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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1843
  
Résumé des années précédentes
En 1843 V. Cousin [1792-1867] a cinquante ans [il aura cinquante et un ans le 28 novembre 1843]

1820-1828
Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] il a été en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825]
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés séance par séance et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires
Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826]

Fragments philosophiques
Il rassemble ses notes de cours et ses articles, précédées de copieuses préfaces, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît à l’étranger comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

1830-1840
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-Octobre 1840] dans le second ministère Thiers

Le feu croisé des critiques
Mais autour de 1830 les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il ya du vrai dans chaque système]
D’un autre côté, ou lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au cathocisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion [mars 1843]
Dès 1837 Sainte-Beuve [dans une lettre à Juste Olivier] déclare - de manière un peu injuste - que V. Cousin ne fait plus grand bruit philosophique ou littéraire nulle part

Éléments biographiques
Mme d’Agout invite chez elle quelques amis, dont V. Cousin, à une lecture de la Lucrèce de Ponsard [vers le 15 avril 1843]. La pièce tragique connaîtra un triomphe à l’Odéon, Ponsard apparaîtra, face aux romantiques comme V. Hugo, le chef de file de “l’école du bon sens”
En septembre 1843, V. Cousin se rend aux eaux thermales de Plombières

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie
L’abbé Théodore Combalot [1798-1873] fait paraître le pamphlet : Mémoire adressé aux évêques de France et aux pères de famille sur la guerre faite à l’Église et à la Société par le monopole universitaire, 1843 [Paris : A. Sirou, in-8, 67 p., 1843]
Ce mémoire est déféré aux tribunaux comme diffamatoire et injurieux. L’auteur est condamné le 6 mars 1843, à quinze jours de prison et 4 000 francs d’amende.

Publie
Publication du rapport à l’Académie française [dont il est membre depuis 1830] sur les Pensées de Pascal (1623-1662) :
Des Pensées de Pascal. Rapport à l’Académie française sur la nécessité d’une nouvelle édition des Pensées, [suivi d'un Vocabulaire des locutions les plus remarquables utilisées par Pascal,] par M. Cousin. Paris : Librairie philosophique de Ladrange, in-8, LV-452 p., 1843
[Le livre a été annoncé par la Bibliographie de la France pour le 31 décembre 1842]
C'est la publication du rapport lu en 1842 [entre avril et août 1842] à l'Académie française, et qui a paru dans le Journal des Savants (avril-novembre 1842) sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal. Le texte est précédé d'un Avant-propos de V. Cousin, exposant entre autre le combat mené par les jésuites contre le cartésianisme
[1844] Réédité en 1844 [2ème édition],
[1847] Réédité en 1847 [3ème édition]
[2001] Réédité en 2001, document électronique BNF

Édite les

Oeuvres philosophiques du père Yves Marie André avec une introduction sur la vie et ses ouvrages tirée de sa correspondance inédite [par Victor Cousin]. Paris : A. Delahays, in-16, CCXXXVI-392 p., 1843.
Connaît plusieurs tirages.
Réédité en fac-simile de l’édition de 1843, en français, en 1969, sous le titre Oeuvres choisies [Genève : Slatkine reprints, in-8, CCXXXVI-392 p. ]

