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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1833
  Cousin en 1833.
En 1833, V. Cousin [1792-1867] a quarante ans [il aura quarante et un ans le 28 novembre 1833]. Si l’année 1832 a été celle de la foudroyante épidémie de choléra, et des signes avant-coureurs de l’opposition républicaine, l’année 1833 est celle de la loi Guizot [28 juin] sur l’enseignement primaire, où V. Cousin joue, en retrait, un rôle très important. La loi prévoit une école normale d’instituteurs par département, une école primaire par commune. À côté de l’enseignement public, l’enseignement privé et religieux est légalisé et soutenu. L’instruction religieuse, point d’appui de la morale populaire, est strictement obligatoire.
À l’Académie des sciences morales et politiques, V. Cousin conforte son rôle dominant, en instituant, avec un travail sur Aristote, la série des concours de philosophie qui, environ tous les deux ans, orienteront mémoires et publications des universitaires désireux d’une reconnaissance académique.


Résumé des années précédentes.

1809-1812. L’École normale .
Après de brillantes études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] il est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève ; puis en 1813 est chargé de conférences de philosophie.

1813-1815. Doctorat et enseignement.
Docteur ès-lettres en juillet 1813, avec une thèse latine : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi.
Continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815 enseigne comme agrégé au collège Bourbon [lycée Condorcet].

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ce dernier monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1824. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.
Le troisième voyage, où il est accompagné par Napoléon Lannes, son élève, est rapidement interrompu par son arrestation à Dresde [15 octobre 1824], son incarcération à Berlin [jusqu’à la mi-février 1825], son assignation à résidence jusqu’en avril 1825.

1820. Victime de la répression.
V. Cousin continue d’assurer son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, comme suppléant de Royer-Collard. Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par réprésailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire. Ainsi V. Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté, en septembre 1822, comme foyer d’agitation.

1820-1825. Série d’éditions savantes.
Commence alors une série d’éditions savantes, qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826].

1822. Précepteur chez les Lannes.
Il ne reste plus à V. Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France. C’est avec lui qu’il effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1824.

1825-1826. Les Fragments philosophiques.
Mais la grande et nouvelle affaire c’est la préparation et l’édition des Fragments philosophiques. Jusque là « éditeur » de Proclus, de Platon, de Descartes, voilà la première œuvre que V. Cousin peut signer comme auteur. En rassemblant des textes déjà parus dans les Archives philosophiques ou dans le Journal des savants, et en soignant particulièrement la préface. Il en assure une large distribution auprès de ses relations philosophiques, en France et à l’étranger et confirme ainsi, sans disposer de chaire, son image du philosophe français par excellence.

1828. Reprise de l’enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés, séance par séance, et achetés immédiatement à plus d’un millier d’exemplaires.

La Révolution de 1830.
Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.
Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation depuis 1830, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.
Se spécialise dans l’étude comparée des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; puis en Hollande, 1836 ; enfin en Suisse, 1837].

Le feu croisé des critiques.
Mais autour de 1830 les critiques se font de plus en plus nombreuses [Armand Marrast ; P. Leroux ; Eugène Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme et sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et plus encore sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système].
D’un autre côté, on va bientôt lui reprocher un panthéisme fataliste, hérité de sa lecture de Hegel.
1833

Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.
Agrégation de philosophie.
V. Cousin est président du jury d’agréga tion. En 1833, un seul candidat reçu : Étienne Vacherot.

Étienne Vacherot.
Étienne Vacherot [1809-1897]. Né le 29 juillet 1809, à Torcenay, près de Langres [Haute-Marne] ; mort le 28 juillet 1897, à Paris.
Ancien élève de l’École normale [1827]. Lorsqu’il passe l’agrégation, en 1833 [il est le seul candidat reçu cette année-là, alors que V. Cousin est président du jury], il est, depuis 1830, professeur au collège de Caen. Docteur ès-lettres avec une thèse : Théorie des premiers principes d'Aristote [Paris. 23 août 1836] et une thèse latine : Examen de la doctrine de saint Anselme sur la raison.
Après le doctorat, est nommé Directeur des études à l’École normale [1838-1851], maître de conférences de philosophie à l’École normale [1839-1842]. Il supplée V. Cousin [1838-1839] comme professeur d’Histoire de la philosophie ancienne à la Faculté des lettres de Paris. Il succède, dans cette fonction à Hector Poret [qui assure la suppléance en 1831-1838], et précède Jules Simon.
Il échouera à l’Académie française. Mais sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques [Fauteuil 3], section de philosophie, le 7 mars 1868, en remplacement de Victor Cousin, décédé le 14 janvier 1867.

