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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1839
   En 1839, V. Cousin [1792-1867] a quarante six ans [il aura quarante sept ans le 28 novembre 1839].
Tenté un moment, en 1836, par l’entrée dans la vie politique, il poursuit la publication de ses œuvres : en 1839, par l’intermédiaire d’Étienne Vacherot, les deux premiers volumes du Cours d’histoire de la philosophie au XVIIIème siècle, dont l’édition sera achevée en 1842, avec un volume consacré à Kant.
Il poursuit, aussi, régulièrement, son travail de réédition, notamment avec la deuxième édition du Manuel de l’histoire de la philosophie de Tenneman, publiée initialement en 1829.
S’il continue à régenter la philosophie universitaire, il n’en est pas moins publiquement mis en question : affaiblissement de sa position au conseil d’État, ouvrage contre l’éclectisme.

Résumé des années précédentes.

1809-1812. L’École normale .
Après de brillantes études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] il est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève ; puis en 1813 est chargé de conférences de philosophie.

1813-1815. Doctorat et enseignement.
Docteur ès-lettres en juillet 1813, avec une thèse latine : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi.
Continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815 enseigne comme agrégé au collège Bourbon [lycée Condorcet].

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ce dernier monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1824. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.
Le troisième voyage, où il est accompagné par Napoléon Lannes, son élève, est rapidement interrompu par son arrestation à Dresde [15 octobre 1824], son incarcération à Berlin [jusqu’à la mi-février 1825], son assignation à résidence jusqu’en avril 1825.

1820. Victime de la répression.
V. Cousin continue d’assurer son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, comme suppléant de Royer-Collard. Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par réprésailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire. Ainsi V. Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté, en septembre 1822, comme foyer d’agitation.

1820-1825. Série d’éditions savantes.
Commence alors une série d’éditions savantes, qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826].

1822. Précepteur chez les Lannes.
Il ne reste plus à V. Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France. C’est avec lui qu’il effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1824.

1825-1826. Les Fragments philosophiques.
Mais la grande et nouvelle affaire c’est la préparation et l’édition des Fragments philosophiques. Jusque là « éditeur » de Proclus, de Platon, de Descartes, voilà la première œuvre que V. Cousin peut signer comme auteur. En rassemblant des textes déjà parus dans les Archives philosophiques ou dans le Journal des savants, et en soignant particulièrement la préface. Il en assure une large distribution auprès de ses relations philosophiques, en France et à l’étranger et confirme ainsi, sans disposer de chaire, son image du philosophe français par excellence.

1828. Reprise de l’enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et achetés immédiatement à plus d’un millier d’exemplaires.

La Révolution de 1830.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation depuis 1830, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Se spécialise dans l’étude comparée des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; puis en Hollande, 1836 ; enfin en Suisse, 1837].

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 les critiques se font de plus en plus nombreuses [Armand Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme et sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et plus encore sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on va bientôt lui reprocher un panthéisme fataliste, hérité de sa lecture de Hegel.

Après 1830.
En dehors d’une conférence gardée à l’École normale, V. Cousin n’enseigne plus. Son rôle est désormais celui d’un politique : c’est à lui qu’on doit les grandes lignes de la loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire. C’est lui aussi qui oriente en partie – tout au moins d’un point de vue universitaire - la vie intellectuelle philosophique par son rôle à l’Académie des sciences morales et politiques, par le choix des sujets proposés aux concours et par l‘élection des correspondants, des associés étrangers et des membres.
Cette position est renforcée par sa nomination, en septembre 1835, comme directeur de l’École normale.


Éléments biographiques pour 1839
Louise Colet.
V. Cousin fréquente le salon de Louise Colet [1810-1876], femme de lettres et poète. Il noue une liaison avec elle. Il en attend un enfant. Alphonse Karr, dans son journal satirique Les Guêpes, évoque cet épisode. Mal lui en pris : Louise Collet tente de le poignarder et le blesse légèrement (15 juin 1840), mais l'incident, grâce à l’entremise de Sainte-Beuve, reste sans suite. De l'union affichée de V. Cousin et de Louise Collet, naît en 1840, une fille Henriette.

