[ recherche ] [ présentation ] [ liste alphabétique des auteurs ] [ statistiques ] [ courriel ]


Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1828
  En 1828, V. Cousin [1792-1867] a trente cinq ans [il aura trente six ans le 28 novembre 1828].
Dès janvier 1828 le ministère Martignac, qui remplace celui de Villèle, impulse une politique plus modérée. Aussi l’année 1828, pour V. Cousin, nommé professeur adjoint à la Faculté des lettres de Paris, est principalement celle de la reprise de son enseignement, qui connaît un formidable succès. Ses cours sont sténographiés séance par séance et diffusés à plusieurs millier d’exemplaires.

Résumé des années précédentes.

1809-1812. L’École normale.
Après de brillantes études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] il est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève ; puis en 1813 est chargé de conférences de philosophie.

1813-1815. Doctorat et enseignement.
Docteur ès-lettres en juillet 1813, avec une thèse latine : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi.
Continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815 enseigne comme agrégé au collège Bourbon [lycée Condorcet].

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ce dernier monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1824. Voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.
Le troisième voyage, où il est accompagné par Napoléon Lannes, son élève, est rapidement interrompu par son arrestation à Dresde [15 octobre 1824], son incarcération à Berlin [jusqu’à la mi-février 1825], son assignation à résidence jusqu’en avril 1825.

1820. Victime de la répression.
V. Cousin continue d’assurer son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, comme suppléant de Royer-Collard. Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par réprésailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire. Ainsi V. Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté, en septembre 1822, comme foyer d’agitation.

1820-1825. Série d’éditions savantes.
Commence alors une série d’éditions savantes, qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827] ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826].

1822. Précepteur chez les Lannes.
Il ne reste plus à V. Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France. C’est avec lui qu’il effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1824.

1825-1826. Les Fragments philosophiques.
En 1825, la grande et nouvelle affaire, pour V. Cousin, c’est la préparation et l’édition des Fragments philosophiques. Jusque là « éditeur » de Proclus, de Platon, de Descartes, voilà la première œuvre que V. Cousin peut signer comme auteur. En rassemblant des textes déjà parus dans les Archives philosophiques ou dans le Journal des savants, et en soignant particulièrement la préface. Il en assure une large distribution auprès de ses relations philosophiques, en France et à l’étranger et confirme ainsi, sans disposer de chaire, son image du philosophe français par excellence.

1827-1828.
L’année 1827 voit l’achèvement de l’édition bilinge grec-latin de Proclus : le sixième et dernier tome paraît début 1827. Elle voit la poursuite de l’édition de Platon, à laquelle V. Cousin, dans un premier temps, se consacre tout entier : « le moment, dit-il, d’être un peu utile est arrivé ».
Mais c’est sans compter sur la levée des mesures anti-liérales concernant l’enseignement supérieur : Villemain, Guizot et V. Cousin vont retrouver leurs chaires.
Mais déjà les premières critiques se manifestent, venant tout à la fois des catholiques conservateurs et des adversaires du spitualisme cousinien.

1828.
Événements historiques.
Après la dissolution de la Chambre [ordonnance du 5 novembre 1827], les élections législatives du 17 et 24 novembre 1827 donnent 170 sièges aux libéraux [seulement 110 aux royalistes, 35 au centre-droit, 35 à l’extrême droite].
À l’avènement du ministère Martignac, le 4 janvier 1828, se dessine une politique plus modérée que celle de Villèle. P. Royer-Collard, chef de file des Doctrinaires, fort de son élection dans sept collèges électoraux [équivalents à des départements], devient Président de la Chambre. Il déclare : « C'est un monde nouveau, c'est une nouvelle France. ».
Affaires écclésiastiques et Instruction publique sont scindées en deux ministères : A. F. H. de Vatimesnil, âgé de trente-huit ans, devient grand-Maître de l'Université [février 1828]. Le 5 mars 1828, il signe un arrêté qui nomme V. Cousin professeur-adjoint de la chaire d'Histoire de la philosophie moderne. Les cours reprennent le 17 avril, et tous les jeudis suivants. F. Guizot [qui fait cours le vendredi] et A. F. Villemain [qui fait cours le mardi] retrouvent également leurs chaires.

Éléments biographiques.
Reprise des cours à la Faculté des lettres.
Alors qu'il était le suppléant de P. Royer-Collard, V. Cousin n'avait pas retrouvé son enseignement en 1820 : son nom avait été supprimé de l'affiche, et il avait du même coup perdu ses appointements de suppléant. En septembre 1822, il avait perdu également sa rémunération de maître de conférences à l'École normale, celle-ci ayant été fermée par décision du gouvernement.
En mars 1828, nommé professeur-adjoint, Cousin décide de reprendre immédiatement ses cours à la Faculté.
Les cours, qui s’échelonnent du 17 avril au 17 juillet, provoquent un enthousiame extraordinaire : ils ont jusqu’à 1800 auditeurs. Sténographiés, ils sont imprimés au fur et à mesure par fascicule. Soit treize fascicules couvrant la période avril-juillet 1828.

