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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1829
  

En 1829, V. Cousin [1792-1867] a trente six ans [il aura trente sept ans le 28 novembre 1829]. L’année 1829 est principalement à la fois celle de la publication du Cours de l'histoire de la philosophie professé par V. Cousin à la Faculté des lettres de Paris, et celle de l’édition de la traduction de l’allemand en français du Manuel de l’histoire de la philosophie de Wilhelm Gottlieb Tennemann.


Résumé des années précédentes.


1820-1828.

Élève de la première promotion de l’École normale, V. Cousin devient rapidement un jeune universitaire talentueux, [il commence à enseigner à vingt ans]. Son enseignement philosophique prend la couleur d’un engagement politique : V. Cousin a été en butte au pouvoir du ministère Villèle : cours suspendu fin 1820 ; suppression de l’École normale en septembre 1822 ; arrestation à Dresde au cours de son troisième voyage en Allemagne, puis incarcération et assignation à résidence à Berlin [octobre 1824-avril 1825].

Il est plébiscité par la jeunesse étudiante, parisienne et libérale, lors de la reprise de son enseignement en avril 1828, dans la chaire de Royer-Collard [Histoire de la philosophie moderne]. Ses cours sont sténographiés séance par séance et diffusés à plus d’un millier d’exemplaires.


« Éditeur » d’œuvres philosophiques.

Entre temps V. Cousin a publié coup sur coup les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; il a commencé une traduction des oeuvres de Platon qui se prolongera jusqu’en 1840 [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826] ; il associe son nom à celui de Maine de Biran, ce qui préfigure l'édition des Oeuvres de Maine de Biran , esquissée en 1832, qui commencera réellement en 1834, et sera achevée en 1841.


Fragments philosophiques.

Il rassemble ses notes de cours et ses articles, précédés de copieuses préfaces, sous le titre de Fragments philosophiques [1826], puis de Nouveaux fragments philosophiques [1828], et donne à ses publications, qu’il diffuse largement, un retentissement international, grâce aux liens tissés systématiquement avec les philosophes allemands [Hegel, Schelling], italiens, anglais et même américains. Il apparaît à l’étranger [l’Allemagne, l’Italie et même les Etats-Unis] comme le représentant de la nouvelle philosophie française, éclectique et spiritualiste.


Histoire de la philosophie.

L’année 1829 est à la fois celle de la publication du Cours de l'histoire de la philosophie professé par V. Cousin à la Faculté des lettres de Paris, et l’édition de la traduction de l’allemand en français du Manuel de l’histoire de la philosophie de Wilhelm Gottlieb Tennemann.


L'année 1829


Éléments institutionnels de l’histoire de la philosophie.

Cette année, pas de concours d’agrégation en philosophie. Les précédents concours ont eu lieu en 1825 et en 1827. Le prochain concours, qui sera cette fois présidé par V. Cousin, aura lieu en 1830, et année après année sans interruption jusqu’en 1851 [inclus]. Le concours d’agrégation de philosophie est supprimée en 1852 ; il reprendra en 1863, sous le ministère Duruy [1811-1894], ministre de l’Instruction publique de 1863 à 1869.


Publie.

Cours de l'histoire de la philosophie par M. V. Cousin, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, [professé à la Faculté des lettres, en 1829]. Paris : Pichon et Didier éditeurs, 2 volumes, in-8, XIV-510+VIII-492 pp., 1829.

Le premier tome a pour titre : Histoire de la philosophie du XVIIIème siècle, tome I (et comprend les leçons 1 à 12 inclus) ; le second tome a pour titre : Histoire de la philosophie du XVIIIème siècle, tome II, École sensualiste, Locke (et comprend les leçons 13 à 25).


Premier tome.

Le texte du premier tome est précédé d'un "Avis des éditeurs" [de 4 pages, vraisemblablement rédigé par V. Cousin lui-même] et d'une "table des sommaires" très détaillée de la première à la douxième leçon.

Incipit : « Avis des éditeurs. M. Cousin s'était attaché l'été dernier à signaler les principes théoriques et historiques qui doivent dominer tout son enseignement. Cette année, il a fait choix d'une époque particulière de l'histoire de la philosophie à laquelle il pût appliquer ses principes ; cette époque est le dix-huitième siècle.