Publie :
Fragments littéraires, par M. V. Cousin, Pair de France, membre de l'Académie française. Paris : Didier, in-8, 516 p., 1843
Contient :
Discours de réception à l'Académie Française, éloge de M. Fourier [pages 1-20] ; Note additionnelle à l'éloge de M. Fourier [Pages 21-35] ; Discours au Roi, au nom de l'Institut [36-37] ; Discours d'ouverture à la séance des cinq Académies [pages 38-41] ; Discours d'ouverture de la séance de l'Académie des sciences morales et politiques [pages 42-56] ; Discours prononcé à la distribution des prix [pages 57-61] ; Discours prononcé aux funérailles de M. Loyson [pages 62-63] ; Discours prononcé aux funérailles de M. Larauza [pages 64-67] ; Discours prononcé aux funérailles de M. Farcy [pages 68-71] ; Discours prononcé aux funérailles de M. Laromiguière [pages 72-77] ; Discours prononcé aux funérailles de M. Poisson [Pages 78-82] ; Discours prononcé aux funérailles de M. de Cessac [pages 83-87] ; Discours prononcé aux funérailles de M. Jouffroy [pages 88-92] ; Discours prononcé aux funérailles de M. de Gérando [pages 93-98] ; Rapport sur la loi de l'Instruction primaire [pages 99-152] ; Huit mois au ministère de l'Instruction publique [pages 153-202] ; Discours sur la renaissance de la domination ecclésiastique [pages 203-219] ; Documents inédits sur Domat [pages 220-280], publiés initialement dans les Compte-rendus des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, tome 3, février 1843, pages 120-166 ; puis dans le Journal des savants, 1843, pages 5-19 et pages 75-93 ; Lettres inédites de madame la duchesse de Longueville, soeur du Grand Condé [pages 281-365], insérées dans la Bibliothèque de l’École des Chartes, tome 4, 1842-1844, pages 401-456 ; Kant dans les dernières années de sa vie [déjà publié dans le journal Le Globe, 1830, n° 6, 9, 17, 35, 42] [Pages 366-426] ; Santa-Rosa [pages 427-514].
Beaucoup de textes composant cet ouvrage seront repris dans Fragments et souvenirs [1857]. Cependant Fragments et souvenirs ne reprend pas tous les textes des Fragments littéraires. Et d'autres textes [qui ne sont pas encore dans les Fragments littéraires] prendront place dans Fragments et souvenirs. Enfin l'ordre de classement des textes n'est pas identique d'une édition à l'autre.
Ainsi disparaissent de 1843 à 1857, les éléments suivant : le Discours prononcé aux funérailles de M. Laromiguière ; le Discours prononcé aux funérailles de M. Jouffroy ; le Discours prononcé aux funérailles de M. de Gérando ; le Rapport sur la loi de l'Instruction primaire ; Huit mois au ministère de l'Instruction publique ; le Discours sur la renaissance de la domination ecclésiastique ; les Documents inédits sur Domat ; les Lettres inédites de madame la duchesse de Longueville, soeur du Grand Condé.
En 1857 apparaîtront de nouveaux textes : les Souvenirs d'Allemagne, Notes d'un journal de voyage ; l'Essai de philosophie populaire, suivi de la Profession de foi du Vicaire savoyard ; du Style de Rousseau ; Kant dans les dernières années de sa vie [déjà publié dans le journal Le Globe, 1830, n° 6, 9, 17, 35, 42]
Réédité en 1995, document électronique BNF

Fait paraître 
Rapport de M. Cousin, président du concours ouvert en 1843 pour diverses places d’agrégés de philosophie. Paris : P. Dupont, in-8, 32 p.
Ce rapport est suivi des Dissertations de MM. Émile Saisset et Amédée Jacques [Dissertation sur ce point d’histoire de la philosophie : ce qu’il y a de vrai, ce qu’il y a de faux dans la morale stoïcienne]. Connaît deux tirages la même année
Il s’agit de places d’agrégations pour l’enseignement supérieur : Amédée Jacques [1813-1865] a obtenu l’agrégation de philosophie (pour l’enseignement secondaire) en 1835 ; Émile Saisset [1814-1863] a obtenu l’agrégation de philosophie (pour l’enseignement secondaire) en 1836.
Adolphe Franck avait concouru avec succès en 1840, pour l'agrégation de l'enseignement supérieur. C. M. G. Jourdain et P. Janet vont concourir en 1848.

Article dans le Journal des savants
Documents inédits sur Domat. Journal des Savants, premier article, janvier 1843, pages 5-18 ; deuxième article, février 1843, pages 76-93.
Incipit : « Domat est par excellence, notre jurisconsulte philosophe [...] Domat a travaillé pour la société nouvelle que Richelieu et Louis XIV tiraient peu à peu du chaos du moyen-âge. C'est au profit du présent qu'il interroge le passé, les lois romaines et les coutumes, les soumettant les unes et les autres aux principes éternelsde la justice et aux principes du christianisme . »
Repris, la même année, dans les Fragments littéraires [Fragments littéraires, par M. V. Cousin, Pair de France, membre de l'Académie française, 1843, Paris : Didier, in-8, pages 220-280 ]

Article dans le Journal des savants
Nouveaux documents inédits sur le P. André et sur la persécution du Cartésianisme dans la compagnie de Jésus. Journal des savants, premier article, mars 1843, pages 150-169 ; deuxième article, avril 1843, pages 218-245 ; troisième article, mai 1843, pages 287-308 ; quatrième article, juin 1843, pages 360-379.
Incipit : « Nos articles du Journal des savants de janvier et février 1841, sur un certain nombre de lettres inédites du P. André, en révélant l'existence d'une vaste correspondance, jusqu'alors inconnue, de Malebranche et en excitant le zèle des amis de la philosophie nationale à en rechercher les débris épars [...]. »

