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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1838
  En 1838, V. Cousin [1792-1867] a quarante cinq ans [il aura quarante six ans le 28 novembre 1838].
Tenté un moment, en 1836, par l’entrée dans la vie politique, il poursuit ses publications universitaires : en 1838 le tome 12 des Œuvres de Platon, dont le treizième et dernier volume paraîtra en 1840.
Et, tandis qu’il apparaît comme le spécialiste international des questions d’enseignement, envoyé dans des missions d’enquête à l’étranger, commence à publier dans la Revue des Deux-Mondes.
Les atteintes à sa santé se manifestent gravement. Mais il poursuit, sans relâche son travail de réédition, notamment avec la troisième édition, cette fois en deux volumes, des Fragments philosophiques, parus intialement en 1826, puis déjà réédités en 1833.

Résumé des années précédentes.

1809-1812. L’École normale .
Après de brillantes études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] il est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève ; puis en 1813 est chargé de conférences de philosophie.

1813-1815. Doctorat et enseignement.
Docteur ès-lettres en juillet 1813, avec une thèse latine : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi.
Continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815 enseigne comme agrégé au collège Bourbon [lycée Condorcet].

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ce dernier monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1824. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.
Le troisième voyage, où il est accompagné par Napoléon Lannes, son élève, est rapidement interrompu par son arrestation à Dresde [15 octobre 1824], son incarcération à Berlin [jusqu’à la mi-février 1825], son assignation à résidence jusqu’en avril 1825.

1820. Victime de la répression.
V. Cousin continue d’assurer son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, comme suppléant de Royer-Collard. Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par réprésailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire. Ainsi V. Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté, en septembre 1822, comme foyer d’agitation.

1820-1825. Série d’éditions savantes.
Commence alors une série d’éditions savantes, qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826].

1822. Précepteur chez les Lannes.
Il ne reste plus à V. Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France. C’est avec lui qu’il effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1824.

1825-1826. Les Fragments philosophiques.
Mais la grande et nouvelle affaire c’est la préparation et l’édition des Fragments philosophiques. Jusque là « éditeur » de Proclus, de Platon, de Descartes, voilà la première œuvre que V. Cousin peut signer comme auteur. En rassemblant des textes déjà parus dans les Archives philosophiques ou dans le Journal des savants, et en soignant particulièrement la préface. Il en assure une large distribution auprès de ses relations philosophiques, en France et à l’étranger et confirme ainsi, sans disposer de chaire, son image du philosophe français par excellence.

1828. Reprise de l’enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et achetés immédiatement à plus d’un millier d’exemplaires.

La Révolution de 1830.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation depuis 1830, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Se spécialise dans l’étude comparée des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; puis en Hollande, 1836 ; enfin en Suisse, 1837].

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 les critiques se font de plus en plus nombreuses [Armand Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme et sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et plus encore sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on va bientôt lui reprocher un panthéisme fataliste, hérité de sa lecture de Hegel.

Après 1830.
En dehors d’une conférence gardée à l’École normale, V. Cousin n’enseigne plus. Son rôle est désormais celui d’un politique : c’est à lui qu’on doit les grandes lignes de la loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire. C’est lui aussi qui oriente en partie – tout au moins d’un point de vue universitaire - la vie intellectuelle philosophique par son rôle à l’Académie des sciences morales et politiques, par le choix des sujets proposés aux concours et par l‘élection des correspondants, des associés étrangers et des membres.
Cette position est renforcée par sa nomination, en septembre 1835, comme directeur de l’École normale.
1838

Éléments biographiques.
Célébration de la vertu.
V. Cousin, avec le baron Prosper de Barante, Abel François Villemain, Emmanuel Dupaty, François Mignet, est délégué par l’Académie française, pour participer, le 26 avril 1838, à la cérémonie de la translation des cendres du baron de Montyon [1733-1820], du cimetière de Vaugirard au grand vestibule de l’Hôtel-Dieu, où lui est élevée une statue en marbre blanc de François Joseph Bosio [1768-1845], membre de l’Académie des beaux-Arts, professeur à l’École des Beaux-Arts.
Le baron Robert Auget de Montyon, ancien magistrat, conseiller d’État et administrateur fortuné, avait créé de nombreux prix annuels « à décerner aux ouvrages les plus utiles aux mœurs, publiés par des Français », ainsi qu’un prix de vertu «pour récompenser les Français ayant fait, dans l’année, les actions les plus vertueuses ».

Mauvaise santé.
La mauvaise santé de V. Cousin (un mal aigu aux entrailles) inquiète pendant quelques semaines ses amis. [cf. Lettre de Sainte-Beuve à M. et Mme Juste Olivier, 29 août 1838]
V. Cousin semble rétabli début novembre. En témoigne l'article de la Revue de Paris (25 novembre 1838) : “ M. Cousin à peine remis d'une longue maladie vient de renoncer à son titre de Conseiller d'État en service extraordinaire pour se livrer tout entier aux soins que réclament de lui le Conseil de l'Instruction publique et l'École normale ”.

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
C'est Théodore Jouffroy, et non V. Cousin [sans doute pour des raisons de santé], qui préside en 1838 le jury d'agrégation de philosophie. Sont reçus : [Charles] Auguste Debs, Charles Jeannel, Morelle.

