[ recherche ] [ présentation ] [ liste alphabétique des auteurs ] [ statistiques ] [ courriel ]


Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1845
   1845

En 1845, V. Cousin [1792-1867] a cinquante et un ans [il aura cinquante deux ans le 28 novembre 1845]. L’année 1845 est marquée par la reprise du thème du Vrai, du bien et du beau, initié dans les enseignements de 1818, et qui aboutira à l’ouvrage classique de 1853, constamment réédité


Résumé des années précédentes


1820-1828

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825]

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes]


1826-1828. Fragments philosophiques

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers


Le feu croisé des critiques

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système]

D’un autre côté, ou lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion


L'année 1845


Éléments biographiques

À la mi-mai 1845, V. Cousin fait un séjour à Bellevue, à la barrière de Vaugirard, charmant petit village, avec d'élégantes maisons de campagne construites depuis 1824. En témoigne Sainte-Beuve [Nouveaux lundis, tome 13, pages 186-187]


En 1845, V. Cousin se met à réviser ses premiers cours, notamment celui de 1818, sur le Vrai, le Beau et le Bien. Paul Janet témoigne : « Je l’écrivis sous sa dictée, je le rédigeai d’après ses conversations. Ces conversations étaient d’admirables leçons où il s’abandonnait à toute sa verve, à toute son imagination [...] Je vois encore cet oeil étincelant, j’entends cette voix vibrante, ces accents passionnés ; qu’était-il besoin d’une chaire ou d’un public ? La nature servait de théatre, et un seul auditeur suffisait pour enflammer l’enthousiasme de l’orateur. » [Janet, p. 465]


Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] succède à François Villemain [1790-1870] comme ministre de l'Instruction publique [1er février 1845]. Il prend une ordonnance touchant à l'organisation du Conseil permanent de l'Université [rétablissant le décret organique du 17 mars 1808] et limitant son rôle: L'ordonnance du 7 décembre 1845 substitue à l'ancien Conseil permanent et composé de huit membres, un nouveau conseil, intitulé Conseil royal de l'Université, de trente membres, dont les deux tiers n'ont qu'un mandat de un an [dix sont nommés à vie, et les vingt autres nommés chaque année par le ministre]. V. Cousin juge très défavorablement cette mesure prise par Salvandy "pour affaiblir et déshonorer l'Université".


Mise à l’Index

Le 7 avril 1845, décret mettant à l’Index, V. Cousin [Cours d’histoire de la philosophie] ; Jules Michelet [Du Prêtre, de la Femme, de la Famille] ; André Marie Dupin [Manuel du droit public écclésiastique] ; J. J. Maurette, curé démissionaire

Le décret, pris à Rome, par la congrégation de l’Index, est annoncé dans le journal catholique L’Univers du 22 avril 1845


Discours

Prononce un discours à la Chambre des Pairs, dans la discussion relative aux cours du Collège de France : 1845, Paris : Joubert, in-8, 16 p.


Publie :

Fragments de philosophie cartésienne, par M. Victor Cousin. Paris : Charpentier libraire-éditeur, in-18, XII-470 p., 1845

L'ouvrage contient un Avant-propos de V. Cousin [pages V-XII] expliquant ses positions politiques et philosophiques, et justifiant l'intérêt porté à Descartes :

Incipit de l'Avant-propos : « L'éclectisme n'est point une sorte d'équilibre incertain entre tous les systèmes. S'il discerne du vrai et du bien jusque dans les systèmes les plus faux, de l'excès et de l'erreur dans les systèmes les plus vrais ; s'il entreprend de se défendre lui-même de tout mouvement irréfléchi et extrême, ce n'est pas à dire qu'il se condamne à cette impartialité pusillanime qui assiste à la lutte des opinions sans y prendre part et pour ainsi dire du haut d'un nuage. Non : bienveillant pour tous, comme sans aveuglement pour aucun, l'éclectisme a fait son choix parmi les systèmes ; il préfère hautement les uns aux autres, et à cause de leurs principes, et à cause de leurs conséquences. [...] En politique, nous sommes ouvertement pour les principes de la révolution française. Sa cause est la nôtre ; nous l'avons servie, et nous la servirons jusqu'au bout avec une fidélité inébranlable [...]. Nous faisons profession de croire que depuis 1789 le seul vrai gouvernement pour tous les peuples civilisés est la monarchie constitutionnelle. Cette forme de gouvernement est celle qui assure le mieux la liberté [...] De même en philosophie, bien qu'appliqués à nous retenir fermement sur la pente qui entraîne l'idéalisme au mysticisme, nous sommes déclarés partisans de tout système favorable à la sainte cause de la spiritualité de l'âme, de la liberté et de la responsabilité des actions, de la distinction fondamentale du bien et du mal, de la vertu désintéressée, d'un Dieu créateur et ordonnateur des mondes, soutien et refuge de l'humanité. C'est par ce motif que [...], toutes nos prédilections avouées sont pour le cartésianisme. »