Édition en cours :
Oeuvres complètes de Platon, traduites de grec en français, accompagnées de notes et précédées d'une introduction sur la philosophie de Platon. Paris : Bossange frères, in-8.
Le tome 9. [Paris : Rey et Gravier, 1833] contient la traduction de La République.
L'édition des Oeuvres complètes de Platon, en treize volumes, commencée en 1822 se poursuit jusqu'en 1840.

Rapport.
Rapport sur l’état de l’instruction publique dans quelques pays de l’Allemagne, et particulièrement en Prusse. Nouvelle édition. Paris ; Strasbourg : F. G. Levrault, in-8, 431 p. 7 planches dépliantes, 2 tableaux dépliants, 1833.
C’est le résultat de l’enquête que V. Cousin a mené en Allemagne en 1831.
Réédité en 1840.

Rapport.
État de l’instruction primaire dans le royaume de Prusse, à la fin de l’année 1831, par M. V. Cousin. [Supplément au rapport sur l’instruction publique en Prusse]. Paris : F.-G. Levrault, in-8, 27 p. tableaux, 1833.
Daté d’avril 1833. Réédité en 1834. Ce rapport ne traite que de l’instruction primaire, il sera complété par un Mémoire sur l’instruction secondaire dans le Royaume de Prusse, qui paraîtra en 1834.

Réédition de.
Fragments philosophiques, par Victor Cousin, deuxième édition. Paris : Ladrange, in-8, LX-408 p. Connaît plusieurs tirages en 1833.
La première édition des Fragmens philosophiques, en 1 volume, est parue en 1826, avec une longue Préface de V. Cousin. La seconde édition de 1833, également en 1 volume, reprend la Préface de la première édition de 1826, et comporte également une nouvelle longue Préface, [Préface de la deuxième édition] signée le 30 juin 1833.
Incipit de la Préface de la deuxième édition : « Je laisse réimprimer ces Fragments tels qu'ils ont paru en 1826, avec des corrections qui ne valent pas la peine d'être indiquées. Il m'a semblé convenable de conserver à cet ouvrage, si l'on peut appeler ainsi un recueil de morceaux détachés, son premier caractère, les défauts et les qualités avec lesquels il s'est présenté d'abord au public.
La préface de ces Fragments méritait seule d'être un peu remarqué. Elle le fut bien au-delà de mon attente ».
Réédité en 1838 [en deux volumes], en 1838-1840 [quatre volumes], 1865-1866 [cinq volumes]. [5e édition, cinq volumes in-8, Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand]. Bien entendu à chaque fois le contenu s’amplifie. L’édition « définitive » en cinq volumes répartit les textes publiés antérieurement selon une logique chronologique : philosophie ancienne ; philosophie du moyen-âge ; philosophie moderne en 2 volumes ; philosophie contemporaine.
Réédités en 1970, Genève, Slatkine, 5 volumes, 22 cm. (fac-simile) de l’édition de Paris, Didier et Durand, 1866.
Réédité en 1995, document électronique BNF.

Chambre des Pairs.
Intervient à la Chambre des Pairs [séance du 22 juin 1833]. Rapport de V. Cousin au nom de la commission spéciale chargé de l’examen du projet de loi sur l’instruction publique amendé par la Chambre des députés [Paris] Chambre des Pairs, in-8, 12 p.

À l'Académie française.
Élection et réception.
François Andrieux [1759-1833], secrétaire perpétuel de l’Académie française depuis le 22 janvier 1824, décède le 10 mai 1833. Il sera remplacé, au fauteuil 38, par Adolphe Thiers [1797-1877], élu le 20 juin 1833. C’est le poète et auteur dramatique Antoine Vincent Arnault [1766-1834] qui succèdera, le 23 mai 1833, à François Andrieux comme secrétaire perpétuel.

Pierre François Tissot [1768-1854], professeur de poésie latine au Collège de France [1806-1820 et 1830-1854], que l’on a l’habitude de classer dans le parti Joconde, est élu le 7 mars 1833 [fauteuil 16], en remplacement du baron Joseph Dacier [1742-1833], décédé le 4 février 1833.
Il est reçu le 9 août 1833 par le journaliste et auteur dramatique Étienne de Jouy [1769-1846].

Adolphe Thiers [1797-1877] est élu le 20 juin 1833, alors qu'il est Président du Conseil des ministres, au fauteuil 38, en remplacement de François Andrieux [1759-1833], décédé le 10 mai 1833.
Il est reçu le 13 décembre 1834 par l’homme politique et auteur dramatique Guillaume Viennet [1777-1868].

Jean-Louis Laya [1761-1833], professeur d’histoire littéraire et de poèsie française à la Faculté des lettres de Paris, décède le 25 août 1833.
Après sa mort, il est remplacé par l’écrivain Charles Nodier [1780-1844], élu le 24 octobre 1833.