Auguste Debs.
[Charles] Auguste Debs, ancien élève de l’École normale [1834], agrégation de philosophie en 1838. Docteur ès-lettres avec une thèse Tableau de l’activité volontaire pour servir à la science de l’éducation, in-8, 196 p. [Paris, août 1844]. Sa thèse latine porte sur la vie et les œuvres de J. Bruno [Amiens : impr ; de E. Yvert, in-8, 131 p., 1844].
Professeur au lycée de Rouen.

Charles Jeannel.
Agrégation de philosophie en 1838. Docteur ès-lettres avec une thèse sur Des doctrines qui tendent au panthéisme [Poitiers, avril 1846]. Sa thèse latine porte sur une Tentative de division rationnelle des facultés.
Après l’agrégation est professeur au collège royal de Poitiers. Puis professeur à la Faculté des lettres de Montpellier, et professeur à la Faculté des lettres de Rennes.

Édition en cours :
Oeuvres complètes de Platon, traduites de grec en français, accompagnées de notes et précédées d'une introduction sur la philosophie de Platon. Paris : Bossange frères, in-8.
Le tome 12. [Paris : Rey et Gravier, 1838] contient la traduction du Sophiste, Le Politique, Timée, Parménide, Critias.
L'édition des Oeuvres complètes de Platon, en treize volumes, commencée en 1822 se poursuit jusqu'en 1840.

Réédition.
De la Métaphysique d’Aristote. Précédé d'un avertissement et suivi de la traduction du premier et du douzième livres de la Métaphysique, par V. Cousin. [1838, Paris : Ladrange, in-8, XIII-250 p.].
A été édité antérieurement en 1835.
Contient le texte du Rapport sur le Concours ouvert par l’Académie des sciences morales et politiques en 1833 : Examen critique de l'ouvrage d'Aristote intitulé métaphysique, et décerné en 1835, sur rapport de V. Cousin. [le prix a été décerné en avril 1835 à Félix Ravaisson].

Réédition de :
De l’Instruction publique en Hollande. Bruxelles ; Leipzig, deux tomes in-12, 1838.
C'est une contrefaçon, reprenant l'édition de 1837, parue à Paris ; Strasbourg, F. G. Levrault, in-8, 460 p.

Réédition de :
Fragments philosophiques, par V. Cousin, troisième édition, Paris : Ladrange, deux volumes in-8, 412+473 pp., 1838.
Il y a vraisemblablement plusieurs tirages, certains d'entre eux ont comme nombre de pages: 499+560 pp.
Cette édition est composée :
1. D'un Avertissement, pages I-XXXI, signé V. Cousin, Paris, le 20 juillet 1838.
2. De la Préface de la deuxième édition, pages 1-44, signée V. Cousin, Paris, le 30 juin 1833.
3. De la Préface de la première édition, pages 45-84, signée V. Cousin, Ce 1er avril 1826.

Incipit de l’Avertissement de la troisième édition :
« Les Fragments philosophiques reparaissent ici, non perfectionnés, mais considérablement augmentés, puisqu’ils comprennent un nouveau volume, composé de pièces diverses qui toutes, écrites suivant la même méthode et dans les mêmes principes que celles du volume précédent, m’ont paru pouvoir servir à fortifier le système philosophique et historique répandu dans l’ouvrage entier et résumé dans les deux préfaces de la première et de la deuxième édition.
Je n’ose braver le ridicule d’une troisième préface pour une troisième édition. Cependant qu’il me soit permis de rappeler, en peu de mots, comme je l’ai fait pour l’édition de 1826, la vive polémique suxcitée par celle de 1833. Cette seconde polémique a laissé la première bien loin derrière elle ; elle est entrée dans le fond des choses, et entre autres avantages elle a eu celui de dessiner plus nettement le caractère de la nouvelle philosophie française et sa place au milieu des écoles coontemporaines.
Il est bien entendu que j’écarte les éloges et les satires, et ne mentionne que les écrits sérieux ».

Le texte de cet avertissement, ou encore Introduction à la troisième édition des Fragmens philosophiques est également publié, hormis son premier paragraphe, dans la Revue française, tome sept, juin 1838, pages 237-250. La reprise de la préface est précédée d’un court texte élogieux :
« On n’a point oublié le brillant accueil qu’ont reçu en France et à l’étrangerles Fragmens philosophiques publiés par M. Cousin. En quelques années, les deux premières éditions se sont trouvées complètement épuisées. Un si remarquable succès témoigne et de la haute portée du livre, et de la tendance sérieuse des esprits. En donnant une nouvelle édition, que l’empressement du public a rendu nécessaire, l’illustre professeur de s’est point contenté d’une simple réimpression. Un grand nombre de morceaux inédits et récemment composés doublent l’étendue de son ouvrage et ajoutent à tous ses mérites celui de la nouveauté. La préface, éloquent résumé de la vive et savante polémique qu’a soulevée en dehors, surtout en Allemagne, l’apparition de la méthode de M. Cousin, suffirait à elle seule pour fixer l’attention de tous les hommes qui s’occupent de philosophie. Nous sommes heureux que l’obligeance de l’auteur, anticipant en notre faveur sur l’époque prochaine de la publication, nous ait permis de faire jouir d’avance nos lecteurs de ce beau travail ».