Contient :

1. Vanini ou la philosophie avant Descartes, pages 1-98 ;

2. Procès-verbal d’une séance d'une société cartésienne qui s'était formée à Paris dans la seconde moitié du XVIIème siècle, pages 99-113 ;

3. Le cardinal de Retz cartésien, pages 114-228 ;

4. Roberval philosophe, pages 229-261 ;

5. Correspondance de Malebranche et de Mairan, pages 262-348 ;

6. Correspondance inédite de Malebranche et de Leibniz, pages 349-428 ;

7. Des rapports du cartésianisme et du spinozisme, pages 429-468

À la même date, pour le même ouvrage, il y a aussi la mention d'un autre éditeur : Paris : Adolphe Delahays, libraire [même pagination]

[1855] 2. Nouvelle édition en 1855 [Fragments de philosophie cartésienne, par M. Victor Cousin, Paris : Didier, in-18, XVI-470 p., 1855].

Dans l'édition des Oeuvres de V. Cousin, en 16 volumes, cet ouvrage prend sa place comme tome III dans la troisième série [Fragments philosophiques]

[1866] 3. Ces textes seront tous repris dans l'édition de 1865-1866 des Fragments philosophiques pour servir à l'histoire de la philosophie, tome III : Philosophie moderne

[1995] 4. [Réédité en 1995, document électronique BNF]


Publie :

Discours prononcé par M. Cousin [...] dans la discussion relative aux cours du Collège de France [14 avril 1845]. Paris : Joubert, in-8, 16 p.


Article dans le Journal des savants

V. Cousin fait paraître Documents philosophiques inédits tirés de diverses bibliothèques. Rapports du cartésianisme et du spinozisme. Journal des savants, troisième et dernier article, janvier 1845, pages 33-39. Les deux premiers articles étaient parus en novembre et décembre 1844


Article dans le Journal des savants

V. Cousin fait paraître Roberval philosophe. Journal des savants, mars 1845, pages 129-149. Incipit : « On sait que Lahire avait fait présent à l'Académie des sciences des papiers que lui avait légués Roberval, et parmi lesquels se trouvaient les lettres de Descartes à Mersenne. »

[1845] Repris en 1845 dans les Fragments de philosophie cartésienne, pages 229-261 ; et dans sa réédition de 1855


Article dans la Revue des Deux Mondes

Fait paraître la suite de l'article Du Scepticisme de Pascal, dont la publication avait commencé le 15 décembre 1844. Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1845, tome 65, pages 333-357. L'article fera l'objet d'un tiré à part en 1845


Article dans la Revue des Deux Mondes

Du Mysticisme, Revue des Deux Mondes, 1er août1845, tome 65, pages 469-486

Incipit : « Ici même , il y a quelques mois, nous avons combattu le scepticisme dans son représentant le plus redoutable [Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1844 ; 15 janvier 1845. Du Scepticisme de Pascal]. nous allons aujourd'hui porter nos études sur une autre plaie de l'esprit humain, sur un mal apparemment moins fâcheux que le scepticisme, mais qui au fond, n'est pas moins dangereux.