Enthousiasme.
Barthélémy Saint-Hilaire témoigne : « Mais pour la forme, c'était toujours une inspiration du moment, une improvisation dans toute la sincérité de ce mot. Si c'eût été un acte de mémoire et de récitation, la parole, à moitié morte, aurait produit cent fois moins d'effet. La vie qui était en M. Cousin, passait à son auditoire : en quelques instants il vibrait à l'unisson. Nous étions tous remués jusqu'au fond de l'âme, et nous sentions ces magnifiques choses, sans pouvoir sur le champ les bien comprendre dand toute leur étendue. On a souvent comparé M. Cousin, dans ces heures solennelles, à la Pythonisse sur son trépied. Ce rapprochement n'est pas faux ; mais le professeur ne perdait rien de sa tranquille sérénité ; et le souffle divin ne le mettait jamais hors de lui. Ajoutez que la personne de l'orateur devait contribuer à la magie qu'il exerçait. M. Cousin avait alors trente-six ans. Il était dans toute sa virilité. Sa taille était assez élevée, et il était très bien fait ; ses yeux lançaient à tout moment des éclairs ; les traits de la figure étaient réguliers, et d'une beauté sculpturale ; la physionomie très expressive et mobile, attestait l'habitude de la pensée et du travail ; quelques rides sur le front et des joues amaigries étaient loin de déparer l'ensemble. La voix était sonore, d'un timbre qui n'était, ni trop grave, ni trop aigu ; elle n'avait rien de précipité, et elle n'était pas lente. Elle se faisait entendre dans toutes les parties de la salle ; pas un mot n'était perdu. Une chevelure très brune et très abondante surmontait le visage, qu'encadrait un collier de barbe allant sous le menton. Le costume était l'habit et le pantalon noirs. Le geste était sobre ; et comme il n'était pas fréquent, il ne pouvait pas détourner l'attention des auditeurs ».

Enjeu idéologique.
V. Cousin lui-même parle de son succès : « Ce n’est qu’un début, une affiche, une introduction très générale à mon enseignement ultérieur sur l’histoire de la Philosophie. Il s’agissait de reprendre position, et pour cela ne pas trop effaroucher le public. En somme le résultat a été pour moi ; j’ai eu jusqu’au dernier jour un immense auditoire ; j’ai provoqué des discussions animées, et donné une certaine impulsion aux études philosophiques. Trois mille exemplaires de mes leçons ont été vendus. » [Lettre à Hegel, Paris, le 15 août 1828].
V. Cousin a bien conscience d’une double opposition :
1. Celle des matérialistes et des idéologues : « Il y a eu une vraie insurrection de tout le monde matérialiste et industrialiste. Les vieux débris de l’École de Condillac se sont soulevés en reconnaissant leur ancien adversaire. Faute de bonnes raisons, les accusations et les injures n’ont pas manqué ».
2. Le courant religieux : « D’un autre côté, la théologie m’a fort surveillé et elle me regarde d’un oeil inquiet. Elle ne me tient pas pour un ennemi mais pour un suspect. J’ai tâché de ne lui fournir aucun prétexte. » [Lettre à Hegel, Paris, le 15 août 1828, cité dans Janet, p. 295 sq. ]. C’est la même analyse que celle faite par Sainte-Beuve en 1829.

Publication leçon par leçon.
Prononce ses leçons d’histoire de la philosophie à la Sorbonne. Elle sont sténotypées et éditées immédiatement.
[1828] Leçons d’histoire de la philosophie à la Sorbonne, par M. Victor Cousin, recueillies et publiées par M. Marmet sténographe. Première leçon, Paris : Marmet; Papinot ; Ponthieu ; Lecointe, 14 p., 1828. Cette première leçon a lieu le 17 avril 1828.
Incipit : « Je ne me défendrai pas d'une profonde émotion en me retrouvant à cette chaire que j'occupai six années, et à laquelle m'appela en 1815 le choix de mon illustre maître et ami M. Royer-Collard. (Le professeur est interrompu par les plus vifs applaudissements.).
Les premiers coups d'un pouvoir qui n'est plus m'en écartèrent. Je suis heureux et fier d'y reparaître aujourd'hui au retour des espérances constitutionnelles de la France ; et dans ma loyale reconnaissance, j'éprouve le besoin d'en remercier publiquement mon pays, le Roi et l'administration nouvelle.
Séparé du public depuis huit années, j'ai absolument perdu toute habitude de porter la parole devant de pareilles assemblées ; accoutumé dans ma retraite à ces formes de la pensée qui peuvent bien nous servir à nous entendre avec nous-mêmes mais non pas toujours à nous faire entendre des autres, j'ai bien peur, en vérité, de ne savoir plus trouver les paroles qui conviennent à un nombreux auditoire, et de transporter à cette chaire les monologues d'un solitaire. ».

