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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1849
  En 1849 V. Cousin [1792-1867] a cinquante six ans [il aura cinquante sept ans le 28 novembre 1849]. V. Cousin n’a plus guère d’influence directe que sur l’Académie des sciences morales et politiques. Il tente cependant de regagner sa position comme président du jury d’agrégation, qu’il perdra à nouveau en 1851.
Le pamphlet de Giuseppe Ferrari dénonce son pouvoir quasi absolu sur le petit monde philosophique ; mais en réalité cette puissance appartient déjà au passé.

Résumé des années précédentes.
1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.

La Révolution de 1848.
La Révolution de Février 1848 instaure la Seconde République. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Pour quelques mois, avec la Commission du gouvernement pour les travailleurs [Commission du Luxembourg] le droit au travail est reconnu. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
Mais la dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, permettent l’écrasement dans le sang de la révolte ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’éxécutif. Enfin le 10 décembre 1848 Louis-Napoléon est élu Président de la République.
La succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès. Le coup d’État du 2 décembre 1851 est encore loin. Il lui reste à se réfugier dans le travail…

1849

ÉLÉMENTS INSTITUTIONNELS DE L’HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE.
Agrégation.
V. Cousin est à nouveau le président du jury d’agrégation [il avait été remplacé dans cette fonction en 1847 et en 1848, par l’inspecteur général Georges Ozaneaux]. Sont membres du jury : Georges Ozaneaux, inspecteur général des études ; Joseph Danton, inspecteur de l’Académie de Paris et Charles Mallet, inspecteur de l’Académie de Paris depuis 1848 ; l’abbé Noirot, professeur de philosophie au lycée de Lyon.
Sur quinze candidats, dix ont été déclarés admissibles aux épreuves orales. Deux candidats ont été reçus.
Sont reçus en 1849 : Paul Challemel-Lacour, élève sortant de l’École normale supérieure [promotion 1846] ; Adrien Delondre, ancien élève de l’École normale supérieure [1845], chargé du cours de philosophie au lycée de Chaumont.
Ont été refusés, mais signalés à « la bienveillance du ministre » Cahen, Jean Félix Nourrisson, qui sera reçu à l’agrégation de philosophie en 1850, Dubouzet. Ni Cahen, ni Dubouzet n’obtiendront ultérieurement l’agrégation.
[Le rapport de V. Cousin au ministre de l’Instruction publique , en date du 5 septembre 1849 est publié dans le Journal général de l’instruction publique et des cultes, volume 18, mercredi 12 septembre 1849, n°73, pages 401-402 ]

Paul Challemel-Lacour.
Paul [Armand] Challemel-Lacour [1827-1896]. Né le 19 mai 1827, à Avranches [Normandie] ; mort le 26 octobre 1896, à Paris.
Études à Avranches, puis, boursier, continue ses études à Paris. Ancien élève de l’École normale supérieure [1846]. Agrégation de philosophie en1849 [cette année sont reçus : Paul Challemel-Lacour ; Adrien Delondre] . Professeur au lycée de Pau [1849] ; au lycée de Limoges [1851].
Arrêté au Coup d’État de 1851, est incarcéré plusieurs mois, puis expulsé de France. Réside quelques temps en Belgique, puis se rend en Suisse, où il est professeur de littérature française au Polytechnicon de Zurich [1856]. Il reste en relation avec d’autres exilés, comme Edgar Quinet, Jean Baptiste Charras.
Sa requête pour rentrer en France en 1857 est rejetée. Se rend en Allemagne les étés 1857 et 1858. Il étudie Kant, et fait la connaissance d’Arthur Schopenhauer, sur lequel il écrira, quelques années plus tard, un article. Bénéficie de l’amnistie de 1859 et rentre en France.
Un projet d’un cours sur l’histoire de l’art n’aboutit pas. Traduit et édite l’Histoire de la philosophie moderne d’Heinrich Ritter [Histoire de la philosophie moderne de Henri Ritter. Traduction française, précédée d’une introduction par Challemel-Lacour. Paris : Ladrange, 3 volumes in-8, 1861]. Gagne sa vie comme journaliste : critique littéraire au Temps ; gérant de la Revue des Deux-Mondes ; directeur de la Revue politique.
En 1861, traduit de l’allemand de Richard Wagner, Quatre poèmes d’opéras, précédés d’une lettre sur la musique [Paris, in-16, 1861]. En 1864, fait paraître : La Philosophie individualiste. Étude sur Gui!llaume de Humboldt. [Paris : Germer Baillière, Bibliothèque de philosophie contemporaine. In-18, III-202 p.] qui a d’abord été publié dans la Revue germanique. Publie, dans la Revue moderne un article de critique artistique sur Le Salon de 1866 [tome 37, 1866, n°3]. Réédite en 1869 les Oeuvres de Mme d’Épinay, , réimprimé sur l’édition de Genève de 1759, avec une introduction par M. Challemel-Lacour [Paris : A. Sautou, 2 volumes in-18, 1869]. En 1870, publie Un boudhiste contemporain en Allemagne, Arthur Schopenhauer [Paris : Bureau de la Revue des Deux-Mondes. 1870], qui sera réédité en 1933, en annexe d’une réédition d’un texte posthume : Études et réflexions d’un pessimiste [Paris. 1933].