En plus de l'Avertissement et des deux Préfaces, le premier volume comprend :
Esquisses de philosophie morale, par Dugald-Stewart, pages 85-138.
Leçons de philosophie, ou Essai sur les facultés de l'âme, par M. Laromiguière, pages 139-185.
Essai de philosophie fondamentale, par Got. Wilh. Gerlach, pages 186-203.
Nouvelle réfutation du Livre de l'esprit, pages 204-211.

[puis une série de] Pensées détachées :
Du Langage, pages 212-215.
De la loi morale et de la liberté, pages 216-220.
De la Cause et de l'infini, pages 221-223.
Religion, mysticisme, stoïcisme, pages 224-228.
De l'histoire de la philosophie, pages 229-232.
De la philosophie de l'histoire, pages 233-239.

[puis d'autres textes] :
L'Orient et la Grèce, ou histoire de la méthode philosophique chez les grecs, pages 240-247.
Du fait de conscience, pages 248-258.
Programme du cours de philosophie, donné à l'École normale et à la Faculté des lettres pendant l'année 1817, pages 259-289.
Programme des leçons données à l'École normale et à la Faculté des lettres pendant le premier semestre de 1818, sur les Vérités absolues, pages 290-318.
Essai d'une classification des questions et des écoles philosophiques, pages 319-333.
Sur le vrai sens du Cogito, ergo sum, pages 334-343.
Du Beau réél et du beau idéal, pages 344-355.
Du premier et du dernier fait de conscience ou de la spontanéité et de la réflexion, pages 356-366.

[En] Appendice :
L'enseignement de l'École normale, de 1815 à1820.

[Enfin] :
Dissertation sur la métaphysique de la géométrie, par M. Vincent-Augustin Fribault, pages 376-410.

Le second volume comprend :
Histoire comparée des systèmes de philosophie par M. De Gérando, pages 1-9.
De la philosophie en Belgique, pages 10-40.
Préface de la traduction du Manuel de l'histoire de la philosophie de Tennemann, 1er septembre 1829, pages 41-57.
Introduction aux oeuvres posthumes de M. Maine de Biran, 1er mars 1834, pages 58- 103.
Mémoire sur le Sic et Non (oui et non) , Écrit théologique inédit d'Abélard, d'après les deux manuscrits de Saint-Michel et de Marmoutier. Lu à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la séance du premier mars 1835, pages 104-131.
Vers inédits d'Abélard à son fils Astralabe, pages 132-141.
Lettres inédites de Descartes et remarques de Huygens sur la vie de Descartes par Baillet, tirées de la bibliothèque de Leyde, pages 142-162. Reprises en 1866 dans le tome 3 des Fragments de philosophie pour servir à l’histoire de la philosophie [Philosophie moderne, 1ère partie].
Spinoza et la synagogue des juifs portugais à Amsterdam, pages 163-166. Repris en 1866 dans le tome 2 des Fragments de philosophie pour servir à l’histoire de la philosophie [Philosophie moderne, 1ère partie], pages 121-126.
Lettre inédite de Malebranche sur l'immortalité de l'âme, pages167-173.
De la persécution du cartésianisme en France. Rapport sur deux pièces inédites de la Bibliothèque royale de Paris, relatives à l'histoire du cartésianisme, lu le 2 décembre 1837, à l'Académie des sciences morales et politiques, pages 175-206.
Correspondance de Leibnitz et de l'abbé Nicaise, pages 207-340.
Discours de réception à l'Académie française, pages 341-359.
Notes aditionnelles à l'éloge de M. Fourier, pages 360-467.
Discours prononcé aux funérailles de M. Laromiguière, le 14 août 1837, pages 468-473.

L'ouvrage été édité d’abord, en 1 volume, en 1826, puis en 1833. Sera réédité en 1847 [en quatre volumes], puis en 1865-1866 [5e édition, cinq volumes in-8, Paris, Didier et Cie ; Aug. Durand]. Réédités en 1970, Genève, Slatkine, cinq volumes, 22 cm. (fac-simile) de l’édition de Paris, Didier et Durand, 1866.

Article dans la Revue des Deux Mondes.
Fait paraître dans la Revue des Deux Mondes, un article sur son ami Santa-Rosa [1783-1824], tué le 25 mai 1825, dans la guerre d’indépendance de la Grèce contre la Turquie.
« L'article sur Santa-Rosa fit grande sensation ; c'est en effet une des plus belles choses qu'il ait écrites ; sa plume s'était en quelque sorte amollie et attendrie au souvenir de cette amitié de jeunesse, qui avait jeté un instant un rayon de poésie dans une vie dure et laborieuse ». [Janet]. C’est, après celle de 1837, et les deux de 1838 concernant l'instruction, une des premières contributions de V. Cousin à la Revue des Deux Mondes, de François Buloz, dont il devint par la suite [en 1840, puis en 1852] un collaborateur fréquent.

Article dans la Revue française.
[février 1838] *V. Cousin rédige dans la Revue française [qui paraît tous les deux mois] un article témoignant de son voyage de 1817 en Allemagne, sous le titre général : Course philosophique en Allemagne, pendant les mois d’août, de septembre et d’octobre 1817 [Fragmens d’un journal de voyage] Dix jours à Goettingue. [Revue française, tome 5, février, 1838, pages 185-217]. L’article est signé X.
Le texte commence par :
« Goettingen était un village avant que l’Université y fut établie, au commencement du siècle dernier…».
Et s’achève par :
« Souvent je lui [à Goethe] ai développé des endroits de ses ouvrages ; il me regarde en souriant, et il m’assure qu’il n’a jamais pensé à tout cela. Non pas lui, mais le génie en lui ».
Le texte de l’article de V. Cousin dans la Revue française est repris et élargi dans Souvenirs d’Allemagne. Notes d’un journal de voyage.
Le texte de la Revue française, pour la livraison de février, démarre au chapitre III de Souvenis d’Allemagne, et à peu de choses près s’arrête au chapitre VIII Dernière nuit en Allemagne [chapitre non inclus].

