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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1834
  En 1834, Victor Cousin [1792-1867] a quarante et un ans. Il aura quarante deux ans le vendredi 28 novembre 1834.
La Révolution de 1830, qu’il avait craint dans un premier temps, l'a comblé d’honneurs. Dès le 6 août 1830, Victor Cousin est nommé l'un des sept membres du Conseil royal de l'Instruction publique.
S'étant présenté une deuxième fois, il est élu membre de l'Académie française le 18 novembre 1830. Puis il est élevé par Louis-Philippe à la dignité de Pair de France le 11 octobre 1832.
Enfin il a été élu, parmi les premiers, le 27 octobre 1832, à l’Académie des Sciences morales et politiques reconstituée au sein de l'Institut, où, dans la section de Philosophie, il jouera un rôle éminent, jusqu’à sa mort.
Tandis que l’édition des Œuvres complètes de Platon, commencée en 1822, se poursuit, Victor Cousin s’intéresse à Maine de Biran [1766-1824], qu’il a fréquenté depuis juin 1816, en participant à sa petite société spiritualiste.
Victor Cousin commence la publication systématique des œuvres de Maine de Biran, publication esquissée en 1832, effective en 1834, et achevée en 1841, en quatre volumes.

1834 : RÉSUMÉ DES ANNÉES PRÉCÉDENTES.

1792-1809. L'ENFANCE.
Victor Cousin, né le 28 novembre 1792 [8 frimaire an I de la République], est le second fils de Joseph Cousin [1753-1827], ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère Marie Henriette, née Grivelet [1754-1830], est blanchisseuse.
Grâce au soutien financier des parents d’Épagomène Viguier, il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [créée par décision de mars 1795 dans l’ancienne maison professe des Jésuites]. C’est l’une des trois écoles centrales établies en 1797 à Paris pour l’enseignement secondaire, les deux autres écoles étant l’École centrale du Panthéon [Henri-IV], et l’École centrale des Quatre Nations [aujourd'hui Bibliothèque Mazarine].
Victor Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique, autrement dit la classe de première, où il a pour maître Joseph Victor Leclerc [1789-1865] [écrit aussi Le Clerc], futur titulaire de la chaire d’Éloquence latine à la Faculté des Lettres de Paris [1824-1865], doyen de la Faculté [1832-1865].
Victor Cousin y obtient année après année les prix de Grec ou de Latin.

1809-1812. L'ÉCOLE NORMALE.
Après de brillantes études au collège Charlemagne, où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin, et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première], Victor Cousin est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée, et qui accueille dans sa section de Lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Il obtient sa licence en novembre 1811.

1812. DU STATUT D'ÉLÈVE À CELUI DE RÉPÉTITEUR.
Dès octobre 1812, Victor Cousin est nommé élève répétiteur de Grec et de Latin, auprès des étudiants de première année, comme auxiliaire d'Abel François Villemain [1790-1870], dont il a été l’élève quelques mois auparavant.
Par la suite Victor Cousin est maître de conférences de Littérature en 1814-1815. Puis en 1815, et jusqu’en 1822, chargé de conférences de Philosophie.

1813-1815. DOCTORAT ET ENSEIGNEMENT.
En juillet 1813, Victor Cousin dépose pour le doctorat ès-lettres sa thèse philosophique en latin : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi. Mais il ne remet pas de thèse littéraire en français. Aussi son nom n’apparaît-il pas dans la liste officielle des docteurs ès-lettres.
Il continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée Impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815, après la seconde Restauration, enseigne comme agrégé au collège Bourbon [aujourd'hui lycée Condorcet].

1815. ENSEIGNEMENT À LA FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS.
Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], succédant à Emmanuel Pastoret [1755-1840], a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des Lettres de Paris, en octobre 1810.
Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il ne peut plus continuer à enseigner lui-même, et est amené à désigner un suppléant. Il choisit Victor Cousin [1792-1867], jeune enseignant de vingt-trois ans. Ce dernier monte dans la chaire de Pierre Paul Royer-Collard, à la Faculté des Lettres de Paris, le mercredi 13 décembre 1815.
C'est après cet événement que Victor Cousin, jeune philosophe universitaire, est invité dans la petite société spiritualiste, créée par Maine de Biran [1766-1824] dès la fin de l'année 1812 et qui va fonctionner par intermittence pendant une dizaine d’années jusqu’en 1822. Les relations personnelles de Maine de Biran et de Cousin commencent en mai 1816.

1817. LE JOURNAL DES SAVANTS ET LES ARCHIVES PHILOSOPHIQUES.
Victor Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Pierre Paul Royer-Collard. Cousin y rédige des recensions et des articles concernant la philosophie.

1817. PREMIER VOYAGE EN ALLEMAGNE.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Georg Wilhelm Friedrich Hegel [août et novembre 1817] à Heidelberg et Johann Wolfgang von Goethe à Weimar [17 octobre 1817].

1818. SECOND VOYAGE EN ALLEMAGNE.
Puis second voyage en Allemagne, en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain [1796-1867], son ancien élève à l'École normale, professeur de philosophie au collège royal de Strasbourg, depuis le 20 octobre 1816.
À Munich, Cousin rencontre longuement le philosophe Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854] à l’apogée de sa gloire.

1820. VICTIME DE LA RÉACTION.
Victor Cousin, depuis la fin de l’année 1815, continue d’assurer son enseignement à la Faculté des Lettres de Paris, comme suppléant de Pierre Paul Royer-Collard.
Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par représailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire.
Ainsi Victor Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté royal en date du 6 septembre 1822, comme foyer d’agitation libérale, alors que Mgr. Denis Frayssinous [1765-1841] est Grand-Maître de l’Université royale, depuis le 1er juin 1822.

1822. PRÉCEPTEUR CHEZ LES LANNES.
Il ne reste plus à Victor Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul François Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Louis Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France, décédé au combat en 1809.
C’est avec Louis Napoléon Lannes que Victor Cousin effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1825.

1820-1825. SÉRIE D'ÉDITIONS SAVANTES.
Commence alors une série d’éditions savantes, période qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les œuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des œuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des œuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [esquissée en 1832, qui commencera réellement en 1834, et sera achevée en 1841, avec trois volumes complémentaires].

1824. TROISIÈME VOYAGE EN ALLEMAGNE. L'ARRESTATION.
Le troisième voyage en Allemagne, où Victor Cousin est accompagné par Louis Napoléon Lannes, son ancien élève, est rapidement interrompu par l'arrestation à Dresde [vendredi 15 octobre 1824], l'incarcération à Berlin [jusqu’à la mi-février 1825], l'assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].

1825-1826. LES FRAGMENS ET NOUVEAUX FRAGMENS PHILOSOPHIQUES.
En 1825, la grande et nouvelle affaire, pour Victor Cousin, c’est la préparation et l’édition des Fragments philosophiques.
Jusque là « éditeur » de Proclus, de Platon, de Descartes, voilà la première livre que Victor Cousin peut signer comme auteur.
Il rassemble ses notes de cours et ses articles déjà parus dans les Archives philosophiques ou dans le Journal des savants, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], livres précédés à chaque fois de copieuses préfaces. Victor Cousin donne à ses publications, qu’il diffuse largement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling parmi les plus connus], italiens, anglais et même américains.
Il apparaît dès lors en Europe et aux États-Unis, comme le philosophe français par excellence, le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.

AVRIL 1828. LE SOMMET DE LA GLOIRE LITTÉRAIRE.
L’année 1827 voit l’achèvement de l’édition bilingue grec-latin de Proclus : le sixième et dernier tome paraît début 1827. Elle voit la poursuite de l’édition de Platon, à laquelle Victor Cousin, dans un premier temps, se consacre tout entier : « Le moment, dit-il, d’être un peu utile est arrivé ».
Mais c’est sans compter sur la levée des mesures anti-libérales concernant l’enseignement supérieur : Abel François Villemain [1790-1870], François Guizot [1787-1874] et Victor Cousin [1792-1867] vont retrouver leurs chaires à la Faculté des Lettres de Paris.
Cousin est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés séance par séance et achetés à chaque fois à plus d’un millier d’exemplaires.

LA RÉVOLUTION DE 1830.
Affirmant haut et fort, depuis plusieurs années, son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des Sciences morales et politiques [1832] ; élevé à la dignité de Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur [1832].
L'un des sept membres du Conseil royal de l’Instruction publique, nommé dès le 6 août 1830, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation depuis 1830, il oriente la philosophie universitaire, contrôlée par l'État, vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

LE FEU CROISÉ DES CRITIQUES.
Mais autour de 1830 déjà les critiques se font de plus en plus nombreuses [Armand Marrast ; Pierre Leroux ; Eugène Lerminier ; Louis Bautain].
Elles visent surtout l’éclectisme, sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon Victor Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on lui reproche un panthéisme fataliste [Adolphe Félix Gatien-Arnoult, 1836 ; Vincenzo Gioberti, 1842], hérité de sa lecture de Hegel.
Et, malgré ses concessions de plus en plus prononcées au catholicisme, les ultramontains font de Victor Cousin un ennemi de la religion.

APRÈS 1830.
En dehors d’une conférence gardée à l’École normale pour les élèves de troisième année, Victor Cousin n’enseigne plus.
Son rôle est désormais celui d’un politique : c’est à lui qu’on doit les grandes lignes de la loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire.
C’est lui aussi qui oriente en partie – tout au moins d’un point de vue universitaire - la vie philosophique par sa présidence au jury de l’agrégation de philosophie, et par son rôle à l’Académie des Sciences morales et politiques, avec le choix des sujets proposés aux concours ; l'élection des membres, des associés étrangers, des correspondants, plus particulièrement ceux de la section de Philosophie.
Cette position est renforcée par sa nomination, en septembre 1835, comme directeur de l’École normale, fonction qu'il assure jusqu'en mars 1840, date de sa nomination comme ministre de l'Instruction publique.
Abandonnant l’enseignement, il se spécialise dans l’étude des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; en Hollande, 1836 ; en Suisse, 1837].


COUSIN ET LE LIVRE D'INSTRUCTION MORALE ET RELIGIEUSE DE 1834.

LIVRE D'INSTRUCTION MORALE ET RELIGIEUSE.
Victor Cousin donne son aval à la publication d'un Livre d’instruction morale et religieuse :
Livre d’instruction morale et religieuse, à l’usage des écoles primaires catholiques, élémentaires et supérieures, des écoles normales et des Commissions d’examen. Autorisé par le Conseil royal de l’instruction publique.
[Paris : F. G. Levrault et Cie, rue de La Harpe, n° 81. In-12, XV-260 p., 1834].

Sans nom d’auteur. Avec un Avertissement paginé V-XV : « Voici l’ouvrage réclamé par la loi du vendredi 28 juin 1833, qui place avec tant de raison l’instruction morale et religieuse au premier rang parmi les objets de l’éducation du peuple
Ce livre est divisé en deux parties : la première retrace tout ce qui, dans l'histoire du genre humain et la plan de la divine Providence, a préparé et amené la venue de Jésus-Christ et de sa doctrine ; la seconde partie est cette doctrine elle-même, considérée surtout dans sa partie morale ».
La plupart des commentateurs estiment que c’est Victor Cousin qui en est lui-même l’auteur.

