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Notice de Victor Cousin

Année :  1832
   1832

En 1832, V. Cousin [1792-1867] a trente neuf ans [il aura quarante ans le 28 novembre 1832].

La Révolution de 1830, qu’il avait craint, le comble d’honneurs. Il est élu, parmi les premiers, à l’Académie des sciences morales et politiques reconstituée, où, dans la section de philosophie, il jouera un rôle éminent, jusqu’à sa mort.

Mais l’année 1832 est aussi celle de la foudroyante épidémie de choléra, et des signes avant-coureurs de l’opposition républicaine.


Résumé des années précédentes.


1820-1828.

Jeune universitaire [il commence à enseigner à vingt ans] V. Cousin a été en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde lors d’un troisième voyage en Allemagne, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés séance par séance et achetés à plus d’un millier d’exemplaires.

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; l'édition des Oeuvres de Maine de Biran [esquissée en 1832, qui commencera réellement en 1834, et sera achevée en 1841, avec trois volumes complémentaires].


Fragments philosophiques.

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, précédés de copieuses préfaces, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], et donne à ses publications, qu’il diffuse largement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling parmi les plus connus], italiens, anglais et même américains. Il apparaît à l’étranger comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


1830.

Affirmant haut et fort son soutien à la Charte, la Révolution de 1830 lui est favorable : élu à l’Académie française [1830] ; élu à l’Académie des sciences morales et politiques [1832] ; nommé Pair de France [1832-1848] ; promu commandeur de la Légion d’honneur.

Membre du Conseil royal de l’Instruction publique, il réforme l’enseignement de la philosophie ; président du jury d’agrégation depuis 1830, il oriente la philosophie universitaire vers un spiritualisme conservateur mais distinct de la religion.

Se spécialise dans l’étude comparée des systèmes d’enseignement [mission en Allemagne, 1831 ; puis en Hollande, 1836 ; enfin en Suisse, 1837].


Le feu croisé des critiques.

Mais autour de 1830 les critiques se font de plus en plus nombreuses [Armand Marrast ; P. Leroux ; E. Lerminier ; L. Bautain]. Elles visent surtout l’éclectisme et sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui, selon V. Cousin, renferment l’histoire entière de la philosophie [dans l’ordre : sensualisme ; idéalisme ; scepticisme ; mysticisme], et plus encore sa fonction conciliatrice [il y a du vrai dans chaque système].

D’un autre côté, on va bientôt lui reprocher un panthéisme fataliste, hérité de sa lecture de Hegel.


Événements historiques.

Choléra.

Fin mars [vers le 26 mars], début avril 1832 : épidémie de choléra [appelé aussi à l’époque choléra-morbus, au sens de maladie du choléra], qui fait mourir à Paris, plus particulièrement dans les quartiers pauvres du centre de la capitale, entre dix et vingt-mille personnes, emportées à chaque fois, par milliers, en quelques jours.

Le Premier ministre  Casimir Périer, l’orientaliste Abel Rémusat [1788-1832], l’hélléniste François Thurot [1768-1832] sont parmi les victimes.

Il y aura des reprises de l’épidémie en mars-juin 1849, en 1854.


Insurrection.

À l’occasion des funérailles du général Lamarque, le 5 juin 1832, une manifestation s’organise et se transforme en insurrection républicaine. D’abord la troupe et la garde nationale réduisent l’émeute entre la rue Montmartre, le passage du Saumon, le rue Montorgueil et le cloître Saint-Merri. Puis, le 6 juin, le canon est employé pour s’emparer du cloître, dernier lieu de résistance. Huit cents victimes, morts et blessés.


Éléments biographiques.

Pair de France.

V. Cousin est nommé Pair de France le 11 octobre 1832. Le demeure jusqu'à la suppression de la Pairie en 1848. C'est la seconde Restauration de 1815 qui rétablit la paierie à titre héréditaire. Après la révolution de 1830, Louis-Philippe maintient la paierie, mais en supprime le caractère héréditaire.

Pour V. Cousin la Pairie, de sa nature est héréditaire. Il exprime ce point de vue dans une note rédigée vers 1849 ou 1850 à l'ambassadeur d'Italie en France : « [...] On ne peut avoir une Chambre des Pairs qui réponde à ce nom qu'autant que ses membres, une fois nommés par le Roi, transmettent et leur titre et leur position à leurs derniers descendants, par un droit de véritable propriété, analogue à celui de la royauté elle-même. À cette condition seule, se forment dans un pays des familles essentiellement politiques, et à perpétuité dévouées au service de l'État. Une telle Pairie est une force immense pour la monarchie, pour l'ordre, pour la liberté. En France, en 1831, lorsqu'on agita la question de la Pairie, tout ce qu'il y avait de grands esprits furent pour la Pairie héréditaire, M. de Broglie, M. Thiers, M. Guizot, M. Molé, surtout M. Royer-Collard, dont le discours mérite d'être profondément étudié. [...] ».


L'Académie des sciences morales et politiques : les trente premiers académiciens.

L’ordonnance du roi du 26 octobre 1832, contresignée par François Guizot, rétablit, sous le titre d’Académie des sciences morales et politiques, la classe des sciences morales et politiques, qui avait été supprimée, par l’arrêté consulaire du 3 plûviose an XI [23 janvier 1803].

