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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1837
  En 1837, V. Cousin [1792-1867] a quarante quatre ans [il aura quarante cinq ans le 28 novembre 1837].
Tenté un moment, en 1836, par l’entrée dans la vie politique, il poursuit ses publications universitaires : en 1837 le tome 11 des Œuvres de Platon, dont le treizième et dernier volume paraîtra en 1840.
Et, tandis qu’il apparaît comme le spécialiste international des questions d’enseignement, envoyé dans des missions d’enquête à l’étranger, commence à publier dans la Revue des Deux-Mondes.

Résumé des années précédentes.

1809-1812. L’École normale .
Après de brillantes études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] il est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève ; puis en 1813 est chargé de conférences de philosophie.

1813-1815. Doctorat et enseignement.
Docteur ès-lettres en juillet 1813, avec une thèse latine : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi.
Continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815 enseigne comme agrégé au collège Bourbon [lycée Condorcet].

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ce dernier monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1824. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.
Le troisième voyage, où il est accompagné par Napoléon Lannes, son élève, est rapidement interrompu par son arrestation à Dresde [15 octobre 1824], son incarcération à Berlin [jusqu’à la mi-février 1825], son assignation à résidence jusqu’en avril 1825.

1820. Victime de la répression.
V. Cousin continue d’assurer son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, comme suppléant de Royer-Collard. Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par réprésailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire. Ainsi V. Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté, en septembre 1822, comme foyer d’agitation.

1820-1825. Série d’éditions savantes.
Commence alors une série d’éditions savantes, qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826].

1822. Précepteur chez les Lannes.
Il ne reste plus à V. Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France. C’est avec lui qu’il effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1824.

1825-1826. Les Fragments philosophiques.
Mais la grande et nouvelle affaire c’est la préparation et l’édition des Fragments philosophiques. Jusque là « éditeur » de Proclus, de Platon, de Descartes, voilà la première œuvre que V. Cousin peut signer comme auteur. En rassemblant des textes déjà parus dans les Archives philosophiques ou dans le Journal des savants, et en soignant particulièrement la préface. Il en assure une large distribution auprès de ses relations philosophiques, en France et à l’étranger et confirme ainsi, sans disposer de chaire, son image du philosophe français par excellence.

1828. Reprise de l’enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et achetés immédiatement à plus d’un millier d’exemplaires.

La Révolution de 1830.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation depuis 1830, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Se spécialise dans l’étude comparée des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; puis en Hollande, 1836 ; enfin en Suisse, 1837].

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 les critiques se font de plus en plus nombreuses [Armand Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme et sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et plus encore sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on va bientôt lui reprocher un panthéisme fataliste, hérité de sa lecture de Hegel.
Certains, plus sévères encore, vont même jusqu’à penser que V. Cousin ne fait plus grand bruit philosophique et littéraire nulle part.

Après 1830.
En dehors d’une conférence gardée à l’École normale, V. Cousin n’enseigne plus. Son rôle est désormais celui d’un politique : c’est à lui qu’on doit les grandes lignes de la loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire. C’est lui aussi qui oriente en partie – tout au moins d’un point de vue universitaire - la vie intellectuelle philosophique par son rôle à l’Académie des sciences morales et politiques, par le choix des sujets proposés aux concours et par l‘élection des correspondants, des associés étrangers et des membres.
Cette position est renforcée par sa nomination, en septembre 1835, comme directeur de l’École normale.

Éléments biographiques pour 1837.
V. Cousin est en Suisse en septembre 1837. Visite les établissements d'instruction de Lausanne.

