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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1853
   1853

Résumé des années précédentes

En 1853 V. Cousin [1792-1867] a soixante ans [il aura soixante et un ans le 28 novembre 1853]. C’est l’année de la publication de l’ouvrage auquel, compte-tenu du nombre des rééditions, V. Cousin a surtout attaché son nom : Du Vrai, du beau et du bien.


1820-1828

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825]

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec trois volumes complémentaires]



1826-1828. Fragments philosophiques

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, précédées de copieuses préfaces, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît à l’étranger comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers


Le feu croisé des critiques

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système]

D’un autre côté, ou lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion [mars 1843]


L’ébranlement de 1848

Quelques vélléités d’une carrière politique ont tôt fait de disparaître dans les bouleversements de la Révolution de 1848, de la seconde République [le plus grand danger dira V. Cousin c’est la république rouge], du Coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. V. Cousin perd tous ses pouvoirs : suppression de la section permanente du Conseil de l’!nstruction publique, suppression de l’agrégation de philosophie [1852] ; mise à la retraite [7 mai 1852].

Ce n’est plus qu’à la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques, dont il est le membre le plus ancien [1832], qu’il exerce une réelle influence [notamment par le choix des sujets mis au concours tous les deux ans, les rapports, les élections des correspondants], avec ses fidèles [Jean-Philibert Damiron, Jules Barthélemy Saint Hilaire, Charles de Rémusat, Adolphe Franck, François Lélut] ; ou encore à l’Académie française [élu en 1830], où il est membre de la restreinte Commission du Dictionnaire historique de la langue française, depuis 1843


Les femmes illustres du XVIIème siècle

Son livre sur Jacqueline Pascal [1844] initie la liste des ouvrages qu’il consacre aux femmes illustres et à la société du XVIIème siècle : madame de Longueville, madame de Sablé, madame de Chevreuse, madame de Hautefort, et qui à côté des livres de philosophie constamment revus et réédités, lui assurent, pour longtemps encore, une notoriété mondaine d’homme de lettres sinon d’historien


Éléments biographiques

En 1853, V. Cousin voyage en Angleterre, accompagné de J. Barthelémy Saint Hilaire. Une lettre de Prosper Mérimée à Mme de Boigne en témoigne.


Publie :

Du Vrai, du beau et du bien, par M. Victor Cousin. Paris : Didier, Bibliothèque académique, in-12, VIII-495 p., 1853

En 1818, Victor Cousin, maître de conférences à l’École normale, avait prononcé une série de cours sur “le fondement des idées absolues du beau, du vrai, du bien”. Le texte en est publié en 1828-1829 dans l’édition en 3 volumes des Œuvres de V. Cousin, puis est repris chez Hachette en 1836, dans le Cours de philosophie.

Du Vrai, du beau et du bien, a 2 ou 3 tirages en 1853.

L'Avant-propos du premier tirage est daté du 15 juin 1853

1ncipit de l'Avant-propos : « Depuis quelque temps on nous demande de divers côtés de rassembler en un corps de doctrine les théories dispersées dans nos différents ouvrages, et de résumer, en de justes proportions, ce qu'on veut bien appeler notre philosophie.

Ce résumé était tout fait.Nous n'avions qu'à reprendre des leçons déjà bien anciennes, mais assez peu répandues parce q'elles appartiennent à un temps où les cours de la Faculté des lettres n'avaient guère de retentissement au delà du quartier latin, et aussi parce qu'on ne pouvait les trouver que dans un recueil considérable, comprenant tout notre premier enseignement de 1815 à 1821 [Premiers essais de philosophie ; Du vrai, du beau et du bien ; Philosophie sensualiste ; Philosophie écossaise ; Philosophie de Kant, 3ème édition, 5 volumes]. Ces leçons étaient là comme perdues dans la foule. Nous les en avons tirées et nous les donnons à part, sévèrement corrigées, dans l'espérance qu'ainsi elles seront accessibles à un plus grand nombre de lecteurs et que leur vrai caractère paraîtra mieux [...]. »

; celui du deuxième tirage du 1er novembre 1853.