On sait que M. Cousin avait déja traité de la philosophie du dix-huitième siècle, à la Faculté des lettres, pendant les années 1819 et 1820. Le point de vue général du professeur est resté le même, mais le temps et l'expérience l'ont agrandi. Déja en 1819 les auditeurs de M. Cousin avaient été frappés de cette intelligence philosophique et historique, qui, pénétrant dans le coeur de chaque système, et en démêlant le vrai et le faux, la partie durable et la partie périssable, recueillant l'une, abandonnant l'autre, composait ainsi, des emprunts faits à tous les systèmes, une philosophie qui les représentait tous sans s'asservir à aucun d'eux [...].

En 1819 et 1820, M. Cousin partageait la philosophie du dix-huitième siècle en deux systèmes seulement, le sensualisme et l'idéalisme. Maintenant il paraît avoir reconnu que si le scepticisme et le mysticisme se rattachent incontestablement, l'un au sensualisme, l'autre à l'idéalisme, ils ont pourtant des principes à part, dont les développements constituent deux écoles spéciales qui ne doivent pas être confondues avec les deux autres écoles, sensualiste et idéaliste, bien qu'elles y tiennent. Cette classification, plus simple et plus complète, rend mieux compte de tous les phènomènes historiques, et fournit une base plus large à l'esprit de combinaison. [...] ».


Second tome.

Le texte du second tome est précédé d'un "Avis des éditeurs" [2 pages, vraisemblablement rédigé par V. Cousin lui-même] et d'une "table des sommaires" très détaillée de la treizième à la vingt-cinquième leçon.

Incipit : « Ce second volume ouvre l'exposition des écoles philosophiques du dix-huitième siècle, et d'abord celle de l'école sensualiste. Il ne comprend que Locke, le père de cette école ; mais il l'embrasse tout entier. La part du bien et celle du mal y est faite scrupuleusement : mes mérites de Locke sont reconnus et signalés ; mais en même temps tous ses défauts, soit de méthode, soit de doctrine, sont mis en lumière. L'Essai sur l'entendement humain, que l'on peut appeler l'évangile de l'école sensualiste, est soumis à un nouvel examen, étendu et approfondi, livre par livre, et souvent chapitre par chapitre. L'analyse et la dialectique remplacent ici l'érudition et les vues historiques qui recommandaient le premier volume. [...] ».


Le succès est considérable. Sainte-Beuve, dans une lettre à Louis Jules Loudière, en date du 6 décembre 1828, témoigne : « Cousin a grand succès, quoique contesté comme tous les succès durables, aux époques de crise et de fondation. Il aborde encore la philosophie du XVIIIème siècle et non la grecque, ionienne et dorienne, comme il l'avait annoncé l'année dernière. Il a pensé, et avec raison, qu'à un moment où les vieilles écoles se remuent et se raniment pour pousser leur dernier cri, il ne fallait pas quitter le terrain, et il accepte une dernière fois la lutte, en face de Broussais, Daunou et cette coriace et vivace philosophie sensualiste. Ce dernier coup sera décisif et je me promets bien d'applaudir au résultat ; car, en vérité, ces vieilles gens sont incorrigibles et harcelants, et par la physiologie et la médecine, ils pourraient gagner nos jeunes et spirituels philosophes des amphithéatres, qui ne conçoivent pas que la question de l'immortalité de l'âme soit postérieure à la psychologie, et que, de quelque façon qu'on la tranche, la science n'en est pas moins posée auparavant. ».

Quelques jours plus tard, (lettre du 22 décembre à Louis Jules Loudière) Sainte-Beuve confirme : « Cousin fait toujours admirablement, et, malgré toutes les attaques de la philosophie sensualiste coalisée avec le catholicisme et les moqueurs sceptiques, il vient à bout de remuer ses deux mille auditeurs, et de faire casser les portes de la grande salle, tant elle est pleine. ».

[1841] Réédité en 1841 : Cours de l'histoire de la philosophie. Histoire de la philosophie du XVIIIème. Nouvelle édition revue et corrigée, Paris : Didier, in-8, 472+512 pp., 1841.


Publie :

Leçons de philosophie de M. Laromiguière, jugées par M. Victor Cousin et M. Maine de Biran. Paris : Rouen frères, in-8, II-IV-172 p., 1829.

Cet ouvrage reprend deux textes : 1. Examen des Leçons de philosophie de M. Laromiguière. Professeur de philosophie à la faculté des lettres, académie de Paris, par M. Victor Cousin, Professeur adjoint de la philosophie moderne à la même faculté, maître de conférences à l'ancienne École normale [Extrait des Fragments philosophiques] ; 2. Examen de philosophie de M. Laromiguière ou Considérations sur le principe de la psychologie, sur la réalité de nos connaissances et l’activité de l’âme, par Maine de Biran, conseiller d'État, membre de la Chambre des députés. (Publié en 1817).

