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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1857
  
En 1857 V. Cousin [1792-1867] a soixante quatre ans [il aura soixante cinq ans le 28 novembre 1857]. Pas d’événements saillants dans la vie de V. Cousin qui se ressent de la maladie. V. Cousin n’a guère plus d’influence directe que sur l’Académie des sciences morales et politiques, avec son train-train d’élections et de Mémoires. Jean-Philibert Damiron et Adolphe Franck continuent à publier. La figure de Paul Janet, depuis 1852, prend de l’importance.


Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804, l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Après ses études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] est distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; puis en 1813 est chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1818. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin est, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, marquent l’écrasement dans le sang de la révolte ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’exécutif. Enfin le 10 décembre 1848 Louis-Napoléon est élu Président de la République.

Après 1848. Perte d’influence.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Ainsi la Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période heureuse ouverte en 1830. Désormais, V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

1850-1857.
Le Coup d’État de décembre 1851, accélère la perte d’influence de V. Cousin. D’autant que la philosophie, en tant que telle, est marginalisée : l’agrégation de philosophie est supprimée sur plus de dix années ; de nombreux professeurs d’idéologie libérale, refusant de prêter serment, sont révoqués, et beaucoup s’exilent.
Quant à V. Cousin, il consacre une grande partie de son temps à rééditer les textes anciens en éliminant, éditions après éditions, tout ce qui pourrait choquer. L’édition de 1853 du livre intitulé Du Vrai, du beau et du bien, ne cesse d’être reprise et aménagée, pour devenir la bible irréprochable et tardive du cousinisme.



1857

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1857.
Bernage, Jean Castets [reçu à l’agrégation de grammaire en 1863], Chauvot, Gaudier, H. Guerrier, Guibal [reçu à l’agrégation d’histoire géographie en 1860], G. Lefebvre, E. Leroux, Jacques Maillet [reçu à l’agrégation de lettres en 1860], Léon Moy [reçu à l’agrégation de lettres en 1863], P. Perrot, Claude Perroud [reçu à l’agrégation d’histoire géographie en 1864], Eugène Rittier [reçu à l’agrégation de grammaire en 1861], Léon Terrier [reçu à l’agrégation de lettres en 1860], Van den Haute.
Compte-tenu de la suppression de l’agrégation de philosophie depuis 1852 [et qui ne reprendra qu’en 1863], aucun des élèves de la promotion 1857 de l’École ne passera ultérieurement l’agrégation de philosophie.

Publie :
Fragments et souvenirs par M. Victor Cousin, troisième édition considérablement augmentée [en encadré : Souvenirs d’Allemagne, Kant, Santa-Rosa, Fourier, Essai de philosophie populaire, Étude sur le style de J. J. Rousseau, etc, etc .] Paris : Didier et Cie, in-8, XII-535 p. [Table des matières, page 535], 1857 [collationné 01].
Rentre dans la série des ouvrages de V. Cousin regroupés sous le titre Études littéraires.
Connaît la même année plusieurs tirages, dont un porte la mention troisième édition, considérablement augmentée.
Avec un Avant-propos, I-XII [signé le 15 novembre 1857].
« Ce nouveau volume est une simple collection de morceaux écrits à des époques différentes, les uns plus particulièrement marqués d'un caractère littéraire, les autres qui retracent des souvenirs personnels.
N’est-ce pas, en effet, un chapitre des Mémoires de notre jeunesse, que le récit de notre liaison si courte et si tendre avec M. de Santa Rosa, le célèbre chef de la révolution piémontaise de 1821, alors proscrit et caché en France sous un nom étranger , Nous-même, après tant d’années, nous n’avons pu nous défendre d’une émotion inexprimable, en revoyant les pages douloureuses consacrées à la peinture de cette âme héroïque, qui pours’être trompé sur le jour et sur l’heure du plus légitime dessein, aujourd’hui accompli, s’est vue condamnée à des agitations stériles, et a été les finir en combattant et en mourant pour la Grèce ».
Contient :
Kant dans les dernières années de sa vie, pages 1-54 ; Souvenirs d’Allemagne, Notes d'un journal de voyage, pages 55-188 ; Santa-Rosa. Lettre à M. le prince de la Cisterna, pages 189-282 ; Discours de réception à l’Académie française. Éloge de M. Fourier, pages 283-300 ; Notes additionnelles à l'Éloge de M. Fourier, pages 283-300 ; Discours prononcé aux funérailles de M. Charles Loyson, maître de conférences à l’Ecole normale le 29 juin 1819, pages 393-394 ; Discours prononcé aux funérailles de M. Larauza, ancien maître de conférences à l’École normale, le 30 septembre 1825, pages 394-399 ; Discours prononcé aux funérailles de J. G. Farcy, élève de l’École normale, le 29 juillet 1831, jour anniversaire de sa mort, pages 399-401 ; Discours prononcé par M. le ministre de l'Instruction publique, au nom du conseil royal, aux funérailles de M. Poisson, le 30 avril 1840, pages 401-405 ; Discours prononcé par le Président de l’Académie des sciences morales et politiques, aux funérailles de M. le comte de Cessac, le 18 juin 1841, pages 405-409 ; Discours adressé au Roi, le 1er mai 1841, au nom de l’Institut, pages 409-410 ; Séance publique annuelle des cinq académies du lundi 3 mai 1841, Discours d’ouverture du Président, pages 411-413 ; Séance publique annuelle de l'Académie des sciences morales et politiques, 15 mai 1841, discours du Président, pages 414-426 ; Essai de philosophie populaire, pages 426-444 ; Profession de foi du vicaire savoyard, pages 445-488 ; Du style de Rousseau, particulièrement dans la Profession de foi du Vicaire savoyard, d’aprèsle manuscrit de l’Émile, conservé à la bibliothèque de la Chambre des représentants, pages 488-534.