[avril 1838] *Dans la livraison d’avril 1838, tome 6, de la Revue française, pages 215-238, V. Cousin publie, ce qu’on peut appeler la première partie de son texte intitulé Course philosophique en Allemagne, pendant les mois d’août, de septembre et d’octobre 1817. Cette fois le texte est signé de son nom. La seconde partie avait déjà été publiée en février 1838.
[1857] Le texte de Souvenirs d’Allemagne est repris ultérieurement, dans son ordre chronologique, presque vingt ans plus tard, dans Fragments et souvenirs, par M. Victor Cousin [Paris : Didier et Cie. In-8, 1857, pages 54-188].

Article dans le Journal des savants.
[mars-avril 1838] Dans le Journal des savants, paraît le texte du Rapport que V. Cousin a lu à l'Académie des sciences morales et politiques, le 2 décembre 1837 : Sur deux pièces inédites de la Bibliothèque royale de Paris relatives à l'histoire du cartésianisme. Premier article dans le Journal des savants, en mars 1838, pages 170-180 ; deuxième article en avril 1838, pages 218-223.


Cousin à la Chambre des Pairs.
Prononce un discours à la Chambre des Pairs, dans la séance du 26 décembre 1838, « Sur la Renaissance de la domination ecclésiastique ».
Le texte du discours paraîtra en 1839, accompagné de pièces à l’appui. Il sera repris en 1843 dans les Fragments littéraires [Fragments littéraires, par M. V. Cousin, Pair de France, membre de l'Académie française, Paris : Didier, in-8, pages 203-219, 1843].
« Messieurs,
Le mauvais état de ma santé devrait me faire éviter les émotions de la tribune, et peut-être même m’éloigner de cette enceinte ; mais dans les graves circonstances où le pays se trouve engagé, quand les questions les plus redoutables sont livrées à la discussion des chambres, j’ai pensé que toute considération personnelle devait être écartée, et j’ai voulu venir ici voter tout haut avec mes amis et prendre ma part de responsabilité dans les débats qui vont s’ouvrir.
Ce qui préoccupe aujourd’hui tous les esprits, ce sont nos affaires étrangères, si admirablement conduites par le ministère qu’après huit années d’efforts pour maintenir la paix nous touchons presque à la guerre, ou que du moins l’avenir est couvert d’épaisses ténèbres, et le repos du monde remis entre les mains du hasard. Devant ces grands objets tout autre intérêt languit, et les questions intérieures sembles indifférentes. Cependant, messieurs, je vous demande la permission d’arrêter un moment votre attention sur un point de la plus haute importance à mes yeux, sur un danger faible encore, je l’espère, mais qui, s’il n’était promptement conjuré et dissipé, pourrait devenir menaçant pour la tranquillité publique : je veux parler de la renaissance de la domination ecclésiastique.
Le sujet est si grave et si délicat que je n’ose l’approfondir. Je me bornerai à signaler le mal ; je ne dirai que ce qu’il sera indispensable de dire pour avertir le gouvernement et pour m’absoudre moi-même. Je vous demande donc seulement, messieurs, quelques moments d’une attention bienveillante ; je n’ai point assez de forces pour être tenté d’en abuser.
Je placerai d’abord mes paroles d’aujourd’hui sous la protection de ma conduite passée. Sous la restauration, inquiété, destitué, persécuté jusque sur une terre étrangère par une déplorable influence, peut-être n’a-t-on pas oublié comment, en 1830, je me suis souvenu de mes injures personnelles. Quand j’ai vu, en 1830, la religion ainsi que la monarchie, ces deux fondements necessaires de tout ordre, de toute vraie civilisation, menacées et attaquées, je n’ai plus senti qu’un besoin, celui de concourir à leur défense, et je n’ai point hésité à jouer dans cette lutte pénible le peu de popularité qu’avaient pu me faire quinze années de travaux et de sacrifices. Grâce à Dieu, nous avons traversé, nous avons surmonté les périls qui entouraient le berceau de la dynastie nouvelle ; notre royauté nationale est sortie des émeutes et des complots révérée et puissante, si puissante, messieurs, qu’à vous dire toute ma pensée, je ne lui connais plus d’autres périls que ceux qu’il lui plairait de se créer à elle-même. La religion a eu le même sort que la monarchie. Dans la crise violente, mais salutaire, qui semblait l’avoir à jamais séparée des affaires politiques, retirée dans le sanctuaire, réduite à sa propre dignité, la religion n’en parut que plus imposante et plus sainte. En livrant la terre aux puissances de ce monde et à leurs vicissitudes, en se contentant de montrer le ciel aux âmes égarées ou affligées, le clergé reconquit bien vite une considération méritée. C’est un fait honorable, pour la révolution de juillet, et c’est un fait incontestable que depuis longtemps les temples n’avaient vu autant de fidèles, et que jamais peut-être les ouvrages philosophiques et littéraires n’avaient témoigné d’un retour plus désintéressé et plus vif au christianisme. De son côté, le gouvernement s’empressait de payer à la religion en justes respects et en déférences légitimes le bien qu’elle faisait à la société. Pour me borner à rappeler ici ce qui s’est passé dans le département de l’instruction publique, c’est le gouvernement de juillet qui, dans une loi destinée à devenir la charte de l’éducation du peuple, a inscrit au premier rang des objets de l’instruction primaire, non-seulement la morale, mais l’instruction religieuse. C’est le gouvernement de juillet qui, dans cette même loi de 1833, malgré une vive opposition, a fait intervenir de plein droit la puissance religieuse dans la surveillance des écoles populaires. La chambre n’a point oublié ces importantes discussions, et je m’honorerai toujours d’avoir été à cette époque son interprète et celui du gouvernement. »