Douze personnalités sont nommés par ordonnance, en date du 26 octobre ; puis, par vagues successives [27 octobre ; 8 décembre ; 29 décembre], chaque nouveau groupe constitué se réunit pour élire de nouveaux membres, pour atteindre finalement le nombre fixé de trente académiciens.

Ainsi, dans un premier temps, l’ordonnance du Roi [du 26 octobre 1832] désigne les douze membres suivants : baron Joseph Dacier ; Pierre Claude François Daunou ; comte Dominique Joseph Garat ; Jean Girard Lacuée comte de Cessac ; Philippe Antoine comte Merlin, dit Merlin de Douai ; Claude Emmanuel Joseph Pierre, marquis de Pastoret ; Carl Friedrich comte Reinhard ; Pierre Louis comte Roederer ; Emmanuel Joseph, comte Sieyès ; Charles Maurice, prince de Talleyrand ; [soit dix membres] plus deux qui étaient membres non-résidants, au moment de la suppression de janvier 1803 : Antoine Louis Claude, comte de Tracy ; Joseph Marie, baron de Gérando.


Baron Joseph Dacier [1742-1833].

Au moment de sa nomination à l’Académie des sciences morales et politiques, Joseph Dacier est Conservateur des manuscrits à la Bibliothèque royale, fonction qu’il occupe depuis 1800.

Avait été élu, sous le Directoire, le 14 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section d’histoire [fauteuil 5]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne [dont il est élu, le 14 février 1803, le secrétaire perpétuel]. Au moment de la réorganisation de 1816 [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres [et nommé également secrétaire perpétuel]. Élu membre de l’Académie française, le 27 juin 1822.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 1].

À sa mort sera remplacé par Théodore Jouffroy [1796-1842], professeur de philosophie grecque et latine au Collège de France, élu le 6 avril 1833.


Pierre Claude François Daunou [1761-1840].

Au moment de sa nomination à l’Académie des sciences morales et politiques, Pierre Claude François Daunou est Garde général des Archives du royaume, fonction qu’il occupe depuis 1830, après avoir été, de 1819 à 1830, Professeur d’histoire et de morale au Collège de France.

Avait été nommé, sous le Directoire, par arrêté du 20 novembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section de législation [fauteuil 1]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Au moment de la réorganisation de 1816 [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de législation, droit public et jurisprudence [fauteuil 1].

À sa mort sera remplacé par Charles Théodore Troplong [1795-1869], Conseiller à la Cour de Cassation, élu le 12 décembre 1840.


Comte Dominique Joseph Garat [1749-1833].

Avait été élu, sous le Directoire, le 10 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section analyse des sensations et des idées [fauteuil 2], en remplacement de l’évêque de Pouilly. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe de la langue et de la littérature française. Au moment de la réorganisation de 1816 est exclu de l’Institut [par ordonnance royale du 21 mars 1816], Garat ayant été ministre de la justice en 1792-1793, au moment de l’éxécution de Louis XVI [21 janvier 1793].

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 2].

À sa mort sera remplacé par Joseph Lakanal [1762-1845], élu le 22 mars 1834.

Le cas de J. Lakanal est un peu particulier : Avait été élu le 14 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section de morale [fauteuil 5], où il siège aux côtés de Bernardin de Saint-Pierre, de Louis Sébastien Mercier, de l’abbé Grégoire, de La Révellière-Lépeaux, Jacques-André Naigeon. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Exclu de l’Institut, par ordonnance royale du 21 mars 1816.


Jean Girard Lacuée, comte de Cessac [1753-1841].

Depuis 1831, Jean Girard Lacuée est Pair de France.

Avait été élu, sous le Directoire, le 10 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section d’économie politique [fauteuil 4]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe de la langue et de la littérature française. Au moment de la réorganisation de 1816 [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie française.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 3].

À sa mort sera remplacé par Gustave de Beaumont [1802-1866], député de la Sarthe, élu le 31 décembre 1841.


Philippe Antoine comte Merlin, dit Merlin de Douai [1754-1838].

Avait été élu, sous le Directoire, le 10 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section de science sociale [fauteuil 3]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe de la langue et de la littérature française. Au moment de la réorganisation de 1816 est exclu de l’Institut [par ordonnance royale du 21 mars 1816]. Exilé de France de 1815 à 1830.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de législation [fauteuil 2].

À sa mort sera remplacé par le comte Joseph [Marie] Portalis [1778-1858], premier président de la Cour de cassation, élu le 9 février 1839 [et déjà membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 1837].


Claude Emmanuel Joseph Pierre, marquis de Pastoret [1756-1840].

Avait été élu, sous le Directoire, le 10 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section de science sociale [fauteuil 4]. Est exclu de l’Institut, en exécution de la loi de déportation du 5 septembre 1797. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Au moment de la réorganisation de 1816 [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Est élu le 8 juin 1820, membre de l’Académie française.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section d’histoire générale et philosophique [fauteuil 1].

À sa mort sera remplacé par Adolphe Thiers [1797-1877], ministre du Commerce et des Travaux publics, élu le 20 juin 1833.


Carl Friedrich comte Reinhard [1795-1837].