Charles Nodier [1780-1844], bibliothécaire à la Bibliothèque de l’Arsenal depuis 1823, est élu le 24 octobre 1833, au fauteui 25, en remplacement de Jean-Louis Laya [1761-1833] décédé le 25 août 1833.
Il est reçu par Étienne de Jouy [1769-1846], le 26 décembre 1834.

À l'Académie des sciences morales et politiques.

Élection de Charles Comte comme secrétaire perpétuel.
Charles Comte [1782-1837], membre de la section d'économie politique et statistique, est élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques. Il occupe ce poste à partir du 1er juin 1833 [date de la création du poste], jusqu'au 13 avril 1837 [date de son décès].
À sa mort, le 13 avril 1837, il est remplacé, au poste de secrétaire perpétuel, par François Mignet [qui occupe ce poste jusqu'à sa démission le 28 octobre 1882].

Élection de Théodore Jouffroy.
Théodore Jouffroy [1796-1842] est élu le 6 avril 1833 à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale, fauteuil 1, en remplacement du baron Joseph Dacier [1742-1833], décédé le 4 février 1833.
Se présentent à cette élection de nombreux candidats : Charles Renouard [1794-1878], Secrétaire général au ministère de la Justice, Jacques Matter [1791-1864], inspecteur général des études, déja correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Charles Jean Marie Lucas [1803-1889], spécialiste des prisons, qui sera ultérieurement élu dans la section de morale et l’écrivain Étienne de Sénancour [1770-1846], ainsi que Augustin Hilarion de Keratry [1769-1859] et J. Ph. Damiron [1794-1862] qui sont tous deux présentés par V. Cousin, pour la forme et éventuellement pour prendre date [Damiron sera élu dans la section de philosophie en 1836].
T. Jouffroy est placé en première ligne par la section de morale, ce qui lui accorde d'emblée les faveurs de l'Académie. Il est élu à une forte majorité, par dix-sept voix sur vingt présents [une voix à Charles Renouard, une voix à Kératry]. Charles Renouard sera élu en avril 1861, dans la section de législation. Kératry ne sera jamais élu.
Dès le 10 décembre 1836, V. Cousin exprime le désir de voir T. Joufroy passer de la section de morale à celle de philosophie ; ce qui sera fait le 9 décembre 1837 [en remplacement de Pierre Laromiguière, décédé le 12 août 1837], et accepté par T. Jouffroy le 16 décembre 1837.
Le passage de Théodore Jouffroy de la section de morale à celle de philosophie va libérer, dans la section de morale, le fauteuil 1, auquel sera élu Alexis de Tocqueville [1805-1859], élu le 6 janvier 1838.
Après sa mort, Alexis de Tocqueville est remplacé dans la section de philosophie [fauteuil 4] par le comte Charles de Rémusat [1797-1875], élu le 30 avril 1842.

Élections de membres libres.
En 1833, ont lieu à l’Académie des Sciences morales et poltiques, les élections des membres libres pour les cinq fauteuils qui existent jusqu’en 1857 [création du fauteuil 6]. En 1887, sont créés les fauteuils 7, 8, 9, et 10].

Laurent Feuillet [1771-1843], bibliothécaire de l’Institut, est élu membre libre de l’Académie des Sciences morales et poltiques [fauteuil 1], le 6 avril 1833.
Après sa mort, le 5 octobre 1843, est remplacé par le comte Antoine d’Argout [1782-1858], homme politique, élu le 17 février 1844.

Le duc Victor de Broglie [1785-1870], ministre des Affaires étrangères, est élu membre libre de l’Académie des Sciences morales et politiques [fauteuil 2], le 20 avril 1833.
Le duc Victor de Broglie sera ultérieurement élu membre titulaire de la section de philosophie. Cette élection comme membre titulaire libère sa place de membre libre à Casimir-Périer [1811-1876], homme politique, élu le 16 mars 1867.
Après sa mort, le 25 janvier 1870, le duc Victor de Broglie est remplacé comme membre titulaire de la section de philosophie [fauteuil 8], par Jean Nourrisson [1825-1899], élu le 14 mai 1870.

Joseph François Carnot [1752-1835], juge au Tribunal de cassation, est élu membre libre de l’Académie des Sciences morales et poltiques [fauteuil 3], le 4 mai 1833.
Après sa mort, le 31 juillet 1835, est remplacé par Félix de Beaujour [1765-1836] pair de France, élu le 19 mars 1836

Benoiston de Chateauneuf [1776-1856], employé au Trésor public, est élu membre libre de l’Académie des Sciences morales et poltiques [fauteuil 4], le 3 juin 1833.
Après sa mort, le 16 mai 1856, est remplacé par le baron Jean Jacques Baude [1792-1862], ancien conseiller d’État, élu le 27 décembre 1856. Le baron Jean Jacques Baude sera ultérieurement élu, le 16 avril 1859, membre titulaire de la section de politique.