[1828] Leçons d’histoire de la philosophie à la Sorbonne, par M. Victor Cousin, recueillies et publiées par M. Marmet sténographe. Deuxième leçon. Paris : Papinot ; Ponthieu ; Lecointe, 16 p., 1828. Cette deuxième leçon a lieu le 24 avril 1828.
Marmet sténographie les leçons de Victor Cousin à la Sorbonne. Il en publie la première et la deuxième leçons. Et vraisemblablement continue la publication de chacune des leçons fascicule par fascicule.
Incipit : « Dans ma dernière leçon, je me suis proposé d'absoudre la philosophie, je me suis proposé de prouver que la philosophie n'était pas le fruit de la rêverie de quelques hommes, mais le produit nécessaire d'un besoin fondamental de la nature humaine : que par conséquent la philosophie n'aurait pas pu être ou n'être pas, qu'elle ne tenait pas à queslques hommes, mais à l'humanité toute entière. ».
[1995] Chacune des deux leçons est rééditée séparément en 1995, document électronique BNF.

Publie.
Cours de philosophie, par M. Victor Cousin, professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris. Introduction à l’histoire de la philosophie. Paris : Pichon et Didier, in-8, pagination multiple. 1828. Portrait en frontispice.
Les cours de cette année sont publiées fascicule par fascicule. Mais ils sont publiés aussi sous forme d'un ouvrage en un volume. L'année 1828 voit donc la publication d'un premier volume contenant les leçons 1 à 13 des cours du 17 avril au 17 juillet 1828. La pagination est multiple, leçon par leçon. Chaque leçon est précédé d’un faux-titre intitulé : cours de l’histoire de la philosophie, avec au verso un sommaire [un second volume paraîtra l'année suivante reprenant le texte des leçons professées pour l'année universitaire 1828-1829] professés à la Sorbonne où V. Cousin a retrouvé son enseignement, depuis mars/avril 1828 (en même temps que F. Guizot et A. F. Villemain).
L’intitulé des treize leçons est le suivant :
Première leçon [17 avril 1828] : Idée de la philosophie. Deuxième leçon : Perpétuité de la philosophie. Troisième leçon : De l’histoire de la philosophie. Quatrième leçon : De la méthode psychologique dans l’histoire. Cinquième leçon : Idées fondamentales de l’histoire. Sixième leçon : Des grandes époques de l’histoire. Septième leçon : Du plan de l’histoire. Huitième leçon : Du rôle de la géographie dans l’histoire. Neuvième leçon : Des peuples. Dixième leçon : Les grands hommes. Onzième leçon : Des historiens de l’humanité. Douzième leçon : Des historiens de la philosophie. Treizième leçon : De la philosophie du XiXème siècle.
[1832] Ce premier volume est traduit en anglais en 1832 : Introduction to the history of philosophy. Translated from the French by Henning Gotfried Linberg. Boston : Hilliard, Gray, Little, and Wilkins, VIII-458 p., 22 cm..
[1841] 2. Réédité en 1841.
[1847] 3. Réédité en 1847 [sous le titre Cours de l'histoire de la philosophie moderne, 5 volumes in-18],
[1861] 4. Réédité en 1861 (4ème édition, revue et augmentée, Paris : Didier, in-8, XIX-347 p. Contient les leçons 1 à 13 du cours du 17 avril au 17 juillet 1828, avec Appendice [Éclaircissements à la cinquième leçon : I. De la compréhensiblité et de l’incompréhensibilité de Dieu ; II. Du vrai sens dans lequel il faut entendre la nécessité de la création ; III. Dieu présent dans le monde et distinct du monde ] ; Avant-propos de l’auteur daté du 1er février 1861 : pages I-XIX ).
[1868] 5. Réédité en 1868, avec la mention 4ème édition.
[1991] 6. Le premier volume de 1828 est édité dans le Corpus des oeuvres de philosophie en langue française, Paris : Fayard. Texte revu par Patrice Vermereen.

« M. Cousin, debout dans sa chaire, dominant tout l'auditoire, paraissait tirer des profondeurs de la méditation ses pensées, trahies seulement par le feu de son regard noir et flamboyant, montant pour ainsi dire tout armées, ou se dégageant dans le trajet, pour tomber comme des perles dans l'écrin d'une phrase accomplie. L'auditoire semblait le suivre dans ce travail, et quand elles éclataient, il éclatait lui-même en applaudissements sous le jeu de l'habile et profond acteur qui était là tout entier en scène » [Dubois].

