation d’ouvrage.

Dans la séance du 30 janvier 1858, V. Cousin présente les Essais de logique de Charles Waddington, agrégé à la Faculté des lettres de Paris, et fait un rapport sur cet ouvrage.

Charles Waddington fait paraître en 1857 : Essais de logique, leçons faites à la Sorbonne de 1848 à 1856 [Paris : A. Durand, in-8, II-482 p., 1857].


Charles Waddington.

Charles Waddington [1819-1914]. Né le 19 juin 1819, à Milan [Italie] ; mort le 18 mars 1914, à Fontaine-Daniel [Mayenne].

Ancien élève de l’École normale [1838]. Agrégation de philosophie [1843].

Professeur au collège de Moulins [1841-1843] ; professeur au collège de Bourges [1844]. Après l’agrégation de philosophie [1848], passe le doctorat ès-lettres avec une thèse de la Psychologie d’Aristote [Paris, 1848], la thèse latine porte sur la Vie, les écrits, la philosophie de Ramus. Professeur suppléant à l’École normale [1848]. Professeur au lycée Napoléon [1849]. Chargé d’un cours complémentaire à la Faculté des lettres de Paris [1850-1856], à partir duquel il publie des Essais de logique [leçons faites à la Sorbonne de 1848 à 1856]. Professeur de philosophie au Lycée Louis le Grand [1852-1856].

Professeur de philosophie au séminaire protestant [confession d’Augsbourg] de Strasbourg [1857-1864], puis à nouveau professeur au Lycée Saint-Louis [1864-1871].

Chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris [1871-1879], puis Professeur d’histoire de la philosophie ancienne à la Faculté des lettres de Paris [1879].

Sera élu membre correspondant de la section de philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques le 20 juin 1863, où il succède à C. Bartholmèss [1815-1856], décédé le 1er septembre 1856. Sera élu membre titulaire, section de morale [fauteuil 6] le 11 février 1888, en remplacement d’Elme Caro [1826-1887], décédé le 13 juillet 1887.


Élection.

Johann Gottlieb Fichte [1762-1814], le 6 février 1858, est élu correspondant [Tübingue, Wurtemberg] de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, en remplacement de Charles Auguste Brandis [1790-1867] qui quitte sa position de correspondant pour devenir membre associé étranger en 1855 [en remplacement de Shelling, décédé en 1854].

La section de philosophie présentait au premier rang Johann Gottlieb Fichte, professeur de philosophie à Tübingue [Wurtemberg] ; au deuxième rang M. Erdmann, professeur de philosophie à Hall [Prusse] ; au troisième M. Chaliboeus, professeur de philosophie à l’École militaire de Dresde [Saxe].

Sur vingt votants, Johann Gottlieb Fichte obtient dix-neuf suffrages, Erdmann un.


La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques.

Dans la séance du 9 janvier 1858, Francisque Lélut fait hommage à l’Académie de son Traité de égalité [2ème édition] Paris, 1858, in-12.

En 1848, Louis Francisque Lélut, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, depuis 1844, avait participé à l’opération des Petits traités. C’est dans cette série qu’il fait paraître, après septembre 1848 : De la Santé du peuple [Paris : Pagnerre, in-18, 72 p.].

À la suite de la collection des petits traités (la série proprement dite s'étant arrêtée), Louis Francisque Lélut avait publié : Égalité [Paris : Pagnerre, in-18, 57 p.]. C’est cet ouvrage qui est réédité en 1858, sous le titre Petit traité de l'égalité [Paris : A. Durand, in-18, 151 p. ].


Dans les séances du 16 janvier et 20 février 1858, Jean Philibert Damiron poursuit la lecture de son Mémoire sur Maupertuis [lecture commencée les 1é et 26 décembre 1857].

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 45, pages 5-38 et pages 321-351.

Publié également dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut impérial de France, 1860, tome 10, Paris : Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie, pages 277-420.


Dans la séance du 27 février 1858, Jules Barthélemy Saint Hilaire fait hommage d’un exemplaire de sa traduction en français de la Poétique d’Aristote, Paris, 1858, in-8.

L’ouvrage vient de paraître en 1858 : Poétique d’Aristote, traduite en français et accompagnée de notes perpétuelles par J. Barthélemy Saint Hilaire [Paris : Ladrange, in-8, 1858].