Participe à la vie politique et fait partie du groupe de républicains qui militent autour de Gambetta [il est un temps rédacteur à la République française, organe de Gambetta]. À la chute du second Empire [septembre 1870] est nommé par le gouvernement de Défense nationale préfet du Rhône [1870-1871] où il réprime le soulèvement révolutionnaire de Lyon. Il démissione en février 1871. [5 février].
Il est élu à l’Assemblée nationale, en janvier 1872, comme député des Bouches du Rhône ; puis est élu au Sénat, comme sénateur des Bouches du Rhône [30 janvier 1876].
Ambassadeur de France à Berne [1879] ; puis à Londres [1880], il démissionne en 1882. Est nommé ministre des Affaires étrangères en février 1883, sous le ministère Jules Ferry [21 février-20 novembre 1883]. Se retire en novembre 1883.
Est élu à nouveau au Sénat en janvier 1885 [25 janvier], réélu en janvier 1894 [7 janvier] jusqu’à sa mort. Vice-président du Sénat en 1890, succède à Jules Ferry, comme président [27 mars1893-16 janvier 1896].
À sa mort Joseph Reinach publie Œuvres oratoires de Challemel-Lacour, avec une introduction et des notices [Paris : C. Delagrave, in-8, XXXI-596 p., 1896, réédité en 1897] ; puis en 1901 publie posthume : Études et réflexions d’un pessimiste [Paris : E. Fasquelle. In-12, 325 p., 1901].

Élu membre de l’Académie française, le 23 mars 1893, au fauteuil 29, en remplacement d’Ernest Renan [1823-1892], décédé le 2 octobre 1892. Est reçu le 25 janvier 1894 par G. Boissier.

Adrien Delondre.
Adrien Delondre[1824-1863]. Ancien élève de l’École normale [1845]. Agrégation de philosophie [1849]. Docteur ès-lettres [Paris, avril 1855]. avec une thèse sur Doctrine philosophique de Bossuet sur la connaissance de Dieu [Paris : A. Durand. In-8? , V-453 p., 1855]. La thèse latine porte sur Les Mouvements du corps.
Professeur à la Faculté des lettres de Douai [1857]. Professeur à la Faculté des lettres de Besançon.

Élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1849.
Charles Louis Alexandre Henri Audigier [futur journaliste], Emile Belot [qui sera reçu à l’agrégation des lettres en 1855], Pierre Brach [qui sera reçu à l’agrégation des lettres en 1855], R. Dumas, L. Dupré, Jules Yves Antoine Duvaux [futur ministre de l’Instruction publique], Fornet, Gaucher, L. Gauthiez, Octave Gréard [qui sera reçu à l’agrégation des lettres en 1855], George Maurice Guiffrey [futur sénateur], Ch. Lalande, Lebarbier, Pierre Émile Levasseur [futur membre de l’Institut], Marcilly, Marot, Ponsot, Lucien Anatole Prevost-Paradol [qui sera docteur ès-lettres en 1855], Reynald, Charles Edmond Villetard de Prunières [futur homme de lettres].