Il nous importe d'autant plus de rompre ouvertement avec le mysticisme qu'il semble nous toucher de plus près, et que par un air de grandeur il peut séduire plus d'une âme d'élite, particulièrement à l'une de ces époques de lassitude, où, à la suite d'espérances excessives, cruellement décues, la raison humaine ayant perdu la foi en sa propre puissance sans pouvoir perdre le besoin de Dieu, pour satisfaire ce besoin immortel, s'adresse à tout excepté à elle-même, et faute de savoir s'élever à Dieu par la route légitime et dans la mesure qui lui a été permise, se jette hors du sens commun, et tente le nouveau, le chimérique, l'absurde même, pour atteindre l'impossible. »


Article dans la Revue des Deux Mondes

Du Beau et de l'art, Revue des Deux Mondes, 1er septembre 1845, tome 65, pages 773-811

Incipit : « Des facultés de l'âme qui concourent à la perception du beau - Des différents genres de beauté et de leur harmonie - Du génie et de l'art - Des principaux arts, de leur but commun, et de leurs moyens différents - Architecture et sculpture - Musique et peinture - Suprématie de la poésie. »


À la Chambre des Pairs

Discours

Prononce un discours [14 avril 1845] à la Chambre des Pairs, dans la discussion relative aux cours du Collège de France.

Ce texte est publié, Paris : Joubert, in-8, 16 p., 1846


À l'Académie française

Élection et réception

Réception le 6 février 1845, de Prosper Mérimée [1803-1870], élu le 14 mars 1844, en remplacement de Charles Nodier [1780-1844], décédé le 27 janvier 1844, par Charles Guillaume Étienne [1777-1845]


Sainte-Beuve [1804-1869], élu le 14 mars 1844, au fauteuil 28, en remplacement de Casimir Delavigne, est reçu le 27 février 1845 par V. Hugo


Charles Guillaume Étienne [1777-1845] meurt le 13 mars 1845. Il sera remplacé par Alfred de Vigny [1797-1863], élu le 8 mai 1845


Alexandre Soumet [1786-1845] meurt le 30 mars 1845. Il sera remplacé par Ludovic Vitet [1802-1873], le 8 mai 1845


Ludovic Vitet [1802-1873] est élu, au fauteuil 27, le 8 mai 1845, en remplacement de Alexandre Soumet [1786-1845]. V. Cousin soutient la candidature de Ludovic Vitet et confirme à Mérimée en avril qu'il votera pour lui : «Un honnête homme n'a que sa parole. » L. Vitet sera reçu, le 26 mars 1846, par le comte Molé [1781-1855]


À l'Académie des sciences morales et politiques

Intervention

En janvier 1845, à la suite de la lecture par Barthélemy Saint-Hilaire de son Mémoire : De la Méthode des Alexandrins et du mysticisme, V. Cousin intervient. Cette intervention fait l'objet d'un compte-rendu dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 41-44

Incipit : « J'éprouve d'abord le besoin de témoigner à notre savant confrère tout le plaisir avec lequel j'ai écouté la lecture de son intéressant et remarquable travail. Il ne fallait rien que son talent, joint à de profondes recherches, pour proposer sous une forme aussi attrayante, et dans un espace aussi limité l'histoire entière du mysticisme. »

Cependant, pour V. Cousin, le danger actuel n'est pas le mysticisme, mais la superstition : « La réaction religieuse de nos jours aboutit, non pas au mysticisme, mais à la superstition, ce qui est bien différent ; et là où elle ne parvient pas à réveiller la superstition, elle réussit à faire naître le scepticisme. »


Intervention

À la suite du rapport de M. André Dupin sur l'ouvrage de Joseph Marie Portalis relatif à la défense des articles du Concordat de l'an X, qui a lieu dans la séance du 22 mars 1845, V. Cousin intervient. Cette intervention fait l'objet d'un compte-rendu dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 251-259


Sujet mis au concours

Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, est mis au concours, le 19 avril 1845 : Examen critique de la philosophie scolastique [terme le 31 août 1847]. Le prix sera attribué, en 1848, à Barthelémy Hauréau [1812-1896] futur conservateur à la Bibliothèque nationale [1848-1851]

Le programme est défini de la manière suivante :

1. Les concurrents renfermeront leurs recherches dans l’étude de la philosophie scolastique en France, et particulièrement dans l’Université de Paris, la France ayant été au moyen age la lumière de l’Europe, et l’Université de Paris la mère de toutes les autres universités, françaises et étrangères