Incipit de l'Avant-propos propre à ce nouveau tirage : « Un trop indulgent accueil ayant promptement rendu nécessaire une nouvelle édition de ce livre, nous nous sommes empressés de le revoir avec une attention sévère, et d'y introduire une foule de corrections de détail, et un certain nombre d'additions parmi lesquelles les seules qui méritent d'être ici indiquées sont quelques pages sur le christianisme à la fin de la XVIème leçon, et les notes placées en Appendice à la fin du volume sur divers ouvrages de maîtres français que nous avons vu tout récemment en Angleterre, et qui ont confirmé et accru notre vieil admiration pour notre art national du XVIIème siècle. »

Le livre fait l’objet de plusieurs éditions : 1854, deuxième édition augmentée d'un appendice sur l'art français. Paris : Didier ; 1855, augmentée d’un Appendice à la leçon dixième sur l’art français au XVIIème siècle, in-8, VIII-499 p. [Victor Cousin rédige un Avant-propos à cette édition, daté du 1er mai 1855 :

Incipit : « Il n'a été fait aucun changement, assez considérable pour être ici relevé, dans cette édition nouvelle, qui est en réalité la cinquième puisque, avant les deux éditions de 1853, que celle-ci reproduit, il y en avait déjà une publiée par nous en 1845, et que déjà même une première avait été donnée, en 1837, sur les cahiers bien imparfaits de l'école normale [...]. »


Le jugement de Paul François Dubois

C'est de la science à l'usage du monde et des salons, ou une prédication, comme il en tombe du haut d'une chaire religieuse. Cette critique s'applique plus particulièrement à ce traité du Vrai, du Beau et du Bien, que M. Cousin touche et retouche sans cesse. [...] Dans cette édition de 1857, M. Cousin efface avec le plus grand soin toutes ses sévérités contre la philosophie écossaise, toutes ses aspirations aux grands problèmes ontologiques, communs aux religions et à la philosophie. Il s'attache , avant tout, à séparer le domaine de la raison et de la foi, en les conciliant, cependant, l'une avec l'autre. » [Dubois]

Réédité à nouveau, à plusieurs reprises, entre 1855 et 1860 : V. Cousin signe en juillet 1860, une note très brève pour la huitème édition. Publié en 1865 comme 11ème édition.

Réédité en 1872, avec une Notice historique sur la vie et les travaux de M. Victor Cousin. Il est disponible, en ligne, en mode image sur la Bnf (NO27294), Réédité en 1879. L’édition de 1881 porte la mention de 23ème édition. En 1884 paraît une 24ème édition. En 1898 comme 28ème édition.

En 1886, une édition posthume (Cousin est mort en 1867) paraît à l’initiative de Paul Janet : Victor Cousin, Du Bien, édition classique, avec une étude sur Victor Cousin et des notes de Paul Janet, membre de l'institut, professeur à la Faculté des lettres de Paris. Paris, Perrin, 1886, in-16, 240 p.


Le contenu de ce livre de philosophie est expréssement conçu, par V. Cousin, comme un moyen de rapprochement avec la religion catholique. À dater de 1853, V. Cousin engage toute une série de démarches pour manifester cet état d’esprit, qui va jusqu’à une lettre à Pie IX, en date du 24 avril 1856, lettre longuement préparée par toute une série de consultations auprès de membres du clergé.


Publie :

La Jeunesse de Mme de Longueville. Paris : Didier, in-8, XII-482 p., portrait en frontispice. [1853]. L’Avant-propos de cette 1ère édition est daté du 15 décembre 1852

Fait partie de la série: Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du XVIIe siècle.