Article
Lettres inédites de Mme de Longueville. Bibliothèque de l'École des Chartes, mai-juin 1843, tome 4
Repris en 1843 dans les Fragments littéraires, pages 281-365

Article
Mademoiselle de Roannez. Bibliothèque de l'École des Chartes, septembre-octobre 1843, tome 5

Article dans la Revue des Deux Mondes
Discours sur les Passions de l'Amour, fragment inédit de Pascal. Revue des Deux Mondes, 15 septembre 1843, tome 57, pages 991-1007.
Il s’agit du Discours sur les passions de l’amour, texte non signé, souvent attribué à Pascal, et qui serait plus vraisemblablement le procès-verbal, rédigé par une femme du monde, d’une discussion de salon. V. Cousin en découvre un manuscrit

Article dans la Revue des Deux Mondes
[1843] Vanini, sa vie, ses écrits et sa mort, Revue des Deux Mondes, 1er décembre 1843, tome 58, pages 673-728. Fait l’objet d’un tiré à part.
[1845] Sera repris en 1845 dans les Fragments de philosophie cartésienne, sous le titre : Vanini ou la philosophie avant Descartes, pages 1-98 ; et dans sa réédition de 1855
« Pour apprécier équitablement Vanini, il faut le placer parmi ses contemporains, dans son pays et dans son siècle.
Le XVIème siècle est un siècle de révolutions : il rompt avec le moye,-âge ; il cherche, il entrevoit la terre promise des temps nouveaux ; il n'y parvient point, et s'épuise dans l'enfantement d'un monde qu'il n'a point connu et qui le renie. Le XVIIe siècle, entièrement émancipé, n'a plus rien de commun avec le moyen âge ; mais autant il s'en éloigne, autant et plus encore il différe et tient à honneur de différer du siècle précédent. À l'ardeur aventureuse il a substitué une énergie réglée, qui connaît son but et y marche avec ordre.
»

[1865-1866] Repris en 1865-1866 dans le volume Fragments de philosophie moderne, 1ère partie, pages 9-99, de l'édition en cinq volumes de Fragments philosophiques pour servir à l'histoire de la philosophie.

À l'Académie française
Élection et réception
Henri Patin [1793-1876], élu le 4 mai 1842, est reçu le 5 janvier 1843, par le baron Prosper de Barante [1782-1866]

François Nicolas Vincent Campenon [1722-1843] meurt le 29 novembre 1843. Il sera remplacé, au fauteuil 23, par Saint Marc Girardin [1801-1873], élu le 8 février 1844

Décès de Casimir Delavigne [1793-1843] le 11 décembre 1843. Son successeur [fauteuil 28] sera Charles Augustin Sainte-Beuve

À l'Académie des sciences morales et politiques
Notice
Notice sur le P. André de la Compagnie de Jésus, par M. Cousin. Le texte prend place dans le compte-rendu mensuel de Juillet 1843 publié dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 4, pages 31-65
Incipit : « André était du pays de Descartes, de cette Bretagne, qui depuis Pélage et Abélard, est accoutumé à fournir à la philosophie et à la théologie des esprits distingués, mais médiocrement disposés à porter le joug des opinions régnantes. »

Communication
Documents inédits sur Domat. Communiqués par M. Cousin. [dans la séance des 3 et 10 décembre 1842]. La communication fait l'objet d'un compte-rendu dans le bulletin mensuel des Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 3, pages 120-165
Les Documents inédits sur Domat paraîtront la même année dans Les Fragments littéraires, 1843

Présentation d'ouvrage
V. Cousin présente en hommage à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la séance du 26 août 1843, un ouvrage de M. Bersot : Observations de M. Cousin au sujet d'un ouvrage intitulé Doctrine de saint Augustin sur la liberté et la Providence par M. E. Bersot, ancien élève de l'École normale et agrégé de philosophie. Compte-rendu dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 4, pages 187-192
Incipit : « Je suis chargé par M. Bersot, ancien élève de l'École normale, agrégé de philosophie, de faire hommage à l'Académie d'un ouvrage qu'il vient de publiersur l'un des sujets les plus élevés et en même temps le plus périlleux que puissent offrir l'histoire, la philosophie et la morale ; je veux parler de la doctrine de saint Augustin. Dans cette enceinte il ne nous est permis d'aborder que la partie proprement philosophique du travail de M. Bersot ; les principes de l'Académie, qui ont toujours été les miens, nous imposent, dans l'intérêt même de la liberté de nos discussions, le devoir de ne toucher jamais, même indirectement, aux matières qui sont du domaine de la théologie proprement dite ; mais on ne peut contester à des esprits élevés, tel que M. Bersot, le droit de rechercher dans les docteurs de l'Église ce qui est profitable à la philosophie. De ce qu'une question soit traotée par un théologien, il ne s'ensuit pas qu'elle soit théologique. »
Dans son compte-rendu, V. Cousin exprime, par ailleurs, des critiques à l'égard du travail de E. Bersot [1816-1880].

