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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1848
  En 1848 V. Cousin [1792-1867] a cinquante cinq ans [il aura cinquante six ans le 28 novembre 1848].
L’année 1848, c’est d’abord la Révolution de Février 1848. Un instant, dans la matinée du 24 février [au lendemain de la démission de Guizot, et de la fussillade du boulevard des Capucines] , V. Cousin pense participer à un gouvernement Thiers qui apporte son soutien au roi.
Mais tout va trop vite : déjà la Seconde République est proclamée. Louis-Philippe enfui, le nouveau gouvernement provisoire décide le suffrage universel, déclare la liberté de la presse, les droits de réunion, d’association et de pétition, l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques. Pour quelques mois, avec la Commission du gouvernement pour les travailleurs [Commission du Luxembourg] le droit au travail est reconnu. Une Assemblée nationale constituante est élue fin avril et se réunit le 4 mai.
La dissolution des Ateliers nationaux provoque l’affrontement. Les journées des 23-26 juin, permettent l’écrasement dans le sang de la révolte ouvrière. Ministre de la guerre le général Cavaignac devient chef de l’éxécutif. Enfin le 10 décembre 1848 Louis-Napoléon est élu Président de la République.
V. Cousin s’adapte et ne s’oppose formellement à aucune forme des pouvoirs qui se dessinent. Cependant la succession heurtée de ces événements décourage Cousin et ses amis, en proie à de sombres conjectures. Mais V. Cousin le proclame : le grand mal, c’est la république rouge, le reste n’est rien auprès.
Aussi apporte-t-il volontiers, par l’intermédiaire des Petits Traités, sa contribution à l’entreprise généralisée de dénonciation du socialisme.
Résumé des années précédentes.
1820-1828.
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes].

1826-1828. Fragments philosophiques.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps très bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers.

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion.


Éléments biographiques.
Le 24 février 1848.
« M. Cousin n'eut plus l'occasion de revenir aux affaires jusqu'à l'heure dernière et triste de la monarchie de Juillet. En ce moment suprême, il devait entrer avec M. Odilon-Barrot, M. de Rémusat, le général Lamoricière, dans le ministère qui sous la présidence de M. Thiers, appelé trop tard, accourait le matin du 24 février, à travers les barricades dressées jusqu'aux abords du palais des Tuileries, pour prêter sa courageuse assistance à la royauté en péril, et opérer dans la loi électorale une réforme nécessaire. Mais les évènements qui se précipitaient ne laissèrent même pas à ce ministère le temps de se former : il succomba avant d'exister, et la monarchie constitutionnelle [...] fut renversée pour faire place à une république [...]. » [Mignet].

Dans son Journal intime, Charles de Montalembert rend compte de sa visite à V. Cousin, le 5 décembre 1848, d’autant qu’il sollicite sa voix pour des élections à venir à l’Académie française [il sera élu en janvier 1851]. Il note que V. Cousin est favorable au général Cavaignac, et qu’il espère la régence de la duchesse d’Orléans. Il dit également : « Il est aussi amusant, aussi comédien que naguère ».

ÉLÉMENTS INSTITUTIONNELS DE L’HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE.

Liste des élèves reçus à l’École normale supérieure, section lettres, 1848.
Edmond About [agrégé des lettres en 1851] ; Paul Albert [agrégé des lettres en 1851]; Louis Barnave [agrégé des lettres en 1851] ; Bary ; Cambier ; Charaux ; Claude Desprez [agrégé de grammaire en 1851] ; Henri Ducoudré [agrégé de grammaire en 1851] ; Guillaume Alfred Heinrich ; Lamm ; Louis Lecoeur [agrégé de grammaire en 1851] ; Adrien Charles Jules Libert ; Jean Marion [agrégé de grammaire en 1851]; [Gustave] Joseph Merlet [agrégé des lettres en 1851] ; Dyonis Ordinaire ; Alfred Quinot [agrégé des lettres en 1854]; François Rabasté [agrégé des lettres en 1855] ; Frédéric Rieder [agrégé des lettres en 1854] ; Francisque Sarcey [agrégé des lettres en 1854] ; Frédéric de Suckau [agrégé de philosophie en 1851] , Hyppolite Taine ; Valade ; Alexandre Vessiot [agrégé des lettres en 1851] ; Joseph Vignon [agrégé des lettres en 1851].
Hippolyte Carnot ministre de l’Instruction publique et des cultes.
Hippolyte Carnot [1801-1888] est nommé ministre de l’Instruction publique et des cultes, du 24 février 1848 au 5 juillet 1848. Il rédige un projet de loi assurant le caractère gratuit et obligatoire de l’enseignement primaire, pour les garçons et les filles. Il retire du programme l’enseignement religieux. Les maîtres seront payés par l’État. Mais la loi n’est pas votée et le projet est retiré par Alfred de Falloux, son successeur, nommé le 20 décembre 1848.

Agrégation de philosophie.
Comme en 1847, c'est l'inspecteur général Georges Ozaneaux, et non V. Cousin qui préside le jury d'agrégation de philosophie de 1848. Sont reçus en 1848 : Ernest Renan, Émile Beaussire, Edme Caro, Frédéric Morin, Alexandre Dupont, Allanic.