Incipit de l'Avis des éditeurs : « Au moment où les partisans de M. Laromiguière se joignent aux écrivains de la Quotidienne et de la Gazette et à ceux du parti matérialiste, pour attaquer, Dieu sait avec quelles armes, la nouvelle philosophie, la violence des élèves reporte naturellement l'attention sur les principes et le système du maître. Nous avons donc cru rendre service aux amis de la philosophie, en réimprimant un examen qui a été fait, il y a quelques années, des Leçons de M. Laromiguière, par deux hommes auxquels on ne peut refuser une étude approfondie et l'intelligence de ces matières, MM. Cousin et Maine de Biran. Voici, en quelques mots, le résultat de cet examen. ».

Réédité en 1995, document électronique BNF.


1. L'Examen des Leçons de philosophie de M. Laromiguière, par V. Cousin est initialement le texte d'une recension faite par V. Cousin des Leçons de philosophie de Laromiguière [parues en 1818-1819], dans le Journal des savans d'avril et octobre 1819 et de février 1821.

Cette recension sera reprise dans les Fragments philosophiques, 1826, pages 1-51 ; et reprise dans ses différentes rééditions.


2. L’opuscule de Maine de Biran : Examen des leçons de philosophie de M. Laromiguière ou Considérations sur le principe de la psychologie, sur la réalité de nos connaissances et l’activité de l’âme, paraît initialement en 1817, sans nom d’auteur [Paris : Fournier, in-8, 120 p.].

V. Cousin rééditera ce texte en 1834, puis en 1841, dans le quatrième volume des Oeuvres philosophiques de Maine de Biran, publiées par V. Cousin. Paris : Librairie de Ladrange, 4 volumes in-8, 1841.


Traduit :

[1829] 1. Wilhelm Gottlieb Tennemann. Manuel de l’histoire de la philosophie, traduit de l'allemand de Tennemann par V. Cousin, Professeur à la Faculté des lettres de l'Académie de Paris. Paris, Pichon et Didier ; Sautelet et Cie, 14 rue de Richelieu, deux volumes, in-8, XXVII-392+426 pp., 1829.

La page de titre indique également comme éditeur : Pichon & Didier, 47 quai des Augustins ; Sautelet et Cie, 14 rue de Richelieu. [L'ouvrage est traduit de l’allemand par Victor Cousin, sur la 4ème et dernière édition allemande].

Contient une Préface de V. Cousin, signée le 1er septembre 1829 [pages V-XXVII]. Il y définit une fois encore l'éclectisme :

Incipit : « La philosophie n'a aujourd'hui que l'une de ces trois choses à faire :

Ou abdiquer, renoncer à l'indépendance, rentrer sous l'ancienne autorité, revenir au moyen-âge ;

Ou continuer à s'agiter dans le cercle de systèmes usés qui se détruisent réciproquement ;

Ou enfin dégager ce qu'il y a de vrai dans chacun de ces systèmes, et en composer une philosophie supérieure à tous les systèmes, qui les gouverne tous en les dominant tous, qui ne soit plus telle ou telle philosophie, mais la philosophie elle-même dans son essence et son unité. Le premier parti est impossible. D'abord la philosophie n'est qu'un effet et non pas une cause [...] [Le XIXème siècle] est comme condamné à un rôle nouveau, le plus humble en apparence, mais en réalité le meilleur et le plus grand, celui d'être juste envers tous les systèmes sans être dupe d'aucun d'eux ; de les étudier tous, et au lieu de se mettre à la suite de l'un d'eux, quel qu'il soit, de les enrôler tous sous sa bannière, et de marcher ainsi à leur tête à la recherche et à la conquête de la vérité. Cette prétention de ne repousser aucun système et de n'en accepter aucun en entier, de négliger ceci, de prendre cela, de choisir dans tout ce qui paraît vrai et bon, et par conséquent durable, d'un seul mot, c'est l'éclectisme. ».

Ce Manuel de l'histoire de la philosophie a été publié en allemand en 1812, réédité en 1815 (2ème édition), puis en 1820 (3ème édition posthume composée par Amédée Wendt, alors professeur à Leipzig, puis à Göttingue), en 1825 (4ème édition). C'est sur cette quatrième et dernière édition que la traduction de V. Cousin a été faite, en collaboration avec Auguste Viguier, son ancien collègue de l'École normale.

