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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1856
  
En 1856 V. Cousin [1792-1867] a soixante trois ans [il aura soixante quatre ans le 28 novembre 1856]. Pas d’événements saillants dans la vie de V. Cousin , dont la santé est particulièrement chancelante. V. Cousin n’a guère plus d’influence directe que sur la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques, avec son train-train de séances hebdomadaires du samedi, ses élections et ses Mémoires. Les amis de toujours, Jean-Philibert Damiron et Adolphe Franck, continuent à publier. La figure de Paul Janet, depuis 1852, prend de l’importance.

Résumé des années précédentes.

1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

Perte d’influence.
La Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période ouverte en 1830. V. Cousin est devenu un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

Éléments biographiques pour 1856.
Entre 1856 et 1859 , V. Cousin se fait photographier par Gustave Le Gray. [Musée J. Paul Getty, Los Angeles]. Cette photographie est copiée à l'identique par Henri Lehmann pour un portrait peint du philosophe, commandé par la Sorbonne, au lendemain de sa mort [1868].

V. Cousin a le projet de rendre visite à Alexis de Tocqueville, son collègue de l’Académie française, dans son château de Tocqueville, dans la Manche près de Barfleur, durant l’été 1856. Gustave de Beaumont en témoigne, dans une lettre à son ami Alexis de Tocqueville. Cousin est désigné, comme le font beaucoup de ses relations, par le nom de Platon :
« À propos de Platon, il faut que je vous rende compte d’un mot qu’il m’a dit et de ce que je lui ai répondu. Tout en me parlant de vous à propos de votre livre [L’Ancien Régime et la Révolution], il m’a raconté comme quoi devant aller cet été chez le duc de Broglie à la campagne, il tâcherait de vous faire une petite visite ; je lui ai répondu que j’étais convaincu qu’en agissant ainsi, il vous ferait ainsi qu’à votre femme, le plus grand plaisir. Si celà est, je crois que vous ferez bien de lui en écrire un mot, à l’occasion. En somme il est tout cœur pour vous ». [Correspondance d’Alexis de Tocqueville et de Gustave de Beaumont. Paris : Gallimard 1967, Tome VIII. 3, page 423].
Alexis de Tocqueville [1805-1859] est membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale, depuis janvier 1838, et de l’Académie française depuis décembre 1841. Son ouvrage sur l’Ancien Régime et la Révolution vient de paraître et a connu d’emblée un grand succès.

La santé de V. Cousin est chancelante. Après une fluxion de poitrine en été, il se rend aux Eaux-Bonnes, station thermale dans les Pyrénées, en août 1856.
En octobre, colique néphrétique, gravelle, phlébite, rhumatisme articulaire, fluxion de poitrine à nouveau se succèdent sur une période de six mois. Tel est le tableau que dresse V. Cousin dans une nouvelle lettre adressée au Pape, en février 1857.

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1856.
Ch. Blondel, Boissière, Boulanger, Edon, Espitallier, Landrin, Mabille, Marchal, Mellier, Monginot, Morgan, Mossot, Pinard, Émile Segond, Subé, Tessier, H. Wolf.

Publie.
Madame de Chevreuse et Mme de Hautefort, Paris, Didier, in-16, 544 p. [1856].
Fait partie de la série : Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du XVIIe siècle.
Réédité en 1862, en 1868 (2ème édition revue et augmentée. Cette 2e édition connaît 4 tirages. Elle est publiée par M. Barthélemy Saint Hilaire). Réédité à nouveau en 1869 (5ème édition), puis en 1874 (deux tirages), en 1876.

Article dans le Journal des savants.
Des carnets autographes de Mazarin conservés à la Bibliothèque impériale. Journal des savants, quinzième article, janvier 1856, pages 48-60 ; seizième et dernier article, février 1856, pages 105-119 [les précédents articles sont parus en janvier-novembre 1855].

Article dans la Revue des Deux Mondes.
Madame de Hautefort. Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1856.

Réédition de.
Fragments de philosophie ancienne, [Paris : Didier, in-8, 463 p., 1856].