Publie.
Nouveaux fragments philosophiques par Victor Cousin. Paris : Pichon et Didier, éditeurs ; Sautelet et Cie ; Alex. Mesnier, in-8, IV-408 p. [dont deux pages d’errata], 1828 [collationné].
[Ce sont en 1828 de “Nouveaux fragments”, des “Fragments” étaient parus en 1826].
L'ouvrage comporte un Avertissement, signé V. C. le 8 novembre 1828, pages I-IV.
Incipit : « J'ai fait voir ailleurs comment la philosophie m'avait conduit elle-même à l'histoire de la philosophie, et quels ont été, depuis 1818, l'objet et la direction de mes travaux historiques. Parmi ces travaux, unr traduction nouvelle de Platon et une édition complète des manuscrits de Proclus indique assez l'importance que j'attache à l'étude de la philosophie ancienne. Mais, indépendamment de ces deux longues et pénibles entreprises, le commerce assidu de l'antiquité philosophique m'engageait nécessairement dans des recherches secondaires, plus ou moins étendues, ici sur des points importants et négligés qui se rencontraient sur ma route, là sur des philosophes célèbres dont le nom seul a survécu, tantôt sur des publications de la même nature faites en Allemagne, dans ces derniers temps, tantôt enfin sur des manuscrits inédits de la bibliothèque royale de Paris. Ce sont ces dissertations, dont quelques unes seulement avaient vu le jour, que je me suis avisé de recueillir, et que j'offre aujourd'hui au public comme des fragments pour servir à l'étude de la philosophie ancienne, à peu près dans le genre des fragments que j'ai publiés, il y a deux ans pour servir à l'étude de la philosophie elle-même.Les premiers touchaient à toutes les questions particulières que doit embrasser un système général ; ceux-ci touchent aussi à toutes les époques et à toutes les écoles qu’embrasserait une histoire complète de la philosophie ancienne ; et comme je les ai mis ici dans un ordre chronologique, ils peuvent en quelque sorte préluder à une pareille histoire, et servir de pierres d’attente à un ouvrage plus considérable ».
Comprend :
Du vrai commencement de l'histoire de la philosophie, pages 1-8.
Xénophane, fondateur de l'école d'Élée, pages 9-95.
Zénon d'Élée, pages 96-150.
Socrate. De la part que peut avoir eu dans son procès la comédie des Nuées, pages 151-159.
Ce texte ne semle pas avoir été édité antérieurement.
Incipit : « On a beaucoup agité la question, quelle a été l’influance de la comédie des Nuées sur l’accusation intentée plus tard à Socrate. Schleiermacher tire du Banquet et de la présence d’Aristophane dans la compagnie des amis intimes de Socrate, cette conclusion, qu’il n’y eut jamais de haine véritable entre le comique et le philosophe ; et en effet, quand on voit la citation tout à fait amicale que Platon fait dans le Banquet d’un passage satirique des Nuées, on peut supposer qu’il ne lui restait nulle rancune des traits qu’Aristophane avait lançé contre son maître, comme le prouve encore le beau distique de Platon sur Aristophane. […] ».
Platon. Langue de la théorie des Idées, pages 160-166.
Ce texte ne semle pas avoir été édité antérieurement.
Incipit : « La dialectique est l’instrument de la philosophie de P laton, et la dialectique de Platon est tout entière dans la définition. Or, la définition a deux procédés, la généralisation et la division. En effet la définition est double ; elle se fait per genus ou per differentiam. Le propre de la définition par genus est d’établir dans toute discussion, en laissant là les exemples qui sont toujours des particularités, l’idée générale de la chose en question, idée générale qui doit dominer tous les exemples particuliers et les contenir tous dans ce qu’ils ont de commun entre eux ; cette définition a donc pour principe la généralisation. Et réciproquement, la division ou la résolution de l’idée générale, non dans les particularités indéfinies où elle peut se rencontrer, mais dans ses éléments essentiels, est le principe nécessaire de la définition per differentiam. Ces deux procédés constituent tout la définition, c’edst à dire, la dialectique platonicienne. Le premier est la base du second, le second est le développement du premier ».
Antécédents du Phèdre, ou Analyse des élémens [sic] historiques de ce dialogue, pages 167-188.
Ce texte ne semle pas avoir été édité antérieurement.
Incipit : « Rien ne serait plus précieux que de connaître les antécédens de Platon et de savoir précisément ce qu’il doit à ses devanciers. Et si c’était une entreprise trop étendue que d’embrasser Platon tout entier et ses nombreux ouvrages, on obtiendrait encore un important résultaten se bornant à l’analyse d’un seul dialogue, de celui surtout qui doit contenir le plus d’imitations et de parties étrangères, puisq u’il nous présente ce grand homme, pour ainsi dire au sortir des mains de son siècle, à cette époque de sa vie où le fond de toutes ses pensées ultérieures était déjà peut-être dans son intelligence, mais où sa jeunesse le soumettait à l’influence des poinions antérieures ou contemporaines, et le condamnait à n’être encore en grande partie qu’un élève plein de génie. Ce dialogue est le Phèdre, qui passe généralement pour la première production de Platon ».
