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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1851
  


En 1851 V. Cousin [1792-1867] a cinquante huit ans [il aura cinquante neuf ans le 28 novembre 1851]. L’année 1851 est celle du Coup d’État de décembre 1851, qui accélère la perte d’influence de V. Cousin. Celui-ci, relayé par Jean Philibert Damiron et Adolphe Franck, n’a plus guère d’influence directe que sur l’Académie des sciences morales et politiques, avec le jeu habituel de la lecture de mémoires, de rapports, ou de sujets mis au concours.


Résumé des années précédentes.


1820-1828.

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde au cours de son troisième voyage en Allemagne, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].


1826-1828. Fragments philosophiques.

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840.

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.


Le feu croisé des critiques.

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].

D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.


Perte d’influence.

La Révolution de 1848, avec, pour quelques mois, l’instauration de la République, puis le Coup d’État de décembre 1851 rejettent dans le passé la période ouverte en 1830. V. Cousin est devenu un homme de ces temps révolus. Déjà depuis longtemps absent de l’enseignement philosophique, il se tourne alors amoureusement vers l’histoire des grandes dames du XVIIème siècle, tout en continuant à orienter les travaux de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.


L‘année 1851


Éléments biographiques.

Comme en témoigne une lettre de Sainte-Beuve à V. Cousin [13 mai 1851], ce dernier, en mai 1851, se plaint de souffrir des yeux.


Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.

Agrégation de philosophie.

Le conseiller d’État Joseph Marie Portalis [1778-1858] a succédé à V. Cousin, comme président du jury. Sont reçus, en 1851 : Frédéric de Suckau, Louis Aubée.

À la suite de l’échec de Taine et de la polémique provoquée par cette injustice flagrante, l'agrégation de philosophie sera supprimée en 1852 et ne sera rétablie qu'en 1863 par Victor Duruy.


Édouard [Frédéric] de Suckau.

Frédéric de Suckau. [1828-1867]. Agrégation de philosophie en 1851. Docteur ès-lettres avec une thèse Étude sur Marc-Aurèle. Sa vie et sa doctrine. [Paris,1857]. La thèse latine porte sur la doctrine métaphysique et morale de Lucrèce. Professeur à la Faculté des lettres d’Aix.

Traduit des romans allemands en français, ainsi que la Dramaturgie de Hambourg de G. E. Lessing, parue posthume en 1869. Édite un Dictionnaire latin-français contenant tous les termes employés par les auteurs classiques [1865].


Louis Aubée.

Louis Benjamin Aubée. [1826-1887]. Études au lycée Henri-IV. Ancien élève de l’École normale [1847]. Agrégation de philosophie en 1851. Docteur ès-lettres avec une thèse sur Saint Justin, philosophe et martyr. [Paris, 1861]. La thèse latine porte sur l’Empereur Constantin.

Enseigne successivement à Pau, Angoulême, Orléans, à la Faculté des lettres de Douai, puis professeur de philosophie au lycée Fontanes [actuel lycée Condorcet], où il enseigne une vingtaine d’années jusqu’à sa mort.

Publie de nombreux travaux sur sur les premiers siècles chrétiens.


L’échec de Taine

Au mois d'août 1851, H. Taine, ancien élève de l’École normale [1848] échoue à l'agrégation de philosophie. Déclaré admissible, il se heurte lors de l’épreuve orale à l'hostilité du jury devant ses opinions à propos du Traité de la connaissance de Dieu de Bossuet. L'agrégation de philosophie sera supprimée en 1852 et ne sera rétablie qu'en 1863 par Victor Duruy.


Article dans la Revue des Deux Mondes.

[Nouvelle défense des] Principes de la Révolution française et du gouvernement représentatif. Revue des Deux Mondes, 1er avril 1851, tome 88, pages 5-46.

Incipit : « [...] Mes principes politiques ne sont pas longs à exposer. Je ne les emprunte point à un système abstrait et arbitraire éclos dans les rêves d'un solitaire ; je les tire du foyer même de la réalité la plus vive, de la conscience populaire : ils se réduisent à l'intelligence et à l'amour de la révolution française.

Je suis né avec la révolution française. Dès que mes yeux se sont ouverts, j'ai vu flotter son drapeau, tout à tour sombre et glorieux. J'ai appris à lire dans ses chansons : ses fêtes ont été celles de mon enfance. ».