[1832] 2. L’ouvrage est traduit en italien, en 1832 : Manuale della storia della filosofia [Tradotto da Francesco Longhena], avec l’introduction de V. Cousin. La version italienne connaît une seconde édition en 1855.

[1837] 3. Réédité en 1837, en Belgique. W. G. Tennemann, Manuel de l'histoire de la philosophie, Bruxelles : Hauman, Cattoir et Cie, 1837. Il s'agit d'une contrefaçon.

[1839] 4. Réédité en 1839, 2ème édition corrigée et augmentée, mais cette fois sur la 5ème édition allemande [parue en 1830]. Il semble y avoir 2 tirages en 1839. Un Avertissement de la seconde édition rédigé par V. Cousin est daté du 1er juillet 1839 [Paris : Ladrange].

[2002] 5. Réédité en 2002, en 2 volumes, édition électronique BNF.


[1829] 1. La Préface de la traduction du Manuel, paraît en tête du Manuel en 1829.

[1856] 2. Préface rééditée dans la nouvelle édition de Fragments de philosophie contemporaine [pages189-202].


[1839] 1. L'Avertissement de la seconde édition, paraît en 1839.

[1856] 2. Avertissement réédité dans la nouvelle édition de Fragments de philosophie contemporaine [pages 202-204].


Wilhelm Tennemann.

Wilhelm Tennemann [1761-1819]. Professeur de philosophie, et historien de la philosophie allemand. Né le 7 décembre 1761, à Kleinbrembach, près d'Erfurt ; mort le 1 octobre 1819, à Marburg.

Wilhelm [Gottlieb] Tennemann a été [1798] chargé de cours, puis professeur de philosophie à Marbourg [1804]. En 1816 il devient bibliothécaire de la bibliothèque universitaire.

V. Cousin, au cours de son premier voyage en Allemagne, en juillet-août 1817, rencontre W. Tennemann, à Marbourg. Les échanges ont lieu en latin.

Tennemann a déja publié Geschichte der Philosophie, Leipzig, 11 volumes, 1798-1811. À partir de ce livre est composé un Manuel, publié pour la première fois en 1812, puis révisé et réédité par Tennemann en 1815. Une troisième édition, assurée par Amédée Wendt [1783-1836], professeur à Leipzig, paraît en 1820, puis, considérablement accrue en 1825, une quatrième édition.

C’est à partir de cette quatrième et dernière édition que V. Cousin, en 1829, avec la collaboration d’Augustin Viguier [1793-1867], son ancien collègue de l’ École normale, traduit de l’allemand le Manuel de l’histoire de la philosophie, [Paris, Sautelet et Cie, 2 volumes, in-8 ]. Il rédige à cette occasion une Préface, datée du 1er septembre 1829.

La traduction est rééditée en 1839, avec un Avertissement de la seconde édition [datée du 1er juillet 1839], qui tient compte de la cinquième édition allemande. Ces deux textes figurent dans les Fragments de philosophie contemporaine [édition de 1856].

En 1828, dans son cours à la Faculté des lettres [Cours d’histoire de la philosophie moderne] V. Cousin avait déja fait référence à Tennemann.


Mention, recension, fragments et compte-rendu d'ouvrages de V. Cousin.

Compte-rendu des Leçons de philosophie de Laromiguière, jugées par M. Victor Cousin et M. Maine de Biran, dans le journal Le Globe, tome 7, n° 13, 14 février 1829.


Des Fragments du Manuel de l'histoire de la philosophie, traduit de l'allemand de Tennemann, paraissent, à l'initiative de V. Cousin, dans le journal Le Globe, tome 7, n° 72, 9 septembre 1829.


Annonce d'une traduction italienne de la Préface des Fragments philosophiques, dans le journal Le Globe, tome 7, n°86, 28 octobre 1829.


Une annonce des Fragments du Manuel de l'histoire de la philosophie, traduit de l'allemand de Tennemann, paraît à l'initiative de V. Cousin, dans le journal Le Globe, tome 7, n° 95, 28 novembre 1829.


Edward Everett [1794-1865] rédige dans la North American review [1829], une recension des Fragments philosophiques [parus en 1826]. V. Cousin l’a rencontré au cours de son premier voyage en Allemagne [été 1817].


Edward Everett.

Edward Everett [1794-1865], professeur à l’Université de Harvard. Membre du Congrès. Gouverneur de l’État de Massachusetts. Ministre des Etats-Unis en Angleterre. Élu, le 23 janvier 1858, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de politique, administration et finances [place 4], après la création de cette section par décret impérial du 14 avril 1855.

Traduction, ou édition, à l'étranger des oeuvres de V. Cousin.