Réédition de.
Philosophie sensualiste au dix-huitième siècle, par M. Victor Cousin, troisième édition revue et corrigée. Paris : Librairie nouvelle, collection Bibliothèque nouvelle, in-8, VII-360 p., 1856.
Deux tirages dont l'un in-12.
Le texte est précédé d'un Avertissement de cette troisième édition [pages I-VII], signée par V. Cousin le 1er décembre 1855.
Incipit de l'Avertissement de la troisième édition : « En 1816 et 1817, nous étions bien plus occupé de l'étude des problèmes philosophiques que de l'histoire même des systèmes. En 1818, notre effort avait été de recueillir et de coordonner les résultats de nos précédents travaux, et de constituer dans toutes ses parties la doctrine qui nous paraissait digne d'être offerte à la jeunesse du dix-neuvième siècle. Une fois en possession de cette doctrine, il nous restait à l'éprouver, à la développer et à l'affermir par l'histoire entière de la philosophie, surtout par l'histoire de la philosophie moderne, selon le titre et l'objet de la chaire qui nous était confiée. ».
Réédité en 1864, 1865, 1866 [Paris : Librairie académique Didier et Cie, 2 tirages, dont l’un comme cinquième édition, collationné 01].

Table des matières, contenues dans ce volume.
I-VII. Avertissement de la troisième édition [1er décembre 1855].
Année 1819.
Première leçon. Locke, pages 1-38.
Deuxième leçon. Condillac, première époque, pages 39-67.
Troisième leçon. Condillac, seconde époque, pages 68-129.
Quatrième leçon. Helvétius, pages 130-181.
Cinquième leçon. Saint-Lambert, pages 182-211.
Sixième leçon. Hobbes. Droit naturel, pages 212-254.
Septième leçon. Hobbes, Droit civil, pages 255-282.
Huitième leçon. Hobbes. Droit politique, pages 283-310.
Premier appendice. Justice et charité, pages 311-341.
Deuxième appendice. De la monarchie constitutionnelle, page 342-356.

Réédition de.
Fragments de philosophie contemporaine [1856, comme nouvelle édition] .
Édité initialement en 1826, sous le titre de Fragmens philosophiques. Réédité en 1833 (comme 2ème édition, en un volume), puis en 1838 (comme 3ème édition, en deux volumes), puis en 1838-1840 (comme 4ème édition).
L'édition de 1856 des Fragments de philosophie paraît en 5 volumes, Paris : Didier, in-12 : 1. Fragments de philosophie ancienne ; 2. Fragments de philosophie du moyen-âge ; 3. Fragments de philosophie cartésienne ; 4. Fragments de philosophie moderne ; 5. Fragments de philosophie contemporaine.
Les Fragments de philosophie contemporaine [édition de 1856] comprennent : la Préface de la 1ère édition [1er avril 1826] ; la Préface de la deuxième édition [30 juin 1833] ; l'Avertissement de la 3ème édition [20 juillet 1838] ; Esquisses de philosophie morale par Dugald Stewart (pages 115-163) ; Essai de philosophie fondamentale par M. Got. Wilh. Gerlach (pages 164-179) ; Histoire de la philosophie moderne précédée d'un abrégé de la philosophie ancienne par J. G. Buhle (pages 180-188) ; Préface de la traduction du manuel de l'histoire de la philosophie de Tennemann (pages 189-204) ; De la philosophie en Belgique (pages 205-230) ; Nouvelle réfutation du livre de l'Esprit (pages 231-237) ; Leçons de philosophie ou essai sur les facultés de l'âme par M. Laromiguière (pages 238-279) ; Histoire comparée des systèmes de philosophie par M. De Gérando (pages 280-287) ; Introduction aux oeuvres de M. Maine de Biran (pages 288-326) ; Avant-propos des trois nouveaux volumes des oeuvres de M. Maine de Biran (pages 327-332).