En 1837, Narcisse de Salvandy [1795-1856], ministre de l'Instruction publique [1837-1839], membre de l'Académie française, prolonge l’action de Guizot, qui avait créé le 18 juillet 1834, par un arrêté ministériel un comité chargé de diriger les recherches et les publications de documents inédits, à l’aide de fonds votés au budget de l’État. Il crée cinq comités reliés à l'Institut :
Un comité de Langue et littérature, présidé par Abel François Villemain ; un comité d’Histoire positive, présidé par Antoine Isaac Sylvestre de Sacy ; un comité des Sciences, présidé par le baron Jacques Thénard ; un comité des Arts et monuments, présidé par Pierre de Gasparin ; un comité des Sciences morales et politiques, présidé par V. Cousin.
Dans ce comité des Sciences morales et politiques, dont V. Cousin assure la présidence, siègent François Mignet [1796-1884], le comte Joseph de Laborde [1773-1842], Alexis de Tocqueville [1805-1859].

V. Cousin est nommé membre étranger de l'Institut américain d'instruction publique, siégeant à Boston.

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Agrégation.
V. Cousin est le président du jury d’agrégation. Sont reçus en 1837 : Francisque Bouillier ; Désiré Joseph Henne.

Francisque Bouillier.
Francisque [Cyrille] Bouillier [1813-1899]. Né le 13 juillet 1813, à Lyon ; mort le 25 septembre 1899, à Lyon.
Ancien élève de l'École normale [1834] où il est élève jusqu'en 1837. Agrégation de philosophie en1837. Doctorat ès-lettres avec une thèse sur La Légitimité de la faculté de connaître [Paris, 29 août 1839]. La thèse latine porte sur la comparaison des Dialogues de Platon et des Provinciales de Pascal.
Professeur de philosophie au collège d’Orléans [1837-1839].Professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Lyon. Membre du jury d’agrégation. Doyen de la Faculté des lettres de Lyon [jusqu’en 1864]. Recteur de l’Académie de Clermont [1864] ; Inspecteur général de l’Instruction publique [1864-1867]. Directeur de l’École normale supérieure [1867-1871] ; puis à nouveau Inspecteur général de l’Instruction publique [1871-1876].
Participe au concours de l'Académie des sciences morales et politiques, en juillet 1838, proposé par V. Cousin : Examen critique du cartésianisme. Sur le rapport de Jean Philibert Damiron, les 3-10 avril 1841, le prix est décerné à part égale entre Jean Bordas-Demoulin, et Francisque Bouillier. Une mention honorable est attribuée à Charles Renouvier [1815-1903].
Francisque Bouillier publie son travail, en 1844, sous le titre : Histoire et critique de la révolution cartésienne, Paris : Durand, in-8, 1ère édition 1844 ; une seconde édition paraîtra en 1854 sous le titre : Histoire de la philosophie cartésienne, Paris : 2 volumes, in-8, 600+620 pages ; une troisième édition paraîtra en 1868, Paris, 2 volumes, 620+660 pages.
Élu correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie, le 23 avril 1842, a été choisi de préférence à Hervé Bouchitté et à Antoine Blanc Saint-Bonnet.
Il sera élu membre titulaire, dans la section de philosophie [fauteuil 4], le 11 décembre 1875, en remplacement de Charles de Rémusat [1797-1875], décédé le 9 juin 1875. Devenant membre titulaire, il libère sa place de correspondant de la section de philosophie [place 2] à Anthelme Édouard Chaignet [1819-1901], élu le 23 décembre 1876. Sera président de l’Académie des sciences morales et politiques pour l’année 1889.
En 1842, publie : Théorie de Kant sur la religion dans les limites de la raison [Paris : Imbert].
Rédige de nombreuses notices pour le Dictionnaire des sciences philosophiques de A. Franck : Buffier, Campanella, Cartésianisme, Clauberg, Clerselier, Descartes, Destutt de Tracy, Dugald Stewart, Française [philosophie], Malebranche, Claude Morinière, Optimisme, Patrizzi, Polignac, Raison, Sylvain Régis, Rohault, Samuel Sorbière, Terrasson, Voetius, Welthuysen,Wittichius.
Il fait paraître des Souvenirs d'un vieil universitaire, dans lequel plusieurs pages sont consacrées à V. Cousin.
En 1907, paraît, de Camille Latreille : Francisque Bouillier, le dernier des cartésiens, avec des lettres inédites de Victor Cousin à Francisque Bouillier, Paris, Hachette, 1907, in-12, 258 p.

