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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1842
   VICTOR COUSIN 1842

En 1842 V. Cousin [1792-1867] a quarante neuf ans [il aura cinquante ans le 28 novembre 1842]. L’année est marquée par le rapport qu’il fait à l’Académie française, sur la nécessité d’une nouvelle édition de Pascal, entre avril et août 1842


Résumé des années précédentes


1820-1828

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été, sous la Restauration, en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825]

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [commencée en 1834, elle sera achevée en 1841, avec en tout quatre volumes]


1826-1828. Fragments philosophiques

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], précédées de copieuses préfaces, et donne à ses publications, qu’il diffuse énergiquement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît en Europe et aux États-Unis, comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830-1840

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] dès sa reconstitution, où dans la section de philosophie il fait élire ses partisans ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande ; 1836 ; en Suisse, 1837]. Pour un temps bref est Ministre de l’Instruction publique [mars 1840-octobre 1840] dans le second ministère Thiers


Le feu croisé des critiques

Mais autour de 1830 déjà les critiques se font nombreuses [A. Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes émémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système]

D’un autre côté, ou lui reproche un panthéisme fataliste [Gatien-Arnoult, 1836 ; Gioberti, 1842]. Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de V. Cousin un ennemi de la religion


L’année 1842

Éléments biographiques

V. Cousin travaille à l'édition de ses Leçons d'histoire de la philosophie morale en Europe au XVIIIème siècle, plus particulièrement à ses leçons de 1820, sur la philosophie morale de Kant. Il signe [15 février 1842] l'Avant-Propos de ses Leçons sur la philosophie de Kant qui paraîtront en 1844

T. Jouffroy [1796-1842] meurt le 1er mars 1842. V. Cousin réoccupe la place qu'il lui avait laissée au Conseil royal de l'instruction publique.



Démarches auprès de Rome

V. Cousin charge A. F. Ozanam de démarches confidentielles auprès de Rome, plus particulièrement auprès de Barola, professeur de philosophie au collège romain de la propagande, pour obtenir une approbation de ses ouvrages par la Congrégation de l’Index. La presse, en France, divulgue l’information qui devait pourtant rester confidentielle


Édition en cours de :

Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle, professé à la faculté des lettres en 1819 et 1820 par V. Cousin. Introduction publiée par M. E. Vacherot, Agrégé de philosophie, docteur ès-lettres, etc. Paris : Librairie de Ladrange, 1839-1842, 4 volumes, in-8.

[L’introduction, par Étienne Vacherot, est signée en 1841]

Comprend : I.

Introduction, par Étienne Vacherot

II. 1re partie.

École sensualiste, publié par M. E. Vacherot, agrégé, docteur ès-lettres. Paris : Ladrange, XI-354 p. 1839 ;

III. 2e partie.

École écossaise, publié par MM. [Arsène] Danton et [Étienne] Vacherot, Paris : Ladrange, IV-382 p., 1840 ;

IV. 3e partie.

Leçons sur la philosophie de Kant par V. Cousin, tome premier. Paris : Librairie philosophique de Ladrange, in-8, VIII-387 p. [Table, pages 383-387], 1842. [collationné 2]

Avant-Propos I-VIII

Incipit « J’avais pris pour sujet de mes leçons, dans les années 1819 et 1820, l’histoire de la philosophie morale en Europe au XVIIIème siècle. Cette histoire devait comprendre les systèmes moraux sortis de l’école sensualiste, et les systèmes opposés sortis de l’école spiritualiste divisée elle-même en deux écoles différentes qui en représentent en quelque manière les deux degrés, je veux dire la philosophie écossaise et la philosophie de Kant. En 1819, j’embrassai et terminai toute l’école sensualiste ainsi que l’école écossaise : l’année 1820 fut consacrée à la philosophie morale de Kant qui avait déjà trouvé une place dans le cours de 1817, mais que je pus exposer alors avec des développements bien plus étendus et avec une critique un peu plus avancée. M. Vacherot a publié [1. 1839 et 1840, chez Ladrange] toutes les leçons de 1819 d’après les rédactions qu’en avaient faites les élèves de l’École normale. Il vient même de mettre au jour les premières leçons de 1820 [1. 1841, chez Ladrange], dans lesquelles, sur la demande de l’auditoire, j’avais rassemblé les idées générales , les principes qui dominaient l’enseignement historique de ces deux années. Je me suis chargé de revoir moi-même les autres leçons de année 1820 dont la matière était la philosophie morale de Kant ; et voici un premier volume qui contient le système métaphysique sans lequel la morale, destinée à achever ou à réparer ce système , serait absolument inintelligible.