Réédition de.
Jacqueline Pascal, par V. Cousin. Paris : Didier, in-8, 1856. En plus de l'Introduction cette édition comporte un Avant-Propos, qui sera repris dans les éditions ultérieures.
Incipit de l'Avant-propos : « Nous présentons de nouveau à l'indulgent public qui veut bien suivre nos humbles travaux, telles à peu près qu'elles ont paru il y a une douzaine d'années, ces premières études sur les moeurs et la société du XVIIe siècle. C'est là que, pour la première fois, laissant enfin paraître des goûts cultivés dans l'ombre et longtemps contenus par d'impérieux devoirs, nous avons osé mettre le lecteur dans la confidence de nos prédilections littéraires, et tracé le plan d'une galerie des femmmes du XVIIe siècle, à l'imitation de celle que Perrault a consacrée aux grands hommes du même temps [...] ».
Édité initialement en 1844. L'édition de 1856, selon les tirages, porte la mention 2ème ou 3ème édition. Sera réédité en 1861, 1862, 1869, 1877, 1878, 1894.

À l'Académie française.
Élection et réception.
Narcisse Achille de Savandy [1795-1856] meurt le 15 décembre 1856. Il sera remplacé, au fauteuil 1, par l’auteur dramatique Émile Augier [1820-1889], élu le 31 mars 1857.

[Frédéric] Alfred de Falloux [1811-1886].
Est élu, le 10 avril 1856, au troisième tour de scrutin par 19 voix, contre 15 données à Émile Augier, au fauteuil 34, en remplacement du comte Mathieu Molé [1781-1855], décédé le 23 novembre 1855.
Il est reçu par Charles Brifaut [1781-1857], le 26 mars 1857. Son élection était soutenue par François Guizot, V. Cousin, François Mignet. V. Cousin votera pour lui.
V. Cousin avait personnellement encouragé de Falloux à se présenter à l‘Académie française. En témoigne une lettre écrite par Falloux à V. Cousin, le 12 décembre 1855. [cf. Paul Bonnefon. Deux élections académiques sous le second Empire ; le comte de Falloux et le poète Joseph Autran. L’Amateur d’autographes, n° 1, janvier 1911.]
Avant l’élection, une lettre d’Auguste Cochin à Alfred de Falloux rapporte cette anecdote : « Le vieux général de Ségur […] m’assure que M. Cousin a écrit au P. Lacordaire, dans l’enthousiasme de sa notice pour qu’il se mette sur les rangs à l’une des futures élections. Mais M. Cousin est si capable de promettre au bon Dieu la voix du diable que je me défie un peu de cette anecdote comme de cette autre qui circule ; nous aurions offert au même Cousin la direction du Correspondant et il aurait été assez sage pour vous en faire apercevoir les inconvénients. » [Correspondance d’Alfred Falloux avec Augustin Cochin, p. 24]

Jean Baptiste Biot [1774-1862].
Est élu, au fauteuil 12, le 10 avril 1856, membre de l’Académie française, en remplacement de Charles Lacretelle jeune [1766-1855] décédé le 26 mars 1858.
Déjà membre de l'Académie des sciences [1816], membre libre de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres [1841], doyen de l'Institut.
Il est reçu le 5 février 1857 par François Guizot [1787-1874].

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Dans la séance du samedi 7 juin 1856, sur proposition de V. Cousin, une souscription est ouverte dans le sein de l’Académie pour les victimes des inondations.