Le Conseil d'État.
En septembre 1839, le Garde des sceaux [M. Teste, ministre de la justice, dans le ministère du maréchal Soult, du 12 mai 1839] exclut du Conseil d’État V. Cousin, et deux autres conseillers d’État. Plus exactement, en octobre 1839 V. Cousin devient simple conseiller d'État en service extraordinaire. Il démissionne le 10 novembre pour protester contre le retrait de son autorisation à participer aux travaux du Conseil. Cette affaire est répercutée dans les journaux.

Les eaux à Plombières.
V. Cousin se rend aux eaux de Plombières, sans doute durant l'été 1839. Il y rencontre le comte Mathieu Molé [1781-1855], qui sera prochainement élu à l'Académie française [le 20 février 1840].

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Suppléance de V. Cousin par Jules Simon.
Jules Simon supplée V. Cousin, dans la chaire d’histoire de la philosophie ancienne de la Faculté des lettres de Paris [1839-1852]. Il succède à Étienne Vacherot, et gardera ce poste jusqu’en 1852 [7 mai 1852, date à laquelle V. Cousin est à la retraite].

Agrégation.
V. Cousin est à nouveau président du jury. Est reçu en 1839 : Ernest Bersot.

Ernest Bersot.
[Pierre Aimé] Ernest Bersot [1816-1880]. Né le 22 août 1816, à Surgères [Charente-Inférieure, aujourd’hui Charente-Maritime] ; mort le 1er février 1880, à Paris.
Ancien élève de l'École normale [1836]. Agrégation de philosophie en 1839 . Doctorat ès-lettres avec une thèse : Doctrine de saint Augustin sur la liberté et la Providence [Paris, août 1843]. Ce livre est présenté en hommage à l'Académie des sciences morales et politiques, par V. Cousin, dans la séance du 26 août 1843. La thèse latine porte sur la doctrine d’Anaxagore.
Maître d’études au collège de Bordeaux [1833-1836]. Professeur de philosophie au collège de Rennes [1839]. Est, en 1840, le secrétaire particulier de V. Cousin, alors ministre de l’Instruction publique. Professeur de philosophie au collège de Bordeaux [1841].
Dès qu’il est docteur, est nommé professeur suppléant à la Faculté des lettres de Dijon [1843-1844]. Professeur de philosophie au collège de Versailles [1845-1852] Il refuse de prêter serment au Second Empire.
Directeur de l'École normale supérieure [1871].
Rédige deux notices dans le Dictionnaire des sciences philosophiques de A. Franck : Matérialisme, Voltaire.
Après plusieurs essais infructueux auprès de la section de philosophie, est élu le 23 juin 1866, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 3], en remplacement de l’ambassadeur Gustave de Beaumont [1802-1866], décédé le 30 mars 1866.

Publie :
[1839] 1. Sur la Renaissance de la domination écclessiastique, accompagné de pièces à l’appui. Paris : Ladrange, in-8, 71 p., 1839.
[1843] 2. Le texte en est repris en 1843, dans les Fragments littéraires (Fragments littéraires, par M. V. Cousin, Pair de France, membre de l'Académie française, 1843, Paris : Didier, in-8).