Hyacinthe Blondeau [1784-1854], professeur de droit romain, puis doyen de la Faculté de droit de Paris, est élu membre libre de l’Académie des Sciences morales et poltiques [fauteuil 5], le 29 juin 1833.
Après sa mort, le 12 novembre 1854, est remplacé par Odilon Barrot [1791-1873], Président du Conseil, ministre de la Justice, élu le 10 février 1855. Odilon Barrot sera ultérieurement élu membre titulaire, de la section de législation, le 12 mars 1870.


Élections de correspondants.
Amédée Thierry [1797-1873] est élu, le 23 novembre 1833, correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section d’histoire générale et philosophique [place 1], au moment de la création des places des correspondants. Élu membre titulaire de la même section le 13 mars 1841, il libère sa place de correspondant pour Erik Gustaf Geijer [1783-1847].
Sera élu membre titulaire, le 13 mars 1841, section d’histoire [fauteuil 4], en remplacement du baron Louis Bignon [1771-1841], pair de France, décédé le 6 janvier 1841.
Après sa mort, le 26 mars 1873, est remplacé comme membre titulaire par Auguste Geffroy [1820-1895], professeur d’histoire ancienne à la Faculté des lettres de Paris, élu le 7 mars 1874.
Par les votes du 23 novembre, 30 novembre, 14 décembre 1833, sont élus correspondants de l’Académie des sciences morales et poltiques, section d’histoire générale et philosophique : Amédée Thierry [place 1] ; Lord Hallam [place 2] ; Charles de Rotteck [place 3] ; Françesco Orioli [place 4] ; Otfied Müller [place 5 bis].

Lord Henry Hallam [1777-1859], ancien professeur d’histoire à la Société royale de Londres, est élu le 23 novembre 1833, correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section d’histoire générale et philosophique [place 2], au moment de la création des places des correspondants en 1833.
Sera élu associé étranger le 27 janvier 1838 [fauteuil 2], en remplacement de Frédéric Ancillon [1766-1837], ancien ministre des Affaires étrangères à Berlin, décédé le 19 avril 1837. Son élection comme associé étranger libère sa place de correspondant pour Fréderic de Raümer [1781-1873], membre de l’Académie de Berlin, élu le 3 février 1838.
Après sa mort, le 21 janvier 1859, est remplacé comme associé étranger par Leopold von Ranke [1795-1886], déjà correspondant depuis 1841, élu le 4 février 1860.

Carl de Rotteck [1775-1840], professeur d’histoire à l’université de Fribourg, est élu le 23 novembre 1833, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section histoire générale et philosophique [place 3], au moment de la création des places des correspondants en 1833.
Après sa mort, le 25 novembre 1840, est remplacé par Martin Fernandez de Navarette [1765-1844], élu le 15 janvier 1842.

Françesco Orioli [1783-1857], professeur à Rome, est élu le 15 décembre 1833, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section histoire générale et philosophique [place 4],
Après sa mort, le 4 novembre 1856, est remplacé par Francisco Martinez de la Rosa [1789-1862], élu le 12 février 1859.

Otffried Müller [1797-1840], professeur à l’Université de Göttingen, est élu le 15 décembre 1833, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section histoire générale et philosophique [place 5 bis].
Après sa mort, le 31 juillet 1840, est remplacé par Leopold von Ranke [1795-1886], élu correspondant le 23 janvier 1841, puis ultérieurement, le 4 février 1860, associé étranger en remplacement de Henry Hallam.

Victor Proudhon [1758-1838], professeur de droit civil à la Faculté de Dijon, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation, droit public et jurisprudence [place 1], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Par les élections du 30 novembre 1833 et du 25 janvier 1834 sont élus correspondants de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation, droit public et jurisprudence : Victor Proudhon [place 1] ; Charles Toullier [place 1 bis] ; Charles de Savigny [place 2] ; le baron Jean Grenier [place 3] ; Jacot Meyer [place 4] ; Giandomenico Romagnosi [place 4 bis].
Après sa mort, le 20 novembre 1838, est remplacé par Charles Giraud [1802-1881], professeur de droit administratif à la Faculté de Droit, élu correspondant le 29 décembre 1838, puis ultérieurement membre titulaire, le 2 avril 1842.

Charles Toullier [1752-1835], Professeur de droit civil, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation, droit public et jurisprudence [place 1 bis], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Après sa mort, le 19 septembre 1835, est remplacé par le comte Théophile Berlier.