L'ouvrage connaît une seconde édition, également en 1834.
En 2013, la Bibliothèque Diderot de Lyon, a mis le texte en ligne, à partir de sa cinquième édition :

UNE SÉRIE DE CINQ MANUELS POUR L’ÉCOLE PRIMAIRE.
Cet ouvrage fait partie d’une série de cinq manuels décidés par François Guizot [1787-1874], en rapport avec la loi du 28 juin 1833 concernant l’enseignement primaire.
Plus exactement François Guizot prolonge une initiative prise par son prédécesseur Camille de Montalivet [1801-1880], concernant la création d’une Bibliothèque des écoles primaires, ou Collections de petits ouvrages à très bon marché, pour l’instruction morale, littéraire, scientifique des enfants du peuple, par une société de savants et de philanthropes.

Sont imprimés et diffusés dans vingt-cinq mille communes, aux frais de l’État, cinq manuels élémentaires :

1. ALPHABET ET PREMIER LIVRE DE LECTURE.
Publié sans nom d’auteur, un °< Alphabet et premier livre de lecture, à l'usage des Écoles primaires ; approuvé par le Conseil royal de l'Instruction publique, publié par MM. Hachette et Firmin Didot. > [Paris : chez L. Hachette, rue Pierre Sarrazin, n°12 ; Firmin Didot frères, rue Jacob, 24. In-18, 72 p., octobre 1831].
L'ouvrage comporte, page 72, le texte de l'Oraison dominicale [le Pater Noster, en latin] et texte du Symbole des Apôtres [le Credo, en latin].
Ouvrage d'apparence modeste, auquel collaborent Ambroise Rendu [1778-1860], Inspecteur général de l'Université [1808], et membre du Conseil royal de l'Instruction publique [1820] ; Jacques Saigeay ; Louis Lamotte [1793- ], inspecteur de l’Instruction primaire ; et Louis Hachette [1800-1864], ancien élève de l'École normale [1819], depuis un peu plus de quatre ans breveté libraire, et dont le fonds encore restreint est jusqu'alors surtout composé d'un petit nombre de textes classiques et de quelques ouvrages scolaires.
L'ouvrage avait été déjà commandé par Camille Montalivet [1801-1880], qui après avoir été ministre de l'Intérieur [novembre 1830-mars 1831] est nommé ministre de l'Instruction publique et des Cultes le 13 mars 1831. Il reste en poste jusqu'au 30 avril 1832. Après un interim de trois jours assuré par Félix Barthe [27-30 avril 1832] et une période de six mois, où le ministre est Girod de l'Ain [30 avril -11 octobre 1832], Camille Montalivet est remplacé par François Guizot [11 octobre 1832-22 février 1836].
C'est sous le ministère de Camille Montalivet qu'est créée une Commission d’examen des livres élémentaires, afin d'envoyer dans toutes les écoles des livres .
En effet, par une décision royale en date du 12 août 1831, le ministre de l'Instruction publique est autorisé à former une commission chargée de choisir les livres destinés aux écoles primaires, commission dont les membres sont désignés par l'arrêté ministériel du 28 août 1831.

2. PETITE GRAMMAIRE DES ÉCOLES PRIMAIRES.
Une Petite grammaire des écoles primaires de Louis Lamotte, inspecteur de l’Instruction primaire et Paul Lorain.
[Paris : Librairie Hachette. In-12, 144 p., 1835].

Ouvrage signé de Louis Lamotte [1793- ], inspecteur de l’Instruction primaire et Paul Lorain [1799-1861], ancien élève de l'École normale [1817], ancien précepteur du fils de François Guizot, agrégé suppléant au collège Louis-le-Grand, maître de conférences à l'École normale comme suppléant de Léon Pierre Gibon [1799-1859] en Langue et Littérature françaises [arrêté du 3 février 1829], professeur de rhétorique au collège royal Louis-le-Grand [1830], membre de la Commission d'examen des livres élémentaires [août 1831], proviseur du collège royal Saint-Louis depuis le 1er mars 1837. Sera ultérieurement nommé recteur de l'académie de Lyon [1845-1848].

3. PETITE ARITHMÉTIQUE RAISONNÉE.
Une Petite arithmétique raisonnée à l’usage des écoles primaires d’Hippolyte Véron-Vernier
[Paris : Librairie Hachette, 12 rue Pierre Sarrazin. In-12, 134 p., 1830].
Réédité en 1832, comme deuxième édition ; 1833 ; 1843.
Jean Hippolyte Véron-Vernier [écrit aussi Verron, Vérier] [1800-1875], ancien élève de l'École normale, section Sciences [1817]. À la sortie de l'École enseigne les mathématiques et est nommé agrégé en mathématiques élémentaires [Angers, 1820]. Chargé au collège royal Louis-le-Grand de l'enseignement des mathématiques spéciales [1825-1827], professeur titulaire de mathématiques élémentaires [1827].

4. PREMIÈRES LEÇONS DE GÉOGRAPHIE.
Des Premières leçons de géographie, de chronologie et d’histoire, à l'usage des écoles primaires [Paris : L. Hachette ; Firmin Didot. In-18. Plus six cartes muettes gravées].
L'ouvrage est rédigé par Antoine Jean Letronne [1787-1848], membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres [1816] ; Inspecteur général de l'Université [1819-1832] ; professeur du collège de France dans la chaire d'Histoire et morale [1831-1837]. Futur Garde général des Archives du royaume [1840-1848].
Jean Antoine Letronne avait déjà publié en 1825 un °Cours élémentaire de géographie ancienne et moderne, rédigé sur un nouveau plan par M. Letronne, Inspecteur général des études, etc. Adopté par le conseil royal de l'instruction publique, pour les établissements de l'Université et par s. Exc. le Ministre de la Guerre, pour les Écoles royales militaires [Paris : Maire-Nyon. In-12, VIII-233 p., et planches. 1825].
Réédité en 1833.
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5. LIVRE D'INSTRUCTION MORALE ET RELIGIEUSE.
Un Livre d’instruction morale et religieuse, à l’usage des écoles primaires catholiques, élémentaires et supérieures, des écoles normales et des commissions d'examen. Autorisé par le conseil royal de l'Instruction publique [Paris : F. G. Levrault et Cie, libraires-éditeurs, rue de La Harpe, n°81. In-8, 260 p., 1833]. Précédé d'un Avertissement V-XV.
L'ouvrage n'est pas signé, mais est écrit par Victor Cousin.
Il existe une deuxième édition en 1834 [XV-272 p.]. Une cinquième édition en 1840.

L'édition de 1840 est accessible en ligne [document PDF] à la Bibliothèque Diderot de Lyon, collections Education, MS 89623

L'ÉCLAIRAGE DE SAINTE-BEUVE.
« On se souvient et l’on raconte que, dans son zèle pour la christianisation au moins apparente et officielle de l’Université, Cousin avait, il y a quelques années, rédigé - oui, rédigé de sa propre et belle plume un catéchisme : cet édifiant catéchisme était achevé, imprimé déjà et allait se lancer dans tous les rayons de la sphère universitaire quand on s’est aperçu tout d’un coup avec effroi qu’on avait oublié d’y parler d’une chose, d’une seule petite chose assez essentielle chez les catholiques : quoi donc ? du purgatoire. Il fallut vite tout arrêter, détruire toute l’édition ; les philosophes en fait de théologie, ne pensent pas à tout » [Lettre de Charles Augustin Sainte-Beuve à Juste Olivier, lundi 25 septembre 1843].

LE POINT DE VUE DE BARTHÉLEMY SAINT-HILAIRE.
« Il se rattache encore un autre incident à cette loi de 1833. À peine était-elle promulguée qu'il parut, avec l'autorisation du Conseil royal, un petit volume intitulé : Livre d’instruction morale et religieuse, à l’usage des écoles primaires catholiques, élémentaires et supérieures, des écoles normales et des Commissions d’examen. [...] M. V. Cousin ne s'est jamais caché d'être l'inspirateur de ce petit livre, qu'on a baptisé du nom impropre de Catéchisme. Il est vrai qu'il se terminait par les commandements de l'Église ; mais la plus grande partie de l'ouvrage était remplie par l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament. Nous n'hésitons point à reconnaître que les intentions de M. V. Cousin étaient irréprochables, et qu'il comptait servir la cause de l'instruction primaire en mettant la main à un pareil ouvrage. Mais un laïque, un philosophe surtout aurait mieux fait de s'abstenir, et de laisser à d'autres ce soin délicat [...] ».

VICTOR COUSIN ET LA SURVEILLANCE DE L'ÉCOLE NORMALE.
En novembre 1834 (vendredi 21 novembre) Victor Cousin, au nom du Conseil royal de l’Instruction publique dont il est membre, est chargé spécialement de la surveillance de l'École normale.

L'année suivante en septembre 1835 [lundi 14 septembre] Victor Cousin sera expressément nommé, par arrêté ministériel, directeur de l'École, où il succède à Joseph Daniel Guigniaut [1794-1876], qui a occupé ce poste depuis octobre 1830 [après en avoir été le directeur des études de 1829 à 1830].
Il quitte alors le 13 rue Madame où il a son domicile, et s'installe à la Sorbonne, y demeurant par autorisation spéciale après sa retraite, le 7 mai 1852, jusqu'à sa mort en janvier 1867. Il y installe sa bibliothèque, dont les seize mille volumes, les manuscrits, les incunables et les estampes constitueront ultérieurement la Bibliothèque Victor Cousin.
Il garde sa fonction de directeur de l'École jusqu'à sa nomination comme ministre de l'Instruction publique [1er mars 1840].
Dans la période 1833-1834, Victor Cousin reprend des cours à l'École normale pour les étudiants de troisième et dernière année : il y fait expressément référence dans une lettre à Schelling du vendredi 17 janvier 1834.


VICTOR COUSIN ÉDITE ET PUBLIE EN 1834.

MAINE DE BIRAN : NOUVELLES CONSIDÉRATIONS.
°Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de l’homme. Ouvrage posthume de M. Maine de Biran, publié par M. Cousin.
[Paris : imprimerie de Fournier. Ladrange, libraire, quai des Augustins, n°19. In-8. LXII-403 p*, 1834]. Avec une Préface de l'éditeur.
Est édité en même temps à Leipzig, chez Renouard.

La Préface de l’éditeur [Victor Cousin] occupe quarante deux pages, numérotées de I à XLII. Signée à Paris, 1er mars 1834.
« Quelques mois après la mort de M. Maine de Biran, M. Lainé, l’ami le plus intime et l’exécuteur testamentaire de l’honorable défunt, voulut bien me charger de reconnaître et d’examiner tous les papiers déposés entre ses mains. Voici la note dans laquelle je consignai les résultats de ce scrupuleux inventaire.
Dans un premier travail, qui a été fait chez M. Lainé par le secrétaire de M. de Biran et par moi, nous avons séparé tous les papiers placés sous nos yeux en trois classes : la première renfermant les écrits politiques de M. de Biran, c’est à dire les brouillons de discours prononcés à la tribune de la chambre des députés, des projets de rapports au conseil d’État, et des notes sur divers sujets d’administration et de politique ; la deuxième ses écrits philosophiques ; la troisième, des cahiers de souvenirs […] ».

Ce Mémoire de Maine de Biran couronné en 1811, par l’Académie royale de Copenhague, n’avait pas encore été publié.
Dans les Mémoires de l'Académie des Sciences morales et politiques [1837, page LXIII] il est indiqué : « M. Cousin avait été chargé par M. Laîné, exécuteur testamentaire de M. Maine de Biran, de reconnaître et d'examiner les manuscrits laissés par ce dernier. Après s'être livré à l'examen qui lui était demandé, il aurait désiré que les divers manuscrits qui lui avaient été confiés, servissent à une édition complète des œuvres philosophiques de M. de Biran ; mais sa proposition ne fut pas agréée. Il lui fut permis cependant de garder un manuscrit intitulé Des Rapports du physique et du moral, que l'auteur avait préparé pour l'impression, et qu'il avait fait précéder d'un avant-propos qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.
M. Cousin a publié ce manuscrit sous le titre de Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de l'homme. Il y a joint l'Examen des leçons de Laromiguière, et l'Exposition de la doctrine philosophique de Leibnitz du même auteur. Il a fait précéder ces divers écrits d'une préface dans laquelle il a résumé les doctrines de l'auteur, et signalé les lacunes qu'elles présentent, et qu'il a tâche de remplir ».