Cousin à l'Académie des sciences morales et politiques.
Sujet mis au concours.
Sur la proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix du budget d'un montant de 1500 F, est mis au concours, le 23 juin 1838 : Examen critique du cartésianisme. Le terme est fixé au 15 juin 1840.
Les questions à traiter sont ainsi résumées :
1. Exposer l’état de la philosophie avant Descartes.
2. Déterminer le caractère de la révolution philosophique dont Descartes est l’auteur : faire connaître la méthode, les principes et le système entier de Descartes dans toutes les parties des connaissances humaines.
3. Rechercher les connaissances et les développements de la philosophie de Descartes, non seulement dans ses disciples avoués, tels que Régis, Rohault, Delaforge, mais dans les hommes de génie qu’elle a suscités, par exemple Spinoza, Malebranche, Locke, Bayle et Leibnitz.
4. Apprécier particulièrement l’influence du système de Descartes sur celui de Spinoza et sur celui de Malebranche.
5. Déterminer le rang et la place de chacun dans le mouvement cartésien.
6. Apprécier la valeur intrinsèque de la révolution cartésienne considérée dans l’ensemble de ses principes et de ses conséquences et dans la succession des grands hommes qu’elle embrasse depuis l’apparition du Discours de la méthode en 1637 jusqu’au commencement du XVIIIème siècle et la mort de Leibnitz.
Rechercher quelle est la part d’erreur que renferme le cartésianisme, et surtout quelle est la part de vérités qu’il a léguée à la postérité.

Le rapport sur les manuscrits est effectué par Jean Philibert Damiron, le 3 et 10 avril 1841. Le prix sera partagé entre Jean Bordas-Demoulin, et Francisque Bouillier. Une mention honorable est décernée à Charles Renouvier [1815-1903].
Francisque Bouillier fera paraître en 1844, la 1ère édition de : Histoire et critique de la révolution cartésienne, Paris : Durand, in-8, 1844 ; une seconde édition paraîtra en 1854 sous le titre : Histoire de la philosophie cartésienne, Paris : 2 volumes, in-8, 600+620 pages ; une troisième édition paraîtra en 1868, Paris, 2 volumes, 620+660 pages.
Quant à Jean Bordas-Demoulin, il fera paraître en 1843 : Le Cartésianisme ou la Véritable rénovation des sciences. Paris : J. Hetzel, 2 volumes in-8.
Le Rapport sur le concours ouvert par l’Académie des sciences morales et politiques, sera publié dans Compte-rendus des Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1843, tome 4, pages 165 sq.

Décès.
François Joseph Victor Broussais[1772-1838], membre de la section de philosophie [fauteuil 6], meurt le 17 novembre 1838. Il est remplacé par Jules Barthélemy Saint-Hilaire [1805-1895] élu le 26 mars 1839.


La philosophie à l’Académie des sciences morales et politiques.
En septembre 1838, Théodore Jouffroy [1796-1842], au nom de la section de philosophie, présente un Mémoire : De la Légitimité de la distinction de la psychologie et de la physiologie.
Publié dans Mémoires de l’Académie royale des sciences morales et politiques de l’Institut de France, tome deuxième [2ème série]. Paris : typographie de Firmin Didot frères, 1839, pages 1-41.
[le texte en sera réédité, en 1842, après la mort de T. Jouffroy, en mars 1842, par J. Ph. Damiron dans les Nouveaux mélanges philosophiques].

Élection de membres titulaires à l’Académie des sciences morales et politiques.
Alexis de Tocqueville [1805-1859].
Est élu, le 6 janvier 1838, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 1], le 6 janvier 1838, en remplacement de Théodore Jouffroy [1796-1842], qui, avec le soutien de V. Cousin, passe de la section de morale à la section de philosophie. Il est élu par vingt bulletins sur vingt-deux votants.
Soutenu par François Mignet, il s’était présenté une première fois, le 19 mars 1836, sans succès, face à Charles Lucas [1803-1889], spécialiste des questions pénitentiaires.
Après sa mort, le 16 avril 1859, est remplacé par Adolphe Garnier [1800-1864], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, élu le 18 février 1860.

Jules Michelet [1798-1874].
Est élu, le 24 mars 1838, à l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire [fauteuil 2], en remplacement du comte Carl Reinhard [1761-1837], pair de France, décédé le 25 décembre 1837.
Après sa mort, le 9 février 1874, est remplacé par Jules Zeller [1819-1900], maître de conférences à l’École normale, élu le 30 mai 1874.