Friedrich Carl de Savigny [1779-1861], membre de la Cour de cassation de Berlin, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation [place 2], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Il sera, ultérieurement, élu associé étranger, le 4 juin 1837, [fauteuil 3], en remplacement de Edward Livingston [1764-1836], ministre plénipotentiaire en France, décédé le 23 mai 1836.
Son élection comme associé étranger, libère sa place de correspondant pour Gustave Hugo [1764-1844], professeur de droit à l’Université de Göttinguen, élu le 22 juillet 1837.
Après sa mort, le 26 octobre 1861, est remplacé comme associé, par Fréderic de Raumer [1781-1873], déjà correspondant depuis février 1838, élu associé e 11 février 1865.

Le baron Jean Grenier [1753-1841], jurisconsulte, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation [place 3], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Après sa mort, le 30 janvier 1841, est remplacé par Nicolo Nicolini [1772-1857], professeur de droit à l’Université de Naple, élu le 6 mars 1841.

Jacot Meyer [1780-1834], juriste, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation [place 4], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Après sa mort, le 6 décembre 1834, est remplacé par Silvestre Pinheiro-Ferreira [1769-1846], professeur de philosophie, puis chargé d’affaires à Berlin, élu le 27 janvier 1838.

Giavanni Domenico Romagnosi [1761-1835], professeur de droit, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section de législation [place 4 bis]. Cette place sera supprimée en 1841.

Le baron Henri Storck [1766-1835], spécialiste d’économie politique, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section d’économie politique et statistique [place 1], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Par les votes du 14 décembre 1833, et du 4 janvier 1834, sont élus correspondants de la section d’économie politiques et statistiques : le baron Henri Storck [place 1] ; Adolphe Quételet [place 2] ; Hippolyte Passy [place 2 bis] ; James Mill [place 3] ; John Mac Culloch [place 4] ; Sébastien Saulnier [place 5] ; le baron Pierre Bigot de Morogues [place 6] ; Carl Poëlitz [place 6 bis].
Après sa mort, le 1er novembre 1835, est remplacé par George Porter [1794-1852], secrétaire du conseil du commerce, élu le 23 janvier 1841.

Adolphe Quételet [1796-1874], directeur de l’Observatoire royal de Bruxelles, est élu correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section d’économie politique [place 2], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Il sera, ultérieurement, élu associé étranger, le 11 mai 1872 [fauteuil 5], en remplacement de Friedrich Trendelenburg [1802-1872], décédé le 24 janvier 1872.
Son élection comme associé étranger, libère sa place de correspondant pour Gustave de Molinari [1819-1912], professeur d’économie politique, élu le 28 mars 1874.
Après sa mort, le 17 février 1874, est remplacé comme associé, par l’italien Marco Minghetti [1818-1886], Président du conseil, ministre des finances, élu le 15 janvier 1876.

Hippolyte Passy [1793-1880] est élu, le 14 décembre 1833, correspondant de l’Académie des sciences morales et poltiques, section d’économie politique [place 2 bis], au moment de la création des places de correspondants en 1833.
Il sera, ultérieurement, élu membre titulaire, le 7 juillet 1838, dans la même section [fauteuil 2], en remplacement de Talleyrand [1754-1838], décédé le 17 mai 1838.
Son élection comme membre titulaire, libère sa place de correspondant pour Jean Godefroy Hoffmann, élu [par erreur administrative] le 26 décembre 1835, et qui prendra la place de H. Passy lorsqu’elle se libérera.
Après sa mort, le 1er juin 1880, est remplacé comme membre titulaire par Victor Bonnet [1814-1885], élu le 5 février 1881.

Les associés étrangers de l'Académie des sciences morales et politiques.
Recréée en 1832, l'Académie des sciences morales et politiques, procède en 1833, à l’élection de ses associés étrangers, pour les cinq fauteuils :
Lord Henry Brougham [1778-1868], lord chancelier de Grande-Bretagne, est élu associé étranger [fauteuil 1], le 30 mars 1833.
Après sa mort,le 7 mai 1868, est remplacé par Federigo Sclopis de Salerno [1798-1878], ancien vice-président du Sénat, élu le 20 mars 1869.

Jean Pierre Frédéric Ancillon [1876-1837], ministre des Affaires étrangères à Berlin, est élu associé étranger [fauteuil 2], le 20 avril 1833.
Après sa mort, le 19 avril 1837, est remplacé par Henry Hallam [1777-1859], professeur honoraire d’histoire à la Société royale, élu le 27 janvier 1838.

Edward Livingston [1764-1836], secrétaire d’État au département des Affaires étrangères, est élu associé étranger [fauteuil 3], le 4 mai 1833.
Après sa mort, le 23 mai 1836, est remplacé par Charles de Savigny [1779-1861], élu le 4 juin 1837.