Désiré Henne.
Désiré [Joseph] Henne [-1870]. Ancien élève de l'École normale [1834]. Agrégation de philosophie en 1837 [Cette année, sous la présidence de V. Cousin, sont reçus : Francisque Bouillier ; Désiré Henne].
Professeur de philosophie : enseigne à Montpellier [1840, 1841].
Docteur ès-lettres [Paris, 1843], avec une thèse sur l'École de Mégare [Paris : Joubert, in-8, 248 p., 1843]. La thèse latine porte sur les Commentaires de César.
Recteur ; Inspecteur primaire de l'Académie de Paris.
Collabore au Dictionnaire des sciences philosophiques de A. Franck : Chrysippe, cynique, cyrénaïque, Diodore le Mégarique, École d'Élis, Empédocle, éristique, Ébulide, Euclide, Ficin, Gorgias, idéologie, penchants, perfection, Philolaüs, Philon le dialecticien, Polus d'Agrigente, Prodicus.

Publie :
De l’Instruction publique en Hollande, par M. Victor Cousin. Paris ; Strasbourg, F. G. Levrault, in-8, 460 p., 1837.
Sur la page de titre il est indiqué : Journal d'un voyage fait en ce pays dans le mois de septembre 1836 .
Cet ouvrage paraîtra également en 1838, en deux tomes in-12, Bruxelles ; Leipzig :
De l’Instruction publique en Hollande. Bruxelles : Société belge de librairie. Bauman, Cattoir et C. in-12, 279 p., 1838. Il s’agit vraisemblablement d’une contrefaçon.


Publie:
Mémoire sur l’instruction secondaire dans le royaume de Prusse. Paris : Berger Levrault, in-8, 195 p., 1837. Connaît 2 tirages la même année.

Édition en cours :
Oeuvres complètes de Platon, traduites de grec en français, accompagnées de notes et précédées d'une introduction sur la philosophie de Platon. Paris : Bossange frères, in-8.
Le tome 11. [Paris : Rey et Gravier, 1837] contient la traduction du Cratyle.
L'édition des Oeuvres complètes de Platon, en treize volumes, commencée en 1822 se poursuit jusqu'en 1840.

Édite.
École normale. Réglements, Programmes et Rapports, [Paris, in-8, 37 p., 1837].

Nécrologie.
Pierre Laromiguière [né en 1756] meurt en 1837 [12 août] Il est âgé de quatre-vingt un ans. Lors de ses funérailles, le 14 août, en présence de François Mignet, A. F. Villemain, Saint Marc Girardin, Désiré Nisard, du ministre Achille de Salvandy, V. Cousin [ainsi que Joseph Droz et V. Leclerc], prononce un discours. Les discours paraissent au Moniteur du 17 août. Le texte de V. Cousin est imprimé pour le compte de l’Académie des sciences morales et politiques, Paris : impr. de Didot frères, in-4, 12 p.

