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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1855
  

En 1855 V. Cousin [1792-1867] a soixante deux ans [il aura soixante trois ans le 28 novembre 1855]. L’année 1855 se ressent encore des contre-coups du Coup d’État de décembre 1851. La philosophie est marginalisée et de nombreux professeurs refusant de prêter serment abandonnent l’enseignement, ou trouvent refuge à l’étranger.

V. Cousin n’a plus d’influence directe que sur l’Académie des sciences morales et politiques, pourtant marquée par une réforme de Napoléon III, qui crée une nouvelle section.

Le seul motif de satisfaction est le succès du Vrai, du beau et du bien qui connaît une nouvelle édition deux ans après sa première édition [1853]


Résumé des années précédentes.


1820-1828.

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].


1826-1828. Fragments philosophiques.

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840.

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.


Le feu croisé des critiques.

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].

D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.


Perte d’influence.

La Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période ouverte en 1830. V. Cousin est un homme de ce temps révolu. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.


L‘année 1855.


Éléments biographiques.

V. Cousin est une période de l'année à Néris, station balnéaire en Auvergne, au sud de Montluçon, où, selon P. Mérimée, il est le chevalier servant de Mme Thiers.


Articles dans le Journal des savants.

Des carnets autographes de Mazarin conservés à la Bibliothèque impériale. Journal des savants, sixième article, janvier 1855, pages 19-42 ; septième article, février 1855, pages 84-103 ; huitième article, mars 1855, pages 161-184 ; neuvième article, avril 1855, pages 217-242 ; dixième article, mai 1855, pages 304-324, onzième article, juillet 1855, pages 430-447 ; douzième article, septembre 1855, pages 525-545 ; treizième article, octobre 1855, pages 622-637 ; quatorzième article, novembre 1855, pages 703-719. Un quinzième article paraîtra en janvier 1856, et un seizième et dernier article en février 1856.


Article dans la Revue des Deux Mondes.

La duchesse de Chevreuse : I. Richelieu et madame de Chevreuse, 1er décembre 1855, Revue des Deux Mondes.


Article dans la Revue des Deux Mondes.

La duchesse de Chevreuse : II. Mazarin et madame de Chevreuse, 15 décembre 1855, Revue des Deux Mondes. Fait suite à l'article paru le 1er décembre.


Réédition de, comme deuxième édition.

Du Vrai, du beau et du bien ; édition augmentée d’un Appendice à la leçon dixième sur l’art français au XVIIème siècle [1855, Paris : Didier, in-12, VIII-499].

Édité initialement en 1853. L’édition de 1855 reprend :

1. l’Avant-propos de l’édition de 1853, signé le 15 juin 1853 ,

2. Le texte qui précède la réédition de 1853, signé le 1er novembre 1853 [«Un trop indulgent accueil ayant promptement rendu nécessaire une nouvelle édition de ce livre, nous nous sommes empressé de le revoir avec une attention sévère, et d’y introduire une foule de corrections de détail, et un certain nombre d’additions parmi lesquelles les seules qui méritent d’être ici indiquées sont quelques pages sur le christianisme à la fin de la XVIè leçon, et les notes placées en Appendice à la fin du volume sur divers ouvrages de maîtres français que nous avons vus tout récemment en Angleterre, et qui ont confirmé et accru notre vieille admiration pour notre art national du XVIIe siècle.»].

3. Le texte rédigé pour cette réédition de 1855, signé le 1er mai 1855.

« Il n’ a été fait aucun changement, assez considérable pour être ici relevé, dans cette édition nouvelle, qui est en réalité la cinquième, puisque, avant les deux éditions de 1853, que celle-ci reproduit, il y en avait une publiée par nous en 1845, et que déjà même une première avait été donnée, en 1837, sur les cahiers bien imparfaits des élèves de l’école normale.