Ernest Renan.
Ernest Renan [1823-1892]. Né le 27 février 1823, à Tréguier [Côtes du Nord] ; mort le 2 octobre 1892, à Paris.
Agrégation de philosophie en 1848. Docteur ès-lettres avec une thèse sur Averroès et l’Averroïsme [Paris, août 1852]. La thèse latine porte sur La Philosophie peripatéticienne chez les Syriens.
Bibliothécaire à la Bibliothèque impériale [1851-1862]. Professeur de langues hébraïque, chaldaïque et syriaque au Collège de France, de 1862 à 1864 ; puis de 1870 à 1892. Ses cours au Collège de France [de 1862 à 1864] font l’objet de manifestations, qui amènent l’interruption de son enseignement. Il est alors remplacé, de 1864 à 1867, par Salomon Munk [1805-1867]. Les cours de Renan reprennent en 1870. Administrateur du Collège de France de 1883 à 1892 [date de sa mort].
Élu, le 5 décembre 1856, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Élu, le 13 juin 1878, membre de l’Académie française, au fauteuil 29, en remplacement de Claude Bernard [1813-1878], décédé le 10 février 1878. Il sera reçu le 3 avril 1879 par Alfred Mézières.

Émile Beaussire.
Émile [Jacques Armand] Beaussire [1824-1889]. Né le 25 mai 1824, à Luçon [Vendée] ; mort le 8 mai 1889, à Paris.
Ancien élève de l’École normale [1844]. Agrégation de philosophie en 1848. Professeur au lycée de Lille puis de Rennes [1852], Tournon [1853], Grenoble [1854].
Docteur ès-lettres avec une thèse sur du fondement de l’obligation morale [Paris, 1855]. La thèse latine porte sur l’imitation chez les poètes tragiques. Après la thèse, professeur à la Faculté des lettres de Poitiers [1855]. Professeur de philosophie au collège Rollin [c’est sur son emplacement que s’étabira plus tard le collège Sainte-Barbe] et au lycée Charlemagne [1866-1874].
Député de la Vendée [1871-1883].
Élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 3], le 22 mai 1880, en remplacement de Ernest Bersot [1816-1880], décédé le 1er février 1880.

Elme Caro.
Elme [Marie] Caro. [1826-1887] Né le 4 mars 1826, à Poitiers [Vienne] ; mort le 13 juillet 1887, à Paris.
Ancien élève de l'École normale supérieure [1845]. Agrégation de philosophie en 1848. Docteur ès-lettres avec une thèse sur Essai sur la vie et la doctrine de Saint-Martin le philosophe inconnu [Paris, août 1852]. La thèse latine porte sur l’Idée de vie bienheureuse chez Sénèque.
Professeur de philosophie aux lycées d’Angers, Rouen, Rennes. Professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Douai [1855]. Maître de conférences de philosophie à l’École normale supérieure [1857]. Après avoir été un temps Inspecteur d’Académie de Paris [1861] est nommé Professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris [1864-1887].
Sera élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 6], le 6 février 1869, en remplacement de L. M. de Cormenin [1788-1868], décédé le 6 mai 1868. Il s’était déjà présenté en mai 1865, face à Charles Lévêque, pour le fauteuil d’Émile Saisset, en juin 1866, face à Victor de Broglie, et enfin en mars 1868, face à Étienne Vacherot pour le fauteuil de V. Cousin.
Élu membre de l’Académie française, le 29 janvier 1874, au fauteuil 27, en remplacement de Ludovic Vitet [1802-1873], décédé le 5 juin 1873. Lors de cette élection bat Hippolyte Taine [1828-1893], qui sera élu en 1878.

Frédéric Morin.
Frédéric Morin [1823-1874]. Ancien élève de l'École normale [1844] Agrégation de philosophie en 1848.

Alexandre Dupont.
Alexandre Dupont. Agrégation de philosophie en 1848.

Allanic.
Allanic. Agrégation de philosophie en 1848.

FAIT PARAÎTRE.
Justice et charité, Paris, Pagnerre, in-18, 58 p.,1848, dans la collection des Petits traités publiés par l’Académie des sciences morales et politiques.
Incipit : « La philosophie morale et politique est ou doit être une science d’observation.
Elle doit se proposer de recueillir tous les grands phénomènes dont se compose la vie morale des individus et des États, de les classer selon leurs caractères essentiels, et de les rappeler à leurs principes les plus simples.
Or, on peut élever contre la plupart des systèmes les plus célèbres de morale, de l égislation, d’économie politique, cette accusation générale de s’être laissé égarer par la passion d’une fausse unité, et de n’avoir reconnu qu’un seul principe là où la nature humaine et les sociétés humaines en renferment deux, qui se tiennent intimement, mais qui différent, à savoir, la justice et la charité. Selon nous, il est impossible qu’aucun système se soutienne devant les faits divers qu’il doit expliquer, et que la plus petite société vive et marche un jour, avec un seul de ces principes. Tout système légitime les doit comprendre tous les deux, parce que toute société, comme tout individu, obéit à la fois à l’un et à l’autre».
[1850] Paraît également, avec l’ensemble des Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, in-4, 987 p.,1850. , pages 9-33. Il est fait de ce texte un tiré à part, in-4.

[1848] 2. Traduit en anglais, en 1848, sous le titre : Justice and Charity. Translated by William Hazlitt. London : Sampson Low, 36 p.
[1849] 3. Traduit en italien, en 1849, sous le titre Giustizia e carità. Versione dal francese di Vincenzo Caprara, con introduzine e note del medesimo. Napoli, 56 p.
[1849] 5. Réédité en français en 1849. Justice et charité, par M. Victor Cousin, Paris : Pagnerre, in-18, 66 p., 1849.
[1882] 5. Réédité en français en 1882. Justice et charité, par M. Victor Cousin, Paris : Firmin-Didot, in-18, 70 p., 1882.

