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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1847
   1847

Résumé des années précédentes

En 1847 V. Cousin [1792-1867] a cinquante quatre ans [il aura cinquante cinq ans le 28 novembre 1847].


1820-1828

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825]

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran en quatre volumes [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841]



1826-1828. Fragments philosophiques

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédés de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît à l’étranger comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers


Le feu croisé des critiques

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système]

D’un autre côté, ou lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion [mars 1843]


L’année 1847


Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie

C'est l'inspecteur général Jean Georges Ozaneaux [1795-1852], et non V. Cousin qui préside le jury d'agrégation de philosophie de 1847.

Soit volontairement, soit plus ou moins contraint, [V. Cousin] renonce à la présidence du concours d'agrégation ” [Janet], pour l'année 1847 et 1848. Reprendra la présidence du jury en 1849, grâce à Alfred de Falloux, alors ministre de l’Instruction publique, puis en 1850. Sera remplacé en 1851 par le diplomate et conseiller d’État Joseph Marie Portalis [1778-1858]. L’agrégation de philosophie est ensuite supprimée, à la suite des remous provoqués, en août 1851, par l’échec d’Hippolyte Taine à l’oral de l’agrégation de philosophie [elle n’aura pas lieu en 1852, et ne sera rétablie qu’en 1863, par Victor Duruy]

Sont reçus : François Julien Brisebarre, Albert Lemoine, Amédée de Margerie, Augustin Pelissier, Louis François Augustin Bourgeois

Georges Ozaneaux [1795-1852], ancien élève de l’École normale [1812], agrégé de philosophie d’avant le concours de 1825, a d’abord enseigné la rhétorique et la philosophie [Charlemagne, Louis le Grand]. Puis a fait une carrière administrative : à partir de 1830, recteur [Bourges, Clermont Ferrand, Toulouse], inspecteur général des études [1837]. Publie sur Rome, édite des textes latins, et des ouvrages scolaires. Est également auteur théatral.


Réédition de :

Cours de l'histoire de la philosophie moderne. Nouvelle édition, revue et corrigée, [en trois volumes], Paris, in-12, 1847 :

Tome 1. Introduction à l’histoire de la philosophie, Paris : in-12, XI-317

Tome 2 & 3. Histoire de la philosophie au XVIIIème siècle, Paris, in-12

[le tome 3 a pour titre particulier : École sensualiste. Système de Locke, Paris : Didier Ladrange, in-8]

Édité initialement en 1828-1829 ; puis en 1841. Réédité en 1861 [comme quatrième édition]


Plus précisément en 1828 paraît :

Cours de philosophie, comprenant l’introduction générale à l’histoire de la philosophie, Paris : Pichon et Didier, in-8, composé de treize leçons, d’une table, et orné du portrait de l’auteur [on peut considérer que ce volume forme le tome 1 du Cours de l’histoire de la philosophie par M. V. Cousin]

En 1829 paraissent en 2 volumes [collationnés] :

Tome 1.

Cours de l’histoire de la philosophie [cours de 1829], par M. V. Cousin, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris. Histoire de la philosophie du XVIIIè siècle. Tome IParis : Pichon et Didier, éditeurs, in-8, 510 p., 1829 [on peut considérer que ce volume forme le tome 2 du Cours de l’histoire de la philosophie par M. V. Cousin]

Tome 2.