Rapport verbal
Rapport verbal de M. Cousin sur une traduction des Oeuvres de Spinoza par M. Saisset. Le rapport verbal est lu dans la séance du samedi 20 mai 1843. Le texte fait l'objet d'un compte-rendu dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 3, pages 404-406. Reproduit dans le Journal des Débats [24 mai 1843, 2ème page, 3 colonnes]
Incipit : « J'ai l'honneur de présenter à l'Académie, au nom de M. Saisset, ancien élève de l'École normale, aujourd'hui professeur de philosophie dans cette même école, la première traduction française des Oeuvres de Spinosa [sic]. De tous les travaux si célèbres et si peu lus de Spinosa, le seul qui eût encore été traduit en français, ou plutôt le seul dont on nous eût donné quelques extraits, souvent très infidèles, c'est le Traité theologico-politique. »

Rapport verbal
Rapport verbal de M. Cousin sur l'ouvrage de M. Franck intitulé La Kabbale ou Philosophie religieuse des Hébreux. Le rapport verbal est lu dans une séance du juin 1843. Le texte fait l'objet d'un compte-rendu dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 3, pages 409-411.
Incipit : « Je viens, au nom de M. Franck, agrégé de philosophie auprès de la faculté des lettres de Paris et professeur au collège Charlemagne, faire hommage à l'Académie d'un livre intitulé La Kabbale ou la philosophie religieuse des Hébreux. Je puis dire que le temps est bon pour la philosophie : dans la séance dernière, je vous présentais, Messieurs, le grand travail de M. Saisset sur Spinoza, c'est à dire une exposition complète, une critique approfondie de la doctrine de ce philosophe, et la première traduction française de ses ouvrages ; aujourd'hui je vous apporte un livre qui n'a pas moins d'importance, et qui se distingue par un bien plus haut dégré d'originalité; c'est un travail entièrement nouveau. il n'existe en Europe aucun ouvrage sur la Kabbale qui soit digne de faire autorité, et en France on n'avait rien écrit encore sur cette mystérieuse philosophie. L'un des premiers historiens de la philosophie, Tennemann, faute de connaître les langues hébraïuques et syriaques, a été obligé de s'en rapporter à des renseignements quelque peu infidèles. M. Franck, qui est israëlite, et à qui ces deux langues sont parfaitement familières a pu étudier dans les sources, le système métaphysique désigné sous le nom de Kabbale. Du reste, je me hâte d'ajouter que c'est là tout ce que M. Franck laisse apercevoir de sa position religieuse. Doué d'un esprit éminement critique, d'une grande intelligence dans les matières de philosophie, il a pu discuter des pages qu'il déchiffrait, rechercher l'origine des opinions dont il s'est fait l'interprète et en apprécier la valeur philosophique.
Déjà l'Académie avait entendu sur ce sujet deux mémoires de M. Franck : le premier étant une discussion sur l'authenticité des deux livres célèbres appelés le Zohar et le Livre de la création ; le second était l'exposition de la doctrine contenue dans ces anciens monuments. À ces deux mémoires, dont l'Académie a approuvé l'intérêt et le mérite, M. Franck en a ajouté un troisième sur l'origine et l'influence de la Kabbale, et, en plaçant en tête de tous les trois une belle et savante introduction, il a composé ainsi un ouvrage qui sera des plus curieux et des plus importants qu'ait produit la philosophie de notre époque. C'est un honneur à notre Académie d'avoir suscité ce travail et à l'Université de l'avoir produit. M. Franck est l'un des professeurs de philosophie les plus distinhués de l'académie de Paris. En lui confiant, il y a quelques années, une de nos premières chaires de philosophie, l'Université a montré combien elle protège la liberté philosophique. Le livre de M. Franck est d'ailleurs rempli de cette sagesse qui est l'esprit de la philosophie enseignée par l'Université, de cette philosophie tant attaquée et tant calomniée. Pour moi, je remercie M. Franck du service qu'il vient de rendre à l'histoire de la philosophie. »