Ce texte prépare la publication des Discours prononcés à la Chambre des Pairs : Des Principes de la Révolution française et du gouvernement représentatif ; suivi des Discours politiques [1864].


Article dans la Revue des Deux Mondes.

Lettres nouvelles de Madame de Longueville, parues dans la Revue des Deux Mondes, 1er août 1851, pages 393-437. Repris comme tiré à part.


Articles dans le Journal des savants.

Publication dans le Journal des savants d'une série d'articles sur les Lettres inédites de madame la duchesse de Longueville à madame la marquise de Sablé. Journal des savants, premier article, août 1851, pages 449-462 ; deuxième article, octobre 1851, pages 598-609 ; troisième article, novembre1851, pages 674-699 ; quatrième article, décembre 1851, pages 709-735. Les articles continueront d'être publiés en 1852.

Incipit du premier article : « En faisant, il y a quelque temps, des recherches dans les fonds inépuisables des manuscrits de notre grande Bibliothèque nationale, avec un de ses conservateurs, les plus instruits et les plus zélés, M. Hauréau, nous rencontrâmes un coffret de fer-blanc où reposait sous une assez vieille poussière un amas de papiers. Au premier coup d'oeil je reconnus l'écriture de Madame de Longueville [...] ».


À l'Académie française.

Élection et réception.

Charles de Montalembert [1810-1870], est élu le 9 janvier 1851, au fauteuil 21, en remplacement de François Xavier Joseph Droz [1773-1850], décédé le 9 novembre 1850. Sur trente votants, dès le premier tour, Montalembert obtient 25 voix, Alfred de Musset 2 voix [dont celle de V. Hugo], François Ponsard 2 voix. Victor Cousin n’est pas présent à cette séance.

Alfred de Musset sera élu le 12 février 1852 ; François Ponsard sera élu le 22 mars 1855.

Charles de Montalembert sera reçu le 5 février 1852, par François Guizot.


Désiré Nisard [1806-1888], élu le 28 novembre 1850, en remplacement de Dorimond de Féletz, décédé le 11 février 1850, est reçu le 22 mai 1851, par Saint Marc Girardin [1801-1873].


À l'Académie des sciences morales et politiques.

Observations.

V. Cousin [avec Ch. Giraud et F. Mignet] fait [janvier 1851] des Observations à la suite de la communication relative aux Mémoires de Richelieu par M. L. Ranke. V. Cousin, pour sa part, croit plutôt à l'authenticité de ces Mémoires.

Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1851 tome 19, pages 17-19.


Présentation d'un ouvrage de C. Bartholmèss.

V. Cousin, le 8 février 1851, présente à l'Académie des sciences morales et politiques, au nom de l'auteur, M. Christian Bartholmèss, un exemplaire de l'Histoire philosophique de l'Académie de Prusse depuis Leibnitz jusqu'à Schelling, particulièrement sous Frédéric le Grand, en 2 volumes in-8.

V. Cousin fait un Rapport verbal dans lequel il expose les mérites et l'utilité de cet ouvrage.


Christian Bartholmèss.

Christian [Jean Guillaume] Bartholmèss [1815-1856], Professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg. Il avait déjà été en relation avec l’Académie des sciences morales et politiques, en concourant sur la Théorie de la Certitude [mis au concours en mai 1843], pour lequel il avait obtenu une mention honorable en décembre 1846 [Auguste Javary obtenant le prix]. Auteur d’un Giordano Bruno [1846-1847], avait obtenu un doctorat ès-lettres, avec une thèse sur Huet, évêque d’Avranches, ou le scepticisme théologique [Paris, décembre 1849].

L’Histoire philosophique de l'Académie de Prusse depuis Leibniz jusqu'à Schelling, particulièrement sur Frédéric-le-Grand, vient de paraître : Paris : Marc Ducloux. 2 volumes in-8. 1850-1851.

Christian Bartholmèss sera élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, le 11 février 1854, section de philosophie [place 4 bis], en remplacement de Joseph Willm [1792-1853], décédé le 7 février 1853.


Sujet mis au concours.

Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, est mis au concours, le 15 novembre 1851 : Du Sommeil du point de vue psychologique (terme le 31 décembre 1853).