Édition en cours de :
Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle, professé à la Faculté des lettres en 1819 et 1820 par V. Cousin. Introduction publiée par M. E. Vacherot, Agrégé de philosophie, docteur ès-lettres, etc., etc. Paris : Librairie de Ladrange, 4 volumes, in-8, 1839-1842.
[L’introduction, par Étienne Vacherot, est signée en 1841].
Comprend :
I. Introduction, par Étienne Vacherot, Paris : Ladrange, in-8, XIII-163 p., 1841.
[Le titre exact est : Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle, professé à la Faculté des lettres en 1819 et 1820, par M. V. Cousin. Introduction, publiée par M. E. Vacherot. Paris : Ladrange, in-8, XIII-163 p., 1841].
II. 1re partie. École sensualiste, publié par M. E. Vacherot, agrégé, docteur ès-lettres. Paris : Ladrange, in-8, XI-354 p. 1839.
[Le titre exact est : Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle, professé à la Faculté des lettres en 1819 et 1820, par M. V. Cousin. Première partie, École sensualiste, publié par M. E. Vacherot, agrégé, docteur ès-lettres. Paris : Ladrange, in-8, XI-354 p. 1839 ].
III. 2e partie. École écossaise, publié par MM. [Arsène] Danton et [Étienne] Vacherot, Paris : Ladrange, IV-382 p., 1840.
[Le titre exact est : Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle, professé à la Faculté des lettres en 1819 et 1820, par M. V. Cousin. Seconde partie, École écossaise, publié par MM. [Arsène] Danton et [Étienne] Vacherot, Paris : Ladrange, in-8, IV-382 p., 1840].
IV. 3e partie. Philosophie de Kant, VIII-387 p., Paris : Ladrange, 1842.
[Le titre exact est : Cours d’histoire de la philosophie morale au dix-huitième siècle, professé à la Faculté des lettres en 1819 et 1820, par M. V. Cousin. Troisième partie, Philosophie de Kant, in-8, VIII-387 p., Paris : Ladrange, 1842].
Les quatre volumes ne sont pas publiés exactement dans leur ordre de numérotation. Paraît, d'abord, en 1839, École sensualiste ; puis en 1840, École écossaise ; en 1841 Introduction, par Étienne Vacherot ; en 1842 Philosophie de Kant [dans certaines références La Philosophie de Kant est annoncé en deux volumes].
Réédité en 1997, document électronique BNF.

Réédition de la traduction de :
Wilhelm Gottlieb Tennemann, Manuel de l’histoire de la philosophie, Paris, Sautelet et Cie, 2 volumes, in-8, traduit de l’allemand par Victor Cousin, sur la cinquième et dernière édition allemande. 2ème édition corrigée [1839].
Le texte est précédé d’un Avertissement [en date du 1er juillet 1839].
Incipit « En même temps que l’on publiait en France la traduction de ce Manuel sur la quatrième édition allemande, il en paraissait une cinquième à Leipzig, par les soins du docte professeur de Gottingue. Comparée à la précédente, cette nouvelle édition présente les améliorations suivantes.
1° Elle est plus complète pour la bibliographie. Elle contient d’abord l’indication d’ouvrages qui ont paru dans l’intervalle ; de plus, elle répare dans le passé bien des ommissions échappées à Tennemann et à son savant continuateur.
2° Elle conduit la philosophie contemporaine, surtout la philosophie allemande, jusqu’à 1830. Il n’y a pas un des grands systèmes récents de l’Allemagne qui n’y soit exposé brièvement, mais fidèlement, avec le caractère véritable qui le distingue.
3° Les changements les plus graves portent sur l’exposition même et l’appréciation des systèmes. À la suite des profondes recherches, dont la philosophie ancienne a été l’objet dans ces derniers temps, quelques modifications étaient devenues nécessaires ; elles ont été faites dans une sage mesure ».
La première édition de cette traduction est parue en 1829, et avait été faite sur la quatrième édition allemende. Il semble y avoir 2 tirages en 1839.
Réédité en 2002, en 2 volumes, édition électronique BNF.

Article dans le Journal des savans.
V. Cousin rédige dans le Journal des savans [mars 1839, pages 183-186], dans la partie Nouvelles littéraires la rubrique concernant l'Institut royal de France. Il y indique l'élection de Barthelémy Saint Hilaire à l'Académie des sciences morales et politiques, les élections des correspondants, les sujets de la section de philosophie mis au concours, la publication du Recueil des mémoires des savants étrangers [à l'Académie].
Dans la livraison d'avril 1839, pages 250-253, V. Cousin rédige la partie « Nouvelles littéraires ». Il y fournit l'indication détaillée des travaux dont la philosophie a été l'objet en dehors de l'Institut, au sein de l'Université, soit dans l'enseignement, soit par des ouvrages. Il décrit les différentes épreuves de l'agrégation.