Sujet mis au concours
Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget, est mis au concours le 6 mai 1843 : Théorie de la certitude [terme le 31 août 1845]. Sur le rapport d'A. Franck le prix sera décerné [mai-décembre 1846] à Auguste Javary [1820-1852] ; mention très honorable à Charles Gouraud [1823-mentionné en 1868]; mention honorable à Christian Bartholmèss [1815-1856]

Préparation des élections à deux fauteuils vacants de la section de philosophie
En décembre 1842 [le 17 décembre ] la section de philosophie avait pris la décision de se réunir fin décembre 1843 pour s’occuper du remplacement de MM. William Frédéric Edwards [décédé le 23 juillet 1842] et Joseph Marie baron de Gérando [décédé le 10 novembre 1842]. Ainsi un temps exceptionnellemnt long sépare les décès et les élections des nouveaux membres
Au cours de l’élection du 20 janvier 1844, Louis Francisque Lélut [1804-1877] sera élu au fauteuil 2, en remplacement de Joseph Marie de Gérando ; Adolphe Franck [1809-1893] sera élu au fauteuil 5, en remplacement de William Fréderic Edwards. La section de philosophie sera alors composée de J. Ph. Damiron [fauteuil 1], élu en 1836 ; L. Francisque Lélut [fauteuil 2] ; Victor Cousin [fauteuil 3], élu en 1832 ; Charles de Rémusat [fauteuil 4], élu en 1842 ; Adolphe Franck [fauteuil 5] ; Jules Barthélemy Saint Hilaire [ fauteuil 6], élu en 1839. Ces six membres sont tous favorables à V. Cousin

La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques
Rapport fait par Charles de Rémusat [1797-1875], au nom de la section de philosophie, sur un mémoire de Hervé Bouchitté [1795-1861] relatif à l’anthropomorphisme ou à la notion de Dieu dans ses rapports avec l’imagination et la sensibilité ; dans la séance du 20 janvier 1843. Il est proposé d’éditer ce mémoire dans les Mémoires des savants étrangers. V. Cousin intervient et propose de faire précéder le mémoire de H. Bouchitté par le rapport de Charles de Rémusat
Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843 tome 3, pages 61-77

Jean Philibert Damiron [1794-1862] donne une seconde lecture de son mémoire sur Spinoza [séance du 4 et du 11 février 1843]. L’Académie vote pour l’insertion de ce mémoire [22 voix pour, 1 voix contre]. Le texte sera également publié en tiré à part [Mémoire sur Spinoza et sa doctrine. Paris : impr. de Firmin Didot frères, in-4, 243 p., février 1843]

Le médecin Frédéric Dubois [ dit Dubois d’Amiens ; 1799-1873] lit un mémoire ayant pour titre : Examen critique des doctrines de M. Broussais, pour faire suite au mémoire sur l’Antagonisme des naturalistes et des philosophes, dans l’étude des phénomènes intellectuels [4 février et 18 février 1843, 3 juin et 10 juin 1843] Un premier mémoire de Dubois avait été lu en 1842 [et inséré dans tome 2 des Compte-rendus et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, pages 285 sq. ]

Francisque Bouillier [1813-1899], élu membre correspondant de la section de philosophie depuis le 22 avril 1842, lit un mémoire sur la Raison personnelle [29 avril 1843]. Destiné au Recueil des savants étrangers. Le mémoire est transmis à la section de philosophie pour faire un rapport [29 avril 1843]

Jules Barthélemy Saint Hilaire [1805-1895] fait hommage à l’Académie d’un exemplaire de sa Logique d’Aristote traduite en français pour la première fois [15 juillet 1843]. L’ouvrage, en 4 volumes, avait commencé à paraître en 1839 : Logique d’Aristote traduite en français pour la première fois et accompagnée de notes perpétuelles par J. Barthélemy Saint Hilaire. Paris : Ladrange, 4 volumes in-8, 1839-1844