Ce volume est donc un examen de la métaphysique kantienne […] »

Les quatre volumes ne sont pas publiés exactement dans leur ordre de numérotation. Paraît, d'abord, en 1839, École sensualiste ; puis en 1840, École écossaise ; en 1841, Introduction, par Étienne Vacherot ; en 1842, Philosophie de Kant


Réédité en 1997, document électronique BNF


Discours aux funérailles de T. Jouffroy

[1842] Théodore Jouffroy [né en 1796] meurt le 1er mars 1842. Lors de ses funérailles, le 13 mars 1842, V. Cousin - ainsi que Hippolyte Passy [1793-1880] ancien ministre et membre de la section de morale de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1838 et A. F. Villemain, alors ministre de l'instruction publique - prononce un discours au nom de la section de philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques. Il est imprimé pour le compte de l’Académie des sciences morales et politiques, Paris : impr. de Didot frères, in-4, 11 p.

« Lorsque, il y a plusieurs années, nous conduisions M. Laromiguière à sa dernière demeure, j'étais du moins soutenu par cette pensée que mon vénéré maître avait rempli toute sa carrière, et que ce qu'il y avait eu de meilleur en lui vivrait dans un livre consacré. Mais ici toute consolation manque : devant cette tombe qui engloutit tant d'espérances, je demeure frappé moi-même d'un mortel abattement, et j'ai peine à rassembler quelques paroles pour dire un dernier adieu à celui qui nous est si tôt ravi. »

[1842] Le texte du discours est traduit du français en italien dans les Annali scientifichi e littera per la Sicilia, Palermo : pages 133-142, 1842, à la suite de l’article de Salvatore Mancino : Corso delle lezioni di filosofia di Vittore Cousin, dal 1815 al 1820

[1843] Repris dans les Fragments littéraires (1843), [Fragments littéraires, par M. V. Cousin, Pair de France, membre de l'Académie française, Paris : Didier, in-8, pages 88-92, 1843]


Discours aux funérailles du baron de Gérando

[1842] Le baron de Gérando [né en 1772], meurt le 10 novembre 1842. Lors de ses funérailles, le 14 novembre, V. Cousin [ainsi que le comte Beugnot, Hippolyte Passy, Jacques Berriat Saint Prix] prononce un discours. Il est imprimé pour le compte de l’Académie royale des inscriptions et belles lettres, Paris : impr. de Firmin-Didot frères, in-4, 18 p., 1842.

[1843] Repris dans les Fragments littéraires, 1843, pages 93-98


Articles dans le Journal des savants

Premier article : Procès verbal de quelques séances d'une société cartésienne formée à Paris dans la seconde moitié du XVIIème siècle [tiré des manuscrits du bénédictin dom Robert Desgabets], Journal des savants, février 1842, pages 97-116. Deuxième article : Le cardinal de Retz cartésien [tiré des manuscrits de dom Robert Desgabets], Journal des savants, avril 1842, pages 193-210. Troisième et dernier article : Le cardinal de Retz cartésien, mai 1842, pages 288-305

Incipit : « On a beaucoup dit, et on ne dira jamais assez quel immense évènement a été, au XVIIème siècle, la philosophie de Descartes dans toute l'Europe et plus particulièrement en France. Dés qu'elle parut elle obscurcit de son éclat les plus brillantes tentatives qui eussent été faites jusqu'alors pour fonder une philosophie conforme à l'esprit nouveau. On reconnut que le point de départ de la philosophie moderne était enfin trouvé. »


Articles dans le Journal des savants

Rapport à l'Académie française sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal. Journal des savants premier article, avril 1842, pages 243-252.

Incipit : « Plus d'une fois l'Académie m'a entendu exprimer le voeu que, pour préparer et soutenir son beau travail du Dictionnaire historique de la langue française, elle-même se chargeât de donner au public des éditions correctes de nos grands classiques, comme on le fait en Europe depuis deux siècles pour ceux de l'antiquité. Le temps est malheureusement venu [...] »

Deuxième article, 1ère partie : Des morceaux insérés dans les éditions des Pensées qui sont étrangères à cet ouvrage et ne se trouvent point dans le manuscrit original ; des sources et de la forme primitive de ces divers morceaux., mai 1842, pages 333-358

Troisième article, 2ème partie : Des altérations de toute espèce qu'ont subies un très grand nombre de Pensées. Restitution de ces Pensées dans leur forme vraie, juillet1842, pages 406-426 ; quatrième article, août 1842, pages 490-505 ; cinquième article, septembre1842, pages 532-553 ; sixième article, octobre 1842, pages 608-625 ; septième et dernier article,

3ème partie : Pensées tirées pour la première fois du manuscrit autographe, novembre 1842, pages 678-691


Article dans le Journal des savants

Les articles de V. Cousin, dans le Journal des savants, [premier article : août 1842, pages 463-470 ; deuxième article : décembre 1842, pages 723-734], n'est pas titré. En exergue est donné l'intitulé de l'ouvrage suivant : Méditations métaphysiques et Correspondance de N. Malebranche avec D. de Mairan, publiées, pour la première fois, sur les manuscrits originaux. Paris : chez Delloye, 1841

Les textes dont parle V. Cousin dans cet article étaient la propriété de C. Millon, professeur de philosophie ancienne à la faculté des lettres de Paris, vendu, après son décès [1839], à la vente de sa bibliothèque ; ils viennent d'être acquis par le collectionneur Feuillet de Conches. V. Cousin fait la démonstration que le premier texte intitulé Méditations métaphysique est bien de la main de Malebranche, mais que c'est un texte médiocre ; le deuxième texte attribué à Malebranche est en réalité d'un certain abbé Lanion ; que l'édition donnée par Feuillet de Conches est fautive, défectueuse, sans la publication des notes marginales de Mairan.