Adolphe Blanqui [1798-1854].
Est élu, le 2 juin 1838, à l’Académie des sciences morales et politiques, section d’économie politique [fauteuil 6], en remplacement de Charles Comte [1782-1837], député de la Sarthe, décédé le 13 avril 1837.
Après sa mort, le 29 janvier 1854, est remplacé par Louis Wolowski [1810-1876], professeur d’économie politique, élu le 19 mai 1855.

Hippolyte Passy [1793-1880].
Est élu, le 7 juillet 1838, à l’Académie des sciences morales et politiques, section d’économie politique [fauteuil 2], en remplacement de Talleyrand [1754-1838], décédé le 17 mai 1838.
Après sa mort, le 1er juin 1880, est remplacé par Victor Bonnet [1814-1885], élu le 5 février 1881.

Élection de correspondants à l’Académie des sciences morales et politiques.
Heinrich Ritter [1791-1869], professeur de philosophie, est élu, le 20 janvier 1838, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 4], en remplacement du théologien et philosophe Friedrich Schleiermacher [1768-1834], décédé le 12 février 1834.
Après sa mort, le 3 février 1869, est remplacé par le professeur Éduard Zeller [1814-1908], historien de la philosophie, élu le 10 avril 1869.

Sylvestre Pinheiro-Ferreira [1769-1846], ancien professeur de philosophie à l’Université de Coïmbre, puis diplomate, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation [place 4], le 3 février 1838, en remplacement de Jacob Meyer [1780-1834], avocat à Amsterdam, décédé le 6 décembre 1834.
Àprès sa mort, le 1er juillet 1846, est remplacé par Ferdinand Walter [1794-1880], professeur de droit à l’Université de Bonn, élu le 22 janvier 1848.

Pinheiro-Ferreira
Sylvestre Pinheiro-Ferreira [1769-1846]. Né le 31 décembre 1769, à Lisbonne [Portugal] ; mort le 1er juillet 1846, à Lisbonne.
Professeur de philosophie à l’université de Coïmbre.
En 1826, fait paraître en français : Essai sur la philosophie, comprenant la théorie du raisonnement et du langage, l’ontologie, l’esthétique et la dicéosyne, par le commandeur S. Pinheiro-Ferreira [Paris : J. P. Aillaud, in-8, IV-II-462 p., 1826]. Réédité en 1828.
En 1839, fait paraître en portugais : Notions élémentaires de philosophie générale et appliquée aux sciences morales et politiques. Ontologie, psychologie, idéologie. L’ouvrage est traduit en français en 1841, sous le titre : Précis d’un cours de philosophie élémentaire, par le commandeur Pinheiro-Ferreira ; ontologie, psychologie, idéologie. [Paris : E. Garnot, 2 parties en 1 volume, in-12, 1841].
Enseigne le droit public et le droit constitutionnel. Chargé d’affaires à Berlin. Ministre des Affaires étrangères.


Frédéric Raumer [1781-1873], professeur d’histoire et de sciences politiques à l’Université de Berlin, est élu, le 3 février 1838, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section d’histoire générale et philosophique [place 2], en remplacement de Lord Hallam [1777-1859], élu associé étranger [fauteuil 2] le 27 janvier 1838.
F. Raumer sera plus tard élu associé étranger [fauteuil 3], le 11 février 1865, en remplacement de Charles de Savigny [1779-1861], décédé le 26 octobre 1861.
Après sa mort, le 14 juin 1873, est remplacé comme membre associé par John L. Motley [1814-1877] ancien ministre des Etats-Unis à Londres, élu le 15 janvier 1876.

Le baron Pasquale Galluppi [1770-1846], est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 6], le 29 décembre 1838 [au moment de la création de la place].
Après sa mort, le 13 décembre 1846, est remplacé par l'abbé Antonio Rosmini Serbati [1797-1855], élu le 22 janvier 1848.

Mention, recension, fragment et compte-rendu d'ouvrages de V. Cousin.
Dans le Journal des savants.
Le Journal des savants, novembre 1838, page 710-711, signale en détail le Cours de l'histoire de la philosophie morale professé en 1819 à la faculté des lettres de l'Académie de Paris par V. Cousin ; première partie, école sensualiste, publiée par M. Vacherot, agrégé de philosophie, docteur ès-lettres. Paris : imprimerie de Crapelet, librairie de Ladrange, 1839 [en réalité 1838, compte tenu de la date de la recension], in-8, XI-354 p.
« Cet ouvrage contient dix leçons de M. Cousin, sur Locke, Helvétius, Saint-Lambert et Hobbes. L'éditeur y a joint une introduction où il rend compte de son travail, et résume la doctrine renfermée dans les leçons du savant professeur de la Sorbonne : "Dans un cours qui comprenait les années 1819 et 1820 M. Cousin conçut et réalisa un vaste plan. Toute la philosophie morale du dernier siècle se résume en trois grandes doctrines, savoir : le sensualisme d'Helvétius, le spiritualisme timide de l'école écossaise, le spiritualisme absolu de l'école allemande. C'est de ces trois doctrines que M. Cousin entreprit l'histoire et la critique. Le volume que nous publions ne traite que des systèmes moraux de la philosophie française ; il comprend aussi l'analyse et l'appréciation des doctrines morales et politiques de Hobbes, le plus rigoureux publiciste de l'école de la sensation » [Introduction] ».