Traduction.
Exposition of eclecticism, by M. Victor Cousin, translated from the French, with critical notices, by George Ripley. Edinburgh : T. Clark, in-16, 136 p., 1839.
Traduit de la préface de la deuxième édition [1833] des Fragments philosophiques de V. Cousin.

À l'Académie française.
Élection et réception.
Joseph Michaud [1767-1839], l’historien des croisades, meurt le 30 septembre 1839. Le 19 décembre 1839, une élection où s’opposent l’avocat légitimiste Pierre Antoine Berryer [1790-1868], le poète Victor Hugo, Casimir Bonjour, est, après sept tours de scrutin, une élection blanche.
Joseph Michaud sera remplacé, au fauteui 29, le 20 février 1840 par Pierre Flourens [1794-1867].

Décès.
Le comte Hyacinthe Louis de Quelen [1778-1839] meurt le 31 décembre 1839. Il est remplacé [fauteuil 34] par Mathieu Molé [1781-1855], élu le 20 février 1840

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Rapport.
V. Cousin fait, le 13 avril 1839, le rapport sur le sujet mis au concours [prix du budget], et donné le 26 novembre et 3 décembre 1836 [terme le 31 décembre 1838] : Examen critique de la philosophie allemande.
Le programme était défini de la manière suivante :
1. Faire connaître par des analyses étendues les principaux systèmes qui ont paru en Allemagne depuis Kant inclusivement jusqu’à nos jours.
2. S’attacher surtout au système de Kant, qui est le principe de tous les autres.
3. Apprécier la philosophie allemande ; discuter les principes sur lesquelles elle repose, les méthodes qu’elle emploie, les résultats auxquels elle est parvenue ; rechercher la part d’erreurs et la part de vérités qui s’y rencontrent, et ce qui, en dernière analyse, peut légitimement subsister, sous une forme ou sous une autre, du mouvement philosophique de l’Allemagne moderne.

Le prix n'est pas attribué, il est prorogé au 30 septembre 1842. Il sera décerné seulement en 1845, à Joseph Willm [1792-1853], inspecteur de l'Académie de Strasbourg, futur correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [il sera élu le 13 février 1847].

La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques.
Lecture.
Dans la séance du 12 janvier 1839, Amédée Jacques [1813-1865], agrégé de philosophie, lit un Mémoire sur le sens commun comme principe et comme méthode philosophiques.
Publié dans Mémoires de l'Académie royale des sciences morales et politiques de l'Institut de France. Paris : Firmin-Didot, tome 1. 1841, pages 349-393.

Décès d'un correspondant.
Pierre Prévost [1751-1839] correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 2], meurt le 8 avril 1839. Il est remplacé par Francisque Bouillier [1813-1899], élu correspondant le 22 avril 1842.
Pierre Prévost [1751-1839], avocat puis professeur de philosophie et de physique, membre du Conseil représentatif de Genève, avait été élu, le 25 janvier 1801, membre non-résidant de la seconde classe de l’Institut national, section I : Analyse des sensations et des idées [place 6] en remplacement de l’abbé Ambroise Sicard [1742-1822], décédé le 10 mai 1822.
Au moment de la réorganisation de 1803 [la seconde classe ayant été supprimée par arrêté consulaire], il est nommé correspondant de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Puis, au moment de la réorganisation de 1816 [liée à la seconde Restauration], correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
Pierre Prévost est nommé le 26 octobre 1832, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 2].

Joseph Portalis, membre titulaire.
Le comte Joseph Portalis [1778-1858], premier président de la Cour de cassation, est élu membre titulaire dans la section de législation [fauteuil 2], le 9 février 1839, en remplacement de Merlin de Douai [1795-1838], décédé le 25 décembre 1838.
Auparavant, il avait été élu membre libre de l'Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 3], le 18 février 1837, en remplacement de Félix de Beaujour [1765-1836], pair de France, décédé le 1er juillet 1836.
L’élection de Portalis comme membre titulaire libère son fauteuil de membre libre, pour l’inspecteur général des Ponts et Chaussées, Joseph Dutens [1765-1848], élu le 6 avril 1839.
Après sa mort, le 5 août 1858, le comte Joseph Portalis est remplacé, comme membre titulaire de la section de législation, par Julien Laferrière [1798-1861], transféré de la section de politique à la section de législation par décision de l’Académie le 29 janvier 1859.