« M. Cousin a remarqué que ce qui manque à la philosophie de M. de Biran, où la volonté réhabilitée joue le principal rôle, c'est l'admission de l'intelligence, de la raison, distincte comme faculté, avec tout son cortège d'idées générales, de conceptions » [Sainte-Beuve, p. 969].
L'édition de ces Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de l’homme fait l'objet d'une mention dans le Journal des savans, p. 317, n° de mai 1834.

CONTENU DU VOLUME IV DES OEUVRES DE MAINE DE BIRAN.
Cet ouvrage constituera le quatrième et dernier volume des Oeuvres philosophiques de Maine de Biran, publiées par V. Cousin en 1841.

Contient :
Examen des leçons de philosophie de M. Laromiguière, ou considérations sur le principe de la psychologie, sur la réalité de nos connaissances et l’activité de l’âme [avec une citation de Leibniz].

Premier appendice : Opinion de Hume, sur la nature et l’origine de la notion de causalité.

Deuxième appendice : Sur l’origine de l’idée de force, d’après M. Engel [Voyez les Mémoires de l’Académie de Berlin, année 1802].

Exposition de la doctrine philosophique de Leibnitz [composé pour la Biographie universelle].

Réponses aux Argumens contre l’aperception immédiate d’une liaison causale entre le vouloir primitif et la motion, et contre la dérivation d’un principe universel et nécessaire de causalité de cette source.

ÉTAT DE L'INSTRUCTION EN PRUSSE.
État de l’instruction secondaire dans le Royaume de Prusse, pendant l’année 1831 [pour faire suite au mémoire sur l’instruction primaire en Prusse, à la fin de l’année 1831] par M. V. Cousin.
[Paris : F. G. Levrault, libraire, rue de la Harpe, n°81. Même maison, à Strasbourg, rue des Juifs, n°33. In-8, 70 p., tableaux. 1834].

Ce texte est réédité en 1837, sous le titre :
Mémoire sur l’instruction secondaire dans le Royaume de Prusse, pendant l’année 1831 [pour faire suite au mémoire sur l’instruction primaire en Prusse, à la fin de l’année 1831] par M. V. Cousin.
[Paris : F. G. Levrault, libraire, rue de la Harpe, n°81. Même maison, à Strasbourg, rue des Juifs, n°33. In-8, 195 p., tableaux. 1837].

ÉDITION DES OEUVRES COMPLÈTES DE PLATON.
L’édition de la traduction des Œuvres de Platon, commencée par Victor Cousin en 1822 se poursuit jusqu’en 1840.
Elle se compose de treize tomes in-octavo, édités à Paris : d'abord chez Bossange frères, de 1822 à 1827 inclus, pour les tomes un, deux, trois, quatre, cinq ; puis chez Pichon et Didier, en 1831 et 1832, pour les tomes six, sept, huit ; enfin chez Rey et Gravier, de 1833 à 1840, pour les tomes neuf, dix, onze, douze, treize. Le tout formant plus de cinq mille pages.
Chaque œuvre de Platon est précédé d'un Argument rédigé par Victor Cousin présentant le texte [sauf pour les tomes 11, 12, 13]

LES TREIZE TOMES DE L'ÉDITION DE PLATON.
La texte porté sur la couverture imprimée du premier tome est le suivant :
Œuvres/ complètes/ de Platon,/ traduites du grec en français,/ accompagnées de notes,/ et précédées d'une introduction sur la philosophie de Platon,/ par Victor Cousin,/ Ex-maître de conférences à l'ancienne école normale, professeur/ suppléant de l'histoire de la philosophie moderne, à la faculté des/ lettres de l'académie de Paris./ Paris : Bossange frères, libraires, Rue de Seine, n° 12./ 1822.
La page de titre de chacun des volumes porte simplement : Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin.

TOME PREMIER. 1822.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin. Tome premier [Paris : Bossange frères, libraires. Rue de Seine, n° 12. In-8, 371 p., 1822].
La page de gauche, face à la page de titre, porte la mention : De l'imprimerie de Firmin Didot, imprimeur du roi, rue Jacob, n° 24.

Contient les traductions de Euthyphron, ou de la sainteté ; Apologie de Socrate ; Criton, ou le devoir du citoyen ; Phédon, ou de l'âme. Notes additionnelles [pages 323-369].
L'argument philosophique de Euthyphron, ou de la sainteté occupe les pages 3-7.
L'argument philosophique de l'Apologie de Socrate occupe les pages 55-59.
L'argument philosophique de Criton, ou le devoir du citoyen occupe les pages 123-125.
L'argument philosophique de Phédon, ou de l'âme occupe les pages 159-181.

Le premier volume est dédié à [Augustin Nicolas] Épagomène Viguier [1793-1867], qui a aidé Victor Cousin dans son travail : « À/ mon ami/ Auguste Viguier,/ comme une dette et un souvenir».

TOME DEUXIÈME. 1824.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin. Tome deuxième [Paris : Bossange frères, libraires, rue de Seine, n° 12. In-8, 498 p., 1824].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : A Leipsig, chez Bossange frères, Reichs Strasse.
De l'imprimerie de Firmin Didot, imprimeur du roi, rue Jacob, n° 24.

Contient les traductions de Théétète, ou de la science ; de Philèbe, ou du plaisir. Notes additionnelles [pages 473-498].
L'argument philosophique de Théétète, ou de la science occupe les pages 3-32.
L'argument philosophique de Philèbe, ou du plaisir occupe les pages 246-288.

Le deuxième volume est dédié au poète italien Alessandro Manzoni [1785-1873].
« A/Alexandre Manzoni./Puissent ces deux monumens/de la philosophie qui a précédé et préparé le christianisme,/en lui rappelant des idées qui lui sont chères,/le faire songer quelquefois/à un ami absent./ ».

TOME TROISIÈME. 1826.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome troisième [Paris : Bossange frères, libraires, quai Voltaire, n° 11. In-8, 457 p., 1826].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : de l'imprimerie de Lachevardière fils, rue du Colombier, n° 30, à Paris.

Contient les traductions de Protagoras ou les sophistes ; Gorgias ou la rhétorique. Notes additionnelles. [pages 415-456].
L'argument philosophique de Protagoras ou les sophistes occupe les pages 3-8.
L'argument philosophique Gorgias ou la rhétorique occupe les pages 128-180.

Le troisième volume est dédié à Georg Wilhelm Friedrich Hegel [1770-1831] alors professeur à Berlin. Certains exemplaires de cette édition ne contiennent pas la dédicace.
« À M. G. W. F. Hegel, Professeur de philosophie à l’Université de Berlin.
Je viens, mon cher Hegel, vous prier d’accepter l’hommage de cette traduction du Gorgias. Il était dû sans doute à celui qui le premier replaça avec honneur, parmi les principes éternels de la philosophie du droit, les maximes contenues dans cet antique monument. Mais un autre motif encore me dirige en vous adressant cet hommage.
Hegel, il y a dix ans que vous me reçûtes à Heidelberg comme un frère, et que, dès le premier moment, nos âmes se comprirent et s’aimèrent. L’absence et le silence ne refroidirent pas votre amitié ; et quand dans ces derniers temps, voyageant de nouveau en Allemagne, une police extravagante, dirigée à son insu par une politique odieuse, osa attenter à ma liberté, me charger des accusations les plus atroces, et me déclarer d’avance convaincu et condamné, vous accourûtes spontanément vous présenter devant mes juges, leur dire que j’étais votre ami, et engager votre parole pour la mienne.
J’ai voulu, Hegel, vous remercier publiquement de cette noble conduite, non pour vous ni pour moi, mais pour la philosophie. Vous avez prouvé qu’elle n’est pas toujours une occupation stérile, et que le génie de l’abstraction peut très bien s’allier avec la fermeté de l’âme et le courage dans la vie. Encore une fois, Hegel, je vous en remercie » [Paris, ce 15 juillet 1826].

TOME QUATRIÈME. 1827.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome quatrième [Paris : Bossange frères, libraires, quai Voltaire, n° 11. In-8, 478 p., 1827].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : de l'imprimerie de Lachevardière fils, rue du Colombier, n° 30, à Paris.

Contient les traductions de Lysis, ou de l'amitié ; Hippias, ou du beau ; Ménexène, ou l'oraison funèbre ; Ion, ou de l'Iliade ; Le second Hippias ou du mensonge ; Euthydème, ou le disputeur. Notes additionnelles [pages 455-477].
L'argument philosophique du Lysis, ou de l'amitié occupe les pages 3-33.
L'argument philosophique de Hippias, ou du beau occupe les pages 81-96.
L'argument philosophique de Ménexène, ou l'oraison funèbre occupe les pages 172-183.
L'argument philosophique de Ion, ou de l'Iliade occupe les pages 221-235.
L'argument philosophique du Second Hippias ou du mensonge occupe les pages 275-293.
L'argument philosophique du Euthydème, ou le disputeur occupe les pages 339-358.
Le quatrième volume est dédié au comte Sanctorre de Santa Rosa [1783-1824].
Le texte de la dédicace est imprimé tout entier en lettres capitales.
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A la mémoire/ du comte/ Sanctorre de Santa Rosa,//
Né à Savillano le 18 septembre 1783,/ soldat à 11 ans,/ tour à tour officier supérieur et administrateur/ civil et militaire, ministre de la guerre dans les évènemens de 1821,/ auteur de l’écrit intitulé : de la révolution piémontaise,/ mort au champ d’honneur/ le 9 mai 1825, dans l’île de Sphactérie près Navarin,/ en combattant pour l’indépendance de la Grèce.//
L’infortuné a échoué dans ses plus nobles desseins./ Un corps de fer, un esprit droit, le cœur le plus sensible,/ une inépuisable énergie,/ l’ascendant de la force avec le charme de la bonté./ Le plus pur enthousiasme de la vertu/ qui lui inspirait tour à tour une audace ou une modération/ à toute épreuve,/ le dédain de la fortune et des jouissances vulgaires,/ la foi du chrétien avec les lumières nouvelles,/ la loyauté du chevalier même dans l’apparence de la révolte,/ les talens de l’administrateur avec l’intrépidité du soldat,/ les qualités les plus opposées et les plus rares/ lui furent données en vain./ Faute d’un théâtre convenable,/ faute aussi d’avoir bien connu son temps/ et les hommes de ce temps,/ il a passé comme un personnage romanesque,/ quand il y avait en lui un guerrier et un homme d’état.//
Mais non, il n’a pas prodigué sa vie pour des chimères ;/ il a pu se tromper sur le temps et les moyens,/ mais tout ce qu’il a voulu s’accomplira./ Non : la maison de Savoie ne sera point infidèle/ à son histoire,/ et la Grèce ne retombera pas sous le joug musulman.//
D’autres ont eu plus d’influence/ sur mon esprit et mes idées./Lui, m’a montré une âme héroïque,/ c’est encore à lui que je dois le plus.//
Je l’ai vu, assailli par tous les chagrins/ qui peuvent entrer dans le cœur d’un homme,/ proscrit, dépouillé, condamné à mort/ par ceux qu’il avait voulu servir,/ un instant même méconnu et calomnié par la plupart des siens,/ séparé à jamais de sa femme et de ses enfans,/ portant le poids des affections les plus nobles/ et les plus tristes,/ sans avenir, sans asile, et presque sans pain/ trouvant la persécution où il était venu chercher un abri,/ arrêté, jeté dans les fers,/ incertain s’il ne serait pas livré à son gouvernement,/ c’est-à-dire à l’échafaud ;//
Et je l’ai vu non-seulement inébranlable,/ mais calme, juste, indulgent,/ s’efforçant de comprendre ses ennemis/ au lieu de les haïr,/ excusant l’erreur, pardonnant à la faiblesse,/ s’oubliant lui-même, ne pensant qu’aux autres,/ commandant le respect à ses juges,/ inspirant le dévouement à ses geôliers ;//
Et quand il souffrait le plus,/ convaincu qu’une âme forte fait sa destinée,/ et qu’il n’y a de vrai malheur que dans le vice/ et dans la faiblesse,/ toujours prêt à la mort, mais chérissant la vie,/ par respect pour Dieu et pour la vertu/ voulant être heureux, / et l’étant presque/ par la puissance de sa volonté,/ la vivacité et la souplesse de son imagination,/ et l’immense sympathie de son cœur./ Tel fut Santa Rosa.//
Toi que j’ai rencontré trop tard, que j’ai perdu si vite/ que j’ai pu aimer/ toujours sans bornes et toujours sans regret,/ puisque c’est moi qui te survis,/ Sanctorre sois mon étoile à jamais ! // [Paris, ce 15 août 1827].