Édition en cours.
Fait paraître en 1849, en latin, le premier volume de Pierre Abélard (1079-1142).
Petri Abaelardi Opera hactenus seorsim edita nunc primum in unum collegit textum ad fidem librorum editorum scriptorumque recensuit, notas, argumenta, indices adjecit. [Volume I] Parisiis : A. Durand, in-4, VI-733 p., 1849.
C'est le premier volume. Il contient les lettres, les vers et les discours d'Abélard. Préface et notes en latin de V. Cousin.
Victor Cousin édite ce livre avec la collaboration de Charles Marie Gabriel [Bréchillet] Jourdain [1817-1886] et d’Eugène Despois [1818-1876]. Le second volume paraît en 1859.
Réédité, document électronique BNF, à partir d’une réédition de 1970.

Réédition de.
Justice et charité, par M. Victor Cousin, Paris : Pagnerre, in-18, 66 p., 1849.
Publié initialement en 1848, chez le même éditeur, dans la collection des Petits traités publiés par l’Académie des sciences morales et politiques.

Publication des Œuvres de V. Cousin.
Dans le cadre de la publication des Ouvrages de Victor Cousin, paraissent en 1849, chez Pagnerre, trois volumes : sous le titre général Œuvres de M. Victor Cousin, quatrième série Littérature.
Tome 1. Nouvelle édition, revue et corrigée. Blaise Pascal. Paris: Pagnerre, éditeur, 14 bis rue de Seine, in-12, 536 p., 1849.
Contient :
Préface de la nouvelle édition, pages 1-66. Signé décembre 1844.
Préface de la première édition, pages 67-102. Signé 15 décembre 1842.
Rapport à l’Académie française sur la nécessité d’une nouvelle édition des Pensées de Pascal [à l’occasion du concours ouvert pour l’éloge de Pascal]. Lu dans les séances du 1er avril, 1er mai, 1er juin, 1er juillet, 1er août 1842. Pages 103-116.

Tome 2. Nouvelle édition revue et corrigée. Jacqueline Pascal. Paris : Pagnerre éditeur, 14 bis rue de Seine, in-12, 416 p., 1849.
Contient :
Avant-Propos [de V. Cousin]. Signé 1er juillet 1849.
Incipit : « Dans le long commerce que j’ai entretenu avec Pascal, j’ai naturellement rencontré sa famille, son père Étienne, ses deux sœurs Gilberte et Jacqueline, toutes deux belles et spirituelles, dignes d’avoir place à côté de l’auteur des Provinciales et des Pensées ; et j’ai regretté « qu’on n’ait pas rassemblé ce qui reste de ces deux personnes diversement distinguées. Leurs écrits et leurs lettres, réunis à quelques pages de leur père, composeraient un volume qui serait une suite naturelle aux Œuvres de Blaise Pascal, et ferait mieux connaître cette admirable famille, que Richelieu avait devinée dès la première entrevue, et dont il avait dit qu’il en voulait faire quelque chose de grand [voyez t. 1 de cette série, p. 151]. Je parlais ainsi en 1842. Personne ne se présentant pour remplir cette humble tâche, j’ai mis moi-même la main à l’œuvre, et j’ai voulu du moins faire connaître Jacqueline Pascal. Deux fragments de ce petit travail ont été insérés il y a un an dans la Revue des Deux-Mondes [janvier 1844], et dans la Bibliothèque de l’École des Chartes [t. 5, 4ème livraison] […] ».

Tome 3. Nouvelle édition revue et corrigée. Fourier, Domat, Madame de Longueville, Kant, Santa-Rosa. Paris : Pagnerre, éditeur, 14 bis rue de Seine, in-12, 432 p., 1849.

Rapport :
Rapport [concernant l’agrégation des Facultés] adressé à M. le ministre de l’Instruction publique, par M. Cousin (6 décembre 1848), suivi des compositions de MM. Jourdain et Janet.
Est édité par le Ministère de l’instruction publique et des cultes [Paris : impr. de P. Dupont, in-8, 32 p.].
Ce rapport est suivi de la publication des dissertations des deux lauréats. La dissertation de Charles Marie Gabriel Béchillet Jourdain porte sur Quelle est la doctrine philosophique la plus appropriée aux principes et aux moeurs d’un peuple libre ?
La dissertation de Paul Janet porte sur Quel a été le rôle de la France en philosophie, à toutes les époques, et particulièrement au moyen-âge et au dix-septième siècle ?