Dans l'Avant-propos V. Cousin écrit : « Nous nous sommes donc amusé à rechercher, et nous sommes parvenu à découvrir toute une littérature féminine, aux trois quarts inconnue, qui ne nous semble pas indigne d'avoir une place à côté de la littérature virile en possession de l'admiration universelle. De là le projet d'une galerie des femmes illustres du XVIIème siècle, sur le modèle des hommes illustres de Perrault. Nous avons donné la première page d'une semblable histoire dans Jacqueline Pascal. »

Connaît quatre tirages en 1853 [dont certains portent la mention 2ème édition], réédité en 1855 (2 tirages) ; 1859 (XVI-592 p., 2 tirages) ; 1864 ; 1868 ; 1871


Article

Documents inédits. Nicolas Poussin. Lettre au cavalier del Pozzo. Communiquée par Antoine Augustin Renouard


Articles dans le Journal des savants

Lettres inédites de la duchesse de Longueville à La Rochefoucauld, à la princesse Palatine et à d'autres personnes pendant la Fronde. Journal des savants, troisième article, janvier 1853, pages 51-64 ; quatrième article, février 1853, pages 94-109 ; cinquième article, avril 1853, pages 228-238 ; sixième et dernier article, mai 1853, pages 293-304. Les deux premiers articles étaient parus en octobre et en novembre 1852.


Article dans la Revue des Deux Mondes

De l'Art français au dix-septième siècle, dans la Revue des Deux Mondes, 1853, tome 96, pages 865-893

Incipit : « Nous croyons avoir autrefois solidement établi, dans cette revue même [1er septembre 1845, l'étude initulée Du Beau et de l'Art], que tous les genres de beauté les plus dissemblables en apparence, soumis à un sérieux examen, se ramènent à la beauté spirituelle et morale, qu'ainsi l'expression est à la fois l'objet véritable et la loi première de l'art, que tous les arts ne sont tels qu'autant qu'ils expriment l'idée cachée sous la forme et s'adressent à l'âme à travers les sens ; qu'enfin c'est dans l'expression que les différents arts trouvent la mesure de leur valeur relative, et que l'art la plus expressif doit être placé au premier rang.

Faisons un nouveau pas. si l'expression juge les différents arts, ne suit-il pas naturellement qu'elle peut, au même titre, juger aussi les différentes écoles qui se disputent l'empire du goût ?

Il n'y a pas une de ces écoles qui ne représente à sa manière quelque côté du beau, et nous sommes bien disposé à les embrasser toutes dans une étude impertiale et bienveillante. nous sommes éclectiques dans les arts aussi bien qu"en métaphysique. Mais comme en métaphysique l'intelligence de tous les systèmes et de la part de vérité qui est en chacun d'eux éclaire sans les affaiblir nos propres convictions, ainsi dans l'histoire des arts, tout en pensant qu'il ne faut dédaigner aucune école, et qu'on peut trouver même en Chine, quelque ombre de beauté, notre éclectisme ne fait pas chanceler en nous le sentiment de la beauté véritable et la règle suprême de l'art. Ce que nous demandons aux diverses écoles [...] partout où il y a des hommes, c'est quelque chose d'humain, c'est l'expression d'un sentiment ou d'une idée. »

Cet article prépare la parution du Vrai, du beau et du bien


À l'Académie des sciences morales et politiques

Prix décerné sur la philosophie morale et politique de Platon

L’Académie avait proposé, dès le 3 juin 1848, pour l’année 1850, le sujet de prix suivant :

Comparer la philosophie morale et politique de Platon et d’Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières

Apprécier ce qu’il y a de temporaire et de faux, et ce qu’il y a de vrai et d’immortel, dans ces différents systèmes

Le rapport sera effectué par MM. Cousin et Barthelémy Saint Hilaire, le 25 janvier 1851, mais le prix ne sera pas remis. Il sera prorogé au 31 décembre 1852. Sur le rapport de Barthélémy Saint Hilaire, le 2 avril-4 mai 1853, le prix est décerné à Paul Janet, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Strasbourg, auteur du mémoire n° 2.