Prefazione del Signor V. Cousin premessa a'suoi Frammenti filosofici. Lugano : G. Ruggia e Comp., in-8, 46 p., 1829.

En 1834, paraîtra, chez le même éditeur, une traduction des préfaces des deux éditions [1826, 1833] des Fragments philosophiques.


A. Matthiae.

Le Manuel de Philosophie de A. Mathiae publié en allemand en 1823, paraît dans une traduction italienne, “con un saggio della nuova Filosofia francese del Signor Cousin” [Lugano : G. Ruggia e Comp., XIII-LVI, 1829] ; contient la traduction de la préface de l’édition de 1826 des Fragments philosophiques de V. Cousin.


August [Heinrich] Matthiae [1769-1835].

Né le 26 décembre 1769 à Göttingen ; mort le 6 janvier1835 à Altenbourg. Philologue et philosophe allemand.

Études à Göttingen. Passe quelques années comme tuteur à Amsterdam. retourne en Allemagne en 1798.

Philologue et philosophe, directeur du "gymnase" d'Altenbourg [1802-1833], a rédigé, dans l'esprit de la philosophie kantienne, le manuel Lehrbuch für den ersten Unterricht in der philosophie [Leipzig, in-8, 1823 ; 3ème édition en 1833]. C'est ce manuel que traduit Hector Poret : Manuel de philosophie. Traduit sur la troisième édition. [Paris : Ladrange, in-8, VI-XXXI-294 p., 1837].

Le Manuel de philosophie, paru en allemand en 1823, est traduit en italien en 1829, avec comme Préface la préface des Fragments philosophiques de V. Cousin : Manuele du filisofia di A. Matthiae, trad. dal tedesco. Lugano : 1829. L’avant-titre porte : Prefazione del Signor V. Cousin ai Frammenti filosofici.

A publié : Greek Grammar [3rd ed., 1835], translated into English by . V. Blomfield (sth ed., by J. Kenrick, 1832 ; une édition d’Euripide, en 9 volumes [1813-1829] ; Grundriss der Geschichte der griechischen und romischen Litteratur [3rd ed., 1834, Traduction anglaise : Oxford, 1841] ; Lehrbuch fur den ersten Unterricht in der Philo-sophie [3rd ed., 1833] ; Encyklopadie und Methodologie der Philologie [1835].


Édition en Belgique.

Histoire de la philosophie du XVIIIème siècle. Bruxelles : Vandooren, 2 volumes in-8, X-381+VI-403-VII, 1829-1830, avec la couverture bleue d'éditeur.


Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.

Aristide Valette à V. Cousin.

« Monsieur,

Permettez-moi de vous adresser un exemplaire de mes observations critiques sur quelques-unes de vos leçons. J’ai hésité un moment à vous les offrir ; mais m’étant aperçu que mon hésitation décèlerait, ou la crainte d’y avoir mis autre chose qu’un amour sincère de la vérité, ce dont j’aurais à rougir, ou l’opinion que mes raisons sont sans réplique, ce qui manifesterait une présomption que je n’aime pas plus en moi que dans les autres, je m’empresse de céder à mon premier mouvement.

J’aime à penser que vous n’y trouverez que la pure expression du désir d’appeler de nouvelles lumières sur des questions qui ne sont pas résolues d’une manière satisfaisante, puisqu’on résiste encore, et que la résistance ne vient pas d’un attachement exclusif et ridicule pour d’anciennes opinions qu’on ait à coeur de défendre, uniquement parce qu’on les a eues, ou qu’elles sont en crédit. La philosophie ne vaut pas une heure de peine, si elle n’est pas même capable d’inspirer à ceux qui la professent l’aveu naïf qu’on a vu, dans un temps, ce qu’on n’a pas même entrevu dans un autre. Si en parlant de vos opinions, Monsieur, il m’était échappé quelques expressions qui ne fussent pas sorties de la nature même des choses, je me hâterais de les désavouer.

Je vous dirai même franchement, Monsieur, que je me repentirais d’avoir pris la plume, si j’attachais assez d’importance à mes paroles pour croire un instant qu’elles pourraient fournir des armes à la haine et à la calomnie, sous quelque masque qu’elles se produisent.

Vous avez des ennemis, Monsieur, pour lesquels vous pouvez m’en croire, mon mépris ne serait pas sans quelque énérgie, s’ils pouvaient m’inspirer autre chose que de la pitié. Je me dois à moi-même de vous déclarer que je n’ai jamais eu, que je n’ai et n’aurai jamais rien de commun avec quiconque n’aura pas même assez de pudeur pour sentir que, en philosophie surtout, toute attaque dirigée contre les personnes ne déshonore que son auteur ; des traits partis de si loin et de si bas ne peuvent pas vous atteindre.