Au moment de sa nomination à l’Académie des sciences morales et politiques, Carl Friedrich Reinhard est ministre plénipotentiaire en Saxe. En 1832, il a été nommé Pair de France.

Avait été élu, sous le Directoire, le 10 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section d’histoire générale et philosophique [fauteuil 2]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Au moment de la réorganisation de 1816 [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section d’histoire générale et philosophique [fauteuil 2].

À sa mort sera remplacé par Jules Michelet [1798-1874], professeur d’histoire et de morale au Collège de France, élu le 24 mars 1838.


Pierre Louis comte Roederer [1754-1835].

Avait été élu, sous le Directoire, le 14 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section d’économie politique [fauteuil 6]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe de la langue et de la littérature française. Au moment de la réorganisation de 1816 est exclu de l’Institut [par ordonnance royale du 21 mars 1816].

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de morale [fauteuil 4].

À sa mort sera remplacé par Charles Lucas [1803-1889], Inspecteur général des prisons, élu le 19 mars 1836.


Emmanuel Joseph, comte Sieyès [1748-1836].

Avait été nommé, sous le Directoire, par arrêté du 20 novembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques, section d’économie politique [fauteuil 1]. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe de la langue et de la littérature française. Au moment de la réorganisation de 1816 est exclu de l’Institut [par ordonnance royale du 21 mars 1816].

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section d’économie politique [fauteuil 1].

À sa mort sera remplacé par Pellegrino Rossi [1787-1848], professeur d’économie politique au Collège de France, élu le 17 décembre 1836.

Charles Maurice, prince de Talleyrand [1754-1838].

Avait été élu, sous le Directoire, le 14 décembre 1795, membre de la Classe des sciences morales et politiques [fauteuil 5], section économie politique. Au moment de la réorganisation de 1803, est nommé par arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Au moment de la réorganisation de 1816 [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section d’économie politique [fauteuil 2].

À sa mort est remplacé par Hippolyte Passy [1793-1880], ancien ministre des Travaux publics et du commerce, élu le 7 juillet 1838.


ainsi que ceux qui étaient membres non-résidants de la seconde classe de l’Institut national:


Antoine Louis Claude, comte de Tracy [1754-1836].

Membre non-résidant de la seconde classe de l’Institut national en 1796, section analyse des sensations et des idées [place 2]. Avait été élu le 15 juin 1808, membre de la Classe de la langue et de la littérature françaises. Au moment de la réorganisation de 1816, [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie française.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de philosophie [fauteuil 1].

À sa mort est remplacé par Jean Philibert Damiron [1794-1862], maître de conférences à l’École normale, élu le 25 novembre 1836.


Joseph Marie, baron de Gérando [1772-1842].

Membre non-résidant de la seconde classe de l’Institut national en 1800, section analyse des sensations et des idées [place 1], en remplacement de Caffarelli du Falga [1756-1799], décédé en Égypte, le 27 avril 1799. Élu le 5 avril 1805, membre de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Au moment de la réorganisation de 1816, [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

L’ordonnance royale du 26 octobre 1832, le nomme à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de philosophie [fauteuil 2].

À sa mort est remplacé par Francisque Lélut [1804-1877], médecin de l’hôpital de la Salpêtrière, élu le 20 janvier 1844.


Dans un second temps, ces douze membres désignés sont chargés de se réunir pour procéder à une première élection. La première réunion a lieu le samedi 27 octobre 1832  [sont présents à cette première séance sur les douze membres désignés, seulement cinq membres : Daunou ; Gérando ; Merlin ; Reinhardt; Roederer ].

C’est au cours de cette séance, du 27 octobre 1832] que V. Cousin [1792-1867], déja membre de l’Académie française [élu le 18 novembre 1830], sera élu.

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Victor Cousin est professeur d’Histoire de la philosophie ancienne à la Faculté des lettres de Paris [1830-1852].

Au moment de la répartition des sections, V. Cousin occupera le fauteuil 3, de la section de philosophie.

À sa mort sera remplacé par Étienne Vacherot [1809-1897], ancien directeur des études à l’École normale, élu le 7 mars 1863.


Sont également élus :

André Marie Jean Jacques Dupin, dit Dupin l'aîné [1783-1865], récemment élu à l’Académie française [21 juin 1832].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Jean Jacques Dupin est Procureur général à la Cour de cassation [1830-1852], et Président de la Chambre des députés [1832-1838].

Au moment de la répartition des sections, Dupin l’aîné occupera le fauteuil 3, de la section de législation.

À sa mort sera remplacé par Claude [Alphonse] Delangle [1797-1869], Garde des Sceaux, ministre de la Justice, élu le 5 mars 1859.


Alexandre [Louis Joseph], comte de La Borde [1773-1842].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Alexandre de La Borde est député de la Seine [1830-1837], après avoir été général de la Garde nationale, et aide de camp du Roi [1830].

Avait été élu le 29 janvier 1813, membre de la classe d’histoire et de littérature ancienne. Au moment de la réorganisation de 1816, [ordonnance royale du 21 mars 1816], est nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Est élu dans la section d’économie politique [fauteil 3].

À sa mort sera remplacé par le comte Tanneguy Duchatel [1803-1867], ministre de l’Intérieur, élu le 24 décembre 1842.