Examen d'un passage du Ménon, pages 189-199.
Ce texte ne semble pas avoir été édité antérieurement.
Incipit : « Ce sont des prêtres et des prêtresses qui se sont appliqués à pouvoir rendre raison des choses qui concernent leur ministère ; c’est Pindare, et beaucoup d’autres poètes, j’entends ceux qui sont divins. Pour ce qu’ils disent, le voici : examine si leur discours te paraissent vrais. Ils disent que l’âme est immortelle, que tantôt elles s’éclipse, ce qu’ils appellent mourir, tantôt elle reparaît, mais qu’elle ne périt jamais ; que pour cette raison il faut mener la vie la plus sainte possible ; […]».
Eunape, historien de l'École d'Alexandrie, pages 200-263.
Proclus, commentaire sur le premier Alcibiade, pages 264-305.
Ce texte ne semble pas avoir été édité antérieurement.
Il s’agit d’un compte-rendu d’un ouvrage de Friedrich Creuzer : Initia philosophiae ac theologiae ex Platonicis fontibus ducta, sive Procli et olympiodiri in Platonis Alcibiadem commentarii ; ex codd. Manuscr. nunc primum edidit Fried. Creuzer. Francofurti ad Moenum ; pars prima1820, pars secunda 1821.
Incipit : « Quoiqu’on ait, dans ces derniers temps, attaqué avec des raisons assez spécieuses l’authenticité du premier Alcibiade, l’école platonicienne a toujours regardé ce dialogue comme appartenant à Platon et comme un de ses meilleurs ouvrages, et même comme celui qui sert d’introduction à tous les autres, et, pour ainsi dire, de degré pour arriver jusqu’au sanctuaire de sa philosophie. En effet l’Alcibiade traite de la nature humaine ; or, c’est avec nous-mêmes et les facultés dont nous sommes doués que nous étudions et connaissons toutes choses. […] ».
Olympiodore, commentaire sur le premier Alcibiade, pages 306-342.
Ce texte ne semble pas avoir été édité antérieurement.
Il s’agit d’un compte-rendu d’un ouvrage de Friedrich Creuzer : Initia philosophiae ac theologiae ex Platonicis fontibus ducta, sive Procli et olympiodiri in Platonis Alcibiadem commentarii ; ex codd. Manuscr. nunc primum edidit Fried. Creuzer. Francofurti ad Moenum ; pars prima1820, pars secunda 1821.
Incipit : « Les ouvrages qui nous restent d’Olympiodore sont :
1° Un commentaire sur le Phédon, dont Forster, Fischer et Wyttenbach ont inséré quelques extraits dans les notes de l’édition que chacun d’eux a donnée de ce dialogue. Sainte-Croix a essayé de le faire connaître dans le Magazine encyclopédique de Millin, tome 1er, 3ème année. MM. Mustoxidi et Schinas en ont publié de nouveaux fragments dans leur […], Venise, 1817 […]».
Olympiodore, commentaire sur le second Alcibiade. Note sur le manuscrit grec de la Bibliothèque royale de Paris, n° 2016, pages 343-348.
Ce texte ne semble pas avoir été édité antérieurement.
Incipit : « Le catalogue imprimé des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de Paris porte, au nom d’Olympiodore, sous le n° 2016, l’indication d’un commentaire inédit de ce philosophe platonicien sur le second Alcibiade. L’importance de cette indication est manifeste. En effet, Olympiodore représentant à peu près l’opinion de ses prédecesseurs, c’est à dire de toute l’école d’Alexandrie, s’il avait commenté le second Alcibiade, on pourrait en conclure, jusqu’à un certain point, que l’école à laquelle il appartient regardait comme authentique le second Alcibiade […] ».
Olympiodore, commentaire sur le Philèbe, pages 349-377.
Déjà publié dans le Journal des savans, de l’article rendant compte de Platonis Philebus - Recensuit, prolegomenis et commentariis illustravit Gogofredus Stalbaum ; accesserunt Olympiodori Scholia in Philebum, nunc primum edita. Lipsiae, in-8, 300 p., 1821. Ce compte-rendu s'effectue : 1er juillet 1825 [pages 420-434] ; 2 décembre 1825 [pages 729-738].
Olympiodore, fragment du commentaire inédit du Gorgias, pages 378-404.
Ce texte ne semble pas avoir été édité antérieurement.
Incipit : « Longin nous apprend qu’Eubulus avait écrit un commentaire sur le Philèbe et le Gorgias ; et il paraît qu’Hiéroclès avait aussi composé un commentaire sur ce dernier dialogue. Ces commentaires ont péri avec beaucoup d’autres : le seul qui nous soit parvenu jusqu’à nous est celui d’Olympiodore. On le trouve dans la plupart des bibliothèques de l’Europe ; mais il est encore inédit, et totalement inconnu, à l’exception de l’introduction que Routh a publié à la suite de son édition du Gorgias […] ».
V. Cousin fera paraître, en 1832, dans le Journal des savans : Du Commentaire inédit d'Olympiodore, philosophe alexandrin du VIème siècle, sur le Gorgias de Platon. Premier article : juillet 1832 ; deuxième article : août 1832, pages 449-457 ; troisième article : septembre 1832, pages 521-531 ; quatrième article : octobre 1832, pages 621-630 ; cinquième article : novembre 1832, pages 670-682 ; sixième article : décembre 1832, pages 743-753.