Dans la séance du 13 mars 1858, l’Académie d’Aix adresse en hommage à l’Académie un exemplaire d’une brochure ayant pour titre Rapport sur le travail intitulé : l’Institut et les Académies de province de F. Bouillier, correspondant de l’institut, président de l’Académie et doyen de la Faculté des lettres de Lyon, par M. le conseiller Féraud-Giraud, membre de l’Académie d’Aix.


Dans la séance du 20 mars 1858, Charles de Rémusat fait hommage à l’Académie, au nom de l’auteur, Charles Jourdain, agrégé de la Faculté des lettres, chef de division au ministère de l’instruction publique, de l’ouvrage sur la Philosophie de saint Thomas d’Aquin, que l’Académie a couronné et que l’auteur a publié en deux volumes, en tenant compte, sur plusieurs points, des observations que la section lui avait adressé, par l’organe « de son savant rapporteur ».

Charles Jourdain vient de faire paraître : La Philosophie de saint Thomas d’Aquin. Paris : L. Hachette et Cie, 2 volumes in-8. Son Mémoire : Examen critique de la philosophie de saint Thomas d'Aquin, venait d’obtenir le prix du buget en janvier 1857. Le sujet avait été mis au concours, sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, le 21 mai 1853.


Charles Jourdain.

Charles [Marie Gabriel] [Bréchillet] Jourdain [1817-1886]. Né le 24 août 1817, à Paris ; mort le 20 juillet 1886, à Saint-Leu la Forêt [Seine et Oise, aujourd’hui Yvelines].

Doctorat ès-lettres avec une thèse : Dissertation sur l'état de la philosophie naturelle en Occident et principalement en France pendant la première moitié du XIIème siècle [Paris, 17 juillet 1838]. Sa thèse latine : Doctrina Johannis Gersonii de Theologia mystica. Agrégation de philosophie en 1840.

Professeur de philosophie à Reims, puis à Paris, au collège Stanislas [1842], au collège Bourbon [1847], l’actuel lycée Condorcet.

Chef du cabinet du Ministre de l’instruction publique [1849]. Chef de division au Ministère de l’instruction publique [1851]. Inspecteur général de l’instruction publique , pour l’enseignement supérieur [1869]. secrétaire général du ministère de l’instruction publique [1875-1876].

C’est avec lui, et avec Eugène Despois, que V. Cousin édite [de 1849 à 1859] en latin les oeuvres de Pierre Abélard : Petri Abaelardi Opera hactenus seorsim edita ... : recensuit, notas, argumenta. [Volume I] Parisiis : A. Durand, in-4, 746 p.

Élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 11 décembre 1863.


Dans la séance du 10 avril 1858, Immanuel Fichte, correspondant pour la section de philosophie, adresse comme hommage à l’Académie, deux ouvrages écrits en allemand : De la différence entre le théisme éthique et le théisme naturaliste, Hall, 1857, broché, in-8 ; Anthropologie, traité de l’âme humaine, Leipsig, 1856, in-8.

L’ouvrage d’Immanuel Hermann von Fichte [1797-1879] était paru en 1856 : Anthropologie : die Lehre von der menschlichen Seele. Neu begründet auf naturwissenschftlichem Wege […] von Immanuel Hermann Fichte. Leipzig : F. A. Brockhaus, in-8, XXVIII-609 p., 1856.


Dans la séance du 17 avril 1858, Francisque Bouillier, correspondant de l’Académie, lit un Mémoire sur l’Unité de l’âme pensante ou du principe vital.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 45, pages 283-302 ; au titre des articles des savants étrangers ; et 1858, tome 46, pages 5-31.

Francisque Bouillier fera paraître ce travail comme brochure : De l’Unité de l’âme pensante et du principe vital. [Paris : A. Durand, in-8, 59 p., 1858].


Francisque Bouillier 

Francisque [Cyrille] Bouillier [1813-1899]. Né le 13 juillet 1813, à Lyon ; mort le 25 septembre 1899, à Lyon.