Sismonde de Sismondi [1773-1842], économiste, déjà correspondant de l’Institut en 1813, est élu associé étranger [fauteuil 4], le 8 mai 1833.
Après sa mort, le 25 juin 1842, est remplacé par John Mac Culloch [1789-1864], contôleur de l’administration, élu le 21 janvier 1843.

L’économiste Thomas Robert Malthus [1766-1834] est élu associé étranger [fauteuil 5], le 25 mai 1833.
Après sa mort, le 23 décembre 1834, est remplacé par Friedrich von Schelling [1775-1854], déjà correspondant, élu associé étranger le 21 mars 1835.

Sujet mis au concours.
C’est le premier de la longue série des prix qui, à peu près tous les deux ans, seront mis régulièrement au concours par la section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques, soit au titre du prix du Budget, soit au titre du prix Bordin, soit, à partir de 1866, au titre du prix V. Cousin. Y participent généralement des universitaires soucieux d’une reconnaissance académique supplémentaire, utile pour assurer une plus grande notoriété, indirectement une meilleure vente à leurs ouvrages, étape nécessaire pour être eux-mêmes cooptés au sein de cette communauté académique très prisée et du même coup très fermée.
Les deux premiers concours portent sur Aristote. Sur une soixante d’années [1833-1890] la plupart des sujets proposés se rapportent à l’histoire de la philosophie : Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, Philosophie scolastique, Thomas d’Aquin, Cartésianisme, Malebranche, Leibniz, Kant, etc.

Sur la proposition de V. Cousin, section de philosophie, est mis au concours, comme prix du Budget, le 22 juin 1833 : Examen critique de l'ouvrage d'Aristote intitulé Métaphysique. Le programme est adopté le 10 août 1833, le terme étant fixé au 31 décembre 1834. Le premier prix, médaille d'or d'une valeur de 1500 francs, sera décerné, en avril 1835, à Félix Ravaisson [1813-1900].
Le programme est défini de la manière suivante :
1. Faire connaître cet ouvrage par une analyse étendue et en déterminer le plan.
2. En faire l'histoire, en signaler l'influence sur les systèmes ultérieurs dans l'antiquité et dans les temps modernes.
3. Rechercher et discuter la part d'erreur et la part de vérité qui s'y trouvent, et quelles y sont les idées qui subsistent encore aujourd'hui ou qui pourraient entrer utilement dans la philosophie de notre siècle.
Sur Rapport de V. Cousin, lu dans les séances du 4 et du 11 avril 1835, le premier prix, médaille d'or d'une valeur de 1500 francs, est décerné, en avril 1835, à Félix Ravaisson [1813-1900], qui vient d’avoir vingt et un ans, et qui n’a pas encore passé l’agrégation, et qui, chose assez exceptionnelle, n’est pas un ancien élève de l’École normale .
Un deuxième prix à Charles Louis Michelet [1801-1873], professeur de philosophie à Berlin.
Mention honorable à Claude Joseph Tissot [1801-1876], professeur de philosophie à Dijon.
Le rapport de M. Cousin est publié dans les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques, 1835, tome I, p. 381.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Eduard Gans à V. Cousin.
« J’ai l’honneur de vous annoncer que j’ai reçu de M. Schulze le projet de loi sur l’instruction primaire dont vous êtes l’auteur. Je vous en remercie, et je veux en faire une analyse dans nos Annales, si vous le désirez. Bientôt vous lirez aussi ce que j’ai dit de votre Argument des Lois de Platon. Le porteur de cette lettre, M. Kreiss, de Strasbourg, en Alsace, qui vient de finir ses études à Berlin, et que je recommande à votre bienveillance, est un homme fort aimable et instruit, qui méritera certainement tout ce que vous aurez la bonté de faire pour lui. Il est philologue, et il s’est occupé aussi de philosophie.
Je suis avec la plus haute considération, Votre très dévoué » [Berlin. 10 avril 1833].

Lettre de Friedrich Wilhelm von Schelling à V. Cousin.
« [...] On m'a de tout temps, calomnié en Allemagne ; je ne m'étonne pas qu'on commence à me calomnier en France. Si j’étais porté à m’étonner d’une chose quelconque, ce serait que vous, mon cher ami, vous aussi, qui m’avez connu et entendu parler, et qui avez été à même de connaître mon caractère, vous semblez n’avoir pu dissiper les doutes conçus sur mon compte, qu’ensuite des éclaircissements reçus par M. Muller. Je vous remercie de toutes les bontés que vous avez eues pour ce M. Muller ; il les mérite ; c’est un digne et savant jeune homme.
Je serai très charmé de recevoir vos nouveaux Fragments philosophiques, et j’avoue être bien curieux de voir comment vous avez parlé de ma philosophie, dont la première connaissance vous semblait n’être venue que par l’organe de ceux qui pensaient se mettre à ma place. C’est pourquoi, ne supposant pas que, depuis ce temps, d’autres vous aient donné une idée juste et exacte de ce que j’ai voulu et de ce que je veux, j’aurais pu vous souhaiter que vous eussiez pu attendre mes propres explications, prêtes à paraître et qui ne laisseront rien à désirer.
Conservez-moi votre amitié et comptez sur l’attachement sincère que je vous porte, et que je vous porterai toujours ». [Munich, 13 juillet 1833].