Incipit, août 1842 : « Depuis que les lettres du P. André nous ont appris d'une manière certaine [note 1. : Journal des savants, 1841, janvier et février] que Malebranche avait été en correspondance avec plus de cinq cent cinquante personnes, dont la plupart sont expressément désignées, il vient d'être découvert un fragment de cette correspondance, dont l'existence n'avait pas même, jusqu'ici, été soupçonnée : à savoir quatre lettres de Mairan, de l'Académie des sciences, à Malebranche, avec les réponses de celui-çi. »


Article

L'Affaire du P. Saint-Ange, capucin ; ou un Épisode de la jeunesse de Pascal, par M. Victor Cousin, membre de l'Institut. Bibliothèque de l'École des Chartes, novembre-décembre 1842, tome 4, pages 111 à 146


À l'Académie française

Lecture d'un Rapport à l'Académie française, sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal.

V. Cousin lit ce rapport dans les séances du 1er avril, du 1er mai, du 1er juin, du 1er juillet, du 1er août 1842

L'ensemble du rapport paraît, la même année, dans le Journal des savants [6 numéros d'avril - novembre 1842]

Puis sera édité l'année suivante [1843] sous forme d'ouvrage : Des Pensées de Pascal. Rapport à l’Académie française sur la nécessité d’une nouvelle édition des Pensées [suivi d'un Vocabulaire des locutions les plus remarquables utilisées par Pascal], par M. Cousin, Paris : Ladrange, in-8, LV-452 p.]. Dans l'Avant-propos de l'ouvrage V. Cousin, expose, entre autre, le combat mené par les jésuites contre le cartésianisme, ainsi que ce que doit être [selon V. Cousin], les rapports entre la philosophie et la religion.

Incipit : « Je publie de nouveau, sans rien y changer, le Rapport que j’ai lu cette année à l’Académie française, et qui a paru successivement dans le Journal des savants (avril-novembre 1842), sur la nécessité d’une nouvelle édition des Pensées de Pascal.

Bossut, dans l’édition de 1779, avertit bien que le chapitre sur Montaigne et Épictète et celui sur la condition desz grands sont tirés, l’un d’un entretien entre Pascal et Sacy, rapporté par Fontaine dans ses mémoires, l’autre de discours addressés par Pascal au jeune duc de Roannez, et publiés assez tard par Nicole. Mais, ces deux morceaux exceptés, il n’ y a pas un éditeur, il n’y a pas un critique, nous l’affirmons encore une fois, qui ne se soit avisé de soupçonner que le texte reçu des Pensées ne fût pas le texte authentique de Pascal ; tandis qu’aujourd’hui, après notre travail, il reste péremptoirement démontré que, comparé au manuscrit autographe conservé à la bibliothèque de Roi, ce texte, jusqu’ici en possession d’une admiration religieuse, n’est rien moins qu’une infidélité continuelle. En effet, toutes les infidélités qu’il est possible de concevoir s’y rencontrent, omissions, suppositions, altérations. »

Ainsi V. Cousin discute la première édition de 1670 où Port-Royal avait fait des ommissions, de altérations, des additions, des corrections, qu'il considère comme des mutilations qu'on peut qualifier de sacrilèges. Il discute également l'édition de Bossut.

Réédité en 1844 et en 1847.

Réédité, en 2001, édition électronique BNF


Élection et réception

Pierre Simon Ballanche [1776-1847] est élu, au fauteuil 4, le 17 février 1842, en remplacement d’Alexandre Pineux Duval, décédé le 9 janvier 1842. Il sera reçu le 28 avril 1842 par Prosper de Barante [1782-1866]. V. Cousin soutient sa candidature


Le duc Étienne Denis Pasquier [1767-1862] est élu, au fauteuil 3, le 17 février 1842, en remplacement de Mgr. Frayssinous [1765-1841], décédé le 12 décembre 1841. À cette élection A. de Vigny obtient 8 voix. Le duc Pasquier sera reçu le 8 décembre 1842 par François Mignet [1796-1884].