FAIT PARAÎTRE.
Philosophie populaire, par Victor Cousin, suivie de la première partie de la Profession de foi du vicaire savoyard [de Jean-Jacques Rousseau], sur la morale et la religion naturelle. Paris :Pagnerre ; Paulin ; Firmin Didot frères, in-18, 102 p., 1848.
Connaît 2 tirages la même année.
Traduit en italien, en 1849, sous le titre : Filosofia popolare. Versione italiana di Vincenzo Caprara. Con note dello stesso. Napoli.
Incipit : « Oui, on peut, on doit même enseigner au peuple la philosophie, si la philosophie n’est point une chimère, si elle est, comme elle le prétend, la science des grandes vérités intellectuelles et morales.
Mais entendons-nous bien.
Il y a deux sortes de philosophie : l’une artificielle et savante, réservée à quelques uns ; l’autre naturelle et humaine, et qui est à l’usage de tous.
L’homme qui jouit d’un assez grand loisir, au lieu de s’en tenir aux naïves et solides croyances que lui fournit la nature, et qu’il retrouve partout confirmées dans la langue dont il se sert et dans les discours de ses semblables, peut leur appliquer une réflexion plus ou moins exercée, une critique plus ou moins sévère, au risque de les mettre en péril en les examinant de trop près : car la libre réflexion amène souvent le doute, et le doute est une épreuve où la foi naturelle peut succomber, comme aussi, grâce à Dieu, elle en peut sortir triomphante et plus sûre d’elle-même. De là les systèmes philosophiques, tantôt faux, tantôt vrais, la plupart du temps mêlés de faux et de vrai, et qui attestent la liberté, la puissance et les bornes du génie de l’homme ».

Les petits Traités.
En 1848, au lendemain des journées de juin, l'Académie des sciences morales et politiques décide sur la suggestion du général E. Cavaignac (chef de l'éxécutif) [qui a convié les membres de l'Académie des sciences morales à le rencontrer le 16 juillet], de publier une série de Petits traités (analogues aux tracts britanniques) pour mettre “ la science au service de la société et de la civilisation menacées par de fausses et dangereuses doctrines”, vendus 40 C. chacun [6O à 100 p., in-18, paraissant tous les quinze jours, livrés gratuitement par l'Académie, répandus par l'éditeur, à 1 fr. [source Leterrier].
Paraissent conformément à ce projet douze titres, dont cinq rédigés par des membres de la section de philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques.

Pour pour la section de philosophie.
1. Victor Cousin , Justice et charité, Paris : Pagnerre, 1848, in-18, 58 p.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 9-33.

2. Victor Cousin, Philosophie populaire, suivi de la Profession de foi du vicaire savoyard, Paris : Pagnerre, 1848, in-18, 102 p.
.
3. Jules Barthélemy Saint-Hilaire, De la Vraie démocratie, Paris : Pagnerre, in-18, 99 p.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 435-484.

4. Jean-Philibert Damiron, De la Providence, Paris : Pagnerre, 1849-1850, 2 parties en 1 volume.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 823-950.

5. Louis Francisque Lélut, De la Santé du peuple, Paris : Pagnerre, in-18, 72 p.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 951-987.

et publié à la suite de la collection des petits traités (la série proprement dite s'étant arrêtée).
6. Louis Francisque Lélut, Égalité, Paris : Pagnerre, in-18, 57 p. [réédité en 1858, sous le titre Petit traité de l'égalité, Paris : A. Durand, in-18, 151 p. ].
Les Petits traités paraîtront à partir de septembre 1848.

Des membres d’autres sections apporteront aussi leurs contributions. Ainsi :

Pour pour la section de Législation :
Charles Théodore Troplong, De la Propriété d’après le code civil.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 35-118.

Joseph Portalis, L’Homme et la société, ou Essai sur les droits et les devoirs respectifs de l’homme et de la société.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 551-690.

Pour la section d’Économie politique et statistique :
Charles Dupin, Bien-être et Concorde des classes du peuple français.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 153-223.

Louis Villermé, Des Associations ouvrières.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 485-549 [daté d’avril 1850].

Pour pour la section d’Économie politique et statistique.
Hippolyte Passy, Des Causes de l’inégalité des richesses.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 119-152.

Adolphe Blanqui, Des Classes ouvrières en France, pendant l’année 1848.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 691-822.

Pour la section d’Histoire générale et philosophique :
Adolphe Thiers, Du Droit de propriété.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 225-313

François Mignet, Vie de Franklin.
Paraît également dans le volume rassemblant les Petits traités, dans Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome 7, [Petits traités]. Paris : librairie de Firmin Didot frères, imprimeurs de l’Institut, 1850, pages 315-433.
F. Mignet est parmi les premiers à écrire pour les Petits Traités. Il fait la lecture les 4 et 11 novembre 1848 du Mémoire : Vie de Benjamin Franklin.

Réédition [comme 2ème réédition] de la traduction de :
Wilhelm Gottlieb Tennemann, Manuel de l’histoire de la philosophie, Paris, Sautelet et Cie, deux volumes, in-8, 1848. Traduit de l’allemand par Victor Cousin, sur la 5ème et dernière édition allemande.
La première édition est parue en 1829. Une première réédition a eu lieu en 1839. [il semble y avoir 2 tirages en 1839].