Une lettre de V. Cousin à Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling [13 octobre 1833], témoigne des critiques dont il est l’objet : « Pour moi, j’ai l’habitude de ne répondre à la calomnie que par le mépris. Il y a ici un parti nombreux et puissant qui me déteste. D’abord il me déreste pour la guerre que j’ai faite, depuis ma première jeunesse, à la mauvaise philosophie qui régnait dans le pays. Ensuite, il me déteste parce que je ne me suis pas prêté à détruire de plus en plus le peu de monarchie qui nous reste. Il me déteste parce que que je défends opiniâtrement l’intervention de la religion dans l’éducation du peuple. Si ce parti l’emportait, je sais le sort qui m’attends. Mais fait ce que dois, advienne que pourra » [cité par Barthélémy Saint Hilaire, tome 3, p. 75].

Lettre de V. Cousin à Schelling.
« J’accepte avec reconnaissance l’offre que vous me faites de rendre compte, dans le journal littéraire qui se publie à Munich, de la partie de ma nouvelle Préface, qui peut intéresser l’Allemagne. un jugement de vous me serait fort précieux à tous égards. Il y a des gens à Berlin qui trouvent que j’ai fait à Hegel une trop petite place, et à vous une trop grande. Mais je trouve par trop absurde de nier que vous soyez le maître de l’École entière. Vous l’êtes, et le serez dans la postérité. Il me semble qu’une traduction du passage où je réponds à l’objection ici tant répétée de germanisme, devrait être bien reçue de l’Allemagne ; il doit y avoir à Munich quelque jeune homme capable de faire en quelques jours ce petit travail, comme M. Carové avait donné la première Préface.
Bien certainement, je me charge de vous trouver ici quelqu’un de fort capable de revoir et de corriger la traduction qui serait faite sous vos yeux, de votre premier écrit philosophique, et je présiderai moi-même à cette révision. Si l’ouvrage regarde la mythologie, je ne pourrai mieux faire que de le confier à M. Guigniaut. Il faut que vous ayez la bonté de m’indiquer d’avance la nature de votre ouvrage ; car c’est de là que dépendra le choix de la personne qui, sous ma direction, pourrait être chergé de cette honorable tâche. [...] » [13 octobre 1833].

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
En février 1833, Louis [Marie Eugène] Bautain [1796-1867], professeur de philosophie à La Faculté des lettres de Strasbourg, publie son discours : De l’enseignement de la philosophie en France au XIXème siècle.
Il y critique l’Éclectisme : « L’Éclectisme ne possédant point ce critérium si nécessaire de vérité, il ne se peut que son enseignement soit obscur, vague, incohérent. Il n’a point de doctrine proprement dite. C’est un tableau brillant, où toutes les opinions humaines doivent trouver place. Vraies ou fausses, elles expriment une pensée de l’homme, et ainsi elles ont droit aux égards du philosophe. Il ne faut point les juger par leurs conséquences morales, utiles ou nuisibles, bienfaisantes ou pernicieuses, elles ont toutes à les considérer philosophiquement, la même valeur : ce sont des formes diverses de la vérité une. ».

Articles de Pierre Leroux [1797-1871], défavorables à V. Cousin, parus dans la Revue encyclopédique, en 1833 [ces articles, complétés de ceux parus en 1838 dans l’Encyclopédie nouvelle, paraîtront sous forme d’un livre en 1839 : Réfutation de l’éclectisme].