François Roger [1776-1842] meurt le 1er mars1842. Henri Patin [1793-1876] lui succédera le 4 mai 1842


Alexis de Tocqueville [1805-1859], élu le 23 décembre 1841, au fauteuil 18, en remplacement de Lacuée de Cessac [1753-1841], décédé le 14 juin 1841, est reçu le 21 avril 1842, par le comte Molé [1781-1855]


Henri Patin [1793-1876] est élu le 4 mai 1842, au fauteuil 26, en remplacement de François Roger [1776-1842], décédé le 1er mars 1842. Il est élu par 29 voix contre 9 à Alfred de Vigny. Il sera reçu le 5 janvier 1843 par Prosper de Barante [1782-1866]


À l'Académie des sciences morales et politiques

Mémoire

Lecture d’un Mémoire, à l’Académie des sciences morales et politiques : Examen de la Critique de la raison pure de Kant, par M. Cousin. Le mémoire est lu dans la séance du 5 février 1842. Le texte fait l'objet d'un compte-rendu dans Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 1. (1842), pages 163-201

Le texte est publié également dans la Revue du Lyonnais. [Lyon : impr. de L. Boitel, in-8, 3-51 p., livraison de mars 1842]. V. Cousin charge F. Bouillier de mener à bien cette publication [F. Bouillier est professeur de philosophie à Lyon, et, par l'entremise de V. Cousin, va être élu membre correspondant de l'Institut].

Incipit : « J'ai fait connaître à l'Académie [...] il y a plus d'une année, les principes et le but de la grande entreprise tentée et accomplie par le philosophe de Koenisberg, à la fin du XVIIIème siècle. Une analyse fidèle de l'introduction de la Critique de la Raison pure vous a initié à la méthode de Kant, et vous a découvert la portée de ses desseins. Aujourd'hui, ces prolégomènes traversés, je voudrais vous transporter en quelque sorte sur le champ de bataille de la philosophie kantienne, et exposer cette partie de la Critique de la raison pure, où sont débattus les trois problèmes qui intéressent l'humanité, et partagent la philosophie, les problèmes de l'existence de l'âme, du monde et de Dieu. »


Mémoire d’Adolphe Franck sur la Kabale

V. Cousin lit lui-même le Mémoire sur l'origine de la Kabale, rédigé par Adolphe Franck [1809-1893]. C’est le troisième et dernier mémoire de Franck lu devant les membres de l'Institut [sur l'origine de la Kabale, les sources premières où ont été puisés les principes élémentaires qui la composent] Les deux premiers mémoires ont été lus par A. Franck. La lecture du troisième mémoire est faite par Victor Cousin, dans les séances du 12 et du 19 mars, du 16 et du 23 avril 1842. Elle prépare l'élection d'Adolphe Franck à l'Institut [janvier 1844] dans la section de philosophie [fauteuil 5], où il succédera à W. F. Edwards

Le texte du troisième Mémoire de Franck est publié en 1842 dans le tome 1 (pages 232-295) des Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques

L'année suivante (1843), V. Cousin fera un Rapport verbal à l'Académie des sciences morales et politiques sur l'ouvrage de Franck au moment de sa parution : La Kabbale ou philosophie religieuse des Hébreux [Paris : Hachette, in-8, IV-412 p., 1843]

A. Franck [1809-1893] est agrégé de philosophie en 1832, et la même année devient docteur ès-lettres avec une thèse sur les Révolutions littéraires [Toulouse, 1832]. Professeur au collège de Nancy [1834], au collège de Versailles [1838], au collège Charlemagne [1840]. Sera l’éditeur du monumental Dictionnaire des sciences philosophiques [1848-1852], puis professeur au collège de France [professeur de philosophie grecque et latine, puis, de 1856 à 1867, professeur de droit de la nature et des gens]


Élection de Charles de Rémusat

Théodore Jouffroy [fauteuil 4] est remplacé à l'Académie des sciences morales et politiques par Charles François Marie de Rémusat [14 mars 1797-6 juin 1875], qui vient d'être nommé ministre de l'Intérieur [mars-octobre 1840]. Charles de Rémusat, qui a le soutien le plus actif de V. Cousin, est élu au premier tour de scrutin, dans la séance du 30 avril 1842, en remplacement de T. Jouffroy, décédé le 1er mars 1842,

Il a été placé au premier rang par la section de philosophie. Au deuxième rang ex aequo : Félix Ravaisson [1813-1900], qui sera reçu à l'Académie des Inscriptions et belles-lettres [1849] puis bien tardivement [1881] à l'Académie des Sciences morales et politiques [au fauteuil de Louis Peisse] ; et Louis Peisse [1803-1880], qui finira par être élu en 1877 ; au troisième rang Jean Jacques Séverin de Cardaillac [1766-1845] candidat âgé proche de Pierre Laromiguière, au quatrième rang Adolphe Franck [1809-1893] qui prend date pour une prochaine élection [janvier 1844]. D'après la demande de plusieurs membres on ajoute le nom de Louis Francisque Lélut [1804-1877], qui sera élu ultérieurement [en janvier 1844, à la même séance que A. Franck]. Sur vingt-quatre votants [il y a, à l’Académie des sciences morales et politiques trente membres titulaires] dix-sept suffrages se portent pour Charles de Rémusat. Six vers Francisque Lélut. Ainsi de Rémusat est facilement élu dès le premier tour, au fauteuil de T. Jouffroy


Candidatures multiples

William Frédéric Edwards [1777-1842], membre de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 5], meurt à Versailles le 28 juillet 1842 [le bulletin mensuel de l’Académie indique le 23 juillet]. L’Institut n’ayant pu être convoqué ni se rendre en corps à Versailles, il n’a été prononcé aucun discours.