Élection d’un membre titulaire dans la section de philosophie.
Jules Barthélemy Saint-Hilaire [1805-1895], professeur de philosophie grecque et latine au collège de France, est élu dans la section de philosophie [fauteuil 6], le 26 mars 1839, en remplacement de François Joseph Victor Broussais [1772-1838], décédé le 17 novembre 1838.
Après sa mort, le 24 novembre 1895, est remplacé par le philosophe Jules Lachelier [1832-1918], élu le 29 février 1895.

Élection d’un membre libre.
Joseph [Michel] Dutens [1765-1848] est élu le 6 avril 1839, membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 3], en remplacement du comte Joseph Portalis [1778-1858], qui de membre libre élu en 1837, est élu membre titulaire dans la section de législation, le 9 février 1839.
Après sa mort, le 6 août 1848, est remplacé comme membre libre par Alexandre Moreau de Jonnès [1778-1870], élu le 3 février 1849.

Lecture.
Adolphe Franck, lit la première partie de son mémoire sur la Kabale [sic] dans la séance du 17 août 1839.
Publié dans Mémoires de l'Académie royale des sciences morales et politiques de l'Institut de France. Paris : Firmin-Didot, tome 1. 1841, pages 195-348.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Ballanche à V. Cousin.
« Mon très cher et ancien ami, M. Auguste Véra, qui vous présentera cette lettre, est un jeune Italien qui m’a été fort recommandé par un de mes amis, Romain, qui s’occupe avec fruit de fouilles dans la Sabine. J’ai d’abord accueilli M. Auguste Véra en raison de la recommandation dont il était porteur ; mais je n’ai pas tardé à l’accueillir pour lui-même. Maintenant, je puis le recommander moi-même, en toute confiance, pour son propre mérite, que j’ai pu apprécier, et pour ses qualités personnelles, que j’ai été dans le cas de mettre à l’épreuve. M. Auguste Véra s’occupant de philosophie, il était très naturel qu’il désirât être en rapport avec vous. Je m’estime heureux de l’occasion qui m’est offerte de me remettre dans nos anciens rapports, qui n’ont été suspendu que par la différence de nos carrières ; vous, mon très cher ami, vous étant dévoué à la carrière publique, moi, étant resté dans mon coin obscur. Toute l’utilité dont vous pourrez être à M. Auguste Véra, je l’accepterai comme un motif de reconnaissance pour moi. Mille vieilles amitiés. » [31 octobre 1839].
Simon Pierre Ballanche [1776-1847] adresse une autre lettre à V. Cousin, vers la même époque , témoignant des besoins financiers d’Auguste Véra [1813-1885], philosophe d’origine italienne qui après un voyage en Europe, retourne à Paris où, vers 1835, il avait étudié la philosophie.

V. Cousin à Francisque Bouillier.
« Je verrais avec plaisir qu’aux premiers moments de loisir vous y déposiez [vraisemblablement le journal Le Courrier de Lyon] quelques lignes sur le premier volume de l’Histoire de la philosophie morale au 18ème siècle que Vacherot a publié. Il importe qu’on sache que nous avons aussi une philosophie morale et politique. L’imperfection de la rédaction ne peut nuire au fond de la doctrine. Annoncez que Vacherot (car Danton a renoncé à son premier projet) va publier à Pâques le second volume qui contiendra la philosophie morale de l’école écossaise. Je publierai moi-même le troisième volume sur Kant. » [2 novembre 1839].