2. Les concurrents s’attacheront aussi à la grande époque, à l’époque classique de la philosophie scolastique, à savoir celle qui remplit le treizième et le quatorzième siècle, qui commence à l’introduction en france de la métaphysiqye et de la physique d’Aristote, et des commentateurs anciens de ces deux ouvrages, par le moyen de traductions latines, et qui se termine à peu près au concile de Florence et à la prise de Constantinople, c’est à dire à l’introduction en Europe des autres monuments et des autres systèmes de la philosophie grecque

3. Parmi les discussions des écoles rivales au treizième et au quatorzième siècle, les concurrents sont invités à donner une attention toute particulière à la querelle du réalisme, du conceptualisme et du nominalisme

4. Les concurrents ne se borneront point à retracer l’histoire des écoles et des systèmes : ils rechercheront la part d’erreur et surtout la part de vérité que ces systèmes et ces écoles peuvent contenir ; ils s’appliqueront à dégager et à mettre en lumière ce qui, soit parmi les principes, soit parmi les procédés, soit parmi les résultats que nous a légués la philosophie scolastique, pourrait encore être mis à profit par la philosophie de notre temps

5. L’Académie recommande aux concurrents de se renfermer dans le domaine de la philosophie proprement dite, et de rester étranger à celui de la théologie, autant du moins que le permettra le lien intime de ces deux scinces au moyen âge.

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, tome 7, 1845, pages 405-407

Barthélemy Hauréau [1812-1896] qui gagnera le prix en 1848, après avoir été journaliste, et bibliothécaire à la bibliothèque municipale du Mans, sera conservateur à la Bibliothèque nationale [1848-1851]. En 1862 sera élu à l’Acaédémie des inscriptions et belles-lettres


Sujet mis au concours

Sur proposition de V. Cousin, section de morale, prix Félix de Beaujour, est mis au concours, le 3 mai 1845 : Examen critique du système d'instruction et d'éducation de Pestalozzi, considéré principalement dans ses rapports avec le bien-être et la moralité des classes pauvres (terme le 31 octobre 1847). Le prix sera décerné, en mai 1848, à Rapet et Philibert Pompée


La philosophie à l'Académie des sciences morales et politiques

Lecture

Barthélemy-Saint Hilaire communique un mémoire sur De la méthode des Alexandrins et du mysticisme, dans une séance de janvier 1845. Cette communication est suivie d’un échange avec V. Cousin

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 13-46. Cette communication fait suite au rapport fait sur les Mémoires envoyés au concours concernant l’Examen critique de l’école d’Alexandrie


Lecture

A. Franck lit un mémoire sur De la Destinée humaine, dans la séance du 25 janvier 1845

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 116-139


Lecture d’un Mémoire sur Malebranche

Jean Philibert Damiron poursuit la lecture d’un mémoire sur Malebranche [Les Méditations chrétiennes], dans les séances du 1er mars, du 8 mars 1845, du 27 décembre 1845

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 187-209. La référence sur le travail sur Malebranche se trouve déjà tome 4, page 66 sq. et tome 6 [1844], page 211 sq.


Lecture d’un Mémoire sur l’Enseignement de la philosophie en Grèce et à Rome

Jacques Matter qui vient d’être nommé Inspecteur général des bibliothèques [février 1845], est autorisé à lire un Mémoire sur l’Enseignement de la philosophie en Grèce et à Rome, considéré dans ses rapports avec la religion et la politique. Cette lecture a lieu dans les séances du 17 et 22 mars 1845, puis du 10 mai 1845

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 431-434

Jacques Matter [1791-1864], professeur au collège de Strasbourg, inspecteur d’académie, puis inspecteur général des bibliothèques, élu [4 mars 1831] correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Docteur ès-lettres, avec une thèse littéraire La Protection accordée aux sciences, aux lettres et aux arts, chez les Grecs [Strasbourg, 1817] et une thèse latine sur la comparaison des principes rationnels chez Pythagore, Platon et Plotin