Cet écrit restera donc dans l’état où il est aujourd’hui. Il contient la doctrine qui paraît déjà dans nos PREMIERS ESSAIS, et que développent tous nos cours et tous nos ouvrages, le résumé fidèle de la nouvelle philosophie française, un peu dégagé de tout appareil scolastique, et revêtu de formes qui le mettent à la portée de tout lecteur attentif. Car, à mesure qu’on avance dans la vie, on apprécie et on recherche la simplicité comme avant on aspirait à la force. Il n’y a qu’une vraie langue philosophique, celle de Platon, de Descartes, de Bossuet, qui consiste à exprimer ce qu’il y a de plus profond et de plus grand de la façon la plus naturelle. Mais cette langue-là n’est pas à l’usage de la jeunesse ; elle demande, avec une rare justesse d’e »sprit et un sincère amour de la vérité et des hommes, de longs efforts, le commerce du monde, et un art qui sait effacer sa trace.

Nous aimons à le reconnaître : le succès de ce li!vre ne vient pas de nous ; il vient de la cause même que nous défendons, de cette sainte cause de la spiritualité de l’âme, de la beauté idéale, de la vertu désintéressée et de la foi en Dieu, plus éloquente que tous ses interprètes, et qui attire naturellement à elles, dans tous les pays temps et dans tous les temps, les hommes dignes de ce nom. ».


Sera réédité à plusieurs reprises, notamment en 1860 (7ème, puis 8ème édition), en 1872 avec une Notice historique sur la vie et les travaux de M. Victor Cousin.

L’Appendice, à la leçon dixième sur l’art français, se compose d’une trentaine de pages, et apporte des rectifications à tel ou tel propos avancé dans le chapitre en question. Il commence ainsi :

«Page 221 : «Quelle destinée que celle d’Eustache Lesueur !».

Nous avions suivi sur la mort de Lesueur la tradition ou plutôt le préjugé répandu en ces derniers temps et qui a entraîné avant nous les meilleurs juges. Mais il vient de paraître dans un recueil nouveau et intéressant, les Archives de l’art français,t. III, des documents jusqu’alors inédits et entièrement irrécusables sur la vie et les ouvrages du peintre de saint Bruno, qui nous forcent de retirer quelques assertions empruntées à l’opininion commune et contraires à la vérité. L’acte de décès de Lesueur, tiré pour la première fois du registre des morts de l’église paroissiale de Saint-Louis en l’isle Notre-Dame, conservé aux archives de l’hôtel de ville de Paris, établit péremptoirement que Lesueur n’a pas été mourir aux Chartreux, mais qu’il est mort en l’île notre-Dame, où il demeurait, sur la paroisse Saint-Louis, et qu’il a été enterré dans cette église de Saint Étienne du mont où reposent Pascal et Racine. […]».

Réédité en 1995, document électronique BNF.


Réédition de :

Fragments de la philosophie cartésienne, Paris, Didier, in-18, XVI-470 p. [1855]

Édité initialement en 1845.


Réédition de :

Fragments de philosophie du Moyen-Age [1855, comme 3ème et nouvelle édition].


Réédition des :

Premiers essais de philosophie, troisième édition, Paris : Librairie nouvelle, in-12, XIX-350 p., 1855.

Édité initialement en 1846. Réédité en 1862 ; 1873 [6ème édition].


Réédition de :

La Jeunesse de Mme de Longueville [1855, comme 3ème édition]. Connaît deux tirages.

Édité initialement en 1853 [avec trois tirages]. Réédité en 1859 ; 1864 ; 1868 ; 1871.


À l'Académie française.

Élection et réception.

Victor de Broglie [1785-1870], déjà membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques, est élu le 1er mars 1855, au fauteuil 24, en remplacement du comte Louis de Sainte-Aulaire [1778-1854], décédé le 13 novembre 1854. Il est reçu par Désiré Nisard [1806-1888], le 3 avril 1856.


François Ponsard [1814-1867] est élu le 22 mars 1855, au fauteuil 9, en remplacement du poète et auteur dramatique Pierre Baour-Lormian [1770-1854], décédé le 18 décembre 1854. Il sera reçu le 4 décembre 1856 par Désiré Nisard [1806-1888].


Ustazade Silvestre de Sacy [1801-1879], élu le 18 mai 1854, au fauteuil 15, en remplacement d'Antoine Jay [1770-1854], décédé le 9 avril 1854, est reçu le 28 juin 1855 par le comte de Salvandy [1795-1856].