Paul Janet [1823-1899] est ancien élève de l'École normale [1841], agrégé de philosophie en 1844, docteur ès-lettres avec un Essai sur la dialectique de Platon [Paris. 26 août 1848]. La thèse latine porte sur Cudworth ; il a été le secrétaire de V. Cousin en 1845-1846

Paul Janet publie son travail, en 1858, sous le titre : Histoire de la philosophie morale et politique dans l’antiquité et les temps modernes. Paris : Ladrange, 2 vol. in-8, 1858. Une deuxième édition paraît en 1872, sous le titre : Histoire de la science politique dans ses rapports avec la morale. Paris, 1872. Troisième édition en 1887, Paris : Alcan, 1887


Sujet mis au concours : Examen critique de la philosophie de saint Thomas d'Aquin

Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget, est mis au concours, le 21 mai 1853 : Examen critique de la philosophie de saint Thomas d'Aquin (terme le 31 décembre 1855).

Le programme est défini de la manière suivante :

L’Académie n’a pas besoin d’avertir les concurrents qu’ils n’ont à considérer dans saint Thomas que le philosophe. Elle appelle leur attention sur les points suivants :

1. Examiner l’authenticité des divers ouvrages attibués à saint Thomas, et déterminer, autant qu’il est possible, l’ordre dans lequel ils ont été composés.

2. Exposer dans une juste étendue la philosophie de saint Thomas, sa métaphysique, sa morale et sa politique. Rechercher ce qu’il doit à Aristote, aux grands docteurs chrétiens, à l’enseignement et aux écrits d’Albert ; marquer ce qui lui appartient

3. Suivre la philosophie de saint Thomas dans ses principaux disciples de l’ordre de Saint-Dominique, et dans les controverses qu’elle a fait naître entre cet ordre et les ordres rivaux, particulièrement celui de Saint-François, au XIV ème et au XVéme siècle. Faire l’histoire de cette philosophie jusqu’à la chute de la scolastique et l’avénement du cartésianisme.

4. Terminer par un jugement approfondi de la doctrine de saint Thomas en ses diverses parties. mettre en lumière ce qu’il peut y avoir dans cette doctrine de défectueux, et ce qui paraît vrai et durable, et digne encore de trouver sa place dans la philosophie de notre temps.


Sur rapport de Charles de Rémusat, le 24-31 janvier 1857, le prix [de la somme de quinze cents francs] est décerné, à Charles Jourdain ; une mention honorable est accordée à Domet de Vorges [1809-1810], attaché au Ministère des affaires étrangères.

Charles Jourdain [1817-1886], docteur ès-lettres avec une thèse sur la Philosophie naturelle en Occident et principalement en France pendant la première moitié du 12 ème siècle [Paris, 1838], sa thèse latine porte sur Gerson. Agrégé de philosophie en 1840. Pr’ofesseur de philosophie à Reims, puis à Paris au collège Stanislas [1842], au collège Bourbon [1847], agrégé des Facultés des lettres en 1848. Fait une carrière administrative au sein du ministère de l’Instruction publique et des cultes : chef de cabinet du ministre [de Falloux] en décembre 1848 ; chef du secrétariat du ministère [juillet 1850] ; chef de la division de la comptabilité [mai 1852]. Sera élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en décembre 1863

Charles Jourdain publie son travail, en 1858, sous le titre : La Philosophie de saint Thomas d'Aquin, par Charles Jourdan, agrégé des Facultés des lettres, chef de division au Ministère de l'Instruction publique et des cultes. Paris : Hachette, 2 tomes in-8, XXIII-457+499 pp., 1858


Dans la séance du 2 avril 1853, V. Cousin et Adolphe Franck prennent la parole, à la suite du rapport de Hippolyte Passy [1793-1880] sur l’ouvrage [« remarquable»] de Henri Baudrillart, intitulé Bodin et son temps

Henri Baudrillart [1821-1892], professeur suppléant au Collège de France, depuis 1852, vient de publier : J. Bodin et son temps. Tableau des théories politiques et des idées économiques au XVIème siècle, par Henri Baudrillart. Paris : Guillaumin. in-8, 1853 . Il sera élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances, en mai 1863