TOME CINQUIÈME. 1823.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome cinquième [Paris : Bossange frères, libraires, rue de Seine, n° 12. In-8, 441 p., 1823].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : de l'imprimerie de Firmin Didot, imprimeur du roi, rue Jacob, n°24.

Contient les traductions de Le premier Alcibiade, ou de la nature humaine ; le second Alcibiade, ou de la prière ; Hipparque, ou de l'amour du gain ; Théagès, ou de la vraie instruction ; Charmide, ou de la sagesse ; Lachès, ou du courage. Notes additionnelles [pages 397-440].
L'argument philosophique du Premier Alcibiade, ou de la nature humaine occupe les pages 3-13.
L'argument philosophique du Second Alcibiade, ou de la prière occupe la page 137.
L'argument philosophique de Hipparque, ou de l'amour du gain occupe les pages 179-180.
L'argument philosophique de Théagès, ou de la vraie instruction occupe les pages 229-231.
L'argument philosophique de Charmide, ou de la sagesse occupe les pages 267-277.
L'argument philosophique de Lachès, ou du courage occupe les pages 333-336.

Le cinquième volume est dédié à Claude Fauriel [1772-1844] : « A Cl. Fauriel/ ses amis le connaissent ;/ ils admirent et ils aiment/ la noblesse de son âme,/ l'étendue et la délicatesse de son esprit./ ».

TOME SIXIÈME. 1831.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome sixième [Paris : Pichon et Didier. In-8, 495 p., 1831].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Imprimerie de Lachevardière, rue du Colombier, n° 30.

Contient les traductions de Phèdre ou de la beauté ; Menon ou de la vertu ; Le Banquet ou de l'amour. Notes additionnelles [pages 347-493].
Les notes additionnelles pour chacun des dialogues sont très développées, mais il n'y a pas d'argument philosophique présenté en tête de chacun des dialogues.

TOME SEPTIÈME. 1831.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome septième [Paris : Pichon et Didier. In-8, CXLVIII-459 p.,+1 page d'errata. 1831].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Imprimerie de Lachevardière, rue du Colombier, n° 30.

Contient la traduction de Les Lois. Livres I-VI. Notes additionnelles [pages 381-458].

L'argument philosophique des Lois occupe les pages I- CXLVIII.

Le septième volume est dédié à J. G. Farcy [1800-1830].
« A la mémoire/ de/ J.-G. Farcy,/ élève de l'École normale,/ professeur de philosophie,/ tué, le 29 juillet 1830,/ à la prise des Tuileries,/ en combattant pour les lois.// Il avait vingt-neuf ans./ Son âme était sensible, délicate et fière ; / son cœur intrépide./ Il adorait/ la France, la poésie et la philosophie.// Après avoir couru le monde,/ traversé l'océan, visité l'Amérique,/ il commençait à se reposer/ dans l'étude qui convenait à son talent.// Plus jeune que moi,/ j'avais mis en lui des espérances/ qui n'auraient point été trompées./ Arrivé à Paris, le 29 juillet matin,/ il m'accompagna/ à la mairie du onzième arrondissement,/ où les citoyens assemblés/ organisaient une municipalité nationale ; // et tandis que d'impérieux devoirs/ m'occupaient tout entier,/ le bruit du canon me l'enleva,/ et il courut/ au Louvre et aux Tuileries.// Il est tombé vers une heure,/ rue de Rohan,/ près de l'endroit où est placé l'inscription/ qui le rappelle.// Il a peu souffert et, grâce à Dieu,/ la balle qui l'a frappé/ ne partait pas de la main d'un français.// Il est, avec Vanneau,/ la plus précieuse victime des trois journées.// Que la patrie conserve son nom ! /Victor Cousin/ Paris, 1er mai 1831./ ».

TOME HUITIÈME. 1832.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome huitième [Paris : Pichon , libraire-éditeur, quai des Augustins, n°25. In-8, 522 p., 1832].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Paris : Imprimerie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel, n° 8.

Contient la traduction de les Lois. Livres VII-XII. Notes additionnelles [pages 405-521].

TOME NEUVIÈME. 1833.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome neuvième [Paris : Rey et Gravier, libraires, quai des Augustins, n° 45. In-8, 395 p., 1833].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Paris : Imprimerie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel, n° 8.

Contient la traduction de La République. Livre I-V. Notes additionnelles [pages 325-394].

TOME DIXIÈME. 1834.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome dixième [Paris : Rey et Gravier, libraires, quai des Augustins, n° 45. In-8, 388 p.,1834].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Paris : Imprimerie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel, n° 8.

Contient la traduction de La République. Livres VI-X. Notes additionnelles [pages 297-387].

TOME ONZIÈME. 1837.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome onzième [Paris : Rey et Gravier, libraires, quai des Augustins, n° 45. In-8, 545 p., 1837].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Paris : Imprimerie et fonderie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel, n° 8.

Contient la traduction de Cratyle ou de la propriété des noms ; Le Sophiste ou de l'être ; Le Politique ou de la royauté. Notes additionnelles [pages 487-544].
Il n'y a pas d'argument philosophique placé en tête de chaque dialogue.

TOME DOUZIÈME. 1839.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin, tome douzième [Paris : Rey et Gravier, libraires, quai des Augustins, n° 45. In-8, 383 p., 1839].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Paris : Imprimerie et fonderie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel, n° 8.

Contient la traduction de Parménide ou sur les idées ; Timée ou de la nature ; Critias ou l'Atlantide ; Timée de Locres. Notes additionnelles [pages 303-381].
Il n'y a pas d'argument philosophique placé en tête de chaque dialogue.

TOME TREIZIÈME. 1840.
Page de titre :
Œuvres de Platon, traduites par Victor Cousin. Tome XIII et dernier. Appendice [Paris : P.-J. Rey, libraire, quai des Augustins, 45. In-8, 250 p., 1840].
La page de gauche, face à la page de titre porte la mention : Paris : Imprimerie et fonderie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel, n° 8.

Contient les traductions de : Epinomis ou la philosophie ; Minos ; Clitophon ; les Lettres [de I à XIII inclus] ; l'Axiochus, ou sur la mort ; du Juste ; de la Vertu, si elle peut-être enseignée ; Démodocus ; Sisyphe ; Erixias ou de la richesse ; Définitions ; Pièces de vers, attribuées à Platon ; Testament. Notes additionnelles [pages 217-248].
Il n'y a pas d'argument philosophique placé en tête de chaque dialogue.

COMMENTAIRE D'OLYMPIODORE DANS LE JOURNAL DES SAVANS.
Publication, dans le Journal des savans, de plusieurs articles de Victor Cousin : Du Commentaire inédit d'Olympiodore sur le Phédon, d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale de Paris.
Journal des savants, juin 1834, pages 321-327 ;
« Forster est, je crois, le premier qui dans son édition du Phédon [Oxford, 1745], ait donné quelques lignes de ce commentaire [...] ».
Juillet 1834, pages 425-434.
Août 1834, pages 482-491.

À LA CHAMBRE DES PAIRS EN 1834.

NOMINATIONS DE NOUVEAUX PAIRS.
4 avril 1834.
Félix Barthe [1795-1863], élevé à la dignité de pair de France.
Est nommé, par ordonnance du roi, en date du 31 mars 1839, premier président de la Cour des comptes [1834-1837 et 1839-1863], en remplacement du comte Siméon, démissionnaire.

15 avril 1834.
Claude Baillot [1771-1836], membre de la Chambre des Députés, élevé à la dignité de pair de France, par ordonnance du roi, en date du 15 avril 1834.

19 avril 1834.
Adrien de Gasparin [1783-1862], élevé à la dignité de pair de France, par ordonnance du roi, en date du 19 avril 1834.
Préfet du Rhône, depuis novembre 1833. Réprime la révolte des Canuts à Lyon, en avril 1834.

30 septembre 1834.
Le Lieutenant général Baron Antoine Aymar [1773-1861], élevé à la dignité de pair de France, par ordonnance du roi, en date du 30 septembre 1834.

10 novembre 1834.
Le général-baron Simon Bernard [1779-1839], élevé à la dignité de pair de France, par ordonnance du roi, en date du 10 novembre 1834.

À L’ACADÉMIE FRANÇAISE EN 1834.

DÉCÈS D'ANTOINE VINCENT ARNAULT.
L’homme politique et écrivain Antoine Vincent* Arnault [1766-1834], secrétaire perpétuel de l’Académie française depuis le 23 mai 1833, meurt le mardi 16 septembre 1834.
Lui succèdera à l'Académie française [fauteuil 13] l’écrivain de théâtre Eugène Scribe [1791-1861], élu le jeudi 27 novembre 1834, contre Narcisse Achille *de Salvandy [1795-1856].

C’est Abel François Villemain [1790-1870], à nouveau conseiller d’État depuis août 1830, qui lui succède comme secrétaire perpétuel par l’élection du jeudi 11 décembre 1834.

DÉCÈS DE FRANÇOIS AUGUSTE PERCEVAL GRANDMAISON.
François Auguste Parseval Grandmaison [1759-1834], traducteur et poète, meurt le dimanche 7 décembre 1834. Il avait été nommé le 16 janvier 1811 à l’Académie française en remplacement du poète et traducteur Ange François Fariau, dit de Saint-Ange [1747-1810], et reçu le 20 avril 1811 par l’homme politique et avocat Regnaud de Saint-Jean d’Angély [1760-1819].
Lui succédera [fauteuil 1] le comte Narcisse Achille *de Salvandy [1795-1856], conseiller d’État, élu le jeudi 19 février 1835.