À l'Académie des sciences morales et politiques.

Un décret, en date du 14 avril 1855, signé de Louis Napoléon Bonaparte, et de Hippolyte Fortoul, ministre de l’Instruction publique et des cultes, porte à quarante le nombre des membres de l’Académie des sciences morales et politiques, et crée, à cet effet, une nouvelle section sous le titre Politique, administration et finances. Les membres de cette sixième section sont désignés par décret : marquis d’Audiffret [1787-1878]; Félix Barthe [1795-1863] ; Jean Martial Bineau [1805-1855] ; Pierre Clément [1809-1870] ; le vicomte Louis Cormenin [1788-1868] ; Théodore Gréterin [1794-1861]; Laferrière [1798-1861], Armand Lefebvre [1800-1864] ; Jacques André Mesnard [1792-1858]; le général baron Pelet [1777-1858].

Jean Martial Bineau refusera cette nomination.


Élection.

Christian Auguste Brandis [1790-1867], de Bonn [Prusse Rhénane], déjà élu correspondant, le 17 juin 1837 [section de philosophie], est élu associé étranger, le 10 février 1855, en remplacement de Friedrich von Schelling [1775-1854], décédé le 20 août 1854.

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant de 23 [la majorité absolue de 12] Christian Auguste Brandis obtient 19 suffrages, Heinrich Ritter [1791-1869] 2. Il y a 2 bille.ts blancs. Christian Auguste Brandis est donc élu, au premier tour à la majorité absolue.


Élection.

Odilon Barrot [1791-1873], ancien chef de la gauche dynastique entre 1830 et 1848, est élu membre libre de l’Académie, avec le soutien de V. Cousin, dans la séance du 10 février 1855, en remplacement de Hyacinthe Blondeau [1784-1854], décédé le 12 novembre 1854.

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant de 28 [la majorité absolue étant de 15] Odilon Barrot obtient 15 suffrages, Jean-Jacques Baude 13. Odilon Barrot est donc élu au premier tour à la majorité absolue.

Élu, plus tard, le 12 mars 1870, dans la section de législation, droit public et jurisprudence [fauteuil 3], en remplacement de Claude Delangle [1797-1869], décédé le 29 décembre 1869. Est remplacé comme membre libre par Paul François Dubois [1793-1874].


La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques.

Le Mémoire sur les Opinions religieuses de Leibnitz et de ses continuateurs, par Christian Bartholmèss, paraît dans les les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 31, pages 391-412. Prolonge les publications antérieures : tome 29, pages 425 sq. et tome 30, page 119 sq.

L’année précédente, dans les séances du 2, du 9 septembre ; du 14, du 28 octobre ; du 11, du 25 novembre 1854, du 2 décembre 1854, le secrétaire perpétuel, François Mignet, avait lu le Mémoire de Christian Bartholmèss sur les Doctrines religieuses de Kant et de Fichte, de Herder et de Jacobi.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1854, tome 29, pages 425-448 ; tome 30, pages 119-170.

C. Bartholmèss [1815-1856], qui a été élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques le 11 février 1854 [section de philosophie], fera paraître, en 1855, une Histoire critique des doctrines religieuses de la philosophie moderne [Paris : Ch. Meyrueis, 2 volumes in-8, XLVIII-412+587 pp., 1855].


Dans la séance du 6 janvier 1855, Jean Philibert Damiron poursuit la lecture de son Mémoire sur Saint-Lambert.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 31, pages 101-136 et 161-202.


Dans la séance du 13 janvier 1855, Jules Barthélemy Saint Hilaire communique un nouveau et dernier Mémoire qui contient son jugement et ses conclusions sur Boudha et le Boudhism les Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 31, pages 219-247 et 433-456.

Barthélemy Saint Hilaire [1805-1895] fera paraître en 1860 : Le Boudha et sa religion. Paris : Didier, in-12, 441 p., 1860 [réédité en 1862, 1866].


Lecture en mai 1855, par Adolphe Garnier, de son Mémoire sur Les Moralistes grecs et Socrate. La lecture du mémoire a commencé antérieurement [dans la séance du 27 avril 1855].