Article dans le Journal des savants.
[avril-décembre 1857] Clef inédite du Grand Cyrus, roman de Mademoiselle de Scudéry. Journal des savants, premier article, avril 1857, pages 209-221 ; deuxième article, octobre 1857, pages 633-655 ; troisième article, novembre 1857, pages 689-708 ; quatrième article, décembre 1857, pages 763-782 [un cinquième et dernier article paraîtra en janvier 1858].
Incipit : « C'était la coutume du XVIIème siècle de mettre en roman les grandes aventures contemporaines et les personnages célèbres qu'on eût pas pu exposer à découvert sous leurs véritables noms. Au début du siècle, d'Urfé a raconté dans l'Astrée, ses propres amours avec la belle Diane de Châteaumorand ; car nous ne voyons aucune bonne raison de révoquer en doute le récit du véridique Patru. Un peu plus tard, les Amours du grand Alcandre, par mademoiselle de Guise, depuis la princesse de Conti, sont les amours même d'Henri IV. En 1624, Le Romant satirique, ou, si l'on veut, le Romant des Indes, retrace des événements et des personnages français ; l'auteur, Jean de Lannel, ne le dissimule guère.» .

Réédition de :
Philosophie écossaise, par M. Victor Cousin, 3ème édition, revue et augmentée. [Paris : Librairie nouvelle, in-8, XII-527 p., 1857].
Réédité en 1864 . Correspond à la 2ème partie du cours de 1819-1820, publié en 1840 sous le titre : Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle. École écossaise.

Réédition de :
* Philosophie de Kant par M. Victor Cousin, troisième édition revue et augmentée. Paris : Librairie nouvelle, in-8, XII [Avant-Propos] -412 p., 1857] Connaît plusieurs tirages (sans doute deux) en 1857 (dont l’un est intitulé 3ème édition).
Est la réédition, revue et augmentée, de la première édition des Leçons sur la philosophie de Kant (Paris : Ladrange, in-8, VIII-487, 1844).
Cette réédition de la Philosophie de Kant est associée à la Philosophie écossaise [les deux volumes renvoyant au Cours de philosophie morale du XVIIIème siècle de 1819-1820].