ÉLECTION D'EUGÈNE SCRIBE.
L’auteur dramatique Eugène Scribe [1791-1861] est élu le jeudi 27 novembre 1834, membre de l’Académie française, au fauteuil 13, en remplacement de l’homme de lettres Antoine Vincent Arnault [1766-1834], qui a été secrétaire perpétuel du 23 mai 1833 au mardi 16 septembre 1834.
L’élection d’Eugène Scribe se fait contre le comte Narcisse Achille *de Salvandy [1795-1856], qui a déjà échoué en mars 1832 face à Antoine Jay [1770-1854], mais qui sera finalement élu en février 1835.
L’écrivain et philosophe mystique Pierre Simon Ballanche [1776-1847], pour la première fois, se présente, mais sans succès à cette élection.
Est reçu, le jeudi 28 janvier 1836, par Abel François Villemain [1790-1870].

ÉLECTION DE CHARLES NODIER.
Le poète et grammairien Charles Nodier [1780-1844], conservateur de la Bibliothèque de l’Arsenal, est élu le 24 octobre 1833, au fauteuil 25, membre de l’Académie française, en remplacement de Jean Louis Laya [1761-1833], décédé le dimanche 25 août 1833.
Il s’était déjà présenté le 2 décembre 1824, au fauteuil de l’avocat Pierre Louis Lacretelle, dit Lacretelle l’aîné [1751-1824], face à l'historien Joseph Droz [1773-1850] Et le jeudi 20 juin 1833, au fauteuil du poète dramatique et homme politique François Andrieux [1759-1833], face à Adolphe Thiers [1797-1877].

Est reçu le vendredi 26 décembre 1834 par Étienne de Jouy [1769-1846], journaliste et auteur dramatique.

ABEL FRANÇOIS VILLEMAIN, ÉLU SECRÉTAIRE PERPÉTUEL.
Abel François Villemain [1790-1870], maître de conférences à l’École normale [1810-1816], professeur d’Éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris [1815-1852], a été élu membre de l’Académie française le jeudi 26 avril 1821. Conseiller d’État [1828-1839], il est élu secrétaire perpétuel de l’Académie le jeudi 11 décembre 1834, succédant dans ce poste à Antoine Vincent Arnault [1766-1834], décédé le mardi 16 septembre 1834.

LA SUCCESSION DES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.
Au XIX ème siècle, les secrétaires perpétuels de l’Académie française sont successivement :
Jean Baptiste Antoine Suard [1732-1817], secrétaire perpétuel de la deuxième Classe [Langue et Littérature française] de l’Institut national [1803] ; Jean Baptiste Suard [1732-1817] à nouveau, au lendemain de la seconde Restauration, au moment de la reconstitution de l’Académie française, nommé par l’ordonnance royale du 21 mars 1816 ; François Just Marie Raynouard [1761-1836] élu secrétaire perpétuel le 7 août 1817, démissionnaire en 1826 ; Louis Simon Auger [1772-1829] élu secrétaire perpétuel le 1er janvier 1826 ; François Andrieux [1759-1833] élu secrétaire perpétuel le 22 janvier 1829 ; Antoine Vincent Arnault [1766-1834] élu secrétaire perpétuel le 23 mai 1833 ; Abel François Villemain [1790-1870] élu secrétaire perpétuel le 11 décembre 1834.
Henri Joseph Guillaume Patin [1793-1876], membre de l'Académie française depuis le 4 mai 1842 [fauteuil 26], est élu secrétaire perpétuel le 29 janvier 1871.
Camille Doucet [1821-1895], membre de l'Académie française le 6 avril 1865 [fauteuil 32], est élu secrétaire perpétuel le 30 mars 1876.
Gaston Boissier [1823-1908], membre de l'Académie française le 8 juin 1876 [fauteuil 26], est élu secrétaire perpétuel le 2 mai 1895.
Paul Thureau-Dangin [1837-1913] élu secrétaire perpétuel en 1908.

ABEL FRANÇOIS VILLEMAIN DEVIENDRA MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.
Une première fois, du 12 mai 1839 au 1er mars 1840 dans toute la durée du deuxième ministère Soult.

Après une démission qui l'éloigne du ministère quelques semaines, Abel François Villemain est ministre une deuxième fois, dans le troisième ministère Soult [29 octobre 1840-18 septembre 1847]. Mais l’état de santé d'Abel François Villemain nécessitera qu’on le décharge de ses fonctions le 30 décembre 1844. Il est remplacé par interim par Sylvain Dumon [1797-1870], du 30 décembre 1844 au 1er février 1845. Puis par Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856], qui a déjà été ministre de l’Instruction publique, ancien ambassadeur de France à Turin, qui assurera cette fonction du 1er février 1845 au 23 février 1848, soit en partie dans le troisième ministère Soult, et dans la totalité du ministère de François Guizot.

À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES EN 1834.

PRÉSIDENCE D'HUGUES BERNARD MARET.
Hugues Bernard Maret, duc de Bassano [1763-1839], vice-président pour l’année 1833 est, selon l’usage, président pour l’année 1834.
Sera pour quelques jours, du 10 au 18 novembre 1834, Président du Conseil et Ministre de l’intérieur.

VICE-PRÉSIDENCE DE CARL FRIEDRICH REINHARD.
Le comte Carl Friedrich Reinhard [1761-1837], diplomate et pair de France est élu vice-président.

31 MAI 1834. LECTURE D'UN MÉMOIRE POSTHUME DE MAINE DE BIRAN.
Le samedi 31 mai 1834, Victor Cousin lit à l'Académie des Sciences morales et politiques, un Mémoire posthume de Maine de Biran, correspondant de l'ancienne classe des Sciences morales et politiques : Sur le Sommeil, les songes et le somnambulisme.

Il fait précéder cette lecture de quelques observations particulières, dans lesquelles il a indiqué la solution donnée par Maine de Biran, solution qu'il a lui-même depuis longtemps, a-t'il dit, adoptée et professée. M. Cousin n'a pas adopté cependant tous les points de la théorie de l'auteur du mémoire ; il croit y avoir découvert une erreur grave qu'il a signalée, et qu'il fait consister en ce que Maine de Biran n'a pas fait une part convenable à l'intelligence proprement dite, à la faculté de connaître.

Incipit : « Le nom de M. Maine de Biran appartient à la classe des sciences morales et politiques. C'est pour elle qu'il composa ses premiers écrits : ce sont les deux prix qu'il y remporta sur la question de l'Influence de l'habitude et sur celle de la Décomposition de la pensée, qui fondèrent sa réputation. Il en avait été membre correspondant ; il s'il eût assez vécu pour assister à son rétablissement, sa place était marquée parmi vous dans la section de philosophie, à côté de MM. de Tracy, Degérando et Laromiguière. C'est donc en quelque sorte un Mémoire d'un de ses membres que je viens de lire à l'Académie [Nouvelles considérations sur le sommeil, les songes et le somnambulisme ; mémoire posthume de M. Maine de Biran]. En l'admettant dans la collection qu'elle publie [Mémoires de l'Académie royale des sciences morales et politiques de l'Institut de France, page 3-77] l'Académie rattachera son existence présente à son existence passée, et les travaux que l'avenir attend d'elle à ceux qui ont déjà honoré son nom ».

Publié dans les Mémoires de l'Académie royale des Sciences morales et politiques de l’Institut de France [Paris : De l’imprimerie de Firmin-Didot frères et Cie, 1837 tome I, 2e série pages 3-77]. Sous le titre : Nouvelles considérations sur Le sommeil, les songes et le somnambulisme ; Mémoire posthume de M. Maine de Biran, lu à l’Académie des Sciences morales et politiques, le samedi 31 mai 1834.

NOTE BRÈVE SUR MAINE DE BIRAN.
Maine de Biran [1766-1824] est conseiller de préfecture à Périgueux [nommé le 13 mars 1805] lorsqu’il est élu correspondant de la troisième classe de l’Institut national [classe d’histoire et de littérature ancienne] le 22 novembre 1805 [la Classe des Sciences morales ayant été supprimée par arrêté du 23 janvier 1803].
Il sera nommé sous-préfet de Bergerac quelques mois plus tard [31 janvier 1806].
Il avait été deux fois lauréat de l’Institut.
1. Une première fois [6 juillet 1802] pour un Mémoire sur l’habitude [mémoire appelé souvent second mémoire sur l’habitude, compte-tenu d’un premier mémoire, qui n’a pas le prix – aucun prix n’est remis - mais qui reçoit une mention honorable le 6 avril 1801].
2. Une deuxième fois [8 mars 1805] pour un Mémoire répondant à la question : Comment doit-on décomposer la faculté de penser et quelles sont les facultés élémentaires qu’il faut y reconnaître ?
En mars 1816, au moment de la réorganisation de l’Institut, restituant aux classes leur ancien nom, Maine de Biran est nommé correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il est alors élu député de Bergerac [22 août 1815]. Non réélu en 1816, il est appelé au conseil d’État en service ordinaire le 16 octobre 1816.

Quant à Victor Cousin, il est en train de publier les Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de l’homme, ouvrage posthume de Maine de Biran, publié par M. Cousin avec une préface de l'éditeur [Paris : imprimerie de Fournier. Ladrange, libraire, quai des Augustins, n° 19. In-8. LXII-403 p*., 1834], et pense sans doute à la publication par ses soins des Oeuvres de Maine de Biran, qui sera effective en 1841, en quatre volumes.

COMPTE RENDU : LES TROIS ÂMES SELON MAINE DE BIRAN.
Dans une livraison de L'Institut, journal général des sociétés et travaux scientifiques de la France et de l'étranger, II ème section : Sciences historiques et philosophiques, tome I, 1836 [volume 9, page 94], on trouve un compte rendu de cette séance du 31 mai 1834.

« Psychologie : Causes des rêves. – Dans une séance du mois de mai 1834, M. Cousin a lu un fragment des manuscrits inédits de M. Maine de Biran, relatif aux rêves, au délire et à la manie.
Suivant M. de Biran, il faut soigneusement distinguer, dans la classification des sciences, la physique, la physiologie et la psychologie. « Tout ce qui sort de la libre activité tombe sous les lois nécessaires de la nature morte ou vivante, et appartient à la physique. Les facultés, les fonctions de la vie animale, prise dans toute son étendue, sont du propre ressort de la physiologie, qui laisse à part et au-dessus d’elle la (psychologie) science des facultés de l’être libre, intelligent et moral. »
L’homme, suivant lui encore, est à la fois l’objet de ces trois sciences, par quelque partie de lui-même, appartenant à la fois aux trois natures physique, animale et morale, auquel sens les anciens philosophes ont eu grande raison de dire qu’il y avait dans chacun de nous trois âmes, l’une végétative, l’autre sensitive, et la dernière raisonnable.
Ces trois âmes, natures ou éléments, paraissent à M. de Biran être le plus souvent
d’accord dans l’homme : « Les deux derniers surtout, qui constituent l’homme double,
sont si intimement unis dans l’état naturel, que la réflexion a bien de la peine à les
concevoir séparés. » Mais il lui semble aussi qu’ils se présentent quelquefois en
désaccord, ou agissent séparément, et c’est dans ce désaccord, ou cette action séparée, qu’il trouve l’explication des rêves, du délire, de la manie et d’autres états semblables.
« Dans le sommeil, dit-il, l’âme sensitive ne cesse pas de recevoir des impressions et
d’être déterminée à divers actes ou mouvements très coordonnés qui se proportionnent nécessairement à la nature des affections qu’elle éprouve, mais l’âme raisonnable n’y est pas, la conscience est enveloppée, le moi ou la personne absente ignore complètement ce qu’éprouve l’âme sensitive, et tant qu’un pareil état dure, nous dormons. Prenant un exemple en moi-même, il m’arrive assez fréquemment de dormir profondément malgré un véritable état de souffrance que l’âme sensitive éprouve et que le moi absent ne sait pas ; soit que cette souffrance augmente au point d’éveiller le moi, soit qu’il s’éveille par toute autre cause, aussitôt qu’il redevient présent à lui-même, il perçoit l’affection dans son siège ; et il l’y perçoit, non comme une sensation qui naîtrait à l’instant même, mais comme une impression affective qui préexistait à sa perception ou qui était dans la sensibilité physique avant d’être dans la conscience …
« Les rêves sont les produits spontanés du sens interne de l’intuition, pendant que les
facultés vraiment actives de l’âme (raisonnable) sont suspendues …
« L’idiotisme correspond à l’état où le moi sommeille, pendant que les organes sensitifs proprement dits sont seuls éveillés et prennent même ainsi quelquefois, par la concentration de leur vie propre, un degré supérieur d’énergie. L’état de démence
correspond encore à celui où le cerveau produit spontanément des images tantôt liées,
plus souvent décousues, pendant que la pensée sommeille ou jette de temps en temps
quelques éclairs passagers.
« L’idiot vit et sent ; sa vie se compose d’impressions nombreuses qu’il reçoit du dedans et du dehors, et des mouvements qui se proportionnent à la nature de ces impressions ; il parcourt, en un mot, le cercle entier de l’existence sensitive ; mais au-delà de ce cercle il n’y a plus rien …
« Dans le maniaque avec délire, le sens interne de l’imagination ou de l’intuition se
trouve complètement soustrait à l’action ou l’influence de cette force qui constitue la
personne. Les images prennent alors d’elles-mêmes, dans le centre cérébral, les divers
caractères de persistance, de vivacité, de profondeur que prennent les affections
immédiates dans leurs sièges particuliers, par le seul effet des dispositions organiques. »
M. Cousin a terminé cette lecture en déclarant que le fond de la doctrine de M. Maine de Biran, sur cette question, est sa propre opinion à lui-même. »