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 33, pages 137-171, et pages 407-444 [comme second mémoire] au titre des articles des Savants étrangers du second Mémoire Histoire de la morale [Socrate] d’Adolphe Garnier. La publication en a commencé, tome 27, pages 437 sq. ; tome 29, pages 113 et tome 32, pages 407 sq.


Dans les séances du 17 février 1855, et du 3 mars, du 10, du 17, du 24 mars 1855, Jules Barthélemy Saint Hilaire lit un Mémoire sur la Morale d’Aristote. En même temps, pour abréger le nombre des séances de lecture de son mémoire, dans la séance du 3 mars il communique le chapitre sur la Morale de Socrate et de Platon ; dans la séance du 10 mars communique le chapitre sur le système d’Aristote ; dans les séances du 17 et du 24 mars, communique le chapitre sur la morale de Kant.

À la suite de cette lecture Jean Philibert Damiron, François Guizot, Adolphe Franck présentent successivement quelques observations.


Dans la séance du 24 mars 1855, le secrétaire perpétuel, François Mignet, donne lecture d’un Mémoire de Christian Bartholmèss sur le Spinosisme au XIXème siècle.

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 32, pages 151-179 ; et tome 34, pages 455-473.

Christian Bartholmèss [1815-1856], vient récemment d’être élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [11 février 1854].


Dans la séance du 19 mai 1855, Adolphe Garnier continue et achève la lecture du Mémoire qu’il a été admis à communiquer sur Les Moralistes grecs et sur Socrate.

Dans la suite de son Histoire de la morale, par Adolphe Garnier, son second Mémoire est publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 32, pages 407-444, au titre des articles des savants étrangers, et tome 33, pages 137-171.


Dans la séance du 7 juillet 1855, A. Franck fait hommage à l’Académie au nom de l’auteur, Charles Waddington, d’un ouvrage ayant pour titre : Ramus (Pierre de la Ramée), sa vie, ses écrits et ses opinions, et présente un Rapport verbal sur cet ouvrage.

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 33, pages 459-462.

Charles Waddington [1819-1914] vient de publier, à partir de sa thèse latine pour le doctorat ès-lettres : Ramus [Pierre de la Ramée], sa vie, ses écrits et ses opinions. Paris : C. Meyrueis, in-8, 480 p., 1855. L’ouvrage est composé de trois parties : Vie de Ramus, du Ramisme et de son histoire, Écrits de Ramus, extraits des écrits français, vingt lettres inédites et un catalogue de ses écrits.

Ancien élève de l’École normale [1838], agrégé de philosophie [1843 ], docteur ès-lettres [Paris, 1848], avec une thèse De la Psychologie d’Aristote, la thèse latine porte sur Ramus, sa vie, ses écrits, sa philosophie.

En 1855 il est professeur de philosophie au Lycée Louis le Grand [1852-1856]. En 1857 deviendra professeur de philosophie au séminaire protestant [confession d’Augsbourg] de Strasbourg [1857-1864], puis ultérieurement professeur de philosophie ancienne à la Faculté des lettres de Paris [1879-1892].

Sera élu, le 20 juin 1863, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, en remplacement de Christian Bartholmèss [1815-1856], décédé le 1er septembre 1856 ; puis élu membre titulaire, dans la section de morale, le 11 février 1888.


Dans la séance du 7 juillet 1855, Jules Barthélemy Saint Hilaire fait hommage à l’Académie de son ouvrage sur Le Boudhisme [Paris : B. Duprat, in-8, VII-248 p., 1855].

Il présente également, au nom de l’auteur, J. Duval-Jouve, un exemplaire de son Traité de Logique, ou Essai sur la théorie de la science, deuxième édition, Paris, in-8, 1855.

Joseph Duval Jouve [1810-1883] avait publié en 1844 Traité de logique, ou Essai sur la théorie de la science [Paris : Ladrange, in-8, XV-404 p., 1844] ; réédité en 1855 [Paris : Ladrange, in-8, XVI-408 p., 1855]. Sera réédité en 1877 chez Germer-Baillière.


Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 33, pages 185-258 du Mémoire sur la Science morale par Barthélemy Saint Hilaire.

Il s’agit du texte lu dans les séances du 2 et 25 janvier, 17 février, 3, 10, 17, 24 mars, et 30 juin 1855, comme préface qui doit être mise en tête de la Morale d’Aristote [dont Barthélemy Saint Hilaire vient d’achever la traduction : Morale à Nicomaque, Grande Morale, Morale à Eudème, et dont les trois volumes paraîtront en 1856].


Dans la séance du 7 juillet 1855, Francisque Lélut lit un fragment d’ouvrage ayant pour titre Recherches sur la physiologie de la pensée. Jean Philibert Damiron, Adolphe Franck et Joseph Naudet présentent des observations.

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 33, pages 379-417.

Le docteur Francisque Lélut [1804-1877] fera paraître Physiologie de la pensée : recherche critique des rapports du corps à l’esprit. Paris : Didier, 2 volumes, XXXII-399+478 pp.. deuxième édition, 1872.


Dans la séance du 14 juillet 1856, Henri Martin, correspondant de l’Institut, adresse en hommage à l’Académie un exemplaire de son ouvrage ayant pour titre La Vie future ; histoire et apologie de la doctrine chrétienne sur l’autre vie, Paris, 1855. Dans la séance du 21 juillet Adolphe Franck fait, à son sujet, un Rapport verbal.

Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 33, pages 463-465.

Henri Martin [1813-1884], doyen de la Faculté des lettres de Rennes, est correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques [section de philosophie] depuis le 19 janvier 1850. Il sera élu membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres le 7 juillet 1871.


Dans la séance du 13 octobre 1855, Adolphe Franck fait un rapport verbal sur un ouvrage d’Alphonse Grün, intitulé Vie publique de Montaigne.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855, tome 34, pages 309-311.

Alphonse Grün [1801-1866], juriste et journaliste venait de faire paraître La Vie publique de Montaigne. Paris : Amyot, in-8, XII-414 p. Il avait déjà été rendu-compte de sa brochure sur Le vrai et le faux socialisme : le communisme et son histoire. Paris : Guillaumin, in-12, 56 p., 1849 et de son essai : De la Moralisation des classes laborieuses. Paris : Guillaumin, in-12, 93 p., 1851.


Dans les séances du 13 et du 20 octobre 1855, le secrétaire perpétuel, François Mignet, continue la lecture du Mémoire de Christian Bartholmèss sur Hegel et sa doctrine religieuse [|a lecture avait commencé, faite par Adolphe Franck, le 1er, le 8 et le 15 septembre 1855].

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, tome 35, pages 331-376 et tome 36, pages 281-318.


Le 17 novembre 1855, le secrétaire perpétuel, François Mignet, présente au nom de l’auteur, Augustin Pellissier, agrégé de philosophie, un volume intitulé Précis d’un cours élémentaire de logique. Paris ; Lyon, in-12, 1855.

Augustin Pellissier [1819-1894], agrégé de philosophie [1847], avait, en 1849, effectué une mission pour le ministre de l’Instruction publique et des cultes, sur l’état de l’instruction publique en Égypte. En 1853 publie texte et traduction des Soliloques de saint Augustin. Son Précis d’un cours élémentaire de logique, d’après les programmes officiels de 1852, paraît en 1855 [Paris : A. Durand, in-12, XII-324 p., 1855]. Il sera réédité en 1860 [deuxième édition] ; il fera paraître un Précis d’un cours complet de philosophie élémentaire, en 1867. Enfin, autour de 1870, après diverses publications scolaires, publie un Cours gradué de littérature française, décliné pour toutes les classe, succès de librairie, réédité au-delà de 1900.

Dans la même séance, Paul Janet, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Strasbourg, adresse en hommage à l’Académie, un livre intitulé La Famille, Leçons de philosophie morale. Paris : Ladrange, in-12, 302 p.,1855.