La troisième édition comprend :
1. Avant-Propos de la troisième édition [signée par V. Cousin le 1er août 1857] I-XII.
2. le texte des huit leçons, pages 1-320.
3. le Discours prononcé à l'ouverture du second semestre de l'année 1820 intitulé Esquisse d'un système de philosophie morale et politique, pages 321-383.
4. en Appendice I le texte des deux articles de M. Augustin Thierry, dans le Courrier français, années 1819 et 1820, page 384 sq.
5. en Appendice II Note extraite d'un livre de M. Keratry, intitulé la France telle qu'on l'a faite, 1820, pages 404-408 ; 6. table, pages 409-412.
Dans l'Avant-Propos de la troisième édition, V. Cousin rappelle que le sujet de son enseignement dans les années 1819 et 1820 était l'histoire de la philosophie morale en Europe au XVIIIème siècle. L'année 1819 est consacrée à l'école sensualiste et à l'école écossaise. L'année 1820 est consacrée à la philosophie de Kant [« le volume qu'aujourd'hui nous offrons de nouveau au public, contient les leçons du premier semestre sur le système métaphysique sans lequel la morale, destinée à achever ou réparer ce système, serait absolument inintelligible. » .
Réédité en 1864 (toujours comme 3ème édition, Paris : Michel Lévy frères).
A été traduit en anglais en 1854 , The Philosophy of Kant : lectures by Victor Cousin. Translate from the French. With a sketch of Kant’s life and writtings. By A. G. Henderson. London, J. Chapman, V-XCIV-194 p.
Sera réédité en 1864.

Réédition de :
Études sur Pascal. Paris : Didier, in-8, XIII-566 p., 1857 [1857, comme cinquième édition, revue et augmentée].
Sera republié, avec la même mention en 1876.

Article dans la Revue des Deux Mondes.
Une Promenade philosophique en Allemagne. Fragments d'un journal de voyage. Le début et l'épilogue. Revue des Deux Mondes, 1er octobre 1857, tome 117, p. 534.
L'article rend compte du voyage de 1817. repris la même année [1857] dans le recueil Fragments et souvenirs par M. Victor Cousin, Paris : Didier, in-8, XII-535 p.
Un autre article paraîtra en 1866 [1-16 août 1866] sous le titre Souvenirs d'un Voyage en Allemagne.

À l'Académie française.
Le poète et auteur dramatique Émile Augier [1820-1889] est élu, au fauteuil 1, le mercredi 31 mars 1857, en remplacement de Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856], décédé le 15 décembre 1856. Il sera reçu, le 28 janvier 1858, par P. A. Lebrun [1785-1873].
Il est élu par dix-neuf voix, contre dix-huit données à Victor de Laprade [1812-1883] soutenu par la coalition de Victor Cousin, François Guizot, et Paul duc de Noailles. Thiers et Rémusat ont voté contre V. de Laprade, de même Saint Marc Girardin et Sacy.
L’élection de Émile Augier, familier des Tuileries depuis 1852, satisfait Napoléon III.

Le physicien et astronome Jean-Baptiste Biot [1774-1862] élu le 10 avril 1856, au fauteuil 12, en remplacement de Charles Lacretelle jeune [1766-1855] décédé le 26 mars 1855, est reçu le 5 février 1857, par François Guizot [1787-1874].

Frédéric Alfred de Falloux [1811-1886] élu au fauteuil du comte Mathieu Molé, le 10 avril 1856, est reçu par Charles Brifaut [1781-1857], le 26 mars 1857.

Le poète et auteur dramatique Charles Brifaut [1781-1857] meurt le 5 juin 1857. Il sera remplacé, au fauteuil 11, par Jules Sandeau [1811-1883], bibliothécaire à la Bibliothèque Mazarine, élu le 11 février 1858.

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Sujet mis au concours ; Des Principes de la science du Beau.
[7 février 1857] Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix Bordin, est mis au concours, le 7 février 1857 : Des Principes de la science du Beau (terme le 7 janvier 1859).
Il est également indiqué :
... et les vérifier en les appliquant aux beautés les plus certaines de la nature, de la poésie et des arts, ainsi que par un examen critique des plus célèbres systèmes auxquels la science du Beau a donné naissance dans l’antiquité, et surtout chez les modernes.

Le prix sera décerné, le 16-20 avril 1859, sur rapport de Barthelémy Saint Hilaire, à Charles Lévêque, chargé de cours de philosophie grecque et latine au Collège de France ; mention honorable ex aequo à Paul Eugène Voituron, avocat à la Cour de Gand, et à Anthelme Edouard Chaignet [1819-1901], alors professeur de seconde au Prytanée de la Flèche.

Sujet mis au concours.
[7 février 1857] Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du Budget, est mis au concours, le 7 février 1857 : De la Philosophie de Leibniz [terme le 1er avril 1859].