Dans une séance suivante, François Joseph Victor Broussais [1772-1838] lit une note en réponse au fragment de Maine de Biran, où il s'attache à prouver la fausseté de son opinion.

ÉLECTIONS À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES EN 1834.

ÉLECTION DE JAMES MILL, COMME CORRESPONDANT.
James Mill [1773-1836], secrétaire financier de la Compagnie des Indes, est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie politique [place 3], au moment de la désignation des correspondants.

Par les votes du samedi 14 décembre 1833, et du samedi 4 janvier 1834, sont élus correspondants de la section d’Économie politique et statistiques : le baron Henri Storck [place 1] ; Adolphe Quételet [place 2] ; Hippolyte Passy [place 2 bis] ; James Mill [place 3] ; John Mac Culloch [place 4] ; Sébastien Saulnier [place 5] ; le baron Pierre Bigot de Morogues [place 6] ; Carl Poëlitz [place 6 bis].
Après sa mort, le jeudi 23 juin 1836, James Mill est remplacé par le botaniste et agronome espagnol Ramon de La Sagra [1798-1871], professeur d’économie sociale, élu le samedi 28 janvier 1837.

ÉLECTION DE JOHN MAC CULLOCH, COMME CORRESPONDANT.
John Mac Culloch [1789-1864], professeur d’économie politique, est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie politique [fauteuil 4], au moment de la création des places de correspondant.
Est élu associé étranger [fauteuil 4] le samedi 21 janvier 1843, en remplacement de l’historien et économiste suisse Sismonde de Sismondi [1773-1842], décédé le samedi 25 juin 1842.
Son élection comme associé étranger libère sa place de correspondant pour Charles Babbage [1792-1871], élu le samedi 3 février 1844.
Après sa mort, le 11 novembre 1864, John Mac Culloch est remplacé comme associé par Lord Gladstone [1809-1898], élu le 4 mars 1865.

ÉLECTION DE SÉBASTIEN LOUIS SAULNIER, COMME CORRESPONDANT.
Fondateur de la Revue britannique, Sébastien Louis Saulnier [1790-1835], préfet du Loiret [1831-1835], est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie [place 4], au moment de la création des places des correspondants.
Après sa mort, le vendredi 23 octobre 1835, est remplacé par Nicolas Delacroix [1785-1843], élu le samedi 9 avril 1836.

ÉLECTION DE BIGOT DE MOROGUES, COMME CORRESPONDANT.
Le baron Bigot de Morogues [1776-1840], ingénieur des Mines, est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie politique [place 6], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le lundi 15 juin 1840, est remplacé par le vicomte de Villeneuve-Bargemont [1784-1850], élu le samedi 23 janvier 1841, qui sera ultérieurement élu [le 12 avril 1845] membre titulaire de la section de Morale.

ÉLECTION DE CARL POËLITZ, COMME CORRESPONDANT.
Carl Poëlitz [1772-1838], professeur de philosophie et de droit naturel, est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie politique et statistique [place 6 bis], au moment de la création des places de correspondants.
Après sa mort, le mardi 27 février 1838, est remplacé par Senior [1790-1864], professeur d’Économie politique, élu le samedi 4 mars 1843.

ÉLECTION DE SCHELLING, COMME CORRESPONDANT.
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854], à Munich, est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie [place 3], au moment de la désignation des correspondants.

Il sera élu associé étranger le samedi 21 mars 1835. À la suite de cette élection comme associé étranger, Christian August Brandis [1790-1867], professeur de philosophie à l'Université de Bonn, spécialiste d'Aristote, est élu comme correspondant le samedi 17 juin 1837.
Après sa mort, le 20 août 1854, Friedrich von Schelling est remplacé comme associé par Christian August Brandis [1790-1867], professeur de philosophie à l'Université de Bonn, spécialiste d'Aristote, élu le 10 février 1855.

ÉLECTION DE FRIEDRICH SCHLEIERMACHER, COMME CORRESPONDANT.
Friedrich [Daniel Ernst] Schleiermacher [1768-1834], secrétaire de l'Académie de Berlin, est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie [place 4], au moment de la désignation des correspondants.
Après sa mort, le mercredi 12 février 1834, est remplacé par l'historien de la philosophie [August] Heinrich Ritter [1791-1869], professeur de philosophie à Göttingen, élu le samedi 20 janvier 1838.

ÉLECTION DE ÉTIENNE ESQUIROL, COMME CORRESPONDANT.
Étienne Esquirol [1772-1840], médecin en chef de la Maison royale des aliénés de Charenton, Inspecteur général des études pour les études médicales, du 22 septembre 1824 à 1830, est élu, le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie [place 4 bis], au moment de la désignation des correspondants.
Après sa mort, le 12 décembre 1840, à Paris, Étienne Esquirol est remplacé par Joseph Willm [1792-1853], inspecteur de l'académie de Strasbourg depuis octobre 1834, élu le samedi 13 février 1847.

ÉLECTION DE JAMES COWLE PRICHARD, COMME CORRESPONDANT.
Médecin et anthropologue, James Cowle Prichard [1786-1848] est élu le samedi 4 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie [place 5], au moment de la désignation des correspondants.
Après sa mort, le vendredi 22 décembre 1848, James Cowle Prichard est remplacé comme correspondant par Thomas Henri* Martin [1813-1884], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Rennes [1838-1880], élu le 19 janvier 1850.

ÉLECTION D'EMMANUEL DE FELLEMBERG, COMME CORRESPONDANT.
Emmanuel de Fellenberg [1771-1844], pédagogue et réformateur suisse, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Morale [place 1], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le jeudi 21 novembre 1844, est remplacé par le R. P. Jean Baptiste Girard [1765-1850], élu le 18 janvier 1845.

ÉLECTION DE JEAN JACQUES ORDINAIRE, COMME CORRESPONDANT.
Jean Jacques Ordinaire [1770-1843]. Professeur de Grammaire générale à l’École centrale du département du Doubs [Besançon], du 29 avril 1797 au 21 juin 1803. Proviseur de lycée [2 juin-24 août 1809]. Recteur de l’Académie de Besançon, du 24 août 1809 au 29 juin 1824, puis à nouveau du 11 août 1834 au 12 octobre 1839, en même temps qu'il est professeur de Philosophie à la Faculté de 1809 à 1824. Élu, le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques, section de Morale [place 2], au moment de la désignation des correspondants.
Après sa mort, Jean Jacques Ordinaire est remplacé par l’avocat André Guerry [1802-1866], spécialiste de statistique, élu le samedi 10 février 1844.

Sont alors correspondants de la section de Morale, par l’élection du samedi 25 janvier 1834,les six correspondants suivants : Philipp Emanuel von Fellenberg [1771-1844] ; Désiré Ordinaire [1773-1847] ; le pasteur Thomas Chalmers [1780-1847] ; Claude Lucien Bergery [1787-1863] ; le médecin *Nicholaus Julius [1733-1862] ; l'ancien député Huerne de Pommeuse [1765-1840].

ÉLECTION DE JOSEPH LAKANAL, COMME MEMBRE TITULAIRE.
Joseph Lakanal [1762-1845] est élu le samedi 22 mars 1834, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, dans la section de Morale [fauteuil 2] en remplacement du comte Dominique Joseph* Garat [1749-1833], décédé le lundi 9 décembre 1833.
Lakanal, avait été élu le 14 décembre 1795, membre de la Classe des Sciences morales et politiques, section de Morale [fauteuil 5], où il siégeait aux côtés de Bernardin de Saint-Pierre, de Louis Sébastien Mercier, de l’abbé Henri Grégoire, de La Révellière-Lépeaux, de Jacques-André Naigeon. Au moment de la suppression de la classe des Sciences morales par arrêté consulaire du 23 janvier 1803 [3 pluviôse an XI], Joseph Lakanal est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’Histoire et de Littérature ancienne.
Il est expulsé de France par l'ordonnance royale du 24 juillet 1815, comme régicide,et exclu de l’Institut, au moment de la Restauration, par ordonnance royale du 21 mars 1816. Son nom avait été omis dans la liste des membres de droit au moment du rétablissement de l’Académie des Sciences morales et politiques en 1832.

Sont alors membres de la section de Morale : Théodore Jouffroy [fauteuil 1] ; Lacuée comte de Cessac [fauteuil 3] ; comte Pierre Louis Roederer [fauteuil 4] ; Charles Dunoyer [fauteuil 5] ; Joseph Droz [fauteuil 6].
Après sa mort, est remplacé par le comte Alban de Villeneuve-Bargemont [1784-1850], député, déjà correspondant de l’Institut depuis 1841, élu membre titulaire le 12 avril 1845.

ÉLECTION DE THOMAS CHALMERS, COMME CORRESPONDANT.
Thomas Chalmers [1780-1847], ministre presbytérien, professeur de philosophie morale à l’Université de Saint-Andrews, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Morale [place 3], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le dimanche 30 mai 1847, est remplacé par le comte Carlo Petitti [1790-1850], élu le samedi 15 janvier 1848.

ÉLECTION DE CLAUDE LUCIEN BERGERY, COMME CORRESPONDANT.
Claude Lucien Bergery [1787-1863], capitaine d’artillerie, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Morale [place 1], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le 18 avril 1863, est remplacé par Frédéric Demetz [1796-1873], spécialiste des questions pénitentiaires, élu le 6 février 1864.

ÉLECTION DE NICHOLAUS JULIUS, COMME CORRESPONDANT.
Nicholaus Julius [1733-1862], médecin, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Morale [place 5] , au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le 20 juillet 1862, est remplacé par le baron de Holtzendorff [1829-1889], professeur de droit, élu le 13 avril 1870.