Joseph Naudet [1786-1878].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Joseph Naudet est Inspecteur général de l’Instruction publique [1830-1840].

Avait été élu le 22 août 1817, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Est élu dans la section histoire générale et philosophique [fauteuil 3].

À sa mort sera remplacé par Victor Duruy [1811-1894], ancien ministre de l’Instruction publique, sénateur, élu le 1er février 1879.


Dans un troisième temps a lieu l’élection du 8 décembre qui permet de porter à vingt-trois le nombre des académiciens de l’Académie des sciences morales et politiques, parmi lesquels, pour la section de philosophie, Pierre Laromiguière.


François Pierre Charles, baron Dupin [1784-1873].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, le baron Dupin est Conseiller d’État [1830-1847], membre du conseil d’Amirauté [1831-1851], député de de la Seine [1830-1838].

Correspondant de l’Institut en 1811. Avait été élu le 28 septembre 1818, membre de l’Académie des sciences, section de mécanique.

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section d’économie politique [fauteil 4].

À sa mort sera remplacé par Joseph Garnier [1813-1881], professeur d’économie politique à l’École des Ponts et Chaussées, élu le 24 mai 1873.


Le baron Louis Pierre Édouard Bignon [1771-1841].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, le baron Bignon est député de l’Eure [1827-1837].

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section histoire générale et philosophique [fauteuil 4].

À sa mort sera remplacé par Amédée Thierry [1797-1873], maître des requêtes au Conseil d’État, élu le 13 mars 1841 [déjà correspondant de l’Institut, en 1833].


François [Pierre Guillaume] Guizot [1787-1874].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, François Guizot est Ministre de l’Instruction publique [1832-1836], après avoir été Ministre de l’Intérieur en 1830.

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section histoire générale et philosophique [fauteuil 5].

Élu, le 12 avril 1833, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Élu membre de l’Académie française, le 28 avril 1836.

À sa mort sera remplacé, à l’Académie des sciences morales et politiques, par Numa Fustel de Coulanges [1830-1889], professeur à la Faculté des lettres de Paris, élu le 28 décembre 1875.


Pierre Laromiguière [1756-1837].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Pierre Laromiguière est professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris [1809-1837].

Associé non-résidant de la seconde classe de l‘Institut national [1795-1803], section analyse des sensations et des idées [place 4], où il siège, à partir de 1796, avec Caffarelli du Falga, Destutt de Tracy, Victor Desèze, Fédéric Jacquemont, Ambroise Sicart.

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section de philosophie [fauteuil 4].

À sa mort sera remplacé par Théodore Jouffroy [1796-1842], professeur de philosophie grecque et latine au Collège de France [déjà élu, le 6 avril 1833, dans la section de morale, et transféré dans la section de philosophie, par décision de l’Académie du 9 décembre 1837].


[Barthélemy] Charles [Pierre Joseph] Dunoyer [1786-1862].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Charles Dunoyer est préfet de l’Alier [1830-1833].

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section de morale [fauteuil 5].

À sa mort sera remplacé par Jules Simon [1814-1896], Conseiller d’État, député de la Seine, élu le 21 février 1863.


Hugues Bernard Maret, duc de Bassano [1763-1839].

Deviendra Président du conseil et Ministre de l’intérieur en 1834 [10-18 novembre].

Avait été élu le 23 mars 1803, membre de la classe de la langue et de la littérature françaises. Exclu de l’Institut par ordonnance royale du 21 mars 1816.

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section de législation [fauteuil 4].

À sa mort sera remplacé par Berriat Saint Prix [1769-1845], professeur à la Faculté de droit de Paris, élu le 25 janvier 1840.


Alphonse Bérenger de la Drôme [1785-1866].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, Alphonse Bérenger de la Drôme est conseiller à la Cour de cassation [1831-1849].

Est élu, le 8 décembre 1832, dans la section de législation [fauteuil 5].

À sa mort sera remplacé par Eugène [François] Cauchy [1802-1877], maître des requêtes au Conseil d’État, élu le 23 juin 1866.


Enfin a lieu, le 29 décembre 1832, la dernière élection constitutive, permettant de porter à trente le nombre des académiciens, parmi lesquels, pour la section de philosophie : William Frédéric Edwards et François Broussais. Sont élus :


Louis [René] Villermé [1782-1863].

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section d’économie politique [fauteuil 5].

Transféré dans la section de morale [fauteuil 6], par décision de l’Académie du 4 janvier 1851, où il succède à Joseph Droz [1773-1850].

À sa mort, est remplacé à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale, par Paul Janet [1823-1899], professeur d’histoire de la philosophie à la Faculté des lettres de Paris, élu le 13 février 1864.


[François Xavier] Joseph Droz [1773-1850].

Élu membre de l’Académie française, le 2 décembre 1824.

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section de morale [fauteuil 6].

À sa mort sera remplacé par Louis Villermé, déjà élu dans la section d’économie politique, en 1832, transféré dans la section de morale [fauteuil 6], par décision de l’Académie du 4 janvier 1851.


William Frédéric Edwards [1777-1842].

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section de philosophie [fauteuil 5].

À sa mort sera remplacé par Adolphe Franck [1809-1893], professeur de philosophie, élu le 20 janvier 1844.