Dans la séance du 18 juin 1853, V. Cousin fait une communication sur la Morale de l‘intérêt


La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques

Jean Philibert Damiron, vice-président de l’Académie des sciences morales et politiques, pour 1852, occupe, conformément à l’usage, la présidence pour 1853. François Guizot est proclamé vice-président pour 1853


Mémoire sur Helvétius, par Jean Philibert Damiron

Lu dans la séance du 6 novembre 1852, puis du 8, et du 15 janvier 1853. Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 23, pages 5-43 ; tome 24, pages 5-57, tome 25, pages 345-371


Suite de la publication du Mémoire sur le Sânkhia par Barthélemy Saint Hilaire, dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 23, pages 301-338 ; tome 25, [1853] pages 145-183


Publication dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 24, pages 259-284 de Un Chapitre de Locke et de Leibnitz sur l’enthousiasme, par Jean Philibert Damiron

Avait été lu dans la séance du 18 septembre 1852, par Jules Barthélemy Saint Hilaire


Le 23 avril 1853, le secrétaire perpétuel [François Mignet] fait hommage à l’Académie, au nom de l’Académie de philosophie italienne, d’un exemplaire d’un ouvrage intitulé Essais de philosophie civile, publié par M. le professeur Girolamo Boccardo, secrétaire de la compagnie, et offert par M. Terenzio Mamiani [Genève, 1853, en italien]

Girolamo Boccardo est le secrétaire de l’Académie italienne de philosophie. Le comte Mamiani della Rovere [1800-1885] sera élu le 15 février 1869, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 7], en remplacement de Friedrich Trendelenburg [élu associé étranger le 20 mars 1869] ; puis élu associé étranger le 28 avril 1883, en remplacement de Sclopis de Salerano


Le samedi 14 mai 1853, le secrétaire perpétuel [François Mignet] fait hommage à l’Académie, au nom de l’auteur Charles Schmidt, professeur de théologie au séminaire protestant de Strasbourg, d’un exemplaire de son Essai historique sur la société civile dans le monde romain et sur sa transformation par le christianisme [1853]

Charles Schmidt [1812-1895] vient de publier son Essai historique [Strasbourg : C. F. Schmidt, in-8, IV-508 p., 1853]


Rapport, lu à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la séance du 14 mai 1853, sur les mémoires admis à concourir au prix de philosophie proposé en 1848 et à décerner en 1853, sur la comparaison de la philosophie morale et politique de Platon et d’Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières. Au nom de la section de philosophie, par Barthélemy Saint Hilaire

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 25, pages 373-404

Deux mémoires ont été envoyés. Le second [qui est de Paul Janet] et qui va obtenir le prix à l’unanimité de la section de philosophie, est la reprise approfondie du mémoire qu’il avait déjà envoyé pour concourir au prix proposé en 1848. Paul Janet [1823-1899] en fera la substance de  son Histoire de la philosophie morale et politique dans l’antiquité et les temps modernes [Paris : Ladrange, 2 volumes in-8, 1858, réédité en 1868 et en 1887]


Dans la séance publique annuelle du 25 juin 1853, lecture de la Notice historique sur la vie et les travaux de M. Jouffroy, par François Mignet, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 25, pages 197-229

Théodore Jouffroy [1796-1842] avait été élu à l’Académie des sciences morales, dans la section de morale, le 6 avril 1833, puis, le 9 décembre 1837, à la suite du décés de Laromiguière, autorisé à être transféré dans la section de philosophie.