Vous savez mieux que personne, Monsieur, qu’il faut souvent payer la gloire, et que, si les yeux sont ingrats et jaloux, la mémoire est reconnaissante.

Je suis, avec la plus parfaite considération, Monsieur, votre dévoué et reconnaissant serviteur. » [Paris. 15 janvier 1829]


Aristide [Jasmin Hyacinthe] Valette.

Docteur ès-lettres avec une thèse de littérature ancienne et moderne De l’Épopée [Paris, 1819]. Paris : impr. de Fain, in-4, 24 p. 1819. Sa thèse latine porte sur De libertate [qui reproduit les thèmes de leçons de philosophie de Pierre Laromiguière]

Royer-Collard le nomme agrégé suppléant, chargé de la chaire de philosophie au collège d’Harcourt. Prononce un Discours sur l’enseignement de la philosophie [Paris : imprimerie de P. Gueffier, n° 31, 24 p., 1822].

Fait partie du jury d’agrégation de philosophie de 1827 [la première agrégation de philosophie a eu lieu en 1825] avec l’abbé Daburon ; l’abbé Jean Marie Burnier Fontanel ; Pierre Laromiguière ; Bousson, professeur à Charlemagne.

S’oppose au courant philosophique représenté par V. Cousin, par une série d’articles publiés d’abord dans le journal Le Lycée, puis rassemblés dans un ouvrage : De l’Enseignement de la philosophie à la Faculté des lettres (Académie de Paris) et en particulier des principes et de la méthode de M. Cousin, par A. J. H. Valette. Paris : L. Hachette, in-8, IV-74 p., 1828.

Il s'oppose à l'éclectisme de V. Cousin qui, à marches forcées, se substitue à l'enseignement universitaire traditionnel. C’est dans ce sens qu’il convient de comprendre la démarche d’A. Valette, en février 1833, de créer une Société des professeurs de l’Université, pour laquelle il rédige un rapport de la séance du 20 février [Paris : impr. de Morival, in-8, 8 p., 1833].

Aussi fait-il partie, un peu plus tard, avec Jean Saphary et Alexandre Gibon [1798-1871], de ce groupe d'universitaires plaidant devant la Commission de l'instruction publique « la cause de l'enseignement de la philosophie compromise par la personnification de cet enseignement en un seul homme, et par l'identification de toutes les doctrines en une seule doctrine qui, à tort ou à raison, a fait éclater des orages sur l'Université dont on se fait aujourd'hui les paratonnerres. » [texte envoyé au directeur de la Revue de Paris, 13 juillet 1844]. Cette démarche est à la source d'une polémique engagée par la Revue de Paris, auprès de laquelle les trois enseignants obtiennent, non sans difficulté, un droit de réponse.


De 1827 à 1837, Aristide Valette est enseignant suppléant dans la chaire de Philosophie de Laromiguière à la Faculté des lettres de Paris, où il succède à Jean Jacques Séverin de Cardaillac [suppléant de 1824 à 1829].

Il fait publier à plusieurs reprises le discours d’ouverture de son cours de philosophie à la Faculté des lettres ; en 1829 [1ère année], sur l’Objet de la philosophie [Paris : L. Hachette, 1829] ; en 1830 [2ème année], sur la Liberté [Paris : L. Hachette, 1830] ; en 1835 [6ème année] sur L’Esprit humain [Paris : Labitte, 1835].

Mais son opposition constante à V. Cousin, alors tout puissant au sein de l’université, fait obstacle à sa carrière : à la mort de Laromiguière [12 août 1837], bien qu’il se fut porté candidat, et présenté en première ligne par le conseil académique, et en deuxième ligne par la Faculté [Picavet] n’est pas nommé titulaire. C’est Théodore Jouffroy, qui bénéficie du soutien de V. Cousin, qui est désigné.

Et lorsque T. Jouffroy meurt, en mars 1842, A. Valette est encore écarté, puisque c’est Jean Philibert Damiron [1794-1862] qui est nommé pour lui succéder dans la chaire de Philosophie [de mars 1842 à Décembre 1845]. A. Valette publie alors une lettre : Laromiguière et l’éclectisme, aux amis de Laromiguière, par Valette, ancien suppléant de Laromiguière à la Faculté des lettres, professeur de philosophie au collège royal de Louis le Grand [Paris, 32 p., 1842]. « il constatait que la philosophie de Laromiguière avait été évincée de la Sorbonne, et que la fidélité aux doctrines du maître n’était pas un titre suffisant. » [Picavet].