Le programme est défini de la manière suivante :

Quelles sont les facultés de l’âme qui subsistent ou sont suspendues ou considérablement modifiées dans le sommeil ?

Quelles différences y a-t-il entre rêver et penser ?

Les concurrents comprendront dans leurs recherches le somnambulisme et ses différentes espèces.

Dans le somnambulisme naturel y a-t-il conscience et identité personnelle ?

Le somnambulisme artificiel est-il un fait ?

Si c’est un fait, l’étudier et le décrire dans ses phénomènes les moins contestables, reconnaître celles de nos facultés qui y sont engagées, et essayer de donner de cet état de l’âme une théorie, selon les règles d’une saine méthode philosophique.


Sur rapport de F. Lélut, le 19 août 1854, le prix [d’une somme de quinze cents francs] sera décerné à M. Albert Lemoine [1824-1874]. Albert Lemoine ancien élève de l’École normale [1847], agrégé de philosophie en 1847, docteur ès-lettres [Paris, 1850] est alors professeur de philosophie à Nantes.


Dans la séance du 8 novembre 1851, V. Cousin fait hommage à l’Académie, au nom de l’abbé Rosmini-Serbati, correspondant de la section de philosophie d’un ouvrage en deux volumes intitulé Psychologie ; ouvrage dont V. Cousin fait ressortir les mérites.

L’abbé Antonio Rosmini-Serbati [1787-1855] avait été élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 6], le 22 janvier 1848, en remplacement du baron Pasquale Gallupi [1770-1846], décédé le 13 décembre 1846.


La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques

Le 25 janvier 1851, rapport par Barthélemy Saint-Hilaire, au nom de la section de philosophie, sur le sujet mis au concours sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du Budget, le 3 juin 1848,. Le sujet proposé pour le prix était le suivant : « Comparer la philosophie morale et politique de Platon et d’Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières. Apprécier ce qu’il y a de temporaire et de faux, et ce qu’il y a de vrai et d’immortel dans ces différents systèmes. ».

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 103-109.

Le prix n’est pas accordé. Remis au concours au 31 décembre 1852. Sur le rapport de Barthélémy Saint Hilaire, les 2 avril-4 mai 1853, le prix sera décerné à Paul Janet [1823-1899], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Strasbourg.


Mémoire sur les Doctrines religieuses et philosophiques des Perses, par Adolphe Franck.

Communication faite le 28 décembre 1850 ; puis le 1er mars 1851. Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 109-143.


Mémoire sur la vie et les doctrines du baron d’Holbach, par Jean-Philibert Damiron.

Lu dans la séance 15 février, du 1er mars, du 8 mars, du 15 mars1851. Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 253-283, et pages 381-420.


Premier Mémoire sur le Sânkhya, par Barthélemy Saint Hilaire.

Lu dans la séance du 1er mars, du 5 avril, du 3 mai, 17 mai, 31 mai 1851, 21 juin 1851, 5 juillet 1851, 22 novembre 1851 [dans cette séance le texte de Barthélemy Saint Hilaire est lu par François Mignet].

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 439-455 ; dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 20, pages 145-180 ; et pages 309-332.

Le Premier Mémoire sur le Sankhya, par Barthélemy Saint-Hilaire [lu dans les séances des 5 avril ; 3, 17, 31 mai ; 2& juin ; 5 juillet ; 22 novembre 1851 ; et 10 janvier ; 7 et 28 février 1852] est publié également dans : Mémoires de l’Académie royale des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 8, Paris : Librairie de Firmin Didot frères, 1852, pages 107-560.


Le 1er mars 1851, Adolphe Franck fait l’hommage de la neuvième livraison du Dictionnaire des sciences philosophiques.

La première édition du Dictionnaire des sciences philosophiques par une société de professeurs de philosophie [édité par Adolphe Franck, qui fera apparaître son nom dans les éditions ultérieures de 1875 et de 1885] paraît de décembre 1843 à 1852, en plusieurs livraisons, à raison d’un fascicule par an. La Préface de l’ouvrage est signée au 15 novembre 1843.


Mémoire sur la nature et les principes de la morale, lu par Adolphe Garnier, dans la séance du 8 décembre 1850. Adolphe Garnier [1800-1864] est alors professeur dans la chaire de Philosophie de la Faculté des lettres de l’Académie de Paris.