Ancien élève de l'École normale [1834] où il est élève jusqu'en 1837. Agrégation de philosophie en1837. Doctorat ès-lettres avec une thèse sur La Légitimité de la faculté de connaître [Paris, 29 août 1839]. La thèse latine porte sur la comparaison des Dialogues de Platon et des Provinciales de Pascal.

Professeur de philosophie au collège d’Orléans [1837-1839].Professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Lyon. Membre du jury d’agrégation. Doyen de la Faculté des lettres de Lyon [jusqu’en 1864]. Recteur de l’Académie de Clermont [1864] ; Inspecteur général de l’Instruction publique [1864-1867]. Directeur de l’École normale supérieure [1867-1871] ; puis à nouveau Inspecteur général de l’Instruction publique [1871-1876].

Participe au concours de l'Académie des sciences morales et politiques, en juillet 1838, proposé par V. Cousin : Examen critique du cartésianisme. Sur le rapport de Jean Philibert Damiron, les 3-10 avril 1841, le prix est décerné à part égale entre Jean Bordas-Demoulin, et Francisque Bouillier. Une mention honorable est attribuée à Charles Renouvier.

Francisque Bouillier publie son travail, en 1844, sous le titre : Histoire et critique de la révolution cartésienne, Paris : Durand, in-8, 1ère édition 1844 ; une seconde édition paraîtra en 1854 sous le titre : Histoire de la philosophie cartésienne, Paris : 2 volumes, in-8, 600+620 pages ; une troisième édition paraîtra en 1868, Paris, 2 volumes, 620+660 pages

Élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 23 avril 1842, a été choisi de préférence à Hervé Bouchitté et à Antoine Blanc Saint-Bonnet. Il sera élu membre titulaire, dans la section de philosophie [fauteuil 4], le 11 décembre 1875, en remplacement de Charles de Rémusat [1797-1875], décédé le 9 juin 1875.

En 1842, publie : Théorie de Kant sur la religion dans les limites de la raison [Paris : Imbert]

Rédige de nombreuses notices pour le Dictionnaire des sciences philosophiques de A. Franck.

Il fait paraître des Souvenirs d'un vieil universitaire, dans lequel plusieurs pages sont consacrées à V. Cousin.

Dans la séance publique annuelle, de l’Académie des sciences morales et politiques, du 7 août 1858, François Mignet, secrétaire perpétuel, lit une Notice historique sur la vie et les travaux de M. Schelling.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 45, pages 441-478.

Friedrich [Wilhelm Joseph] von Schelling [1775-1854] est mort en août 1854. Il avait été élu correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 3], le 4 janvier 1834, au moment de la création des places de correspondant, puis élu associé étranger [fauteuil 5] le 21 mars 1835, [en remplacement de Thomas Malthus].

Immanuel Hermann Fichte [1797-1879] vient d’être élu membre correspondant de la section philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques le 6 février 1858, en remplacement de Charles Auguste Brandis [1790-1867] qui quitte sa position de membre correspondant pour devenir membre associé étranger en 1855 [en remplacement de Shelling].


Dans la séance du 21 août 1858, l’Académie reçoit en hommage, deux ouvrages :

D’une part, Histoire des idées scientifiques, par William Whewell, correspondant de l’Académie, section de philosophie. Londres, 1858, 2 volumes in-8.


D’autre part, Traité de la politique d’Aristote, traduite du grec, par Matteo Ricci, avec notes et discours préliminaire. Florence, 1853, 1 volume in-12 [en italien].


Dans la séance du 18 septembre 1858, Adolphe Franck lit un Mémoire sur un ouvrage de Thomas Henri Martin intitulé : La Vie future selon la raison et selon la foi. À la suite de cette lecture V. Cousin présente quelques observations, auxquelles A. Franck ajoute les siennes.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 46, pages 295-308 et 423-437.


Dans la séance du 25 septembre 1858, l’Académie reçoit en hommage l’ouvrage de Thomas Henri Martin sur La Vie future selon la raison et selon la foi.

Thomas Henri Martin [1813-1883] a fait paraître en 1855 : La Vie future, histoire et apologie de la doctrine chrétienne sur l’autre vie, par Th.-Henri Martin. [Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, in-12, IV-336 p., 1855]. En 1858 paraît sous un titre légèrement différent une deuxième édition : La Vie future suivant la foi et suivant la raison, par Th.-Henri Martin, [Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, in-12, 2e édition, IV-336 p., 1858]. Une troisième édition paraît en 1870 [Paris : C. Delagrave, in-16, 3e édition, XVI-692 p., 1870].