Dans le Journal des savants.
Mention de la réédition de De la Métaphysique d'Aristote, dans le Journal des savants, mars 1838, page 192, dans la rubrique Livres nouveaux.
« Une nouvelle préface rend compte des travaux récents entrepris en France sur l'école péripatéticienne. ».

Revue des Deux-Mondes.
Eugène Lerminier [1803-1857] professeur au Collège de France dans la chaire d’Histoire des législations comparées, fait paraître dans la Revue des Deux-Mondes [1838, tome 37, pages 627-644] un article : Métaphysique et Logique d’Aristote, rendant compte de divers ouvrages de langue française parus sur Aristote.
Il rend compte du Rapport de V. Cousin, sur le concours ouvert par l’Académie des sciences morales et politiques De la Métaphysique d’Aristote, suivi de la traduction du 1er et XIIème livre de la Métaphysique :
« Il était naturel et il a été salutaire que la rénovation des études, pour l’histoire de la philosophie, commençat, en France, par Platon, dont nous nous proposons d’examiner dans cette Revue le système, tant avec le secours des arguments et de la traduction de M. Cousin, qu’à l’aide des travaux de Schleiermacher et d’autres savants de l’Allemagne. La vive imagination du brillant traducteur de l’élève de Socrate, se plut à considérer le platonisme comme le représentant le plus illustre du spiritualisme et de la liberté du genre humain, et il en voulut même suivre dans Proclus, le dénoement tragique. Nous croyons que dans le cours de ses travaux, M. Cousin a modifié plusieurs de ses premières pensées à mesure qu’il embrassait davantage l’étude de la science, et nous mettons au nombre des témoignages de ces heureux développements l’impulsion qu’il s’est empressé d’imprimer à l’étude du péripatétisme. M. Cousin n’est plus aujourd’hui un platonicien, mais l’historien impartial de toute la philosophie. Il prodigue ses soins à organiser l’histoire entière de la science, tant par ses propres efforts, que par ceux de ses amis et de ses élèves ; voilà une oeuvre consciencieuse et forte, vraiment utile à ses contemporains et à sa renommée. » [page 628].

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.
Victor Cousin, On the State of education in Holland, as regards schools for the working classes and for the poors, London : J. Murray [VII]-LXXII-294 p.
Il s'agit de la traduction de français en anglais de De l'Instruction publique en Hollande.

Elements of psychology, included in a critical examination of Locke’s Essay on the human understanding. With additional pieces, by Victor Cousin Translated from the French, with an introduction and notes, by the Reverend C. S. Henry, 2ème édition. New York : Gould and Newman, in-12, XXXVIII-423 p., 1838.
Édité initialement en 1834, réédité en 1842, 1851, 1856.


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
1838. Lettre de Heinrich Ritter à V. Cousin
« Monsieur,
Deux fois vous m’avez fait l’honneur de me témoigner un souvenir qui me flatte et m’honore : une fois par votre lettre et une autre fois par M. Dubois ; et pourtant je vous dois encore mes remerciements pour votre écrit sur la Métaphysique d’Aristote, qui, comme tout ce qui vient de vous, excite mon vif intérêt. Cependant je n’ai jamais perdu de vue mes devoirs envers vous ; mais je cherchais l’occasion de vous rendre grâce, en vous envoyant en même temps quelque fruit de mes travaux qui pourrait vous intéresser. Voici donc un recueil qui n’est pas fait pour vous, Monsieur, mais pour des gens moins avancés dans l’étude de la philosophie ancienne. Je compte pourtant que vous l’accueillerez favorablement, comme vous vous intéressez beaucoup à l’instruction et à la propagation des études de la philosophie, qui, par vos soins, portent de beaux fruits en France. Vous me feriez un grand secours si vous vouliez avoir la bonté de recommander ce livre à l’attention des savants en France. Je vous remets deux exemplaires, en vous priant de vouloir présenter l’un à l’Institut de France, dont, par vos soins, j’ai l’honneur d’être un de ses correspondants » [Göttinguen. 13 septembre 1838].
L’abbé Noirot à V. Cousin.
V. Cousin a proposé, en 1838, à l’abbé Joseph Matthias Noirot [1793-1880] la chaire de philosophie de la Faculté des lettres de Lyon [à laquelle sera finalement nommé Francisque Bouillier]. Il lui avait déjà proposé, en 1836, la chaire de Caen. L’abbé Noirot refuse ces postes.
« Je vous dois, Monsieur le Conseiller, quelques mots sur ma non-acceptation, que je vous prie de ne considérer que comme un acte de dévouement à l’enseignement dont je suis chargé au collège ; 1. mes élèves sont très nombreux (de 80 à 100), et il me reste peu de loisirs ; 2. c’est par les jeunes gens plus que par les hommes faits que les idées philosophiques peuvent faire des progrès ; 3. dans un cours public, libre, gratuit, on a des auditeurs qui viennent pour entendre le professeur et non pour apprendre une science ; 4. à moins que l’enseignement public et volontaire ne soit confié à un homme d’un talent spécial, il me paraît plus nuisible qu’utile ; 5. un cours public qui n’aurait pas de succès pourrait nuire au cours du collège, s’il était fait par la même personne ; 6. un jeune homme laïc conviendrait mieux qu’un éccésiastique. » [3 novembre 1838].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
George Ripley, Philosophical miscellamies, translated from the French of Cousin, Jouffroy, and Benjamin Constant. With introductory and critical notices. By George Ripley. Boston [États-Unis]: Hilliard, Gray, and Company, deux volumes in-8, XVI-383+VIII-376 pp. , 1838.