Cependant Berriat Saint Prix lit dans la séance du 6 août 1842, devant ses collègues, un discours qu’il s’était proposé de prononcer aux obsèques

Après l’annonce du décès, par le secrétaire perpétuel, dans la séance du 6 août, plusieurs candidatures se manifestent. Dans leur ordre chronologique : celle de Antoine Louis Guénard Demonville, le docteur Francisque Lélut, le docteur Buchez, Louis Peisse, Hyacinthe Azaïs [par une lettre en novembre 1842], Adolphe Garnier ; puis à la suite du décès du baron de Gérando, pour l’un au l’autre des fauteuils : Félix Ravaisson, Julien Joseph Virey.

Antoine Louis Guénard Demonville a rédigé une Philosophie primitive, extraite du VIIème chapitre de la Physique de la création […] à l’Académie des sciences morales et politiques, pour sa candidature à la classe de philosophie [Paris : chez l’auteur, in-8, pièce, 1842]

Philippe Buchez [1796-1865], théoricien du catholicisme social, a publié en 1833 une Introduction à la science de l’histoire, ou science du développement de l’humanité, réédité en 2 volumes en 1842 [Paris : Guillaumin, 2 volumes in-8, 1842]. Il vient de fonder le journal L’Atelier en 1840

Louis Peisse [1803-1880] ne sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques qu’en 1877

Le médecin Julien Joseph Virey [1775-1846] a publié en 1842 un Exposé des travaux de J. J. Virey […] dans les sciences philosophiques [Paris : impr. de Fain et thunot, in-4, 8 p., 1842]

Victor Cousin fait savoir qu’il n’y a pas lieu de remplacer tout de suite le fauteuil vacant. Ce sera Adolphe Franck qui sera élu, beaucoup plus tard, en janvier 1844


Joseph Marie baron de Gérando [1772-1842], membre de la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 2], meurt le 10 novembre 1842. Louis Francisque Lélut [1804-1877] le remplacera en janvier 1844 [à la même séance où est élu A. Franck]


Élection de Francisque Bouillier

Dans la séance du 22 avril 1842, Francisque Bouillier [1813-1899] est élu correspondant de l'Institut [Académie des sciences morales et politiques], dans la section de philosophie [place 2] en remplacement de Pierre Prévost [1751-1839], décédé le 8 août 1839.

Sur vingt-deux votants, F. Bouillier obtient vingt et un suffrages, Hervé Bouchitté [1795-1861], un suffrage. Joseph Marie Blanc Saint Bonnet [1785-1841], qui avait également été présenté par la section n’obtient aucun suffrage.

Francisque Bouillier sera élu membre titulaire de l'Académie des sciences morales et politiques, en remplacement de Charles de Rémusat [fauteuil 4] , le 11 décembre 1875


Hommage d’un ouvrage

Dans la séance du 20 août 1842, V. Cousin fait hommage à l’Académie, au nom de Paul Grimblot, d’une traduction de l’ouvrage de Schelling, sur le Système de idéalisme transcendental


Dans les séances du 3 et du 10 décembre 1842, V. Cousin communique un travail et des documents inédits sur le « célèbre jurisconsulte du 17ème siècle, Domat ». À la suite de cette communication M. Dupin aîné présente quelques observations

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 3, pages 120-165

Incipit : « Domat est, par excellence, notre jurisconsulte philosophe. Cujas habite, en quelque sorte, avec l’antiquité romaine : ce qui l’occupe c’est l’édit du préteur, la restitution et l’interprétation légitime du texte authentique. Dumoulin s’enfonce dans les coutumes et le droit canon, pour y disputer la raison et léquité à la barbarie qui l’enveloppe lui-même. Domat a travaillé pour la société nouvelle que Richelieu et louis XIV tiraient peu à peu du chaos du moyen âge. C’est au profit du présent qu’il interroge le passé, les lois romaines et les coutumes, les soumettant les unes et les autres aux principes éternels de la justice et à l’esprit du christianisme. Il est incomparablement le plus grand jurisconsulte du 17ème siècle […] »


La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques

Dans les séances du 8 et du 15 janvier 1842, J. Barthélemy-Saint Hilaire lit son mémoire sur Les derniers Analytiques d'Aristote. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 1, pages 40-68


Dans la séance du 26 février 1842, Berriat Saint Prix fait une communication relative à une pièce sur le Cartésianisme

En mars 1842, A. Franck lit son mémoire De l'Origine et des principes de la Kabale. Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 1, pages 232-295


Dans la séance du 30 avril 1842, Jean-Philibert Damiron commence la lecture d’un travail sur Spinoza. Il poursuit cette lecture le 7 mai 1842 [fait suite à : 1. La Vie ; 2. Les premiers Traités]

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 1, pages 362-380, puis tome 2, pages 223 sq.