Publie :

De l’Épopée [Paris, 1819]. Paris : impr. de Fain, in-4, 24 p. 1819. Il s’agit du texte de sa thèse de littérature ancienne et moderne.

De l’Enseignement de la philosophie à la Faculté des lettres (Académie de Paris) et en particulier des principes et de la méthode de M. Cousin, par A. J. H. Valette. Paris : L. Hachette, in-8, IV-74 p., 1828.

Cours de philosophie à la Faculté des lettres de Paris [1829-1835].


Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.

W. Hamilton.

Sir William Hamilton [1788-1856], professeur de droit civil à l’Université d’Édimburg, fait paraître dans la Revue d’Édimburg, en octobre 1829, un article sur V. Cousin, portant sur l'Introduction à l'histoire de la philosophie, sous le titre : M. Cousin's Course of philosophy. L’article paraît anonyme, comme c’est la règle pour cette revue. Mais, selon l’expression de Barthélémy Saint-Hilaire, l’auteur critique V. Cousin « comme il le faisait de Kant, de Fichte ou de Schelling. ».

Cet article reparaît en 1852, en tête de l’ouvrage de Sir William Hamilton. Discussions on philosophy and literature, education and university reform, London, 1852.


Sir William Hamilton [1788-1856],

William Hamilton [1788-1856], professeur de droit civil à l'Université d'Edimburg, est l’éditeur de Thomas Reid, et de Dugald Stewart. Professeur de logique et de métaphysique à l’université d’Édimburgh, il fit connaître Kant et les philosophes allemands auprès du public anglais. Il fut un des premiers logiciens anglais à créer une algèbre de la logique.

Il est élu correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 1], le 25 janvier 1840, en remplacement de Philip Van Heusde [1778-1839], décédé le 29 juillet 1839. À sa mort [en 1856, et non en 1866 comme il est parfois indiqué] est remplacé par William Whewell [1794-1866], élu le 14 février 1857.


A. Marrast.

Armand Marrast [1801-1852] fait paraître : Examen critique du Cours de philosophie de M. Cousin, leçon par leçon, par M. A. M., 1829, Paris, J. Corréard jeune éditeur, in-8, 90 p. Avec un Avant-propos de l'auteur.

Incipit de l'Avant-propos : « Aucune inimitié personnelle, aucun sentiment particulier de haine ou d'aigreur n'a inspiré les réflexions qu'on va lire.

C'est un jeune homme, sans renommée, qui a voulu dire aux jeunes gens ses contemporains ce qu'il a cru reconnaître de vrai, de faux, d'utile ou de funeste dans les leçons d'un professeur trop puissant, trop célèbre pour que l'action de sa pensée soit innocente. ».

Le livre paraît comme reprise et complément d'une série de brochures parues tout au long de 1828 : en effet, au début de 1828, A. Marrast fait paraître de façon anonyme un prospectus intitulé Examen critique du cours de MM. Villemain, Guizot et Cousin, leçon par leçon.

« L'entreprise avait autant d'ampleur que d'audace. Elle était même trop vaste. En fait, Villemain fut laissé hors de cause. Le silence aussi se fit bientôt sur Guizot. Mais contre Cousin parurent coup sur coup de nombreuses livraisons où il était âprement critiqué. La première, qui vit le jour au début de janvier 1829, n'était point signée. Une autre , qui suivit peu après, portait les initiales A. M. Bientôt le nom de l'audacieux critique fut donné en toutes lettres. À partir de la sixième livraison, la couverture portait "M. A. Marrast et une société d'hommes de lettres" » [Alfaric].


Armand Marrast.

Armand Marrast [1801-1852] Né à Saint-Gaudens [Haute-Garonne] le 5 juin 1841 ; mort à Paris, le 12 avril 1852.

Débute dans l’enseignement comme répétiteur au collège d’Orthez, puis professeur de rhétorique à Saint-Sever.

Germain Sarrut le fait nommer maître d’études au collège Louis-le-Grand où il se lia d’amitié avec Pierre Laromiguière, titulaire depuis 1809 de la chaire de Philosophie à la Faculté des lettres de Paris, qui le protégea et le fit admettre comme surveillant à l’École normale.