François Joseph Victor Broussais [1772-1838].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, François Joseph Victor Broussais est professeur de pathologie et de thérapeutique générale à la Faculté de médecine de Paris. En 1832 est nommé inspecteur général du service de sante des armées.

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section dans la section de philosophie [fauteuil 6].

À sa mort sera remplacé par Jules Barthélemy Saint-Hilaire [1805-1895], fonctionnaire au Ministère des finances, spécialiste d’Aristote dont il a entrepris la traduction des œuvres complètes, élu le 23 mars 1839.


Joseph Jérôme, comte Siméon [1749-1842].

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section de législation [fauteuil 6].

À sa mort sera remplacé par Charles Giraud [1802-1881], Inspecteur général des Facultés de droit, élu le 2 avril 1842.


[François] Charles [Louis] Comte [1782-1837].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, est député de la Sarthe [1831-1837], après avoir été Procureur du Roi près le tribunal de la Seine [1830].

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section d’économie politique [fauteuil 6]. Est élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, le 1er juin 1833.

À sa mort sera remplacé, dans la section d’économie politique, par Adolphe Blanqui [1798-1854], directeur de l’École spéciale du commerce, élu le 2 juin 1838. À la fonction de secrétaire perpétuel lui succèdera François Mignet.


François [Auguste Marie] Mignet [1796-1884].

Au moment de son élection à l’Académie des sciences morales et politiques, François Mignet est directeur des Archives et de la chancellerie au Ministère des Affaires étrangères.

Est élu, le 29 décembre 1832, dans la section histoire générale et philosophique [fauteuil 6]. Puis, le 8 mai 1837 est élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, succédant à charles Comte [1782-1837] [fonction dont il démissionne le 28 octobre 1882]. Élu membre de l’Académie française, le 29 décembre 1836.

À sa mort sera remplacé, à l’Académie des sciences morales et politiques, par Auguste Himly [1823-1906], doyen de la faculté des lettres de Paris, élu le 14 juin 1884.


La section de philosophie de l’Académie des sciences morales et politiques.

La section de philosophie de l'Académie des sciences morales s'organise un peu plus tard, et sera composée, comme chaque section, de six membres : Destutt de Tracy, occupant le fauteuil 1 [dans sa soixante-seizième année], de Gérando, occupant le fauteuil 2 [dans sa cinquante-huitième année], tous les deux nommés par ordonnance royale le 26 octobre, V. Cousin, occupant le fauteuil 3 [élu le 27 octobre], Laromiguière, occupant le fauteuil 4 [élu le 8 décembre], William Frédéric Edwards, occupant le fauteuil 5 [élu le 29 décembre], François Broussais, occupant le fauteuil 6 [élu également le 29 décembre].

À la suite de la mort de Destutt de Tracy (1836), puis de Gérando (1842), V. Cousin occupera, par ancienneté, la première position de la liste des membres de la section de philosophie de l'Académie des sciences morales et politiques. Il y fera élire Jean Philibert Damiron (décembre 1836), succédant à Destutt de Tracy ; Barthélemy Saint Hilaire (mars 1839) succédant à François Broussais ; Adolphe Franck (janvier 1844) succédant à W. F. Edwards ; Louis Francisque Lélut (janvier 1844) succédant à Gérando.


Légion d'honneur.

V. Cousin est promu commandeur de la Légion d'honneur.


Éléments institutionnels de l'histoire de la philosophie.

V. Cousin confie à Pierre Laromiguière, auquel s'adjoint T. Jouffroy [devenu en 1830 professeur adjoint de la chaire d'Histoire de la philosophie, et qui succédera à Laromiguière dans la chaire de Philosophie en 1837], le soin d'élaborer le nouveau programme de questions de philosophie sur lesquelles les aspirants au grade de bachelier ès-lettres doivent être interrogés - et que les professeurs doivent traiter dans leur enseignement. P. Laromiguière délègue J. J. S. de Cardaillac.

Le programme est promulgué par un arrêté du ministère Guizot, le 28 septembre 1832.

1. Se trouve confirmé l'arrêté signé par le duc de Broglie et V. Cousin, pris en septembre 1830, sur la suppression du latin comme langue des épreuves du baccalauréat [le français avait déjà été prescrit par une ordonnance de mars 1829, mais le latin rétabli en septembre 1829].

2. Le programme se compose de quarante-deux questions réparties en Introduction [3 questions]; Psychologie [8 questions] ; Logique [10 questions] ; Morale [6 questions] ; Théodicée [5 questions] ; Histoire de la philosophie[10 questions].

Ce programme remplace celui de 1823, rédigé par l'abbé Jean Marie Burnier-Fontanel [1763-1827], doyen de la Faculté de théologie qui avait présidé le jury du premier concours d'agrégation de philosophie en 1825. Ce programme s'inspirait d'un manuel antérieur à la Révolution française, appelé Philosophie de Lyon.


Comme l'écrit Prosper Alfaric : « [Le nouveau programme] opéra, au point de vue intellectuel, une émancipation analogue à celle que la Révolution de juillet avait accomplie dans l'ordre politique. Il laïcisa, dans une large mesure, la philosophie. ».