Discours prononcé, par V. Cousin, aux funérailles de M. Laromiguière, le 14 août 1837.
« Messieurs,
Pardonnez-moi de vous retenir un moment encore sur le bord de ce tombeau ; mais la section de philosophie, qu’une plus étroite confraternité d’études unissait à celui que nous pleurons tous, a souhaité que sa douleur fût particulièrement marquée dans le deuil commun de l’Académie ; et c’est en son nom que je vous demande la permission d’ajouter quelques mots aux touchantes paroles que vous venez d’entendre.
Votre section de philosophie n’a pas été épargnée dans les pertes cruelles que vous avez faites en si peu de temps. Vous avez vu disparaîre du milieu de vous presque à la fois les plus éclatantes lumières de l’Académie, et ces grands publicistes dont les noms demeureront à jamais dans l’histoire de la liberté et de la législation en France, et les hommes qui avaient su trouver une gloire différente mais égale dans l’austère étude de l’esprit humain. Quand Sieyes allait rejoindre Mirabeau, quand Roederer allait retrouver et attendre ses immortels compagnons de l’assemblée constituante et du conseil d’Etat de l’empire, M. de Tracy était enlevé à la philosophie, et voilà qu’aujourd’hui nous venons rendre les honneurs suprêmes à M. Laromiguière. Ainsi s’en vont peu à peu et tombent, pour ainsi dire, les uns sur les autres, les glorieux restes de la forte génération de 1789. O mes confrères ! et vous tous, vous surtout, jeunes gens, qui assistez à cette triste cérémonie, conservons pieusement ces nobles mémoires, et inclinons-nous avec respect devant les cercueils de ceux qui nous ont fait tout ce que nous sommes.
M. de Tracy et M. Laromiguière se succèdent dans la science comme ils se suivent dans la mort et dans nos regrets. Tous deux appartiennent à la même famille philosophique, et chacun pourtant a ses traits particuliers. Ils se ressemblent beaucoup, et ils diffèrent plus encore : l’un emporte avec lui la philosophie d’un grand siècle ; l’autre commence celle de notre temps […] ».
Repris dans Fragments littéraires (1843), Pages 72-77.
Le fauteuil, que la mort de Laromigui ère va libérer à l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 4], accueillera Théodore Jouffroy, déja élu le 16 avril 1833, dans la section de morale, qui passera ainsi de la section de morale à la section de philosophie.

Articles dans la Revue des Deux Mondes.
L'Instruction primaire à Rotterdam, Revue des Deux Mondes, tome 9, 15 janvier 1837, pages 171-185.
Incipit : « Arrivé à Rotterdam au milieu du jour, je trouvai cette ville aussi vive et animée qu'elle m'avait paru silencieuse et majestueuse lorsque j'y entrai de nuit pour la première fois : immense mouvement commercial, foule occupée se pressant dans les rues, effet pittoresque des navires qui, à tous moments, apportent du fond de l'Allemagne par le Rhin et la Meuse, et du Nord et des Indes, par l'océan, d'énormes amas de marchandises dont Rotterdam est l'entrepôt ».

Visite à l'Université d'Utrecht, Revue des Deux Mondes, tome 9, 15 février 1837, pages 459-486.
Incipit : « La route d'Amsterdam à Utrecht est célèbre par son agrément. Elle offre, des deux côtés, une succession non interrompue de charmans paysages, de châteaux, de villas, qui s'avancent jusque sur les bords de la route et du canal, et présentent à l'oeil des parterres de fleurs, des corbeilles de roses, et cette fraîcheur de verdure, même en automne, qui manque presqu'en toute saison à l'Italie.

Questions sur l'Instruction publique adressées à M. Paul Gaimard, président de la commission scientifique d'Islande et de Gröenland, par M. Victor Cousin, Pair de France. Extrait du Voyage en Islande et au Gröenland. Paris, 1837, in-8.

Réédition.
Mémoire sur l’instruction secondaire dans le Royaume de Prusse, [seconde édition]. Paris ; Strasbourg : F. G. Levrault, in-8, 195 p. tableaux., 1837.
Ce mémoire complète la nouvelle édition du Rapport sur l’état de l’instruction publique dans quelques pays d’Allemagne, et plus particulièrement en Prusse, de 1833 [qui ne traitait que de l’instruction primaire].

À l'Académie française.
Élection et réception.
François [Auguste] Mignet [1796-1884], élu le 29 décembre 1836 [fauteuil 20], est reçu par Jean-Baptiste de Pongerville [1782-1870], le 25 mai 1837.

Il n’y a pas d’élections à l’Académie française en 1837.