À L’ACADÉMIE FRANÇAISE
Élection et réception.
Le duc Paul de Noailles [1802-1885], pair de France [1823-1848] est élu, au fauteuil 19, le 11 janvier 1849, en remplacement de René de Chateaubriand [1768-1848], décédé le 4 juillet 1848. Il est élu par 25 voix sur 31 votants. Honoré de Balzac recueille 4 voix. Deux billets nuls, un blanc.
Paul de Noailles est reçu le 6 décembre 1849 par Henri Patin [1793-1876].

Alexis de Guignard, comte de Saint-Priest [1805-1851], est élu le 18 janvier1849 [fauteuil 4], en remplacement de Jean Vatout [1791-1848], décédé le 3 novembre 1848.
Sont candidats : Honoré de Balzac, l’homme de lettres Philarète Chasles, Désiré Nisard, l’homme de théatre et romancier Saintine, Saint-Priest. Au troisième tour, sur vingt-sept votants, Saint-Priest obtient 14 voix, Nisard obtient 12 voix, Saintine 1 voix. Balzac avait obtenu 2 voix au premier tour [celles de V. Hugo et d’A. de Vigny]. Seul Désiré Nisard [1806-1888] sera élu ultérieurement [le 28 novembre 1850].
Il est reçu le 17 janvier 1850 par Emmanuel Dupaty [1775-1851].

À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Dans la séance du 6 janvier 1849, Barthélemy Saint-Hilaire est élu vice-président de l'Académie des sciences morales et politiques. C’est le médecin hygiéniste Louis Villermé [1782-1863], qui, ayant occupé la vice-présidence en 1848, devient, selon l’usage, président pour l’année 1849.
Le 15 décembre 1849, V. Cousin obtient la majorité des suffrages pour représenter l’Académie au bureau de l’Institut pendant l’année 1850.

Rapport verbal sur un ouvrage de Adolphe Garnier intitulé de La Morale sociale, ou des Devoirs de l’État et des citoyens en ce qui concerne la propriété, la famille, l’éducation, la liberté, l’égalité, l’organisation de son pouvoir, la sûreté intérieure et extérieure, par V. Cousin.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 16, pages 437-438.

LA PHILOSOPHIE À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Notice.
Notice sur la vie et l’oeuvre de Maïmonide, par Adolphe Franck.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 129-158.

Notice.
Notice sur Samuel Clarke, par Jean Philibert Damiron. Poursuite de la communication.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 31-55.

Lecture.
Barthélemy-Saint Hilaire lit son mémoire Sur la Méthode. Dans la séance du 10 février 1849.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 315-344.

Dans la séance du 3 mars 1849, Charles de Rémusat présente, au nom de l’auteur, Gruyer, professeur de philosophie à Bruxelles, une brochure ayant pour titre Controverse sur l’activité humaine et la formation des idées, et fait un Rapport verbal sur cette brochure.

Dans la séance du 21 avril 1849 Adolphe Franck présente à l’Académie un ouvrage de Grün sur le Vrai et le faux socialisme, le Communisme et son histoire, et fait de cet ouvrage un Rapport verbal.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 377-378.
Dans sa conclusion Adolphe Franck écrit : « Le nom du socialisme restera flétri dans l’histoire comme celui de l’athéisme, du matérialisme, de l’épicurisme, comme un signe funeste autour duquel s’est rallié un jour tout ce qu’il y a dans le cœur humain de passions violentes et immondes ».

Dans la séance du 12 mai 1849, Charles de Rémusat fait hommage à l’Académie, au nom de Louis Auguste Gruyer d’un ouvrage ayant pour titre Métaphysique de Descartes, rassemblée et mise en ordre, et fait un Rapport verbal sur cette publication.
Déjà dans la séance du 3 mars 1849, Charles de Rémusat avait présenté, au nom de l’auteur, Louis Auguste Gruyer, professeur de philosophie à Bruxelles, une brochure ayant pour titre Controverse sur l’activité humaine et la formation des idées, et avait fait un Rapport verbal sur cette brochure.
Louis Auguste Gruyer [1778-1866] est un essayiste et philosophe belge, auteur de plusieurs ouvrages de philosophie

Dans la séance du 19 mai 1849, Adolphe Franck présente un exemplaire de la brochure qu’il vient de publier sous le titre Le Communisme jugé par l’histoire.