Articles dans le Journal des savants.
Publication dans le Journal des savants, de plusieurs articles de V. Cousin : D'un ouvrage inédit de Roger Bacon, récemment trouvé dans la bibliothèque de Douai, Journal des savants, premier article : mars 1848, pages 129-138 ; deuxième article, avril 1848, pages 222-236 ; troisième article, mai 1848, pages 290-307 ; quatrième et dernier article : juin 1848, pages 340-354. [Il s'agit de l'Opus Tertium, récemment trouvé dans la bibliothèque de Douai].
Incipit du premier article : « Occupés à rechercher et à recueillir les monuments de la philosophie scholastique qui avaient pu échapper aux investigations de nos savants devanciers dans l'étude de cette grande époque de l'histoire de la philosophie, nous ne pouvions oublier cet ingénieux et infortuné franciscain qui, à la fin du XIIIème siècle, comprit la haute utilité des langues, enrichit l'optique d'une foule d'observations et même d'expériences importantes, signala les vices du calendrier Julien et prépara la réformation grégorienne, inventa la poudre à canon ou du moins la renouvela, qui, enfin, pour avoir été plus éclairé que son siècle dans les sciences physiques, en reçut le nom de Doctor mirabilis, passa pour un sorcier, et subit la longue et absurde persécution qui a consacré sa mémoire auprès de la postérité ».

Articles dans le Journal des savants.
Publication dans le Journal des savants, d'un article de V. Cousin : Description d'un manuscrit inédit de Roger Bacon [qui se trouve dans la bibliothèque d'Amiens], Journal des savants, août 1848, pages 459-472.
Incipit : « Dans nos recherches sur les manuscrits inédits de Roger Bacon qui pouvaient se rencontrer dans les bibliothèques de France, nous ne pouvions négliger cette indication de la Bibliotheca Bibliothecarum, tome 2, p. 1407 [...] ».

Articles dans le Journal des savants.
Publication dans le Journal des savants, d'un article de V. Cousin : Du Manuscrit de l'Émile, conservé à la bibliothèque de la Chambre des Représentants, Journal des savants, premier article, septembre 1848, pages 517-528 ; deuxième article, novembre 1848, pages 658-672.
Incipit : « Nous l'avons déjà dit, [Journal des savants, 1842, avril] et nous le répétrons avec une conviction qui s'accroît chaque jour : le temps est venu de traiter nos grands écrivains avec la même religion que ceux de l'antiquité, et d'instituer sur les classiques français cette même critique philologique qui, depuis le XVIème siècle, épure et illustre les classiques grecs et latins. Une telle critique se proposerait, avant tout, de conserver ou plutôt de rétablir dans leur intégrité des textes immortels, que dégradent peu à peu des éditions de plus en plus défectueueses. Elle aurait aussi pour effet nécessaire d'introduire dans l'intimité des grands écrivains, et ce commerce est fécond en enseignements de tout genre.».
Réédité dans les Fragments et souvenirs. Paris : Didier et Cie, in-8, 1857, sous le titre : Du style de Rousseau, particulièrement dans la Profession de foi du Vicaire savoyard, d'après le manuscrit de l'Émile, conservé à la bibliothèque de la Chambre des représentants, pages 488-534.

À L’ACADÉMIE FRANÇAISE.
Obsèques de Chateaubriand.
René de Chateaubriand meurt le 4 juillet 1848. Les obsèques ont lieu le 8 juillet. V. Cousin, en noir, y assiste avec presque tous les membres de l’Institut : Henri Patin, Jean Jacques Ampère, François Villemain, Mathieu Louis Molé, Victor Hugo, etc.

Élection et réception.
L’écrivain et homme politique, René de Chateaubriand [1768-1848] meurt le 4 juillet 1848. Il sera remplacé, au fauteuil 19, par Paul de Noailles [1802-1885], élu le 11 janvier 1849, et reçu le 6 décembre 1849 par Henri Patin [1793-1876].

Le littérateur et poète Jean Vatout [1791-1848] est élu au premier tour [par dix huit voix sur trente quatre], au fauteuil 4, le 6 janvier 1848, en remplacement de Pierre Simon Ballanche [1776-1847], décédé le 12 juin 1847. Il meurt lui-même le 3 novembre 1848 avant d’avoir été reçu en séance publique.
Jean Vatout est élu par 18 voix contre 7 à Saint-Priest [qui sera élu le 18 janvier 1849], 4 à Gustave de Beaumont, 2 à Alfred de Musset, 2 à Philarète Chasles. Le comte de Saint Priest [1805-1851] lui succédera le 18 janvier 1849.
Pour cette élection Adolphe Thiers, Antoine Jay, Chateaubriand, Lamartine étaient absents.

À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Dans la séance du 8 janvier 1848, le baron Charles Dupin, vice-président pour l’année 1847, prend, selon l’usage, la présidence pour l’année 1848.
Louis Villermé est élu vice-président pour l’année 1848, en obtenant 16 suffrages, face à Alexis de Tocqueville qui obtient 2 suffrages. Il y a un billet blanc.

Communication.
V. Cousin communique à l'Académie des sciences morales et politiques un travail sur un ouvrage inédit de Roger Bacon. Cette communication a lieu le 8 et le 15 avril, ainsi que le 27 mai 1848.
Il s’agit de l’Opus Tertium, récemment trouvé dans la bibliothèque de Douai, pour lequel V. Cousin publie en même temps plusieurs articles dans le Journal des Savants [mars-juin 1848].