Un troisième Mémoire sur l’Éthique de Spinoza est publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 327-349


Dans la séance publique annuelle du 28 mai 1842, le secrétaire perpétuel, François Mignet, fait la lecture d’une Notice historique sur la vie et les travaux de M. le comte Destutt de Tracy

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 1, pages 396-434


Report du prix de la section de philosophie sur l’Examen critique de la philosophie allemande

Dans la séance annuelle du 28 mai 1842 le président de l’Académie, pour cette année, Passy, indique que le prix extraordinaire, qui avait été mis pour la seconde fois au concours ne peut être accordé à l’un ou l’autre des cinq mémoires admis à concourir. Le terme du nouveau concours est fixé au 1er septembre 1843

Le sujet avait été mis au concours en novembre 1836. Il sera finalement attribué en avril 1845, à Joseph Willm [1790-1853], professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg


Hommage d’un ouvrage

Dans la séance du 4 juin 1842, Jean Philibert Damiron fait l’hommage de son Cours de philosophie [2ème partie : Morale]

Le cours de philosophie de Jean Philibert Damiron [1794-1862] a d’abord été édité de 1831 à 1836 [Paris : Ponthieu, 3 volumes in-8] puis réédité en 1842 chez Hachette


Dans la séance du 18 juin 1842, J. Barthélemy Saint Hilaire fait, au nom de la section de philosophie , un Rapport sur le troisième Mémoire d’Adolphe Franck, relatif à l’Origine et au principe de la Kabale. L’Académie décide que ce mémoire sera imprimé dans le Recueil des savants étrangers

Adolphe Franck [1809-1893] édite son ouvrage en 1843 : La Kabbale, ou la philosophie religieuse des Hébreux [Paris : Hachette, in-8, IV-412 p., 1843]


Lecture d’un mémoire

En juillet 1842, dans les séances du 2, du 16, du 23 juillet, puis du 6 août 1842, Hervé Bouchitté [1795-1861], professeur d'histoire au collège royal de Versailles, lit son mémoire : Réflexions sur l'anthropomorphisme ou de la notion de Dieu dans ses rapports avec la sensibilité et l'imagination.

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 6-53

Hervé Bouchitté avait déjà lu d’autres travaux devant l’Académie. En août 1840 sur les Preuves de l’existence de Dieu, puis sur le Monologium d’Anselme de Cantorbery

Il tente, à la même époque, mais sans succès, de se faire élire à l’Académie des sciences morales et politiques


Hommage d’un ouvrage

Dans la séance du 16 juillet 1842, Jean Philibert Damiron fait l’hommage à l’Académie d’un exemplaire d’un ouvrage posthume de T. Jouffroy, intitulé Nouveaux mélanges philosophiques, précédés d’une Notice, et publiés par J. P. Damiron

Théodore Jouffroy [1796-1842] est mort le 1er mars 1842. Les Nouveaux mélanges philosophiques, édités par Damiron paraissent en juin 1842 [Paris : Joubert, in-12, XLVIII-454 p.]. Ils seront réédités en 1861, 1872, 1882. Il était membre de l’Académie des sciencesmorales et politiques, depuis le 6 avril 1833 [section de morale] et transféré à la section de philosophie en décembre 1837, à la suite du décés de Pierre L aromiçguière.


Dans la séance du 13 août, puis du 3 septembre, du 15 et du 29 octobre 1842, Pierre Nicolas Gerdy, professeur à la Faculté de médecine de Paris, chirurgien de l’Hopitâl de la Charité, membre de l’Académie royale de médecine, est admis à lire un travail intitulé Considérations générales et préliminaires sur l’étude de l’entendement [L’Entendement humain depuis la deuxième enfance jusqu’à la vieillesse

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 88-101 et pages 202-222

Le docteur Pierre Nicolas Gerdy [1797-1856] fait paraître le texte de son intervention à l’Académie des sciences morales et politiques dans le cahier de mai 1843 des Annales médico-psychologiques. Sera également tiré à part [Paris : impr. de Bourgogne et Martinet, in-8, 64 p., sd]

Quelques années plus tard [1847] est l’auteur d’une Lettre sur le concours, l’élection et réponse aux objections de M. Cousin […], par P. N. Gerdy. Bar sur Seine : impr. de Saillard, in-8, 56 p., [1847]


Dans les séances du 27 août, et du 3 septembre, 1842, le docteur Francisque Lélut, médecin en chef de la 3ème section des aliénés de la Salpêtrière, médecin de la prison du dépôt des condamnés, est admis à lire un Mémoire sur le siège de l’âme suivant les anciens, ou l’Histoire établie par la philosophie ancienne entre le cerveau ou telle autre partie de notre organisation et les actes dela pensée.