Cours de l’histoire de la philosophie [cours de 1829], par M. V. Cousin, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris. Histoire de la philosophie du XVIIIè siècle. Tome II ; École sensualiste. Locke. Paris : Pichon et Didier, éditeurs, in-8, 492 p., 1829 [on peut considérer que ce volume forme le tome 3 du Cours de l’histoire de la philosophie par M. V. Cousin]


Long article dans le Journal des Débats

Au moment de sa réédition [1847] sous le titre Cours de l'histoire de la philosophie, Sainte-Beuve publie dans le Journal des Débats (2 avril 1847) un long article élogieux sur V. Cousin, pour témoigner de cette réédition. L'article sera repris sans changement dans les éditions des Portraits (1852, puis 1864) :

« M. Cousin a eu une heureuse idée, celle de revoir, de retrouver en quelque sorte son Cours de 1815 à 1820, et de le donner au public aussi fidèlement qu'il a pu le ressaisir, mais sans se faire faute, au besoin, de suppléer l'éloquent professeur de ce temps-là par le grand écrivain d'aujourd'hui. Ce premier cours, en effet, qui marquait l'éclatant début de M. Cousin dans la carrière de l'enseignement, ne subsistait jusqu'à présent que dans les rédactions d'anciens élèves qu'on avait pris soin de publier, il y a quelques années. »


Réédition de :

Des Pensées de Pascal, Paris : Joubert, in-8, LII-LV-498 p., 1847 [1847, comme 3ème édition]. Édité initialement en 1843.


À la Chambre des Pairs

Discours

Prononce un discours à la Chambre des Pairs : De l’Enseignement et de l’exercice de la médecine et de la pharmacie, qui sera édité en 1850 [De l’Enseignement et de l’exercice de la médecine et de la pharmacie, discours prononcés à la Chambre des Pairs, en 1847, par M. Victor Cousin. Paris : J. B. Baillière, in-18, VIII-320 p., 1850]


À l'Académie française

Élection et réception

L’homme politique et philosophe Charles de Rémusat [1797-1875], élu le 8 janvier 1846, au fauteuil 8, est reçu par Emmanuel Dupaty [1775-1851] le 7 janvier 1847, en remplacement de Paul Royer-Collard [1763-1845], décédé le 4 septembre 1845

Charles de Rémusat est déjà membre de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, où il a été élu le 26 avril 1842 [fauteuil 4], en remplacement de Théodore Jouffroy [1796-1842], décédé le 1er mars 1842


Le poète et auteur dramatique Adolphe Joseph Simonis Empis [1795-1868] est élu, au fauteuil 36, le 11 février 1847, en remplacement de Étienne de Jouy [1795-1868], décédé le 4 septembre 1846. Il sera reçu, le 23 décembre 1847, par Jean Pons Viennet [1777-1868]


Alexandre Guiraud [1788-1847], auteur dramatique, poète et romancier, meurt le 24 février 1847. Il sera remplacé au fauteuil 37, par Jean-Jacques Ampère [1800-1864], élu le 22 avril 1847


Jean Jacques Ampère [1800-1864], historien de la littérature, est élu, au fauteuil 37, le 22 avril 1847, en remplacement d'Alexandre Guiraud [1788-1847], décédé le 24 février 1847. Il est soutenu par le camp universitaire, qui s'oppose au parti royaliste, partisan de la candidature de Jean Vatout. J. J. Ampère sera reçu, le 18 mai 1848, par Prosper Mérimée [1803-1870]


Le philosophe Pierre Simon Ballanche [1776-1847] meurt le 12 juin 1847. Il sera remplacé, au fauteuil 4, par Jean Vatout [1791-1848], élu le 6 janvier 1848, soutenu par le camp royaliste


À l'Académie des sciences morales et politiques

Rapport

Dans la séance du 23 janvier 1847, V. Cousin lit un Rapport sur un ouvrage de M. Christian Bartholmess intitulé Jordano Bruno. Ce rapport fait l'objet d'un compte-rendu dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 11 [1847], pages 177-180. V. Cousin en recommande la publication dans le tome 2 du Recueil des savants étrangers.

« Je me suis chargé bien volontiers, a dit M. Cousin, de présenter à l’Académie un ouvrage dont l’auteur, M. Bartholmès, est déjà connu de l’Académie, qui lui a décerné l’année dernière une mention honorable dans le concours sur la Certitude. le nouvel ouvrage de M. Bartholmès est intitulé Jordano Bruno ; il renferme une longue étude sur la vie et les écrits de ce philosophe, si célèbre et si peu connu, du XVIième siècle.