Rapport sur un prix.
Adolphe Franck fait un rapport [séance du 3 novembre 1849] sur le concours de la section de morale [prix du Budget] du 16 et 23 mai 1846, sur l’Histoire des différents systèmes de philosophie morale qui ont été enseignés dans l’antiquité jusqu’à l’établissement du christianisme [terme du 30 septembre 1848]. Le prix est prorogé au 30 novembre 1851.
Le Rapport sera finalement lu dans les séances des19 mars, 22 et 29 avril, 6 et 13 mai 1852, et décerné à Jacques Denis [1821-1886], ancien élève de l’École normale, professeur de philosophie au collège de Tournon. Une mention honorable est décernée à Xavier Rousselot, régent de philosophie au collège de Troyes.
Jacques Denis fera paraître en 1856 : Histoire des théories et des idées morales dans l’antiquité, par J. Denis, ancien élève de l’École normale. Paris : Durand, 2 tomes in-8, VIII-423+453 p., 1856.

Lecture.
A. Franck continue et achève la lecture de son mémoire : Sur l’Objet et les principes de la morale. Dans la séance du 26 mai, puis du 2 juin 1849.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 413-441.

Lecture.
Dans la séance du 9 juin 1849, Hervé Bouchitté est admis à lire un second Mémoire : De la persistance de la personnalité après la mort. La lecture se continue dans la séance du 30 juin 1849.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 443-458.
Un premier mémoire sur ce sujet avait été lu en août 1846, et avait fait l’objet d’un Rapport d’Adolphe Franck, fait au nom de la section de philosophie, lu dans la séance du 30 janvier 1847 et publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 11, pages 169-187.
Un troisième Mémoire sur la persistance de la personnalité après la mort, Résumé critique des opinions philosophiques et religieuses sur l’existence, la nature et les destinées de l’âme humaine, depuis le commencement de l’ère chrétienne jusqu’à nos jours, sera lu ultérieurement par Hervé Bouchitté dans la séance du 10 septembre 1853, puis du 24 septembre 1853, et du 8 octobre 1853.

Dans les séance du 14, du 21 et du 28 juillet 1849, puis du 4 et du 11 août 1849 Jean Philibert Damiron lit un Mémoire sur Robinet et ses doctrines.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 16, pages 175-181.

Dans les séances du 11, 18 août, Charles Giraud commence et poursuit la lecture d’un Mémoire sur l’Égalité de Francisque Lélut. Le 25 août c’est Adolphe Franck qui poursuit la lecture. Le 8 septembre Charles Giraud poursuit et achève la lecture.
Publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 16, pages 233 sq. et 293-312.

Dans la séance du 27 octobre 1849, Adolphe Franck présente à l’Académie un écrit de Hervé Bouchitté, ayant pour titre Confiance en Dieu et courage, et fait de cet écrit l’objet d’un Rapport verbal.
Dans le Bulletin des séances du mois de novembre 1849 Adolphe Franck indique : « Ce sont quelques bonnes paroles, très concluantes et présentées sous une forme convenable, à l’adresse des ouvriers. C’est un encouragement au travail et à la confiance en Dieu. L’auteur ne s’est pas laissé entraîer à des considérations élevées qui ne seraient pas à leur place. Son livre est cependant animé d’excellents sentiments et parfaitement propres à atteindre le but qu’il se propose. Du reste, l’Académie connaît M. Bouchitté, et ce nouveau livre ne peut qu’augmenter la juste estime pour l’auteur que lui inspiraient ses précédentes communications ».

Hommage
Dans la séance du 10 mars 1849 de Lafarelle fait hommage de la brochure : Étude critique du vrai et sincère socialisme.
François Félix de Lafarelle-Rebourguil [1800-1872] est avocat et économiste. A déjà publié en 1839 : Du progrès social au profit des classes populaires non indigentes […] ou Études philosophiques et économiques sur l'amélioration matérielle et morale du plus grand nombre. Et en 1842 : Plan d'une réorganisation disciplinaire des classes industrielles en France. Sera député du Gard. Depuis 1846 [24 janvier] est correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’économie politique [place 6].