Le programme est défini de la manière suivante :
1. Rechercher, en s’appuyant sur des faits certains, et non sur des assertions postérieures, équivoques ou intéressées, quels progrès et quels changements s’étaient accomplis dans l’esprit de Leibnitz depuis sa thèse de Principio individui, soutenue à l’Université de Leipzig en 1663, jusqu’à son voyage en France ; déterminer avec précision où Leibnitz en était parvenu en philosophie et dans les diverses parties des connaissances humaines avant son séjour à Paris dès l’année 1672, et avant le commerce intime qu’il y forma avec les hommes les plus illustres qui y florissaient alors, Huygens, Arnauld, Malebranche, pour établir équitablement la part plus ou moins considérable que le cartésianisme et la France peuvent réclamer dans le développement du génie de Leibnitz.
2. À quelle époque paraît véritablement le principe propre à Leibnitz que la force est l’essence de toute substance ?
3. Du caractère nouveau introduit dans les discussions philosophiques par l’intervention de l’érudition et de la critique, c’est à dire par l’histoire même de la philosophie, jusqu’alors entièrement négligée et ignorée.
4. Établir en quoi consiste ce qu’on a appelé l’éclectisme de Leibnitz.
5. Apprécier la polémique instituée par Leibnitz conrtre sese trois contemporains Descartes, Spinoza et Locke. Insister particulièrement sur la critique des diverses théories de Descartes ; exposer et juger le rôle de Leibn,itz à l’époque de la persécdution du cartésianisme.
6. Des théories les plus célèbres auxquelles demeure attaché le nom de Leibnitz, par exemple, la loi de continuité, l’harmonie préétablie, la monadologie.
7. Terminer par un examen approfondi de l’ouvrage par lequel Leibnitz a couronné ses travaux, la Théodicée ; la comparer à celle de Platon, d’Aristote et des Alexandrins dans l’antiquité, de saint Anselme et de saint Thomas au moyen-âge, de Descartes, de Malebranche et de Clarke chez les modernes.
8. Enfin l’Académie demande aux concurrents, comme une sorte de conclusion pratique à leur mémoire, d’assigner la part du bien et celle du mal dans l’ensemble de la philosophie de Leibnitz, de faire voir ce qui en a péri et ce qui en subsiste et peut encore être mis à profit par la philosophie au XIXème siècle.

Sur rapport de Jean Philibert Damiron, le 14-21 janvier 1860, le prix d'une valeur de 1500 francs, est décerné à Félix Nourrisson, professeur de logique au lycée Napoléon, et à Foucher de Careil.

Dans la séance du 5 septembre 1857, V. Cousin fait quelques observations à la suite de la lecture par Moret d’un Mémoire sur la bulle Unigenitus.

Francisque Bouillier, correspondant de l’Académie des sciences morales et philosophiques, section de philosophie, adresse en hommage sa brochure : L’Institut et les Académies de province, travail déjà lu à l’Académie impériale des sciences, arts et lettres de Lyon, dans la séance publique du 29 juin 1857, à Lyon.

Dans la séance du 21 novembre 1857, V. Cousin présente en hommage à l’Académie deux ouvrages de Francisque Bouillier, correspondant de l’Académie des sciences morales et philosophiques, section de philosophie :
Les Énnéades de Plotin, chef de l’école néoplatonicienne, traduites pour la première fois en français par M. Bouillier, Paris, 1857, in-8.
Œuvres philosophiques de Bacon, par le même, 3 volumes in-8, Paris, 1834-1835.
M. Cousin en présentant ces deux ouvrages, en expose les mérites.

La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques
Prix.
Sur rapport de M. de Rémusat, le 24-31 janvier 1857, le prix [de la somme de quinze cents francs] concernant l'examen critique de la philosophie de saint Thomas d'Aquin est décerné, à Charles Jourdain, agrégé des Facultés des lettres, chef de division au Ministère de l'instruction publique et des cultes ; une mention honorable est accordée à Domet de Vorges, attaché au Ministère des affaires étrangères.
Publié dans : Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut impérial de France, tome 10, Paris : Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860, pages 177-233.
Élection.
Le révérend William Whewell [1794-1866] est élu correspondant [Cambrige, Angleterre] de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 1], le 14 février 1857. Il succède à William Hamilton [1788-1856], décédé le 6 mai 1856.
La section présentait au premier rang, le docteur Whewel, professeur de philosophie à l’Université de Cambridge ; au 2ème rang et ex-aequo le docteur Mancel, professeur de philosophie à l’Université d’Oxford et Morell, inspecteur des manufactures en Angleterre. Il y a 24 votants, William Whewell obtient l’unanimité des suffrages.
Ni Mancel, ni Morell ne seront ultérieurement élus à l’Académie des sciences morales et politiques.
Àprès sa mort, le 6 mars 1866, le révérend William Whewell est remplacé par le philosophe [Claude] Joseph Tissot [1801-1876], élu le 27 février 1869.