Je ne suis pas un grand admirateur du XVIème siècle. C’est un âge de transition, et, en cette qualité, il manque d’une vraie originalité et d’un caractère décidé. Il brisa le moyen âge et sa philosophie profonde, et il fraya la route aux temps modernes. L’esprit qui l’anime est un esprit de réforme ; il abeaucoup ébranlé ou détruit ; il n’a rien fondé. [...]. »

L’ouvrage de Christian Bartholmèss [1815-1856], professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg, est intitulé Jordano Bruno [Paris : Ladrange, 2 volumes in-8, 1846-1847]

Christian Bartholmèss deviendra correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 4 bis], le 11 février 1854, en remplacement de Joseph Willm [1790-1853]


V. Cousin fait hommage à l’Académie, au nom de l’auteur, le duc de Caraman, d’un exemplaire du tome trois de son Histoire de la révolution de la philosophie en France pendant le moyen âge jusqu’au XVIème siècle [séance du 11 décembre 1847]

Le duc Victor Antoine Charles Riquet de Caraman [1811-1867], a fait paraître, depuis 1845, une Histoire des révolutions de la philosophie en France pendant le moyen âge jusqu’au seizième siècle, précédée d’une Introduction sur la philosophie de l’antiquité et de celle des premiers temps du christianisme [Paris : Ladrange, 3 volumes in-8, 1845-1847]


Observations

M. Barthélemy Saint-Hilaire lit un Rapport sur le tome 1er de l'Introduction à l'histoire du boudhisme indien par E. Burnouf. À la suite de ce rapport, V. Cousin fait des observations. Cette intervention fait l'objet d'un compte-rendu dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 11 [1847], pages 60-63

L’orientaliste Étienne Burnouf [1801-1852] a fait paraître le tome I de l’Introduction à l’histoire du boudhisme indien en 1844 [Paris : impr. royale, in-4, VI-649, 1844]. Une deuxième édition paraîtra en 1876, précédée d’une notice de M. Barthélemy Saint Hilaire sur les travaux de M. Eugène Burnouf


La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques

Élection

Joseph Willm [1790-1853] est élu, à l’unanimité, correspondant [Strasbourg. Bas Rhin] de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, dans la séance du 13 février 1847 [place 4 bis]. Il succède à Jean Esquirol [1772-1840], décédé le 12 décembre 1840. Après sa mort [7 février 1853] sera remplacé par Christian Bartholmèss [élu le 11 février 1854]

Joseph Willm avait fait paraître, en 1835, l’Essai sur la nationalité des philosophes, suivi de la traduction en français du jugement de M. Schelling sur la philosophie de M. Cousin. Dix ans plus tard, en 1845, il avait été le lauréat du concours de l’Académie des sciences morales et politiques sur l’Examen critique de la philosophie allemande. En 1847-1848, il fait paraître son Histoire de la philosophie allemande depuis Kant jusqu’à Hegel [Paris : Ladrange, 3 volumes in-8]


Décès du baron Pasquale Galluppi [1770-1846] le 13 décembre 1846, annoncé par V. Cousin dans la séance du 30 janvier 1847. P. Galluppi avait été élu correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 29 décembre 1838 [place 6]. Il sera remplacé par l’abbé Antonio Rosmini-Serbati [1797-1855], élu le 22 janvier 1848


Rapport par A. Franck, au nom de la section de philosophie, sur un Mémoire de Hervé Bouchitté, intitulé De la Persistance de la personnalité après la mort, lu dans la séance du 30 janvier 1847

Publié in Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 11, 1847, pages 169-187