Lettre de M. Casimir Broussais [fils de François Joseph Victor Broussais] à M. le Président de l’Académie au sujet du mémoire de M. Dubois [d’Amiens], intitulé Examen des doctrines de Broussais :
« Monsieur le Président
Je viens de lire l’analyse d’un Mémoire de M. Dubois [d’Amiens] sur la Psychologie de mon père.
Suivant le critique , toute cette psychologie se réduirait à la substitution d’un mot à un autre mot, du mot homme au mot âme, et à une hypothèse anatomico-physiologique, celle des fibres contractiles dans le système nerveux.
Non, ce ne fut pas pour si peu que Broussais fut membre de l’Académie des sciences morales et politiques, et que le vaste amphithéâtre de la faculté de médecine devint trop étroit pour contenir la foule de ses auditeurs.
Deux mots encore de rectification :
Broussais reconnaissait dans l’organisme physiologique une force vitale ; dans l’entendement humain une intelligence ; dans l’univers, un Dieu. Était-ce une concession de sa part ? - Non. Était-ce inconséquence de conviction ?- Non ; c’était une nécessité logique.
J’espère pouvoir un jour faire à l’Académie l’exposition de ces idées qu’a déjà si admirablement abordées M. le secrétaire perpétuel ; aujourd’hui, je ne demande, au nom de celui qui n’est plus là pour répondre, que la simple lecture de cette protestation contre l’interprétation donnée par M. Dubois [d’Amiens] à la psychologie de mon père.
J’ai l’honneur de vous saluer, monsieur le Président, avec un profond respect.
» [lecture faite le 15 juillet 1843]

J. Ph. Damiron [1794-1862] donne lecture d’un travail sur Malebranche [22 juillet 1843]

Le secrétaire perpétuel donne lecture [dans la séance du 2 septembre 1843, et du 9 septembre 1843] d’un mémoire de Jean Baptiste Bordas-Demoulins [1798-1859] ayant pour titre : Théorie de l’Infini, faisant suite à la théorie de la Substance

Le secrétaire perpétuel donne lecture [dans la séance du 30 septembre1843, et du 14 octobre 1843] d’un mémoire du baron Pasquale Galluppi [1770-1846], correspondant de la section de philosophie [élu en 1838], ayant pour titre Considérations sur l’histoire de la théodicée

L’Académie des sciences morales et politiques reçoit en hommage le Cartésianisme ou la véritable rénovation des sciences, ouvrage couronné par l’Institut, par Jean Baptiste Bordas-Demoulin [séance du 28 octobre 1843]. L’ouvrage venait de paraître sous le titre : Le Cartésianisme, ou la Véritable rénovation des sciences [...] Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l’infini. Par Bordas-Demoulins. Précédé d’un discours sur la réformation de la philosophie au dix-neuvième siècle, pour servir d’introduction générale, par F. Huet. Paris : J. Hetzel, 2 volumes in-8, 1843

Philippe Joseph Benjamin Buchez [1796-1865] est admis à lire un mémoire ayant pour titre : Recherches sur l’origine des variations de la philosophie [séance du 28 octobre 1843]

L’Académie des sciences morales et politiques reçoit en hommage le livre qui vient de paraître de Julien Joseph Virey [1775-1846] La Physiologie dans ses rapports avec la philosophie [Paris : J. B. Baillière, in-8, XVI-450 p., tableau, 1844]. En même temps J. J. Virey déclare se présenter à nouveau à l’une des places vacantes de la section de philosophie [sa candidature est transmise à la section] [séance du 4 novembre 1843]

Le médecin Frédéric Dubois [dit Dubois d’Amiens ; 1799-1873] est admis à lire un mémoire ayant pour titre Des Limites de la psychologie et de la philosophie [4 et 18 novembre 1843]

L’Académie reçoit Essai d’une théorie nouvelle sur les idées fondamentales ou les principes de l’entendement humain, par F. Perron, secrétaire perpétuel de l’Académie de Besançon, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Besançon [séance du 11 novembre 1843]. L’ouvrage vient de paraître sous le titre : Essai d’une nouvelle théorie sur les idées fondamentales, ou les principes de l’entendement humain, par F. Perron. Paris : Ladrange. in-8, III-348 p., 1843

Félix Ravaisson [1813-1900] est admis à lire un travail sur les Causes qui ont introduit la philosophie d’Aristote chez les Arabes [séance du 18 novembre 1843]. À la suite de cette lecture MM. Cousin et Mignet présentent quelques observations
Félix ravaisson avait, en 1835, obtenu le prix pour le sujet mis au concours en juin 1833 : Examen critique de l’ouvrage d’Aristote intitulé Métaphysique

L’Académie reçoit à nouveau en hommage la première livraison du Dictionnaire des sciences philosophiques par une société de professeurs de philosophie. V. Cousin expose le but et fait ressortir les mérites de ce travail. [séance du 2 décembre 1843]
La première édition du Dictionnaire [édité par Adolphe Franck, qui fera apparaître son nom dans les éditions ultérieures de 1875 et de 1885] paraît de 1844 à 1852, en six livraisons. La Préface de l’ouvrage est signée au 15 novembre 1843

Dubois [d’Amiens] fait hommage de plusieurs de ses ouvrages. Demande à être porté sur la liste des candidats à deux places vacantes dans la section de philosophie. La demande est transmise à la section