Rapport sur un prix.
Rapport de V. Cousin, le 20 mai 1848, sur le prix mis au concours le 19 avril 1845 sur Examen critique de la philosophie scolastique.
Le programme avait été défini de la manière suivante :
« 1. Les concurrents renfermeront leurs recherches dans l’étude de la philosophie scolastique en France, et particulièrement dans l’Université de paris, la France ayant été au moyen age la lumière de l’Europe, et l’Université de Paris la mère de toutes les autres universités, françaises et étrangères.
2. Les concurrents s’attacheront aussi à la grande époque, à l’époque classique de la philosophie scolastique, à savoir celle qui remplit le treizième et le quatorzième siècle, qui commence à l’introduction en France de la métaphysiqye et de la physique d’Aristote, et des commentateurs anciens de ces deux ouvrages, par le moyen de traductions latines, et qui se termine à peu près au concile de Florence et à la prise de Constantinople, c’est à dire à l’introduction en Europe des autres monuments et des autres systèmes de la philosophie grecque.
3. Parmi les discussions des écoles rivales au treizième et au quatorzième siècle, les concurrents sont invités à donner une attention toute particulière à la querelle du réalisme, du conceptualisme et du nominalisme.
4. Les concurrents ne se borneront point à retracer l’histoire des écoles et des systèmes : ils rechercheront la part d’erreur et surtout la part de vérité que ces systèmes et ces écoles peuvent contenir ; ils s’appliqueront à dégager et à mettre en lumière ce qui, soit parmi les principes, soit parmi les procédés, soit parmi les résultats que nous a légués la philosophie scolastique, pourrait encore être mis à profit par la philosophie de notre temps.
5. L’académie recommande aux concurrents de se renfermer dans le domaine de la philosophie proprement dite, et de rester étranger à celui de la théologie, autant du moins que le permettra le lien intime de ces deux scinces au moyen âge.
Publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, tome 7, 1845, pages 405-407 ».

Le prix est décerné à Barthelémy Hauréau [mémoire n° 1, 1013 feuillets]. Sera publié sous le titre : De la Philosophie scolastique, par B. Hauréau, conservateur des manuscrits à la Bibliothèque nationale, Paris : Pagnerre, 2 volumes, in-8, 1850. Une deuxième édition paraît, Paris : Pedone-Lauriel 1ère partie, 1872 ; 2ème partie, 1880.

Barthélemy Hauréau.
[Jean] Barthelémy Hauréau [1812-1896]. Né le 9 novembre 1812, à Paris ; mort le 29 avril 1896, à Paris.
Études à Louis le Grand, et au collège de Bourbon. Journaliste [1832-1840], il écrit dans des journaux comme La Tribune, Le National, Le Droit, La Revue du Nord. En 1832 publie La Montagne, notices historiques et philosophiques sur les principaux membres de la Montagne, Paris, J. Bréaut, in-8, XXXII-256 p. Bibliothécaire-adjoint à la Bibliothèque municipale du Mans [1840-1845]. En 1838 devient rédacteur en chef du Courrier de la Sarthe. Conservateur à la Bibliothèque nationale [1848-1851] à l’époque où il reçoit le prix de l’Académie des sciences morales et politiques.
Député de la Sarthe [1848-1851] Bibliothécaire de l’ordre des avocats [1861-1871].
Est élu, le 5 décembre 1862, membre de l’Académie des Inscriptions et belles lettres.
Directeur de l’Imprimerie nationale [1871-1882]. Directeur de la Fondation Thiers, à partir de 1893.

Sujet mis au concours.
Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget, est mis au concours, le 3 juin 1848 : Comparaison de la philosophie morale et politique de Platon et d'Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières (terme le 31 août 1850).
Il est également indiqué : « Apprécier ce qu’il y a de temporaire et de faux, et ce qu’il y a de vrai et d’immortel, dans ces différents systèmes ».
Le rapport sera effectué par MM. Cousin et Barthelémy Saint Hilaire, le 25 janvier 1851, mais ne sera pas remis. Il sera prorogé au 31 décembre 1852, et remporté par Paul Janet [1823-1899].

Communication.
V. Cousin, le 17 juin 1848, communique à l'Académie des sciences morales et politiques un travail ayant pour titre : Vues générales sur les principes de la philosophie morale.
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 13, pages 341-373 [sous le titre Introduction à l'histoire de la philosophie morale au XVIIIème siècle.
[Première lecture, le 17 juin 1848].
« Au commencement de l’année 1820, quelques uns de mes plus zélés et intelligents auditeurs me demandèrent de suspendre l’exposition et la critique des systèmes, pour leur faire connaître celui qui présidait à mes leçons, quils sentaient partout, qu’ils ne trouvaient nulle part. Telle était la noble ardeur de ces temps de lutte et d’espérance : l’histoire n’y suffisait point ; on aimait les idées, on les invoquait, on avait foi en elles. Je crus donc pouvoir déférer aux désirs de mes jeunes amis et admettre un bref épisode dans un enseignement qui, ne franchissant pas alors les limites du quartier latin, et n’aspirant pas aux honneurs d’une publicité plus étendue, n’avait pas besoin de former une composition très sévérement ordonnée; mais quand on eut l’idée de transformer un cours en un livre, il fallut bien supprimer cet épisode pour ne pas troubler l’exposition régulière de la philosophie française, écossaise et allemande [1ère série de mes écrits : tome III, IV et V, Histoire de la philosophie morale au XVIIIème siècle]. Cependant les leçons destinées à répondre aux voeux de l’auditoire avaient été recueillies. Ce sont ces leçons que je présente à l’Académie et au public, revues et corrigéees avec soin, comme le résumé de la doctrine morale et politique dans laquelle se résout mon enseignement ».