Table des matières, page 405.
Errata, pages 407-408.

Édition de Victor Cousin :
Les Oeuvres choisies de V. Cousin paraissent, en 3 volumes, en 1828-1829.
Cette édition précède la publication des Oeuvres de M. Victor Cousin 1846-1851.

Notices biographiques.
1. [1828] Paraissent en même temps dans la Biographie universelle de Michaud [52 volumes publiés entre 1811 et 1828, puis différents suppléments jusqu'en 1847, pour former un ensemble de 84 volumes], deux articles :
1. l'article Xénophane, fondateur de l'École d'Élée.
Incipit : « Xénophane, fondateur de l’école d’Élée, naquit, de l’aveu de tous les auteurs, à colophon, colonie Ionnienne de l’Asie-Mineure. Les uns le disent fils de Dexius ou dexinus, les autres d’Orthhomène ; cette dernière opinion a pour elle les meilleurs et les plus nombreux témoignages, et elle a généralement prévalu. Quant à la date précise de sa naissance, parmi bien des contradictions apparentes ou réelles, nous trouvons pourtant trois auteurs qui, malgré la différence d’écoles ou d’époques, sont unanimes à cet égard. Sotion, au rapport de Diogène de Laërte, fait Xénophane contemporain d’Anaximandre, ca qui placerait à peu près sa naissance vers la quarantième olympiade […] »
2. l'article Zénon d'Élée.
Incipit : « Zénon, appelé ordinairement Zénon d’Élée pour le distinguer du fondateur du stoïcisme, naquit à Élée, colonie phocéenne de la Grande Grèce. Les uns lui donnent pour père Pyretès, la plupart Teleutagoras, la majorité des témoignages faisant de Pyretès le père de Parménide. Pour la date de sa naissance et toute sa chronologie, l’autorité la plus précise que nous ayons est l’introduction du Parménide de Platon, où Parménide et Zénon sont représentés arrivant à Athènes, Parménide à l’âge de soixante-cinq ans, et Zénon à l’âge d’à peu près quarante ans. Il ne faut pas éluder l’autorité de Platon, en invoquant ses nombreux anachronismes ; car Platon se permet, il est vrai, des anachronismes, mais quand ils lui sont nécessaires, ou quand ils sont insignifiants ; or ici rien de semblable. Platon n’avait aucun besoin de nous donner l’âge précis de Parménide et de Zénon, et l’erreur serait trop positive et trop grave pour être une simple distraction chronologique ; ce serait une véritable déception tout-à-fait inadmissible. ».

Publié comme tiré à part. V. Cousin adresse cette brochure à plusieurs de ses correspondants, dont G. F. Creuzer.
2. [1828] Repris dans les Nouveaux fragments philosophiques par Victor Cousin, Paris : Pichon et Didier, Sautelet et Cie, Alex. Mesnier, in-8, 404 pages, 1828.
Xénophane, fondateur de l’École d’Élée, pages 9-95.
Zénon d'Élée, pages 96-150.

Mention, recension et compte-rendu d'ouvrages de V. Cousin.
En janvier 1828, le Journal des savans [pages 15-26], consacre une longue recension aux six volumes de Procli philosophi Platonici opera, éditées de 1820 à 1827 par V. Cousin, à l'occasion de la parution du dernier volume en 1827.

Dans le Journal des savans, novembre 1828, page 701 : Cours de l'histoire de la philosophie professé par M. Victor Cousin, à la faculté des lettres de Paris, tous les jeudis, revu par l'auteur. Paris ; impr. de Trouvé, avril, mai, juin, juillet et août 1828, 15 leçons, in-8 [III] [total 515 pages]. Prix de chaque leçon 75 cent[imes] (85 cent. par la poste) ; des 13 leçons, 9fr. 75cent., et par la poste 11fr. 5 cent.

Dans le Journal des savans, novembre 1828, page 701 : Nouveaux fragmens philosophiques, pour servir à l'histoire de la philosophie ancienne, par M. Victor Cousin, professeur à la faculté des lettres de l'Académie de Paris. [Du vrai commencement de la philosophie - Xénophon - Zénon d'Élée - Socrate - Platon, Proclus, Olympiodore]. Paris : impr. de Cosson, librairie de Pichon et Didier, 1828, IV-408 pages, in-8. Prix 7fr. 50 cent.

Des extraits des Nouveaux fragments philosophiques, paraissent, à l'initiative de V. Cousin, dans le journal Le Globe, tome 6, n° 112, 19 novembre 1928.

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
Georg Friedrich Creuzer à V. Cousin.
« J'ai lu avec beaucoup d'attention votre Xénophane, et je regarde l'exposé de ce système comme un chef-d'oeuvre. On sera bientôt obligé d'avouer que la philosophie, ainsi que l'histoire de la philosophie, se trouve en France chez elle. » [Heidelberg, 21 mars 1828].