Dans la séance du 4 juin 1853, lecture du Mémoire sur les Sectes juives avant le christianisme, par Adolphe Franck

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 25, pages 271-299


Dans la séance du 2, du 16 juillet, du 13 août 1853, du 3 septembre 1853, du 15 et du 22 octobre 1853, du 3 décembre 1853, lecture par le secrétaire perpétuel [François Mignet] d’un Mémoire de M. Bartholmèss, sur les Doctrines religieuses de Leibnitz, de ses continuateurs et de ses advesaires

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 26, pages 141-160 ; pages 243-262 ;


Dans la séance du 16 juillet 1853, puis du 13 août 1853, du 17 septembre 1853, du 8 octobre 1853, 15 octobre, du 29 octobre 1853, 5 novembre 1853, Jules Barthélemy Saint Hilaire fait une communication sur les Vedas

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 26, pages 321-347 ; tome 27, 1854, pages 39-64, pages 203-226

À la suite de ces interventions V. Cousin présente des observations


Dans la séance du 30 juillet 1853 ; du 6 août 1853, Adolphe Franck lit une notice sur Machiavel

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 26, pages 27-63


Dans la séance du 10 septembre 1853, puis du 24 septembre 1853, et du 8 octobre 1853, lecture du Mémoire sur la persistance de la personnalité après la mort, par Hervé Bouchitté. Résumé critique des opinions philosophiques et religieuses sur l’existence, la nature et les destinées de l’âme humaine, depuis le commencement de l’ère chrétienne jusqu’à nos jours

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 26, pages 161-230. Le mémoire est envoyé à la section de philosophie.

L’abbé Hervé Bouchitté [1795-1861], théologien, est déjà intervenu à l’Académie des sciences morales et politiques : en juin et août 1840, sur l’Histoire des preuves de l’existence de Dieu ; en juillet et août 1842, sur la notion de Dieu dans ses rapports avec l’imagination et la sensibilité


Dans la séance du 22 octobre 1853, Adolphe Franck lit un mémoire sur Paracelse et l’alchimie au XVIème siècle

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 26, pages 371-393


Rapport sur un Mémoire de Francisque Bouillier, ayant pour titre : De la Vision en Dieu, de Malebranche, par Jean Philibert Damiron, lu dans la séance du 19 novembre 1853

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1853, tome 26, pages 425-430

J. P. Damiron propose la publication du mémoire dans la Recueil des savants étrangers

Le Mémoire sur la vision en Dieu de Malebranche avait été lu à l’Académie des sciences morales et politiques, par Francisque Bouillier [1813-1899], dans les séances du 24 avril et du 1er mai 1852 [et publié en tiré à part : Orléans : impr. de Coignet-Darnault, in-8, 62 p., 1852]. Francisque Bouillier sera l’éditeur de la Recherche de la vérité de Malebranche en 1880


Dans la séance du 12 novembre, du 19 novembre, du 26 novembre 1853, du 3 décembre 1853, du 17 décembre 1853, Jean Philibert Damiron lit un Mémoire sur d’Alembert

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1854, tome 27, pages 65-127 ; 227-282


Dans la séance du 24 décembre 1853, l’Académie reçoit Essai sur l’inégalité des races humaines, par Arthur de Gobineau, premier secrétaire de la légation de France en Suisse. François de Rémusat veut bien prendre connaissance de cet ouvrage, et en faire l’objet d’un rapport à l’Académie

Arthur de Gobineau [1816-1882], qui a été le chef de cabinet d’A. de Tocqueville, ministre des Affaires étrangères [juin 1849], vient de publier les premiers volumes de son Essai sur l’inégalité des races humaines [Paris : Firmin-Didot, 4 volumes, 1853-1855]


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin

Lettre de Mérimée

P. Mérimée dans une lettre à Mme de Boigne témoigne du voyage de V. Cousin en Angleterre : «Attendu qu'il serait à Londres incognito et qu'il ne voulait voir que les rues, j'en conclus qu'il est chargé de la négociation la plus mystérieuse.» [20 juillet 1853]


Lettre de l’Ami de la Religion pour V. Cousin

« Monsieur

Vous avez du être étonné de ne pas voir paraître l’article de M. Cousin dans le dernier numéro de l’Ami de la Religion

Un scrupule assez grave vient de m’arrêter. En relisant attentivement les fragments que vous m’avez remis, j’y ai trouvé cette phrase : «La philosophie et la Religion ne diffèrent que par les formes, qui les distinguent sans les séparer.»