Agrégation de philosophie

Le président du jury est V. Cousin. Sont reçus en 1832, dans l’ordre : Adolphe Franck ; Jean Antoine Nougarède, Pierre Lafaist [dit Lafaye]

Adolphe Franck est le seul des trois lauréats à avoir laissé une trace encore visible dans l’histoire de la philosophie du XIXème siècle.


Adolphe Franck

Adolphe Franck [1809-1893], est alors professeur de philosophie au collège de Douai [1832]. Agrégation de philosophie en 1832. La même année [ce qui est tout à fait exceptionnel], doctorat ès-lettres (1832, Toulouse), avec une thèse principale Des Révolutions littéraires, et une thèse complémentaire en latin, De la Liberté.

Il connaît, dans l’enseignement secondaire, une carrière professorale rapide qui le rapprochera assez vite de Paris, dans des chaires de plus en plus importantes : professeur au collège de Nancy [1834] ; professeur au collège de Versailles [1838] ; professeur de philosophie au collège Charlemagne [1840].

Entre temps répond à une question posée, en 1836, pour un prix, par l'Académie des sciences morales et politiques : Discuter l'authenticité de l'Organum, le faire connaître par une analyse étendue, en faire l'histoire, apprécier la valeur de cette logique... Le texte de d'A. Franck arrive trop tard pour participer au concours, mais reçoit les encouragements de V. Cousin, pour être publié, sous le titre : Esquisse d'une histoire de la logique, précédée d'une analyse étendue de l'Organum d'Aristote (Hachette, 1838). Soucieux d'appuyer la philosophie sur l'histoire de la philosophie, selon une vue chère à son maître Victor Cousin, l'étude de Franck porte essentiellement sur les ouvrages de logique d'Aristote, mais brosse aussi une description des systèmes logiques de Bacon, Descartes, Kant, Hegel (considérés, avec Aristote, comme les grands maîtres de la logique et de la philosophie).

Obtient l'agrégation pour l'enseignement universitaire (1840), et grâce à Victor Cousin, ouvre un cours libre à la Sorbonne, sur la philosophie sociale, dans lequel il combat le socialisme.

Dès 1839 compose plusieurs mémoires sur l'origine de la Kabbale, [les deux premiers lus par lui-même à l'Académie des sciences morales et politiques, le troisième lu par V. Cousin]. En 1843, publie La Kabbale, ou la Philosophie religieuse des Hébreux [réédité en 1889, 1892]. C’est à cette époque, à partir de 1840, qu’il commence à travailler, à un monumental Dictionnaire des sciences philosophiques, qui n’a pas son équivalent en langue française, au XIXème siècle, regroupant autour de lui une quarantaine de collaborateurs, tous marqués par le souci de promouvoir le spiritualisme français des années 1820-1840.

En 1844, avec le soutien de V. Cousin, est élu à l’Académie des sciences morales et politiques (20 janvier 1844) au fauteuil de William Frédéric Edwards (décédé le 23 juillet 1842).

Deviendra conservateur-adjoint à la Bibliothèque nationale [1852], professeur suppléant de philosophie grecque et latine au Collège de France [1855], où il supplée Barthélemy Saint-Hilaire, professeur de droit de la nature et des gens au Collège de France [1856-1887], où il succède à Xavier de Portets.


Pierre Lafaye.

Pierre [Lafaist dit] Lafaye [1809-1867]. Ancien élève de l’École normale [1829]. Agrégation de philosophie en 1832. A soutenu son doctorat ès-lettres en 1833 : Dissertation sur la philosophie atomistique [Paris, 1833], sa thèse latine porte sur La Définition.

En 1834, il est professeur au collège royal d’Orléans, où il prononce un discours de distribution des prix.


Pas de trace pour Jean Antoine Nougarède.


Édition en cours :

Oeuvres complètes de Platon, traduites de grec en français, accompagnées de notes et précédées d'une introduction sur la philosophie de Platon. Paris : Bossange frères, in-8.

Le tome 8. [Paris : Pichon et Didier, 1832] contient la suite de la traductions des Lois.

L'édition des Oeuvres complètes de Platon, en treize volumes, commencée en 1822 se poursuit jusqu'en 1840.


Rapport.

1. Rapport sur l’état de l’instruction publique dans quelques pays de l’Allemagne, et particulièrement en Prusse, par M. V. Cousin [2 parties en 1 volume, Paris : de l'Imprimerie royale, in-4, IV-110+241 pp.].

Comprend : Ière partie, Francfort-sur-le Mein, Duché de Weymar, Royaume de Saxe ; IIème partie, Royaume de Prusse.

La première partie se compose de cinq lettres adressées au comte de Montalivet ; la deuxième partie comporte deux sections : organisation générale de l'instruction publique ; instruction primaire.

2. Réédité en 1832 et en 1833.


Articles dans le Journal des savans.

Du Commentaire inédit d'Olympiodore, philosophe alexandrin du VIème siècle, sur le Gorgias de Platon, dans le Journal des savans. Premier article : juillet 1832 ; deuxième article : août 1832, pages 449-457 ; troisième article : septembre 1832, pages 521-531 ; quatrième article : octobre 1832, pages 621-630 ; cinquième article : novembre 1832, pages 670-682 ; sixième article : décembre 1832, pages 743-753.