Hervé Bouchitté [1795-1861], ancien élève de l’École normale [1813], professeur de philosophie à Versailles, avait déjà fait en 1840 plusieurs lectures sur Les Preuves de l’existence de Dieu. Le mémoire sur la Persistance de la personnalité après la mort, avait été lu par Hervé Bouchitté dans les séances du 1er, 8, 29 août 1846


Jean Philibert Damiron donne lecture d’un Fragment d’un mémoire sur la Vie et la philosophie de Leibniz [dans la séance du 6 mars 1847], qui doit faire partie d’un troisième volume de l’Histoire de la philosophie au XVIIème siècle, dont la publication a commencé en 1846 [Paris : L. Hachette, 2 volumes in-8]. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, tome 11, 1847, pages 349-373


Jean Philibert Damiron donne lecture d’un Mémoire sur la vie et la philosophie de Bayle [dans les séances du 13, du 20 et du 27 mars 1847]


Charles Bénard, professeur de philosophie au collège royal de Rouen, est admis à lire un mémoire sur la Philosophie de l’art, d’après Schelling [séance du 10 avril 1847]; publié dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, tome 11, 1847, pages 455-459

Charles Bénard [1807-1898], ancien élève de l’École normale [1828], agrégé de philosophie [1831], docteur ès-lettres avec une Dissertation sur la théorie des forces fondamentales dans le système de Gall et de Spurzheim [Paris, 1836] et une thèse latine sur la République de Platon. Il est un spécialiste d’esthétique. Il fait paraître, en 1852, un ouvrage sur Hegel et la philosophie de l’art. En 1855 La Poétique de Hegel, avec des extraits de Schiller, de Goethe, de Jean Paul. Enfin en 1887 un livre sur l’Esthétique d’Aristote


Mémoire sur les Devoirs de la philosophie dans l’état actuel de la société, par A. Franck [séance du 19 et du 26 juin 1847]. Ce mémoire est destiné à servir d’introduction au Rapport présenté au nom de la section de philosophie sur le dernier concours de l’Académie des sciences morales et politiques ayant pour sujet De la Certitude. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 12, pages 5-44


Jules Barthélemy Saint Hilaire lit un travail sur les Opuscules d’Aristote [dans les séances du 12 et 19 juin 1847], dont la même année il va publier la traduction. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 12, pages 67-84


Lecture du Mémoire sur les Travaux philosophiques de Laromiguière, par Charles Auguste Mallet, professeur de philosophie au collège royal de Saint-Louis [séance du 3 et du 10 juillet 1847]. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 12, pages 109-166

Charles Mallet [1807-1875], ancien élève de l’École normale [1826], agrégé de philosophie [1830], docteur ès-lettres, avec une thèse littéraire sur l’histoire de Rollin [Paris, 1829] et une thèse philosophique : Dissertation philosophique sur les moyens d’arriver à la possession de la vérité [Paris, 1829]. A déjà publié, en 1845, Histoire de l’École de Mégare [Histoire de l’école de Mégare et des écoles d’Élis et d’Érétrie [Paris : Vve Maire-Nyon, in-8, IV-LXXIV-196 p., 1845, qui a été présenté en hommage à l’Académie des sciences morales et politiques

Pierre Laromiguière [1756-1837] a créé la chaire de Philosophie de la Faculté des lettres de Paris, en 1809 ; il a été élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 8 décembre 1832. Il est mort le 12 août 1837. À ses funérailles [14 août 1837] V. Cousin prononce un discours au nom de l’Académie des sciences morales


Barthélemy Saint Hilaire fait hommage à l’Académie de la Psychologie d’Aristote ; Opuscules. Paris 1847 [séance du 10 juillet 1847]

Il s’agit de Aristote. Psychologie. Opuscules, traduits pour la première fois et accompagnés de notes perpétuelles par J. Barthélemy Saint Hilaire. Paris : Ladrange, in-8, 1847. L’ouvrage complète la Psychologie d’Aristote, Traité de l’âme, paru en 1846 [traduction et édition par J. Barthélemy Saint Hilaire]

Les titres de ces opuscules sont : De la Senstion et des choses sensibles ; De la Mémoire et de la réminiscence ; du Sommeil et de la veille ; des Rêves ; de la Divination dans le sommeil ; du Principe général du mouvement dans les animaux ; de la Longévité et de la briéveté de la vie ; de la Jeunesse et de la vieillesse ; de la Vie et de la mort ; de la Respiration.