La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques.
Décès et place à pourvoir.
Christian Bartholmèss [1815-1856], correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 4 bis], depuis le 11 février 1854, meurt le 26 août 1856. Il sera remplacé, comme correspondant, presque sept ans plus tard, par Charles Waddington [1819-1914], professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg, Le 20 juin 1863. Charles Waddington deviendra membre titulaire, section de morale [fauteuil 6], le 11 février 1888.
Pour cette succession de C. Bartholmèss, Alexis de Tocqueville imagine un moment que la place pourrait revenir enfin à Hervé Bouchitté [1795-1861], qui s’est présenté plusieurs fois sans succès. Il s’en ouvre à son ami J. J. Ampère :
« Quand vous verrez Cousin, après lui avoir fait mes mamours, tâchez adroitement de savoir de lui ce qu’il veut faire pour la place de correspondant de l’Académie des sciences morales (section de philosophie) que laisse vacante la mort regrettable de Bartholmess. Je désirerais vivement qu’elle arrivât à Bouchitté que ses travaux, son caractère, ses opinions, le rang qu’il a occupé dans l’enseignement me semblent y destiner tout naturellement. Bouchitté a déjà été plusieurs fois, il y a longtemps pour la première fois, présenté en très bon rang par la section de philosophie. Et il me semble qu’il est homme trop honorable et trop sérieux pour être mis de nouveau sur les rangs sans être nommé. Je crains qu’il ne rencontre sans cesse, cependant, dans l’esprit vindicatif et partial de Cousin, un obstacle invincible. Celui-ci me dit toujours du bien de Bouchitté, mais ses louanges sont mêlées de ces restrictions qui, connaissant l’homme, me prouvent que, sous cette bienveillance apparente, se cache une malveillance très réelle et très persistante, car elle remonte à des causes éloignées, des querelles d’école, je crois. Voyez s’il n’y a rien à attendre de ce dictateur de la section de philosophie ». [Lettre de Alexis de Tocqueville à Jean-Jacques Ampère [septembre 1856] (Correspondance d’Alexis de Tocqueville avec Royer-Collard et J.J. Ampère. Oeuvres complètes d’Alexis de Tocqueville - Tome 11, page 346].

Élection d’Esquirou de Parieu, comme membre titulaire.
Félix Esquirou de Parieu [1815-1893], vice-Président du conseil d’État, est élu, le 1er mars 1856, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique [fauteuil 3], en remplacement de Jean Martial Bineau [1805-1855], ancien ministre des Travaux publics, démissionnaire le 9 juillet 1855, après avoir été nommé par décret impérial du 14 avril 1855.
Passé, par décision de l’Académie du 26 mai 1866, dans la section de législation [fauteuil 7], au moment de la création de ce fauteuil.
Après sa mort, le 8 avril 1893, est remplacé dans la section de législation, droit public et jurisprudence par Charles Lyon-Caen [1843-1935], élu le 25 novembre 1893.

Élection de Baude, comme membre libre.
Le baron Jean Jacques Baude [1792-1862] est élu, le 27 décembre 1856, membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 4], en remplacement de Benoiston de Chateauneuf [1776-1856], statisticien, décédé le 16 mai 1856.
En étant élu en avril 1859 dans la section de politique il libère sa place de membre libre pour le comte Napoléon Daru [1807-1890], membre de l’Assemblée législative, élu le 18 février 1860.
Sera élu en avril 1859, membre titulaire de la section de politique [fauteuil 7] en remplacement de Julien Laférrière, passé dans la section de législation, par décision de l’Académie en date du 29 janvier 1859.
Après sa mort, est remplacé dans la section de politique par Armand Husson [1809-1874] directeur de l’Assistance publique, élu le 7 février 1863.

Élections de correspondants.
Le président de l’Université de Michigan, anciennement professeur de philosophie à l’Université de New York, Henry [Philip] Tappan [1805-1881] est élu correspondant [Détroit, États-Unis] de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 6], le 2 février 1856 ; en remplacement de l’abbé Antonio Rosmini Serbati [1797-1855], décédé le 1er juillet 1855.
Après sa mort, le 15 novembre 1881, est remplacé par Robert Flint [1838-1910], élu le 30 juin 1883.
Henry Tappan était présenté au premier rang, il obtient la totalité des suffrages [26 suffrrages sur 26 votants]. Au deuxième rang était présenté M. Uphan, au troisième rang M. Henry.

Le comte Luigi Cibrario [1802-1870], ministre des Affaires étrangères du Piémont, est élu, le 9 février 1856, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d‘économie [place 5], en remplacement de Alvaro de Florez-Estrada [1769-1853], ancien procureur général des Asturies, député, sénateur, décédé le 16 décembre 1853.
Après sa mort, le 1er octobre 1870, est remplacé par Antoine Scialoja [1817-1877], professeur d’économie politique, élu le 4 mai 1872.