V. Cousin participe à la séance extraordinaire du 17 juillet 1848, au cours de laquelle est transmise la demande faite par le général Cavaignac de mettre : « La science au service de la société et de la civilisation ».
Publié dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 14, page 228 : « M. Cousin prenant la parole, se rend l’interprète des sentiments de l’Académie, et remercie son président de ce qu’il a dit et fait avec autant de convenance que de promptitude, dans cette grave occasion. Il trouve glorieux pour l’Académie le jour où le gouvernement lui demande le concours de ses lumières dans l’intérêt moral du pays, et appelle la science en l’aide à l’autorité, il est d’avis que l’Académie doit,
1° charger son secrétaire perpétuel d’écrire en son nom au chef du pouvoir exécutif, qu’elle accepte avec gratitude l’honorable mission qu’il lui propose.
2° de nommer immédiatement une commission qui recherche les moyens les plus sûrs et les plus prompts de la remplir, et qui fasse son rapport, à ce sujet, dans la séance de samedi prochain ».
La commission est composée d’un représentant de chaque section : Victor Cousin [section de philosophie], Gustave de Beaumont [section de morale], Théodore Troplong [section de législation], Adolphe Blanqui [section d’économie politique], Adolphe Thiers [section d’histoire générale et philosophique].

Deuxième lecture, au cours du deuxième semestre 1848, de l'Introduction à l'histoire de la philosophie morale au XVIIIème siècle. La communication est faite par V. Cousin dans la séance du 1er septembre 1848, sous le titre : Méthode psychologique, sa nécessité, ses premiers résultats. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 14, pages 237-261.
La première lecture a eu lieu le 17 juin 1848 [voir tome 3, 2ème série, pages 341 sq.].
« Doctrine psychologique.
Programme; Retour sur la méthode ; Des trois problèmes de la philosophie et de leur ordre légitime ; Nécessité de commencer tout étude philosophique par l’étude de l’homme ; Nécessité de commencer l’étude de l’homme par celle de la pensée ; Que la pensée suppose : 1. La conscience, 2. Des objets de la pensée divers et successifs, 3. Un sujet pensant, identique à lui-même, un, simple, spirituel ; Théorie des facultés de l’âme : sensibilité, volonté, raison. que ces trois facultés expliquent toutes les autres ; Leurs différences ; Leurs rapports ; Unité de la vie psychologique ».

LA PHILOSOPHIE À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Publication du mémoire sur la Science politique, et particulièrement sur la politique de Platon, d’Aristote et de Montesquieu, par Barthélemy Saint Hilaire. Lu dans la séance du 11 mars 1848].
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 14, pages 21-41 [voir tome 3, 2ème série, p. 120] et pages 149-165.

Adolphe Franck présente la sixième livraison du Dictionnaire des sciences philosophiques [séance du 8 janvier 1848].
La première édition du Dictionnaire des sciences philosophiques par une société de professeurs de philosophie [édité par Adolphe Franck, qui fera apparaître son nom dans les éditions ultérieures de 1875 et de 1885] paraît de décembre 1843 à 1852, en plusieurs livraisons, à raison d’un fascicule par an. La Préface de l’ouvrage est signée au 15 novembre 1843.

Élection.
Dans la séance du 22 janvier 1848, Georges Bancroft [1800-1891] est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire générale et philosophique [place 1], en remplacement de Erik Gustaf Geijer [1783-1847], décédé le 23 avril 1847.
Il est élu par 16 voix sur 17 votants. Georges Grote [1794-1871] obtient 1 bulletin. [G. Grote sera élu correspondant en 1858, puis élu associé étranger le 20 février 1864].
Après sa mort, le 17 janvier 1891, est remplacé par le prince Georges Bibesco [1834-1902], élu le 23 mai 1891.

Publication du Mémoire de Schmidt, professeur à la Faculté de théologie et au séminaire protestant de Strasbourg,, sur les Doctrines et les moeurs de la secte dualiste des Cathares ou Albigeois. [lu, par le secrétaire perpétuel dans la séance du 25 mars 1848]
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 13, pages 79-93 et pages 226-243.
Il est fait hommage de cet ouvrage ultérieurement, avec un Rapport verbal de Mignet, publié en 1849, tome 15, pages 375-376.

J. Ph. Damiron continue la lecture de son mémoire sur Bayle et ses écrits [séance du 8 janvier, du 5 et 12 février1848].
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 13, pages 37-67.

Élections.
Le comte Carlo Petitti [1790-1850], dans la séance du 15 janvier 1848, est élu, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 3], en remplacement du professeur de philosophie morale Thomas Chalmers [1780-1847], décédé le 31 mai 1847.
Il obtient 14 voix, contre 5 à Franz Lieber [1800-1872], professeur d’histoire et de philosophie politique, qui sera élu plus tard, en février 1851, à la place même de Carlo Petitti.
Après sa mort Carlo Petitti, décédé le 10 avril 1850, est remplacé par le professeur d’histoire et de philosophie politique Franz Lieber [1800-1872], élu le 8 février 1851.