ÉLECTION DE HUERNE DE POMMEUSE, COMME CORRESPONDANT.
Huerne de Pommeuse [1765-1840], ancien député, spécialiste des canaux, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Morale [place 5 bis], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le jeudi 25 juin 1840, cette place est mise à la disposition de la section d’économie politique et statistique.

ÉLECTION DE JOHN AUSTIN, COMME CORRESPONDANT.
John Austin [1790-1859], professeur de jurisprudence à l’Université de Londres, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Législation [place 5], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le 17 décembre 1859, John Austin est remplacé par le juriste français Charles Demolombe [1804-1887], professeur de Code Napoléon, doyen de la Faculté de Droit de Caen [17 juin 1853] élu le 23 janvier 1864.

ÉLECTION DE LUDWIG KLUBER, COMME CORRESPONDANT.
Ludwig Kluber [1762-1837], juriste, est élu le samedi 25 janvier 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section de Législation, droit public, jurisprudence [place 6], au moment de la création des places de correspondant.
Après sa mort, le 16 février 1837, est remplacé par le professeur de droit Anton Thibaut [1774-1840], élu le 22 février 1837.

ÉLECTION DE FÉLIX DE BEAUJOUR, COMME CORRESPONDANT.
Le baron Félix de Beaujour [1765-1836], élevé à la dignité de pair de France en 1835, est élu le samedi 10 mai 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie politique et statistique [place7], au moment de la création des places de correspondant.
Est élu, le samedi 19 mars 1836, membre libre de l’Académie des Sciences morales et politiques [fauteuil 2], en remplacement de Joseph François Carnot [1752-1835], décédé le vendredi 31 juillet 1835.

Le passage de Félix de Beaujour de correspondant à membre libre libère sa place de correspondant pour l'économiste anglais William Jacob [1795-1864], élu le samedi 9 avril 1836
Après sa mort, le vendredi 1er juillet 1836, est remplacé comme membre libre par le comte Joseph Marie Portalis [1778-1858], élu le samedi 18 février 1837.
Créé, à l’intention de l’Académie des Sciences morales et politiques, un prix [Prix Beaujour] « à décerner à l'auteur du meilleur mémoire sur les questions dont la solution trouverait des moyens de prévenir ou de soulager la misère dans les divers pays, mais plus particulièrement en France » Le jury est formé de commissions mixtes, avec à chaque fois, un jury ad hoc.

16-23 AOÛT 1834. BROUSSAIS LIT SON MÉMOIRE SUR LE PHYSIQUE ET LE MORAL.
Lecture par François Joseph Victor Broussais [1772-1838] du Mémoire sur l’association du physique et du moral.
Mémoire sur l’association du physique et du moral, par F. J. V. Broussais, membre de l’Académie, lu à l’Académie des Sciences morales et politiques, les samedis 16 et 23 août 1834.
Le texte en est publié dans les Mémoires de l’Académie royale des Sciences morales et politiques de l’Institut de France. Tome 1 [2ème série] 1837, pages 113-199.

FRANÇOIS JOSEPH VICTOR BROUSSAIS.
Né le 17 décembre 1772, à Saint-Malo [actuellement département d'Ille-et-Vilaine] ; mort le samedi 17 novembre 1838, à Vitry [Seine].
En 1834, François Joseph Victor Broussais [1772-1838] a soixante et un ans. Inspecteur général du service de santé des armées, depuis 1832, il a été élu membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, section de Philosophie [fauteuil 6], le samedi 29 décembre 1832, parmi les dernières personnalités [en même temps que William Frédéric Edwards [1777-1842] ; et après Victor Cousin, élu dès le samedi 17 novembre].
Son œuvre majeure est De l’Irritation et de la folie [1828]. Il représente le courant du matérialisme médical, opposé au spiritualisme de Victor Cousin.

MENTION, ET RECENSION D'OUVRAGES DE COUSIN EN 1834.

RECENSION DES FRAGMENTS PHILOSOPHIQUES EN HOLLANDE.
Amédée Wendt, professeur de philosophie à l’Université de Göttingen, fait une longue recension de la seconde édition des Fragments dans la Göttingische geleherte Anzeigen, du lundi 22 septembre 1834, traduite en français dans la Revue germanique, septembre 1834.

Amédée Wendt.
Amédée Wendt [1783-1836]. Professeur de philosophie à Leipzig [1810], puis à Göttingen [1829]. Polygraphe abondant, collaborateur du grand dictionnaire Brockhauss, dans lequel il est sans doute le rédacteur de la notice consacrée à Georg Wilhelm Friedrich Hegel.
Il reprend et complète l’édition allemande du Manuel d’histoire de la philosophie de Tennemann : le manuel avait été édité par Tennemann en 1812 [1ère édition] ; puis en 1815 [2ème édition] ; puis repris par Wendt en 1820 [3ème édition] ; en 1825 [4ème édition]. C’est à partir de cette édition de 1825, que Victor Cousin édite sa traduction en 1829.
La seconde édition de la traduction de Victor Cousin [1839] se fera à partir de la 5ème édition de Wendt [1830].

En septembre 1834, Amédée Wendt fait une longue recension de la seconde édition des Fragments philosophiques [1833], dans la Göttingische gelehrte Anzeigen. Cet article sera traduit en français dans le numéro de septembre 1834 de la Revue Germanique.

TRADUCTION, ÉDITION À L’ÉTRANGER DES ŒUVRES DE COUSIN EN 1834.

CRITICAL EXAMINATION OF LOCKE ESSAY.
Critical examination of Locke Essay on the Human Understanding, by Victor Cousin.
Elements of Psychology, included in a critical examination of Locke Essay on the Human Understanding, by Victor Cousin [Being lectures 16-25 of the Cours de l'Histoire de la philosophie]. Translated with an introduction, notes, and additions, by Caleb S. Henry.
[Hartford : Cooke & C°. In-8, XXXIV-355 p., 1834].
Sera réédité à New York en 1842, à Londres en 1851, à New York à nouveau en 1856.

REPORT ON STATE OF PUBLIC INSTRUCTION IN PRUSSIA.
Traduction anglaise : Report on the state of public instruction in Prussia.
Report on the state of public instruction in Prussia, adressed to the Count of Montalivet [...] by Victor Cousin. Translated by Sarah Austin.
[London : E. Wilson. In-12, [V]-XXXVIII-333 p., 1834].

FRAMMENTI FILOSFICI.
Traduction en italien dei Frammenti filosofici, del signor V. Cousin.
Due prefazioni poste innanzi alla prima e seconda edizione dei Frammenti filosofici, del signor V. Cousin, versione dal francese. Traddutore Giovanni Battista Passerini. [Lugano [Suisse] : Gius. Ruggia e C°. In-8, 46-52 pp., 1834].
Comprend la traduction de la préface des éditions de 1826 et de 1833 des Fragments philosophiques. Une première édition [mais de la première préface seulement] a été faite en 1829, chez le même éditeur.

CURSO DE LA HISTORIA DE LA FILOSOFIA.
Traduction en espagnol : Curso de la historia de la filosofia, por M. Victor Cousin.
Curso de la historia de la filosofia, por M. Victor Cousin. Primer año. Traducido al castellano y publicado por J. T. G y A. G. B.
[Buenos Aires : imprenta de Hallet y ca, in-8, 1834].
Traduction publiée par leçon, à raison d'une leçon par mois. Comprend n° 1, primera leccion, abril 17 1828 ; n° 2, segunda leccion, abril 24, 1828.

BECKERS : ÜBER FRANZÖSISCHE UND DEUTSCHE PHILOSOPHIE.
Hubert Beckers : Über französische und deutsche Philosophie. Victor Cousin.
Über französische und deutsche Philosophie. Victor Cousin ; aus dem Französischen von Dr. Hubert Beckers ; nebst einer beurtheilenden Vorrede des Herrn Geheimenraths von Schelling. Stuttgart ; Tübingen : J. G. Cotta, in-8, XXVIII-62 p. [traduction, par Hubert Beckers, de la préface de V. Cousin à la 2ème édition des Fragments philosophiques [1833], précédée d'un ]. Jugement dans lequel Schelling reprend point par point les positions de Victor Cousin avec lesquelles il est en désaccord.

Hubert Beckers [1806-1889] est un ancien élève et un ami de Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854]

CRITIQUE, COMMENTAIRES, ARTICLES CONCERNANT COUSIN EN 1834.

Victor Cousin a l’habitude d’adresser à de nombreux correspondants ses propres textes, pour recueillir avis, critiques, louanges et commentaires. Manière d’asseoir une notoriété internationale, le distinguant de tous les autres philosophes français et l'élevant au plus haut dans le monde restreint des grands philosophes du temps. Il l’a fait pour la préface de la première édition des Fragmens philosophiques [1826]. Il le fait à nouveau, sept ans plus tard, pour la préface de la deuxième édition des Fragmens [1833].

1834. BECKERS SUR VICTOR COUSIN.
Hubert Beckers [1806-1889], professeur de philosophie au Lycée de Dillingen, en Bavière, [et futur professeur de philosophie à l'Université de Munich] fait paraître en 1834 : Victor Cousin über französische und deutsche Philosophie , Stuttgart und Tübingen, 1834, dans lequel il traduit en allemand le texte de la préface de la deuxième édition des Fragments philosophiques [1833]. Le livre de H. Beckers est préfacé par Schelling.

Dans l’Avertissement de la troisième édition des Fragments de philosophie [1838] Victor Cousin déclare : « M. Schelling a bien voulu me servir d’introducteur auprès du public allemand, en mettant à la tête de la traduction de M. Bekker quelques pages où lui-même s’explique sur tous les points que j’avais touché, avec la clarté et la vigueur qui le caractérise. Ce petit écrit, en rompant le silence que l’auteur de la Philosophie de la nature s’est imposé depuis tant d’années, a été un véritable évènement philosophique ; et mon ouvrage n’aurait rendu d’autre service à la philosophie que d’avoir donné naissance à celui-là, je devrais encore me féliciter de l’avoir publié ».

SCHELLING EN DÉSACCORD AVEC V. COUSIN.
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854] rédige quelques pages en tête du livre de Hubert Beckers, Victor Cousin über französische und deutsche Philosophie [Stuttgart und Tübingen, 1834], dans lesquels il reprend point par point les positions de Victor Cousin avec lesquelles il est en désaccord.

Le texte de Schelling est traduit à la fois :
1. par Joseph Willm [1792-1853]. Ancien professeur de philosophie au Séminaire protestant de Strasbourg [nommé le 24 janvier 1829 au gymnase de la confession d'Augsbourg], qui vient d'être nommé le 20 octobre 1834, inspecteur de l'académie de Strasbourg [20 octobre 1834-10 août 1850], en remplacement de Théodore Derôme [1796-1873], en poste de 1830 à 1834, nommé proviseur.
Joseph Willm sera nommé ultérieurement, au moment de la création des académies départementales, inspecteur de l'académie départementale du Bas-Rhin [10 août 1850] jusqu'à son décès le 7 février 1853.
La brochure de Joseph Willm a pour titre : J. Willm. Jugement de M. de Schelling sur la philosophie de M. Cousin, traduit de l'allemand et précédé d'un Essai sur la nationalité des philosophies, par J. Willm, inspecteur de l'académie de Strasbourg.
[Paris : chez F. G. Levrault, rue de la Harpe, n° 81 ; et Strasbourg : même maison, rue des Juifs, n° 33. In-8, XLIV-40 p., 1835].