À l'Académie des sciences morales et politiques.
Élection de François Mignet comme secrétaire perpétuel.
À la suite du décès de Charles Comte [1782-1837], survenu le 13 avril 1837, François Mignet, membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis décembre 1832, est élu comme secrétaire perpétuel. Il assumera cette fonction jusqu'à sa démission, le 28 octobre 1882. Jules Simon [1814-1896] lui succédera le 11 novembre 1882.

Sujet mis au concours.
Rapport verbal de M. Cousin, et rapport écrit de Jean Philibert Damiron, lu dans la séance du 4 novembre 1837, sur l'Examen critique de l'Organum d'Aristote, [mis au concours le 28 mars et le 4 avril 1835] publié dans les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques, tome 2, p. 43.
Le programme avait été défini de la manière suivante :
1. Discuter l'authenticité de l'Organum et des diverses parties dont il se compose.
2. Faire connaître l'Organum par une analyse étendue, déterminer le plan, le caractère et le but de cet ouvrage.
3. En faire l'histoire ; exposer l'influence de la Logique d'Aristote sur tous les grands systèmes de logique de l'antiquité, du moyen-âge et de la philosophie moderne.
4. Apprécier la valeur intrinsèque de cette logique et signaler les emprunts utiles que pourrait lui faire la philosophie de notre siècle.

Le prix, de 1500 francs, est décerné à Barthélemy Saint Hilaire (mémoire n° 2, manuscrit de 885 p.). Le texte sera publié ultérieurement, en 1838, sous le titre De la Logique d'Aristote, Paris : Ladrange, 2 volumes in-8, 1838.
Une mention honorable est donnée à Claude Joseph Tissot [1801-1876], professeur de philosophie à Dijon.
C'est sur ce même sujet qu'A. Franck avait cherché à concourir. Bien que hors délai pour concourir pour l'Académie, V. Cousin l'avait encouragé à publier son texte [qui paraît en 1838 : Esquisse d'une histoire de la logique, précédé d'une analyse étendue de l'Organum d'Aristote].

Rapport.
Rapport sur deux pièces inédites de la Bibliothèque royale de Paris, relatives à l'histoire du Cartésianisme. Lu le 2 décembre 1837 à l'Académie des sciences morales et politiques. Ce rapport paraîtra l'année suivante [mars et avril 1838] dans le Journal des savants.
V. Cousin déclare : « Il m'a paru, et j'espère que vous penserez avec moi, que rien de ce qui se rapporte à l'histoire de cette grande philosophie, que l'esprit humain doit à la France, ne peut être indifférent à la section de philosophie d'une Académie française. » Selon V. Cousin, si Descartes n'a, lui-même, jamais fait l'objet d'une persécution, par contre les Jésuites prirent nettement parti contre la philosophie cartésienne et lui firent une guerre qui se termina par une persécution véritable.

Élections.
Le comte Joseph Portalis [1778-1858], premier président de la Cour de cassation, est élu membre libre de l'Académie des sciences morales et politiques [fauteuil 3], le 18 février 1837, en remplacement de Félix de Beaujour [1765-1836], pair de France, décédé le 1er juillet 1836.
Est élu membre titulaire dans la section de législation [fauteuil 2], le 9 février 1839, en remplacement de Merlin de Douai [1795-1838], décédé le 25 décembre 1838.
L’élection de Portalis comme membre titulaire libère son fauteuil de membre libre, pour l’inspecteur général des Ponts et Chaussées, Joseph Dutens [1765-1848], élu le 6 avril 1839.
Après sa mort, le 5 août 1858, le comte Joseph Portalis est remplacé, comme membre titulaire de la section de législation, par Julien Laferrière [1798-1861], ancien recteur d’académie, transféré de la section de politique à la section de législation par décision de l’Académie le 29 janvier 1859.