Incipit : « Le commentaire inédit d'Olympiodore sur le Gorgias de Platon, se trouve dans la plupart des bibliothèques de l'Europe. ».

En 1828, V. Cousin avait publié dans les Nouveaux fragments philosophiques [Paris : Pichon et Didier, éditeurs ; Sautelet et Cie ; Alex. Mesnier, in-8, IV-408 p. [dont deux pages d’errata], 1828 ] un Olympiodore, fragment du commentaire inédit du Gorgias, pages 378-404.

[1856] Réédité dans les Fragments de philosophie ancienne, Paris : Didier, in-8, 463 p., 1856.

[1865-1866] Réédité dans les Fragments philosophiques pour servir à l’histoire de la philosophie, par M. Victor Cousin. Cinquième édition. Philosophie ancienne. Paris : Didier et Cie ; Aug. Durand, in-8, pages 368-441.


À l'Académie française.

Élection et réception.

L’homme politique Antoine Jay [1770-1854] est élu avec le soutien des classiques, au fauteuil 15, le 15 mars 1832, en remplacement de Antoine Montesquiou-Fézensac [1757-1832], décédé le 5 février 1832. Il est élu au huitième tour, contre Adolphe Thiers [1797-1877] et contre Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856]. Il sera reçu le 19 juin, par Antoine Vincent Arnault [1766-1834].


Georges Cuvier [1769-1832] meurt le 13 mai 1832. Il sera remplacé au fauteuil 35, par André Dupin [1783-1865].


L’homme politique André Dupin [1783-1865], Président de la Chambre des députés, est élu au fauteuil 35, le 21 juin 1832, en remplacement de Georges Cuvier [1769-1832], décédé le 13 mai 1832. Il sera reçu par É. de Jouy [1769-1832], le 30 août 1832. Deux mois après, le 27 octobre 1832, sera élu à l’Académie des sciences morales et politiques, section de législation [fauteuil 3].


À l'Académie des sciences morales et politiques.

André Dupin [1783-1865], qui vient d'être élu à l'Académie française, est élu le 27 octobre 1832 à l'Académie des sciences morales et politiques, section de législation [fauteuil 3].


Frédéric Jacquemont [1757-1836] est nommé le 26 octobre 1832, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 1]. Après son décès en 1836, est remplacé par Philippus Van Heusde [1778-1839], élu le 22 juillet 1837.

Frédéric Jacquemont avait été élu en 1796 membre non-résidant de la seconde classe de l’Institut national, section I : Analyse des sensations et des idées [place 5]. Au moment de la réorganisation de 1803, il est nommé correspondant de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Puis, au moment de la réorganisation de 1816, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.


Pierre Prévost [1751-1839] nommé le 26 octobre 1832, correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 2]. Après son décès en 1839, est remplacé par Francisque Bouillier[1813-1899], élu le 23 avril 1842.

Pierre Prévost avait été élu, le 25 janvier 1801, membre non-résidant de la seconde classe de l’Institut national, section I : Analyse des sensations et des idées [place 6] en remplacement de l’abbé Ambroise Sicard. Au moment de la réorganisation de 1803, il est nommé correspondant de la Classe d’histoire et de littérature ancienne. Puis, au moment de la réorganisation de 1816, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.


Frédéric Jacquemont et Pierre Prévost [tous les deux assez âgés] sont les deux seules personnalités à être correspondants de l’Académie des sciences morales et politiques dès 1832. D’autres correspondants seront élus en 1833, puis en 1834 : Friedrich von Schelling ; Friedrich Schleiermacher ; Jean Esquirol ; James Prichard ; Emmanuel de Fellemberg ; Désiré Ordinaire ; Thomas Chalmers…


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.

Lettre de V. Cousin à Schelling.

« Mon cher ami,

Voici la première partie de mon rapport sur ma mission de l'été dernier en Allemagne. Je joins à votre exemplaire deux autres, l'un pour M. Thiersch, qui devrait bien m'adresser ses critiques ; l'autre, pour l'Académie de Munich.

La seconde partie, entièrement consacrée à la Prusse, est sous presse et paraîtra incessament.

Je vous aime de tout mon coeur. » [16 février 1832].


Lettre de V. Cousin à Schelling.

« J'ai eu grand plaisir, mon cher ami, à causer de vous avec M. Müller, qui m'a plu extrêmement sous tous les rapports. Il m'était revenu de Munich des bruits ridicules que j'ai été charmé de voir diisiper par M. Müller. Toute cette petite école de M. de Lamennais est toujours tentée de prendre notre profond respect pour le Christianisme comme une adhésion à ses principes ; mais le Christianisme n'a rien à démêler avec le pauvre système qui inscrivait son nom sur leur bannière ; et sa cause n'est pas leur cause.

Vous avez vu que notre nouvelle Académie des sciences morales et politiques a pris ses associés parmi des Ministres, et que c'est M. Ancillon, qui représente l'Allemagne. Cela n'est pas mal pour une Académie de Juillet.

Je vous ai envoyé mes travaux élémentaires sur l'instruction primaire. Je désire qu'ils puissent servir à l'organisation dont il était question en Bavière. Vous n'avez pas été surpris de me voir défendre la part nécessaire de la religion dans l'éducation du peuple, et par conséquent l'intervention du clergé dans le gouvernement de cette éducation. En somme, la loi est assez bonne ; il s'agit maintenant de l'éxécuter.