Lecture

Charles Mallet [1807-1875], professeur de philosophie au collège Saint-Louis, est admis à lire son mémoire : Diodore Cronus et l’école philosophique de Mégare, dans les séances du 3 et du 10 mai 1845

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 7, pages 424-427

Charles Mallet [1807-1875] est un ancien élève de l’École normale [1826], agrégé de philosophie [1830], docteur ès-lettres, avec une thèse littéraire sur l’histoire de Rollin [Paris, 1829] et une thèse philosophique : De Veritate [Paris, 1829]

Publie en 1845, Histoire de l’École de Mégare [Histoire de l’école de Mégare et des écoles d’Élis et d’Érétrie, par M. C. Mallet. Paris : Vve Maire-Nyon, in-8, IV-LXXIV-196 p., 1845]. L'ouvrage sera présenté en hommage à l'Académie des sciences morales et politiques en 1846


Hommage d’une brochure

Alfred Maury, sous-bibliothècaire à l’Institut, fait hommage, dans la séance du 31 mai, d’une brochure qu’il vient de publier sous le titre : L’Hallucination envisagée au point de vue philosophique et historique, ou Examen critique de l’opinion émise par M. Brière de Boismont

En 1845 paraît : Des Hallucinations, ou Histoire raisonnée des apparitions, des visions, des songes, de l’extase, du magnétisme et du somnambulisme, par A. Brierre de Boismont. Paris : G. Baillière, in-8, XVI-720 p., 1845. Une seconde édition paraîtra en 1852 et fera l’objet d’un Rapport verbal d’Adolphe Franck, publié dans les Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1852, tome 22, pages 321-322

Louis Ferdinand] Alfred Maury [1817-1892] sera élu en 1857 membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est Professeur d’histoire et morale au Collège de France [1862], directeur général des Archives de France [1868-1888]

La brochure qu’il offre en hommage est un tiré à part d’un article paru en mai 1845 dans les Annales médico-psychologiques, sous le titre complet : L’Hallucination envisagée au point de vue philosophique et historique, ou Examen critique de l’opinion émise par M. Brierre de Boismont, touchant les caractères auxquels on doit reconnaître l’hallucination chez certains personnages célèbres de l’histoire [Paris : impr. de Bourgogne et Martinet, in-8, 22 p., 1845]. En 1848 Alfred Maury publie, dans les Annales médico-psychologiques : Des Hallucinations hypnagogiques, ou des Erreurs des sens dans l’état intermédiaire entre la veille et le sommeil, publié en tiré à part [Paris : impr. de L. Martinet, in-8, 15 p., 1848]

Enfin, en 1861 [réédité en 1878] publie Le Sommeil et les rêves, Études psychologiques sur les phénomènes et les divers états qui s’y rattachent, suivies de Recherches sur le développement de l’instinct et de l’intelligence dans leurs rapports avec les phénomènes du sommeil. Paris : Didier, in-8, VII-426 p., 1861


Rapport sur le concours de philosophie : Examen critique de la philosophie allemande

Rapport sur le concours ouvert par l’Académie des sciences morales et politiques, pour l’examen critique de la philosophie allemande par Charles de Rémusat, au nom de la section de philosophie

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 8, pages 209-241. La première partie de ce rapport a été inséré, 1845, tome 7, pages 291-344

Le sujet avait été mis au concours, sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget, dans les séances du 26 novembre et 3 décembre 1836, le terme initial étant fixé au 31 décembre 1838

La remise du prix a été reportée à plusieurs reprises, au 30 septembre 1842, au 1er septembre 1843, au 30 septembre 1844. Le dernier rapport est fait par M. de Rémusat, lu dans les séances des 15 février, 1er, 8 et 15 et relu le 29 mars, 5 et 12 avril 1845. Le prix est décerné en 1845 à Joseph Willm, inspecteur de l'Académie de Strasbourg

Fortuné Guiran reçoit une mention très honorable et un encouragement de 500 F du ministre de l'Instruction publique.