Louis Peisse [1803-1880] est admis à communiquer un fragment de son travail sur les Rapports du physique et du moral de l’homme, et sur la manière dont on a considéré les rapports entre les diverses écoles philosophiques et médicales, depuis Descartes jusqu’à nos jours [séance du 16 décembre 1843]

Félix Ravaisson est admis à lire un fragment de son second volume sur Aristote : De l’Influence de la métaphysique d’Aristote sur la théologie juive et sur la théologie chrétienne, jusqu’au moyen âge [séance du 16 décembre 1843]

Dans la séance du 23 décembre 1843, lettre de Bayle, et lettre de Louis Francisque Lélut [avec la liste de ses travaux] pour se porter candidat aux places vacantes de la section de philosophie [sont vacants les fauteuils de Edwards et de Gérando]. Louis Francisque Lélut [1804-1877] sera élu le 20 janvier 1844

Lecture par Louis Peisse d’un mémoire sur les Rapports du physique et du moral [séance du 30 décembre 1843]. L. Peisse ne sera élu qu’en décembre 1877, au fauteuil de L. F. Lélut

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin
Curso da historia da philosophia, por V. Cousin ; vertido em portuguez por A. P. de Figueiredo. Pernambuco [Brésil] : na rypographia de M. F. de Faria, 2 volumes in-8, VII-228+VII-237 pp.
Comprend : volume I, Introducçao o historia de philosophia ; volume II, Historia da philosophia

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin
Baron [François Ange] Alexandre Blein [1767-1845]. Essais philosophiques sur la dialectique, la métaphysique, la morale, le culte religieux et la physique. Paris : Comptoir des imprimeurs-unis in-8, 322 p., 1843

[Sans doute à l'initiative de V. Cousin] Parution dans le Journal général de l'Instruction publique [25 janvier 1843] d'un article intitulé Philosophie qui réfute l'accusation de panthéisme porté contre la doctrine de V. Cousin.
Le texte de cet article est repris dans le Moniteur [27 janvier 1843]

Félécité de Lamennais [1782-1854] fait paraître, en février 1843, un ouvrage satirique intitulé Les Chaspands et les Darvands, critique souvent injurieuse de la société et du gouvernement. On y devine les traits de V. Cousin dans ce passage : « Dévot à la philosophie d’amalgame qui permet d’admettre tout et de nier tout, d’être tout ce qui plaît, de tout excuser, de tout justifier [...]. Ce Judas à la mine sensuelle, aux yeux louches, fougueux autrefois en un sens, fougueux aujourd’hui en sens contraire. »

De la Mutilation d'un écrit posthume de Théodore Jouffroy
Pierre Leroux [1797-1871]. De la Mutilation d'un écrit posthume de Théodore Jouffroy ; avec une lettre à l'Académie des sciences morales et un appendice pour faire suite à la réfutation de l'Éclectisme. Paris : in-8, 1843
Reprend les articles déjà publiés dans la Revue indépendante du 1er novembre 1842 [pages 257-322] et du 25 décembre 1842 [pages 641-680]

Correspondance
Lettre à F. Bouillier
« Soyons irréprochables et nous serons invincibles. ma fermeté ne se lassera point, et si nous sommes unis comme nos adversaires, si nous mettons de notre côté et engageons dans notre cause le gouvernement, notre triomphe est certain. Quiconque n’est pas contre nous est pour nous. quiconque n’attaque pas la légitimité de la raison et de la philosophie, peut être conduit à approuver un enseignement qui, respectant toutes les vérités révélées et n’y touchant point, établit au nom de la raison toutes les vérités nécessaires à la morale publique et à l’État. Recommandez à tout ce qui vous entoure de jeunes philosophes de ne pas s’écarter de cette ligne inexpugnable [...] L’ennemi est discipliné. Disciplinons-nous. » [14 janvier 1843. Cité dans C. Latreille. p. 65]

Lettre à E. Bersot
« Je vous remercie de votre bon souvenir et de votre fidèle affection. Vous me faites grand plaisir de m'annoncer que vous viendrez me voir dans six mois, mais j'espère bien que c'est le candidat à l'agrégation des Facultés et le docteur que j'embrassera ; car, ne vous le dissimulez pas, tout le monde travaille depuis que je suis entré au Conseil, chacun étant bien certain de n'avancer qu'en donnant des preuves de capacité. Il y a longtemps que vous songez à votre thèse sur saint Augustin. Il est plus que temps de l'achever, ainsi que la seconde dont je ne connais pas le sujet. Soyez docteur à Pâques et venez concourir en août. Songez-y bien, le titre d'agrégé des Facultés sera bien puissant pour l'avancement. Laissez-là les commérages de M. Dabas et ne pensez qu'à servir la grande cause de la bonne philosophie. » [E. S. 16 janvier 1843]