Édouard Ducpétiaux [1804-1868], Inspecteur général des prisons et établissements de bienfaisance, est élu, le 16 février 1856, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 6], en remplacement du baron Goswin Augustin de Stassart [1780-1854], Président du Sénat belge, décédé le 10 octobre 1854.
Après sa mort, le 21 juillet 1868, est remplacé par le professeur d’économie politique Charles Périn [1815-1905], élu le 27 février 1869.

Mémoire sur le marquis d’Argens, de Jean Philibert Damiron [texte dont la lecture a commencé en décembre 1855].
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 35, pages 5-40; 243-291 ; tome 36, pages 61-102.
Publié en tiré à part [Paris : A. Durand. In-8, 131 p., 1856], réédité en 1968, Slatkine reprints, Genève.
Jean Philibert Damiron poursuit la lecture de son Mémoire sur le marquis d’Argens dans la séance du 12 et du 19 janvier 1856 ; puis du 9 février 1856.

Dans la séance du 1er mars 1856, puis du 1er août 1857, Jules Barthélemy Saint Hilaire communique un Mémoire sur la poétique d’Aristote, à la suite de quoi V. Cousin présente des observations. Ce mémoire est la préface à la traduction de la Poétique que Barthélemy Saint Hilaire vient de mettre sous presse, et qui paraît, accompagnée de notes perpétuelles, en 1858 [Paris : Ladrange.In-8]
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1857, tome 41, pages 427-468.

Dans la séance du 29 mars 1856, Emmanuel Chauvet [1819-1910], professeur de philosophie à Caen, est admis à lire un Mémoire sur la philosophie d’Hippocrate. Le 5 avril, le secrétaire perpétuel, François Mignet, donne lecture d’une lettre de Chauvet, exprimant le désir de voir publier son Mémoire dans le Recueil des savants étrangers.
Ce mémoire sera en effet publié, au titre des articles des savants étrangers, dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 37, pages 115-144 ; 335-355 ; tome 40, pages 437 sq. ; et 1857, tome 41, pages 195-223 et 321-368 [sous le titre : Mémoire sur le traité de Galien intitulé : Des Dogmes d’Hippocrate et de Platon]. Publié également en tiré à part [Paris : A. Durand. In-8, 54 p., 1856].

Dans la séance du 12 avril 1856, l’Académie reçoit en hommage De l’Éducation populaire dans l’Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieuses, par Eugène Rendu [1824-1902]. Francisque Lélut déclare qu’il prendra connaissance de l’ouvrage et en fera un compte-rendu].

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 35, pages 67-107 ; 215-242, d’un Mémoire sur la Science morale, par Jules Barthélemy Saint Hilaire. La publication a commencé en 1855, dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 34, pages 161-197 ; ainsi que tome 33, 1855, pages 161 sq.

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 35, pages 183-213 d’une Notice historique sur la vie et les travaux de M. Laromiguière, par François Mignet. Publié également en tiré à part [Paris : impr. de Firmin Didot frères, fils et Cie. In-4, 35 p., 1856].

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 35, pages 331-376 ; 1856, tome 36, pages 281-318 ; 1856, tome 37, pages 145-161 ; tome 37, pages 407-429 ; tome 38, pages 193-254, du Mémoire sur les Doctrines religieuses de Hegel, par Christian Bartholmèss.

Dans la séance du 19 juillet, du 26 juillet 1856, puis du 6 et du 13 septembre 1856, Jules Barthélemy Saint Hilaire lit un Mémoire qu’Emmanuel Chauvet, professeur de philosophie au lycée de Caen, a été admis à communiquer à l’Académie sur Chrysippe et Galien.

Emmanuel Chauvet.
Emmanuel Chauvet [1819-1910], né le 12 novembre 1819, à Caen ; mort le 16 septembre 1910, à Caen.
Ancien élève de l’École normale [1839] ; agrégé de philosophie [1845] ; doctorat ès-lettres [Paris, 1855] avec une thèse sur les Théories de l’entendement humain dans l’antiquité ; la thèse latine porte sur Hippocrate.
Professeur de philosophie à Mâcon, au lycée de Caen, et à la Faculté de Rennes. Deviendra professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Caen [1870-1889].
Il publiera, en 1860-1867, La Psychologie de Gallien [Caen : impr. de A. Hardel, 2 parties en 1 volume in-8. Extrait des Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen]. En 1882, une brochure : La Philosophie grecque, ses rapports à la médecine [Caen : impr. de F. Le Blanc-Hardel, 1882] Puis en 1886 La Philosophie des médecins grecs [Paris : E. Thorin, in-8, LXXXIX-604 p., 1886].