Joseph Willm publie son travail sous le titre : Histoire de la philosophie allemande depuis Kant jusqu'à Hegel, tome I en 1848 ; tome II et III, 1847, Paris : Ladrange, in-8


Joseph Willm [1790-1852] Professeur de philosophie, à l’université de Strasbourg, puis inspecteur de l'Académie de Strasbourg. Il avait fait paraître, en 1835, Essai sur la nationalité des philosophes, suivi de la traduction en français du jugement de M. Schelling sur la philosophie de M. Cousin [Paris ; Sttrasbourg : F. G. Levrault, in-8, XLIV-40 p.]. Le texte de Schelling était paru initialement en allemand, comme préface à l’ouvrage de Hubert Bekkers, Victor Cousin über französische und deutsche Philosophie [vorrede von Schelling], Stuttgart und Tübingen, 1834. Le texte de Schelling est également traduit en français par Ravaisson, dans la Revue germanique, octobre 1835.

Sera élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 13 février 1847, en remplacement d’Étienne Esquirol [1772-1840], décédé le 12 décembre 1840 ; À sa mort est remplacé par Christian Bartholmèss


Lecture d’un Mémoire sur l’Abîme de Pascal

Dans la séance du 2 août 1845, Francisque Lélut lit un Mémoire intitulé : De l’Abîme imaginaire de Pascal

Dans la séance du 23 août 1845, Francisque Lélut fait une communication sur Pascal et les deux faits de l’accident de Neuilly et de la Vision

Cette communication paraît dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 8, pages 301-319


Dans les séances du 30 août et du 10 septembre 1845, Benjamin Lafaye, professeur de philosophie au collège royal de Marseille, est admis à lire un Mémoire : Des Avantages que peut procurer à la philosophie l’étude des mots en particulier l’examen comparatif de ceux qu’on nomme synonymes.

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 8, pages 321-360

Benjamin Lafaye [Lafaist, dit Lafaye] [1809-1867], ancien élève de l’École normale [1829], agrégé de philosophie [1832], docteur ès-lettres [Paris, 1833] avec une thèse sur l’Étude complète des règles de la définition. Sa thèse latine porte sur De Definitione. Professeur de philosophie au collège royal d’Orléans, deviendra doyen de la Faculté d’Aix. Dès 1841 publie, chez Hachette, Synonymes français [1841]. Futur auteur d’un Dictionnaire des synonymes de la langue française, avec une introduction de la théorie des synonymes, paru chez Hachette en 1861, publié à plusieurs reprises [4ème édition en 1878]


Dans la séance du 18 octobre 1845, Adolphe Franck communique un travail sur La Famille, extrait d’une livraison encore inédite du Dictionnaire des sciences philosophiques

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 8, pages 436-452

Le Dictionnaire des sciences philosophiques, par une société de professeurs de philosophie, commence à paraître, chez Hachette, en 1844, sous la forme de livraisons. La publication de la première édition se poursuivra jusqu’en 1852


Dans la séance du 18 octobre 1845, puis du 6 et du 20 décembre 1845, le secrétaire perpétuel, François Mignet, commence la lecture d’un Mémoire de Charles Schmidt, sur le Mysticisme allemand au XVIème siècle ; la lecture se poursuivra en mars 1846 et au-delà

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 8, pages 532-540

Charles Schmidt [1812-1895], historien et théologien est professeur au Séminaire protestant de Strasbourg


Francisque Bouillier traducteur de Fichte

Dans la séance du 8 novembre 1845, Adolphe Franck présente, au nom de l’auteur, Francisque Bouillier, correspondant de la section de philosophie, un exemplaire de sa traduction de l’ouvrage de Fichte, intitulé : Méthode pour arriver à la vie bienheureuse, avec une introduction de M. Fichte fils. A. Franck, dans son Rapport verbal, expose les changements introduits par Fichte dans son système

Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1845, tome 8, pages 453-455

Francisque Bouillier [1813-1899] Ancien élève de l'École normale [1834], agrégé de philosophie [1837], docteur ès-lettres avec une thèse sur La Légitimité de la faculté de connaître [Paris, 29 août1839]. Sa thèse latine porte sur la comparaison des Dialogues de Platon et des Provinciales de Pascal. Professeur de philosophie au collège d’Orléans [1837-1839], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Lyon. Deviendra le doyen de la Faculté des lettres de Lyon [jusqu’en 1864], puis recteur de l’Académie de Clermont [1864], inspecteur général de l’Instruction publique [1864-1867]. Enfin directeur de l’École normale supérieure [1867-1871] ; puis à nouveau Inspecteur général de l’Instruction publique [1871-1876]