Antonio Rosmini Serbati [1797-1855], dans la séance du 22 janvier 1848, est élu, à l’unanimité [15 votants], correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 6]. Il succède au baron Pasquale Galluppi [1770-1846], décédé le 13 décembre 1846.
Après sa mort, le 1er juillet 1855, il est remplacé par Henry P. Tappan [1810-1880], élu le 2 février 1856.

Le professeur de droit à l’Université de Bonn, Ferdinand Walter [1794-1880] est élu, le 22 janvier 1848, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation [place 4], en remplacement de Sylvestre Pinheiro-Ferreira [1769-1846], ancien professeur de philosophie à l’Université de Coïmbre, décédé le 1er juillet 1846. Sur 14 votants il obtient 13 voix, un bulletin pour Chassan.

Publication du Mémoire sur la science politique et particulièrement sur la politique platonicienne, par Barthélemy Saint Hilaire, dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 13, pages 120-151.

Barthélemy Saint Hilaire donne communication d’un travail sur la Politique d’Aristote et de Platon [séance du 26 février 1848, du 11 mars 1848, du 1er avril 1848, du 12 août 1848].
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 13, pages 112-151.

Études sur le socialisme, par A. Franck. Le communisme jugé par l’histoire. [Lu dans une séance du 8 et du 16 septembre 1848].
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 14, pages 187-226.

Adolphe Franck donne communication d’un travail sur la Morale de Fourier [séance du 22 juillet, et du 5 août 1848].

Dans les séances du 22 avril et du 5 août 1848, J. Ph. Damiron lit une notice sur la vie et les travaux du théologien et philosophe anglais Samuel Clarke [1675-1729].
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 14, pages 363-378 et 1849, tome 15, pages 31-55.

Notice sur la vie et le système politique et social de Mably, par Adolphe Franck. Lu à la séance publique annuelle des cinq académies, le 25 octobre 1848.
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 14, pages 283-300.

Charles de Rémusat fait hommage à l’Académie, au nom de l’auteur, [Claude] Joseph Tissot, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Dijon, d’une brochure : Lettre sur la métaphysique des corps. Et fait un rapport verbal sur ce travail [séance du 9 décembre 1848].
Claude Joseph Tissot [1801-1876] sera élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 27 février 1869.

J. Ph. Damiron communique une dissertation sur la Providence [séance du 9, du 16 et du 23 décembre 1848].

A. Franck fait la lecture d’un Mémoire sur Moïse Maïmonide [séance du 16 et 23 décembre 1848]
Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1849, tome 15, pages 129-158.

CRITIQUE, COMMENTAIRES, ARTICLES ET OUVRAGES CONCERNANT V. COUSIN.
De la Mutilation d'un écrit posthume de Théodore Jouffroy, avec une lettre à l'Académie des sciences morales et un appendice, pour faire suite à la Réfutation de l'éclectisme, par Pierre Leroux, Paris : 16 rue des Saints-Pères, in-8, III-148 p.

The Philosophy of the beautiful , from the French of Victor Cousin, London : W. Pickering, [VII]-XXX-189 p. in-8, 1848.

TRADUCTION, OU ÉDITION, À L’ÉTRANGER DES ŒUVRES DE V. COUSIN.
Justice and Charity. Translated by William Hazlitt. London : Sampson Low, 36 p. in-12, 1848. C'est la traduction du français en anglais de Victor Cousin Justice et Charité paru en 1848.

The Philosophy of the beautiful, from the French of Victor Cousin, translated with notes and an introduction by Jesse Cato Daniel. London : Pickering, in-8, 2, XXX-189 p., 1848.