Entre temps, une édition abrégée paraît en 1864 : Abrégé de la 2e édition, fait avec le concours de l’auteur, par M. Clément Gourju [Paris : Tandou, in-18, XXIV-244 p., 1864].


Dans la séance du 9 octobre 1858, l’Académie reçoit en hommage : De l’âme au triple point de vue physiologique, philosophique et religieux, ou réponse au mémoire de Bouillier, doyen de la Faculté des lettres de Lyon, sur l’unité de l’âme pensante et du principe vital, par M. le docteur Chardon ; Paris. 1858, broché in-8.


Dans la séance du 16 octobre 1858, Barthélemy Saint Hilaire communique à l’Académie un Mémoire sur le Vaiçéshika [ou système de la différence et de la particularité des Êtres] de Kanâda [du philosophe indien Kanâda].

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 46, pages 321-342.


Dans la séance du 30 octobre 1858, l’Académie reçoit en hommage : Le Cours de philosophie sur les principes de l’intelligence ou sur les causes et sur l’origine des idées, par feu M. P. Laromiguière, membre de l’Institut […], 7ème édition. Paris, 1858, 2 volumes in-8.

Le tome I de Les Leçons de philosophie, ou Essai sur les facultés de l’âme, par M. Laromiguière [Paris : Brunot-Labbé, in-8, 1815], paraît en 1815. Le second volume paraît en 1820 [comme 2ème édition]. Une troisième édition paraît en 1823. À partir de la quatrième édition, en 1826, le titre de l’ouvrage, toujours en deux volumes devient : Leçons de philosophie sur les principes de l’intelligence, ou sur les causes et sur l’origine des idées.

Une sixième édition paraît en 1844 : c’est la première édition posthume publiée par A. Bessières [Paris : H. Fournier, 2 volumes in-16], Pierre Laromiguière étant décédé le 12 août 1837 . Enfin une sixième édition paraît en 1858 [Paris : L. Hachette, in-8, avec portrait de Laromiguière, et fac-simile].


Dans la séance du 30 novembre 1858, l’Académie reçoit en hommage : Histoire de la philosophie morale et politique dans l’antiquité et les temps modernes, par Paul Janet, professeur de logique au lycée Louis le Grand [ouvrage couronné par l’Académie des sciences morales et politiques], 2 volumes in-8.

Les 2 avril-4 mai 1853, Paul Janet avait reçu le prix décerné par l’Académie des sciences morales et politiques sur La Philosophie morale et politique de Platon : Comparer la philosophie morale et politique de Platon et d’Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières [sujet proposé initialement dès le 3 juin 1848, mais prorogé au 31 décembre 1852].


Dans la séance du 4 décembre 1858, William Whewell, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, adresse en hommage à l’Académie, un livre intitulé : Novum organum renovatum. Londres, 1858, 1 volume in-8, [en anglais].


William Whewell

William Whewell [1794-1866] est professeur de minéralogie, puis de philosophie morale à l’Université de Cambridge. Puis maître à Trinity Collège de Cambridge.

Il a été élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 14 février 1857 [place 1], en remplacement de William Hamilton [1788-1856],

L’édition de 1858 du Novum organum renovatum correspond à une troisième édition [London : J. W. Parker and son. In-16, XXIV-370 p.] L’ouvrage peut être considéré comme la deuxième partie de Philosophy of the inductive sciences, publiée en 1840 [et réédité en 1847].


Dans la séance du 11 décembre 1858, [Claude] Joseph Tissot, professeur à la Faculté des lettres de Dijon, fait connaître sa candidature à une des places de correspondant vacante dans la section de philosophie.

La place vacante est celle de Chrétien Auguste Brandis [place 3] qui a été élu associé étranger le 10 février 1855, et qui libère ainsi sa place de correspondant. Ce n’est pas J. Tissot qui obtiendra cette place, mais Immanuel Fichte, qui sera élu en 1858.

Quant à Joseph Tissot [1801-1876] il sera élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 1], seulement en février 1869, en remplacement de William Whewell [1794-1866], décédé le 6 mars 1866.