Dans les séances du 23 mai, du 30 mai 1857, Adolphe Garnier est admis à lire un Mémoire sur l’histoire de la morale [troisième mémoire : Xénophon].
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 42, pages 59-93 et 231-256.

Dans la séance du 23 mai 1857, le docteur Pierre Foissac continue et achève la lecture du Mémoire qu’il a été admis à lire sur les Rapports du physique et du moral.
À la suite de cette lecture Jean Philibert Damiron présente des observations.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 41, pages 247-271 ; au titre des articles des savants étrangers. Une première partie était déjà parue tome 39, pages 413 sq.

Dans la séance du 30 mai, du 20 juin 1857, Charles Mallet communique un Mémoire qu’il a été admis à lire sur La Vie et les écrits philosophiques de s’Gravesande.
Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 43, pages 35-66 et pages 415-448.

Dans la séance du 6 juin 1857, Charles de Rémusat adresse en hommage à l’Académie un exemplaire du livre qu’il vient de publier sous le titre de : Bacon, sa vie, son temps, sa philosophie et son influence jusqu’à nos jours.
En 1857, vient de paraître : Bacon, sa vie, son temps, sa philosophie et son influence jusqu’à nos jours [Paris :Didier et Cie, in-12, XV-461 p., 1857]. Sera réédité en 1858 [2ème édition] ; en 1877 [3ème édition].

Dans les séances du 11 juillet, du 25 juillet 1857, du 1er août 1857, Francisque Lélut lit un deuxième Mémoire sur La Physiologie de la pensée.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 41, pages 403-426 ; 1857, tome 42, pages 161-201.

Dans la séance du 1er août 1857, Jules Barthélemy Saint Hilaire continue sa communication sur un Mémoire sur la poétique d’Aristote [ce mémoire est la Préface à la traduction de la Poétique que Barthélemy Saint Hilaire vient de mettre sous presse] ; la communication avait commencé dans la séance du 1er mars 1856.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 41, pages 427-468 ; 1857, tome 42, pages 31-44.

Dans les séances du 22 et du 29 août, puis du 26 septembre, du 10 et 17 octobre 1857, du 7 novembre 1857 le secrétaire perpétuel, François Mignet, fait la lecture d’un mémoire de Albert Lemoine sur Stahl et l’animisme.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 42, pages 461-480 ; et 1858, tome 43, pages119-148 et 269-299 ; tome 44, pages 433 sq. ; tome 45, pages 197 sq..

Dans les séances du 12 et 26 décembre 1857 [puis du 16 et 20 février 1858] Jean Philibert Damiron lit un Mémoire sur Maupertuis.
Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1858, tome 43, pages 161-197 ; et 1858, tome 44, pages 5-52.
Publié, également, dans : Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut impérial de France, tome 10, Paris : Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860, pages 277-420.
Rapport [écrit] sur un ouvrage de Salomon Munk intitulé : Mélanges de philosophie juive et arabe, par Adolphe Franck.
Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 42, pages 45-48
En 1857, paraît de Salomon Munk le premier tome de : Mélanges de philosophie juive et arabe, renfermant : des extraits méthodiques de la Source de vie de Salomon Ibn-Gebriol (dit Avicebron), traduits en français sur la version hébraïque de Schem-Tob Ibn-Falaquéra et accompagnés de notes critiques, un mémoire sur la vie, les écrits et la philosophie d’Ibn-Gebirol, des notices sur les principaux philosophes arabes et leurs doctrines, et une esquisse historique de la philosophie chez les juifs. Un second volume paraît en 1859.

Élection d’un membre libre à l’Académie des sciences morales et politiques.
Horace Say [1799-1860], ancien conseiller d’État, est élu le 7 février 1857, membre libre de l'Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 6], au moment de la création de ce sixième fauteuil.
Il y a trente quatre votants, la majorité est de dix-huit. Dès le premier tour de scrutin, Horace Say obtient 28 suffrages, le docteur Pierre Foissac 1, Théodore H. Barrau 1. Il y a un billet blanc. Horace Say, ayant obtenu la majorité est élu.
Ni le docteur Pierre Foissac , ni Théodore H. Barrau ne seront ultérieurement élus.
Après sa mort, le 24 juillet 1860, il est remplacé par Édouard Drouin de Lhuys [1805-1881], ministre des Affaires étrangères, élu le 1er mars 1861.