Franck Carré à V. Cousin.
« Mon cher et illustre maître, vous ne doutez point, j’en suis sûr, du regret profond que j’éprouve de n’avoir point entedu vos premières paroles après huit années de silence ; malgré l’éloignement, vous m’eussiez vu accourir et mêler mes applaudissements à ceux de l’assemblée, qui vous écoutait, si la plus malencontreuse des fièvres ne m’eût retenu dans mon lit. J’aurais, je crois, maudit ma destinée sans le stoïcisme dont je fais profession. J’ai lu, depuis, cette première leçon, et j’attends les autres avec bien de l’impatience. J’ai retrouvé là, comme vous le dites, le même professeur, le même enseignement, les mêmes principes, et au fond de tout cela, des vues peut-être encore plus larges et plus profondes ; mais le geste, mais l’accent, mais cet,te vie dont toutes vos paroles sont empreintes, voilà ce que la sténographie avec toute son exactitude, ne peut rendre. Au reste, j’ai recueilli tout ce qui à ma connaissance, a été dit sur votre premier triomphe de 1828, le courrier, le petit article des Débats, celui de Damiron dans le Globe, un autre que je crois de M. d’Eckstein dans la Quotidienne ; enfin j’ai souscrit douze leçons chez Pichon et Didier. [...]. » [Vendredi, 25 avril 1828].

Lettre de Hyacinthe Azaïs à V. Cousin.
« Monsieur,
Je suis très reconnaissant de l’accueil que vous avez fait à mon fils ; je lui avais dit de s’y attendre. Je connaissais votre aimable et noble caractère. Quant à vos talents j’en ai acquis récemment la pleine connaissance. J’ai assisté à deux de vos leçons publiques. Je n’ai pas partagé, à la vérité toutes vos pensées, mais toujours l’attention et l’admiration de vos auditeurs.
Je n’ose espérer que vos occupations vous permettrons de venir passer quelques moments dans mon jardin. Permettez-moi du moins de vous en témoigner le désir. Lorsque je traiterai les questions idéologiques, je parlerai des solutions que vous leur donnez ; je m’en écarterai en bien des points. Mais je me dédommagerai du regret que ce dissentiment me causera, en exprimant, au gré de ma profonde estime, les sentiments qui dans toute l’Europe s’attachent à votre personne. je vous prie d’en agréer d’avance le sincère hommage.
P. S. Mes conférences s’ouvrent demain à 7 heures du soir. j’ai l’honneur de vous offrir deux billets. Je vous prie d’en disposer du moins en faveur de deux personnes dignes de votre confiance ; à ce titre elles auront toute la mienne. » [26 mai 1828].
Hyacinthe Azaïs [1766-1845], qui a eu un moment de célébrité avec son système de compensation universelle, souhaiterait que V. Cousin se fasse le porte-parole de ses théories. Il souhaitera, après 1832, entrer à l’Académie des sciences morales et politiques et à l’Académie française. Il adresse différents courriers à V. Cousin entre 1828 et 1842.

Lettre de H. Vatimesnil, ministre de l’Instruction publique à V. Cousin.
« J’ai reçu, Monsieur, avec beaucoup de reconnaissance, le volume que vous avez bien voulu m’envoyer. J’avais lu vos leçons à mesure qu’elles avaient paru en cahiers séparés ; et j’avais admiré avec toute l’Europe ces belles improvisations dans lesquelles la force de la pensée et la majestueuse simplicité de l’expression rappellent ce qu’il y a de plus noble et de plus beau dans la philosophie antique. Cependant je vous verrai avec plaisir descendre des généralités aux applications ; car notre siècle a besoin d’instructions positives et d’idées déterminées. Ayant le malheur de ne pouvoir être votre auditeur, je serai toujours votre lecteur attentif, et les applaudissements qui se feront entendre à vos cours auront leur écho dans mon cabinet. […]. » [Paris, le 6 novembre 1828].

Billet d’Emmanuel Pastoret à V. Cousin.
« Monsieur Cousin connaît depuis longtemps ma haute estime pour lui, et la gratitude que m’inspire son extrême bienveillance pour moi. Le savant ouvrage qu’il m’envoie n’est pas un de ceux qu’on peut lire avec rapidité. Les méditations de l’auteur y appellent les méditations du lecteur ; et le lecteur se trouve heureux d’avoir un tel guide. Je vais le suivre dans les écoles de l’Antiquité, et auprès des grands hommes qui en furent les fondateurs ou la gloire. Je le remercie d’avance des nouvelles lumières que je lui devrai ; et je le prie d’agrééer en même temps, avec l’expression du désir que j’ai de l’avoir pour confrère, l’assurance d’une considération bien distinguée et de mon bien sincère attachement. » [14 novembre 1828].
V. Cousin lui a vraisemblablement adressé son Introduction à l’histoire de la philosophie, qui vient de paraître. Quant à la confrérie, il s’agit de celle des membres de l’Académie française, où V. Cousin sera élu en 1832.