Pierre Leroux.
Philosophe, journaliste et homme politique. Né le 6 avril 1797, à Paris [le Dictionnaire des sciences philosophiques de A. Franck indique 1798] ; mort le 12 avril 1871, à Paris.
Études au lycée Charlemagne, à Paris ; puis au lycée de Rennes. Revient à Paris et gagne sa vie comme typographe et correcteur d’imprimerie.
Dès 1820 a le projet de fonder un journal intitulé Le Globe “qui tiendrait ses lecteurs au courant de toutes les découvertes faites dans les sciences et dans toutes les branches de l’activité humaine chez les principales nations.” [cité par Jean Jacques Goblot]. Il travaille chez l’imprimeur Alexandre Lachevardière qui accepte d’engager des capitaux dans cette entreprise [juillet 1824] et s’associe avec Paul Dubois [qui a été son condisciple au lycée de Rennes] qui se charge de recruter des collaborateurs. Le premier numéro paraît le 15 septembre 1824.
Publie en 1839 : Réfutation de l'éclectisme, où se trouve exposée la vraie définition de la philosophie et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement des divers philosophes depuis Descartes, par Pierre Leroux, Paris : C. Gosselin, in-8, XVIII-351 p., 1839. Réédité en 1841.
Publie en 1848 : De la Mutilation d'un écrit posthume de Théodore Jouffroy, avec une lettre à l'Académie des sciences morales et un appendice, pour faire suite à la Réfutation de l'éclectisme, par Pierre Leroux, Paris : 16 rue des Saints-Pères, in-8, III-148 p., 1848.
Membre de l’Assemblée constituante [1848] ; membre de l’Assemblée législative [1849].
Proscrit le 2 décembre 1851, à la suite du coup d’État de Louis Napoléon, vit en exil à Londres, Jersey, Lausanne. Rentre en France en 1869.
Louis Peisse fait paraître dans le National [n° 25, 25 septembre et 29 octobre 1833] plusieurs articles reprenant les objections faites à l’égard de V. Cousin par William Hamilton, dans Edinburgh Review [n° 33, octobre 1829].

Louis Peisse.
Né le 1er janvier 1803, à Aix [Bouches du Rhône] ; mort le 13 octobre 1880, à Paris.
Louis Peisse [1803-1880] est un ancien étudiant en médecine de la Faculté de Montpellier. En 1833, il a déjà publié, en 2 livraisons une étude sur Les Médecins français contemporains [Paris : Librairie de l’industrie. In-8, XII-221 p., 1827].
En 1835 devient conservateur des modèles et objets d’art de l’École des beaux-arts.
Il a une importante activité de traducteur :
En 1840 traduit des Fragments de philosophie de William Hamilton [Paris : Ladrange. In-8, CXL-391 p., 1840].
En 1843-1845, traduit de Dugald Stewart les trois volumes des Elements of the Philosophy of the Human Mind [London, 1810] sous le titre d’Éléments de la philosophie de l’esprit humain. [Paris : Ladrange, in-18, XI-412+VIII-395+VIII-387 pp. Traduction nouvelle, revue, corrigée et complétée, par L. Peisse].
En 1844, traduit de l'italien en français, sous le titre Lettres philosophiques sur les vissicitudes de la philosophie relativement aux principes des connaissances humaines, depuis Descartes jusqu'à Kant, la deuxième édition [1843] de l'ouvrage de Pasquale Galluppi, paru initialement en 1837 : Lettere filosofiche su le vicende della filosofia relativemente ai principi delle conoscenze umane, da Cartesio sino a Kant inclusivamente, de barone Pasquale Galluppi [Paris : Ladrange, in-8. XII-352 p.,1844].
Tente de se présenter, avec le soutien de V. Cousin, à l’Académie des sciences morales et politiques, en remplacement de Joseph Marie baron de Gérando [fauteuil 2], décédé le 10 novembre 1842. Il prépare soigneusement sa candidature en rédigeant [1843] une : Note contenant l'indication des ouvrages de M. Louis Peisse, candidat aux places vacantes à l'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut (section de philosophie) par la mort de MM. Edwards et Degérando [Paris : Impr. de F. Malteste, in-4, 4 p.. (s. d.,)].
Bien que présenté en première ligne par la section de philosophie, il n’est pas élu [ce sera Françisque Lélut qui obtiendra le fauteuil]. Il lui faudra attendre, plus de trente ans, décembre 1877, pour être élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [fauteuil 2], en remplacement de Francisque Lélut [1804-1877], décédé le 25 janvier 1877.
En 1857 fait paraître : La Médecine et les médecins : philosophie, doctrines, institutions, critiques, moeurs et biographies médicales.
Continuant son travail de traduction, il fait paraître en 1866 : John Stuart Mill. Système de logique déductive et inductive, exposé des principes de la preuve et des méthodes de recherche scientifique. Traduit de l’anglais, sur la sizième édition anglaise par Louis Peisse [Paris : Ladrange, 2 volumes in-8. Repris ultérieurement chez Germer Baillière en 1880].

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.
[V. Cousin] Bericht […] über des Zustand öffentlichen unterrichts in einigen Ländern Deutschlands, und besonders in Preussen […] aus dem Französischen übersetz, und mit Anmerkungen begleitet von J. C. Kröger. 2 Abtheilungen. Altona : 2 volumes in-8, 1832-1833.



Le 22/02/2018