Élections de correspondants à l'Académie des sciences morales et politiques.
Robert de Mohl [1799-1875], ancien professeur d’économie politique, professeur de droit public à l’Université de Heidelberg, ministre de la Justice, est élu, le 21 février 1857, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [place 1], au moment de la création de la section politique, par décret impérial du 14 avril 1855.
La section présentait au premier rang Robert de Mohl ; au second rang Ludwick Tégoborski, conseiller d’État et membre du conseil privé en Russie ; au troisième rang don Colmeiro, professeur de droit public et administratif à l’Université de Madrid. Robert de Mohl obtient 24 suffrages, il y a trois billets blancs, et un billet sur lequel est écrit le nom de Cobden.
La section est supprimée par décret impérial le 9 mai 1866. Robert de Mohl est alors transféré dans la section de législation, droit public et jurisprudence [place 7], par décision de l’Académie du 26 mai 1866.
Après sa mort, le 5 novembre 1875, est remplacé dans la section de législation, par Nicolas Saripolos [1817-1887], professeur de droit à l’Université d’Athènes, élu le 23 décembre 1876.

Le diplomate Ludwik de Tegoborski [1793-1857] est élu, le 4 avril 1857, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de politique [place 2], au moment de la création des places de correspondants dans la section de politique, administration et finances [décret impérial du 14 avril 1855].
La section présentait au premier rang Ludwik de Tegoborski, au deuxième rang don Colmeiro, au troisième rang et ex æquo Edward Everett, et Karl Heinrich Rau. Ludwik de Tegoborski obtient 25 suffrages, Karl Heinrich Rau 1.
Edward Everett sera élu le 23 janvier 1858, dans la section de politique. Karl Heinrich Rau sera élu le 26 juin 1858, dans la section d’économie politique.
Après sa mort, le 11 avril 1857, Ludwik de Tegoborski est remplacé par le Suisse Antoine Cherbuliez [1797-1869], professeur d’économie politique, élu le 29 janvier 1859].

Don Manuel Colmeiro [1818-1894], professeur d’économie politique espagnol, est élu, le 9 mai 1857, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section politique, administration et finaces [place 3], au moment de la création de la section politique, par décret impérial du 14 avril 1855,
La section présentait au premier rang don Manuel Colmeiro, au second rang Edward Everett, au troisième rang, Karl Heinrich Rau. Don Manuel Colmeiro obtient 18 suffrages, sur 22 votants ; Everett 2, il y a deux billets blancs.
Karl Heinrich Rau [1792-1870] sera élu le 26 juin 1858, dans la section d’économie politique.
La section est supprimée par décret impérial le 9 mai 1866. Manuel Colmeiro est alors transféré dans la section d’histoire générale et philosophique [place 7], au moment de la création de la place.
Après sa mort, le 11 août 1894, est remplacé par Léon Duchesne de La Sicotière [1812-1895], sénateur, élu le 22 décembre 1894.

Mention, recension, fragments et compte-rendu d'ouvrages de V. Cousin
En novembre 1857, dans le Journal des savants, pages 724-725, compte-rendu de la Philosophie écossaise, et de la Philosophie de Kant.