Adolphe Franck lit un mémoire de Bathélemy Saint Hilaire sur la Logique [séances du 17 juillet, du 7 août 1847]. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 12, pages 369-391

Barthélemy Saint Hilaire [1805-1895] avait publié, en 1839, la traduction de la Logique d’Aristote [Paris : Ladrange, 2 volumes in-8]


Adolphe Franck, dans la séance du 24 juillet 1847, fait hommage à l’Académie d’un ouvrage ayant pour titre De la Certitude.

Il s’agit de l’ouvrage d’Auguste Javary publié en 1847 : De la Certitude par Auguste Javary, Paris : Ladrange, in-8, 558 p., 1847.

Auguste Javary [1820-1852], professeur de philosophie au collège royal d’Alençon, avait obtenu sur le rapport d’Adolphe Franck, pour son mémoire sur la Certitude, le prix de l’Académie des sciences morales et politiques [prix du budget] en décembre 1846


Rapport sur l’ouvrage de M. Javary intitulé de la Certitude, par A. Franck [sénce du 4 septembre 1847]. Pulbié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 12, pages 269-270


Jean Philibert Damiron lit une notice sur Bayle [dans la séance du 21 août 1847]. Cette lecture sera prolongée en décembre 1847


Adolphe Franck donne lecture d’un travail sur La Bruyère [séance du 4 septembre 1847]. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1847, tome 12, pages 358-368


Barthélemy Saint Hilaire fait hommage à l’Académie , au nom de l’auteur, le docteur Félix Voisin, d’un exemplaire de sa brochure ayant pour titre Du traitement intelligent de la folie, et il donne une idée du but que s’est proposé l’auteur [dans la séance du 18 décembre 1847]

Félix Voisin [1794-1872], médecin aliéniste, président de la Société phrénologique de Paris, vient de publier en 1847 : Du traitement intelligent de la folie et application de quelques uns de ses principes à la réforme des criminels. Paris : J. B. Baillière, in-8, 1847


Jean Philibert Damiron lit un travail sur Bayle, ses écrits et sa philosophie [dans les séances du 18 et 24 décembre 1847]. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1848, tome 13, pages 37-67. Ce mémoire fait partie d’une prochaine publication sur Leibniz et ses principaux adversaires. Il a pour sujet : la Biographie de Bayle ; son esprit philosophique ; son cours de philosophie


Élèves, disciples et relations proches autour de V. Cousin

Amédée Jacques [1813-1865] et Jules Simon [1814-1896], qui ont été un premier temps ses disciples, mais finalement en désaccord avec V. Cousin, créent la revue La Liberté de penser. C'est une revue philosophique et politique où sont défendus le libéralisme républicain et le suffrage universel. La revue va fonctionner pendant quatre ans [de 1848 jusqu'en 1851]

Jules Simon, dans son livre sur Victor Cousin [Paris : Librairie Hachette, collection Les Grands Écrivains français in-12, 185 p., 1887] raconte :