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 457-472.


Rapport verbal d’Adolphe Franck sur une brochure d’Ernest Naville, intitulée : Notice historique et bibliographique sur les travaux de Maine de Biran, offert en hommage à l’Académie par Adolphe Franck. Lu dans la séance du 26 avril 1851.

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 490-493.


Ernest Naville

Ernest Naville [1816-1909]. Né le 13 décembre 1816, à Chancy [Suisse] ; mort le 3 mai 1909.

Professeur d’histoire de la philosophie à l’Académie de Genève [1844-1848]. Puis, de 1849 à 1857, directeur d’un gymnase libre. Professeur d’apologétique à l’Académie de Genève [1860-1861].

En 1849 publie une notice sur Maine de Biran [qui paraît dans le Dictionnaire des sciences philosophiques d’A. Franck] ; et en 1851 : Notice historique et bibliographique sur les travaux de Maine de Biran [Genève : impr. de F. Ramboz, in-8, XXXIV-51 p.]. En 1854, Maine de Biran, sa vie et ses pensées [Paris : J. Cherbuliez, in-8, XXXV-421, 1857], réédité en 1874 [Paris : Didier, in-8, XI-459 p., 2ème édition ; 3ème édition à la même date.] En 1859, avec la collaboration de Marc Debrit, les Œuvres inédites de Maine de Biran [Paris : Dezobry, E. Magdeleine et Cie, 3 volumes in-8, 1859].

Il sera élu le 1er avril 1865, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 7], en remplacement de l’abbé baron Ignaz von Wessemberg [1774-1860], décédé le 9 août 1860, Sera élu associé étranger le 3 avril 1886 [fauteuil 1], en remplacement de Mamiani della Rovere [1800-1885], décédé le 21 mai 1885.


Notice sur un manuscrit inédit de Maine de Biran, par Ernest Naville. Lu dans la séance du 3 mai 1851.

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 20, pages 5-22, au titre des Communications des savants étrangers. Sera également publié en tiré à part [Paris : imp. de Panckoucke, in-8, 22 p., 1851].


Dans les séances du 3 mai, du 17 mai, du 31 mai 1851 ; du 21 juin 1851 ; du 5 juillet 1851, Barthélemy Saint Hilaire poursuit la lecture de son Mémoire sur le Sânkhya.


Dans la séance du 24 mai 1851 ; puis du 16 août 1851 ; et du 27 septembre 1851, Eugène Cauchy est admis à lire un travail intitulé Études sur Domat. À la suite de cette lecture, Ch. Giraud et Portalis présentent quelques observations.

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 20, pages 181-202 et pages 369-383.


Eugène Cauchy.

Eugène Cauchy [1802-1877], auditeur au Conseil d’État [1828], puis maître des requêtes, en service extraordinaire participe au comité de l’Intérieur [1836]. Garde des archives de la Chambre des pairs [1836-1848], Quitte le Conseil d’État en 1849, et se consacre à des études juridiques et historiques. Sera élu membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, section de Législation, en juin 1866.


Dans la séance du 5 avril 1851, Brierre de Boismont est admis à lire un Mémoire sur l’Analyse des derniers sentiments exprimés par les suicidés dans leurs écrits.

Publication dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 20, pages 95-98.


Alexandre Brierre de Boismont.

L’aliéniste Alexandre Brierre de Boismont [1798-1881], né le 18 octobre 1798, à Rouen ; mort le 25 décembre 1881, à Saint-Mandé.

Thèse de médecine en 1825. Travaille à la Salpêtrière. Directeur d’une maison de santé. A publié en 1850, comme tiré à part des Annales médico-psychologiques, De l’Ennui, taedium vitae. [Paris : impr. de L. Martinet, in-8, 41 p., 1850]. Cette brochure avait fait l’objet d’un Rapport verbal par Adolphe Franck, dans la séance du 7 décembre 1850 de l’Académie des sciences morales et politiques.