Dans la séance du 21 avril 1849, Adolphe Franck fait hommage à l’Académie d’un exemplaire de la septième livraison du Dictionnaire des sciences philosophiques, par une société de professeurs [Paris, 1848, in-8].
La première édition du Dictionnaire des sciences philosophiques par une société de professeurs de philosophie [édité par Adolphe Franck, qui fera apparaître son nom dans les éditions ultérieures de 1875 et de 1885] paraît de décembre 1843 à 1852, en plusieurs livraisons, à raison d’un fascicule par an. La Préface de l’ouvrage est signée au 15 novembre 1843. Une deuxième édition paraît en 1875, une troisième en 1885.

Élections à l’Académie des sciences morales et politiques.
Élection d’un membre libre.
*Alexandre Moreau de Jonnès [1778-1870], ancien militaire, et spécialiste des questions de statistiques, est élu le 3 février 1849, membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 3], en remplacement de Joseph Dutens [1765-1848], Inspecteur général des Ponts et Chaussées, décédé le 6 août 1848.
A. Moreau de Jonnès obtient 17 voix ; Gaston d’Audiffret, 10 voix ; Horace Say, 2 voix. S’était également porté candidat le philantrope Jean Baptiste Firmin Marbeau [1798-1875], spécialiste d’économie politique [mais il ne sera pas élu ultérieurement].
Le comte Gaston d’Audiffret [1787-1878], Président de chambre à la Cour des Comptes, sera nommé, par décret impérial, en avril 1855, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, au moment de la création de la section de politique.
Horace Say [1799-1860], Conseiller d’État, sera élu membre libre en février 1857, au moment de la création d’un sixième fauteuil des membres libres.
Après sa mort, le 28 mars 1870, Alexandre Moreau de Jonnès est remplacé par l’avocat Charles Vergé [1810-1890], élu le 23 juillet 1870.

Élection de Léon Faucher.
*Léon [Léonard Joseph] Faucher [1803-1854], Ministre de l’intérieur en 1849 [il le sera à nouveau en 1851], est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques, le 3 février 1849, dans la section d’économie politique [fauteuil 1], en remplacement de Pellegrino Rossi [1787-1848], décédé le 15 novembre 1848.
Il y a 24 votants, la majorité absolue est 13. Léon Faucher est élu dès le premier tour avec 15 voix ; Michel Chevalier [1806-1879], professeur d’économie politique au collège de France, obtient 9 voix.
Michel Chevalier [1806-1879] sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section d’économie politique [place 5], le 1er février 1851, en remplacement de Louis Villermé [1782-1863], transféré dans la section de morale le 4 janvier 1851.
Àprès sa mort, le 14 décembre 1854, Léon Faucher est remplacé par Léonce Guilhaud de Lavergne [1809-1880] ancien professeur à l’institut agronomique, élu le 30 juin 1855.

Élection pour le Collège de France.
Eugène Lerminier [1803-1857], fortement chahuté par son public, est démissionnaire de sa chaire Histoire générale et philosophie comparée au Collège de France, créée à son intention en 1831. Le Collège de France, et l’Institut, doivent concuremment désigner un candidat.
Charles Alphonse Chambellan et Édouard Laboulaye [1811-1883] sont tous les deux candidats auprès de l’Institut. É. Laboulaye, avocat à la Cour royale de Paris, déjà membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres depuis janvier 1845, obtient dix-huit voix, soit l’unanimité des suffrages. Il est également désigné par le Collège de France.
Édouard Laboulaye est nommé dans la chaire par arrêté du Président de la République, du 20 mars 1849. Il occupera la chaire jusqu’à sa mort en 1883.

TRADUCTION, OU ÉDITION, À L’ÉTRANGER DES ŒUVRES DE V. COUSIN.
Filosofia popolare. Versione italiana di Vincenzo Caprara. Con note dello stesso. Napoli, 1849. Traduction du français en italien de Victor Cousin. Philosophie populaire, paru en 1848.

Giustizia e carità. Versione dal francese di Vincenzo Caprara, con introduzione e note del medesimo. Napoli, 56 p., 1849. Traduction du français en italien de Victor Cousin. Justice et charité, paru en 1848.