Dans la séance du 2 août 1856, Adolphe Franck lit un rapport sur l’ouvrage d’Ernest Renan, relatif aux Langues sémitiques.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 38, pages 363-382. Sous le titre : Rapport sur un ouvrage de M. Ernest Renan, intitulé Histoire générale et système comparé des langues sémitiques.
Ernest Renan [1823-1892], agrégé de philosophie en 1848, est à cette époque bibliothécaire à la Bibliothèque impériale. Il a publié en 1855 Histoire générale et système comparé des langues sémitiques. Première partie. Histoire générale des langues sémitiques. [Paris : Impr. Impériale, in-8, VIII-499 p.]. Sera réédité en 1858 et en 1863.
En 1862 devient professeur de langue hébraïque, chaldaïque et syriaque au Collège de France [1862-1864, puis, après une suspension, 1870-1892]. Entre temps Ernest Renan est élu, en décembre 1856, membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres.
Sera élu membre de l’Académie française le 13 juin 1878.

Dans la séance du 6 septembre 1856, l’Académie reçoit en hommage la traduction de la Morale d’Aristote, par M. Barthélemy Saint Hilaire.
Les trois volumes de la Morale d’Aristote, traduite par Jules Barthélemy Saint Hilaire [1805-1895] viennent de paraître [Paris : A. Durand. In-8].

Dans la séance du 27 septembre 1856, Jules Barthélemy Saint Hilaire donne lecture d’un Mémoire d’Adolphe Franck sur Le Droit chez les Chinois.

Dans la séance du 8 novembre, puis du 15 et du 22 novembre 1856, Jean Philibert Damiron communique un Mémoire sur Naigeon et accessoirement sur Sylvain Maréchal et Lalande.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 39, pages 5 sq. et pages 263 sq. ; tome 40, pages 83 sq. ; 1857, tome 41, pages 5-42. Publié également en tiré à part [Paris : A. Durand. In-8, 127 p., 1857]

Dans la séance du 29 novembre 1856, le docteur Pierre Foissac commence la lecture d’un Mémoire sur l’influence du moral sur le physique.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 39, pages 413 sq. ; 1857, tome 41, pages 247-271.
Le docteur Pierre Foissac [1801-1886] fait paraître, en tiré à part, son mémoire, sous le titre De l’influence du moral sur le physique, mémoire lu à l’Académie des sciences morales et politiques. Paris : J. B. Baillière, in-8, 63 p., 1857. Quelques années plus tard, en 1860, publie une Hygiène philosophique de l’âme [Paris : Baillière, in-8, 495 p.].

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.
Elements of psychology, included in a critical examination of Locke's Essay on the human understanding, and in additinal pieces by Victor Cousin, translated from the French, with an introduction and notes, by Caleb S. Henry. 4th improved edition, revised according to the author’s last corrections. New York : Ivison and Phinney, in-8, 568 p., 1856.
Comprend les leçons 16 à 25 du cours de 1828-1829 publié en 1829 sous le titre : Cours de l'histoire de la philosophie. Histoire de la philosophie du XVIIIème siècle.
Édité initialement en 1834. réédité en 1838, 1842, 1851.