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 102-124

Francisque Lélut [1804-1877] sera élu, le 20 janvier 1844, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 2], en remplacement du baron de Gérando, décédé le 10 novembre 1842


Dans les séances du 17 et du 24 septembre 1842, Charles Mallet, professeur au collège royal de Versailles est admis à lire un Mémoire sur Anaxagore de Clazomène

Charles Mallet [1807-1875] est ancien élève de l’École normale [1826], agrégé de philosophie [1830], docteur ès-lettres avec une thèse littéraire sur l’histoire de Rollin et une thèse philosophique sur Les Moyens d’arriver à la possession de la vérité [Paris, 1829]. Il fera paraître en 1845 : Histoire de l’école de Mégare et des écoles d’Élis et d’Érétrie [Paris : Vve Maire-Nyon, in-8, IV-LXXIV-196 p., 1845]


Dans la séance du 29 octobre 1842, Jean Philibert Damiron donne lecture d’un travail sur le De Mente ou la psychologie de Spinoza

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 223-236

Ce travail prolonge un premier Mémoire sur l’Éthique de Spinoza, publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 1, page 362 sq


Dans la séance du 5 novembre 1842, Julien Joseph Virey est admis à lire un travail intitulé Essai téléologique sur l’origine des formes organisées [Espèces animales et végétales]

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 238-246


Hommage d’un ouvrage de T. Jouffroy

Dans la séance du 19 novembre 1842, Jean Philibert Damiron présente à l’Académie, au nom de Mme veuve Jouffroy, un exemplaire du Cours de droit naturel professé à la Faculté des lettres de Paris, par M. Jouffroy

Il s’agit d’une réédition du Cours de droit naturel, paru chez Hachette, avec une préface de J. P. Damiron qui complète l’édition par un troisième volume . Il s’agit des cours professés à la Faculté des lettres de Paris, dans la chaire d’Histoire de la philosophie moderne [dont le titulaire est jusqu’en 1845, Royer-Collard]


Dans les séances du 19 et du 26 novembre 1842, Dubois d’Amiens est admis à lire un Mémoire intitulé De l’Antagonisme des naturalistes et des philosophes dans l’étude des phénomènes intellectuels

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 285 sq.

Dubois d’Amiens [1799-1873] est professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie royale de médecine. Il prolongera cette première lecture en 1843 par un Examen critique des doctrines de M. Broussais, pour faire suite au mémoire sur l’Antagonisme des naturalistes et des philosophes, dans l’étude des phénomènes intellectuels [4 février et 18 février 1843]. Il rédigera les notices Broussais, Cabanis, Folie, Gall, dans la Dictionnaire des sciences philosophiques d’Adolphe Franck, dont la rédaction commencera vers 1844


Dans la séance du 26 novembre 1842, Francisque Lélut, médecin en chef à la Salpêtrière, est autorisé à lire un Mémoire sur la nature des rapports qui lient le cerveau à la pensée et sur les résultats probables de leur recherche

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 299-323


Le 10 décembre 1842, J. P. Damiron lit la continuation de son Mémoire sur Spinoza [De Servitute et de Libertate]

Publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1842, tome 2, pages 327-349


Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin

Elements of psychology, included in a critical examination of Locke’s essay on the human understanding. With additional pieces, by Victor Cousin Translated from the French, with an introduction and notes, by the reverend C. S. Henry, 2ème édition


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin

De l’abbé Vincenzo Gioberti [1801-1852] paraît, traduit de l’italien en français, Le Panthéisme de M. Cousin exposé par lui-même [Louvain : J. B. Ansiau, 71 p., in-8, 1842]. Le traducteur de cet ouvrage est Jean-Baptiste Ansiau

De ce même V. Gioberti paraîtra en 1844, en français : Considérations sur les doctrines religieuses de V. Cousin. [précédées d’un Exposé systématique du système de M. Cousin, par Gatien-Arnoult]


Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling. Système de l’idéalisme transcendantal, suivi d’un jugement sur la philosophie de M. Vict. Cousin, par M. de Schelling, traduit de l’allemand par Paul Grimlot. Paris : Librairie philosophique de Ladrange, in-8, XXXII-420 p., 1842

Il s’agit de la traduction de l’allemand en français de System des transcendentalen Idealismus.


Le journal catholique L'Univers, du 31 mars 1842, publie une lettre adressée à A. F. Villemain [Ministre de l'instruction publique] dénonçant comme ennemis de la religion dix-huit professeurs, parmi lesquels V. Cousin, Théodore Jouffroy, J.J. Ampère, Edgard Quinet, Philarète Chasles, Jules Michelet, Jean Philibert Damiron, Charles Labitte, Désiré Nisard.


Pierre Leroux. De la Mutilation d'un écrit posthume de Th. Jouffroy, [article dans] La Revue indépendante, 1er novembre 1842, pages 257-322 [parue le 5 décembre]

Dans le numéro du 25 décembre, P. Leroux [1797-1871] accuse V. Cousin d'être l'auteur de cette mutilation d'un écrit posthume publié par J. Ph. Damiron [pages 641-680]

Il s’agit d’une dizaine de modifications [suppressions et substitutions de texte] apportées par J. P. Damiron au texte de T. Jouffroy intitulé De l’organisation des sciences philosophiques, texte qui constitue à peu près la moitié du volume des Nouveaux mélanges philosophiques, édités par J. P. Damiron et parus en juin 1842


Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin

Lezioni sulla filosofia di Kant, per V. Cousin, prima versione italiana di Francesco Trinchera, con note del barone P. Galluppi, Napoli : Stabilimento dal Guttemberg, in-12, 394 p., 1842


Corso di storia della filosofia morale al decimo-ottavo secolo : professato alla Facoltà delle lettere, nel 1819 e 1820, da V. Cousin. Intoduzione, pubblicata dal sig. E. Vacherot ; prima versione italiana per Francesco Trinchera. Capolago [Suisse] : s. n., XII-164 p.