CORRESPONDANCE : LETTRES…DE, À, AU SUJET DE …V. COUSIN.
1849. Mgr. Auguste Sibour à V. Cousin.
« Monsieur,
À mon retour d’un voyage en Belgique, je trouve sur mon bureau un exemplaire de vos oeuvres philosophiques, avec un charmant billet qui m’annonce ce beau présent. Je connais déjà, Monsieur, bien des choses de vous, toutes écrites dans un style de la plus rare perfection. Dès que je pourrai saisir, à travers mes occupations pastorales, quelques instants de loisir, je les consacrerai à la lecture de ce que je ne connais pas encore.
Il faut bien que je vous le dise, Monsieur, il ne m’a pas été possible d’être d’accord avec vous sur plusieurs points de votre philosophie. Mais en quoi nous serons toujours d’accord, soyez-en sûr, c’est sur les qualités de votre esprit supérieur, et sur votre noble coeur. J’ai souvent regretté que vos adversaires n’aient pas constamment suivi les règles de cette sainte équité à laquelle vous faites appel, en m’adressant vos écrits. J’aime à vous dire, Monsieur, que ce sentiment m’a toujours commandé une sincère admiration pour votre talent et votre caractère, et qu’il s’unit en moi à la plus haute estime pour toute votre personne.
M. D. Auguste, Archevêque de Paris
P.-S. – Je joins ici un exemplaire de mes Institutions diocésaines. Cet ouvrage ne peut avoir rien d’intéressant pour vous : je vous prie cependant de l’accepter, comme un gage de plus des sentiments que je viens de vous exprimer ».

V. Cousin à Francisque Bouillier.
« Mon cher Bouillier
Je comprends votre découragement et vos sombres conjectures. Les miennes ne sont pas meilleures. Mais n’oubliez pas ce que vous me dites : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès. Que ce soit là votre boussole à travers ces orages.
Pour moi je me console avec le travail. Faites-en autant. Votre discours est fort bon, mais où en est votre Descartes ? J’y mets un grand intérêt. Ne le faites pas trop attendre et, s’il le faut, faites quelques sacrifices pour la publication de ces deux volumes qui vous feront honneur et seront utiles à la bonne cause philosophique. [...] » [27 décembre 1849].

1849. Lettre de Karl Ludwig Michelet à V. Cousin, parue dans la revue la Liberté de penser.
« Quelque charmé que j’ai été de vous revoir lors de mon dernier séjour à Paris, il y a un mois, l’entretien que nous avons eu ensemble m’a appris cependant, bien plus que nos conversations antérieures n’ont pu le faire, quelle énorme distance nous sépare maintenant l’un de l’autre. Pour ne pas voir subir à ma lettre un refus semblable à celui que vous avez, comme vous me le disiez, fait éprouver à un livre qui vous a été envoyé par l’un de nos théologiens les plus distingués, M. le docteur Strauss, je préfère commettre l’indiscrétion attachée peut-être à la publication présente, espérant l’excuser par l’utilité que quelques idées, émises à l’adresse d’un des savants les plus célèbres de France, pourraient avoir pour la science. J’entre donc en matière sans hésiter.
Vous dites que la philosophie hégélienne a causé tout ce que vous appelez les maux dont la France et surtout l’Allemagne sont maintenant atteintes. […] » [1849. Ving-troisième livraison. Page 422-427].


CRITIQUES, COMMENTAIRES, ARTICLES ET OUVRAGES CONCERNANT V. COUSIN.
En septembre 1849, annoncée par la Bibliographie de la France, paraît l’ouvrage Les Philosophes salariés par Joseph Ferrari. Paris : Gustave Sandré, Éditeur des Œuvres de Pierre Leroux, rue Percée Saint-André des Arts, II. 1849. VII+168 p.
Après un Avant-propos, comprend 12 chapitres : 1. Les philosophes de la révolution ; 2. Première apparition des philosophes salariés ; 3. La réaction de l’éclectisme ; 4. La méthode de l’éclectisme ; 5. La science de M. Cousin ; 6. La vie d’après M. Cousin ; 7. La morale de M. Cousin ; 8. La religion de M. Cousin ; 9. M. Cousin historien ; 10. L’éclectisme au pouvoir ; 11. L’Académie des sciencesmorales ; 12. Conclusion.
Réédité en 1980. Paris ; Genève : Slatkine Reprints, collection Ressources. XIX+ VII+168 p., 1980. Avec une présentation de Marc Vuilleumier.
Réédité en 1983. Les Philosophes salariés ; (suivi de) Idées sur la politique de Platon et d'Aristote : et autres textes de Joseph Ferrari. Préface de Stéphane Douailler et Patrice Vermeren [Paris : Payot, collection Critique de la politique, In-12, 317 p., 1983].