Docteur ès-lettres [Paris, 1825], avec une thèse de littérature intitulée, Éclaircissements sur cette question : Est-ce aux poètes ou aux prosateurs qu’appartient la gloire d’avoir le plus contribué à former et à perfectionner la langue française [Paris : impr. de A. Béraud, in-4, 25 p., 1826]. Sa thèse latine est intitulée : Dissertatio de veritate [Parisiis : typ. A. Béraud, in-4, 17 p., 1826].

Révoqué pour son attitude aux obsèques [août 1827], du député Jacques Antoine Manuel [1775-1827] dont le convoi est suivi par près de cent mille personnes, ne peut se présenter à l’agrégation de philosophie. De 1827 à 1829 est précepteur du fils aîné du banquier d’origine espagnole Alexandre Aguado [1784-1842].

Il fait paraître : Examen critique du Cours de philosophie de M. Cousin, leçon par leçon, 1829, Paris, J. Corréard jeune, in-8, 90 p.

Commence en 1829 des conférences à l’Athénée [établissement d’enseignement libre fondé en 1783, au 2 de la rue de Valois, dont le public mondain vient écouter des conférences érudites], débute comme journaliste à la Tribune des départements, et devient le rédacteur en chef de la Tribune, dont il est un des fondateurs, journal d’opposition au gouvernement de Louis-Philippe. Dés ses premiers articles, il s’impose à l’attention et une attaque contre le ministère lui vaut six mois de prison.

Prend une part active à la Révolution de 1830. Le 29 janvier 1836 est condamné à la déportation, mais se réfugie en Angleterre. Il en revient en juin 1839, à l’occasion du mariage du duc de Nemours : amnistie du 8 mai 1837.

Il devient collaborateur du National. Il y rédige des articles dont celui du 3 mai 1844 est hostile à V. Cousin. Sainte-Beuve en donne l’explication : « Le National du 3 mai est très opposé à la philosophie universitaire ; ce n’est pas que le National aime le moins du monde les gens du clergé, comme bien vous pouvez croire ; c’est que le rédacteur Armand Marrast est un disciple de Condillac et Laromiguière, et dès lors un vieil adversaire de l’éclectisme. Il y a dans cette levée de boucliers contre la philosophie de Cousin autre chose encore que des opinions et des croyances religieuses et cléricales ; il y a des rancunes philosophiques de la part des dissidents, sensualistes, sceptiques, etc. que l’éclectisme a toujours malmenés et méprisés avec hauteur. » [Sainte-Beuve à Juste et Caroline Olivier, 3 mai 1844].

Au moment de l’affaire Pritchard [consul anglais expulsé de Tahiti par l’amiral français Dupetit-Thouars, en mars 1844, après sa tentative de soulèvement de la population, au moment de l’annexion de l’île], publie une série de portraits de députés qui avaient voté l’indemnité, portraits qui eurent un grand succès.

À la Révolution de 1848 soutient la proclamation de la République, et est nommé membre du gouvernement provisoire. Il devient maire de Paris, président de l'Assemblée nationale constituante [1848]. Il prend une grande part à la rédaction de la nouvelle Constitution, en fut le rapporteur et la promulgua sur la place de la Concorde. Mais, en 1849, n'est pas réélu à l'Assemblée législative.

Est nommé par décret [8 avril 1848] titulaire de la nouvelle Chaire de Droit privé, créée au Collège de France ; mais dès le 14 novembre l'Assemblée nationale supprime les douze nouvelles chaires qui avaient été créées.

Il meurt le 12 avril 1852, « dans la misère et oublié de tous ».


J. B. M. Nolhac.

Réflexions sur la philosophie de M. Cousin en l'an 1828 - 1829, par un élève des écoles de Paris [Jean Baptiste M. Nolhac]. [Première et ] Seconde partie pour servir à la réfutation de l'Introduction à ses cours. Suivies de quelques observations sur les fondements de sa philosophie. Paris ; Gauthier frères ; Lyon : Maire, 2 tomes en 1 volume in-8, 1828-1829.


Jean Baptiste Marie Nolhac [1770-1848]. Autour des années 1839-1845 est membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.


J. F. Amice.

J. F. Amice. Manuel de philosophie expérimentale, ou Recueil de dissertations sur les questions fondamentales de la métaphysique : extraites de Locke, Condillac, Detutt-Tracy, Degérando, La Romiguière, Jouffroy, Reid, Dugald-Stewart, Kant, Cousin, etc. ; ouvrage conçu sur le plan de leçons de M. Noël, à l'usage des collèges et des gens du monde, par J. F. Amice. Paris : Roret, in-8, [6] II-476 p., 1829.




Le 16/11/2018