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin
Course of the History of Modern Philosophy, [de Victor Cousin], translated by O. W. Wight, New York : D. Appleton & C°, 2 volumes in-8, 1857. Reprise de l'édition d'Edinburgh : T&T. Clark, 2 volumes,1852.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Henri Lacordaire à V. Cousin.
« […] Nous avions commencé à parler des tristes préjugés du temps présent. Je crois bien que l’Église est appelée à de grandes épreuves ; mais les coups qui la frapperont sont utiles à sa solidité dans le monde. C’est bien plus la société civile que l’Église pour laquelle je suis alarmé. La foi soutient l’Eglise, au milieu des tempêtes ; mais aujourd’hui où est la foi civique ? qu ‘en reste-t-il ? Et ceux-là qui en ont une encore, où est leur unité, leur point de ralliement ?
J’espère, monsieur, que votre affaire de Rome se terminera comme vous le souhaitez, grâce au cœur du Saint-Père, et à l’intérêt que vous portent bien des catholiques, qui apprécient vos intentions et les services que vous avez rendus, en ce siècle, à la philosophie spiritualiste. Si vous succobiez, ce que je ne crois pas, j’oserais vous conseiller de faire tout ce que vous auriez fait sans cela. L’Index a frappé Galilée, Descartes, Malebranche ; et jamais l’Église n’a méconnu leurs mérites, ni leur gloire, pas plus que le monde. Ils sont demeurés illustres et respectés, dans les deux sphères de l’esprit. […] » [Sorrèze, 12 septembre 1857].
Henri Lacordaire [1802-1861], depuis plusieurs années, est déjà en correspondance avec V. Cousin. Depuis 1854, il est le directeur de l’école de Sorrèze. En 1860, il sera élu à l’Académie française, avec le soutien de V. Cousin et d’Adolphe Thiers.

V. Cousin à F. Bouillier.
« [...] J’ai parlé à M. Mignet de votre discours [L’Institut et les Académies de province] ; mais je l’ai trouvé froid à cause des éloges que vous donnez à M. Fortoul et à M. Rouland, les deux ennemis déclarés de l’Institut. La guerre recommence avec la violence la plus grossière. M. Rouland est parvenu à faire regretter M. Fortoul, qui était au moins aimable. Celui-ci porte la brutalité d’un juge d’instruction dans les sciences et la littérature, il tient aux jeunes professeurs un langage honteux, il intimide les uns, corrompt les autres ; et avec le temps il finira par faire détester le gouvernement qu’il devrait faire aimer. Rien n’est moins dans le goût et les maximes de l’Empereur qui est bien le moins tracassier des hommes ; mais l’Empereur ne sait rien, et qui peut l’avertir, dans l’absolue oppression de la presse ? Enfin mon cher les mauvais jours commencent, et je vous engage à bien mesurer vos éloges, si vous êtes condamnés à en faire, car vous ne trouverez pas d’écho dans vos meilleurs amis.[...] » [22 novembre 1857].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Francisque Bouillier fait paraître dans le Salut public [journal de Lyon] un article [17 novembre 1857] dans lequel il écrit : « Souvent il arrive de mal juger les hommes illustres qu'on voit de trop près ; c'est ainsi, sans doute, que quelques uns ont reproché à M. Cousin de prétendues variations dans sa philosophie et dans sa conduite. Quant à moi, j'imagine au contraire que la postérité lui rendra cette justice, que peu d'hommes de notre temps, à travers toutes les révolutions, ont conservé avec autant de fidélité les mêmes principes en philosophie et en politique. ».

Les Philosophes français du XIXème siècle , de H. Taine.
Hippolyte Taine [1828-1893] fait paraître en 1857 son ouvrage Les Philosophes français du XIXème siècle [Paris : Hachette, in-18, 367 p.] Plusieurs chapitres sont consacrés à V. Cousin : chapitre 4. M. Cousin écrivain ; chapitre 5. M. Cousin historien et biographe ; chapitre 6. M. Cousin philosophe ; chapitre 7. Théorie de la raison par M. Cousin ; chapitre 8. M. Cousin érudit et philologue.
L'ouvrage connaîtra de nombreuses rééditions. En 1860, 2ème édition. En 1868, 3ème édition, le titre devient : Les Philosophes classiques du XIXème siècle en France.
« Il y a deux philosophes dans M. Cousin : celui d’autrefois, et celui d’aujourd’hui.
D’où vient ce changement ? Quelle force l’a poussé dans la première voie ? Quelle force supérieure l’en a détourné, et l’a engagé dans la seconde ? On va voir jouer le mécanisme intérieur que nous avons décrit. Ses deux philosophies sont l’effet de deux facultés diverses : l’une, qui est l’imagination poétique, aidée par la jeunesse, l’emporte vers la philosophie pure et vers les idées allemandes ; l’autre, qui est l’éloquence, chaque jour plus puissante, soutenue par l’âge, finit par devenir maîtresse, et l’entraîne vers le spiritualisme oratoire, dans lequel il s’est assis et endormi. » [Hippolyte Taine. Les philosophes classiques du XIX ème siècle Chapitre VI : M. Cousin philosophe].

Le 19/08/2018