A été élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, en avril 1842


Lecture d’un Mémoire sur Thomas d’Aquin

Léon Montet, qui vient de soutenir une thèse de théologie à Strasbourg [1843 Essai d’encyclopédie théologique. Strasbourg : impr. de G. Silbermann, In-4˚ , 82 p.] est admis à lire son mémoire sur saint Thomas d’Aquin les 18 octobre, 8, 22, 29 novembre 1845. La lecture se poursuivra le 3 janvier 1846. Le texte sera publié dans le recueil Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques [savants étrangers], tome 2, puis publié sous forme d’un ouvrage [Paris : Firmin Didot frères, in-4, p. 103, 1847]

Léon Montet [1817-1851], après sa thèse de théologie, devient docteur ès-lettres, avec une thèse, soutenue à Paris : Des Livres du pseudo-Denys l'Aréopagite [Paris : Joubert, in-8, 140 p., 1848]. La thèse latine porte sur les principes de la morale chez Thomas d’Aquin : De principiis quibus constat Thomae Aquinatis ethica


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin

Victor de Bonald fait paraître : Encore un mot sur Pascal, les Jésuites et l'enseignement, à l'occasion d'un Rapport de M. Cousin à l'Académie française et de quelques écrits récents, Avignon : Séguin aîné, in-12, 74 p., 1845


Correspondance

Sainte-Beuve à V. Cousin

Lui recommande un candidat au baccalauréat [5 janvier 1845]


Lui demande des renseignements sur un ouvrage de Du Vaucel, contre le cartésianisme [26 janvier 1845]


L'invite à dîner pour parler de Charles Fauriel [1772-1844], qui est mort tout récemment, le 15 juillet 1844, sur lequel il prépare un article pour la Revue des Deux Mondes [6 mai 1845]


Lui annonce la mort subite de Charles Labitte [1816-1845], décédé le 19 ou le 21 septembre 1845]


V. Cousin à Sainte-Beuve

V. Cousin invite Sainte-Beuve à dîner, ainsi que François Buloz et Charles Labitte, pour parler de la Revue, qu'ils projettent de faire paraître. Dans cette lettre, V. Cousin écrit : « Vos articles sur Fauriel m'ont fait un plaisir bien vif et bien de la peine aussi en me rappelant les temps qui ne peuvent plus revenir. J'éprouve aujourd'hui des remords de n'avoir pas insisté [...] pour qu'il abandonnât cet ouvrage historique auquel il convenait imparfaitement et se consacrât tout entier à la poésie primitive spontanée, populaire de tous les temps et de tous les pays. Là était son génie, son goût, sa vocation. »


François Ponsard à V. Cousin

« Vous avez été pour moi une influence toute bienfaisante [...] L'accueil dont vous m'avez honoré, votre approbation indulgente et votre glorieuse protection sont les plus précieux souvenirs que j'aie remportés de Paris [...] » [7 juin 1845]

F. Ponsard [1814-1867] remercie V. Cousin de son soutien, pour l'obtention du prix de dix mille francs décerné pour la meilleure tragédie, qu'il vient d'obtenir pour son Lucrèce jouée à l'Odéon en avril 1843.


V. Cousin à Schelling

« Pour moi mes desseins sont de la dernière simplicité : 1° Défendre jusqu'au martyre le principe sacré de la philosophie, les droits de la raison ; 2° faire de la raison et du principe de la philosophie un ouvrage si conforme à la conscience du genre humain que la calomnie seule puisse attaquer la doctrine que j'enseigne. Je suis placé entre le clergé qui déteste le principe de la philosophie et le parti libéral qui défend le principe et n'en fait pas toujours les plus sages applications. Ma vie est un dur combat. » [21 août 1845] Lettre remise par V. Cousin à un jeune professeur Alexandre Thomas qui allait passer un mois à Berlin, et à qui V. Cousin a remis son article sur le Mysticisme et ses Fragments de philosophie cartésienne.


© Textes Rares

Le 16/11/2018