Francesco Ficker. Estetica, ossia teoriadel bello e dell’arte, di Francesco Ficker. Con due discorsi di Vittorio Cousin et F. Schelling. Versione di Vincenzo De Castro. Napoli : Francesco Rossi-Romano, in-16, 329 p., 1856.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Lettre de V. Cousin au pape Pie IX.
« Très Saint-Père.
Monseigneur l’Archevêque de Paris a bien voulu me communiquer une lettre de votre Sainteté, remplie de tant de bontés et si dignes du cœur paternel de Pie IX, que je cède au besoin de vous en exprimer ma sincère et profonde reconnaissance. . Oui, très Saint-Père, on vous a dit vrai : loin de nourrir un mauvais dessein contre la religion chrétienne, j’ai pour elle les sentiments de la plus tendre vénération ; j’aurais horreur de lui porter directement ou indirectement la moindre atteinte. C’est dans le triomphe et la propagation du Christianisme que je place toutes mes espérances pour l’avenir de l’humanité. Affligé d’avoir vu autrefois mes intentions trahies par de fausses apparences, j’ai voulu, en ces derniers temps, faire un livre de philosophie entièrement irréprochable ; et ne me fiant point à mes sentiments les plus sincères, à mes études, à mon âge, j’ai recherché le conseil d’amis sages et pieux, d’écclésiastiques éclairés et autorisés . Ces sacrifices d’amour-propre ne me sont rien auprès du grand but que je poursuis, l’établissement d’une philosophie irréprochable, allliée sincère du Christianisme. Si donc, malgré tous mes soins et ceux de mes doctes conseillers, quelques passages nous avaient échappé qui pussent troubler le cœur de votre Sainteté, qu’on me les signale, et je les ôterai de bien bon cœur, ne demandant qu’à me perfectionner sans cesse, et moi et mes humbles écrits.
Tels sont mes setiments, Très Saint-Père. Fiez-vous à votre cœur, et si j’ose le dire aussi, à ma parole : c’est celle d’un homme qui n’a jamais trompé personne, et qui, touchant au terme de sa carrière et voué à la retraite, ne connaît aucun intérêt, sur la terre, capable de lui faire prendre un masque et déguiser ce qu’il croit la vérité.
Je mets, très Saint-Père, à vos pieds l’hommage de mon filial respect. » [24 avril 1856].

Dans une lettre, du 8 juillet 1856, de Gustave de Beaumont à son ami Alexis de Tocqueville, Gustave de Beaumont témoigne du succès que remporte l’ouvrage de Tocqueville : l’Ancien Régime et la Révolution, qui vient tout juste de paraître.
« Mignet m’a paru de plus en plus vif dans son approbation et sa satisfaction. Cousin qui parle de même est, à mes yeux suspect de n’avoir pas encore lu ». [Correspondance d’Alexis de Tocqueville et de Gustave de Beaumont. Paris : Gallimard 1967, Tome VIII. 3, page 422].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Eugène de Mirecourt, Cousin, [avec un portrait et un autographe] Paris : Gustave Havard, collection Les Contemporains, n° 14, 95 p., in-16. 1856. Sera réédité ultérieurement, mais sans date, avec comme nom d’auteur : D. Leroux. Victor Cousin (1792-1864). Grand in-8, portrait, 16 pages, collection Les Contemporains.

Dans Les Hommes et les moeurs en France sous Louis-Philippe [Paris : Delahays, 1856] l’auteur, Hippolyte Castille déclare : « Il existe de par le monde une espèce de comète sans queue, une doctrine-scrupule, un diminutif de système qui jamais ne fit plus parler de lui que l’Académie de Saint-Brieuc. Cela se nommait éclectisme [...] belle petite doctrine faite à la taille des bourgeois de 1830, pour assoupir les consciences, tuer la foi dans l’avenir, étouffer le génie des découvertes, créer le statu quo dans la philosophie comme dans la politique [...] et prononcer pour longtemps la suppression des fonctions de la conscience. La théorie éclectique à la main, tous les grands hommes du règne peuvent justifier les honteuses transactions de leur existence [...] Philosophie du ventre, des honneurs et des fonctions publiques, philosophie en habit bleu barbeau, en favoris teints, et en bésicles moitié macaire, moitié prud’homme, philosophie des moyennes régions, philosophie de la chèvre et philosophie du chou. ».
L’essayiste et journaliste Hippolyte Castille [1820-1886] a publié en 1853 Les Hommes et les mœurs en France, sous le règne de Louis-Philippe, par Hippolyte Castille. Paris : P. Hanneton, in-8, XII-383 p., 1853 ; une deuxième édition paraît la même année.


Le 22/02/2018