Dans la séance du 18 décembre 1858, l’Académie reçoit en hommage le livre : Faits de l’esprit humain. Philosophie de Domingos José Gonzalves de Magalhaens, traduit du portugais par N. P. Chanselle [Paris : 2 volumes in-8, 1859-1860]


Dans la séance du 29 décembre 1858, l’Académie reçoit un exemplaire des Œuvres inédites de Maine de Biran, publiées par Ernest Naville, avec la collaboration de M. Marc Debrit. Biran [Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, 3 volumes in-8, 1859].

Sept ans avant, en 1851 [dans la séance du 26 avril], Adolphe Franck avait lu un Rapport verbal sur une brochure d’Ernest Naville, intitulée : Notice historique et bibliographique sur les travaux de Maine de Biran, offert en hommage à l’Académie par Adolphe Franck. Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 490-493.

Et dans la séance du 3 mai 1851, Ernest Naville avait lu lui-même :Notice sur un manuscrit inédit de Maine de Biran.


Dans la séance du 29 décembre 1858, le secrétaire perpétuel continue la lecture du Mémoire du baron de Guimps sur la philosophie de l’éducation.

Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1859, tome 47, pages 161 sq. et 369 sq.

Fera l’objet d’un tiré à part : Paris : A. Durand, in-8, 72 p., 1859.

Paraîtra en 1860 La Philosophie et la pratique de l'éducation, par le baron [Charles-Frédéric-Louis] Roger de Guimps, Paris : A. Durand, in-8˚ , XVIII-484 p., 1860, et en 1864 Histoire de Pestalozzi, de sa pensée et de son oeuvre, par Roger de Guimps. Lausanne : G. Bridel, Bibliothèque suisse, in-16, XII-552 p. [ouvrage qui sera traduit en américain en 1891]


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.

V. Cousin à F. Bouillier.

« [...] J’approuve infiniment un ouvrage sur les rapports de la psychologie et de l’ontologie. Il y a là de grandes leçons à donner à l’Allemagne et aussi à l’Italie qui, depuis MM. Gioberti et Rosmini, se faisant Allemande, tout en criant contre l’Autriche, veut débuter par l’ontologie et roule de paralogismes en paralogismes.

Mais je vous avoue que je désire bien causer avec vous de ce grand sujet avant que votre travail soit achevé et voye le jour. [...] » [14 février 1858].


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.

L'abbé Eugène Roques* [1818-1884] fait paraître : M. V. Cousin et ses adversaires, ou Examen des documents philosophiques en conflit au XIXème siècle [Paris : Gaume frères, in-8, 424 p., 1858]. Il fera paraître un autre ouvrage critique contre V. Cousin en 1861 : L'École éclectique du XIXème siècle, leçons professées dans les cours de philosophie éclectique. Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, VIII-536 p., in-12. 1861


Études de philosophie morale et d'économie politique par M. H. Baudrillart, professeur suppléant au Collège de France, rédacteur en chef du Journal des économistes. Paris : Guillaumin et Cie, 2 volumes in-12, 1858.

Ces études rassemblent des articles de M. H. Baudrillart principalement parus dans la Revue des Deux Mondes, le Journal des économistes, le Journal des Débats. Le texte concernant V. Cousin, et qui lui est extrêmement favorable, est dans le tome 1, pages 416-466, sous le titre : Philosophie morale de M. Victor Cousin, et fait partie d'un regroupement de trois articles rassemblés sous le titre général Du Rôle de la philosophie à l'époque présente. C'est la reprise d'une étude parue initialement dans la Revue des Deux Mondes, en 1850.

Henri Baudrillart [1821-1892], sera élu le 2 mai 1863, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [fauteuil 2], section nouvellement créée [décret impérial du 14 avril 1855], en remplacement de Félix Barthe [1795-1863], décédé le 27 décembre 1863. Après la suppression de cette section [9 mai 1866] passera dans la section de morale, le 26 mai 1866 [fauteuil 8], à l’occasion de la création de ce fauteuil .


Ernest Renan fait paraître dans la Revue des Deux-Mondes [tome 120, page 497 sq.] "De l'Influence spiritualiste de M. Cousin " L'article est repris dans un tiré à part.



Le 18/12/2018