Paul Janet [1823-1899] Ancien élève de l'École normale [1841], agrégé de philosophie en 1844, docteur ès-lettres avec un Essai sur la dialectique de Platon [Paris, août 1848]. La thèse latine porte sur Cudworth. Il est le secrétaire de V. Cousin, en 1845-1846, lorsque ce dernier lui dicte le texte de la réédition du Cours de l’histoire de la philosophie moderne, histoire des derniers systèmes de la philosophie moderne sur les idées du vrai, du beau et du bien. [1846].

En 1852, remporte le prix de l'Académie des sciences morales et politiques, pour son Mémoire : Comparaison de la philosophie morale et politique de Platon et d'Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières. Le sujet avait été mis au concours en juin 1848, puis prorogé en 1851 jusqu'en 1852.

En 1862 sera le suppléant d’Adolphe Garnier dans la chaire de Philosophie [1862-1864], puis titulaire de la chaire d’histoire de la philosophie [18 juin 1864-11 novembre 1887], puis titulaire de la chaire de Philosophie [11 novembre 1887], où il succède à E. Caro [1826-1887], décédé le 13 juillet 1887.

Est élu, en 1864, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 6], en remplacement du médecin et hygiéniste Louis Villermé [1782-1863], décédé le 16 novembre 1863 ; puis est transféré le 26 mai 1866 dans la section de philosophie [au moment de la création du fauteuil 7].


Dans la séance du 7 décembre 1855, Jean Philibert Damiron poursuit la lecture du Mémoire sur le marquis d’Argens [lecture commencée le 17 et le 24 novembre 1855].


Candidature d’Adolphe Franck pour le Collège de France.

Dans la séance du 15 décembre 1855, le secrétaire perpétuel donne lecture d’une lettre d’Adolphe Franck, qui se présente aux suffrages de ses confrères, pour être le candidat de l’Académie au Collège de France, chaire de Droit de la nature et des gens.

Dans la séance du 28 décembre, il est présenté comme premier candidat [25 suffrages sur 26 votants] ; Adolphe Chambellan, après deux tours, est porté comme second candidat [17 suffrages sur 25 votants].

La candidature de Pierre NicolasRapetti, docteur en droit, qui se présentait aux suffrages, n’est pas retenue.

Adolphe Franck [1809-1893] avait suppléé, de 1849 à 1852, Barthélemy Saint Hilaire au Collège de France, dans la chaire de philosophie grecque et latine. Il est chargé de cours pour le Droit de la nature et des gens, en 1854-1855. En janvier 1856 est nommé professeur titulaire [chaire qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1881]. Il succède ainsi à Xavier de Portets, qui avait obtenu la chaire en 1822, de préférence à V. Cousin qui avait à cette époque postulé sans succès.


Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.

Édition en italien de :–

Manuale della storia della filosofia, 2ème édition, con Prefazionne de V. Cousin, 1855, Milano, in-12. La 1ère édition italienne est de 1832.

Édité initialement en allemand, traduit par V. Cousin, publié en français en 1829.


Édition en anglais de :

Victor Cousin, Lectures on the true, the beautiful, and the good, New York : D. Appleton & C°, in-8, [7]- 391 p., 1855.


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.

V. Cousin reçoit, le 12 juin 1855, une longue lettre du Père Hyacinthe Loyson, carme déchaussé des Frères précheurs, au sujet de la façon dont V. Cousin semble traiter les rapports de la religion et de la philosophie.


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.

Pascal Duprat fait paraître [sans doute en 1855] dans la revue La Libre Recherche, qu'il vient de crééer, un article intitulé La Fin d'un philosophe. M. Victor Cousin et ses derniers écrits.

Dans cet article, après avoir critiqué l'éclectisme, P. Duprat écrit notamment : « On ne doit pas s'étonner que le chef de l'école ait renoncé lui-même à ses travaux philosophiques et qu'il s'amuse à nous raconter l'histoire publique et privée de quelques femmes plus ou moins célèbres. Il a dû reculer devant le vide absolu de son système, et, le sol manquant sous ses pas, il cherche un asile, cet asile toujours nécessaire aux vieillards, dans les souvenirs d'un autre temps. ».


Pascal Duprat [1815-1885], historien, journaliste, mène une carrière politique.



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Le 16/11/2018