Lettre de Charles Augustin Sainte-Beuve [1804-1869] à V. Cousin, pour lui demander de le prévenir lorsqu’il rendra à la Bibliothèque royale des manuscrits empruntés de Pascal. Sainte-Beuve lit l’article de V. Cousin sur le frère saint Ange, paru dans la revue de l’École des Chartes. [14 janvier1843]

Projet de lettre de Sainte-Beuve à V. Cousin pour protester des procédés consistant à prendre d’avance des thèmes qui doivent se trouver dans le Port-Royal : « Et permettez-moi ici de rompre un silence que j’ai trop gardé sur des procédés que des obligations que je vous ane peuvent m’empêcher de trouver peu aimables, peu convenables, et que vous ne vous seriez pas permis à l’égard de vos vrais et égaux confrères.
C’est la troisième fois depuis un an que vous étendez la main pour prendre devant moi directement le plat dont j’allais me servir et que je me croyais réservé, par une sorte de droits des gens et de civilité qui, en effet, n’existe plus.
» [12 juillet 1843] En fait Sainte-Beuve envoie une lettre très atténuée, de quelques lignes le 16 juillet1843. Sainte Beuve est en partie redevable à V. Cousin de sa nomination comme conservateur de la bibliothèque Mazarine [1840] ; mais il restera toujours une trace amère du comportement de V. Cousin à l’égard de Sainte Beuve

Échange de lettres entre Sainte-Beuve et V. Cousin. Ce dernier insiste sur ses sentiments qui n’ont pas changé à l’égard de Sainte-Beuve, qui vient de se présenter une seconde fois [la première fois en 1842], mais sans succès, à l’Académie française

Échange de lettres entre Sainte-Beuve et V. Cousin. Ce dernier promet sa voix à Sainte-Beuve qui se porte candidat à la succession de Casimir Delavigne, décédé le 11 décembre 1843. [décembre /janvier 1843-1844]

K. Marx à L. Feuerbach, à propos de Schelling, évoque V. Cousin
« Il est presque impossible en Allemagne d'attaquer Schelling [...] Mais imaginez maintenant Schelling à Paris, démasqué devant le monde littéraire français [...] Au demeurant, avec quelle habilité Herr von Schelling a su appâter les français, le faible et éclectique Cousin d'abord, et plus tard même le génial Leroux. [...] » [3 octobre 1843]

Élèves, disciples et relations proches autour de V. Cousin
Gustave Vapereau [1819-1906] est le secrétaire de V. Cousin en 1843. C'est sous la direction de V. Cousin qu'il rédige le Mémoire sur les Pensées de Pascal, rapport à l'Académie française sur la nécessité d'une nouvelle édition de cet ouvrage.

Dans le monde de l’édition universitaire
À l’initiative de Jules Simon [1814-1896], commence à paraître chez Charpentier une collection d’ouvrages philosophiques, collection à laquelle il associe dès le départ Amédée Jacques [1813-1865] et Émile Saisset [1814-1863]. Jules Simon y fait paraître en 1842, en un volume, des Oeuvres de Descartes [réédité en 1850]; en deux volumes, les Oeuvres de Malebranche [réédité en 1853]. De son côté, Amédée Jacques y publie en 1842, en deux volumes, les Oeuvres de Leibniz [réédité en 1846]. Francis Riaux y publie deux volumes des Oeuvres de Platon
Cette collection est prévue sans la participation initiale de V. Cousin. Mais mis au courant de ce projet par Émile Saisset, il décide immédiatement d’y participer et établit la liste des ouvrages à paraître. En 1843, V. Cousin y publie les Oeuvres philosophiques du Père André [c’est aussi dans cette collection qu’il publie en 1845 les Fragments de philosophie catésienne]
D’autres titres paraîtront en 1843 : de Jules Simon les Oeuvres philosophiques d’Antoine Arnauld, les Oeuvres philosophiques de Bossuet ; d’Amédée Jacques, les Oeuvres philosophiques de Samuel Clarke, l’édition des Oeuvres philosophiques de Fénelon ; d’Émile Saisset, Introduction critique aux oeuvres de Spinoza, l’édition des Lettres à une princesse d’Allemagne par L. Euler.

Le 18/11/2018