Or, cette phrase est capable de soulever des orages. Contre les intentions de M. Cousin, j’en suis convaincu, elle renferme un sens erroné, parce qu’elle suppose qu’il n’y a pas, entre l’ordre surnaturel et l’ordre naturel, d’autre différence que celle des formes ; ce qui est une erreur fort grave. Dans l’intérêt de M. Cousin, j’ai cru que nous ne pouvions reproduire ce passage. Il serait à désirer que M. Cousin le corrigeât, s’il en est temps encore, et ne fournit pas à ses ennemeis le prétexte de l’accuser d’hétérodoxie. Il pourrait, sur la raison et la foi, sur l’ordre naturel et surnaturel et leurs rapports, consulter le récent ouvrage de M. L’abbé Icard, t. III, p. 27 «et 99 entre autres, où l’auteur traite, ou plutôt indique en termes théologiquement très exacts cette grave question.

Je vous prie de croire que je suis très contrarié de l’impossibilité où je me trouve de parler en ce moment de M. Cousin comme je le voudrais, et comme au fond il le mérite. Mais, pour nous plus que pour tout autre journal, il faut que nous pratiquions le mot de cet ancien : « Amicus Plato, magis amica veritas. »

Veuillez agréer, avec mes remerciements, l’assurance de mon respectueux dévouement.

L’Abbé J. Cognat. » [Paris, 20 novembre 1853]

L’abbé Joseph Cognat [1821-1887] est le tout récent rédacteur en chef du journal L’Ami de la Religion . Il avait été sollicité, par V. Cousin, ou par un intermédiaire, pour rédiger un compte-rendu Du Vrai, du beau et du bien, que V. Cousin venait tout juste de publier.


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin

Hippolyte Castille, dans Les Hommes et les moeurs en France sous le règne de Louis-Philippe [Paris : P. Hanneton, in-8, XII-383 p., 1853], dresse un portrait charge de l’éclectisme, dans le chapitre VII [pages 189-217]. Le chapitre VIII, p. 218 sq. est consacré à une série de portraits de philosophes contemporains : MM. Cousin, Théodore Jouffroy, Auguste Comte, de Lamennais, Pierre Leroux, P. J. Proudhon

Hippolyte Castille [1820-1886], romancier populaire et journaliste, généralement hostile à l’esprit libéral, fit partie de groupes socialistes dans la période de la Révolution de 1848


Le portrait louangeur de V. Cousin par François Mignet

À l’occasion de l’éloge de T. Jouffroy prononcé par François Mignet, dans la séance publique annuelle de l’Académie des sciences politiques le 25 juin 1853, F. Mignet trace un portrait louangeur de V. Cousin :

« Un jeune disciple de ces deux maîtres [Laromiguière, Royer-Collard], préférant la doctrine la plus vaste à la plus bornée, la théorie rajeunie de la raison à la théorie épuisée de la sensation, avait transporté à son tour cet enseignement à l’École normale, dans une conférence qui lui avait été confiée. Il professait à un âge où d’ordinaire on apprend encore. Doué d’une intelligence puissante et étendue, animé d’une curiosité universelle, érudit avec discernement, dogmatique avec choix, éloquent avec familiarité, M. Cousin, que nous avons vu pendant plus de trente années, historien infatigable des idées, critique sans égal des systèmes, parcourir toutes les théories sans se contenter d’aucune, demander la vérité à tous les temps, suivre ainsi le travail de l’humanité dans le travail de tous les grands hommes, et avec les débris épars des constructions des philosophes élever l’édifice même de la philosophie ; M. Cousin, alors penseur déjà éminent et professeur persuasif, ayant le double don de produire des idées et de susciter des esprits, communiqua à M. Jouffroy l’ardeur qu’il ressentait lui-même, et l’enrôla dans cette armée entreprenante qu’il mit au service de la raison et de l’histoire, où M. Jouffroy combattit glorieusement à ses côtés, sous la bannière relevée du spiritualisme, pour la défense des grandes vérités de l’ordre moral. » [publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, tome 25, pages 197-229]



Le 22/02/2018