L’essai, d’un ton polémique, prend parfois la forme pittoresque de dialogues : entre le Voltairien et le philosophe ; le professeur et l’ignorant ; le maître et l’élève ; le philosophe et le courtisan ; le philosophe et l’initié. Enfin, le chapitre sur l’Académie des sciences morales, qui fustige l’entreprise moralisante des Petits traités publiés après 1848, met en scène V. Cousin, Adolphe Thiers, Charles Troplong, Hippolyte Passy, Adolphe Franck, tous auteurs de Petits traités, et personnages importants de l’Académie des sciences morales et politiques.
G. Ferrari expose le système de V. Cousin : la manière dont il réussit à imposer l’éclectisme, philosophie du juste milieu : « Avec l’avènement de Louis-Philippe, l’ère de la banque était arrivée, il fallait au juste-milieu une philosophie ni catholique ni libérale, ni légitimiste ni démocratique ».
V. Cousin l’impose par quatre moyens : l’École normale ; le concours d’agrégation ; le conseil royal de l’Instruction publique ; l’Académie des sciences morales.
À l’École normale, on enseigne l’éclectisme et on écarte la réflexion sur les idées philosophiques. V. Cousin condamna tous les élèves à user de toute leur énergie dans les questions d’érudition philosophique. De 1830 à 1849, toutes les thèses ont été constamment historiques.
Pour l’agrégation, elle est donnée par un jury éclectique presque toujours présidé par M. Cousin lui-même. « Il va sans dire que ce jury n’a jamais douté de l’excellence de l’éclectisme ni de la supériorité des éclectiques ». Le succès est impossible pour ceux qui ne sont pas au courant des moindres caprices de l’érudition officielle.
Grâce au conseil de l’Université, V. Cousin dispose du personnel des philosophes. « Il confirme les éclectiques fidèles dans leurs places, il donne de l’avancement aux plus zélés, il couronne les serviles ». Au contraire, y a-t-il des récalcitrants. « ils sont déplacés, tourmentés, dégradés, suspendus et définitivement destitués ».
Enfin, l’Académie des sciences morales « a sanctionné l’œuvre de M. Cousin. Composée d’une majorité attachée au juste-milieu, naturellement obligeante pour le chef de l’éclectisme, elle lui permit de lui amener des éclectiques et de fonder ainsi la faction de la philosophie. Il récompensa par l’Institut le zèle de ses séïdes ; il fit proposer des prix d’éclectisme ; il les fit décerner aux orthodoxes de l’école, et l’Académie des sciences morales appuya de son autorité le monopole de l’École normale, des concours, et du conseil de l’Université ».

Victor Hugo écrit, en 1849, dans Choses vues :
«Novembre 1849. Cousin a de l’imagination à la dose gênante ; trop pour un philosophe, pas assez pour un poète.
Cousin est un esprit tenace et faux. Pour lui-même, grand orateur ; pour ses amis grand parleur ; pour moi, grand bavard. Son talent n’a que de la surface. Il parle clairement et pense obscurément. Il veut et ne veut pas, va et vient, affirme et nie, accorde et conteste, vole de ci et de là, bourdonne à toute question, se heurte à toute vérité, se cogne à toute vitre. Déclamateur banal, bouffi de lieux communs, rogue et pédant. Il est méchant, mais il est faible. Il fait ce qu’il peut, mais il ne peut qu’un avortement. Il veut faire une blessure et ne fait qu’une piqûre. Professeur, académicien, pair de France, ministre, jamais on n’a vu sortir une idée de sa tête, cette outre sonore. Il a toute la prétention d’un philosophe, toute l’apparence d’un charlatan, et toute la réalité d’un cuistre ».

Le 22/02/2018