L’Espagnol Ramon de La Sagra [1798-1871], professeur d’économie sociale, est élu, le 21 janvier 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section d’économie politique [place 3], en remplacement de James Mill [1773-1836], secrétaire financier de la compagnie de Indes, décédé le 23 juin 1836.
Après sa mort, le 25 mai 1871, est remplacé par le vénézuelien Jose Maria Torrès-Caïcedo [1830-1889], ministre plénipotentiaire du Vénézuela en France, élu le 4 mai 1872.

Le baron Augustin de Stassart [1780-1854], homme politique, est élu, le 28 janvier 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 6], en remplacement de Huerne de Pommeuse [qui occupait la place 5 bis].
Après sa mort, le 10 octobre 1854, est remplacé par le belge Édouard Ducpétiaux [1804-1868], inspecteur général des prisons, élu le 16 février 1856.

L’abbé Ignaz Wessenberg [1774-1860], est élu, le 9 juin 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de morale [place 7], au moment de la création de la place.
Après sa mort, le 9 août 1860, est remplacé par Ernest Naville [1816-1909], élu le 1er avril 1865, qui sera ultérieurement élu associé étranger le 3 avril 1886.

Christian Auguste Brandis, [1790-1867] de Bonn [Prusse Rhénane], est élu le 17 juin 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 3]. Il succède à Friedrich von Schelling [1795-1854], élu associé étranger le 21 mars 1835.
Il sera lui-même élu comme associé étranger [fauteuil 5], le 10 février 1855, en remplacement de Schelling décédé le 20 août 1854. Cette élection comme associé étranger libère sa place de correspondant pour Immanuel Fichte [1797-1879], élu le 6 février1858.
Après sa mort, le 24 juillet 1867, est remplacé comme associé étranger par Friedrich Trendelenburg [1802-1872], professeur de philosophie et homme politique, déjà correspondant, élu associé étranger, le 20 mars 1869.

Philip [Willem] Van Heusde [1778-1839], philosophe et professeur à Utrecht, est élu le 22 juillet 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 1]. Il succède à Frédéric Jacquemont [1757-1836] décédé le 9 novembre 1836.
Après sa mort, le 29 juillet 1839, est remplacé par William Hamilton [1788-1866], élu le 25 janvier 1840.

Anton Thibaut [1774-1840], professeur de droit aux Universités de Kiel et d’Iéna, est élu le 22 juillet 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de législation [place 6]. Il succède à Ludwig Klüber [1762-1837], décédé le 16 février 1837.
Après sa mort, le 28 mars 1840, est remplacé par Charles Joseph Mittermaïer [1787-1867], professeur de droit et homme politique, élu le 23 janvier 1841.

Gustav Hugo [1764-1844], professeur de droit à l’Université de Göttingen, est élu, le 22 juillet 1837, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de législation, droit public et jurisprudence [place 2], en remplacement de Charles de Savigny [1779-1861], décédé le 26 octobre 1861.
Après sa mort, le 15 septembre 1844, est remplacé par Léopold Warnkönig [1794-1860], élu le 25 janvier 1845.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Dans une lettre de Juste Olivier à Sainte-Beuve.
« Au surplus, M. Cousin ne fait plus grand bruit philosophique et littéraire nulle part, pas même chez nous [La Suisse]. Son chef-d’oeuvre est la traduction de Platon. Mais on prétend que ce n’est pas lui qui l’a faite. Chi lo sa ? comme disent les Italiens. Mais enfin, il est une des puissances intellectuelles de notre âge et il pourrait faire du mal s’il en avait le pouvoir. » [2 octobre 1837].

Lettre de Sainte-Beuve à François Buloz :
« J’ai appris, à n’en pas douter, que M. Cousin dans son passage ici, avait dit de ces petits mots sur mon compte faits pour me desservir ; mais il n’y a pas réussi. Je ne serais pas fâché qu’il sût que je le sais. C’est un grand esprit, mais une âme de laquais et de boue. » [23 novembre 1837].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
La revue américaine The Christian Examiner fait paraître un article de Brownson, Recents Contributions to Philosophy, mai 1837.


Le 21/02/2018