George Ripley.
George Ripley [1802-1880]. Traduit également en 1839, du français en anglais : Exposition of eclectism, by M. Victor Cousin, translated from the French, with critical notices, by George Ripley. Edinburgh : T. Clark, in-16, 136 p., 1839.

Articles de Pierre Leroux, défavorables à V. Cousin, parus l’Encyclopédie nouvelle, en 1838 [ces articles, complétés de ceux parus en 1833 dans la Revue encyclopédique, paraîtront sous forme d’un livre en 1839 : Réfutation de l'éclectisme, où se trouve exposée la vraie définition de la philosophie et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement des divers philosophes depuis Descartes, par Pierre Leroux, Paris : C. Gosselin, in-8, XVIII-351 p., 1839. Réédité en 1841.

Pierre Leroux.
Pierre [Henri] Leroux [1797-1871]. Philosophe, journaliste et homme politique. Crée, avec Georges Sand et Louis Viardot La Revue inépendante [1841-1843].
Publie en 1848 : De la Mutilation d'un écrit posthume de Théodore Jouffroy, avec une lettre à l'Académie des sciences morales et un appendice, pour faire suite à la Réfutation de l'éclectisme, par Pierre Leroux, Paris : 16 rue des Saints-Pères, in-8, III-148 p., 1848.
Membre de l’Assemblée constituante [1848] ; membre de l’Assemblée législative [1849].
Proscrit le 2 décembre 1851, vit alors en exil à Londres, à Jersey, puis à Lausanne. Rentre en France en 1869.
Publications : De l’Humanité, de son principe et de son avenir, où se trouve exposée la vraie définition de la religion et où l’on explique le sens, la suite et l’enchaînement du mosaïsme et du christianisme. Paris : Perrotin, 2 tomes en 1 volume, 1840. Réédité Inalf, 1991 ; reproduction électronique Bnf, 1997. Ce texte était prévu initialement pour l’Encyclopédie nouvelle, inachevée, dont il est l’éditeur.
Cours de phrénologie. Jersey : impr. universelle, in-8, VI-186 p., 1853.
La Grève de Samarez : poème philosophique. Paris : E. Dentu, 2 volumes in-8, 1863.

Mittheilhungen aus und über Frankreich, von Friedrich Wilhelm Carové [Correspondance de et sur la France] Leipzig : O. Wigand, in-8, VIII-448 p., 1838.

Friedrich Wilhelm Carové.
Friedrich Wilhelm Carové [1789-1852]. Juriste et philosophe allemand. Né le 20 juin 1789, à Koblenz ; mort le 18 mars 1852 à Heidelberg.
Étudiant à Heidelberg, et disciple de Hegel. Ses relations avec la Burschenschaft [association d’étudiants libéraux] l’empêchent d’acquérir ses diplômes universitaires. Vit à Breslau, puis à Francfort-sur-le Main, et à Heidelberg.
V. Cousin le rencontre en 1817 lors de son premier voyage en Allemagne [1817], lorsque sur le chemin du retour il passe à nouveau à Heidelberg pour rencontrer Hegel. Dans son livre sur Cousin, Janet rapporte : « Hegel venait de publier son Encyclopédie ; Cousin essaya de la déchiffrer à l’aide d’un des disciples du maître, Carové, avec qui il se promenait tous les matins dans l’Allée des philosophes, le manuel de Hegel à la main, l’un interrogeant, l’autre répondant ».
Carové publie en 1827 Religion und Philosophie in Frankreich [Göttingue, 1827], dans lequel il rend compte favorablement de la première préface [1826] aux Fragments de philosophie de V. Cousin. Ce dernier déclare, en parlant de ce livre, qu’il signale dans une note : « La préface de ces Fragments méritait seule d’être un peu remarquée. Elle le fut bien au-delà de mon attente. Accueillie en Allemagne avec indulgence, elle y trouva un interprète habile. » [Préface de la deuxième édition des Fragments philosophiques, 1833]
Dans cet ouvrage F. W. Carové ne rend pas seulement compte de V. Cousin. Le titre complet du livre est : Religion und Philosophie in Frankreich : eine Folge von Abhandlungen, von Royer-Collard, V. Cousin, und Massias ; aus dem Französischen übertragen und mit Anmerkungen begleitet von F. W. Carové. Göttingen : Vandenhoeck und Ruprecht, in-12, XXIX-156 p., 1827. Contient la traduction du français en allemand du Prospectus des Oeuvres complètes de Descartes, rédigé par V. Cousin ; la traduction de la première leçon de la troisième année [1813] de Royer-Collard ; la traduction de la préface de l’édition de 1826 des Fragments philosophiques de V. Cousin ; la traduction d’une lettre de Nicolas Massias, contenant le résumé de son système de philosophie.
En 1838, il fait paraître : Mittheilhungen aus und über Frankreich, von Friedrich Wilhelm Carové [Correspondance de et sur la France] Leipzig : O. Wigand, in-8, VIII-448 p., 1838.

Le 22/02/2018