Son livre sur Des Hallucinations, ou Histoire raisonnée des apparitions, des visions, des songes, de l’extase, du magnétisme et du somnambulisme [1845] fera également l’objet, pour sa seconde édition de 1852, d’un Rapport verbal d’Adolphe Franck, publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1852, tome 22, pages 321-322. Au moment de sa première édition [1845] l’ouvrage avait fait l’objet d’une critique par Alfred Maury [1817-1892], qui avait fait à l’Académie l’hommage d’une brochure rédigée contre le texte de Brierre de Beaumont.


Publication dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 19, pages 457-472 du Mémoire sur la Nature des principes de la morale et sur leur universalité, par Adolphe Garnier, lu dans la séance du 7 décembre 1850.

Adolphe Garnier publie à la même époque : Morale sociale, ou Devoirs de l'État et des citoyens en ce qui concerne la propriété, la famille, l'éducation, la liberté, l'égalité, l'organisation du pouvoir, la sûreté intérieure et extérieure, par Adolphe Garnier. Paris : L. Hachette, in-8, 396 p., 1850.


Adolphe Garnier.

[Louis] Adolphe Garnier [1800-1864], né le 28 mars 1800, à Paris ; mort le 4 mai 1864, à Jouy en Josas [Seine et Oise, aujourd’hui Yvelines].

Études au collège Bourbon [actuel lycée Condorcet]. Prix de philosophie au concours général. Bachelier ès-lettres, licencié en droit. Agrégé de philosophie en 1827, professeur de philosophie au collège de Versailles [1827], professeur de philosophie au collège Saint-Louis [1833], maître de conférences à l’École normale [1834-1835], professeur au Lycée Louis le Grand [1835-1838], puis à nouveau au lycée Saint-Louis [1838-1840].

Il fait éditer en 1836 le cours de philosophie prononcée à la Faculté des lettres en 1818, par V. Cousin, portant sur le Fondement des idées absolues du vrai, du beau et du bien.

Docteur ès-lettres avec une thèse : Critique de la philosophie de Thomas Reid [Paris,1840]. La même année [1840] agrégé près de la Faculté des lettres. Professeur au lycée Henri-IV [1840-1841].

Professeur suppléant à la Faculté des lettres de Paris [1838-1842], puis professeur-adjoint [1842-1845]. En 1850, il est depuis cinq ans titulaire de la chaire de Philosophie à la Faculté des lettres de l’Académie de Paris, où il succède à T. Jouffroy, dont il a été le suppléant.

Rédige les notices T. Jouffroy et Royer Collard dans le Dictionnaire des sciences philosophiques de A. Franck.

Sera élu, le 18 février 1860, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], en remplacement d’Alexis de Tocqueville, décédé le 16 avril 1859. C’est le fauteuil que Théodore Jouffroy avait occupé de 1833 à 1837.

Lecture, dans la séance du 19 juillet 1851, par François Mignet, au nom de Maugin d’un Mémoire sur la philosophie du langage.


Mémoire sur les phénomènes et les principes de la vie, par Francisque Lélut. Lu par François Mignet, dans la séance du 11 octobre 1851.

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1851, tome 20, pages 333-350.


Lecture, par Adolphe Franck d’un Mémoire intitulé : Résumé sur la théorie de la sensibilité.


Lecture par Jean Philibert Damiron d’un Mémoire sur Diderot, dans la séance du 13 décembre 20 et du 27 décembre 1851.

Publié dans Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1852, tome 21, pages 29-40 et 97-133.


Lecture par Jules Barthélemy Saint Hilaire d’un Mémoire sur l’histoire du syllogisme.


Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.

En italien :

L’introduction a Adamo Smith, la sua vita e le sue opere, del signor V. Cousin.

Comme introduction à Adam Smith, Richerche sopra la natura e le cause della ricchezza delle nazioni. Traduzione eseguita sull’ultima edizione inglese del signor Mac Culloch, preceduta dalla vita dell’autore, del signor V. Cousin.


En anglais :

Elements of psychology, included in a critical examination of Locke's Essay on the human understanding, by Victor Cousin, translated from the French, with an introduction and notes, by C. S. Henry. London : T. Delf, in-8, XXIV-316 p., 1851.

Réédité en 1856 à New York.

Comprend les leçons 16 à 25 du cours de 1828-1829 publié en 1829 sous le titre : Cours de l'histoire de la philosophie. Histoire de la philosophie du XVIIIème siècle. Préface de la troisième édition américaine.



Le 22/05/2018