CORRESPONDANCE : LETTRES DE …, À, AU SUJET DE ...V. COUSIN.
1848. Lettre d’Ernest Renan à V. Cousin
« Monsieur,
Excusez la liberté que je prends de vous écrire, sans avoir l’honneur d’être connu de vous. C’est un devoir pour moi, au début de ma carrière, d’offrir mes hommages à celui à qui je dois ma vocation philosophique, et dont les écrits ont exercé sur ma pensée une si profonde influence. Votre constante sollicitude pour les études que vous avez fondées parmi nous, m’encourage d’ailleurs à implorer votre appui pour une demarche que je fais en ce moment au ministère de l’Instruction publique, uniquement dans l’intérêt de mes travaux, et par amour de la science.
J’ai été reçu, Monsieur, le premier agrégé au concours de cette année, et je demande en ce moment un congé, afin de pouvoir achever, à Paris, deux thèses pour lesquelles j’ai déjà rassemblé beaucoup de matériaux, et auxquelles il m’est absolument impossible de travailler en province. J’ai choisi pour sujet de thèse latine Averroès et l’Histoire de l’Averroïsme au Moyen-âge et à la Renaissance. Pour la thèse française, j’essaierai de faire l’Histoire des études grecques chez les peuples de l’Orient, Syriens, Arabes, etc. Le premier de ces deux sujets m’a été indiqué par le savant doyen de la Faculté des lettres, et je dois même ajouter que ce qui m’a porté à entreprendre ce difficile travail, ç’a été l’assurance qu’il m’a donnée qu’un tel essai vous serait agréable. J’y ai déjà consacré plus d’une année de recherches. Jugez, Monsieur, combien il me serait pénible d’y renoncer ou de l’interrompre pour longtemps. Et pourtant, je ne pourrais trouver les documents necessaires dans aucune bibliothèque de province, surtout dans la petite ville où je viens d’être nommé (Vendôme). Oserai-je vous prier, Monsieur, d’appuyer une demande d’où dépend en grande partie mon avenir ? Depuis longtemps, j’ai cherché à mener de front les travaux philologiques et philosophiques. J’ai surtout fait une étude spéciale des langues orientales, cultivées d’ordinaire avec si peu de critique ou de philosophie. Je vois bien des résultats nouveaux, bien des champs inexplorés. Mais hélas ! pourrai-je surmonter les difficultés matérielles qui menacent de rendre impossible la continuation de ces études ? Déjà, j’ai présenté à l’Institut deux ouvrages dont l’un, sur l’Histoire et le système général des langues sémitiques, a remporté le prix de philologie comparée en 1847, et dont l’autre, sur l’Histoire de l’étude de la langue grecque en Occident pendant le Moyen-âge, a été couronné par l’Académie des Inscriptions, dans sa séance du 1er septembre de cette année. Puis-je espérer, Monsieur, que ceux qui aiment la science ne refuseront pas de me tendre la main ? Pour le moment, mes voeux seront comblés si je peux obtenir un congé, qui me permette d’achever mes thèses à Paris. J’espère montrer par ces deux travaux comment j’entends faire la philologie tributaire de la philosophie. Mais que vous dis-je là, Monsieur, puisque c’est vous qui me l’avez appris ?
“Agréez, Monsieur, l’expression du profond respect et de la haute considération avec lesquels je suis,
“Votre très humble et très obéissant serviteur. » [Paris. 25 septembre 1848]

Lettre de Sainte-Beuve à V. Cousin pour lui recommander un certain Georges Germain, pour le baccalauréat [mardi 1er février 1848].

Lettre de Sainte-Beuve à V. Cousin, au sujet d'un manuscrit de Nicole, concernant le formulaire [27 mars 1848].

Lettre de Félix Cadet-Gassicourt à V. Cousin.
« Il ne peut y avoir qu'une voix sur le mérite de votre Introduction à la Profession de foi du Vicaire savoyard : elle est généralement goûtée de tous ceux qui connaissent J-Jacques. Le malheur est que votre Introduction ne s'introduise pas auprès de ceux qui auraient tant besoin de bien connaître cette profession de foi.
Quant à présent, Monsieur, les clubs, réouverts au quartier Saint-Antoine, continueront à ne retentir que des seules doctrines de nos montagnards philosophes. Il est juste d'ajouter que l'ordinaire des séances s'y passe avec une décence telle que le sommeil de M. le Commissaire présent n'en est pas interrompu.
Je vous le confesse toutefois, Monsieur, je suis aussi peu rassuré qu'édifié de cette liberté de la mauvaise presse, passée comme en enseignement, sans autre compensation, pour la société, que la Profession du vicaire savoyard, répandue, le fût-elle à profusion, dans les lieux honnêtes ... qui ne sont pas, chacun le sait, les clubs des faubourgs !
Cette pratique si républicaine de la pensée sans entraves, pourquoi ne l'appliquerait-on pas à toute chose ? La liberté sans bornes de l'industrie et du commerce, qui nous font vivre, serait-elle donc moins sacrée que celle du sophiste orgueilleux qui nous empoisonne ? Et pourquoi ces entraves et cette surveillance incessantes de la police sur la composition et la vente du pain, du vin et autres denrées de première nécessité ? À quoi bonde scrupuleuses précautions pour la vente des substances toxiques ? D'où viennent tant de précautions légales pour ces choses ? Est-ce qu'on prétenderait, par hasard, que l'arsenic, ou tout autre poison, soit par lui-même un crime, ou même un danger, plus que ne l'est la pensée des citoyensProud'hon et P. Leroux ? Non certes : et pour être conséquents et équitables, attendons des actes et des effets, au lieu de nous préoccuper ainsi de mesures préventives. Qui n'est à même d'user et d'abuser n'a pas sa liberté.
En résumé, Monsieur, j'estime que vous avez fait une excellent chose, mais qu'elle ne profitera guère qu'à ceux qui en avaient le moins besoin : elle ne parvient pas à son adresse ; les mauvaises choses y arrivent toujours. Qu'en résultera-t-il ? Et que peut-il résulter du déchaînement des vents, sinon, la tempête ? » [Félix Cadet-Gassicourt. Ancien maire du 4ème arrondissement, rue St-Honoré, 108. Paris. 10 septembre 1848].

ÉLÈVES, DISCIPLES ET RELATIONS PROCHES AUTOUR DE V. COUSIN.
Amédée Jacques, philosophe spiritualiste, qui a créé en 1847 la Revue la Liberté de penser, fonde, en mars 1848, la Société démocratique des libres-penseurs dont Jules Simon est le président.

CRITIQUES, COMMENTAIRES, ARTICLES ET OUVRAGES CONCERNANT V. COUSIN.
Dans Choses vues, année 1848, Victor Hugo raconte :
« V. Cousin me disait hier : - Le roi est désolé qu’on ne puisse pas le tutoyer ».

« J’ai vu l’archevêché de Paris sollicité comme un bureau de tabac, m’a dit un jour Cousin, alors ministre de l’Instruction publique [1840]. Le solliciteur était M. Affre ».

Le 18/11/2018