Curso da historia da philosophia, vertido en portuguez, por A. P. de Figueiredo, vol. I, Intoduçao a historia da philosophia. Fernambruco, 1842

Le volume II, Historia da philosophia, 1845, in-8


Deuxième édition de Elements of psychology, included in a critical examination of Locke’s essay on the human understanding. With additional pieces, by Victor Cousin. translated from the French, with an introduction and notes, by the Rev. C. S. Henry [...] 2ème édition. New York : Dayton and Saxton, in-12, XXXVIII-439 p., 1842


Correspondance

Lettre à E. Bersot

« Mon cher Bersot, me voici et je veille sur vous. Mais du jour où vous recevrez ma lettre rappelez-vous mes deux maximes : Que je suis sévère en famille, et qu'en dehors je défends inébranlablement quiconque m'a paru irréprochable. Soyez donc iréprochable. 1° Faites votre cours avec cette sévérité psychologique qui écarte toute question irritante. 2° En dehors, évitez toute contestation sur la philosophie, et renfermez-vous inflexiblement dans la profession d'un respect sincère pour la religion. 3° Ne vous mêlez de rien et ne renouvelez pas votre imprudence relative à M. Lacordaire. Laissez tout faire et tout dire, et travaillez en silence. 4° Oui, travaillez et songez à vos thèses. Écrivez-moi où vous en êtes et si vous serez en mesure de les passer cette année. Celà serait bien convenable, peut-être même nécessaire pour effacer "ici" les mauvaises impression. » [E. S. 10 mars 1842]


Lettre de Sainte-Beuve à V. Cousin

Sainte-Beuve lit un article de Louise Colet et s'engage à donner de vive voix son avis [mercredi 2 février 1842]


Lettre de Charles de Rémusat

Ch. de Rémusat invite V. Cousin, à passer sa soirée de mardi 26 avril, chez lui, pour écouter la lecture du drame d'Abélard, dont il est l'auteur. Le duc d'Orléans, Adolphe Thiers et sa femme sont parmi les auditeurs [samedi 23 avril 1842]


Lettre d'Augustin Thierry

A. Thierry invite V. Cousin chez lui pour entendre le poète agenais Jasmin [1798-1864] réciter des poèmes. François Mignet, l'abbé Féletz, François Buloz, E. Burnouf, Jean Jacques Ampère, Désiré Nisard, Charles Fauriel, etc. assistent à cette soirée [jeudi 12 mai 1842]


Lettre de V. Cousin à F. Bouillier

V. Cousin annonce à F. Bouillier son livre sur Kant, tandis que F. Bouillier s’apprête à publier son Histoire de la révolution cartésienne : « Nous allons paraître en même temps. Descartes et Kant défendrons mieux la philosophie que tous les articles de journeaux ne pourraient le faire. Fiez-vous à eux et fussiez-vous attaqué de la manière la plus violente, ne répondez pas, laissez passer cet orage. S’il devient trop fort, si l’Université s’abandonne elle-même comme dans l’affaire de M. Ferrari, moi je la défendrai et ne manquerai pas à la philosophie. [...] » [18 février 1842, cité dans Latreille, p. 57]


Élèves et disciples autour de V. Cousin

À la suite du décès de T. Jouffroy [1er mars 1842] V. Cousin charge Jules Simon de la conférence d'histoire de la philosophie de première année de l'École normale ; et E. Saisset de la conférence de la deuxième année.

Jean Philibert Damiron [arrêté du ministre de l'Instruction publique du 30 mars] est nommé à la chaire de Philosophie de la Faculté des lettres, rendue vacante par le décès de T. Jouffroy


Dans le monde de l’édition universitaire

À l’initiative de Jules Simon, paraît chez l’éditeur Charpentier une collection d’ouvrages philosophiques, collection à laquelle il associe Amédée Jacques et Émile Saisset. Jules Simon y fait paraître en 1842, en un volume, des Oeuvres de Descartes [réédité en 1850]; en deux volumes, les Oeuvres de Malebranche [réédité en 1853]. De son côté, Amédée Jacques y publie en 1842, en deux volumes, les Oeuvres de Leibniz [réédité en 1846]. Francis Riaux y publie, deux volumes des Oeuvres de Platon

Cette collection est prévue sans la participation initiale de V. Cousin. Mais mis au courant de ce projet par Émile Saisset, il décide d’y participer, et en 1843 y publie les Oeuvres philosophiques du Père André. D’autres titres paraîtront en 1843



Le 22/02/2018