2. et par Félix Ravaisson, dans la Revue germanique [octobre 1835].
Félix Ravaisson [1813-1900]. Études classiques à Paris, au collège Rollin. Il y remporte plusieurs prix au Concours général des collèges de Paris, notamment le Prix d'honneur de philosophie [1832], sur le sujet De la méthode en philosophie.
Se rend à Munich, et suit pendant quelques mois les cours de Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [1775-1854].
Fait paraître, dans la Revue germanique [octobre 1835], la traduction en français de la Préface de Schelling au livre de Hubert Bekkers : Victor Cousin über französische und deutsche Philosophie, Stuttgart und Tübingen, 1834, qui constitue en partie une traduction de la préface de la seconde édition des Fragments philosophiques [1833].
Remporte, en 1835, le premier concours de l'Académie des Sciences morales et politiques proposé par Victor Cousin, en 1833 : Examen critique de l'ouvrage d'Aristote intitulé Métaphysique. Son Mémoire sera publié, très largement remanié, en 1837, sous le titre Essai sur la Métaphysique d'Aristote [Paris : Imprimerie royale, in-8, 589 p.] ; un deuxième volume paraîtra en 1846.
Reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1836, alors qu’il n’est pas un ancien élève de l’École normale.
Chef de secrétariat à l'administration centrale du ministère de l’Instruction publique [1837] ; remplit en septembre 1838, par interim, la fonction de chef de la division des établissements scientifiques et littéraires, en remplacement de Désiré Nisard* [1806-1888], en congé.
Est nommé, en 1838, secrétaire de la Commission historique au ministère de l’Instruction publique.

Docteur ès-lettres, avec la thèse De l'Habitude [Paris. Mercredi 26 décembre 1838]. La thèse latine porte sur Speusippe. Après sa thèse est nommé Professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Rennes [1837], mais n’y enseigne pas. Est nommé au poste nouvellement créé [1839] d’Inspecteur général des bibliothèques [15 avril 1839-1845]. À ce titre explore les bibliothèques de l’Ouest et donne, en un volume, le résumé de ses rapports [1841], publie le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Laon [1846], puis quelques années plus tard un Appendice à ce catalogue [1853]. Une quinzaine d’années plus tard, sera chargé d’un Rapport sur les archives de l’Empire et sur l’organisation de la Bibliothèque impériale [Paris : E. Panckoucke. In-8, 373 p., 1862].
Publie, en 1840, un texte sur la Philosophie contemporaine [Paris : impr. Fournier, in-8, 36 p., 1840].
À nouveau Chef de secrétariat et du cabinet à l'administration centrale du ministère de l’Instruction publique [1846].
Maître des requêtes au Conseil d'État, à nouveau Inspecteur général des bibliothèques [1846], puis nommé à l'Inspection générale pour l'enseignement supérieur des lettres [1852-1888]. Membre du Conseil supérieur de l'Instruction publique [1852]. Assure la présidence du jury d’agrégation de philosophie, au moment du rétablissement de l’agrégation, en 1863 [et demeure président du jury jusqu’en 1875].
Rédige en 1867, à la demande de Victor Duruy [1811-1894], ministre de l’Instruction publique [1863-1869], qui a été son condisciple à Rollin, et dans le cadre des Rapports sur le progrès des sciences et des lettres en France, préparés pour l’Exposition universelle : La Philosophie en France au XIX ème siècle. Le rapport est publié l’année suivante [Paris : Hachette, 266 p., 1868].
Conservateur de la sculpture ancienne et moderne au musée du Louvre [juillet 1870]. Il publie La Vénus de Milo [Paris : L. Hachette, 1871] et prendra ce thème comme sujet de la lecture en séance publique des cinq académies de l’Institut le 25 octobre 1890. Fera l’objet d’un tiré à part [Paris : impr. Firmin-Didot, in-4, 16 p., 1890]
Élu membre de l'Académie royale des Inscriptions et belles-lettres, le vendredi 9 novembre 1849, en remplacement de l’helléniste et archéologue Antoine Jean Letronne [1787-1848], décédé le jeudi 14 décembre 1848.
Élu tardivement membre de l'Académie des Sciences morales et politiques [il a alors soixante sept ans], section de philosophie [fauteuil 2], le 30 avril 1881, en remplacement de Louis Peisse [1803-1880], décédé le 30 octobre 1880. Il s’y était présenté dès 1842 [face à Charles de Rémusat], en 1844 [où il se retire en faveur d’Adolphe Franck], en 1870 [où, bien que placé au premier rang par la section de philosophie, il échoue face à Jean Félix Nourrisson], en 1877 [face à Louis Peisse].

BORDAS-DEMOULIN : LETTRES SUR L'ÉCLECTISME
Jean Bordas-Demoulin [1798-1859] [plus simplement appelé parfois Demoulin] fait paraître : Lettres sur l'éclectisme et le doctrinarisme, où l'on montre la fausseté de ces deux systèmes et l'effet funeste de leur application au gouvernement de la monarchie nouvelle [Paris : Migneret. In-8, WIII-47 p., 1834].
Dans ces Lettres, Jean Bordas-Demoulin [1798-1859] accuse Victor Cousin d'intolérance, d'irréligion et d'hypocrisie [Franck].

BORDAS-DEMOULIN.
Jean Bordas-Demoulin [1798-1859]. Orphelin de très bonne heure. Se prépare à l'École Polytechnique, mais, dans des pages autobiographiques, affirme que sa passion du grec et du latin et son maigre intérêt pour certains aspects des mathématiques le détournent de cette voie. Se rend de Bergerac [Dordogne] à Paris en 1819.
Refusant, semble-t-il, le principe du travail salarié, il gagne très difficilement sa vie à Paris. Est employé quelque temps chez le libraire éditeur Méquignon, donne des répétitions de grec, de latin, et même de lecture ; fournit pour une maigre rémunération quelques articles dans les journaux.
C'est, sans doute, vers 1834, qu'il se lie avec l'abbé Augustin Sénac, aumônier du collège Rollin [c’est sur son emplacement que s'établira le collège Sainte-Barbe], et avec François Huet [1814-1869], professeur suppléant d'histoire au collège Rollin, qui devient son disciple et le propagateur de ses idées, de son gallicanisme et de sa croyance au progrès grâce au catholicisme social.

À sa brochure de 1834, dirigée contre l’éclectisme de Victor Cousin, succède, en 1837, en deux volumes, en collaboration avec l'abbé Augustin Sénac : Le Christianisme dans ses rapports avec la civilisation moderne, par M. l'abbé A. Sénac, Premier aumônier du collège Rollin [Paris : librairie de Charles Gosselin et Cie, 9 rue saint-Germain des Prés. Deux tomes en un volume in-8, 1837], ouvrage qui fait suite aux conférences sur le christianisme considéré dans ses rapports avec la civilisation moderne, faites dans l'église de saint-Étienne-du-Mont, au 31 janvier 1836. Jean Bordas-Demoulin cherche à concilier christianisme et civilisation moderne : le progrès n'étant que la marche vers la perfection, l'union à Dieu - en qui seul réside l'absolue perfection - est le principe et la mesure du progrès.
Ses positions ne l’empêchent pas d’entrer en relation avec Victor Cousin, pour lui demander des secours. Et de participer au concours ouvert par l’Académie des Sciences morales et politiques, sur l’Examen critique du cartésianisme. Il remporte le prix, en avril 1841, qu’il partage avec le professeur de philosophie Francisque Bouillier [1813-1899].
http://www.textesrares.com/philo19/noticeAuteur.php?nom_aut=Bordas+Demoulin&prenom_aut=Jean

RIAMBOURG CRITIQUE DE VICTOR COUSIN.
L’abbé Jean Baptiste Claude Riambourg [1776-1836], dans les Annales de philosophie chrétienne, se fait le critique de Victor Cousin. Il commente la parution du Livre d’instruction morale et religieuse : « Voici un livre singulier. Ce n’est pas qu’il contienne rien de neuf, puisque c’est le catéchisme qu’on met ès-main des petits enfants, arrangé et modifié quelque peu ; mais il y a quelque chose de piquant dans le choix qu’on fait du compilateur qui devait présider à cette œuvre ; [...] c’est un philosophe, Victor Cousin, qui usurpant aujourd’hui les fonctions de patriarche des Gaules, se charge de catéchiser nos enfants » [mardi 30 septembre 1834. Cinquième année, tome 9, pages 169-180 ; 249-262].

AOÛT 1834. HINRICHS ET LE JAHRBÛCHER FÜR WISSENSCHAFTTLICHE KRITIK.
Dans une lettre à Schelling, du dimanche 28 septembre 1834, Victor Cousin exprime ses doléances :
« En même temps que je recevais ce témoignage d’estime du premier philosophe de mon temps [Schelling], il m’est arrivé un cahier du Jahrbücher für Wissenschaftliche Kritik (août) dans lequel un M. Hinrichs me traite comme un de ses écoliers, et non content d’attaquer mes travaux, ce qui est permis à tout le monde, sauf un peu de politesse, s’en prend à mon caractère, et m’accuse, savez-vous de quoi ? de m’être moqué de M. Hegel, et de l’avoir tourné en ridicule, afin de vous plaire et de vous faire ma cour, bien inutilement, selon M. Hinrichs ; car vous ne pouvez songer à accorder une noble amitié, edle Freundschaft, à un homme comme moi. En vérité, ceci passe la permission. Puis-je, quelle que soit ma tolérance, me laisser ainsi insulter à la face de l’Allemagne, moi étranger, et dont elle ne connaît point le caractère ? Je concède tout sur mes talents et mon mérite ; mais calomnier de cette façon un étranger qu’on a jamais ni vu, ni connu, est une bassesse vraiment intolérable. Dois-je le souffrir et y a t-il quelque moyen de protester contre un pareil genre de critique dans quelque journal accrédité ? Voyez, mon cher ami, causez-en avec M. Thiersch et conseillez-moi. Je vous autorise à faire et à dire tout ce que vous croirez dans l’intérêt de la vérité, de mon honneur et du vôtre, puisque ce monsieur vous a mêlé dans cette belle polémique. Il me répugne à la fois de parler et de me taire.
Si Hegel était vivant, que dirait-il de l’insolence et de la bassesse de ses écoliers […]» [dimanche 28 septembre 1834].

UNE ALLUSION D'HONORÉ BALZAC, DANS L'ILLUSTRE GAUDISSART.
L’Illustre Gaudissart, roman d’Honoré de Balzac, paraît pour la première fois, dans le tome II de la première édition des Scènes de la Vie de Province, dans les Études de Mœurs au XIXème siècle [daté de 1834], chez Madame Veuve Charles Béchet. En réalité l'œuvre paraît en fin 1833.

Dans un passage, qui sera supprimé dans des éditions ultérieures, Balzac [1799-1850] esquisse la description féroce du monde et de leur équipage qui hantent le Bois de Boulogne. Honoré de Balzac y dénonce notamment les opposants à la Restauration, proches des « doctrinaires ».

« Vers ascarides de toutes les dynasties, voici les fauteurs de la Doctrine, qui ont taillé des ambassades, des paieries en plein drap de leurs dilemmes ; qui, dans les brouillards de leurs leçons philosophiques, ont trouvé des sinécures ; et qui dans leurs Philippiques contre la Restauration, ont puisé le stoïcisme nécessaire pour se vautrer aujourd’hui dans le budget ».
Cette critique reprend des idées, déjà exprimées dans son essai Théorie de la démarche, annoncé en 1833 dans le journal L’Europe littéraire : Journal de la littérature nationale et étrangère [19 avril 1833, page 92] et publié, dans ce même journal, en feuilleton, les 15, 18, 25 août et 5 septembre 1833.


Le 21/02/2018