« Quand je pensai à faire une revue philosophique, je m’adressai encore à Jacques et à Saisset, et Saisset courut encore en avertir M. Cousin. Nous n’étions pas, Jacques et moi, des révoltés, encore moins des ingrats ; nous étions des disciples un peu étouffés, en quête de liberté et d’indépendance. Saisset qui était un profond politique, tenait à être bien en cour et il se hâta de raconter nos desseins et, je crois, nos espérances. Pour cette fois, nous fûmes assez irrités pour nous séparer de lui. Nous fîmes force de rames pour faire paraître un premier numéro, que nous baptisâmes d’un titre qui devait conserver notre autonomie, et qui l’assura en effet. Ce titre était la Liberté de penser. Il a fait depuis son chemin, en changeant passablement de signification. Libre penseur aujourd’hui, dans la langue courante, veut direr athée, et c’est le contraire de ce que nous étions, Jacques et moi. Je n’ai pas à dire ici comment je fus, pendant un an, soit sous mon nom, soit par des articles anonymes, ou signés d’un nom supposé, le plus actif rédacteur de ce recueil, et comment j’en fus mis à la porte un beau matin, par mes propres amis, sous prétexte que j’étais trop réactionnaire pour leurs nouvelles aspirations. » [pages 153-154]


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin

Lettre de V. Cousin au Pape Pie IX.

« Saint-Père

Il n’y a pas en Europe un cœur honnête qui ne fasse des vœux pour le succès des grands desseins que Dieu vous a inspirés. Et moi aussi, j’éprouve le besoin de joindre ma voix à tant de voix, et de faire arriver au trône de votre Sainteté la loyale expression de mes sentiments. Une nouvelle édition de mes anciens cours de philosophie m’en fournit l’occasion. Je veux vous supplier d’agrééer cet humble hommage. Offrir au père de la chrétienteté, un livre de philosophie, c’est être bien assuré que ce livre ne contient pas un seul mot qui ne soit pénétré d’un respect sincère pour la religion chrétienne. À mes yeux, le Christianisme et la philosophie sont aussi parfaitement compatibles que la liberté et l’ordre, et que le sont aussi, de sages réformes et un pouvoir juste et respecté.

Je mets de nouveau aux pieds de votre Sainteté ma vive sympathie pour sa magnanime entreprise, avec l’assurance de ma vénération profonde et de mon sincère dévouement.

Le Pair de France, ancien ministre de l’instruction publique.

V. Cousin. »

[Paris, le 19 février 1847]

Le Pape Pie IX, succède en juin 1846, à Grégoire XVI. Il inaugure son règne par une amnistie politique, qui fait croire à une nouvelle orientation marquée par le libéralisme. V. Cousin joint sa voix au concert de louanges qui accompagne cette accession au trône pontifical


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin

Carl Eberhard Fuchs, Die Philosophie Victor Cousin’s, ihre Stellung zur früheren französischen und zur neueren deutschen Philosophie. Ein historisch-kritischer Versuch, von Dr. Carl Eberhard Fuchs. Berlin : H. Schultze, in-8, XII-294 p., 1847

[La philosophie de V. Cousin devant l'ancienne philosophie française et la nouvelle philosophie allemande]


Sainte-Beuve, dans le Journal des Débats, 2 avril 1847, consacre un long et élogieux article à V. Cousin, à l'occasion de la parution du Cours de l'histoire de la philosophie moderne, en 5 volumes. Repris, par Sainte-Beuve dans les Portraits littéraires.

Incipit : « M. Cousin a eu une heureuse idée, celle de revoir, de retrouver en quelque sorte son Cours de 1815 à 1820, et de le donner au public aussi fidèlement qu'il a pu le ressaisir, mais sans se faire faute au besoin de suppléer l'éloquent professeur de ce temps-là par le grand écrivain d'aujourd'hui. Ce premier Cours, en effet, qui marquait l'éclatant début de M. Cousin dans la carrière de l'enseignement, ne subsistait jusqu'à présent que dans des rédactions d'anciens élèves qu'on avait pris soin de recueillir et de publier, il y a quelques années. »


Armand [Félix] Fresneau [1822-1900]. L’Éclectisme. Paris : au Comptoir des imprimeurs-unis, in-8, 144 p., 1847

Armand Fresneau [1822-1900], mène une carrière politique : député, puis sénateur du Morbihan



Le 22/02/2018