Emmanuel, marquis de Pastoret [1756-1840].
Ancien membre résidant de l’Institut [fauteuil 4] dans la section III [science sociale et législation] de la seconde classe [sciences morales et politiques]. A été un temps assez bref [1809] professeur d’histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, et doyen de la Faculté, où Royer-Collard lui succède en 1811. V. Cousin ayant été suppléant de Royer-Collard en novembre 1815.
E. Pastoret laisse espérer à V. Cousin une élection favorable à l’Académie française [dont Pastoret est membre depuis 1820]. Ils se retrouveront en effet collègues, et à l’Académie française [où V. Cousin est élu le 18 novembre 1830] et à l’Académie des sciences morales et politiques [où Pastoret est nommé par ordonnance royale du 26 octobre 1832, section d’histoire, fauteuil 1 ; et où V. Cousin est élu le 27 octobre 1832, section de philosophie, fauteuil 3].
Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Aristide [J. H.] Valette fait paraître : De l'Enseignement de la philosophie à la Faculté des lettres et en particulier des principes et de la méthode de M. Cousin, Paris : Hachette, 1828.
C'est la reprise d'une série d'articles parus en 1828, dans le Lycée. « [Valette reprochait à Cousin] de n'avoir pas compris les doctrines qu'il critiquait, et de ne pas se faire une idée bien précise de celles qu'il prétendait leur opposer.» [Alfaric]. A. Valette adresse son ouvrage à V. Cousin et l’accompagne d’une lettre [15 janvier 1829].

Paraît également, en 1928, sous forme de brochure : Réflexions sur le cours de M. V. Cousin et sur la philosophie de nos jours par Mlle H. V., Chatillon-sur-Seine, in-8, pièce.

Jean Baptiste Modeste Gence contre V. Cousin.
Sans donner la référence précise, Barthélémy Saint Hilaire témoigne de critiques faites à l'enseignement de V. Cousin : « À peine les premières leçons de 1828 avaient-elles paru qu'elles suscitaient des controverses. Un ancien maître de quartier au collège de Navarre, M. Gence avait adressé à M. Cousin ses objections contre le rôle prété à la philosophie. Auteur assez médiocre, mais fort actif, il s'était fait un nom dans les rangs secondaires ; et ses anciennes fonctions semblaient l'autoriser à défendre la foi contre la raison. Sur la fin de sa vie, il tombait dans un illuminisme presque ridicule. Il n'était pas d'ailleurs si détaché des vanités mondaines qu'il ne sollicitât en 1838 l'appui de M. Cousin pour obtenir la croix. » [BSH, 313].
Jean Baptiste Modeste Gence [1755-1840] met en cause, au nom de la foi, les positions philosophiques de V. Cousin.

Articles d’Armand Marrast, défavorables à V. Cousin dans le Journal de la langue française, 1828.
Ces articles seront rassemblés, l'année suivante [1829], dans l'ouvrage : Examen critique du Cours de philosophie de M. Cousin leçon par leçon. Paris : Corréard jeune, in-8, 90 p.

Adolphe Mazure, dans l'Avant-propos de son livre Études du cartésianisme [Paris : Hachette, in-18, VIII-208 p., 1828] mentionne V. Cousin : « Réunir les divers éléments de ce grand système [celui de Descartes], les exposer avec clarté et méthode, les juger d'après les progrès que la philosophie a faits depuis un demi-siècle, est une tâche difficile qui doit être accomplie par le nouvel éditeur des Oeuvres complètes de Descartes, M. Victor Cousin. Ce professeur, jeune encore, mais déjà célèbre, nourrit dans l'étude et la contemplation des grands génies les idées fécondes qu'il doit ajouter plus tard au domaine de la science ; déjà il s'est fait l'interprète des deux philosophes qui, à eux seuls, représentent toute l'école spiritualiste des temps anciens et modernes, Platon et Descartes, types inaltérables de cette philosophie inspirée qui vit de foi et d'intelligence, qui repose sur les vérités éternelles, et que le maître de Platon avoit, suivant l'expression d'un ancien, fait descendre du ciel sur la terre.
Cette philosophie avoit été proscrite depuis un siècle comme chimérique et surannée [...]. ».
Adolphe Mazure [1799-1870], ancien élève de l’École normale [1816] est professeur au collège royal Louis le Grand ; il publiera, en 1844, un Précis de philosophie.

Articles favorables du Globe.
À propos de V. Cousin et de ses cours, le journal le Globe écrit : « Le XVIIIe siècle, voilà sa matière ; il en recherchera la philosophie. Il a pris le XVIIIe siècle afin de se placer sur un terrain d'où il peut repousser les vains arguments qui sont dirigés contre les idées qu'il professe. Il fera voir si en effet le spiritualisme tel qu'il le voit n'est fondé que sur l'ignorance et est ennemi de la civilisation. » [Le Globe. 29 novembre 1828. Pages 860-861].

Des attaques ont lieu dans la presse contre V. Cousin [il s'agit vraisemblablement des articles de A. Marrast]. P. Dubois, dans le Globe, répond par un plaidoyer : « Sur les attaques dirigées contre les cours de MM. Cousin, Guizot et Villemain » [10 décembre 1828, pages 885-887, article signé P. D. ].


Le 19/10/2018