Loin de me détourner de la philosophie, ces divers travaux m'y ramènet toujours avec un plus grand amour, et je vous envoie dans quelques jours une nouvelle édition de mes Fragments, où il y une introduction nouvelle, dans laquelle il est beaucoup parlé de vous. C'est un des morceaux les plus importants que j'aie écrits. Je le recommande à votre attention. Vous devriez bien m'en écrire un mot pour me dire votre avis. Adieu, portez-vous bien et aimez-moi toujours un peu. » [29 juin 1832].


Lettre de V. Cousin à Schelling.

« Voici, mon cher ami, la seconde partie de mon rapport sur ma mission de l'été dernier en Allemagne. Je désire que ce travail puisse vous servir à quelque chose, et que les troubles qui agitent, ou semblent agiter, le midi de l'Allemagne n'arrêtent pas chez vous les progrès de l'instruction publique. Depuis deux ans elle en a fait en France de biens grands, qui seront suivis de plus grands encore, si la paix générale se maintient, comme je le crois.

Je suis tout occupé de la République de Platon, qui ne ressemble guère à celle qu'une poignée de misérables voudrait imposer à l'Europe civilisée.

Mille amitiés » [16 septembre 1832].


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.

Paraît une Lettre à Mr. V. Cousin, sur l'état de l'enseignement en Belgique, par C. A. Beving [Bruxelles : J. P. Meline, in-8, 31 p., 1832].


L'ouvrage du polémiste politique Auguste Barthélémy [1796-1867], Némésis, satire hebdomadaire, [Paris : Perrotin, in-4, III-420 p., 1832.] reprend la série des cinquante deux livraisons échelonnées de mars 1831 à avril 1832. Parmi lesquelles le poème de dix strophes de six vers chacune, intitulé Victor Cousin, dans lequel le philosophe est fortement pris à parti.

Une note ajoutée au poème déclare : « M. Victor Cousin est ce philosophe qui se faisait louer si souvent par la Gazette sous Charles X, et qui recevait de ce roi des places et la décoration de la Légion-d'honneur. Depuis le gouvernement de Juillet, peu de semaines se passent sans que la Moniteur nous annonce une nouvelle dignité accordée à M. Cousin, par conséquent sollicitée par lui. Avec sa modestie de philosophe et son intrigue psychologique, il est aujourd'hui académicien, inspecteur de l'éducation en Prusse, membre du conseil d'instruction publique, commis-voyageur de l'Université, officier de la Légion-d'Honneur et conseiller d'État. M. Cousin est un de ces obscurs rêveurs, fléaux des libraires, dont personne ne parlerait, s'ils n'avaient eu soin de se faire cent articles dans leur Journal des Débats. N'est-il pas temps qu'un ministère national arrête toutes ces jongleries, toutes ces intrigues de fausse bonhomie philosophique, toutes ces ruineuses déprédations?».


Eugène Lerminier [1803-1857], pour qui vient d’être créé au Collège de France la chaire d’histoire générale et philosophique des législations comparées, fait paraître, dans la Revue des Deux-Mondes, du 15 janvier 1832 jusqu'au 1er décembre 1832, à raison d'une fois par mois, des Lettres philosophiques adressées à un Berlinois. Onze lettres traitant de la Philosophie, de la Politique et de la Religion. La livraison du 15 mars 1832 a pour titre : L'Éclectisme et M. Cousin.

Ces lettres sont reprises dans un ouvrage : Eugène Lerminier. Lettres philosophiques écrites de Paris à un Berlinois. Paris : Éd. Paulin, in-8, 1832, 412 p. Réédité en 1835 [Paris : Chamerot et A. Gobelet, in-8, XXIV-503 p.] La troisième lettre traite de l'éclectisme.

Sainte-Beuve, dans un article du National [23 décembre 1832] rend compte favorablement de l'ouvrage : « Dans sa revue de la société, au premier plan, se rencontraient la philosophie éclectique de la Restauration et la politique doctrinaire, l'une déjà morte, l'autre toujours vivace. M. Lerminier les a vivement abordées, et prises, pour ainsi dire, corps à corps dans la personne de leurs trois représentants essentiels, MM. Royer-Collard, Cousin et Guizot. Les coups qu'il a portés, non pas au talent éminent de ces hommes, mais à l'influence prolongée, à l'importance absolue de leurs doctrines, n'ont pas été perdus pour beaucoup d'esprits et ont hâté le désabusement de plusieurs, en même temps que la vieille admiration des autres s'en est émue. »


Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.

Victor Cousin, Introduction to the History of philosophy. translated from the French by Henning Gotfried Linberg, Boston : Hilliard, Gray, Little, and Wilkins, in-8, VIII-458 p., 1832

Contient les leçons 1 à 13 du cours de 1828. Préface et notes du traducteur.


Manuale della storia della filosofia, de Guglielmo Tennemann, tradotto da Francesco Longhena, con Prefazionne de V. Cousin, 1832, Milano, in-12. Une 2ème édition italienne paraîtra en 1855.

Édité initialement en allemand, traduit par V. Cousin, publié en français en 1829.



Le 24/09/2014