Royer-Collard à V. Cousin.
« Vous êtes, mon cher ami, bien aimable de vous souvenir de moi et de m'écrire une si bonne lettre. Entre tous les mérites qu'elle a, je compte le témoignage qu'elle rend de votre santé. Malgré le mal que vous en dites, il est clair que vous la dominez et qu'elle vous laisse tout entier. [...] Mais qu'est-ce, mon cher ami, que ces études, qu'est-ce que les plaisirs de l'esprit, comparé à la vie active du prêtre, du médecin, du magistrat, du directeur d'une grande école, je ne dis pas du ministre ? La dignité que vous cherchez n'est pas là aujourd'hui. J'ai eu une cause pour laquelle j'ai combattu selon mes forces ; elle est perdue et perdue à jamais. Ce n'est pas une consolation qu'elle ne le soit pas par ma faute. Vous reprenez votre Platon ; c'est bien. j'attends les Arguments, que vous avez promis, et que vous vous devez bien plus qu'à votre libraire. Vous rentrez là dans votre domaine ; et je suis sûr que vous y rentrez en maître. Je suis à peine digne aujourd'hui de vous lire. Il est vrai qu'Homère m'est devenu plus familier que Platon et Aristote, bien que je n'aie pas rompu tout commerce avec ces derniers. Vous me semblez rêver quand vous me parlez de mes anciennes leçons. Est-ce que j'ai fait des leçons ? Qui s'en souvient, quand je ne m'en souviens pas ? Je ne les ai relues qu'une fois, quand vous les avez imprimées. Elles sont effacées de mon esprit, comme de ma mémoire. Il m'en reste cependant que c'est là que je vous ai acquis.
Je savais que vous aviez vu M. Molé à Plombières ; il me l'a écrit, encore plein de l'agréement de votre commerce. J'ai trouvé ce que vous appelez votre polémique dans les journaux. Je l'ai lue plus attentivement que je ne l'aurais fait, si vous n'y aviez pas été partie. Je ne crois pas qu'on ait eu tort avec vous au fond ; mais il est incontestable qu'on a eu tort dans la forme ; et c'est, je crois, tout ce que vous prétendez. Je dois ajouter que ce tort est tout entier au Garde des Sceaux.
Au revoir, mon cher ami, ce sera dans les premiers jours de décembre. Je serai heureux de vous retrouver ; car je vous compte et vous aime entre mes meilleurs amis. » [Châteauvieux, 7 novembre 1839].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Réfutation de l'éclectisme, où se trouve exposée la vraie définition de la philosophie et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement des divers philosophes depuis Descartes, par Pierre Leroux, Paris : C. Gosselin, in-8, XVIII-351 p., 1839. Réédité en 1841.

F.-P. Peregrini, Roche sur Yon (Napoléon, Bourbon-Vendée) ; poème latin en 8 chants, avec la traduction française en regard ; précédé d'une adresse et d'une ode en latin et en vers français, à V. Cousin ; d'une adresse et de distiques avec le français, à L. Burnouf, etc. suivi de notes, de la pensée de tout le poème sans aucune fiction. Nantes : Mellinet, in-16, 1839.
On trouve un exemplaire de ce livre à la Médiathèque centrale d'agglomération Émile Zola, à Montpellier [Hérault].

Dans une lettre, en date du 15 juillet 1839, Gustave Flaubert écrit à Ernest Chevallier :
« J’en suis fâché mais ce n’est pas ma faute je n’ai pas l’esprit philosophique comme Cousin ou Pierre Leroux, Brillat-Savarin ou Lacenaire qui faisait aussi de la philosophie à sa manière et une drôle, une profonde, une amère de philosophie […] » [Flaubert. Correspondance. Nizet].

Dans une lettre, en date du 18 décembre 1839, Gustave Flaubert écrit à Ernest Chevallier :
« Je lis du Cousin - et tout ce que tu voudras en accompagnement - si tu étais un Dieu et que tu puisses […] me faire arriver demain matin au 20 août avec le grade de bachelier je te bâtirais un temple d’or ». [Flaubert. Correspondance. Nizet].


Le 22/05/2018